Noirs et Blancs

Il y a bien longtemps, les éléphants étaient noirs ou blancs. Ils se détestaient, s’affrontèrent et finirent par disparaître. Mais un jour, les petits-enfants des éléphants qui n’avaient pas voulu la guerre sortirent de la jungle où ils étaient restés cachés. Ils étaient gris… Par David McKee, le créateur d’Elmer, une fable essentielle pour parler ensemble des conflits et de la paix, chez les éléphants et n’importe où sur la Terre.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a pris beaucoup de temps pour me résigner à écrire cette critique. Ce livre m’a laissée assez indifférente… Le texte ne m’a pas marqué, les illustrations ne m’ont pas plu, le livre-objet m’a semblé peu intéressant. Et puis, je sais pas, mais des éléphants avec une arme à feu ou un poing ou un canon à la place de la trompe, ça me perturbe!!

Au début de l’histoire, les éléphants Noirs et Blancs ne s’entendent pas et se font la guerre. Pour échapper à celle-ci, certains d’entre eux iront se réfugier dans la forêt. Aucun éléphant Noir et aucun éléphant Blanc n’aura survécu à la guerre. Mais des années plus tard, des éléphants gris sortent de la forêt. Ce sont des éléphants pacifiques, du moins, au premier abord. Car bien vite, les éléphants gris aux grandes oreilles se mettront à regarder d’un mauvais œil les éléphants gris aux petites oreilles…

Ce livre est quand même intéressant pour sa manière d’aborder le vivre-ensemble. On entend souvent que le métissage aura raison du racisme et que lorsque tous les êtres humains seront métissés, il n’y aura plus de haine raciale. C’est totalement utopique, évidemment, car non, les personnes métissées ne sont pas là pour nous sauver de notre propre bêtise. Point positif: L’histoire se termine sur une fin ouverte qui peut amener à de bonnes discussions sur les différences, le vivre-ensemble, la tolérance et le racisme.

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Noirs et Blancs
AUTEUR(S): David McKee
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2016
ISBN: 9782070562299
PRIX: 8,95$
4 À 6 ANS

Ce livre vous a plu?
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Fleur de coton

fleur-de-cotonEn Louisiane, dans une plantation, Fleur de Coton, 10 ans, est une jeune esclave. Elle découvre qu’elle est une mulâtresse, née de l’union de sa mère esclave et du maître de la plantation. La fillette se trouve dans la situation difficile des « bâtardes » qui n’ont leur place ni au sein de la communauté nègre, ni dans le cercle des blancs, les dirigeants…

Ce livre de 70 pages se lit très vite et se glisse facilement dans la poche. Je l’ai d’ailleurs dévoré en un voyage en métro sur la ligne orange! Ce tout petit roman s’adresse aux bons lecteurs de 10 ans et plus et aborde la question de l’esclavage en termes très généraux. Malgré la présence d’un dossier en fin de livre sur l’histoire de la Louisiane, on n’y explique pas vraiment les raisons politiques, sociales et économiques qui ont mis la table à la montée de l’esclavage en Amérique. Dommage.

Il y a beaucoup de personnages pour un si petit récit, beaucoup de personnages secondaires aussi, et forcément, on n’a ni le temps de les connaître vraiment, ni le temps de s’y attacher. J’ai eu du mal à m’attacher à Mai, le personnage principal. On sait bien peu de choses d’elle et ses réactions m’ont paru parfois bizarres ou incompréhensibles. Par exemple, lorsqu’elle apprend qu’elle est née d’un père blanc, en l’occurrence le maître de la plantation, elle se réjouit de réaliser que du sang blanc coule dans ses veines et rejette sa filiation à sa famille noire, allant jusqu’à se considérer supérieure à eux. Or, il y a peu de mise en contexte dans le roman qui puisse explique que Mai ait une telle réaction, et le tout risque d’être bien confus pour un jeune lecteur de 10-11 ans. Le danger est qu’il en retienne un message négatif ou internationalise un racisme bien malgré lui à la lecture de ce roman.

De plus, le récit n’offre pas de réelle conclusion et on ne sent pas que Mai a évoluée par rapport au début du roman. L’histoire se termine sur son départ de la plantation car elle a été vendue à une autre famille. Bien des questions restent sans réponse: Qu’est-il arrivé à la famille de Mai? Que va-t-il arriver à Mai? Mai finira-t-elle par s’accepter? Parviendra-t-elle à s’émanciper? Les personnages parviendront-ils à se pardonner ? Le père de Mai finira-t-il par reconnaître sa paternité ? …

Je suggère donc une lecture accompagnée: prenez le temps de lire aussi ce livre et d’en discuter avec votre enfant ou vos élèves. Posez-lui des questions sur ce qu’il a compris du récit et ce qu’il en pense, mais soyez aussi prêt à répondre à ses questions (elles pourront vous surprendre!)

Auteur(s) : Corinne Albaut
Maison d’édition: Oskar éditeur Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782350009988
Public cible: À partir de 10 ans

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Les rois du parc

Les rois du parcDeux enfants, Léanne et Johan, décident de régner sur le parc de loisirs. Ils imposent à leurs sujets des conditions et des règles de jeux… C’est bientôt la guerre déclarée entre les deux souverains pour savoir qui sera maître des balançoires et des toboggans.

Léanne est une petite fille noire au teint foncé. C’est une forte tête qui s’impatiente facilement. Le parc est son royaume, et elle ne compte pas le partager avec Johan. D’ailleurs, les deux enfants ne s’entendent pas sur la division du territoire ! Si de son côté, Johan fait un « plan de conquête », Léanne fait un « MÉGA plan de conquête ». Au fil des pages, les amis du parc s’amusent de moins en moins. Puis, leurs idées de conquête leur montent tellement à la tête qu’un jour, il n’y aura plus rien à conquérir et plus de copains avec qui jouer. Il faudra se réconcilier et apprendre à partager !

J’ai adoré la mise en page de cet album amusant. Les doubles pages, concomitantes, font ressortir l’opposition entre Johan et Léanne. Au final, les deux enfants finiront par élaborer un plan d’excuse, rendre leurs bannières royales et leurs royaumes. La chute, inattendue, fera réfléchir vos petits lecteurs. Et puis, pour aller plus loin, pourquoi ne pas aborder avec eux des sujets tels que les conflits de pouvoir, le ridicule du despotisme, ou encore la réconciliation ? Les Rois du parc est un album vraiment agréable qu’il vous faut lire absolument ! 🙂

Coup de cœur !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Joseph Kuefler
Maison d’édition: CirconflexeBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782878339420
Lectorat cible: 3 à 6 ans.
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Ayanda: La petite fille qui ne voulait pas grandir

ayanda fille grandirAyanda était une petite fille heureuse, toujours souriante. Un jour, une guerre terrible éclata. Une guerre insensée. Son papa, si doux, si gentil, fut forcé d’aller se battre. Il ne revint jamais. Le cœur d’Ayanda fut brisé. Son chagrin se transforma en colère, elle décida alors d´arrêter de grandir.

Dans cet album tout en poésie, on découvre le chagrin d’une petite fille jadis pleine d’entrain face à la guerre. Refuser de grandir pour ne pas devenir comme les adultes imparfaits que tous deviendront un jour, c’est symboliquement très fort. Refuser le système. Refuser les attentes qui nous enferment dans un moule. Refuser la guerre, les conflits. Et peut-être aussi, refuser de comprendre la guerre, car elle est incompréhensible; toute démarche pour tenter de la justifier est vaine. Ayanda refuse d’entendre tout ça. Ayanda veut rester simplement Ayanda, heureuse, souriante, dans un monde beau et rassurant. Le récit de Véronique Tadjo aborde avec délicatesse et justesse le désenchantement que vivront tous les enfants, à un âge plus ou moins précoce. Les illustrations de Bertrand sont un plaisir pour l’imagination et les tons ocres et couleurs chaudes donnent une chaleur inattendue à l’album. J’ai adoré la manière dont il a allongé les torses et les membres des personnages; cela donne beaucoup de dynamisme aux illustrations. Et cette image sublime où la famille de Ayanda devenue géante tente de la faire littéralement rentrer chez elle, ses pieds dépassant inlassablement de la porte d’entrée…

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Les thèmes abordés sont durs, les images aussi. On fait explicitement référence à la guerre, à la mort, au deuil, à la cruauté. Les illustrations montrent des armes, des chars d’assaut militaires, la peur et la détresse sur les visages des personnages. Le père de Ayanda meurt à la guerre. Sa grand-mère meurt peu après de vieillesse. Sa mère est fortement malade et hospitalisée. Ayanda, réalisant qu’elle doit désormais s’occuper de son petit frère seule, décide de se laisser grandir, jusqu’à devenir une géante… On reproche à Ayanda-petite qu’aucun homme ne voudra l’épouser si elle refuse de grandir, mais Ayanda s’en soucie peu. On reproche à Ayanda-géante qu’elle ne trouvera jamais un mari à sa taille, mais ça lui est égal. Car Ayanda est une femme qui lutte. Elle lutte contre les oppressions, contre les massacres de la guerre, contre les attentes réductrices que la société a envers elle… Elle va même jusqu’à affronter, sans armes, des agresseurs armés pour sauver son village. Une femme forte, vous dites? J’ai A-DO-RÉ cet album, quel petit bijou de littérature.

Cet album serait parfait pour le cours d’éthique et culture religieuse, de morale, de philosophie ou de formation personnelle et sociale au niveau scolaire pour des élèves de 10-11-12 ans. Détrompez-vous; les albums d’images ne sont pas que destinés à la petite enfance! Enseignants et instituteurs, utilisez cet album en classe et questionnez vos élèves sur le sens de la guerre, sur le deuil, sur la perte de l’enfance; vous serez étonnés que même si jeunes, ils sont capables de développer un esprit critique.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Véronique Tadjo & Bertrand Dubois
Maison d’édition: Actes Sud Junior Bouton acheter petit
Année de publication: 2007
ISBN: 9782742769995
Public cible: 7 à 11 ans
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Véronique Tadjo est une auteure franco-ivoirienne.

véronique Tadjo

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Aïxa: Châteaux de sable

aixa sableAïxa vit heureuse dans son pays de soleil jusqu’au jour où elle doit le quitter pour des raisons qui lui sont difficile à comprendre. À son arrivée, trois semaines avant la Noël, elle est émerveillée par les milliers de sapins aux lumières scintillantes et de toutes les couleurs.

Fille d’un père noir et d’une mère blanche, la petite fille vit dans les caraïbes où elle écoule naïvement des jours ensoleillés entre l’école, le jeu, la vie de famille et les fêtes locales. Le livre début tel un album photo où la narratrice nous décrit les personnes photographiées, leur relation avec elle et ce que ce souvenir évoque chez elle. Toutefois, le récit se détache rapidement de cette formule lorsque les illustrations deviennent soudainement un accompagnement au texte, tel un conte. Ce changement de ton rend la lecture confuse.Les illustrations, douces et naïvement disproportionnées, fait tout de même échos de manière assez juste au texte à la première personne.

Le pays d’origine d’Aïxa n’est pas nommé. Martinique? Guadeloupe? Il ne s’agit pas d’Haïti puisque les quelques passages créoles ne sont pas de créole haïtien. Certaines coutumes, célébrations, évènements climatiques et conflits politiques dont il est question dans le livre existent toutefois dans plusieurs pays de la région (faire les courses au marché, les Tontons Macoutes, la plage, les cyclones, commencer les contes par « Krik! » / « Krak! », le kombit/koumbit/communauté, les palmiers, les longues soirées éclairées à la lampe à l’huile, etc.) De plus, la manière dont est abordé le thème de l’immigration est tout à fait juste.

Ce livre m’a rappelé ceux que mon père me lisait étant enfant. Voilà un beau livre malgré tout, que l’on peut lire à un enfant ou qu’un enfant peut lire seul. À découvrir!

 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Florence Bolté & Mentalo
Maison d’édition: Pirouli
Année de publication: 2000
ISBN: 2922754006
Public cible: 4 à 9 ans
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Florence Bolté est une auteure canadienne.

florence bolté

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Le courage de Desmond

Le-courage-de-DesmondUn jour, Desmond enfourche sa nouvelle bicyclette pour aller faire un tour. En chemin, il croise des garçons qui lui crient une insulte. Alors, Desmond ne pense plus qu’à cet horrible mot. « Je vais me venger! » déclare-t-il. Mais la vengeance ne soulage pas Desmond bien longtemps. C’est grâce aux bons conseils du père Trevor qu’il finit par découvrir ce qui peut l’apaiser. Comme par magie, il sait enfin ce que signifie être libéré.

Voilà une très belle histoire sur le pouvoir du pardon. En Afrique du Sud au temps de l’apartheid, un garçon blanc insulte Desmond, un garçon noir. Voulant d’abord se venger et voyant que la méchanceté ne lui apporte rien, il chemine ensuite vers le pardon de celui qui l’a blessé. Très belles illustrations hyper réalistes. Introduction par Desmond Tutu. Mini photo-documentaire en fin de livre sur le véritable père Trevor et l’impacte positif qu’il a eut en Afrique du Sud.

Desmond Tutu est un archevêque sud-africain récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1984

desmond tutu

Auteur(s) / illustrateur(s) : Desmond Tutu, Douglas Carlton Abrams & A. G. Ford
Maison d’édition: Éditions scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9781443132398
Public cible: À partir de 6 ans

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