Camille est amoureuse

camilleCamille arrive à l’école avec sa jolie robe, ses plus beaux nœuds dans les cheveux et son cœur bat un peu plus vite que d’habitude…Serait-ce Célestin la cause de cet émoi ?

Je n’ai jamais été une fan de la série Camille. Pour une raison mystérieuse, je ne l’aimais pas étant enfant et je ne l’apprécie pas davantage à l’âge adulte. Il semble y avoir quelque chose qui me déplaît chez la petite rouquine et ses aventures me laissent totalement indifférente. De plus, la maison d’édition Hemma ne m’attire guère non plus. Pourquoi? Mystère. Bref, compte tenu que Camille est ici amoureuse d’un petit garçon noir, je me suis arrêtée pour lire ce petit album jeunesse par pure curiosité. Pour un univers aussi peu diversifié tel que celui de Camille, je me suis demandé quelle représentation était accordée au petit Célestin, le garçon qui fait battre le cœur de la fillette.

J’ai aimé que l’emphase soit mise sur le sentiment amoureux et que l’origine ethnique de l’élu masculin n’ait aucune importance. Qui sait, peut-être que les événements relatés dans cet album se déroulent après Camille et ses amis. Selon mon expérience, les personnages noirs sont rarement l’objet de l’affection ou de l’amour de personnages blancs en littérature jeunesse, encore moins les garçons noirs, et encore moins chez les enfants. Que la petite Camille soit amoureuse de Célestin est en soi une petite révolution… Célestin est un petit garçon tout à fait charmant, poli et généreux. Une représentation positive, donc, qui s’éloigne des stéréotypes négatifs associés aux personnages noirs dans la littérature en général.

J’ai trouvé particulier que Camille trouve le prénom de Célestin inhabituel, disant à sa mère « C’est un drôle de prénom, mais il est gentil. » Comme si avoir un prénom moins commun amenait automatiquement de la méfiance et qu’elle disait « non, non, rassure-toi, cette personne est correcte, j’ai vérifié ». Quant à son amie Bérengère, je souligne que ce prénom est également inhabituel, mais la petite héroïne ne s’en préoccupe pas outre mesure. Bizarre.

Mon verdict? *Soupir* Quelque chose m’agace chez Camille, je dois l’avouer, même sans savoir ce que c’est exactement. J’ai toujours l’impression qu’on fait passer des gestes ou des mots déplacés à travers Camille qu’on accepte aveuglément sous prétexte qu’elle est une enfant. L’approche est souvent gauche et agaçante… L’album en tant que tel est réussi, même si j’ai toujours trouvé que la narration des Camille se faisait trop par le biais de dialogues. Je trouve que cela manque de dynamisme. Cela dit, les illustrations sont jolies, comme toujours. Couverture rigide.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Aline de Pétigny et Nancy Delvaux
Maison d’édition: Hemma Bouton acheter petit
Année de publication: 2009
ISBN: 9782508002144
Public cible: À partir de 5 ans

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Camille et ses amis

camilleCamille passe la journée à la plage avec ses parents et se questionne sur les différences ethniques qui la distinguent de ses amis.

La petite Camille a atteint l’âge où elle remarque que tous ne sont pas comme elle et questionne beaucoup sa mère sur le sujet. Cette dernière a bien sûr réponse à tout, mais de manière parfois incomplète. Alors que Camille persiste à dire qu’elle et sa famille sont « beiges », la mère utilise plutôt le mot « blancs » et ce, malgré le fait que Camille l’aie « corrigée » en soulignant que sa peau n’était pas « blanche » mais « beige ». On assiste alors à un discours à deux vitesses: le monde tel que le voit Camille, c’est-à-dire en teintes de beige, marron et brun, et celui de la mère qui parle plutôt de « blanc » et « noir », sans réel dialogue entre les deux visions.

Certains gestes des personnages peuvent offenser, notamment lorsque Camille tire les côtés de ses yeux pour faire référence à son ami asiatique. Au-delà de ces quelques erreurs de parcours, la mère de Camille lance à sa fille (et par extension, au jeune lecteur) un message efficace et simple à comprendre pour les enfants: on ressemble à ses parents, point. Et parfois, on est adopté. Cela démystifie bien des choses, et cette explication semble suffire à Camille (elle suffira sûrement à la plupart des enfants de 4-5-6 ans également). Ici, on ne parle pas des relations ethniques et des discriminations qui peut en découler, mais simplement de la couleur de la peau. Une introduction correcte aux différences, malgré quelques faux-pas. Comme toute la série Camille, les illustrations sont agréables et les personnages, expressifs et naïfs. Format petit et couverture souple (toutefois, je crois qu’une autre édition existe en couverture rigide).

Auteur(s) / illustrateur(s) : Aline de Pétigny et Nancy Delvaux
Maison d’édition: Hemma
Année de publication: 2003
ISBN: 2800682248
Public cible: À partir de 5 ans

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