Charly en guerre

Charly en guerreCharly a perdu son père, un sergent accusé de trahison, tué par des rebelles, et sa mère a été enlevée par une des factions armées qui se livrent combat. Agé d’une dizaine d’années, il ne comprend rien à cette guerre civile. Enrôlé de force, il doit obéir à John, un peu plus âgé que lui. John est très dur. Ils deviennent quand même amis en se sauvant respectivement la vie. La pensée de sa mère obsède Charly. Est-elle toujours vivante ? La retrouvera-t-il ?

C’est sur fond de guerre civile au Bénin que ce déroule ce roman. Le vocabulaire recherché et le récit difficile fait de lui une lecture appropriée aux bons lecteurs et aux adolescents. On y dénonce la violence gratuite et les guerres absurdes qui brisent des vies. On retrouve ça et là de fines illustrations de Alexis Lemoine. Très bon !

* Prix de la Francophonie de littérature africaine pour enfants, 1996.

Né en 1964 au Bénin, Florent Couao-Zotti vit à Cotonou où il est enseignant et animateur culturel. 

Florent Couao-Zotti

Auteur(s) / illustrateur(s) : Florent Couao-Zotti
Maison d’édition: Éditions Dapper
Année de publication: 2001
ISBN: 2906067695
Public cible: Ados
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Le costume de Malaika

Le costume de Malaika 2C’est le temps du carnaval. Le premier depuis le départ de la maman de Malaika pour le Canada. Celle-ci est partie dans l’espoir d’y trouver un bon emploi pour pourvoir aux besoins de sa famille. Elle avait promis qu’elle enverrait à Malaika de l’argent pour acheter un costume pour la fête, mais l’argent n’est pas arrivé. Malaika pourra-t-elle tout de même participer au défilé?

La mère de Malaika est au Canada pour y travailler. Malaika est un peu embêtée par cette situation et se demande pourquoi cela prend autant de temps pour recevoir de l’argent de sa mère car elle en a besoin pour faire son costume. Elle est aussi attristée de ne pas être près d’elle. Lorsqu’elle fait de la peine à sa grand-mère parce qu’elle a déchiré et n’a pas voulu porter le costume que cette dernière portait lorsqu’elle était petite, Malaika n’hésite pas à s’excuser. J’ai adoré le fait que ce soit Malaika qui nous raconte son histoire avec ses yeux d’enfant. Sa famille habite dans les Antilles, et l’illustratrice a fait un travail remarquable qui traduit bien la chaleur et les couleurs de cette région du globe. L’identité raciale de Malaika est normalisée; non seulement parce qu’elle vit aux Antilles, mais aussi parce que son histoire ne tourne pas autour de la couleur de sa peau et elle n’est pas présentée comme étant « exotique ». C’est plutôt une histoire de famille, de célébrations et de séparation qui utilise un événement familiers aux Antillais: le carnaval.

Le costume de Malaika

Les costumes des enfants sont magnifiques et font référence à des personnages typiquement antillais: Jab Molassie (personnage de mascarade et démon acrobate dont le nom vient des mots « diable » et « mélasse »), Moko Jumbie (échassier d’Afrique occidentale dont la taille était traditionnellement associée à la capacité de voir le diable), Pierrot (personnage de mascarade muni d’un pistolet ou d’un fouet, connu pour ses longs discours et joutes verbales). On retrouve dans le texte plusieurs autres éléments typiquement antillais également: le kaiso, le manioc, l’obeah, le rastafarisme et le soca. Bien qu’il puisse être lu à un enfant dès l’âge de 4 ans, je vous recommande d’exploiter ce livre auprès des enfants de 7 ans et plus et qui pourront lire l’histoire par eux-mêmes. J’ai vraiment adoré cet album que je vous recommande vivement !

Nadia L. Hohn est une auteure canadienne. 

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Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Nadia L. Hohn & Irene Luxbacher
Maison d’édition : Éditions Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication : 2017
ISBN : 9781443155861
Public cible : À partir de 7 ans

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J’aime pas mes cheveux !

J'aime pas mes cheveuxLa quête ébouriffante d’une petite fille qui rêve d’avoir d’autres cheveux que les siens.

Les illustrations de Castellane, minimalistes sur fond blanc immaculé, sont faites de traits, des lignes, de ronds et de zigzages épurés qui représentent toute la diversité de la chevelure humaine. Ses traits se font parfois drôles, parfois poétiques, parfois réalistes. Ses personnages sont dépourvus de corps pour mettre bien en évidence leurs coiffures.

Le texte m’a également beaucoup plu. C’est depuis sa naissance que le personnage principal n’aime pas ses cheveux : même à travers son berceau d’hôpital, elle se comparait avec les autres bébés qui « avaient tous des cheveux plus longs, plus bouclés, plus blonds, plus roux, plus doux… ». Sa mère semble contribuer à ce malaise en tentant par tous les moyens d’améliorer les cheveux de sa fille, au grand désarroi de son mari. Éternellement insatisfaite de ses cheveux, le personnage principal envie les autres filles de la cours de récréation. Bref, elle aimerait n’importe quels autres cheveux que les tiens. Voilà une prémisse à laquelle plusieurs fillette noires peuvent (malheureusement) s’identifier. Plusieurs d’entre nous ont grandi en étant insatisfaite de la texture naturelle de nos cheveux.

Ici, tous les types de cheveux sont enviés, même les coiffures afro! Elle qualifie ses propres cheveux de « tignasse pleine de nœuds ». Alors sa mère lui confie qu’elle aussi a grandi en étant insatisfaite de ses cheveux et qu’elle-même rêvait aussi de « baguettes toutes raides, d’une touffe rasta, d’une boule afro », entre autres. Et, surprise, la grand-mère aussi a des problèmes de cheveux ! Ainsi, c’est sur trois générations qu’on découvre les relations diverses de femmes avec leurs cheveux. Au final, c’est en voyant la magnifique chevelure de sa grand-mère que le personnage principal fini par accepter les siens. Un livre très beau, même si j’aurais aimé qu’on célèbre un peu les cheveux du personnage principal vers la fin. Très bon, je recommande !

J'aime pas mes cheveux 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nathalie Azoulai & Victoire de Castellane
Maison d’édition: Albin Michel Jeunesse Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN
: 9782226401120
Public cible: À partir de 8 ans

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