Alana et l’enfant vampire

Alana en a assez que ses parents et sa soeur partent gérer les conflits vampiriques sans elle. Alors quand sa meilleure amie Oli lui annonce que Joaô, le nouvel élève de leur classe, est probablement un vampire, elle cherche à en savoir plus. Pour la jeune fille, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener une mission à bien malgré ses déficiences physiques.

Que de bon points pour ce roman que j’ai A-DO-RÉ! Déjà, le sujet m’intéressait à la base: j’adore les histoires de vampires (#GenerationBuffy) et celle-ci est particulièrement intéressante. L’autrice offre le bon dosage entre histoire jeunesse et éléments fantastiques. Car oui, Alana et ses ami.e.s vont à l’école et suivent leurs cours, mais entre intérêts pour le monde des vampires, histoire familière particulière et un nouvel élève mystérieux, le surnaturel n’est jamais bien loin.

J’ai lu ce roman durant le mois de Mai qui, pour ceux qui ne le savent pas, est le mois dédié au mouvement #MaiPoils. Je me demandais justement s’il existait des livres ou autres produits culturels où le poil féminin est normalisé. Et BAM!, je tombe sur ce passage d’Alana et l’enfant vampire dans lequel le personnage principal se réfugie dans le vestiaire des filles pour pleurer et est rejointe par Olympe, sont amie:

« Mon amie vient s’asseoir à côté de moi, je baisse les yeux sur nos pieds. Elle porte des chaussettes blanches montantes avec ses baskets de sport. Je remarque que ses mollets sont couverts de fins et longs poils bruns. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas les raser, moi, je supporte par les regards et les remarques des autres. » (p. 55)

Sans jugement de valeur, sans en faire tout un plat, sans remettre en question le fait que oui, les filles pubères ont des poils aux pattes. D’ailleurs, le personnage d’Olympe est intéressant car dès le début, on mentionne qu’elle est souvent prise pour un garçon et que cela ne les dérange pas du tout, ni la principale concernée, ni Alana. C’est comme ça, c’est tout, c’est pas plus grave que ça. Un peu plus loin dans le récit, Olympe discutera de son identité de genre à ses amis (hors texte) et, sans chichis, le « iel » (pronom neutre, contraction du « il » et du « elle ») sera adopté pour faire référence à Olympe. L’autrice adoptera d’ailleurs une écriture neutre à partir de ce moment là, en faisant notamment usage du point médian (ex.: « Oli s’est levé.e de son matelas pour ouvrir doucement la porte » (p.150)) L’identité de genre d’Olympe n’est pas du tout au centre du récit, c’est simplement mentionné, puis les personnages et l’autrice se sont adaptés. C’est tout. J’ai trouvé cette manière d’inclure la diversité de genre dans un récit tout à fait fabuleuse. Je n’ai d’ailleurs encore jamais lu d’autres romans comme celui-là. En connaissez-vous d’autres?

Niveau représentation raciale, on a Joâo, 13 ans, nouvel élève de l’école. Un garçon timide, qui ne parle pas beaucoup et qui ne semble pas très motivé à se faire des amis. On apprendra très rapidement dans l’histoire que son comportement distant s’explique par le fait qu’il est un vampire. Beau garçon, plusieurs filles de la classe tombent sous son charme. On a une bonne compréhension de qui est Joâo et de sa personnalité avant que l’autrice nous le décrive physiquement. J’ai aimé cette approche. Ce n’est qu’en page 38 qu’on peut lire ceci: « Sa peau est marron très foncé, ses yeux sont noirs aux reflets dorés e ses cheveux presque rasés. » Sans tout vous révéler, Joâo aura un rôle important dans l’histoire et fera preuve de courage, de confiance et de bonté.

L’autrice Cordélia mentionne en postface qu’elle avait « à cœur de proposer des personnages diversifiées, qui sortent de la norme qu’on trouve trop souvent en littérature jeunesse ». À mon sens, c’est un pari plus que réussi car non seulement on retrouve beaucoup de diversité dans le livre, mais il déconstruit plusieurs clichés et il normalise les corps ordinaires. Le tout, sans que cela soit forcé! On peut penser par exemple à ce passage où Alana mentionne tout naturellement qu’elle ressent une grande fatigue malgré le fait d’avoir dormi jusqu’à midi la veille, notamment parce qu’elle a ses règles:

Aujourd’hui, c’est samedi. J’ai dormi jusqu’à midi et je suis encore fatiguée. Et puis, j’ai mes règles depuis hier. Les deux premiers jours, ça me met toujours le ventre en vrac, en plus de m’obliger à changer de serviette hygiénique cinq fois par jour. J’erre dans l’appartement en pyjama, à la recherche de quelque chose à me mettre sous la dent, en plus du paracétamol qui calme un peu mes douleurs au bas-ventre. Mamie est sortie, tout est calme. (p. 63-64)

On peut également lire en page 91 où Alana change de serviette et se demande si les vampires sentent le sang des règles. Ce doit être l’enfer pour Joâo car dans tout le collège, il doit y avoir au moins une fille par jour qui a ses règles! Dans le romans, on parle également des douleurs chroniques d’Alana et du handicap. L’autrice Cordélia amène tous ces éléments de manière naturelle et fluide. On en veut plus, des romans comme celui-là! Je prend le temps de mentionner que l’autrice a une très belle plume, limpide et accessible. Un gros, gros coup de cœur pour moi. 🙂 J’espère sincèrement que vous aimerez ce roman autant que moi! Il vaut absolument la peine d’être lu.

Coup de cœur!

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Alana et l’enfant vampire
AUTRICE : Cordélia
ÉDITION: Scrinéo, 2020
ISBN: 9782367408651
PRIX: 29,95$
11 ANS ET PLUS

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Voici Willie O’ree

Voici willie o'reeLe 18 janvier 1958, Willie O’Ree est entré dans l’histoire lorsqu’il est devenu le premier Noir à jouer dans la LNH. Il a disputé un total de 45 matchs avec les Bruins de Boston, un exploit remarquable compte tenu des épreuves qu’il a dû surmonter pour y parvenir. Au cours de sa carrière, Willie a souvent dû faire face au racisme, à l’intolérance et aux insultes. De plus, il était aveugle d’un oeil et devait en garder le secret au risque de ne jamais jouer dans la LNH! Toutefois, grâce à son caractère, sa persévérance et son amour du jeu, son séjour avec les Bruins n’était que le début de ses réalisations dans le monde du hockey… 

J’adore la collection Biographie en images de Scholastic. Depuis Voici Viola Desmond, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt tous les autres livres de la collection (Voici Chris Hadfield, Voici Tom Longboat, Voici Elsie MacGill) et je la recommande régulièrement à mes lecteurs en bibliothèque. Le format carré du livre est tout à fait charmant et les enfants apprécient la présence des phylactères ça et là. La vie de Willie O’Ree est racontée comme une histoire et on retrouve à la fin une ligne du temps et des photos du biographié. Cela rend l’histoire très concrète pour les enfants qui sont parfois surpris de réaliser que ces personnes ont véritablement existé. Cela permet aussi aux enfants de comprendre que les histoires ont plusieurs fonctions: divertir ou informer, par exemple.

L’histoire raconte l’enfance de Wille O’Ree à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. On y apprend que ses parents ont quitté les États-Unis par le chemin de fer clandestin. Enseignants, pourquoi ne pas  en profiter pour aborder avec vos élèves l’esclavage et la lutte des Noirs pour la liberté ? Vous trouverez d’ailleurs sur ce blogue plusieurs autres livres sur le sujet. Je ne savais pas que Willie O’ree et Jackie Robinson, joueur de la Ligue majeure de baseball, s’étaient rencontrés! Il y a tout un passage dans le livre où on parle de Jackie Robinson et de son héritage.

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Le texte est efficace, simple et agréable à lire. L’auteure n’a pas tu les difficultés rencontrées par Willie en raison de la couleur de sa peau. Je trouve qu’il est important de dire les choses telles qu’elles sont, même si c’est difficile. On parle par exemple des objets lancés à Jackie Robinson durant ses matchs de baseball, des toilettes et fontaines pour les Blancs seulement ou l’interdiction pour les Noirs d’être coiffés à l’intérieur du salon de barbier. On mentionne également qu’aujourd’hui encore, en 2020, il arrive que des hockeyeurs noirs essuient les injures des joueurs et des spectateurs. Ce passage m’a semblé important car il démontre que le racisme est toujours présent dans notre société, même si les choses sont beaucoup mieux qu’elles ne l’étaient dans les années 1960! Le texte aborde bien sûr aussi des choses positives, comme la persévérance de Willie, sa détermination et le soutien des personnes (Blanches ou pas) qui l’ont aidé dans son parcours.

Willie est un véritable modèle pour tous. Pour les jeunes garçons noirs, oui, mais aussi pour tous ceux et celles qui rêvent de jouer dans la LNH ou tout autre ligue nationale sportive. Il est aussi un modèle pour les personnes ayant un handicap puisqu’il est devenu aveugle d’un oeil à l’adolescence suit à un accident lors d’un match. Encore aujourd’hui, Willie est responsable d’un programme œuvrant auprès de jeunes qui n’ont pas les moyens de s’inscrire au hockey, ou qui sont issus de minorités et ont peu de modèles dans le monde du hockey. Ce livre est tout simplement fantastique. Ne passez pas à côté!

Coup de coeur ! 

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs

Depuis les vingt dernières années, Willie O’Ree est le directeur du développement jeunesse du programme de la diversité de la LNH. En 2018, il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey. 

willie o'ree

Je remercie les Éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

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Voici Willie O’ReeBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2020
ISBN: 9781443175630
PRIX: 16, 99$
À PARTIR DE 7 ANS

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Le conte de Sidi

conte-de-sidiSidi est un jeune Mauritanien qui rêve d’apprendre à lire. Il quitte son village pour rejoindre la capitale. Là-bas, il fait la connaissance de Myriam et Olivier, avec lesquels il devient ami. « Sidi, Sidi, est-ce que tu connais des histoires? » leur demandent-ils. « Cric-crac, ouvrez grand vos oreilles et les yeux de vos coeurs! » répond Sidi, car il connaît bien des contes. N’est-il pas le petit-fils de Fatou la griotte? Mais il a aussi un grand rêve: découvrir les histoires mystérieuses qui se cachent dans les livres.       

C’est d’abord l’illustration de couverture qui m’a accroché l’oeil; celle-ci se déploie sur la première et la quatrième de couverture et montre un jeune garçon tout de bleu vêtu, l’air de vouloir nous raconter une merveilleuse histoire. Tout au long de l’album, les illustrations nous qui s’étendent parfois sur des doubles pages accompagnent avec justesse le texte sans l’étouffer. De nombreux détails graphiques se sont glissés ça et là; on s’amusera d’ailleurs à les identifier. Le texte et l’image se côtoient en un équilibre satisfaisant. Ce livre peut être utilisé à l’heure du conte auprès des élèves de 8, 9, 10 ou 11 ans avec lesquels on prendra le temps d’exploiter cet album. Très beau.

Auteur(s) : Annick Combier & Bénédicte Nemo
Maison d’édition: Cépages Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9791093266015
Public cible: À partir de 8 ans

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Le club des Baby-sitters : Le langage secret de Jessica

Language secret de jessicaJessica est très occupée : elle prépare un ballet et doit garder un enfant pour le club. Ce dernier lui apprend la langue des signes.

Le personnage principal de ce roman pour enfants de 133 pages est une fille noire nommée Jessica. On l’a décrit comme sérieuse, persévérante et fidèle en amitié. Elle adore la danse classique et son petit frère, P’tit Bout. Très consciente de son identité raciale, Jessica sait que sa couleur de peau rime parfois avec discrimination. Cela dit, elle affronte toutes les difficultés qu’elle rencontre la tête haute et sans jamais baisser les bras. Dès les premières pages, c’est avec beaucoup de maturité qu’elle nous présente sa famille :

Voici les membres qui la composent: maman, papa, ma sœur Rebecca (que l’on appelle souvent Becca), huit ans, mon frère John Philip Ramsey Junior, surnommé P’tit Bout, et moi, Jessica Ramsey. J’ai onze ans. Ma famille est noire.
Je sais que cela paraît bizarre de l’annoncer comme ça. Si j’étais blanche, je n’aurais pas à préciser ma couleur de peau, parce que vous imagineriez que nous sommes blancs. Mais lorsqu’on l’on appartient à une minorité, les choses sont différentes. (p.12-13)

La famille de Jessica vivait auparavant au New Jersey, dans un quartier mixte, mais où tous les habitants de sa rue étaient afro-américains. Le déménagement à Stonebroke, la ville où se déroule l’histoire, a été un choc pour la famille: il n’y a pratiquement pas de famille noire dans cette ville. Ils sont les seuls Noirs du quartier et Jessica est la seule fille noire de toutes les classes de sixième du collège. À ce sujet, elle raconte:

Malheureusement, les choses ont été un peu difficiles pour nous. Je ne sais pas si c’est parce que les gens d’ici n’aiment pas les Noirs ou bien parce qu’ils n’en connaissent pas beaucoup, et que ça les rend un peu méfiants mais, ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas été très sympathiques avec nous au début. Les choses ont l’air de plutôt s’arranger (tout doucement).  (p.14)

J’ai apprécié que le sujet de l’origine ethnique soit ainsi abordé sans détour. Plusieurs lecteurs pourront s’y identifier, et ceux qui n’ont pas la même expérience de vie que Jessica pourront s’ouvrir à une réalité à laquelle ils n’auraient peut-être pas été exposés autrement. C’est incroyable de penser que ce roman ait d’abord été publié en 1998 et qu’il soit toujours aussi d’actualité ! On ne sent pas vraiment que l’histoire se déroule à une époque où le lectorat cible (les enfants de 9 ans et plus) n’étaient même pas encore nés! (Bon, il y a bien eu ce moment où le club des Baby-sitter attendent des appels sur le téléphone familial qui m’a fait un peu sourire!)

Même s’il s’agit du 16è tome de la série Le Club des Baby-sitters, « Le language secret de Jessica » se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. L’histoire s’intéresse à Jessica, à son rôle dans la troupe de danse de l’école, et à sa relation avec Matthew, le jeune enfant sourd qu’elle garde trois fois par semaine après l’école. Lorsque sa troupe de danse est en processus de choisir une danseuse étoile pour le ballet Coppelia, Jessica s’imagine qu’elle ne sera pas choisie car il n’y avait pas de Noirs dans les petites villes européennes du XIXè siècle, où se déroule l’histoire de ce ballet. Elle sera malgré tout choisie par la professeure de ballet. Jessica trouve encourageant que cette dernière se moque bien d’avoir une Swanilda noire et espère être à la hauteur.

On parle du handicap et de la surdité de manière franche et réaliste: d’ailleurs, la sœur de Matthew vit parfois difficilement la surdité de son frère car cela rend son intégration difficile à l’école. Lorsqu’une camarade du Club, Kristy, se plaint d’avoir eu de la difficulté l’été dernier alors qu’elle a déménagé dans un quartier où personne ne l’aimait car sa famille est pauvre, la petite sœur de Jessica s’étonne: « Personne ne t’aimait, toi ? (…) Mais tu es parfaite. Je veux dire tu n’es pas sourde ou autre chose. Et tu es blanche. » J’ai trouvé la réponse de Kristy à ce commentaire tout à fait à propos: Être blanc ne veut pas nécessairement dire bénéficier d’une vie facile à tous les niveaux. Être rejeté(e) peut arriver à tout le monde, même pour les plus petites choses, comme arriver en jean à une soirée habillée, et être injurié(e) fait toujours mal.

Le texte est merveilleusement écrit et on s’attache beaucoup à Jessica. La lecture de ce roman m’a donné le goût de me replonger dans les autres livres du club des Baby-sitters (eh oui, j’en ai lu quelque uns étant enfant ! La nostalgie y compte sûrement pour quelque chose hihi! 🙂 )

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ann M. Martin
Maison d’édition: Gallimard JeunesseBouton acheter petit
Année de publication: 2018 (1998)
ISBN: 9782075104074
Public cible: À partir de 9 ans

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Ray Charles: Découverte des musiciens

Sray-charlesais-tu que Ray Charles a perdu la vue à l’âge de sept ans? Qu’avant de chanter, il a appris à jouer du piano, du saxophone et de l’orgue? Et qu’à 15 ans, il a quitté l’école pour ne se consacrer qu’à la musique? Et toi, as-tu déjà rêvé très fort, comme Ray Charles, d’être musicien? En écoutant ce disque, tu pourras peut-être devenir, toi aussi, un très grand chanteur de rhythm’n’blues !

J’ai été conquise par cet album dès la première page et la première note de musique sur le CD d’accompagnement. Le livre, très bien fait, est de très bonne qualité matérielle: La reliure est solide, la couverture est rigide, les pages sont glacées. Chaque double page s’intéresse à un pan de la vie ou de la carrière du talentueux Ray Charles: son enfance dans la pauvreté, ses deux frères, le début de sa cécité. De plus, de petits encadrés informent le lecteur sur le contexte social de l’époque, sur des éléments du texte (le braille, le juke-box, le blues) ou encore questionnent le lecteur (« On rêve parfois d’avoir une aussi belle voix que son chanteur préféré. Et toi, as-tu déjà joué devant la glace à imiter ton idole? »). L’histoire se termine par un dossier sur l’héritage laissé par Ray Charles, le tout accompagné musicalement par des morceaux tels que Georgia On My Mind, What I’d Say, et Hit the Road Jack. Enseignants, ce livre est idéal pour une exploitation en classe. Parents, ce livre est idéal pour les voyages en voiture: Pourquoi ne pas lire et écouter un chapitre ou deux chaque jour en allant à l’école? (Mais attention: la musique de Ray Charles donne une irrésistible envie de bouger!) J’ai adoré cet album et je le recommande vivement!

Coup de cœur !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Rémi Courgeon (illustrations), Stéphane Ollivier (texte) & Daniel Lobé (voix). Bouton acheter petit
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Musique
Année de publication: 2015
ISBN: 9782070668564
Public cible: 6 à 10 ans
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Le prince bégayant

prince bégayantLe jeune prince africain semble comblé par les dieux. Il a la beauté, la force et la gaieté. Sans peine, il apprend à maîtriser les arts de la lutte, de la danse et de la chasse. Mais dès qu’il veut parler, immanquablement, le prince bégaye. Lui, le superbe, est incapable de s’exprimer. La blessure de son orgueil grandit avec lui et le prince une fois adulte n’est plus que haine. Il fait la guerre sans fin, devient le plus terrible des guerriers. Les victoires se multiplient, sa blessure demeure. Épuisé, le prince quitte le monde des hommes pour celui des animaux, «le pays étrange des êtres qui vont sans mots». Au terme de cette initiation, le prince aura appris l’amour, le bonheur et la façon de se passer de mots.

Cet album est tout simplement magnifique. Le récit est propice à favoriser le développement de l’esprit critique des jeunes. Il est facile de s’identifier au personnage, ou du moins de comprendre son mal-être. Car on peut être aimé, adulé et admiré, mais être aux prises avec des démons intérieurs. Le texte est fluide, rythmé et touchant, et il accompagne très bien les illustrations aux tons terreux ponctués de couleurs plus vives. Un voyage initiatique, un conte sur le passage à l’âge adulte, plein de douceur, de blessures, de poésie et d’humanité. J’ai adoré cet album et j’en recommande vivement la lecture. Attention! Pour lecteurs avertis. Adapté à une animation en classe.

* Prix Chrétien de Troyes 2007

Coup de coeur !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : François Place
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse
Année de publication: 2006
ISBN: 9782070550692
Public cible: 9 à 13 ans
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Le macareux moine

Le_macareux_moineRamicot Bourcicot se porte mieux. C’est pourquoi il peut aller camper avec son père et son ami Carlito sur l’île Nue, dans l’archipel de Mingan. Deux jours sans entendre râler sa soeur Sagette, quelles vacances! Mais surtout, deux belles journées à observer les oiseaux et à explorer l’île déserte. Déserte? Pas tant que ça…

Lorsque j’étais enfant, La Courte Échelle était ma maison d’édition préférée. Je dévorais tous leurs livres. Quelle plaisir de relire un petit roman de cette maison d’édition. On suit Ramicot, un enfant (noir, probablement d’origine haïtienne?) atteint d’une maladie (non nommée dans ce titre de la série, une petite recherche en ligne m’indique qu’il s’agit d’anémie falciforme, un handicap qui l’empêche d’aller à l’école) qui part camper avec son père (qu’il appelle Papi, comme le font beaucoup d’Haïtiens) et son meilleur ami. Probablement issu de la deuxième génération d’immigrants haïtiens au Québec, Ramicot ne parle pas créole. Comme je n’ai pas lu le premier tome de la série, plusieurs détails m’ont échappé. Malgré tout, j’ai bien aimé le récit et les illustrations en noir et blanc d’Élisabeth Eudes-Pascal. Une série à découvrir à votre bibliothèque municipale!

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Sylvain Meunier
Maison d’édition: La Courte Échelle
Année de publication: 2007
ISBN: 9782890219359
Public cible: À partir de 7 ans

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Je m’appelle Baraka

Baraka_HRDans ce récit basé sur une histoire vraie, l’auteur raconte la vie de Baraka, un jeune orphelin Kenyan atteint d’un handicap physique. Malgré sa bonne volonté, sa grand-mère, qui s’occupe déjà de huit cousins, est confrontée à un choix difficile… Qu’adviendra-t-il de Baraka?

Un bel album pour enfants plus vieux sur la beauté intérieure et la résilience. De magnifiques illustrations accompagnent un texte généreux à la lecture agréable. Une belle occasion pour discuter avec les enfants de la pauvreté, les liens familiaux et l’aide internationale. Un dossier avec photos à la fin du livre raconte la véritable histoire de Baraka, de sa famille, de l’orphelinat où il a été emmené et de l’aide qu’il a reçu.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Éric Walters & Eugenie Fernandes
Maison d’édition: Éditions Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9781443143295
Public cible: À partir de 6 ans

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