Le petit garçon qui venait de la Jamaïque

Petit garçon qui venait de la Jamaïque

Crois-tu qu’une personne comme toi pourrait marquer l’histoire? N’en doute pas. Lis ce récit et tu découvriras comment Devon, un petit garçon qui venait de la Jamaïque, est entré dans l’histoire du Canada. Tu verras que tout est possible et que les rêves peuvent se réaliser.

L’histoire d’une personne ayant surmonté des difficultés pour atteindre l’impossible est une source d’inspiration sans pareille, surtout quand il s’agit d’un enfant. Il n’y a pas de meilleur exemple que celui de Devon Clunis, Jamaïcain élevé à la campagne sans électricité ou eau courante, pourtant devenu le premier chef de police noir du Canada. Cet album raconte une page de l’histoire de mon pays, le Canada. En ce moment au Québec, on parle beaucoup du racisme systémique et de la manière dont les élèves noirs sont défavorisés par rapport aux élèves blancs dans une même classe. En prologue à cet album, on retrouve une dédicace aux « éducateurs qui ont aidé le petit garçcon de la Jamaïque à s’épanouir », notamment Mme Ruby Hanna, enseignante de l’école primaire de Devon, et M. Bill Wedlake, M. Brian Burdy et M. Dennis Pelisek, qui ont enseigné à Devon à l’école secondaire. On les remercie d’avoir donné leur temps et énergie à façonner la vie de nombreux jeunes. J’ai été touchée par cette dédicace car les enseignants ont un rôle très important à jouer dans la vie des enfants et on ne les remercie pas assez. Il me semble que cette reconnaissance est bien méritée ! Malgré les problématiques entourant le racisme systémique dans les écoles, je pense qu’il est important de souligner le travail de ceux et celles qui enseignent avec passion et qui donnent des ailes aux Canadiens de demain, peu importe leur origine.

Les illustrations d’Émily Campbelle sont adorables et tout en douceur. J’ai aussi beaucoup aimé les photos du véritable Devon Clunis qui rendent son histoire encore plus concrète. On retient de ce livre que chaque enfant a des rêves qui peuvent se réaliser et que beaucoup de personnes sont prêtes à les aider à y parvenir. À la fin du livre, il y a une courte biographie de Devon Cunis dans laquelle on peut lire ceci:

Devon a saisi très tôt son identité d’immigrant noir vivant dans une terre de promesses. Dès le plus jeune âge, il a décidé qu’il voulait exercer un travail lui permetttant de servir de modèle aux enfants issus de minorités qui devaient relever des défis semblables à ceux qu’il avait rencontrés: intégration culturelle, inégalités sociales et rareté des possibilités offertes dans la culture populaire. Ce désir l’a amené à s’engager sans tarder sur la voie d’une carrière dans la police. Il s’agissait d’un choix remarquable, car cette profession n’était normalement pas considérée comme accessible aux personnes de couleur.

Le parcours de Devon est très inspirant. Il parle de sa terre natale, la Jamaïque, de manière positive malgré les difficultés liées au manque d’électricité et de système d’aqueduc. Tout au long du texte, il questionne le jeune lecteur et l’amène à faire des liens entre sa propre expérience et celle de Devon. Par exemple, lorsque Devon parle de son immigration à Winnipeg, il demande au lecteur si lui aussi a déjà déménagé et ce qu’il a ressenti en vivant cette expérience. Ainsi, ce livre s’utilise facilement en animation ou en contexte scolaire (pourquoi pas durant les Journées de la Persévérance Scolaire?). Franchement, cet album est un petit bijou qui faut mettre entre toutes les petites mains, dans les écoles, dans les bibliothèques, dans les chambres d’enfants. Je suis tellement enthousiaste face à cet album !! Vous devez absolument le lire !

Coup de coeur !

Devon Clunis est Canadien. Il a été le chef du Service de police de Winnipeg de 2012 jusqu’à sa retraite en 2016. Il a été le premier Canadien noir à être nommé chef de police au Canada.

Devon Clunis

Auteur(s) / illustrateur(s) : Devon Clunis, Pearlene Clunis & Emily Campbell
Maison d’édition: Éditions des Plaines

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Année de publication: 2019
ISBN: 9782896117864
Public cible: 6 à 11 ans
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La saveur des bananes frites

la saveur des bananes frites

Saraphina vit avec son grand frère Jude à Paris dans un foyer pour jeunes étrangers. Quand elle passe devant les grilles de la Cité Paradis et ses beaux appartements, elle ne peut s’empêcher de penser à une autre cité : celle où ses parents ont vécu avant sa naissance, en Haïti, et qu’ils ont dû fuir suite aux « grands combats ». Depuis, la vie ne les a pas épargnés : après la mort de leur mère, Jude et Saraphina ont dû apprendre à vivre seuls. Mais Jude semble profondément attaché à ses racines, alors que Saraphina, née à Paris, préférerait parfois les oublier. Au quotidien, elle s’applique surtout à rendre la vie plus légère. Au collège, elle s’intéresse à tout ; au foyer, elle aide Jude autant qu’elle peut, et rit avec Malik, qui lui fait voir la vie en couleur. Mais quand tout tourne mal, l’horizon du retour en Haïti se dessine peu à peu comme seul échappatoire possible. Comment Jude et Sara parviendront-ils à affronter cette nouvelle page de leur histoire ?

J’avais de grandes attentes face à ce roman et j’ai été plutôt déçue…  Bien que j’aie grandement apprécié la plume de l’auteure, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Saraphina en particulier m’a semblé assez unidimensionnelle: sans papiers en France, elle répète souvent qu’elle n’aime pas, ne connait pas et n’est pas intéressée à connaître Haïti. Toutefois, on en sait très peu sur elle, sur ses intérêts, ses qualités, ses défauts, ses forces et ses faiblesses. J’aurais aimé connaître Saraphina en tant qu’humaine complexe et unique ! J’aurais aimé la suivre dans son cheminement identitaire en tant que fille ayant perdu sa mère et son père vivant depuis toujours en France, mais devant retourner vivre dans un pays inconnu.

La représentation d’Haïti m’a également déplu. À la lecture du roman, on retient que ce pays n’est que pauvreté, lenteur et délabrement habité par des gens à la peau si sombre que leur visages semblent avoir été « noircis par la cuisson [d’une] cocotte-minute » (p.107) de la chaleur des tropiques. J’aurais aimé que le roman aborde des éléments plus positifs pour contrebalancer. De plus, le vaudou est peint comme une sorte de pratique magique et mystérieuse se résumant aux poupées piquées d’aiguilles. Au passage, l’auteure n’oublie pas de nous rappeler que les habitants d’Haïti sont des descendants d’esclaves, mais passe sous silence leur lutte pour leur indépendance. Ugh. J’aurais tellement aimé aimer ce roman. Le mieux, c’est peut-être que vous le lisiez pour vous faire votre opinion personnelle. Et puis dites-moi ce que vous en avez pensé!

* Prix de Ravinala Madagascar

Sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2018-2019

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sophie Noël
Maison d’édition: Magnard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782210963672
Public cible: À partir de 9 ans

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La haine qu’on donne

La haine qu'on donneLa jeune noire Starr Carter, 16 ans, vit entre deux mondes : le quartier pauvre où elle habite et le lycée blanc situé dans une banlieue chic qu’elle fréquente. Cet équilibre difficile est brisé quand Starr voit son meilleur ami d’enfance, Khalil, tué par un policier trop nerveux. Son quartier s’embrase, Khalil devient un symbole national. Starr doit apprendre à surmonter son deuil et sa colère.

Ouf. Quelle lecture intense ! Résolument ancré dans son époque, La Haine qu’on donne (version française de The Hate You Give) m’a tenu en haleine du début à la fin. Les personnages sont authentiques et attachants, si bien qu’on a l’impression de pouvoir les rencontrer dans la vraie vie. Je me suis énormément reconnue dans le vécu de Starr qui doit jongler entre son identité noire et sa vie dans un système scolaire majoritairement blanc. Selon elle, « pour les Blancs, être noir c’est la classe jusqu’au jour où ça devient un problème » (p.18). Il est difficile pour elle  de jumeler ses deux univers qu’elle tient à garder séparés car autrement, elle ignore quelle Starr elle est censée être. Puis le racisme ordinaire, elle connaît, par exemple lorsque tout le monde s’attend à ce qu’elle sorte avec Ryan, le seul autre Noir en onzième année. Ou encore lorsque tout le monde suppose que son ami Khalil était un dealer parce qu’il était noir. Ou encore la croyance que la violence envers les Noirs ne concerne que les Noirs.

La star de Williamson ne parle pas en slang — tout ce qu’un rappeur dirait, elle évite, même si ses copains blancs l’utilisent. L’argot, ça leur donne l’air cool. À elle, ça lui donne l’air de sortir d’un quartier mal famé. La Starr de Williamson tient sa langue quand les gens l’énervent pour que personne ne la voie comme une « Noire en colère ». La starr de Williamson est accessible. Pas de sales regards ni de regards en coin — rien. La Starr de Williamson ne fait pas de vagues. En gros, la Starr de Williamson ne donne à personne des raisons de penser qu’elle sort d’un ghetto. Je me déteste d’agir comme ça, mais je le fais quand même (p.82)

 

Face au racisme d’une amie, Starr décide de mettre son pied à terre et de la rayer de sa vie. Pour se donner du courage, elle forme même une « Alliance des minorités » avec Maya, son amie d’origine chinoise. Angie Thomas a écrit ce roman sur une communauté noire américaine et ne fait pas d’excuses: elle dit les choses telles qu’elles sont et avec beaucoup de doigté. Une Noire qui écrit au sujet des Noirs, moi, ça me fait du bien. Un peu moins rythmée, la troisième partie m’a cependant moins plu et la finale m’a semblée racoleuse. Malgré tout, je suis sortie de la lecture de ce roman avec toute sorte d’émotions et le sentiment d’avoir lu quelque chose d’important, de beau et de nécessaire. Par rapport à la violence policière envers les Noirs et ces policiers Blancs qui souhaitent « faire une différence dans la vie des [gens du ghetto] », Starr dit:

C’est drôle. Les esclavagistes eux aussi pensaient qu’ils faisaient une différence dans la vie des Noirs. Qu’ils les sauvaient de leurs « manières africaines ». Autre siècle, même logique. J’aimerais que les gens comme eux arrêtent de penser que les gens comme moi ont besoin d’être sauvés. (p.272)

À noter que la version que j’ai lu a été traduite de l’anglais par Nathalie Bru et adaptée pour le Canada par Rachel Martinez. On y trouve une poignée de québécismes (« kétaine », « J’ai-tu l’air de… », « ma blonde », « c’est plate », « pourquoi que », etc.), mais l’adaptation est somme toute très réussie. Un roman incontournable à mettre entre toutes les mains. Ce roman a d’ailleurs été adapté au cinéma en 2018. #OwnVoices.

Angie Thomas est une auteure américaine.

Angie Thomas

Auteur(s) / illustrateur(s) : Angie Thomas
Maison d’édition: Nathan Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782092589274
Public cible: Ados
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J’aime mon métier: Policière

jaimemonmetierpoliciereVoici Anita, la policière. Viens découvrir ce qu’elle fait chaque jour et comment elle lutte contre les infractions.

On nous présente une policière et ce qu’elle fait de sa journée. Les illustrations sont faites de couleurs vives, mais les personnages sont inexpressifs. Récit décousu et dénouement quasi-inexistant. Présence d’un glossaire à la fin du livre donnant la définition des mots difficiles. Facture commerciale. Malgré tout, ce livre offre une représentation positive d’une personne noire dans la littérature jeunesse.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Amanda Askew et Andrew Crowson
Maison d’édition: Éditions Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2010
ISBN: 9781443103879
Public cible: À partir de 4 ans

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