Ariana et Murmure

Aujourd’hui, Ariana a découvert une araignée rouge et un lézard vert émeraude dans le dortoir Diamant ! Mais bientôt, d’autres animaux envahissent l’école des Licornes. Pourquoi quittent-ils la forêt ? Ariana et ses amies doivent vite trouver une solution pour leur venir en aide !

En commençant ma lecture de ce roman publié dans la collection La Bibliothèque Rose de chez Hachette, je m’attendais à une histoire hyper-genrée et de mauvaise qualité, mais en fait, c’était plutôt sympa comme lecture. Alors, oui, l’académie que fréquente l’héroïne s’appelle « Diamant » (il fallait bien que ça brille quelque part!). Mais après, une fois qu’on décide de se laisser porter par l’histoire, c’est plutôt chouette! Et les licornes, c’est vraiment cool (oui, j’ai parfois encore 9 ans dans ma tête)! La licorne d’Ariana, Murmure, est en apprentissage et il deviendra très proche d’elle au cours de l’histoire. D’ailleurs, une mèche de cheveux d’Ariana deviendra de la même couleur que la crinière de Murmure lorsqu’ils deviendront enfin connectés. La symbolique autour de la mèche de cheveux m’a plu.

Plutôt que d’apprendre aux filles à être fragiles et mignonnes, le roman Ariana et Murmure montre aux lectrices (et aux lecteurs!) qu’il ne faut pas avoir peur de se salir et de partir à l’aventure. D’ailleurs, Ariana vaincra sa peur de se salir pour aider les animaux en danger. Un jour, elle se sentira vexée qu’une camarade de l’académie ait dessiné un portrait d’elle se moquant gentiment de sa peur des araignées. Déjà qu’elle avait du mal à s’intégrer au groupe, cela l’affectera beaucoup. Puis, vers la fin de l’histoire, elle comprendra que les taquineries n’étaient pas destinées à vexer. C’est un bel apprentissage.

La couleur de la peau d’Ariana ne change absolument rien au récit et sa présence offre une belle représentation d’une fille noire en littérature jeunesse. J’ai aussi aimé qu’Ariana ait le teint très foncé, car on voit encore trop peu de personnages au teint foncé en littérature jeunesse. Souvent, on privilégie les peaux brunes et métisses plutôt que marron. Chapeau! 

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les tomes 1 à 7 de L’école des licornes pour lire ce huitième tome. Chaque roman de la série peut se lire de manière indépendante. À découvrir!

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L’école des licornes, 8: Ariana et Murmure
AUTEUR(S):  Jessica Love 
ÉDITION: École des loisirs, 2020
ISBN: 9782017105060
PRIX: 8,95$
8 à 10 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Chloé, la fée des topazes, Princesse Rosa et le mystère de la baleine, ou Sarah et Sac-à-puces, 3 trois romans pour les enfants de 8 à 10 ans.

My life matters

my life matters

Marvin et Tyler Johnson sont des jumeaux noirs américains de 17 ans. Tyler se rend à une fête organisée par un gang et Marvin l’accompagne pour veiller sur lui. Une descente de police soudaine durant la fête sépare les deux frères. Au matin, Marvin apprend la mort de Tyler mais une vidéo sur Internet montre qu’il a été abattu par la police alors qu’il rentrait chez lui. Premier roman.

Avant même de donner mon appréciation de ce roman, il faut absolument que je dise que son titre m’a beaucoup agacé. Le roman original a été publié sous le titre « Tyler Johnson was here » : il me semble qu’il s’agit d’un titre beaucoup plus approprié qu’on aurait pu simplement traduire par « Tyler Johnson était ici ». Pourquoi donc se casser la tête ? J’imagine que l’éditeur voulait faire un clin d’oeil au mouvement Black Lives Matter dont il est question dans le roman. Le résultat se révèle assez maladroit puisque « My life matters » (et ses variations telles que « All Lives Matter » ou « White Lives Matter ») est une phrase souvent répétée et un hashtag utilisé par des personnes blanches pour décrédibiliser le mouvement ou pour souligner qu’ils ne « voient pas la couleur », une manière insidieuse de nier les inégalités raciales. Après tout, on ne peut pas régler un problème (i.e. le racisme) si on décide de ne pas reconnaître son existence. De plus, une personne noire utiliserait simplement « Black Lives Matter », même pour parler de sa propre existence, et non « My Life Matters » puisqu’elle se sent naturellement comme faisant partie d’un mouvement plus large qui touche des personnes partageant le même héritage qu’elle. D’ailleurs, le titre français m’a agacé au point qu’il est la raison première pour laquelle ce roman a attiré mon attention sur l’étagère de ma bibliothèque municipale. Niveau marketing, l’éditeur a plutôt bien fait ! 🤷🏿

 

my life matters tyler johnson was here
Version originale américaine du roman de Jay Coles.

 

Voilà, c’est dit. Il fallait que ça sorte. Bon, après, j’ai bien aimé ce roman ! Qui de mieux pour raconter l’histoire d’un jeune américain noir qu’un jeune américain noir ? En effet, l’auteur Jay Coles a écrit ce roman avant d’atteindre l’âge de 25 ans. Les personnages parlent et se racontent d’une manière toute naturelle. #OwnVoices. Je me suis beaucoup attachée à Marvin et à son histoire. Son désir de réussite, de vivre une vie normale et sa capacité à faire face aux difficultés m’ont beaucoup touchée. J’ai ressenti toute sa frustration face au racisme ordinaire, aux micro-agressions et aux inégalités raciales. Je n’ai pas lu énormément de romans pour ados ayant un personnage principal baptiste, noir et geek. De plus, les meilleurs amis de Marvin sont une métisse ouvertement lesbienne et un latino originaire de la Colombie, ce qui n’est pas sans ajouter un mirroir intéressant pour les personnes racisées et issues de la diversité sexuelle qui elles aussi peinent à trouver des livres qui leur offrent une représentation positive d’elles-mêmes. Bravo !

Au ton de sa voix, je sais déjà de quoi il s’agit. Pas de roses et des choux-fleurs, non. Ce soir, on aura droit au sermon, LE sermon. Celui qu’on a déjà entendu si souvent mais jamais assez. Le sermon que toutes les mères et les pères noirs dispensent à leur progéniture au moins une fois par mois. Le sermon « tu-vis-dans-un-monde-de-Blancs-alors-sois-prudent ». Mama le veut encore plus après ce qui s’est passé hier soir. (p.29)

Dans le roman, on retrouve plusieurs allusions à la culture noire américaine comme le rappeur Tupac, l’autrice Toni Morrison et l’auteur Langston Hughes. J’aurais aimé une traduction canadienne car la traductrice de chez Hachette a opté pour un langage familier que j’imagine parisien, qui parfois clashait avec le contexte américain lorsqu’il était trop appuyé. Un « mec » ou « barge », ça passe, mais les « relou » et « ouf » m’ont fait décrocher à quelques reprises. L’histoire se lit sans difficultés, et m’a fait vivre toute une gamme d’émotions : la colère face à l’assassinat par des policiers de gamins noirs pour avoir « joué de la musique trop fort et perturbé la tranquilité » (p.91), l’exaspération face à l’absence du père condamné pour un crime qu’il n’a pas commis, la tristesse à la suite de la disparition de Tyler, la douleur d’une mère monoparentale ayant perdu un de ses fils, l’espoir lorsque Marvin sera enfin accepté à l’université de son choix. Même si l’histoire n’est pas très originale (il existe plusieurs romans sur la brutalité policière envers les afro-américains sur le marché qui suivent la même trame narrative), et que j’avais une vague impression de déjà-lu en lisant ce roman, j’ai tout de même bien apprécié ma lecture!

Y a aussi tellement de #AllLivesMatter débiles que ça me fout la tremblote. Tous ces gens qui ignorent que les Noirs n’ont jamais été inclus dans le All. All-American veut dire Blanc. All-inclusive veut dire Blanc. All lives veut dire vies de Blancs. Du pipeau tout ça. Les Blancs ne se soucient que d’eux-mêmes, ça me rend dingue qu’ils camouflent leur haine derrière ces posts. (…) Le venin anonyme des réseaux sociaux. (p.147).

Jay Coles est un auteur américain.

Jay Coles

 

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My life matters
Auteur(s)
: Jay Coles Bouton acheter petit
Édition: Hachette, 2018
ISBN: 9782016270158
Prix: 22,95$
À partir de 13 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être La Haine Qu’on Donne, un roman sur la brutalité policière et le mouvement Black Life Matters. Frères, un roman pour ados dont les deux personnages principaux sont des jumeaux passionnés de basketball, pourrait aussi vous plaire.

La haine qu'on donne         Frères Kwame Alexander

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Zékéyé fête Noël

zékéyé noëlLes esprits d’un petit village africain sont fâchés. Un drôle de bonhomme rouge est arrivé dans leur région et ils le prennent pour un rival. Heureusement, Zékéyé et le sorcier sont là pour aider celui qui n’est rien d’autre, en fait, que le Père Noël! À eux trois, ils vont trouver une façon très ingénieuse d’apaiser la colère des esprits.

Trop souvent, les personnages africains dans les livres pour enfants sont représentés à moitié nus, vivant dans un village près/dans la savane, ayant des croyances « étranges », voires « magiques » (les thèmes de la sorcellerie, des esprits et des génies reviennent souvent). Cette mise en commun arbitraire d’éléments stéréotypés réduit les personnages africains à l’exotisme. Et comme la vaste majorité des livres pour enfants mettant en scène des personnages noirs sont « africains » par défaut, cette représentation réductrice ignorant la diversité des peuples noirs fini par heurter les communautés de descendance afro-caribéenne.

J’ai trouvé le ton paternaliste; là encore, une personne blanche débarque pour illuminer un groupe de personnes noires de son savoir (dans ce cas-ci: sur les origines de la fête de Noël). Dans l’histoire, ceux qui connaissent l’histoire du 24 décembre sont blancs et ceux qui ne la connaissent pas – oh, sacrilège! – sont noirs. Du coup, je ne me suis pas du tout identifiée aux personnages de l’histoire. Noël, je connais, bien sûr, mais je ne suis pas blanche! Je suis noire, mais mon expérience du 24 décembre n’a rien à voir avec celle de Zékéyé et des membres de son village. J’ai horreur lorsque les albums jeunesse présentent Noirs et Blancs de manière si diamétralement opposée. En tant que personne noire occidentale, je ne m’y reconnais pas du tout. Et quel message envoie ce genre de représentation aux enfants, très sensibles au monde illustré et qui n’ont pas le recul pour se dire « bah, c’est juste une histoire parmi tant d’autres »?

Point positif: Même si on met de l’avant que Zékéyé est africain, on mentionne tout de même son origine Bamiléké (Cameroun). Au final, je suis assez ambivalente face à cet album. Lu seul, il ne pose pas vraiment problème. Malgré quelques faux pas, le livre est réussi. Zékéyé est un petit garçon vraiment sympathique, les illustrations sont attrayantes, le texte est dynamique et la mise en page agréable. Le problème surgit lorsque 1) trop de livres véhiculent les mêmes tropes et stéréotypes sur les africains et les noirs, 2) trop peu de livres donnent à voir la pluralité des identités noires (à ce sujet, voir les dangers de l’histoire unique de Chimamanda Ngozi Adichie). À vous de juger.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nathalie Dieterlé Bouton acheter petit
Maison d’édition: Éditions Hachette Jeunesse
Année de publication: 2003
ISBN: 9782012245143
Lectorat cible: 4 à 7 ans

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Princesse Rosa et le mystère de la baleine

princesse rosaChaque année, des baleines viennent chanter près du Manoir d’Émeraude… mais cette fois, il en manque une! Mes amies et moi, Princesse Rosa, on embarque à bord de La Perle des Mers: il faut à tout prix retrouver la baleine disparue!

Bonjour diadèmes, robes de bal, cours de bonnes manières, tenues de cocktail! Bonjour le rose, le brillant, les bijoux et le maquillage! Publié chez Hachette Jeunesse dans la collection de la bibliothèque rose, ce roman est un condensé de tout ce qui est relatif aux princesses. Une mise en page réussie. Des illustrations en couleurs sur presque chaque page. 7 autocollants cadeaux à l’intérieur. Princesse Rosa est pleine de qualités (calme, contrôle de soi) et constitue un modèle positif pour les petites filles noires voulant devenir elles-aussi des princesses.

Titre complet : Princesse Academy, saison 5 (Le Manoir d’Émeraude). Épisode 3 (Princesse Rosa et le mystère de la baleine). Tome 32.
Auteur(s) / illustrateur(s) : Vivian French
Maison d’édition: Hachette Jeunesse
Année de publication: 2010
ISBN: 0782012020610
Public cible: 7 à 10 ans.

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Zékéyé à l’école

zekeye-a-l-ecoleAller à l’école tout seul, quelle sacrée aventure pour Zékéyé! Surtout quand elle est loin, vraiment loin. « Ne quitte pas la route, ne parle à personne et ne t’arrête pas en chemin », lui recommande sa mamie. Bien sûr, Zékéyé se dépêche de ne pas suivre ces conseils et voilà que les ennuis commencent…

Zékéyé est un personnage sympathique, vivant sur le continent Africain, dans un pays non nommé. Même s’il n’a pas écouté les conseils des adultes, Zékéyé parviendra à résoudre un problème et à se tirer d’affaire en arrivant à l’école. Malgré la présence d’un personnage attachant et d’histoires bien écrites, je ne me sens jamais interpellée par la série Zékéyé. Je ne peux m’empêcher de la questionner. Pourquoi prendre la peine de mentionner « Afrique », mais pas le pays où Zékéyé vit? Pourquoi avoir choisi un contexte rural? Pourquoi avoir choisi la savane africaine et non la steppe, le désert, la forêt, le littoral? Pourquoi avoir choisi de représenter les africains de cette façon? (Le livre Le dinosaure du Kilimandjaro offre une approche différente, ce qui est plutôt bien). Ce livre s’inscrit dans la lignée de la vaste majorité de livres pour enfants se déroulant en Afrique. En soi, ça ne pose pas problème, mais à la longue, à force de ne tomber que sur des livres de la sorte, ça devient vite lassant. De la même manière que de ne tomber que sur des livres ayant des personnages blancs devient vite agaçant. À lire si vous mettez la main sur des livres se déroulant en Afrique offrant une représentation différente du continent, histoire de contrebalancer et de s’éloigner des dangers de l’histoire unique.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nathalie Dieterlé
Maison d’édition: Éditions Hachette Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 9782012240100
Public cible: À partir de 4 ans

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