Vodou

Vodou éditions père fouettard

Loin des clichés effrayants, ce documentaire illustré propose aux enfants et aux plus grands une première approche du vodou, de son histoire stupéfiante, ses dieux et ses esprits fascinants, ses rituels et ses croyants, sa culture sans frontière. De l’Afrique à l’Amérique, des masques rituels aux zombies, des anciens royaumes jusqu’aux danses contemporaines !

Ce qu’on retient de la lecture de cet album, c’est qu’il y a de nombreuses manières de croire au Vodou et de prier ses Dieux et Esprits, différentes selon les pays et les gens. Il existe peu de livre pour enfants qui aborde la thématique du Vaudou d’une manière informative. Les représentations de ces croyances en littérature jeunesse est souvent limitée à la poupée qu’on pique pour faire du mal. Ici, on parle plutôt du vodou sans jugement occidental mal placé. Car si le vodou a effrayé les premiers Européens venus en Afrique car ils pensaient qu’ils ressemblaient au Diable, le vodou en soit n’est ni bon, ni mauvais: ce sont plutôt les croyants qui l’utilisent pour faire des choses bonnes ou mauvaises, comme dans toute religion. Au cours de notre lecture de ce livre, on apprend notamment que les vodou sont des esprits invisibles et que pour avoir une vie meilleure, les humains peuvent demander leur aide en communiquant avec eux de différentes manières. On apprend aussi que le vodou est une religion, un ensemble de pratiques magiques, une façon de vivre et de penser, une philosophie.

vodou éditions père fouettard 2

Dans ce livre, les auteurs ont choisi la transcription des noms vodou rencontrée le plus communément dans le golfe du Bénin, tout en mentionnant bien qu’elle varie dans d’autres régions du monde. Mais on découvre tout même comment deux déesses peuvent être représentées et appelées différemment d’un pays à l’autre, comme Mami Wata au Bénin et Yemaya à Cuba (et j’ajouterais Iemanja au Brésil!). Le tout est expliqué avec des mots accessibles d’un point de vue historique et sociologique. Les enfants comprendront le lien entre le vodou et l’esclavage, ou celui entre les bocios (sortes de barrages installés devant les villages, les maisons ou les champs) et la poésie, ou encore l’importance du culte des ancêtres. En conclusion, on mentionne que des nouveaux vodou sont créés encore aujourd’hui et on présente certains éléments originaires du vodou (comme les zombies haïtiens). On retrouve aussi un lexique en fin d’ouvrage.

Mes recherches m’indiquent qu’aucune personne afrodescendante n’a participé à la réalisation de cet album (!), qui pourtant concerne et parle des personnes racisées et de leur rapport au monde. Quelle occasion ratée de donner une voix aux personnes opprimées et de leur donner le loisir de parler pour elles-mêmes. Dommage.

Petit bémol pour la présence de certaines tournures de phrase à l’européenne, dont l’utilisation du mot « hommes » pour parler de l’humanité toute entière, ou encore de la locution « à Haïti » plutôt que « en Haïti ». Rien de très grave tout de même, et certainement pas assez pour que vous passiez à côté de cet album extrêmement intéressant. Voilà donc un très beau livre réussi, vachement bien réalisé en partenariat avec le Château Musée Vodou qui en a assuré l’exactitude scientifique.

vodou fouettard 3

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VodouBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Camille Tisserand (illustratrice), sous la direction de Florent Grandin et Gaïa Mugler
ÉDITION: Père Fouettard, 2019
ISBN: 9782371650459
PRIX: 25, 95$
À PARTIR DE 10 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Où es-tu Iemanja?, un livre jeunesse sur les célébrations de la déesse vodou des rivières lors du nouvel an brésilien. Essayez aussi La sanza de Bama, un documentaire pour enfants sur un instrument de musique en lien avec les croyances vodou.

ou es tu iemanja     sanza

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Princes des fatras

princes des fatrasSur l’île d’Haïti, la bande de Jeanjean, Cliff, James, Will et Flam grandit dans le quartier défavorisé de Cité Soleil. Pour contrer la pauvreté et l’ennui, ils ont trouvé une parade : le foot ! Un jour, M. BoB leur ouvre les portes de son club et la perspective de grands défis.Une bouleversante histoire d’amitié et une belle leçon d’humanité, alors qu’Haïti, frappé par un terrible tremblement de terre, étouffe sous l’accumulation des déchets, les fatras.

Le mystère entourant le personnage principal m’a intrigué dès les premières pages. On s’adresse directement au lecteur à la deuxième personne du pluriel, mais on en sait bien peut sur celui ou celle qui nous raconte l’histoire. Ce n’est qu’à la 87ème page qu’on nous révèle qu’il s’agit d’une fille, Gina. 87 pages où à aucun moment le genre de la narratrice n’a été révélé, perçu ou même supposé, malgré sa présence dans les illustrations. Un tour de force littéraire qui m’a grandement plu ! Lorsque Gina se révèle à nous, on découvre une jeune fille intelligente, sportive, pleine d’idées et ayant un esprit entrepreneuriat assez prononcé malgré ses 11 ans.

L’auteur, d’origine française, nous fait voyager dans Cité Soleil, une ville haïtienne délaissée, comme si nous y étions. Malgré la pauvreté, la violence et la malpropreté de la ville, on aperçoit à la lecture de ce roman une Haïti belle, fière, pleine de potentiel et culturellement riche. On nous fait découvrir le classique « Gouverneurs de la Rosée » du grand écrivain haïtien Jacques Roumain et la créativité des haïtiens. Le ton est juste, sans condescendance et sans prendre les haïtiens en pitié. Un roman captivant qui plaira aux enfants comme aux adultes ! À noter que certains mots créole ne sont pas traduits, mais ne minent pas la compréhension du texte. À lire au plus vite !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jean Claverie & Jean-Yves Loudes
Maison d’édition : Belin Éditeur
Année de publication : 2015
ISBN : 9782701193755
Public cible : 10 ans et plus

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Veux-tu lire avec moi ?

veux-tu lire avec moiAntonio aimerait qu’on lui lise une histoire. Mais toutes les grandes personnes qu’il sollicite sont très occupées. Et voilà qu’il croise au bas de son immeuble un vieux monsieur aveugle. Et si, cette fois, c’était Antonio qui se mettait à lire ?

Ouf, quel beau livre ! Les illustrations colorées rendent vivantes les rues qui bordent la maison d’Antonio. On y rencontre des personnages (adultes) de toutes sortes, mais personne n’a du temps pour lire avec Antonio. Il paraît que les adultes sont toujours occupés… Au départ, Antonio passe devant l’homme aveugle sans même lui demander de lire avec lui. Après tout, il ne voit pas ! Mais au final, ce sera cet homme qui aura le temps (et l’envie!) de partager un moment de lecture avec Antonio. J’ai beaucoup aimé ce livre qui déconstruit quelques préjugés sur le handicap au passage. Il s’agit d’une belle histoire de tolérance et de partage de ce qu’il y a de plus beau au monde: la lecture, bien entendu (parle de bibliothécaire!)  Je recommande vivement ! Couverture rigide.

Veux-tu lire avec moi - éditions circonflexe

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Lawrence Schimel & Thiago Lopes
Maison d’édition : Éditions CirconflexeBouton acheter petit
Année de publication : 2018
ISBN : 9782878339451
Public cible : 4  à 7 ans

Vous aimerez peut-être : Tonton Couture: Un histoire au bord du fleuve São Franciscoun album jeunesse lui aussi publié en langue originale portugaise par un éditeur brésilien.

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Dandara et les esclaves libres

Dandara et les esclaves libresEn pleine forêt tropicale brésilienne, au 17e siècle, des dizaines de milliers d’esclaves fugitifs regroupés dans le camp quilombo de Palmares résistèrent aux Portugais pendant un siècle. Zumbi en fut le chef mythique et Dandara, sa compagne, resta pendant longtemps dans son ombre. L’histoire authentique d’une cheffe rebelle, qui a tenu tête aux colons Portugais contre la barbarie de l’esclavage.

Le livre débute par une introduction par la traductrice et éditrice Paula Anacaona où elle explique comment les premiers Noirs d’Afrique sont arrivés au Brésil, ainsi que le contexte du roman qui se déroule dans le Brésil colonial entre 1680 et 1695. On retrouve ensuite une préface de l’auteure Jarid Arraes où elle présente comment est né l’idée d’écrire l’histoire de Dandara. D’ailleurs, Arraes a beaucoup écrit sur les femmes Afro-Brésiliennes qui ont marqué l’Histoire mais ont été injustement oubliées. J’ai aimé son approche: Alors que plusieurs contestent l’existence même de Dandara, Arraes a décidé de confronter cette idée qu’il ne s’agit que d’une légende. Car même s’il s’agissait que d’une légende, quelqu’un doit l’écrire ! Pourquoi laisser le machisme et le racisme effacer cette histoire ? On sait que Dandara a été l’une des cheffes du quilombo de Palmares, qu’elle a été la compagne de Zumbi, et qu’elle n’acceptait pas le rôle féminin imposé par la société de l’époque. Trois ingrédients qui ont inspirés Arraes à l’écriture de ce roman.

Dandara avait désormais conscience du rôle de chacun, et de l’importance de chaque rôle dans le fonctionnement et la défense de Palmares. Sans personne pour préparer les repas, les guerriers ne pouvaient pas lutter ; sans personne pour cueillir les herbes curatives, les Palmarinos ne pouvaient pas être soignés… Elle avait également réalisé que ces tâches n’étaient pas plus faciles ou exemptes de dangers que les autres – le risque mortel que Bayô avait couru, et la crainte que les guerriers du quilombo avaient manifestée à l’idée de retourner à la rivière, montraient bien que les rôles attribués aux femmes n’étaient pas des rôles de figuration. Même si Dandara préférait s’entraîner au maniement des armes, cette constatation s’installait peu à peu dans son esprit. (p.43-44)

Dandara et les esclaves libres m’a captivée du début à la fin. L’auteure a un style vif et entraînant; difficile de lâcher le livre une fois qu’il est entammé. Aussi, l’inconnu et la découverte m’ont gardé en haleine tout au long de ma lecture. J’admets en connaître peu sur l’histoire des Afro-brésiliens, même si je la sais liée à la mienne, à cette Grande Histoire des populations afro-descendantes. Je connaissais déjà les orixas (divinités originaires d’Afrique qui représentent les forces de la nature) et j’ai été émerveillée de constater que l’auteure s’en est inspiré pour ajouter un élément de fantastique à ce roman. Quel bonheur d’y retrouver Iansà, Oxum, Nana, Iemanja, Xango et Ogum ! Dandara a la peau sombre et les cheveux crépus. Elle porte et sait manier l’épée, elle est courageuse et héroïque. C’est une guerrière vraiment badass, quoi ! 🙂

Ce livre mélange habilement fiction et réalité dans un format agréable. Chaque chapitre est titré et se déploie sur une dizaine de pages. Le fait que les femmes soient au centre du récit rend ce livre audacieux et captivant. Les femmes y sont partout, elles font tout et il n’y a rien qu’un homme puisse faire qu’elle soient incapable d’accomplir. Loin des stéréotypes, les personnages de ce livre sont authentiques, pluriels, uniques. Action, fantastique, éléments historiques, mythologie, romance, suspense… tout est là pour faire de ce roman pour enfant un succès ! Dandara et les esclaves libres est un roman audacieux, palpitant et incontournable. D’ailleurs, les adultes le liront aussi avec beaucoup d’intérêt. Du coup, pourquoi ne pas lire Dandara et les esclaves libres en même temps que votre enfant ? Achetez deux copies et cela vous permettra d’en discuter ensemble au fur et à mesure que votre lecture avance !

Les esclaves fugitifs de Palmares (ainsi que les hommes et femmes nés au quilombo, donc nés libres) vivaient en liberté et semaient la terreur dans la région, adoptant une véritable tactique de guérilla. Ils pillaient les entrepôts, volaient du bétail, incendiaient des propriétés agricoles – et surtout, fait hautement symbolique, libéraient leurs frères et sœurs dans des razzias qui auraient touché plus de 60 plantations de canne à sucre. Il n’en fallait pas plus pour créer le mythe de Palmares, premier royaume Noir hors d’Afrique. (Introduction de Paula Anacaona)

Un livre jeunesse pour souligner le mois de l’histoire des Noirs.

Jarid Arraes est une auteure brésilienne.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Jarid Arraes
Maison d’éditionAnacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782918799979
Public cible: 11 ans et plus

Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

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Le libraire de la favela

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Dans une favela de Rio de Janeiro, le témoignage plein d’espoir d’Otavio : sans jamais baisser les bras, il a toujours cherché à faire partager sa passion de la lecture.

J’aime les livres qui parlent de livres. Les livres sur les bibliothécaires, sur les lecteurs, sur les libraires. Le libraire de la favela s’inscrit dans cette catégorie. Et j’admet ne pas avoir été attirée au premier abord par ce petit roman de 94 pages, qui pourtant m’a gracieusement été offert par l’éditeur. Mais voilà, je me suis lancée et j’ai été agréablement surprise par la qualité du récit, l’art de conter de l’auteur, les illustrations angulaires en contre-plongée et les vignettes en noir et blanc, ainsi que tout le dossier documentaire en fin de livre qui nous informe sur le Brésil et ses bidonvilles, sur la vie de l’auteur et sur les initiatives technologiques et sociales dans les favelas. Tout au long du texte, des notes en bas de page aident le lecteur à comprendre les concepts et les mots qui pourraient lui être inconnus (par exemple: les favelas, la bande dessinée brésilienne Histoires de Monica, la religion mormone, l’auteur pour la jeunesse Monteiro Lobato, l’alcool cachaça, les télénovelas, le bédéiste Ziraldo, etc.)

Ce roman, qui s’ouvre sur un survol historique des bidonvilles en bordure de Rio de Janeiro, capte le lecteur dès les premières phrases:

Tous les Brésiliens qui habitent dans les favelas savent que dans ces quartiers, nous vivons avec la peur et l’angoisse. Mais nous avons aussi un désir immense de dépasser tout cela, de dépasser les idées reçues et le fait d’habiter dans un des quartiers les plus violents de Rio de Janeiro, de dépasser un futur bouché. (p.7)

Alors que la criminalité s’installe dans les bidonvilles brésiliens et que la « guerre de la poudre » (la cocaïne) fait rage, les trafiquants aident financièrement les habitants et leur offre des cadeaux (mais pas de livres pour les enfants!) en échange de respect, loyauté et protection. Malgré la violence et la pauvreté qui l’entoure, Octávio Júnior aime sa vie dans la favela. Il y est libraire et cela lui permet de sensibiliser les membres de sa communauté à la lecture. Conscient que les enfants de son quartier ont une « vision très réduite du monde » (p.11), il souhaite leur transmettre le goût de la lecture qu’il considère être une échappatoire. C’est à travers ses mots qu’il nous raconte son histoire, tel un mémoire ou un conte de fées, et qu’on découvre avec lui la vie qu’il a vécue et comment il est devenu libraire dans un endroit aussi inusité. Octávio Júnior a véritablement existé et c’est fantastique de voir comment une personne seule peut porte un si gros et beau projet dans un environnement aussi difficile.

Ce roman aborde sans grands détours des sujets tels que la violence conjugale, le trafic de drogue, la mort des enfants, analphabétisme fonctionnel, la brutalité policière, la guerre, l’hypersexualisation des filles ou le crime organisé. Il plaira aux adultes, mais également aux enfants matures ayant déjà abordés ces sujets avec un adulte. Malgré quelques longueurs, on lit avec plaisir le récit de ce garçon mordu de lecture, débrouillard et futur libraire inspirant.

Otávio César de Souza Júnior est un écrivain, producteur théâtral, acteur et conteur brésilien.

Otávio César de Souza Júnior

Auteur(s) / illustrateur(s) : Octávio Júnior & André Diniz
Maison d’édition: Éditions Anacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782918799887
Public cible: 10 à 13 ans
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Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

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Tonton couture : Une histoire au bord du fleuve São Francisco

Tonton coutureLe petit Eduardo veut être couturier, comme son oncle. Il habite dans une petite ville du Brésil, au bord du fleuve San Francisco. Son tonton lui apprend tous les secrets du métier – et lui raconte aussi plein d’histoires sur la vie d’autrefois. Autrefois, avant que la grande usine s’installe au bord du fleuve, et pollue la région. Tonton Couture coud les uniformes des ouvriers. Mais un jour, l’usine décide de produire les uniformes dans un pays lointain. Ça coûte moins cher ! Tonton Couture et Eduardo trouveront une jolie solution pour continuer à travailler. 

Le texte, qui se lit comme on écoute un ami nous relate ses souvenirs, m’a fait voyagé jusqu’au Brésil. J’y ai découvert un peuple, une famille, des individus dont l’histoire m’a touché. Les illustrations sont si belles que j’ai dû plusieurs fois arrêter la lecture pour les dévorer des yeux afin d’observer chacun des détails si longtemps travaillées par l’auteure: des vestes suspendues par des cintres au bord d’une fenêtre ayant vu sur un chantier, aux bouteilles et babioles déposées nonchalamment près d’un écran de télévision, en passant par les linges colorés que les femmes lavent dans le São Franscico, surnommé le « Vieux Chico »,  l’un des plus longs fleuves du Brésil. Ces illustrations vivantes tout en relief composées de collages semblent vouloir s’échapper du livre. C’est un art infiniment beau.

Au fil des pages, la relation entre un jeune garçon et son oncle couturier se tisse et se dévoile au lecteur alors que ce dernier raconte des histoires et transmet les rudiments de la couture au garçon qui attend après l’école que sa mère rentre de travailler. On y découvre comment la petite ville fictive d’Olho d’Agua a été transformée par l’arrivée d’une usine. Les changements ont été sociaux, familiaux, personnels et environnementaux. C’est à travers ce village brésilien transformé et par le biais d’un couturier inventif et persévérant que le livre nous transmet son message écologique. En épilogue, une note de l’auteure nous informe de la manière dont les travaux de dérivation du São Franscico  divise la population brésilienne, et sur ce qui est arrivé au fleuve Doce, théâtre de la plus grande catastrophe écologique de l’histoire du Brésil. On en apprend aussi beaucoup sur le quotidien au Brésil.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

Bien que Olho Agua n’existe pas, les racines véridiques du livre le rende facilement exploitable en milieu scolaire. Pourquoi pas une discussion en classe sur la transmission et sur la protection de l’environnement ? Enseignants, questionnez vos élèves sur les habilités, les compétences ou les passions que les membres de leur famille leur ont transmis. Vous pouvez également les questionner sur les impacts que peut avoir l’arrivée d’une industrie minière ou de tout autre élément nouveau sur l’environnement et/ou l’écosystème. Au cours d’histoire, vous pouvez les questionner sur ces métiers disparus ou en voie de disparition. Au cours d’art plastique, pourquoi ne pas effectuer une toile faite de collages texturés à la manière de Eymard Toledo ?

J’ai vraiment adoré la lecture de cet album qui ouvre une multitude de portes vers la découverte et la réflexion. Bravo!

Coup de cœur !

* Prix « Climate Book » en Allemagne pour son message écologiste.

* Prix « Hautement recommandable » de la Fondation Biblioteca Nacional au Brésil.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Eymard Toledo
Maison d’édition: Anacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782918799894
Public cible: 6 à 9 ans

Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

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Où es-tu Iemanjá?

ou es tu iemanja« C’est la magie du Brésil que l’on retrouve dans le regard d’une petite fille à la veille de la nouvelle année, jour où tous célèbrent la déesse Iemanja… Leny Werneck est une bienfaitrice : elle offre aux enfants la mesure du monde et la vision de la beauté. »  Jorge Amado.

Leny Werneck est brésilienne. Elle a proposé à Philipe Davaine d’illustrer ses mots. Pour cela, il s’est envolé vers le Brésil et a vécu quelques temps dans l’île de Camila, la petite fille de l’histoire… Il en a rapporté ces couleurs magnifiques. Amnesty International s’associe à cet album qui invite à découvrir la richesse culturelle du Brésil.

Les illustrations de ce livre, d’une infinie précision, sont magnifiques. De magnifiques double-pages se déploient tout en longueur et constituent de superbes prises de vue panoramiques. Le texte nous transporte jusqu’au Brésil lors d’une tradition entourant le Nouvel An. Même s’il s’agit d’une fiction, on en apprend beaucoup sur les traditions brésiliennes, sur sa culture, sur ses influences et sur ses significations. Bien que les Africains envoyés au Brésil comme esclaves par les colonisateurs portugais aient été obligés de se convertir à la religion catholique, ils sont parvenus à conserver en secret leurs croyances (les dieux, appelés orixas) et leurs cérémonies. Un petit bijou de littérature!

Auteur : Leny Werneck & Philippe Davaine
Maison d’édition: Syros Éditions, Amnistie International
Année de publication: 2005
ISBN: 274850142X
Public cible: 6 ans et plus

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Gabriel et Gabriel

gabriel gabriel

 

Gabriel a onze ans. Gabriel prend l’avion pour la première fois. Gabriel va au Brésil, passer des vacances chez sa marraine. Une fois arrivé, Gabriel rencontre Gabriel. Un garçon qui porte le même prénom, mais que tout différencie de lui : la couleur de sa peau, sa vie dans une famille modeste, sa familiarité avec les animaux et la nature. Cet été sera celui de leur rencontre, de leur amitié, et de la magie qui en naît… pour de vrai !

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque dans le seul but de le lire et l’analyser pour ce blog qui recense les livres jeunesse ayant des personnages noirs ou métissés d’origine caribéenne ou africaine. Toutefois, je me suis laissée prendre par la beauté de l’écriture de Pauline Alphen. Les tournures de phrases sont jolies, les mots sont recherchés, l’intrigue est bien ficelée. Chaque phrase est si belle qu’on a le goût de les relire deux fois. Tout ça, jumelé aux courts chapitres, font en sorte qu’on ne peut s’arrêter de lire.

L’histoire est aussi bien intéressante: Deux garçons au même prénom, l’un français d’origine brésilienne (« Gabriel-França »), l’autre brésilien (« Gabriel-Brasil »), l’un blanc,black blonde hair l’autre noir, et leur rencontre, inoubliable. Gabriel França tient un journal intime que l’on découvre ponctuellement dans le texte. Il est facile de s’identifier à eux deux. Gabriel França a entendu le brésilien toute sa vie, mais ne peut le parler. Gabriel Brasil est futé, vif, parfois jaloux. Leur amitié se dévoile de page en page, même si on sait que Gabriel França devra repartir en France un jour.

Enfin, le texte donne à voir une négritude différente de celle régulièrement présenté en littérature jeunesse: Un Noir aux cheveux naturellement blonds, c’est quand même moins commun qu’un Noir aux cheveux naturellement noirs. L’auteure ne tait d’ailleurs pas la mixité du peuple brésilien, qu’elle célèbre au contraire par cette rencontre entre ces deux garçons, ces deux Brésils, différents, formant l’identité plurielle du pays.

Plusieurs mots portugais dans le texte et présence d’un lexique en fin de livre pour les définitions et traduction françaises. Très belles illustrations en noir et blanc. Un très beau récit ponctué de poésie, à découvrir très vite. J’ai adoré.

Coup de coeur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pauline Alphen
Maison d’édition: Hachette Romans Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782012044401
Lectorat cible: À partir de 8 ans

Vous aimerez peut-être: Freedom summer, une histoire sur l’amitié entre un garçon blanc et un garçon noir au sud des États-Unis de 1964. Ou encore: L’enfant, le jaguar et le feu, un conte brésilien.

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L’enfant, le jaguar et le feu

jaguar feuUn jour, un chasseur indien décide de quitter son village pour capturer des bébés perroquets. Il demande au jeune Botoque de l’accompagner. Hélas, la partie tourne mal et le garçon est abandonné dans la jungle. Un magnifique jaguar, civilisé en tout point, croise alors son chemin. Il le recueille, s’occupe de lui comme de son propre fils et lui dévoile le secret du feu. Botoque promet de ne rien dire à personne. Le pourra-t-il seulement ?

Ceci est un conte brésilien qui se raconte dans de nombreuses tribus d’Amazonie. Illustrations surprenantes et naïves. Texte joliement ficellé. Très large format agréable, idéal pour la lecture à un groupe.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Muriel Bloch & Aurélia Fronty
Maison d’édition: Magnard Jeunesse
Année de publication: 2014
ISBN: 9782210960176
Public cible: 6 à 11 ans

Vous aimerez peut-être: La cuillère d’Aminata, offert dans la même collection.

Avez-vous lu ce livre à un enfant? Partagez votre expérience dans les commentaires!

Entre les deux, mon coeur balance…

tamaraCruel dilemme pour Tamara : Kessi est sympa, beau, intelligent et attentionné. Mais il n’est pas libre. Et puis, de toute façon, de son côté, Tamara sort toujours avec Diego. En tout cas, quand il n’est pas coincé au loin dans son pensionnat. Car Diego est loin, si loin… Et Kessi est près, si près… Et toujours prêt à lui rendre service et, grâce à ses études en diététique, à lui donner de bons conseils quant à son régime alimentaire. Tamara va donc se retrouver dans une situation totalement inédite pour elle : coincée entre deux amoureux et incapable de faire un choix. Mais le destin, qui peut être cruel quand il prend la forme de photos volées postées sur Facebook, va s’en charger pour elle…

Plusieurs bons points pour la série Tamara, mettant en scène une fille rondelette dans le rôle principal (assez rare, c’est peu dire…). Dans ce numéro, alors que le beau-père afro-brésilien de Tamara s’apprête à se marier avec sa mère, le cœur de Tamara balance entre deux garçons: l’africain Kessi et le latino Diego. Une série de sketch rafraîchissants sur les amours de jeunesse. Très apprécié des pré-ados et ados d’aujourd’hui. Une lecture agréable. Le numéro se lit très bien seul, sans avoir lu les précédents. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Darasse, Bosse & Zidrou
Maison d’édition: Dupuis Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 978800163208
Public cible: 11 à 16 ans

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