Zibeline (tome 1): Sur l’autre rive

Quand, à huit ans, on est propulsée dans un monde inconnu… Une seule solution : se faire de nouveaux amis! Une seule envie : retrouver sa famille!

Tannicia a huit ans, un caractère bien trempé et un destin hors du commun. Après une dispute avec son grand frère, alors qu’elle part en ronchonnant chercher de l’eau à la rivière, elle est capturée par un sorcier pour servir de victime sacrificielle lors d’une cérémonie vaudou. Bon, déjà, j’ai décroché à partir de ce moment-là. Encore une histoire où le vodou est présenté comme quelque chose de magique, de dangereux, de sauvage et de mal. Ugh. Les méchants sont vodouisants, les gentils ne le sont pas. Bonjour les stéréotypes! Mais bon, j’ai laissé sa chance au coureur et j’ai continué ma lecture en espérant que les auteurs se reprennent.

Un peu plus loin dans l’histoire, Tannicia finira par s’échapper de ses ravisseurs grâce à son fort caractère, mais se retrouvera bien malgré elle propulsée dans un univers inconnu peuplé d’animaux de la jungle anthropomorphisés. Et voilà, encore un. Le personnage principal est noir, et se retrouve confronté à des lions, des singes et des crocodiles. Encore une fois, je me suis dit: « Bon, ok, ça se passe dans la jungle, passons… » Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être agacée. Parce que ce n’est pas vraiment la jungle. C’est un monde imaginaire inventé par l’auteur, un monde qui n’existe même pas dans la réalité des personnages, qui est parallèle à leur univers. De tous les mondes imaginables qui auraient pu être inventés, c’est celui-là que les auteurs (2 Blancs et 1 Algérien) ont choisi. Ouf.

Dans ce nouveau monde, Tannicia devra changer de nom, pour suivre les coutumes locales. Ce n’est pas sans rappeler le traitement réservé aux millions d’esclaves qui ont été arrachés à leur pays et à qui on a donné des noms qui n’étaient pas les leurs… Tannicia sera réfractaire au début à ce changement de nom, mais finira par en choisir un et ce sera le titre de la série: Zibeline.

Ce premier tome se termine sur une note intrigante pour donner le goût de poursuivre la série. Ce ne sera pas mon cas, je vais passer. Next…

Zibeline, 1: Sur l’autre rive
AUTEUR(S): Régis Hautière, Régis Goddyn & Mohamed Aouamri
ÉDITION: Casterman, 2019
ISBN: 9782203166899
PRIX: 26,95$
9 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Lulu et Nelson, Les enfants du Bayou ou Les enfants d’ailleurs, trois bandes dessinées d’aventure que j’ai personnellement préféré à Zibeline.

Horizon (tome 1) : L’écrasement

Horizon 1 L'écrasement

Huit jeunes survivent à un accident d’avion au milieu de l’Arctique. Aussitôt extirpés des décombres de l’appareil, ils réalisent qu’ils sont entourés d’une jungle menaçante. Pourtant, ils devraient se trouver au milieu d’une étendue de neige et de glace. Avec l’eau et la nourriture qui se font rares, et les rivalités qui s’installent, les survivants réalisent vite que le pire reste à venir…

Des huit jeunes qui survivent à l’écrasement d’avion, il y a deux personnages noirs, deux japonaises, un américain d’origine japonaise et deux personnages blancs. Voici la première description que nous avons de Molly et Javis, les deux personnages noirs du roman: « La fille et le garçon qui l’avaient trouvé dans la soute avaient tous les deux la peau noire et des cheveux bouclés, mais n’avaient pas l’air d’être frère et sœur. » (p.40) J’ai toujours été un peu agacée lorsque l’élément descriptif premier des personnages noirs soit la couleur de la peau, alors que les personnages non afro-descendants soient décrits de manière plus variée et sans mention de la couleur de leur peau : « occidental », « blonde et mince », « japonaises » ou « grand ». Le problème, c’est que dans l’imaginaire de la majorité des lecteurs, tous les personnages d’un livre sont blancs, sauf preuve du contraire. Ainsi, dire qu’un personnage noir a simplement « des yeux en amande et des épaules carrées », par exemple, ne suffit pas.

Cela étant dit, Molly est un personnage très intéressant. Elle est sûre d’elle et prend les commandes. Assez directive, elle n’a pas froid aux yeux et on dirait bien qu’elle n’a peur de rien. Son histoire personnelle est aussi plus développée que celle des autres personnages. On sait par exemple que son père est décédé, emporté par une maladie surgit de nulle part et qu’elle a grandi avec sa mère. Alors que cette dernière a noyé sa peine dans un mutisme et dans l’irrationalité, Molly est devenue une personne « ultra-logique, qui [a] besoin de connaître le comment et le pourquoi de tout ce qui l’entour[e] » (p.191). Voilà donc un personnage noir féminin à l’esprit scientifique, qui a besoin de preuves et d’expérimentation avant d’en venir aux conclusions. C’est aussi elle qui mène le récit et qui fait avancer l’histoire par sa témérité. Sans Molly, l’équipe n’existerait plus car c’est elle qui soude le groupe. Sans elle, « ils n’avaient plus de chef, plus personne pour les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes et à trouver des solutions dans cet endroit étrange » (p.268). À la fin, on dit d’ailleurs que « c’était elle qui les ramènerait à la maison. » (p.276)

Quant à Javis, il est plus craintif et sensible. Il prend plus difficilement sa place dans le groupe. Il est extrêmement timide et nerveux et on découvre qu’il n’avait pas vraiment d’amis à l’école. C’est grâce au club de robotique (d’où sont issus les huit autres jeunes qui voyageaient ensemble pour se rentre à une compétition de robotique) qu’il a pu s’en faire. Il se sentait terriblement seul auparavant.

À noter qu’il y a aussi un personnage métis dans l’histoire, Yoshi, dont le père est japonais et la mère, américaine. Il a vécu au Japon, où il était affublé de l’épithète « Hafu », qui signifie « moitié » en japonais. Cette double identité affecte beaucoup Yoshi car il se cherche et souhaite simplement être lui-même.

L’histoire de ce premier tome d’Horizon de Scott Westerfeld débute en grande force, avec un rythme soutenu et une atmosphère intrigante, mais qui s’essouffle un petit peu dans la seconde moitié du roman. En bref, j’ai bien aimé cette lecture, mais elle n’était pas mémorable. Divertissante, tout au plus. Si ma pile de livres à lire n’était pas aussi longue, je lirais bien les prochains tomes, mais compte tenu que ma PAL est longue comme le trajet Montréal-Québec, je passerai sans doute mon tour. 😉 Une belle lecture malgré tout.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Scott Westerfeld
Maison d’édition: ScholasticBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443168281
Lectorat cible: Ados.
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Deviens le héros… avec Hippocrate le pirate

Hippocrate le pirateSur son navire, Hippocrate rêve de gloire et de fortune. Mais il ne sait pas comment faire pour trouver le plus fabuleux des trésors. Des nombreuses possibilités s’offrent à lui: il a besoin de toi ! Au cours de l’histoire, tes choix le mèneront vers des aventures toutes très différentes.

Dans cette histoire interactive,  c’est le lecteur qui décide de la suite de l’histoire. À chaque double page, il devra décider entre deux choix représentés par des pictogrammes reproduits dans des onglets qui détermineront la suite des aventures du pirate guilleret. Ainsi, ce sont huit histoires qui peuvent être créées à chaque relecture.

Cet album tout carton suit une trame narrative simple et plaira aux tout-petits de trois ans et plus. Ils s’amuseront à modifier l’histoire au gré de leur humeur. Toutefois, je recommanderais de d’abord initier vos tout-petits à des livres plus traditionnelles car lire et relire une histoire dont la structure ne change pas fait aussi partie de l’apprentissage.

Hippocrate est un personnage noir aux cheveux bruns frisés. Il est représenté de manière assez classique pour un pirate: chapeau noir orné d’une tête de mort, foulard noué sur la tête, bottes noires. Il n’a pas de jambe de bois ou de crochet en place et lieu d’une main amputée, mais on retrouvera toute de même dans l’histoire d’autres éléments familiers: le perroquet, le trésor, l’île déserte, le bateau, les tonneaux et le sabre, le monocle. Rien de très original, donc.

Les petits s’identifieront facilement au personnage principal qui, même s’il est un pirate, a peur parfois, hésite, est curieux et sait faire preuve de courage. Il y a quatre fins possibles. Dans la première, Hippocrate trouve un sabre dont la poignée est ornée de pierres précieuses. Dans la deuxième, il est victime de la farce d’un singe sournois. Dans la troisième, il découvre un trésor. Dans la quatrième, il rencontre une petite fille rousse dont il tombe amoureux et tous deux deviennent les pirates les plus redoutés des océans.

La maison d’édition Auzou nous offre ici une bonne dose de clichés, fidèle à ce à quoi elle nous a habitué, mais parvient tout de même à se montrer progressiste, notamment par la présence de femmes pirates, tout aussi fortes que les autres. Notons tout de même le fait qu’Hippocrate soit le seul personnage noir du récit. Suivre ses aventures m’a plu; ce livre ferait un excellent cadeau à offrir à un enfant !

Hippocrate le pirate 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Maria Money
Maison d’édition: Auzou Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782733848197
Public cible: 3 à 5 ans

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Boubou dans la neige

boubou neigeQuelles drôles d’idées il a parfois, ce Boubou ! Tricoter des bonnets ? Mais c’est quand il fait froid ! Et dans la jungle… Pourtant, il y a une raison: Boubou convainc ses amis les animaux de partir très haut dans la montagne, pour voir la neige ! Arrivé au sommet, Boubou est ravi : la voilà enfin, la neige tant espérée ! Mais sa joie est si grande et si bruyante… qu’il provoque une avalanche ! Le voilà précipité dans la pente, et transformé en Boubou de neige, tout comme ses amis les animaux ! Heureusement, tout finira dans une grande bataille de boules de neige, pleine de cris et de rires, vite avant que la neige ne fonde. Ce Boubou, quel tempérament !

Il y a de la neige en Afrique occidentale, parfois, au sommet du mont Cameroun. C’est tout expliqué dans un petit encart en fin de livre que j’ai trouvé plutôt sympa. Et quel plaisir pour l’imagination que de voir toute cette neige descendre jusque dans la jungle. Cela dit, Boubou dans la neige offre une représentation d’un personnage noir semblable à beaucoup d’autres dans le monde de l’édition européenne. Un africain, peu habillé, se promène dans la jungle avec des animaux sauvages humanisés et son comportement maladroit face à des évènements propres à la vie occidentale est au coeur d’une histoire qui se veut drôle. Je l’ai déjà dit plusieurs fois, mais ce genre de représentation m’agace profondément. C’était la même chose pour Zékéyé fête Noël. Et entre-temps, je n’ai encore jamais lu d’histoires sur les canadiens où un personnage Blanc se promènerait sous un manteau de peau de phoque vivant dans un igloo et ignorant complètement le monde extérieur, mais on se permet encore de vieux stéréotypes du même acabit pour les Africains. Un peu de variété, s’il-vous-plait.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Cyril HahnBouton acheter petit
Maison d’édition: Casterman
Année de publication: 2012
ISBN: 9782203048249
Public cible: 3 à 5 ans

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