Ailleurs

Ailleurs amnesty international talents hautsUn album sur les drames, les déracinements et les espoirs des enfants du monde qui rêvent d’un ailleurs. En douze doubles pages, les mots poétiques de David Guyon et les images puissantes d’Hélène Crochemore mettent au jour les drames, les déracinements mais aussi les espoirs qui habitent tous les enfants du monde qui rêvent, où qu’ils soient, d’un ailleurs.

Chaque double page de cet album sur les inégalités sociales met en opposition un enfant d’un pays où la vie est difficile (qu’on imagine comme étant des pays pauvres ou en voie de développement) et un enfant où la vie est facile (qu’on imagine comme étant l’occident). Par exemple: « Dans mon pays, les enfants sont des petits soldats » VS « Dans mon pays, les enfants ont des petits soldats » (jouets avec lesquels jouer).

L’album aborde en faisant usage d’une singulière économie de mots des concepts complexes tels que le privilège, la fracture numérique, la guerre, le travail des enfants, le droit du sol, la nationalité, les inégalités, la pauvreté et la structure familiale. Bien entendu, les personnes qui sont illustrées dans le livre viennent de différents pays: ceux venant de pays non occidentaux ne sont pas toujours noirs et ceux venant de pays riches ne sont pas toujours blancs. De plus, la pauvreté n’est pas toujours là où on le pense: les auteurs ont bien mis en lumière la pauvreté qui existe aussi dans les pays riches.

Chaque double page requiert ainsi qu’on s’y attarde et demande réflexion. Les illustrations offrent un autre niveau de lecture et contextualisent le texte de manière poétique. J’ai beaucoup aimé cet album et il m’a habité plusieurs jours après l’avoir terminé.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • T’identifies-tu plus aux expériences racontées sur les pages de droites ou de gauche? Pourquoi?
  • À la page huit, pourquoi dit-on que « dans ton pays, les nuits sont blanches »?
  • Que dit de notre société la manière dont nous traitons nos pauvres?
  • Aux pages 20-21, on peut lire « Dans mon pays, quand je regarde la mer, je vois la terre. dans ton pays, quand tu regardes la mer, tu vois la mer. » D’après-toi, qu’est-ce que cela signifie?

 

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
AilleursBouton acheter petit
AUTEUR(S) : David Guyon & Hélène Crochemore
ÉDITION: Talents Hauts et Amnesty International, 2019
ISBN: 9782362662744
27,95$
11 ANS et plus

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être D’un monde à l’autre, ou encore Lily, deux albums pour la jeunesse sur la immigration. Essayez aussi Moi, Dieu merci qui vis ici.

d'un monde a l'autre    lily    moi dieu merci qui vis ici

 

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook

La princesse de l’eau claire

La princesse de l'eau claireUn grand récipient repose sur la tête de la princesse Gie Gie, telle une couronne. L’eau potable se fait rare dans son royaume aux couleurs chaudes. Chaque matin, elle se lève avant le soleil pour marcher jusqu’au puits. Lorsqu’elle revient à la maison, après avoir fait bouillir l’eau pour la boire et pour nettoyer les vêtements de sa famille, Gie Gie pense à ce voyage que demain amènera. Et elle rêve. Elle rêve d’un jour où son village africain aura une eau claire et limpide. 

J’ai adoré cet album inspiré par l’enfance au Burkina Faso de l’activiste Georgie Badiel. Les illustrations aux traits épais et aux couleurs chaudes m’ont énormément plu. On s’attache beaucoup à la princesse Gie Gie et à ses tourments. Le livre se termine par un dossier dans lequel on en apprend plus sur la vie au Burkina Faso et le long voyage que mènent des miliers d’enfants, d’hommes et de femmes, chaque jour, pour aller chercher de l’eau. Bien adapté en contexte scolaire, cet album peut être utiliser pour amener les enfants du primaire à se questionner sur leur rapport à l’eau, à l’importance de la protection de l’environnement, au travail humanitaire, à l’entraide et aux inégalités sociales. Je recommende vivement cet album ! L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Georgie Badiel est une mannequin burkinabée. 

Georgie Badiel

Auteur(s) / illustrateur(s) : Susan Verde & Peter H. Reynold
Maison d’éditionScholastic
Année de publication: 2018 Bouton acheter petit
ISBN: 9781443165815
Public cible: 7 ans et plus
Vous aimerez peut-être: Pourquoi je dois… économiser l’eau ?, une fiction-documentaire pour les jeunes enfants.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook

Peau noire peau blanche

peau noire blancheLe père d’Issam est noir et vient du Sénégal. Il est grutier et travaille sur les chantiers. Sa mère est blanche et française. Elle travaille à la maison. Issam, c’est le petit dernier. De chantier en chantier, on déménage souvent dans la famille. Être nouveau et black à l’école, ce n’est pas toujours facile et ça le rend triste, Issam. Sa maman n’a pas les réponses à toutes les questions mais ils aiment bien jouer ensemble à « pourquoi? parce que… parce que quoi? parce que que »… Parce que ça finit toujours par des rires ou des câlins. Quand toute la famille rentre au Sénégal, c’est souvent la mère qui est triste. Trop blanche là-bas, la maman d’Issam. Alors, quand elle demande pourquoi elle se sent étrangère, Issam est content de la consoler en lui disant : « parce que »…

L’histoire, racontée au « je » par Issam, est intéressante: un petit garçon Sénégalais trop noir pour la France, pour Paris, pour Marseille, et une maman française trop blanche pour le Sénégal. Issam est « tout noir » (p.1) et dans la cours de récré, on tente de lui voler son blouson, sa casquette, on ne veut pas jouer avec lui. Les autres enfants sont méchants à l’école, car ici, à Marseille, on « n’aime pas trop les beurs, ni les blacks. » Le Sénégal est présenté comme un terre salvatrice, où la famille pourra échapper aux discriminations vécues en France. Sauf qu’une fois arrivée là-bas, la maman pleure car les autres femmes la rejettent car elle est différente, blanche. Alors que le père trouve facilement du travail et qu’Issam peut enfin jouer librement, on réalise que d’autre difficultés les guettent.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, ce qui est bien pour entamer une conversation sur les préjugés, les différences, l’injustice et le racisme. On s’attend d’un parent qu’il nous fournisse une réponse, surtout lorsqu’il s’agit de sujet délicats tels l’intimidation et le racisme, mais le petit jeu des pourquois entre la mère et le fils a quelque chose de rassurant pour chacun d’eux et renforce le lien qui les unit.

Colorées et naïves, les illustrations de Mireille Vautier pleines de couleurs primaires contrebalancent un récit assez dur sur le racisme. Même si place est laissée pour discutions, la morale du récit me semble un peu triste: notre monde est-il si clairement divisé en noir et blanc? N’existe-t-il pas de tons de gris? Ah! Déjà, voilà de quoi alimenter un débat avec des enfants d’âge scolaire. Un album jeunesse à explorer. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Bichet & Mireille Vautier
Maison d’édition: Galimard Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 2070543358
Public cible: 8 à 11 ans
Vous aimerez peut-être: Même les mangues ont des papiers, un livre sur l’immigration.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Freedom summer

freedom summerJoe and John Henry are a lot alike. They both like shooting marbles, they both want to be firemen, and they both love to swim. But there’s one important way they’re different: Joe is white and John Henry is black, and in the South in 1964, that means John Henry isn’t allowed to do everything his best friend is. Then a law is passed that forbids segregation and opens the town pool to everyone. Joe and John Henry are so excited they race each other there . . .  only to discover that it takes more than a new law to change people’s hearts… This stirring account of the “Freedom Summer” that followed the passage of the Civil Rights Act of 1964 powerfully and poignantly captures two boys’ experience with racism and their friendship that defied it.

I absolutely loved this book. What wonderful and realistic illustrations that marvelously capture this one summer between two friends. It was a pleasure to read and to follow the lives of the boys and witness how the end of segregation affected their friendship. This is a intime story set in a very important moment in the United States recent history. A must read.

❤ this book!

*Ezra Jack Keats award, 2002

freedom-summer-9781481422987_in03

Author(s) / illustrator(s) : Deborah Wiles & Jerome Lagarrigue
Publisher: Simon & Schuster
Publication date: 2001
ISBN: 9780689878299
Target audience: 7 to 11 years old

Learn more about french-american illustrator Jérôme Lagarrigue:

New York : Quartiers noirs

NY quartiers noirsNew York, quartiers noirs, ce sont les récits de reporters à travers Harlem, le Bronx et Brooklyn. Un voyage dans les guettos noirs au pays de la liberté. Le livre se lit comme un carnet de voyage. On en apprend beaucoup sur l’histoire et la société américaine. Très jolies illustrations à la peinture à l’eau. La mise en page parfois quelque peu chargée. Ce livre est épuisé, trouvez-le à la votre bibliothèque ou médiathèque de quartier!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Elaine Klein, Yann Le Béchec
Maison d’édition: Albin Michel Jeunesse
Année de publication: 1992
ISBN: 9782226049964
Public cible: À partir de 9 ans
Vous aimerez peut-être: Dans le même genre, il y a Voyage au Sénégal qui pourrait vous intéresser.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Anna, Kevin et Nomzipo vivent en Afrique du Sud

anna kevin nomzipo afrique du sudFaire connaître aux enfants d’ici la vie quotidienne des enfants d’ailleurs, telle est l’ambition de la collection Enfants d’ailleurs. Ce livre présente trois enfant vivant en Afrique du Sud. Anna est une jeune fille vivant dans le quartier blanc de Johannesburg. Kevin appartient à une famille blanche d’Afrikaners qui emploie depuis toujours des domestiques noirs. Nomzipo, une jeune fille de l’ethnie xhosa, vit à Umtata, une ville à majorité noire.

Certains [métis] restent très soucieux de ressembler aux Blancs, et d’autres, au contraire, veulent renouer avec la culture noire. Les comportements et les façons de penser se transforment toujours plus lentement que les lois, avait conclu le père d’Anna. (p.16)

Mon avis: Les faits sont relatés sont réels, mais les personnages (Anna, Kevin et Nomzipo) sont fictifs. Le texte est assez dense, mélangeant faits vérifiables et tranches de vie des personnages. L’accent est mis sur les relations souvent conflictuelles entre noirs et blancs en Afrique du Sud. Anna est isolée du reste de son pays qu’elle ne connait pas bien. Kevin prouve, de par son amitié avec Mango, que la nouvelle génération peut changer les choses pour le meilleur entre Blancs et Noirs en Afrique du Sud. De nombreuses illustrations et photographies ponctuent le texte. L’apartheid, le traitement des noirs et le traitement des métis sont abordés de manière franche dans un language accessible. De larges morceaux de l’histoire sud-africaine est présentée et expliquée. Très bien pour les travaux scolaires, même si la recherche d’information est difficile à l’intérieur du livre (absence de table des matières et/ou d’index).

Selon les croyances des ancêtres de Kevin, les premiers colons hollandais, français ou allemends, persécutés en Europe pour leur appartenannce au calvinisme, avaient été envoyé par Dieu en Afrique du Sud. Ce pays était leur « terre promise », l’endroit où ils pourraient enfin honorer leur Dieu en toute liberté. Ils se considéraient ainsi comme un peuple élu de Dieu. Ils devaient y remplir une mission: civiliser les populations noires et assurer leur salut. C’est avec ce sentiment de supériorité religieuse et morale que les colons européens n’hésitèrent pas à réduire en esclavage ou même à massacrer les populations noires qui s’opposaient à eux. La certitude d’avoir été élus par Dieu leur permis aussi de concevoir l’apartheid: ils se voyaient supérieurs aux autres hommes. (p.23)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire Veillères & Sophie Duffet
Maison d’édition: De La Martinière Jeunesse
Année de publication: 2006 Bouton acheter petit
ISBN: 9782732433936
Public cible: À partir de 9 ans

Vous aimerez peut-être: Dans la même collection, il y a Guy-Noël, Victor et Flore vivent au Rwanda.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook