Charlie et ses drôles d’habits

Dans la forêt des belettes, Charlie se fait remarquer par sa manière excentrique de s’habiller. Se sentant rejeté par les autres belettes, il part à la recherche d’un lieu plus accueillant. En son absence, ses compagnons se rendent compte que la vie est plus triste, et commencent à copier son style original.

Cette histoire amusante sur l’acceptation de la différence m’a chargé. Enfin un album pour parler de la tolérance ayant un peu d’humour, tout en gardant un propos intelligent. Les petites belettes sont très expressives et les enfants n’auront aucun mal à s’y identifier (ou encore: à s’identifier à Charlie!)

Le livre-objet est de qualité avec une belle couverture rigide et des pages de garde franchement rigolotes. Les illustrations se déploient sur les double-page, ce qui en fait un livre parfait pour l’heure du conte en bibliothèque.

Ce livre véhicule non seulement des valeurs de tolérance, mais encourage les enfants à ne pas avoir peur d’être différents.

Coup de cœur!

Charlie et ses drôles d’habits
AUTEUR(S) : Samuel Langley-Swain & Ryan Sonderegger
ÉDITIONKimane, 2020
ISBN: 9782368087541
PRIX: 21,95$
3 à 7 ANS

Ce livre vous a plu? Vous aimerez peut-être Un mouton au pays des cochons, Fourchon ou encore Le mouton un peu différent, trois albums pour les petits sur la différence.

Petit pois carotte

Petit pois carotte

Jean-François est un petit pois qui a plein d’amis comme lui. Un jour, il rencontre Charlotte, qui ne lui ressemble pas du tout. En effet, c’est une carotte, ce qui ne les empêche pas de devenir amis et de bien s’amuser ensemble.

Ce petit pois s’appelle Jean-François. J’en ris encore! 😂 Quel beau livre cartonné sur le thème de la différence. Tout en simplicité, l’auteur démontre comment une différence peut être un avantage. Oui, parce que Charlotte la carotte, même si elle perd toujours à cache-cache, qu’elle ne peut pas rebondir et qu’elle ne peut pas rouler comme les autres petits pois, elle peut se transformer en une tour très haute, un chouette toboggan ou un pont super pratique. Et même si Charlotte et Jean-François ne se ressemblent pas du tout, cela ne les empêche pas d’être amis!

La mise en page épurée laisse toute la place aux deux couleurs utilisées pour les illustrations: le vert et le orange. Le texte est simple et efficace. Je recommande!

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Petit pois carotte
AUTEUR(S) : Morag Hood Bouton acheter petit
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2020
ISBN: 9782075131018
PRIX: 24,95$
2 à 5 ans

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être Tout mélangé! ou Un mouton au pays des cochons, deux albums jeunesse sur le thème de la différence. Essayez aussi Pas encore des légumes!.

Tout mélangé Histoire de couleurs Arree ChungUn mouton au pays des cochons

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook

Puis-je rejoindre votre club?

Puis-je rejoindre votre clubUn canard cherche à devenir membre de clubs dont les membres ont toujours quelque chose à lui reprocher, comme par exemple de ne pas savoir barrir. L’enfant est invité à s’identifier aux personnages et à faire le rapprochement avec des situations vécues. Sur la peur de se sentir rejeté, le respect de l’autre et l’acceptation des différences.

Ce bel album pour la petite enfance fait non seulement l’éloge de la différence et de l’acceptation des autres, mais il permet aussi de se questionner sur les inconvénients de ne fréquenter que des personnes qui nous ressemblent. Un club d’éléphants où seuls les éléphants ayant une excellente mémoire peuvent se joindre, quel intérêt? Et si on est un éléphant distrait, que faire?

L’album aborde aussi l’acceptation de soi, car lorsque le petit canard tentera de rejoindre le « club des lions » en se camouflant sous une crinière afin de mieux passer inaperçu, il sera quand même rejeté car il ne sait pas rugir. J’ai beaucoup aimé cet album, que j’exploiterai sans l’ombre d’un doute lors de l’heure du conte à ma bibliothèque et que je recommanderai assurément aux enseignants du primaire. À lire de toute urgence!

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Ma vie sur MarsBouton acheter petit
AUTEUR(S) : John Kelly & Steph Laberis
ÉDITION: Thomas jeunesse, 2017
ISBN: 9782354813925
Prix: 24,95$
3 à 6 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Un mouton au pays des cochons, L’ours brun qui voulait être blanc, ou Interdit aux éléphants, trois albums jeunesse sur l’acceptation des différences.

Un mouton au pays des cochons     ours-brun-qui-voulait-etre-blanc    Interdit aux éléphants

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Mes deux mamans à moi

Mes deux mamans à moiCette semaine, c’est la fête des Mères et moi, je suis chanceux, car j’en ai deux. « Madame Luce, pourquoi on dit tout le temps que ça prend un papa et une maman pour faire des bébés? Isaac, lui, il a deux mamans et il a été un bébé. » Madame Luce regarde Layla. Elle tourne la tête de droite à gauche et fait une moue en levant les yeux au ciel. Elle plisse le front. Elle ouvre la bouche puis la referme. Elle se gratte la tête. « D’accord, écoutez bien, les enfants… »

Il existe peu de livres jeunesse qui abordent positivement et dans un langage accessible aux enfants le thème de l’homoparentalité. Mes deux mamans à moi, publié aux éditions Boomerang, réussit à expliquer simplement comment deux femmes peuvent avoir un enfant en utilisant une analogie entourant les animaux. L’auteure ne craint pas de nommer les choses: utérus, spermatozoïde, ovule. À travers les questions des enfants, l’enseignante de l’histoire parvient à normaliser la famille homoparentale d’Isaac:

  • Avoir deux mamans, est-ce que cela veut dire avoir aussi deux papas?
  • C’est comment, avoir deux mamans? (C’est comme avoir une maman, deux fois. Tout simplement!).
  • Isaac était-il dans les deux ventres de ses mamans en même temps?
  • Pourquoi on dit tout le temps qu’il faut un papa et une maman pour faire des bébés?
  • Comment ça marche, quand c’est deux papas?

L’une des mamans de l’histoire a le teint brun, mais sa couleur de peau n’est pas importante dans l’histoire. J’aurais aimé retrouver un dossier pour outiller les adultes accompagnateurs sur comment aborder l’homoparentalité avec les enfants en fin d’album. La présentation matérielle est assez fragile: le livre est tout simplement broché en son centre. Intéressant et pertinent tout de même. À lire!

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Mes deux mamans à moiBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Brigitte Marleau
ÉDITIONBoomerang, 2020
ISBN: 9782897093891
Prix: 9,95$
3 à 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Jason et la tortue des bois, un roman jeunesse dans lequel un garçon a deux mamans. Essayez aussi C’est ta vie! L’encyclopédie qui parle d’amour, d’amitié et de sexe aux enfants.

jason tortue des bois    C'est ta vie encyclopédie amour amitié sexe

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Un jour, tu découvriras…

Un jour tu découvrirasPlusieurs raisons expliquent pourquoi certaines personnes se sentent différentes des autres. Peut-être est-ce à cause de leur apparence physique ou de leur façon de parler, de leur nourriture ou de n’importe quel autre détail. Dans tous les cas, il n’est pas toujours facile de faire ses premiers pas dans un environnement où l’on ne connaît personne, et pourtant, c’est bien nécessaire…

Le texte percutant de Jacqueline Woodson et les somptueuses illustrations de Rafael Lopez démontrent avec brio que tout le monde se sent parfois étranger et qu’il faut du courage pour continuer son chemin malgré ce sentiment. Cet album prouve également que de bonnes choses peuvent arriver lorsque l’on ose enfin s’ouvrir aux autres!

Des les premières lignes, je me suis sentie interpelée par cette histoire: « Il y aura des jours où tu entreras dans une pièce et tu verras que personne n’est tout à fait comme toi »  peut-on lire. Les enfants issus des minorités visibles se reconnaîtront sans doute en ces quelques lignes. Mais pas que ! Car la différence peut bien sûr être celle de la couleur de la peau ou de la texture des cheveux, mais elle peut aussi être celle des vêtements portés ou de la langue parlée. L’auteure décrit avec des mots simples et porteurs de sens toute la détresse qu’un enfant peut ressentir lorsque ses petits camarades de classe rient de lui à cause de sa différence, quelle qu’elle soit. C’est une belle occasion pour questionner votre enfant (ou vos élèves!) sur leur vécu afin qu’ils puissent partager ces moments difficiles et s’exprimer sur la manière dont cela les a fait sentir. Ce livre est tout indiqué pour développer l’empathie chez vos élèves de première ou deuxième année du primaire.

un jour tu découvriras 2

Les illustrations de Rafael Lopez accompagnent à merveille le texte tout en poésie de Jacqueline Woodson. J’ai aimé que ce livre soit écrit par des personnes racisées. #OwnVoices. Ils racontent toutes sortes de situations où on peut se sentir différent: Manger une nourriture inhabituelle aux yeux des autres, être resté tout l’été à la maison à lire et à jouer avec sa petite soeur alors que ses camarades de classes ont tous voyagé dans un pays ou un autre, avoir du mal à s’intégrer à un groupe de jeu dans la cours de récréation. C’est donc avec originalité que le thème de la différence est abordé.

un jour tu découvriras 3

Dans Un jour, tu découvriras…, les livres ont une place importance. Lorsqu’une petite fille noire se sent embarassée d’avoir passé des vacances plutôt tranquilles à la maison en comparaison aux autres, elle réalisera qu’elle aussi a vécu de folles aventures à travers les histoires qu’elle a lues. Lorsqu’un garçon blanc ne trouvera pas le courage de jouer sur la grande échelle du parc avec les autres, il se réfugiera dans un livre qui le réconfortera. Cela démontre bien la manière dont les livres nous accompagnent tout au long de la vie. Parce qu’un jour, tous découvriront la joie de partager leurs histoires. Car les livres permettent aussi d’entrer en relation avec les autres et de s’ouvrir à eux. Et que malgré nos différences, il y a toujours quelque chose qui nous rend semblables. Bref, ce livre témoigne du courage nécessaire pour aller de l’avant quand on se sent différent.

Coup de coeur !

Jacqueline Woodson est une auteure américaine.

Jacqueline woodson 2

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Un jour, tu découvriras…
AUTEUR(S)
: Jacqueline Woodson & Rafael LopezBouton acheter petit
ÉDITIONScholastic, 2019
ISBN: 9781443176415
PRIX: 11,99$
5 à 9 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être The Other Side, un album de la même auteure, Jacqueline Woodson. Interdit aux éléphants, un album pour enfants sur l’acceptation des différences.

Interdit aux éléphants      Othersidepicturebook

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Florence boucles folles

Florence boucles follesFlorence a les cheveux frisés qui partent dans tous les sens. Elle est toujours ébouriffée et aimerait avoir des cheveux lisses et brillants comme ceux de son petit frère. Une histoire sur l’acceptation de soi.

Je vous le dit tout de suite, cet album ne met pas à proprement parler un personnage afro-descendant. Du moins, ce n’est pas explicitement dit dans le texte. Les illustrations tout en douceur de Jane Massey donnent à voir des personnages naïfs crayonnés sur fond blanc. Et franchement, la chevelure indomptable de Florence est mignonne comme tout ! D’ailleurs, la petite Florence est adorable et on s’attache beaucoup à elle en lisant le livre. Elle devient comme une amie qui partage nos inquiétudes, nos joies et notre quotidien d’enfant. Dès la première ligne, son « Coucou! » lancé alors qu’elle est à moitié cachée sous une couverture a fait en sorte que je l’adopte tout naturellement.

Dans le texte, Florence s’adresse directement au lecteur, lui pose des questions, lui raconte des secrets. J’ai adoré cette narration qui se porte bien à la lecture à voix haute et qui plaira autant aux tout-petits qu’aux enfants d’âge scolaire en apprentissage de la lecture. Au départ, Florence décrit avec justesse ses cheveux ainsi :

« Ils sont frisés, j’en ai beaucoup, ils sont tout fous. Rien à faire : je suis toujours ébouriffée. »

Elle regrette de ne pas être comme son petit frère aux cheveux lisses ou comme ses amies de l’école toujours « bien coiffées ». Je me suis demandé en lisant ce livre s’il n’y avait pas une petite dose d’autofiction car l’auteure est aussi connue pour sa large et très belle chevelure rousse et frisée ! Je me suis dit que ce texte résonnera autant chez les enfants blancs aux cheveux ondulés, bouclés ou se mêlant facilement, qu’aux enfants noirs ou métisses aux cheveux frisés ou crépus. Voilà donc un livre universel où tous pourront se reconnaître dans les difficultés rencontrées par Florence :

  • Enfiler un pull fait dresser ses cheveux encore plus sur sa tête.
  • Ses boucles au vent lui cachent la vue lorsqu’elle court.
  • Lorsqu’elle fait des bisous, ses boucles folles se glissent partout et ça chatouille.
  • Il est difficile de faire entrer ses cheveux sous un casque de bain.

Comme personne dans sa famille n’a de cheveux bouclés et qu’elle ne se voit représentée nulle part, Florence supplie sa mère de l’amener chez le coiffeur qui lui lissera les cheveux. Mais hélas ! Sans ses boucles, on dirait qu’elle n’est plus la même; on ne la reconnaît même plus ! Et au fond, peut-être qu’elle préfère ses boucles finalement ! 😉

 

Coup de cœur !

Florence boucles folles 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire Freedman & Jane Massey
Maison d’édition: Mijade Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782807700796
Public cible: À partir de 3 ans
Vous aimerez peut-être: J’aime pas mes cheveux !, un album sur l’acceptation de la texture naturelle de ses cheveux, quelle qu’elle soit.

J'aime pas mes cheveux

 

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Le bébé géant

le bébé géantQuoi ? Un bébé géant ?Un bébé tellement grand qu’il veut tout faire tout seul, sans l’aide de personne ? Ah ! Mais ce n’est pas parce qu’il est géant qu’un bébé n’est pas un bébé… qui a parfois grandement besoin de son papa et de sa maman !

Cette histoire s’inspire de « Brise-Montagne », un conte traditionnel haïtien. Les illustrations de fonction descriptive sont faites de techniques mixtes tels que le collage, le fusain et le crayon de bois. Certains angles de vue comme des contres-plongées renforcent la grandeur du bébé dont la taille surprend. L’auteur fait usage d’onomatopées qui dynamisent la lecture à voix haute: « Boum! », « Aïe, aïe, aïe! Ouille! ». La finale, quoiqu’un peu précipitée, est inatendue et fait sourire. Voilà un livre qui parle de l’envie qu’on les enfants de montrer qu’ils sont grands et indépendants, même si parfois ils ont bien besoin de leurs parents ! J’ai beaucoup aimé cette lecture.

Pistes d’exploitation en classe:

Cet album est bien adapté à une exploitation en classe de niveau primaire. Voici quelques idées pour amener les élèves à comprendre et à s’approprier le conte.

  • Raconte l’histoire dans tes propres mots.
  • Quel est l’élément déclencheur du récit ?
  • Invente une histoire où le personnage principal est différent des autres. Que fait-il de ses journées ?
  • Imagine que le personnage princpal s’appelle plutôt « Bébé minuscule ». Réinvente le conte.
  • Trouve des lettres qui ne servent pas à raconter l’histoire dans les illustrations (p.5-6). Que signifient-elles ?
  • Comment l’illustrateur s’y prend-t-il pour mettre l’accent sur la grandeur de Bébé Géant ?
  • L’auteur utilise beaucoup l’humour dans son texte. Trouve trois passages humoristiques et explique pourquoi ils sont drôles.
  • Trouve une morale à ce conte.
  • Illustre à ta manière un passage du conte. Présente ensuite ton dessin et mentionne de quel passage il s’agit.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Fred Paronuzzi & Kris Di Giacomo
Maison d’édition: L’école des Loisirs Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782877679510
Lectorat cible: 6 à 9 ans.
Vous aimerez peut-être Bonnet rouges et bonnets blancs, un conte antillais pour la jeunnesse.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook

Ma cabane du bout du monde

Ma cabane du bout du monde agrumePas facile de choisir où et comment construire la cabane de ses rêves, dans laquelle il fera bon habiter… Avant de commencer son projet, Lucile décide de partir chercher des idées autour du monde. C’est ainsi qu’elle rencontre Erik qui vit bien au chaud dans sa cabane de bois dans une fôret de Suède, Ana et son perroquet, hauts perchés dans leur cabane nichée à la cime d’un arbre au Costa Rica, Antonio et sa cabane sur l’eau, Victor et sa cabane de pierre sur les hautes montagnes, l’igloo de Sakari, la petite isba d’Aliocha, la yourte de Gantulga… Riche de toutes ses découvertes, Lucile sait maintenant ce qu’il y aura dans sa cabane : une corde pour y monter, un téléscope, un coffre à trésor, une cheminée, un passage secret, un atlas, une guitare et beaucoup de place pour les amis…

On se régale des illustrations dxe Sarah Loulendo riches en détails et lumineuses. Le personnage principal, une petite fille noire aux cheveux crépus, aurait pu être éclipsée par le catalogue de maisons du monde qu’elle visite. Au contraire, nous savons qu’elle s’appelle Lucie et au fur et à mesure que notre lecture avance, on se rend compte qu’on n’aurait voulu faire cette tournée des cabanes du monde avec personne d’autre qu’avec elle. Chaque double page révèle un paysage magnifique qu’on ne se tanne jamais d’admirer. J’ai adoré la musicalité du texte, qui décrit bien chaque maison en peu de mots. J’ai adoré !

Coup de cœur !

Sarah Loulendo est une illustratrice française. 

Sarah Loulendo

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuelle Mardesson & Sarah Loulendo
Maison d’édition: L’AgrumeBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9791090743915
Public cible: À partir de 5 ans
Vous aimerez peut-être: Belle Maison, un album jeunesse magnifique où le personnage principal est une habitation.

Belle maison Sarbacane Brunet

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Max et Koffi sont copains

Max et Lili sont copainsA la récréation, Koffi se fait injurier parce qu’il est noir et son ami Max s’en mêle… Comment vont-ils se défendre ? Ce petit livre de « Max et Lili » parle de l’amitié et du racisme. Tous pareils et tous différents, les hommes ont le même droit de vivre dignement sur la Terre, sans souffrir du mépris.

Ahhhhh… Max et Lili… Ces petites bandes dessinées adorées des enfants que je dois racheter à l’infini pour ma bibliothèque car ils sont littéralement dévorés par nos petits lecteurs ! La recette est gagnante: des situations du quotidien des enfants, une petite bande dessinée, des personnages face à un dilemme éthique, des questions et mises en situations pour se faire sa propre opinion. Personnellement, je dois admettre que je trouve ces livres parfois un peu moralisateurs, hétéronormatifs et s’adressant plutôt à un lectorat européen blanc. Mais les enfants les aiment, bon ! Et puis les illustrations de Serge Bloch sont vraiment fantastiques. À ce niveau, rien à redire; Serge Bloch est une valeur sûre. Le texte de Dominique de Saint Mars aussi est bien et j’apprécie qu’elle parvienne à intéresser les enfants à la philosophie. C’est plutôt le ton ou la manière dont certains sujets sont abordés qui me chicotte un peu parfois.

La scène phare dans « Max et Koffi sont copains » est ce moment où Koffi se fait apostropher par un camarade de classe dans la cours de récré, alors qu’il s’occupait tranquille de ses affaires avec son ami Max sur un banc. Le camarade en question, bien peu sympathique, lui réclame la place en prétextant qu’elle lui appartient. Puis, il lance: « C’est pas ton banc, pas ta cour, et en plus, c’est pas ton pays ! D’abord, t’es qu’un SALE NOIR!  »

Max et Koffi sont copains 3

Ce genre de représentation laisse supposer que le racisme, ce sont les insultes lancées à tue-tête par des Blancs méchants en manque d’attention. Bien sûr, les insultes racistes, ça arrive. Mais aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus pernicieux, implicite et systémique. Je le dit et le redis, les enfants de 7, 8, 9 10 ans sont assez matures pour aborder ces sujets, il suffit que les livres choisis soient adaptés à leur âge. Ce livre a d’abord publié en 1995 et les choses ont bien changé depuis, j’en conviens. Mais rien n’aurait empêché une réédition mise à jour, histoire de s’éloigner de cette idée que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous.

Premier petit malaise en page 18 lorsque la maman de Max, voyant Koffi pour la première fois, s’exclame, étonnée « Mais il est noir ! ». Oui, et alors ? J’ai attendu une suite qui n’est jamais venue. Juste « Mais il est noir! » Point. Bizarre. Cela dit, passé son étonnement initial, elle se montre très ouverte à l’amitié de son fils pour Koffi. Au départ, je me suis dit: « Bon, ok, les auteurs font sûrement questionner les enfants sur la réaction de la mère à la fin de la bande dessinée. Ils ont toujours de bonnes questions pour faire réfléchir les enfants ». Et malheureusement, aucune question n’est posée en lien avec cette scène.

Deuxième petit malaise en page 23 lorsque Koffi présente à Max son petit frère d’un mois et déclare, tête basse : « Sa peau est claire parce qu’il est bébé ! Il a de la chance!  » Que veut-il dire par là ? Qu’avoir la peau claire est mieux que d’avoir la peau foncée ? Et encore une fois, les auteurs ne questionnent pas les enfants sur le colorisme ou le racisme intériorisé à la fin du livre. Cela dit, la mère de Koffi répond du tac-au-tac: « Mais elle est belle ta peau noire, mon doudou ! », ce qui est positif. C’est à ce moment que Max semble réaliser la différence de son ami et déclare « C’est marrant, j’avais jamais fait attention ! On dirait qu’elle est teinte! » en lui touchant la main pour l’observer. Dois-je mentionner que ce n’est pas apprécié d’être perçu comme une bête de foire qu’on peut toucher, palper et observer avec curiosité à cause de sa couleur de peau ? On peut se dire qu’il ne s’agit que de la curiosité naturelle des enfants, mais dans le livre, Koffi ne manifeste pas la même curiosité envers Max, laissant supposer que la peau blanche est normale et n’a pas besoin d’être touchée, palpée et observée avec curiosité. Koffi exprime enfin son malaise d’être traité différemment en disant qu’il « en a marre de ne pas être comme les autres et de se faire traiter [de sale noir] », donnant ainsi une voix aux minorités visibles qui peuvent ressentir ce genre de malaise intérieur.

Max et Koffi sont copains 2

J’ai aimé qu’à la fin de l’histoire, ce soit le pardon qui l’emporte lorsque Koffi vient en aide à son camarade de classe l’ayant insulté au début du livre alors que celui-ci est victime d’intimidation par des plus vieux de l’école. Par contre, cela m’a dérangé que le personnage ne s’excuse pas pour les propos racistes qui a tenus envers Koffi. Il dit qu’ils sont « plus forts ensemble », demande s’ils peuvent « rester copains », veut « faire la paix » et qu’il a « été bête », mais les mots JE M’EXCUSE ne sortent pas de sa bouche. Ugh.

En épilogue, des questions intelligentes sont posées aux enfants: « Quand tu as peur de quelqu’un, essaies-tu de le connaître ou t’enfermes-tu dans ta coquille? », « Connais-tu des exemples de racisme dans l’histoire? As-tu des idées sur les façons de le combattre? », « Est-ce que cela te rend triste d’être différent? Ou est-ce que cela te fait « grandir dans ta tête »? « , « Trouves-tu difficile de parler de ses différences? Est-ce que ça te rend aggressif? » Ou encore « As-tu souffert de racisme? As-tu été rejeté ou injurié par les autres? Ou est-ce arrivé à un ami? »

D’autres questions, toutefois, le sont beaucoup moins, par exemple: « Et toi… Est-ce qu’il t’est arrivé la même histoire qu’à Max? » (Ah, parce que quelque chose est arrivé à Max? J’ai manqué ce bout de l’histoire, car il m’a semblé que c’était plutôt à Koffi qu’il était arrivée quelque chose.) Ou encore « Est-ce que ça existe pour toi le racisme ? » (Cette question n’est pas valide. Ça existe, point.)

Eh, misère…

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique de Saint Mars & Serge Bloch
Maison d’édition: Calligram
Année de publication: 1995
ISBN: 2884452508
Lectorat cible: 7 à 12 ans
Vous aimerez peut-être: Pour le traitement similaire de la différence raciale, il y a André a la peau noire.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

 

Sako

SakoPrès d’un pavillon coquet, des caravanes déglinguées sur un terrain vague où vivent des sans-papiers. La vieille Mado n’attend plus rien de la vie lorsque Sako pointe sa jeune frimousse à travers la haie de son jardin. Tout les sépare: l’âge, la couleur, la tradition. Tout, sauf… la solitude. Et les voilà qui, peu à peu, s’apprivoisent. Pour le meilleur et pour le pire ?

Ce roman m’a beaucoup plu et touché ! La plume de Martine Pouchain est claire, limpide, spontanée et nous transporte sans difficulté dans le discours intérieur de chacun de ses personnages. Tout au long du roman, Mado, Sako et sa mère Niouma partagent avec nous le temps de courts chapitres leurs pensées intérieures. Pouchain aborde avec beaucoup de finesse la condition des sans-papiers et la fragilité des relations humaines. Sako est Malienne d’origine bambara et l’auteure a pris le soin de se renseigner sur la culture de ce pays avant d’écrire son roman. Agoutis, froufrous, koré, la ville de Kayes, le tô, et Mousso Koroni ponctuent le récit sans toutefois le rendre trop lourd et cliché. Sako est un très beau roman qu’il faut lire absolument.

Coup de cœur !

Auteur(s) / Illustrateur(s) :  Martine Pouchain
Maison d’édition : Oskar éditeur
Année de publication : 2011
ISBN : 9782350007151
Public cible : À partir de 10 ans

Vous aimerez peut-être : Chez le même éditeur, il y a le roman Pense aux jours heureux.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook