En route pour la Chine

TEnr oute pour la Chine Rémi Courgeonom est un petit garçon qui rêve de partir loin, très loin de sa famille. En Chine, par exemple. C’est facile, il suffit de creuser un tunnel et de traverser la Terre. Tom prépare son sac, prend sa pelle, Et hop, en route !

J’ai tout aimé de cet album ! Déjà, la page couverture qui attire l’oeil: Mais où va donc ce si jeune garçon d’un pas si décidé ? Ensuite, le bel équilibre entre les illustrations et le texte. Les illustrations ne se contentent pas de rendre visible le récit, mais elle ajoutent une couche d’information par le biais de clins d’oeil et d’éléments inattendus. Par exemple, cet affiche de Tintin et le lotus bleu accrochée sur le mur de la chambre de Tom. Ou encore ce doudou qui garde le sourir malgré la « sévérité » de la situation. Puis, le texte est un plaisir à lire et surtout à raconter. Cet album est d’ailleurs idéal pour l’heure du conte en bibliothèque ou l’histoire du soir à la maison !

Tom est un garçon plein d’imagination et déterminé, mais on suspecte une pointe de jalousie envers son petit frère depuis l’arrivée du bébé à la maison. Ses parents semblent n’avoir d’yeux que pour ce dernier ! Tom est grand, mais pas trop: Assez grand pour partir en expédition jusqu’en Chine (en fait, il se contentera de creuser un tunnel de quelques pieds sur la plage près de la maison familiale!), mais pas tout à fait assez grand car même s’il ne l’admettra pas, ses parents lui auront beaucoup manqué pendant sa fugue d’un après-midi. Voilà un petit bonbon de livre que j’ai adoré.

Coup de coeur !

Enr oute pour la Chine Rémi Courgeon 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Rémi Courgeon
Maison d’édition: Bayard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782747060684
Public cible: 4 à 7 ans

 

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Abiola et la déesse des mers

LAbiola et la déesse des merses vacances scolaires battent leur plein. Nos trois amis Abiola, Francis et Hui Lin sont prêts à passer une journée inoubliable à la plage. Seulement, en proie à une peine familiale, Francis, boudeur, s’aventurera seul dans l’eau et… disparaîtra brusquement sans laisser de traces ! Où a-t-il pu passer ? Abiola et Hui Lin arriveront-elles à retrouver leur meilleur ami de toujours dans cet océan infini ?

Le livre débute avec une présentation du contexte géographique où on retrouve une carte de l’Afrique et du Bénin, un résumé de ce qui s’est passé dans le tome précédent, ainsi qu’une présentation des personnages. Abiola Osseni, espiègle, curieuse et gaffeuse, a 7 ans et demi et vit à Cotonou. Hui Lin, 8 ans, est une jeune fille intelligente, réservée et loyale de nationalité chinoise et béninoise. Francis, 8 ans, est un français fier, débrouillard et moqueur. On suit les trois amis lors d’une journée à la plage durant les vacances scolaires.

Abiola reçoit parfois des moqueries à l’école à cause de ses cheveux crépus en forme de nuage. Malgré tout, elle trouve les cheveux crépus magnifiques et n’hésite pas à complimenter une femme qui les porte fièrement. J’étais heureuse de retrouve la déesse des mers, Mamie Watta, dans un livre jeunesse adressé aux enfants autonomes en lecture. Ici, Mamie Watta a perdu son peigne duquel elle puisait ses pouvoirs. Abiola devra l’aider avec l’aide de ses amis !

Les chapitres très courts rendent la lecture agréable. Pour ne rien manquer, je conseille de lire les tomes précédents avant celui-ci. J’ai trouvé l’histoire un peu courte et incomplète; j’aurais voulu savoir tout de suite comment le peigne de Mamie Watta allait être retrouvé ! Malgré tout, ce livre plaira aux jeunes amateurs de fantastique.

À la fin du livre, il y a un dossier pour en apprendre davantage sur Mamie Watta.

Pistes pour une exploitation en classe

  • Identifie les personnages principaux de l’histoire.
  • Résume chacun des chapitres en une phrase.
  • Replace les événements de l’histoire dans le bon ordre.
  • Effectue une recherche à la bibliothèque ou sur internet sur la culture yoruba.

Iman Eyitayo est une auteure béninoise.

Iman Eyitayo

Mégane Cuvelier est une illustratrice réunionnaise.

Je remercie les éditions Plumes solidaires de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Iman Eyitayo et Mégane Cuvelier
Maison d’édition: Plumes solidaires Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9791096622153
Public cible: 7 ans et plus
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Uppercut

uppercut AhmedPlacé dans un internat pour garçons difficiles, Erwan est envoyé en stage dans un centre équestre, après une fugue. Ce garçon métis, né d’un père sénégalais et d’une mère bretonne, est habitué à se battre, à la moindre remarque sur sa couleur de peau. Et il rêve de devenir boxeur. Face à Gilbert, le directeur du centre, qui lance des blagues racistes sans même s’en rendre compte, il va devoir apprendre à ne plus réagir au quart de tour. Un beau portrait d’adolescent à la dérive trouvant enfin à canaliser sa violence.

On est plongé dans le récit dès les premières pages. En tant que lectrice noire, je me suis sentie très proche du personnage principal, surtout dans ses questionnements, ses doutes et ses craintes. Erwan est passionné de boxe, et surtout de boxe américaine. Il connaît sur le bout des doigts les parcours de Classius Clay, bien sûr, et de Rubin Carer, son idole. L’adolescent est très conscient de la couleur de sa peau: il sait qu’elle le suit partout, où qu’il aille et qu’elle teinte sa vision du monde. Né d’une mère bretonne et d’un père sénégalais, malgré son métissage, Erwan déplore le fait que c’est sa négritude qu’on voit en premier. Après tout, il « ne se balade pas avec un drapeau de la Bretagne dans le dos » (p.20). Le regard que lui lance un fermier blanc occupera d’ailleurs toutes ses pensées.

« Je n’ai jamais compris l’expression jeter un regard noir. Mais interpréter un violent regard de Blanc vers un Noir, oui. C’est ce que venait de faire Gilbert, le fermier. Dans la voiture qui nous ramenait au collège je me refaisais le film du moment passé au centre équestre. De l’arrivée presque insouciante à la poignée de main, ni franche ni vraiment accueillante. Et ces yeux pleins d’étonnement que j’ai traduits par des mots dans l’instant. Merde, ils m’amènent un bronzé. Vous vous rendez compte, un basané dans mes pattes! » (p.33)

L’auteur prend soin de ne pas résumer le racisme qu’aux insultes criées dans les bars ou dans la rue. Dans la première partie du récit se déploient les tentacules d’un racisme beaucoup plus complexe qui se manifeste par l’inégalité des chances, les préjugés, un système qui désavantage les personnes noires. Toutefois, dans la deuxième partie du récit, les insultes racistes sont nombreuses, sans que cela n’ajoute grand-chose au récit. Quelques exemples auraient été suffisants, afin de faire avancer le récit plus rapidement et ne pas perdre le rythme soutenu qui m’avait personnellement tant plus au début du roman.

« Au début de mon séjour à l’internat, il m’a simplement arraché le cœur un peu plus. Alors que souvent j’ai eu envie de détacher cette peau que le père Noël n’a pas. Cette peau qui a coûté la mort à neuf personnes, dans une église de Charleston, en Caroline du Sud, au mois de juin 2015. Parce qu’elles étaient noires, un taré a décidé qu’elles devaient mourir. Le nom de la ville m’a sauté aux yeux, car c’est à Paterson que la vie de Rubin Carter a basculé. C’est là qu’avait eu lieu la fusillade au bar Lafayette. Dans l’Article de journal qui a attiré mon regard au CDI du collège, on dit qu’au procès, le Blanc qui les avait tués ne regrettait pas son geste. Il était écrit aussi que les juges venaient de le condamner à mort. » (p. 73)

J’ai lu ce roman en une fin de soirée chaude et humide, allongée sur ma galerie montréalaise. D’ici, la France me paraissait bien loin, tout comme les États-Unis auxquels Erwan voue une passion. Ils me paraissaient si loin, et en même temps si proches. Erwan est un personnage fictif, mais il existe aussi en chacun de nous.

Uppercut est un roman réussi, tant sur la forme que sur le fond. Des notes en bas de page qui donnent de l’information additionnelle sur les Black Panters, le KKK, l’expression « Mister Charlie », la chanson « Strange fruit » de Billie Halliday, ou la tuerie par un homme blanc dans une église afro-américaine de Charleston en 2015. J’aurais toutefois aimé plus de références au contexte français puisque c’est dans ce pays que ce déroule le récit. J’aurais aimé savoir ce qui a secoué les Noirs de France, des faits divers aux événements historiques. Les éditions de Rouergue ont également très bien choisi la page couverture; on y voit un garçon qui noue un ruban autour de sa main tel un boxeur professionnel, qui se prépare pour un combat. Pas que sur le ring; mais dans la vie aussi.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ahmed Kalouaz
Maison d’édition: Rouergue jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782812614910
Public cible: 13 ans et plus.

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