La promesse du fleuve

La promesse du fleuveOdilon rêve de trouver Terre promise, une île dont lui parlait sa mère autrefois, et où il pourrait vivre en paix avec sa sœur Babette. Pour échapper à la guerre contre les hommes-oiseaux, ils embarquent tous les deux sur le radeau d’un poète qui descend le fleuve en quête d’aventure. Ils découvrent ensemble des lieux merveilleux et effrayants et des compagnons différents et victimes d’exclusion.

Quelle belle découverte! J’ai été transportée dans l’univers d’Odilon et Babette dès les premières pages. J’ai aimé le voyage des personnages principaux, les rencontres qu’ils ont faites en cours de route et les diverses populations rencontrées. Très tôt dans l’histoire, les deux enfants feront la connaissance de Dammal, un poète à la recherche de nouveauté et d’inspiration dans sa vie. Alors que Dammal part à la recherche de quelque chose, Odilon et Babette fuient quelque chose. Cet état de fait fera d’eux de bons compagnons de voyage alors qu’ils se déplacent sur le fleuve. L’eau est d’ailleurs omniprésente dans le récit et nous accompagne jusqu’à la fin.

L’un des premiers endroits où s’arrêteront les protagonistes sera une ville assez étrange qui n’accueille pas bien les étrangers. La première description de Dammal arrive d’ailleurs en page 33 alors qu’ils doivent demander un permis pour pouvoir circuler librement dans cette ville à une employée responsable de l’émission desdits permis. Celle-ci n’a pas de problème à émettre une demande d’intégration pour Odilon et Babette (deux enfants blancs), mais voit d’un mauvais œil que l’homme veuille s’installer ici:

Elle regarde Dammal en haussant un sourcil. Il est trop grand, trop maigre, avec des pommettes trop saillantes. Sans parler de ses cheveux crépus qui forment une boule autour de sa tête. Paule n’en a jamais vu de pareils. Mais, surtout, le noir de sa peau contraste avec cette ville si blanche. (p.33)

L’employée (Paule), sera d’ailleurs soulagée d’apprendre que Dammal ne veut que visiter la ville et non pas s’y établir. Cette situation est annonciatrice du climat toxique et raciste qui sévit dans la ville, alors qu’on fera la rencontre de deux jeunes filles amoureuses que les citadins lapident en pleine rue à cause de leur orientation sexuelle. Babette, Odilon et Dammal ne s’attarderont pas plus que nécessaire dans cette ville inhospitalière et amèneront les amoureuses avec eux dans leur périple.

C’est donc l’histoire d’un voyage, mais la finalité de celui-ci est plutôt flou au début. Je me suis demandée à une ou deux reprises où est-ce que l’auteure s’en allait avec tout ça. Heureusement, le récit se resserre assez rapidement et la galerie de personnages attachants rend la lecture somme toute agréable. Par contre, aucun personnage ne se démarque vraiment. Des les premières lignes, ont suit Dammal, mais dès l’arrivée de Babette et Odilon, il s’efface derrière les deux enfants. J’aurais voulu qu’il soit plus affirmé et garde son statu de personnage principal.

Le récit véhicule des valeurs de tolérance à la différence et l’importance d’apprendre à connaître une personne avant de la juger. Le rythme est bien soutenu et on n’a pas du tout le temps de s’ennuyer en lisant ce livre. Celui-ci plaira aux amateurs de quêtes, de récits de voyage et d’histoires fantastiques. À découvrir!

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La promesse du fleuveBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Annie Bacon
ÉDITION: Castelmore, 2019
ISBN: 9782075123761
Prix: 9,99$
11 à 15 ANS

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Dorothy Counts: Affronter la haine raciale

Dorothy Counts affronter la haine racialeEn 1957, pour la première fois une adolescente noire de 15 ans, Dorothy Counts, s’inscrit dans un lycée ségrégationniste de Caroline du Nord. Il va lui falloir un courage incroyable pour affronter la haine raciale la plus abjecte, les crachats, les insultes, les menaces de mort…Un adolescent, témoin de cette haine, revoit des années plus tard Dorothy et lui dit son admiration : « Dorothy… vous aviez un tel courage… vous étiez magnifique ! Vous avanciez, malgré les coups, les cris, les rires mauvais… »« J’ai essayé de marcher vers vous, j’aurais voulu pousser la méchante femme qui hurlait, qui ordonnait aux filles de vous cracher dessus… Mais j’étais paralysé : je n’arrivais pas à avancer. »

J’ai adoré ce livre. C’est une sorte de docu-fiction car si Dorothy Counts a véritablement existée, l’auteure a choisi d’imaginer ces moments où l’adolescente a été première élève afro descendante d’une école secondaire de l’Amérique ségrégationniste. Je connaissais déjà un peu Élise Fontenaille pour avoir déjà lu son roman Ében ou les yeux de la nuit qui d’ailleurs m’avait beaucoup plu. Quel plaisir de la relire par le biais de la collection Elles ont osé! d’Oskar Éditeur. Ce court roman coup de poing de quelques pages à peine fera réfléchir vos préados et vos ados qui s’éveillent à l’identité raciale et à la complexité du concept de privilège. Il aide aussi à comprendre les blessures profondes d’une Amérique qui encore aujourd’hui n’a pas cicatrisé ses plaies (récemment tristement illustré par la mort de George Floyd, un autre homme noir non armé, aux mains d’un policier blanc au Minnesota en mai 2020). Ils ne seront pas déçus (et vous non plus, car bien sûr, vous devez absolument le lire aussi).  Un livre excellent !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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DOROTHY COUNTS : AFFRONTER LA HAINE RACIALEBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille
ÉDITION: Oskar éditeur, 2019
ISBN: 9791021406759
PRIX: 19.95$
À PARTIR DE 11 ANS

 

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Eben-ou-les-yeux-de-la-nuit      Ruby tête haute

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Interdit aux éléphants

Interdit aux éléphants

Le problème, quand on a un éléphant à la maison, c’est qu’on n’est pas tout à fait comme tout le monde. Personne d’autre n’a un éléphant. D’ailleurs, sur la porte du Club des animaux, il est écrit : « Interdit aux éléphants ». Les deux amis ont le cœur gros. Et s’ils créaient leur propre club, un club ouvert à tous ?

Les Éditions des Éléphants ont collaboré avec Amnesty International pour nous offrir ce magnifique album sur la discrimination et la force de la solidarité. Cet album doux et tendre aborde avec finesse le rejet de l’autre et, plus important encore, le pouvoir que nous avons d’agir ensemble pour y mettre fin. Les illustrations délicates de Taeeun Yoo sont un délice pour les yeux et occupent une fonction narrative intéressante. Dans l’histoire, on rencontre une petite fille noire qui elle aussi est rejetée car son animal de compagnie est une moufette. Elle aura un rôle important dans le récit car sa présence incitera le personnage principal à former un nouveau club où tous les animaux sont acceptés.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • Sens de la déduction: En te basant sur cette histoire, que font les bons amis ? (Ils nous aident à franchir les lignes, ils bravent les choses effrayantes pour nous, ils ne laissent jamais personne derrière eux, ils nous indiquent le chemin). Quelles sont les qualités recherchées chez les bons amis ?
  • Sens de l’observation: Durant quelle saison se déroule l’histoire ? Justifie ta réponse.
  • Faire des liens avec sa propre expérience: As-tu déjà vécu une situation similaire à cette de l’éléphant dans l’histoire ?
  • Imaginer: si tu pouvais avoir un animal exotique de compagnie, lequel choisirais-tu ? Pourquoi ?
  • Débattre et convaincre : Trouve trois raisons pour lesquelles interdire l’accès au club à certains animaux n’est pas bien.
  • Vocabulaire et compréhension: Qu’est-ce que cela veut dire, « Franchir les lignes » ? Quels éléments de l’histoire peux-tu utiliser pour t’aider à comprendre le sens de cette expression ?

Interdit aux éléphants 2

 

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Interdit aux éléphantsBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Lisa Mantchev & Taeeun Yoo
ÉDITION:  Éditions des éléphants, 2016
ISBN: 9782372730143
PRIX: 26.95$
5 à 8 ans

 

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Vous aimerez peut-être L’ours brun qui voulait être blanc, un album sur les différences ayant pour personnages principaux des animaux. Essayez aussi Les Rois du parc, un livre jeunesse qui vous permettra de développer travailler les compétences sociales de votre enfant (ou de vos élèves).

ours-brun-qui-voulait-etre-blanc      Les rois du parc

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Vingt petit pas vers Maria

vingt petits pas vers maria« Tout à coup, elle se mit à fredonner un air, une mélodie qui, de manière étrange, semblait éveiller en moi comme un écho. Sans trop savoir où mes pas me conduiraient, je me mis à la suivre. » C’est ainsi qu’une écrivaine s’est intéressée au destin d’une étrangère… pourtant si proche.

Aujourd’hui, j’ai été faire un tour à ma bibliothèque de quartier avec la ferme intention de mettre la main sur les livres de Marie-Célie Agnant. Heureusement, Vingt petits pas vers Maria et L’Enfant gazelle étaient disponibles pour le prêt. J’ai tout de suite lu Vingt petits pas vers Maria en arrivant à la maison. La prémisse du roman m’intriguait: le texte est né du malaise ressenti par Agnant lorsque son fils âgé de sept ou huit ans lui demande, alors qu’il sont en chemin vers l’école dans un quartier huppé du Grand Montréal, « Pourquoi, ici, c’est des femmes noires qui promènent les bébés blancs ? » Les « vingts petits pas », se sont ceux qui nous séparent de l’Autre, souvent ignoré, mais au final si proche de nous. Par exemple, les employées de maisons, les sans-abris ou simplement le voisin d’à-côté. Ce roman réfléchi ouvre les horizons du lecteur et le pousse à ouvrir ses yeux et son cœur à ceux qui l’entourent. Le roman se termine par un « dossier plus » où l’on retrouve des questions de compréhension de texte, des entrevues avec l’auteure et des pistes de réflexion. Idéal pour une exploitation en milieu scolaire !

Marie-Célie Agnant est une auteure, enseignante, traductrice et interprète canadienne née en Haïti. Elle vit à Montréal.

marie célie agnant

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Célie Agnant & Normand Cousineau
Maison d’édition: Hurtubise
Année de publication: 2001
ISBN: 2894285396
Public cible: Ados
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Peau noire peau blanche

peau noire blancheLe père d’Issam est noir et vient du Sénégal. Il est grutier et travaille sur les chantiers. Sa mère est blanche et française. Elle travaille à la maison. Issam, c’est le petit dernier. De chantier en chantier, on déménage souvent dans la famille. Être nouveau et black à l’école, ce n’est pas toujours facile et ça le rend triste, Issam. Sa maman n’a pas les réponses à toutes les questions mais ils aiment bien jouer ensemble à « pourquoi? parce que… parce que quoi? parce que que »… Parce que ça finit toujours par des rires ou des câlins. Quand toute la famille rentre au Sénégal, c’est souvent la mère qui est triste. Trop blanche là-bas, la maman d’Issam. Alors, quand elle demande pourquoi elle se sent étrangère, Issam est content de la consoler en lui disant : « parce que »…

L’histoire, racontée au « je » par Issam, est intéressante: un petit garçon Sénégalais trop noir pour la France, pour Paris, pour Marseille, et une maman française trop blanche pour le Sénégal. Issam est « tout noir » (p.1) et dans la cours de récré, on tente de lui voler son blouson, sa casquette, on ne veut pas jouer avec lui. Les autres enfants sont méchants à l’école, car ici, à Marseille, on « n’aime pas trop les beurs, ni les blacks. » Le Sénégal est présenté comme un terre salvatrice, où la famille pourra échapper aux discriminations vécues en France. Sauf qu’une fois arrivée là-bas, la maman pleure car les autres femmes la rejettent car elle est différente, blanche. Alors que le père trouve facilement du travail et qu’Issam peut enfin jouer librement, on réalise que d’autre difficultés les guettent.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, ce qui est bien pour entamer une conversation sur les préjugés, les différences, l’injustice et le racisme. On s’attend d’un parent qu’il nous fournisse une réponse, surtout lorsqu’il s’agit de sujet délicats tels l’intimidation et le racisme, mais le petit jeu des pourquois entre la mère et le fils a quelque chose de rassurant pour chacun d’eux et renforce le lien qui les unit.

Colorées et naïves, les illustrations de Mireille Vautier pleines de couleurs primaires contrebalancent un récit assez dur sur le racisme. Même si place est laissée pour discutions, la morale du récit me semble un peu triste: notre monde est-il si clairement divisé en noir et blanc? N’existe-t-il pas de tons de gris? Ah! Déjà, voilà de quoi alimenter un débat avec des enfants d’âge scolaire. Un album jeunesse à explorer. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Bichet & Mireille Vautier
Maison d’édition: Galimard Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 2070543358
Public cible: 8 à 11 ans
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