Frisettes en fête

Frisettes en fête bell hooksQuand on a les cheveux frisés, ça fait des nœuds, ça tire, ça fait mal ! Et puis, les princesses de contes de fées ont toujours les cheveux longs et raides…mais tristes ! Les frisettes, c’est vraiment chouette ! Une galerie de portraits plus vivants et attachants les uns que les autres. Un coup de pinceau très personnel mariant couleurs vives et pastel. Des dessins tout en rondeur et douceur, du mouvement suggéré par un trait de crayon sobre mais efficace. Le texte se lit comme une petite chanson accompagnant des illustrations qui ondulent et pétillent au rythme des pages et des cheveux des fillettes dans un univers de joie de vivre et de fête.

Cette critique aurait pu se résumer à : bell hooks. Voilà, tout est dit. Mais bon, je vais développer un peu, quand même. 😉 bell hooks est une auteure américaine que j’admire beaucoup. Elle a bien entendu écrit « Ne suis-je pas femme? », un livre (pour adultes) reconnu par la presse professionnelle américaine comme l’un des vingt titres les plus marquants de ces vingt dernières années. Quand j’ai su qu’elle avait écrit un album pour enfants, j’ai su qu’il aurait quelque chose de magique. Et cela a été le cas! Cet album est une véritable célébration des mots, de la poésie et des cheveux crépus.

Les petites filles qu’a illustrées Chris Raschka sont mignonnes comme tout. Elles aiment s’amuser et, par-dessus tout, elles ont des bouclettes et des idées de fêtes plein la tête. Leurs cheveux, elles en ont fait un jeu et les transforment à volonté. Tresses, twists, locks, noeuds bantou, ti-kouri (tresses plaquées), cheveux courts, cheveux longs… Cet album illustre à merveille les mille et une façons de mettre en valeur ses cheveux crépus. Il ne reste que quelques exemplaires du livre en version française encore en vente sur le marché: profitez-en pendant qu’il est encore temps en cliquant sur le bouton ACHETER ci-dessous. Vous pouvez aussi emprunter ce livre dans votre bibliothèque municipale.

Coup de coeur !

bell hooks est une auteure américaine. 

bell hooks

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Frisettes en fêteBouton acheter petit
AUTEUR(S) : bell hooks & Chris Raschka
ÉDITION: Points de suspension, 2001
ISBN: 9782912138217
PRIX: 8,95$
À PARTIR DE 4 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Nos boucles au naturel, ou encore Comme un million de papillons noirs, deux albums jeunesse sur l’amour des cheveux crépus.

nos boucles au naturel scholastic      Comme un million de papillons noirs

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

My life matters

my life matters

Marvin et Tyler Johnson sont des jumeaux noirs américains de 17 ans. Tyler se rend à une fête organisée par un gang et Marvin l’accompagne pour veiller sur lui. Une descente de police soudaine durant la fête sépare les deux frères. Au matin, Marvin apprend la mort de Tyler mais une vidéo sur Internet montre qu’il a été abattu par la police alors qu’il rentrait chez lui. Premier roman.

Avant même de donner mon appréciation de ce roman, il faut absolument que je dise que son titre m’a beaucoup agacé. Le roman original a été publié sous le titre « Tyler Johnson was here » : il me semble qu’il s’agit d’un titre beaucoup plus approprié qu’on aurait pu simplement traduire par « Tyler Johnson était ici ». Pourquoi donc se casser la tête ? J’imagine que l’éditeur voulait faire un clin d’oeil au mouvement Black Lives Matter dont il est question dans le roman. Le résultat se révèle assez maladroit puisque « My life matters » (et ses variations telles que « All Lives Matter » ou « White Lives Matter ») est une phrase souvent répétée et un hashtag utilisé par des personnes blanches pour décrédibiliser le mouvement ou pour souligner qu’ils ne « voient pas la couleur », une manière insidieuse de nier les inégalités raciales. Après tout, on ne peut pas régler un problème (i.e. le racisme) si on décide de ne pas reconnaître son existence. De plus, une personne noire utiliserait simplement « Black Lives Matter », même pour parler de sa propre existence, et non « My Life Matters » puisqu’elle se sent naturellement comme faisant partie d’un mouvement plus large qui touche des personnes partageant le même héritage qu’elle. D’ailleurs, le titre français m’a agacé au point qu’il est la raison première pour laquelle ce roman a attiré mon attention sur l’étagère de ma bibliothèque municipale. Niveau marketing, l’éditeur a plutôt bien fait ! 🤷🏿

 

my life matters tyler johnson was here
Version originale américaine du roman de Jay Coles.

 

Voilà, c’est dit. Il fallait que ça sorte. Bon, après, j’ai bien aimé ce roman ! Qui de mieux pour raconter l’histoire d’un jeune américain noir qu’un jeune américain noir ? En effet, l’auteur Jay Coles a écrit ce roman avant d’atteindre l’âge de 25 ans. Les personnages parlent et se racontent d’une manière toute naturelle. #OwnVoices. Je me suis beaucoup attachée à Marvin et à son histoire. Son désir de réussite, de vivre une vie normale et sa capacité à faire face aux difficultés m’ont beaucoup touchée. J’ai ressenti toute sa frustration face au racisme ordinaire, aux micro-agressions et aux inégalités raciales. Je n’ai pas lu énormément de romans pour ados ayant un personnage principal baptiste, noir et geek. De plus, les meilleurs amis de Marvin sont une métisse ouvertement lesbienne et un latino originaire de la Colombie, ce qui n’est pas sans ajouter un mirroir intéressant pour les personnes racisées et issues de la diversité sexuelle qui elles aussi peinent à trouver des livres qui leur offrent une représentation positive d’elles-mêmes. Bravo !

Au ton de sa voix, je sais déjà de quoi il s’agit. Pas de roses et des choux-fleurs, non. Ce soir, on aura droit au sermon, LE sermon. Celui qu’on a déjà entendu si souvent mais jamais assez. Le sermon que toutes les mères et les pères noirs dispensent à leur progéniture au moins une fois par mois. Le sermon « tu-vis-dans-un-monde-de-Blancs-alors-sois-prudent ». Mama le veut encore plus après ce qui s’est passé hier soir. (p.29)

Dans le roman, on retrouve plusieurs allusions à la culture noire américaine comme le rappeur Tupac, l’autrice Toni Morrison et l’auteur Langston Hughes. J’aurais aimé une traduction canadienne car la traductrice de chez Hachette a opté pour un langage familier que j’imagine parisien, qui parfois clashait avec le contexte américain lorsqu’il était trop appuyé. Un « mec » ou « barge », ça passe, mais les « relou » et « ouf » m’ont fait décrocher à quelques reprises. L’histoire se lit sans difficultés, et m’a fait vivre toute une gamme d’émotions : la colère face à l’assassinat par des policiers de gamins noirs pour avoir « joué de la musique trop fort et perturbé la tranquilité » (p.91), l’exaspération face à l’absence du père condamné pour un crime qu’il n’a pas commis, la tristesse à la suite de la disparition de Tyler, la douleur d’une mère monoparentale ayant perdu un de ses fils, l’espoir lorsque Marvin sera enfin accepté à l’université de son choix. Même si l’histoire n’est pas très originale (il existe plusieurs romans sur la brutalité policière envers les afro-américains sur le marché qui suivent la même trame narrative), et que j’avais une vague impression de déjà-lu en lisant ce roman, j’ai tout de même bien apprécié ma lecture!

Y a aussi tellement de #AllLivesMatter débiles que ça me fout la tremblote. Tous ces gens qui ignorent que les Noirs n’ont jamais été inclus dans le All. All-American veut dire Blanc. All-inclusive veut dire Blanc. All lives veut dire vies de Blancs. Du pipeau tout ça. Les Blancs ne se soucient que d’eux-mêmes, ça me rend dingue qu’ils camouflent leur haine derrière ces posts. (…) Le venin anonyme des réseaux sociaux. (p.147).

Jay Coles est un auteur américain.

Jay Coles

 

Pour vous procurer ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:
My life matters
Auteur(s)
: Jay Coles Bouton acheter petit
Édition: Hachette, 2018
ISBN: 9782016270158
Prix: 22,95$
À partir de 13 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être La Haine Qu’on Donne, un roman sur la brutalité policière et le mouvement Black Life Matters. Frères, un roman pour ados dont les deux personnages principaux sont des jumeaux passionnés de basketball, pourrait aussi vous plaire.

La haine qu'on donne         Frères Kwame Alexander

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Le souhait

Le souhait NdiayeDans un pays où il neigeait toujours à Noël, où les parents achetaient avec bonheur des cadeaux pour leurs enfants, un homme et une femme souhaitaient avoir un enfant à eux, même un peu raté. Rien n’aurait pu les réjouir autant. Ils avaient rempli de jouets une chambre d’enfant mais elle restait désespérément vide. Alors, par une nuit de Noël, ils firent à nouveau ce souhait le plus cher à leurs coeurs, et Camélia, une petite fille au visage noir, apparut. n livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.

Dans ce roman, le désir d’avoir un enfant est porté autant par l’homme que par la femme. L’auteur nous fait réfléchir sur l’importance de ce désir, et sur l’amour familial. Parfois, il ne suffit pas de couvrir une personne de cadeaux, il faut aussi l’aimer pour ce qu’elle est et la soutenir. L’auteure questionne également la notion de privilège: les parents ont tout ce qu’une personne pourrait espérer, c’est-à-dire une belle et grande maison, de bons boulots, etc., mais pas d’enfant alors que c’est ce qu’ils désirent le plus au monde.

Le champ lexical est riche et les phrases sont recherchées. Les jolies illustrations en noir et blanc font usage de larges traits francs. J’ai aimé le clin d’oeil à l’univers de Babar alors qu’on aperçoit l’éléphant dans un tableau accroché au mur de la chambre de cet enfant tant espérée. Cette dernière est décrit comme étant gracieuse et gentille.

« C’était une petite fille aux cheveux noirs, aux yeux noirs, à la peau noire aussi. Elle avait un visage très sympathique. Dans sa robe très blanche, avec sa peau très noire, elle était même un peu éblouissante. » (p.24-25)

Les parents ont tout prévu pour cet enfant qui ne venait pas : un tas de choses matérielles, mais ce dont un enfant à besoin, ce n’est pas de jouets, de robes, de cadeaux, mais d’amour. Les parents étaient plus préoccupés à acheter tout ce que Camilla voulait et a lui faire promettre qu’elle ne les oubliera jamais. Une belle leçon de vie.

Marie Ndiaye est une auteure française.

Marie Ndiaye

 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie Ndiaye & Alice Charbin
Maison d’édition: École des loisirs
Année de publication: 2005
ISBN: 9782211079624
Public cible: 8 ans et plus
Vous aimerez peut-être: Vingt petits pas vers Maria, un petit roman pour les bons lecteurs écrit par une auteure afrodescendante.

vingt petits pas vers maria

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

L’école du style (tome 1) : Glamour, projecteurs et histoires de coeur

École du style Daïna BéliceDu jour au lendemain, Olivia, 14 ans, est propulsée dans l’univers de la mode alors qu’elle fait des courses avec sa mère. L’agence nouveau genre qui la recrute a choisi de miser sur la beauté naturelle plutôt que sur les standards actuels. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Olivia s’envole à destination de Londres pour son premier défilé. Elle y apprendra en accéléré ce que le monde glamour du mannequinat peut lui offrir : des voyages, certes, mais aussi des amitiés, de la compétition entre mannequins et, qui sait, peut-être même l’amour…

Olivia, le personnage principal de ce roman pour ados est une jeune fille blanche, aux cheveux blonds et bouclés, aux yeux verts et au petit nez rond. Ses lèvres sont aussi « ridiculement épaisses » (p.34). Alors qu’Olivia tente d’entrer dans l’univers de la monde, on dit d’elle qu’elle est une « beauté atypique, non conventionnelle et loin d’être classique » (p.34). Or, il me semble que les filles blanches et blondes correspondent justement au standard de beauté conventionnel dans notre société. Si on veut parler de ses lèvres épaisses qui lui donne un air unique, je ne vois pas pourquoi on les qualifient de ridicules, surtout lorsqu’on sait qu’il s’agit d’un trait commun aux personnes afro-descendantes, alors qu’on exige souvent aux femmes noires qui veulent percer dans le métier d’avoir des traits caucasiens (nez et lèvres fines, par exemple). J’ai été déçue par cette représentation qui renforce les stéréotype et la stigmatisation des personnages noirs en littérature. À la page 119, on fait de nouveau référence à cette idée de « beauté classique » en parlant de Bella, une jeune fille (blanche) aux cheveux châtains.

Le premier personnage noir arrive à la page 110, mais n’a pas un rôle majeur dans le récit. Elle mentionne toutefois que plusieurs grosses boîtes lui ont balancé sans mettre de gants blancs qu’il y avait pas de place pour une fille « comme elle » dans l’industrie de la mode. Lorsque Olivia, étonnée, lui dit qu’elle est « tellement belle » et qu’elle a pourtant « la tête de l’emploi », Ana répond que « [p]our bien des agences, pas si tu es noire avec un nez un peu large. » (p.113) Ce commentaire met Olivia mal à l’aise, mais elle admet qu’elle a elle-même rarement vu des femmes noires dans les magazines de mode et qu’elle trouve le monde est « arriéré » de refuser une mannequin à cause de couleur de sa peau.

Cela étant dit, malgré un départ un peu lent, l’auteure sait entretenir le mystère. Toutefois, on sent beaucoup sa présence derrière la narration de son personnage principal. Faire dire à cette dernière des choses comme « tout un chacun » ou « le stress lié à cette rencontre singulière c’est manifesté tardivement » (p.45), ça sonne plutôt faux venant d’une adolescente de 14 ans. Bref, je n’ai pas aimé ce roman et j’ai eu beaucoup de mal à le terminer ! Dommage.

Ex-mannequin et intervenante psychosociale, Daïna Bélice est une auteure québécoise d’origine haïtienne. 

Daïna Bélice

Auteur(s) / illustrateur(s) : Daïna Bélice
Maison d’édition: HurtubiseBouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782897237486
Lectorat cible: 11 ans et plus
Vous aimerez peut-être: Les pointes noires, un roman pour les préadolescentes.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Un heureux évènement

heureux évènementUn petit garçon se demande si sa Mamie a été une petite fille jadis. « Et même avant cela, un bébé, tout comme toi », lui explique sa Mamie. Ainsi commence le récit des précieux instants qui ont entouré cet heureux évènement…

Où trouver des livres pour enfants noirs? Quels livres pour enfants avec des personnages noirs? En voilà un, très beau, avec des personnages exclusivement noirs. Les illustrations sont magnifiques dans cet album . La mise en page est variée. Le texte se lit bien. Une belle occassion de parler avec les petits de l’histoire familiale et des origines. J’ai énormément aimé ce livre jeunesse. À lire!

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Karen English & Sean Qualls
Maison d’édition: Éditions Kaleidoscope Bouton acheter petit
Année de publication: 2005
ISBN: 9782877675376
Public cible: À partir de 5 ans

Vous aimerez peut-être: Haïti, mon pays (pour le style des illustrations) ou Pas si vite, Songololo (une histoire sur la relation privilégiée qu’entretiennent les enfants avec leur grand-mère).

Karen English est une auteure et enseignante au primaire américaine.

karen english

Sean Qualls est un illustrateur américain.

Sean-Qualls

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook