Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

quatre soeurs march 3

Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

quatre soeur march 4

Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs années. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points boni pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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Les quatre soeurs MarchBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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Maman, papa, comment vous vous êtes rencontrés ?

Maman, papa, comment vous vous êtes rencontrés

Sofia interroge ses parents sur leur rencontre. En évitant un piéton, son père est rentré dans un mur puis il a appelé une dépanneuse. Sofia souhaite remercier tous les intervenants de cette histoire alors elle dessine, pour le passant, le mur et l’inventeur de la dépanneuse.

Le texte tout en douceur de Thierry Lenain capture l’innocence de l’enfance par le biais de dialogues naturels et spontanés. J’ai aimé ce processus narratif où on nous fait remonter le fil des événements ayant menés à la rencontre de deux personnes qui tomberont amoureuses. Les illustrations de Stéphanie Marchal capturent la poésie du quotidien. Ses traits naïfs et ses couleurs contrastantes sont un plaisir pour les yeux.

Ce livre est tout adapté pour une exploitation en milieu scolaire : idéal pour faire des inférences et des prédictions. À ce sujet, dans le livre, la maman de Sofia n’a pas voulu s’embarquer dans l’histoire détaillée et complexe de la fondation des États-Unis, mais on aperçoit sur l’illustration des musiciens Jazz, des personnes issues de premières nations et des gens de toutes origines. Enseignants, questionnez vos élèves sur ce qu’ils savent des États-Unis afin de valider leurs connaissances antérieures. Vous pourriez ensuite rebondir sur une petite leçon d’histoire (de l’Amérique ou, pourquoi pas, l’histoire personnelle familiale de chacuns de vos élèves!). Points bonus pour avoir choisi de faire des conductrices de remorques des femmes dans ce milieu traditionnellement masculin ! Un très bon livre que je vous recommande chaudement !

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Maman, papa, comment vous vous êtes rencontrés 3

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Thierry Lenain & Stéphanie Marchal
Édition: Flammarion jeunesse, 2019
ISBN: 9782081449954
Prix: 17,95$
6 à 8 ans

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Le chat qui ne voulait pas fêter Noël

chat qui ne voulait pas fêter Noël 3Saviez-vous qu’il y a sur Terre six millions de chats ? Mais pour les bêtises, c’est Zouki le champion ! Dans la famille Hudson, on attend Noël avec impatience. Le sapin est décoré, les chaussettes accrochées, la dinde prête à passer au four… Mais Zouki, le chaton farceur, a décidé de bouleverser les traditions !

Ce petit roman tout à fait sympathique se dévore tout rond ! Le texte est bien écrit et les illustrations douces lui donnent vie. La famille Hudson est constituée de six membres, dont Zouki le chat. La maman est noire et porte un afro court. Le papa est blanc. Les origines ethniques des personnages n’est pas mentionnée dans le texte et je trouve que c’est super: on est en face d’une famille ordinaire, qu’importe la couleur de leurs peaux ! Dans le récit, on constate que l’ange au sommet du sapin est noir de peau. En fin de livre, on trouve même la marche à suivre pour le reproduire à la maison ! Le garçon de la famille, Alex, se passionne pour les sciences et les informations diverses sur toute sorte de sujets.

La répétition des péripéties est amusante: La veille de Noël, les enfants enfilent leur pyjama, brossent leurs dents et les font inspectées par leur père. Puis, plus tard dans le récit, se sera au tour de la petite Rose d’enfiler un pyjama à Zouki, de se brosser les dents en sa compagnie et de lui inspecter la gueule. Zouki vole un peu la vedette de l’histoire : il est drôle et sa maladresse est attendrissante. Cela fait du bien de voir des personnages noirs dans les livres pour enfants qui vivent une vie ordinaire et heureuse. Très rafraîchissant !

Coup de cœur !

chat qui ne voulait pas fêter Noël

chat qui ne voulait pas fêter Noël2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Lil Chase & Thomas Docherty
Maison d’édition: Flammarion Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782081420977
Lectorat cible: 8 à 11 ans.
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Je suis en maternelle : Le bobo

je suis en maternelle - le boboCe matin, Noah fait le malin devant ses copains avec sa nouvelle trottinette. Il va trop vite et boum! il tombe sur le trottoir…

Le bobo est le quatrième livre issu de la collection « Je suis en maternelle » de Flammarion Jeunesse. On y retrouve Noah, un petit garçon noir qui se montre un peu trop téméraire et se blesse au genou. Noah est présent sur la moitié des 34 pages de ce livre, mais on le retrouve aussi dans les autres livres de la collection, en tant que personnage secondaire. Au niveau du contexte, Noah est en situation minoritaire: Sur 20 enfants fréquentant la maternelle, il est le seul noir. Plusieurs enfants fréquentant des milieux similaires pourront s’y identifier. J’ai aimé que le récit aille dans le détail de l’accident et de ses répercussions tout en rassurant l’enfant. Il y a un imagier en fin d’ouvrage qui permet d’enrichir son vocabulaire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Anne Kalicky & Laure Du Faÿ
Maison d’édition: Flammarion Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782081414501
Public cible: 3 à 5 ans.
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Les courses avec papa

les courses avec papaMaman avait fait une liste pour papa et moi : œufs incassables, microbes super propres, eau d’enfant bien élevé… Pourtant, le plus difficile n’a pas été de les trouver. Quelle rigolade au supermarché !

Si vous aimez les histoires qui reposent beaucoup sur les dialogues, ce livre est pour vous ! Plusieurs personnages se rencontrent dans un supermarché lorsqu’un accident survient : un présentoir de nourriture en canette s’est renversé après qu’une fillette ait éternué ! Un livre jeunesse plein d’humour où l’on découvre avec un sourire en coin la complicité entre un père et sa fille. Un beau récit du quotidien !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Matt Harvey & Miriam Latimer
Maison d’éditionLe Ballon.
Année de publication: 2008
ISBN: 9789037471175
Lectorat cible: À partir de 4 ans
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Horizon (tome 1) : L’écrasement

Horizon 1 L'écrasement

Huit jeunes survivent à un accident d’avion au milieu de l’Arctique. Aussitôt extirpés des décombres de l’appareil, ils réalisent qu’ils sont entourés d’une jungle menaçante. Pourtant, ils devraient se trouver au milieu d’une étendue de neige et de glace. Avec l’eau et la nourriture qui se font rares, et les rivalités qui s’installent, les survivants réalisent vite que le pire reste à venir…

Des huit jeunes qui survivent à l’écrasement d’avion, il y a deux personnages noirs, deux japonaises, un américain d’origine japonaise et deux personnages blancs. Voici la première description que nous avons de Molly et Javis, les deux personnages noirs du roman: « La fille et le garçon qui l’avaient trouvé dans la soute avaient tous les deux la peau noire et des cheveux bouclés, mais n’avaient pas l’air d’être frère et sœur. » (p.40) J’ai toujours été un peu agacée lorsque l’élément descriptif premier des personnages noirs soit la couleur de la peau, alors que les personnages non afro-descendants soient décrits de manière plus variée et sans mention de la couleur de leur peau : « occidental », « blonde et mince », « japonaises » ou « grand ». Le problème, c’est que dans l’imaginaire de la majorité des lecteurs, tous les personnages d’un livre sont blancs, sauf preuve du contraire. Ainsi, dire qu’un personnage noir a simplement « des yeux en amande et des épaules carrées », par exemple, ne suffit pas.

Cela étant dit, Molly est un personnage très intéressant. Elle est sûre d’elle et prend les commandes. Assez directive, elle n’a pas froid aux yeux et on dirait bien qu’elle n’a peur de rien. Son histoire personnelle est aussi plus développée que celle des autres personnages. On sait par exemple que son père est décédé, emporté par une maladie surgit de nulle part et qu’elle a grandi avec sa mère. Alors que cette dernière a noyé sa peine dans un mutisme et dans l’irrationalité, Molly est devenue une personne « ultra-logique, qui [a] besoin de connaître le comment et le pourquoi de tout ce qui l’entour[e] » (p.191). Voilà donc un personnage noir féminin à l’esprit scientifique, qui a besoin de preuves et d’expérimentation avant d’en venir aux conclusions. C’est aussi elle qui mène le récit et qui fait avancer l’histoire par sa témérité. Sans Molly, l’équipe n’existerait plus car c’est elle qui soude le groupe. Sans elle, « ils n’avaient plus de chef, plus personne pour les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes et à trouver des solutions dans cet endroit étrange » (p.268). À la fin, on dit d’ailleurs que « c’était elle qui les ramènerait à la maison. » (p.276)

Quant à Javis, il est plus craintif et sensible. Il prend plus difficilement sa place dans le groupe. Il est extrêmement timide et nerveux et on découvre qu’il n’avait pas vraiment d’amis à l’école. C’est grâce au club de robotique (d’où sont issus les huit autres jeunes qui voyageaient ensemble pour se rentre à une compétition de robotique) qu’il a pu s’en faire. Il se sentait terriblement seul auparavant.

À noter qu’il y a aussi un personnage métis dans l’histoire, Yoshi, dont le père est japonais et la mère, américaine. Il a vécu au Japon, où il était affublé de l’épithète « Hafu », qui signifie « moitié » en japonais. Cette double identité affecte beaucoup Yoshi car il se cherche et souhaite simplement être lui-même.

L’histoire de ce premier tome d’Horizon de Scott Westerfeld débute en grande force, avec un rythme soutenu et une atmosphère intrigante, mais qui s’essouffle un petit peu dans la seconde moitié du roman. En bref, j’ai bien aimé cette lecture, mais elle n’était pas mémorable. Divertissante, tout au plus. Si ma pile de livres à lire n’était pas aussi longue, je lirais bien les prochains tomes, mais compte tenu que ma PAL est longue comme le trajet Montréal-Québec, je passerai sans doute mon tour. 😉 Une belle lecture malgré tout.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Scott Westerfeld
Maison d’édition: ScholasticBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443168281
Lectorat cible: Ados.
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Jean-Michel Basquiat: L’enfant radieux

Jean-Michel Basquiat l'enfant radieuxQuelque part à New York, dans le Brooklyn des années 1960, un petit garçon rêve de devenir un artiste célèbre. Un peu plus tard, cet enfant sauvage, génial et rayonnant, fera de lui-même un Roi… Figure de l’underground new-yorkais, Jean-Michel Basquiat, avec ses graffiti et ses peintures, fut propulsé au rang de célébrité et de monument culturel dans les années 80. Ami d’autres artistes de l’époque, tels que Andy Warhol et Keith Haring, il a incarné, mieux que quiconque, l’avènement du Street Art, spontané et libre, ayant l’espace urbain pour terrain de jeu et de création grandeur nature.

Honte à moi, je ne connaissais pas Jean-Michel Basquiat. Cet album jeunesse signé Javaka Steptoe me la fait découvrir de très belle façon. Comme Basquiat, Steptoe s’est inspiré de divers éléments de la ville de New York pour illustrer ce livre notamment sur des matériaux récupérés tels que le bois. Ce magnifique travail d’artiste donne lieu à de superbes compositions riches tout en relief et en profondeur. L’auteur a choisi de ne pas reproduire ou d’intégrer des copies de véritables peintures de Basquiat; plutôt, il a créé ses propres interprétations de certaines pièces de l’artiste. Cette démarche, parce qu’elle réinterprète une œuvre, nous pousse à en savoir plus tant Basquiat que Steptoe.

Le texte retrace la vie de Basquiat, de l’enfance jusqu’à la reconnaissance artistique. Le livre se termine par un dossier informatif qui nous en apprend beaucoup sur celui qu’on a d’abord connu sous le nom de « SAMO(c) »: Ses origines haïtiennes et portoricaines, son goût pour le célèbre tableau Guernica de Pablo Picasso, son éveil l’engagement et la guérison par l’art, son addiction à la drogue, et sa mort, soudaine, à l’âge de 27 ans. On y découvre également le symbolisme dans l’œuvre de Basquiat. Enfin, par le biais de la maladie de la mère de Basquiat, l’auteur aborde le thème de la santé  mentale.

Cet album saura intéresser les préadoslescents et les adolescents; n’hésitez pas à le leur faire lire !

* Prix Caldecott 2017

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Javaka Steptoe
Maison d’édition: Le Genévrier
Année de publication: 2016
ISBN: 9782362900402
Public cible: À partir de 8 ans
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Zut, Félix !

Zut FélixFélix, le champion des pirouettes, s’est cassé le bras. Il va porter un plâtre pendant plusieurs semaines. C’est dur à accepter. Bien sûr, sa famille, madame Édith et ses amis sont là pour l’aider. Mais Félix doit aussi apprendre à se débrouiller !

Ce livre est le troisième de la série La classe de Madame Édith, mais se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. Félix, le personnage principal, est un garçon noir et athlétique qui adore faire des acrobaties pour épater la galerie. Lorsqu’il se casse accidentellement le  bras, il pleure de douleur et est déçu de ne pas pouvoir montrer sa nouvelle pirouette à ses amis le lendemain. Ces derniers veulent tous l’aider, mais Félix aimerait être autonome! Il se demande comment faire plaisir à ses amis si gentils avec lui. Le récit met aussi en scène Rosalie, une camarade de classe très bavarde au teint foncé.

Ce roman de 93 pages est écrit en larges caractères avec empattement dans une mise en page aérée. Les phrases sont relativement courtes pour faciliter la compréhension du texte chez les jeunes lecteurs. Toutefois, certains mots ou phrases sont écrits en caractère gras ou encore en diagonale ; les lecteurs dyslexiques pourraient avoir de la difficulté à lire ces passages. J’ai noté une erreur de grammaire en page 60 (utilisation du mauvais auxiliaire avec le verbe pronominal se casser) et quelques québécismes (« aiguiser » un crayon plutôt que tailler un crayon). Cela dit, le texte est tout de même bien écrit et utilise la nouvelle orthographe française.

La morale de l’histoire est que tout le monde fait face à des difficultés et que chacun de nous doit trouver ses propres solutions pour avoir une vie agréable malgré tout !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Édith Bourget & Boum
Maison d’édition: Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897851095
Public cible: À partir de 6 ans
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Jan des cavernes

jan des cavernesJan des cavernes est un conte préhistorique qui se passe « il y a très très très longtemps », quand « il était une fois » n’existait pas encore… Wa Wa Jan vit dans sa tribu de chasseurs-cueilleurs, il y a plus de 20 000 ans. Lorsqu’il brise par mégarde le rocher-totem de son clan, Wa Wa Jan est banni. Il se retrouve dans un pays de grottes et de volcans, où les animaux préhistoriques vont le révéler à lui-même.

Cette sympathique bande dessinée sans texte est issue de la collection « Ma première BD » chez Pouss’ de Bamboo. On y retrouve une phrase pour introduire chaque planche (une page), un atelier pour apprendre à dessiner les personnages et l’histoire dans sa version texte en fin d’album. On suggère aux enfants de 3 ans et plus, mais attention, il y a des scènes de bataille (rien de bien méchant, mais quand même), les personnages ne sont pas toujours gentils et se montrent même parfois mesquins. Une lecture accompagnée s’impose pour les plus petits. Bien que la BD soit sans texte, il faut tout de même bien connaître les codes du genre pour ne rien manquer (trois gouttes sur la tête signifie l’étonnement, mais devant la bouche, elles signifient le cri; un gribouillage
en spirale sur la tête signifie l’étourdissement; les étoiles signifient l’impact ou la douleur, etc.)

Wa wa jan se lie d’amitié avec une jeune fille rousse issue d’un clan maudit après l’avoir libérée d’une malédiction qui l’avait changée en ours. Cette dernière sera acceptée au sein du clan des Hommes Bleus de Wa wa jan et on suppose que c’est le début d’une belle histoire d’amour et d’amitié. Dans l’atelier de dessin, on nomme la jeune fille « Princesse » jan des cavernes 2
alors que rien dans le texte ne laisse suppose que c’en est une. J’ai trouvé dommage qu’on nous ressorte le vieux cliché voulant que toutes les filles sont des princesses attendant d’être sauvées, puis mariées. De plus, on parle des « Hommes » pour parler de tout le clan, comme si les femmes n’en faisait pas partie.

Le conte écrit dans la troisième partie du livre offre un texte assez dense, assez rédhibitoire pour les apprentis lecteurs. Beaucoup de mots difficiles dont aucune définition n’est incluse. Malgré tout, les phrases sont courtes et simplement écrites au présent de l’indicatif, faisant du texte une lecture somme toute assez agréable pour les lecteurs avancés.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Antoine Meunier-Gachkel & Domas
Maison d’édition: Bamboo éditions Bouton acheter
Année de publication: 2018
ISBN: 9782818944578
Public cible: À partir de 3 ans

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Kwela Kwela, Jamela!

kwela kwela jamelaMaman est très contente. Elle a acheté un beau tissu pour se coudre une nouvelle robe. Elle la portera pour le mariage de Thelma. Jamela en rêve déjà…

Jamela est une petite fille espiègle, pleine de vie, d’idées et de rêves. Elle me fait penser à Jamaica, une petite fille noire qui elle aussi a sa série de livres jeunesse. J’ai déjà lu quelques livres sur les aventures de Jamela et je la retrouve ici avec beaucoup de plaisir. Les paysages urbains sud-africains sont magnifiques, et les illustrations donnent vie au quotidien rempli d’amour de Jamela et sa mère.

Les enfants se reconnaîtront dans cette histoire car tous les enfants font des bêtises, souvent bien malgré eux. Ici, Jamela trouve le tissu qui servira à la confection de la robe de sa mère et l’abîme par accident. L’histoire m’a fait penser à Martine se déguise, que j’aimais beaucoup étant enfant. J’aurais sans doute adoré Kwela Kwela, Jamela! car contrairement à Martine, Jamela me ressemble physiquement et il est plus facile pour moi d’imaginer que nous avons une expérience commune en tant que personnes noires.

Niki Daly ne déçoit pas, comme toujours!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Niki Daly
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 1999
ISBN: 2013907664
Public cible: 5 à 8 ans

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