La star du rock et ses camarades de classe

Pénélope Rex est la seule T. rex de sa classe. Cette différence ne l’empêche pas de bien s’entendre avec ses camarades de classe, même si elle a parfois l’impression qu’ils ne voient que le dinosaure en elle. Alors, le jour où madame Bonnepâte propose d’organiser un concours de talents, Pénélope y voit une chance de révéler sa passion : le rock’n’roll!

Cet album fait suite à On ne mange pas ses camarades de classe publié en 2019 par Ryan T. Higgins. J’adore cet auteur, et sa petite série avec Maman Ours est un délice. Dans La star du rock et ses camarades de classe, on retrouve avec plaisir Pénélope, la seule T. Rex de sa classe de primaire elle-même très ethniquement diversifiée: un camarade de classe est juif et porte la kippa, une camarade est voilée, deux camarades sont noirs, etc.

Le texte est plein de l’humour si particulier à l’auteur. Par exemple, Pénélope parlera de son groupe de rock préféré à l’école et mentionnera que « C’est le meilleur groupe de tous les temps! Mon père les a vus plusieurs fois en concert… avant de manger par accident le batteur. ». Au exemple: alors que Pénélope doute d’elle-même et de sa capacité à faire de la musique en tant que « simple » dinosaure, sa mère lui demandera, inquiète: « Tu es sûre que tu n’as plus faim, ma Pénélope? Tu n’as mangé que 52 hamburgers. » Le ton est donc léger, drôle, mais le récit parvient tout de même a mettre le doigt sur l’anxiété de performance et la mauvaise estime de soi. J’ai été touchée par cet album que j’ai refermé doucement en soupirant de contentement. Rassurez-vous, à la fin du récit, Pénélope retrouvera confiance en elle grâce à l’écoute et les conseils de ses parents. Et même si elle arrivera en deuxième place au concours de talents, elle sera très fière d’elle.

Points boni pour les illustrations évocatrices, les superbes pages de garde constituées de véritables dessins d’enfants, et un nom de groupe de rock vachement cool: « Pénélope et les Graines de moutarde »! 🙂

Coup de cœur!

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La star du rock et ses camarades de classe
AUTEUR(S) : Ryan T. Higgins
ÉDITION: Albin Michel Jeunesse, 2020
ISBN: 9782226454133
PRIX: 19,95$
4 À 8 ANS

Ce livre vous a plu?
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Il faut sauver Nikili!

Il faut sauver NikiliGaty vit dans un village au coeur de la brousse africaine. Il est amoureux de la jolie Nikili mais trop timide, il n’ose pas lui montrer ses sentiments. Heureusement, Abou, son meilleur ami a une super idée pour que Nikili tombe sous le charme de Gaty…

Bon, déjà, le pays où vit Gaby n’est pas nommé. On dit simplement qu’il « habite dans un petit village d’Afrique, au cœur de la brousse » (p.5), ce qui d’autant plus ne fait qu’ajouter une couche au stéréotype tenace de l’Africain vivant dans une case et dont les voisins sont des animaux de la savane. Ugh. Bien sûr, il y a réellement des gens qui habitent dans des cases en Afrique, mais ça m’agace toujours lorsqu’on met tous les pays d’Afrique dans le même panier et que la seule représentation des personnages africains en littérature jeunesse soient celle-là. Pourquoi n’a-t-on pas de livres pour enfants mettant en scène des Gabonais, des Maliens, des Ivoiriens, des Burundais, ou des Camerounais vivant en ville? C’est exaspérant.  D’autant plus que cette description de la page 5 est la première phrase du livre (!), histoire de bien enfoncer le clou dès le début.

S’en suit des stéréotypes de genre lorsque l’ami de Gaty conseille à son ami amoureux d’une fille du village voisin: « Tu n’as pas besoin de lui parler. Montre-lui que tu es fort et courageux. Les filles adorent les héros. » (p.6). Oui, parce qu’on a besoin davantage de garçons incapables de communiquer qui pensent que la force physique font d’eux des hommes. M’entendez-vous grincer des dents??

Mais ce n’est pas tout! Comment Gaty va-t-il démontrer son courage? Mais, pardi! Affronter un lion, rien de moins! Il y a quand même un petit revirement de situation lorsque ce sera finalement Nikili qui sauvera Gaty des griffes du lion. Elle sera complimentée sur son courage par Gaty, ce qui la fera « rougir ». Ugh. A-t-on besoin de répéter pour la énième fois que les personnes noires ne rougissent pas? Ouf. Ce livre était vraiment mauvais en termes de représentation. Non recommandé. 😦

 

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Il faut sauver Nikili !Bouton acheter petit
AUTEUR(S) : Jean-Pierre Courivaud & Nathalie Dieterlé
ÉDITION: Oskar, 2012
ISBN: 9782350008677
7 À 9 ANS

À la recherche de premières lectures ayant une représentation des personnages noires plus positive? Vous aimerez peut-être Le mystère des dents de Jaguar ou encore Dans une minute maman!.

Les mystères des dents du jaguar    Dans une minute maman

 

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La petite fille qui voulait voir les éléphants

La petite fille qui voulait voir les éléphants.jpgNina, en visite chez sa tatie, voudrait voir des éléphants. De surprises en surprises, elle nous fait découvrir une Afrique réelle, actuelle, aux antipodes des clichés.

Nina, la petite fille de ce livre est blanche et s’apprête à visiter sa tante en Afrique la tête pleines d’attentes et d’idées préconçues: L’Afrique, c’est la brousse, les animaux sauvages, la savane… Sauf qu’en arrivant là-bas, elle se rend bien compte que l’Afrique n’est pas du tout comme elle l’avait imaginée ! Arrivée chez sa tante, cette dernière lui dit qu’il n’y a pas d’éléphants, qu’ils sont loin. Elle l’envoie donc chez son ami, qui lui lui montre plutôt un DVD. Mais Nina veut voir de vrais éléphants ! On l’envoie au stade de foot, voir l’équipe nationale, les Éléphants d’Afrique, mais là non plus, il n’y a pas de véritable pachydermes. Ainsi, Nina réalisera que personne en Afrique n’a pu lui montrer des éléphants, simplement parce que les animaux sauvages ne courent pas les rues. Et tout au long du récit, on se demande si Nina finira pas en voir, et on finit par nous aussi remettre en question nos propres stéréotypes.

Je note au passage que Nina ne correspond pas non plus aux stéréotypes féminins. Elle porte les cheveux courts, s’habille d’un simple t-shirt et d’un pantalon court et ne porte pas de maquillage. Aussi, l’auteur brise occasionnellement le 4ème mur pour s’adresser directement au lecteur.

Bref, plusieurs clichés sont déconstruits dans ce livre. J’ai vraiment adoré car il amène les enfants à réaliser l’existence de stéréotypes ! C’est beau. C’est révolutionnaire. C’est fabuleux. C’est un…

Coup de cœur !

La petite fille qui voulait voir les éléphants 2

 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sylvain Victor
Maison d’édition: L’atelier du poisson soluble
Année de publication: 2013
ISBN: 9782358710367
Public cible: 7 à 11 ans
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On est pas des super-héros / On n’est pas des poupées / Ni poupées ni super-héros

On n'est pas des super-hérosOn n’est pas des super-héros

Un album sur les stéréotypes sexistes où des garçons racontent entre autres qu’ils n’aiment pas se battre, aiment les câlins et sont admiratifs devant l’intelligence des filles.

Ce livre est une pépite d’or. Il est tout désigné pour parler du sexisme auprès des enfants en s’adaptant à leur ton, leur vision du monde et leurs préoccupations. J’ai aimé qu’on s’adresse aux garçons, car il est faux de penser que le féminisme ne concerne que les femmes. Des personnages de toutes origines sont présent dans ce livre, dont un garçon noir. Le livre aborde un féminisme plutôt occidental, mais ne prétend pas non plus être universel dans les enjeux qu’il aborde. En fin d’album, une petite présentation du féminisme d’hier à aujourd’hui, avec un focus très français (d’ailleurs on n’a inclus que des hommes blancs dans les courtes présentations biographiques: Nicolas de Condorcet, Victor Hugo, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Auguste Bebel, Friedrich Engels, François Poullain de la Barre, Michel Montaigne).

On n’est pas des poupées

On n'est pas des poupéesOn n’est pas des poupées s’attaque de manière frontale aux stéréotypes de genre, sans périphrases ni métaphores mais avec beaucoup d’humour, de tendresse et de fantaisie ! On n’y trouve pas de clichés, mais des clins d’œil au mouvement féministe, et des petites filles pétillantes qui, au fil des pages, fournissent aux jeunes lecteurs et lectrices des outils pour être soi-même, et non pas ce que les autres voudraient que l’on soit.

J’ai noté la présence de plusieurs personnalités connues dans ce livre, dont Angela Davis qu’on reconnait sur le chandail d’une fille qui a grimpé dans un arbre. Ce livre inclut lui aussi une courte présentation biographique de quelques figures féministes: Olympe de Gouges, Georges Sand, Louise Michel, Rosa Luxemburg, Virginia Woolf, Rosie la riveteuse, Simone de Beauvoir. Très bien fait, ce livre jeunesse rappelle aux filles qu’elles doivent être libres d’être ce qu’elles sont et de ne pas s’enfermer dans des stéréotypes.

Ni poupées ni super-héros

Ni poupées ni super-hérosParce qu’il n’est jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes Pour que filles et garçons puissent, ensemble, construire un monde antisexiste et égalitaire, On n’est pas des poupées et On n’est pas des super-héros, déjà parus dans cette collection, sont maintenant réunis en un seul livre. Ni poupées ni super-héros, en avant les super-égaux !

Après la lecture de On est pas des super-héros, puis de On n’est pas des poupées, j’ai trouvé dommage la séparation du lectorat: l’un vise les garçons et l’autre, les filles, un peu comme les collections de livres commercialisés pour un genre uniquement. Cette séparation m’a toujours dérangée car il oblige les enfants à choisir entre dragons et princesses, super-héros et animaux, licornes et voitures en fonction de leur genre. Dans Ni poupées ni super-héros, on retrouve une sélection de quelques-unes des pages des deux autres livres de la série. Même si les deux autres livres ont aussi leur utilité, Ni poupées ni super-héros comble le besoin d’un livre jeunesse antisexiste que garçons et filles pourront consulter ensemble. Petit bémol: Ce livre n’ajoute aucun nouveau contenu aux précédents. Très bon quand même ! Dans chacun des livres, on retrouve des enfants noirs ou racisés.

Alors, au final, on achète lequel puisque le contenu est quasiment le même ? Achetez donc les trois. Ça vaut la peine !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Beauvois, Delphine & Claire Cantais
Maison d’édition: La ville brûle Bouton acheter petit
Année de publication: 2014 / 2013 / 2015
ISBN: 9782360120482  / 9782360120369  / 9782360120666
Public cible: À partir de 10 ans
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Les jolies filles

les jolies fillesQu’est-ce que la beauté? La beauté est un concept social fondé sur de nombreux stéréotypes. Ces stéréotypes influencent les jeunes filles et les amènent à se persuader que non seulement la beauté est importante, mais que pour être belles, elles doivent adopter des comportements soi-disant féminins. Dans son album Les jolies filles, Stacy McAnulty dénonce ces stéréotypes avec légèreté et humour. À l’appui de ses affirmations, elle appose des images teintées d’une ironie contrastante. Son ouvrage permet aux parents de mener une discussion sur différents modèles de beauté et sur l’importance d’être bien dans sa peau. (c) Scholastic.

L’un des personnages est une fillette noire aux cheveux bouclés. Un autre personnage a le teint foncé. Les filles de ce livre sont diverses, courageuses, fortes, drôles, rusées, débrouillardes, curieuses. Elles n’ont pas peur d’être elles-mêmes, telles qu’elles sont. Elles ont le droit d’être simplement authentiques, pleines de défauts et de qualités, comme tout le monde. Et surtout, elles ont le devoir d’être bien dans leur peau.

Vous avez sans doute déjà remarqué, mais je lis beaucoup. Même avant d’être bibliothécaire, je dévorais tous les livres qui me tombaient sous la main et ce, depuis l’enfance. Et j’admets que je n’ai malheureusement pas souvent été exposée à de telles images et de tels récits dans mon parcours de lectrice, surtout dans l’enfance. La littérature jeunesse de l’époque était très stéréotypée. Aujourd’hui encore (mais peut-être un peu moins? Je me questionne…). Des filles qui font du skate ? De filles qui jouent aux chevaliers ? Des filles qui se salissent et ce n’est pas si grave ? Je souris lorsque je pense que les filles qui grandiront avec Les Jolies filles ne trouveront rien de particulier là-dedans. « Y’a rien là! », diront-elles peut-être plus tard en haussant les épaules. Elles, qui auront été exposées à un univers des possibles plus large que la petite Valérie de 7 ans que j’étais il y a quelques décennies. Et c’est la toute la force et la magie de la littérature jeunesse. Permettre aux enfants d’imaginer. Imaginer TOUT. Bref, j’ai adoré cet album. Lisez-le au plus vite !

les jolies filles 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Stacy McAnulty & Joanne-Vriehoff
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443164283
Public cible: 4 à 10 ans
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