Princesse Princesse

Aventurière en devenir, la princesse Amira rencontre la princesse Sadie et la libère de la tour dont elle était prisonnière. À leur grande surprise, elles vont devenir amies malgré leurs différences. Sur les routes du royaume, Sadie et Amira vont joindre leurs forces pour déjouer les plans de la sorcière qui a emprisonné Sadie et l’humilie constamment. Rejoignez Sadie et Amira, deux princesses très différentes, dans leur aventure pour s’accepter telles qu’elles sont et écrire leur propre conte de fées.

D’abord publié en ligne sous la forme d’un webcomic, Princesse Princesse est une bande dessinée pour le lectorat jeunesse qui donne un souffle nouveau au conte traditionnel. La princesse emprisonnée au sommet d’une tour est ici une jeune fille qui ne souhaite pas particulièrement être sauvée par un prince, et c’est plutôt Amira, une autre princesse, qui viendra la secourir, après s’être assurée que la première a réellement besoin d’assistance et souhaite sortir de sa tour.

On sent bien que l’autrice souhaite dénoncer les stéréotypes et remettre en question l’hétéronormativité, mais elle le fait plutôt maladroitement. L’histoire aborde notamment le sujet des relations familiales toxiques. La méchante soeur de Sadie traite cette dernière de pleurnicharde, de grosse et de stupide. Plutôt que d’envoyer promener sa soeur ou, à la limite, dénoncer son manque d’empathie, Sadie dira plutôt qu’elle ne lui laissera « plus jamais [lui] faire croire que c’est une mauvaise chose! » (p. 39). On véhicule donc l’idée qu’il faut s’accepter tel que notre ennemi nous voie. Je me serais plutôt attendue à ce qu’on souligne les forces et qualités de Sadie pour contrebalancer la mauvaise image d’elle que nous donne sa soeur. Ou encore, tourner les défauts lancés comme des insultes en qualités: Ainsi, Sadie ne serait pas pleurnicharde, mais sensible et proche de ses émotions; elle ne serait pas grosse, mais en santé et bien dans sa peau; elle ne serait pas stupide, mais en apprentissage… Bref, j’ai eu un malaise.

De plus, je dois admettre que la trame narrative est somme toute assez mince et manque cruellement de substance. Il y a beaucoup de questions soulevées qui resteront sans réponse. Amira devait être mariée à un prince fortuné par sa famille, mais s’enfuit. Sa famille la recherche-t-elle? Comme s’est-elle débrouillée seule alors qu’elle est âgée de seulement 16 ans? Aussi, je comprend que la soeur de Sadie soit jalouse, mais est-ce suffisant pour expliquer sa grande méchanceté? La famille de Samira sait-elle qu’elle est lesbienne? Comment se fait-il que Sadie et Amira, deux inconnues qui viennent de se renccontrer, finissent pas se marier aussi rapidement et ne sachant presque rien l’une de l’autre? La famille de Sadie n’était-elle pas inquiète de la disparition de leur fille? Pourquoi ont-ils accepté que la soeur l’enferment dans une tour? À noter aussi que le découpage des cases manque de fluidité.

Bon, après, oui, le livre est très très mignon et adorable, les couleurs sont belles. Il y a une fin heureuse comme dans les contes les plus romantiques. On a besoin de plus de livres jeunesse qui disent aux enfants que oui, l’amour c’est aussi entre deux femmes et que non, toutes les princesses n’ont pas nécessairement besoin d’être secourues. Cela dit, j’ai quand même été un peu déçue par ce livre. Je m’attendais à plus. J’ai eu l’impression de lire un brouillon plutôt qu’une version finale.

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Princesse princesse
AUTEUR(S): Katie O’Neill
ÉDITION: Bliss comics, 2020
ISBN: 9782375782125
PRIX: 27,95$
7 ANS et plus

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Mes plus belles comptines d’Afrique

Un livre sonore pour faire découvrir cinq comptines africaines d’origines diverses : Olélé ! et Mama eh du Congo, Mami Wata du Burkina Faso, So diyara de la Côte d’Ivoire et Tutu Gbovi du Togo.

Ceci est le deuxième livre de la collection Livres sonores chez Gallimard Jeunesse que je critique pour Mistikrak!. Le premier ayant été une déception totale, je n’avais pas vraiment d’attentes face à ce second opus puisque le livre a été publié sous la direction de la même personne chez l’éditeur, et que les illustrations sont réalisées par la même artiste. Sans surprise, je n’ai pas aimé ce livre, même s’il est légèrement moins problématique que l’autre.

Débutons par les points positifs: Un livre-objet de qualité aux pages cartonnées. Des extraits musicaux généreux et variés. Des pastilles de sons facilement repérables pour les bébés-lecteurs. Je connaissais la majorité des comptines présentées, mais j’ai quand même apprécié en découvrir d’autres que je n’avais encore jamais entendues. Aussi, j’ai aimé que chacune des chansons soient brièvement présentées, en mentionnant le pays d’origine et la langue utilisée, ainsi que la traduction vers le français. On a donc deux comptines congolaises en lingala, une comptine burkinabè en bamanan, une comptine ivoirienne en bambara et une comptine togolaise en mina.

Ce que je n’ai pas aimé dans le livre, c’est la représentation qu’on en fait de l’Afrique. Sur les illustrations, on y voit que des scènes rurales: une mare navigable, une famille chantant sous un baobab, une autre cuisinant un barbecue de fortune à la tombée de la nuit, puis une autre vivant dans une case. Ces réalités existent et ce n’est pas le fait qu’elles aient été illustrées qui m’a dérangée, mais plutôt le fait que ce soit LA SEULE représentation de l’Afrique dans le livre. Et, on le sait, l’Afrique est souvent représentée de cette façon en littérature jeunesse: comme un tout assez homogène, sauvage, non civilisé, comme si le continent tout entier était resté prisonnier du mythe de la contrée vierge. J’aurais aimé voir une famille vivant en milieu urbain. J’aurais aimé voir une famille portant autre chose que le pagne (pourquoi pas le djellaba, le voile, le fez, le tengaade, ou encore tout simplement des vêtements à l’occidentale?) J’aurais aimé voir une famille malgache, marocaine ou somalienne. Les imagines sont importantes. Elles contribuent à la façon dont on voit le monde. Je ne recommande pas ce livre.

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Mes plus belles comptines d’Afrique
AUTEUR(S): Marie Paruit
ÉDITION: GALLIMARD JEUNESSE GIBOULÉES, 2020
ISBN: 9782035981721
PRIX: 18,95$
2 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Mes plus beaux chants gospel, publié chez le même éditeur. Essayez aussi Hippocrate le pirate, un livre cartonné, ou Mamady fête l’Aïd, un album jeunesse.

30 choses à ne surtout pas faire avec les animaux

Avez-vous déjà réveillé un lion pendant sa sieste, peint un éléphant en rose ou fait de la corde à sauter avec un serpent ? Non ? Alors n’essayez pas, sinon… Suivez Moussa, son grand-père et une foule d’animaux rigolos dans une hilarante leçon de bonnes manières !

Un superbe album de format agréable et à la mise en page aérée. On a un récit qui se déroule dans un petit village rural et ayant pour personnage principal un jeune garçon noir. Le grand-père de ce dernier le met en garde sur les choses à ne pas faire avec les animaux sauvages, par exemple faire de jolies bouclettes à un lion, apprendre à un perroquet à dire des gros mots, faire glisser un singe sur une peau de banane ou présenter sa souris domestique à un éléphant. On imagine facilement que l’histoire se déroule quelque part dans un pays Africain, et même s’il n’est pas nommé, ce n’est pas très important dans ce cas-ci car on ne parle pas de culture ou d’identité dans le livre, et on ne met pas non plus en exergue la différence des personnages. Leur quotidien et leur existence n’est pas justifiée dans le texte car elle n’a pas besoin de l’être: les auteurs croquent plutôt un moment entre un grand-père et son petit-fils. On remarquera également que les personnages sont habillés à l’occidentale, ce qui diffère de la majorité des livres se déroulant en contexte rural africain. 

J’ai aimé l’imagination du grand-père et certaines interdictions sont assez loufoques! Aussi, le texte a un bon rythme, puisque après chaque série de mise en garde, la page se termine par « Sinon… » avant de dévoiler en pleine page une conséquence inattendue, gracieuseté des animaux contrariés. Les petits se régaleront de l’attente avant la surprise et de la répétition du texte qui crée un sentiment familier. L’auteur fait référence à des expressions de la langue française, comme « l’éléphant dans la pièce » lorsqu’il prévient qu’il ne faut pas peindre un éléphant en rose. Ainsi, c’est un bon livre pour travailler les inférences à la maternelle ou au premier cycle du primaire, par exemple. L’histoire donne à voir une belle relation entre le grand-père et son garçon et tous deux ont l’air très heureux.

À noter qu’aucun des deux auteurs n’est noir ou africain, on n’est donc pas dans du #OwnVoices, mais plutôt dans une histoire où on fait interagir un personnage noir avec des animaux, écrit par deux personnes non-noires. Le livre en soi n’est pas mauvais, mais je ne peux passer sous silence le fait que ceci n’est pas sans rappeler cette tendance qu’ont les créateurs de littérature jeunesse à placer des personnages noirs dans des environnements ruraux, près des animaux sauvages. Car les animaux de ce livre ne sont pas des chiens, des chats, des oiseaux, des chevaux ou autres animaux domestiqués. Ce sont plutôt des lions, des éléphants, des crocodiles, des singes, des serpents et des hyènes. C’est l’un des stéréotypes les plus courants quand on parle de représentation des personnages noirs en littérature jeunesse. Si 30 choses à ne surtout pas faire avec les animaux était l’un des seuls livres pour enfants véhiculant ce genre d’images, ce ne serait pas problématique. Ce n’est malheureusement pas le cas. Ainsi, si vous décidez d’utiliser ce livre en classe avec vos élèves, ou de lire ce livre à vos enfants, assurez-vous de leur offrir plusieurs autres livres avec des personnages noirs dans lesquels il n’y a pas d’animaux sauvages, pour tenter de contrebalancer.

Un bon livre plein d’humour tout de même sur la transmission, le respect des consignes et l’imagination.

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30 choses à ne surtout pas faire avec les animaux
AUTEUR(S): Samir Senoussi & Henri Fellner
ÉDITION: GALLIMARD JEUNESSE, 2020
ISBN: 9782075098007
PRIX: 22,95$
3 À 6 ANS

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Sorcière vaudou

Morane est intriguée par l’arrivée de sa nouvelle voisine haïtienne. Une aura de mystère semble l’entourer, car des phénomènes étranges ont lieu en sa présence. Elle la soupçonne d’être une sorcière, prête à leur jeter des mauvais sorts.

Ouf. Par où commencer? Avant même d’ouvrir le livre, déjà, le titre: « Sorcière vaudou ». J’ai beaucoup de mal avec cette association commune entre vaudou et sorcellerie. Toute religion est faite de croyances et de gestes qui échappent à toute explication scientifique. Ça n’en fait pas des formes de sorcellerie. Les personnes qui pratiquent le vaudou sont appelées vaudouisantes, pas sorcières. Ensuite, la page couverture ne fait qu’en ajouter une couche en montrant une personne en contre-jour qui semble évoquer un démon ou je ne sais quoi. Deux personnes, blanches, ont l’air effrayées. Le livre est publié dans la collection Frissons chez l’éditeur, Héritage Jeunesse: Oui, parce que le vaudou, c’est un truc de récits d’horreur. Eh, misère… 🤦🏿‍♀️

J’avais déjà lu quelques romans de l’autrice afro-québécoise Dïana Bélice et j’avais chaque fois pu relever des passages et représentations problématiques dans ses livres. J’ai tout de même tenté d’entamer ma lecture de Sorcière vaudou avec un esprit ouvert. Le personnage principal de l’histoire est Amandine, une petite fille noire que l’on rencontre pour la première fois en page 4 où elle est décrit comme étant coiffée d’énormes lulus qui « ressemblent à d’énormes nuages noirs ». C’est une nouvelle élève venue d’Haïti et elle est donc sujette à l’attention et la curiosité de ses camarades. C’est normal. Et même s’il est clair qu’il s’agit d’une petite fille noire, ce n’est pas la couleur de sa peau qui attise les regards, mais simplement le fait qu’elle soit nouvelle. Sauf que dès la page 5, elle monte dans l’autobus scolaire, salue le chauffeur et regarde autour d’elle les passagers déjà installés, et on dit qu’il s’agit d’une attitude étrange (!). Par la suite, des choses tout à faits banales et normales (des sourires, des paroles anodines, des jeux, de la nourriture, une invitation à une fête) seront qualifiés d’étranges, effrayants, mystérieux, surnaturels, maléfiques ou suspects, et ce, sans aucune raison apparente. L’autrice surfe sur le fait qu’Amandine soit différente des autres (immigrante, nouvelle) pour créer une aura effrayante autour d’elle tout au long du roman. Pourtant, c’est bien la base de la xénophobie: ce qui est étranger et différent fait peur. J’ai trouvé ça vraiment maladroit qu’on utilise la différence ethnique et raciale pour en faire un récit d’horreur.

Après, j’ai vraiment senti que l’autrice ne s’adressait pas à moi en tant que lectrice noire. Ce qui est supposé faire peur est en réalité pour moi des choses familières. Par exemple, du riz collé accompagné de lambi, un délicieux plat haïtien, est comparé à des vers de terre pour faire peur au lecteur. On dit d’Amandine et de sa famille qu’ils pratiquent de la magie noire alors qu’ils sont simplement vaudouisants. Les vieux grands-parents d’Amandine, parce qu’ils ont le teint sombre et sont âgés, sont comparés à des zombies effrayants. Un membre de la famille d’Amandine, « aussi foncé que la nuit » sourit de ses dents blanches et les deux camarades blancs d’Amandine frissonnent (p.34). Dans quel monde est-ce que des personnes normales qui ressemblent aux membres de ma famille doivent-ils me faire peur?? J’ai vraiment senti que ce roman était écrit d’abord et avant tout pour le lectorat blanc.

Au milieu de l’histoire, les deux camarades blancs d’Amandine vont faire des recherches sur la magie noire et, bien sûr, vont tomber sur le vaudou. Ils en concluront que la famille d’Amandine sont « des sorciers vaudous! Comme dans les films d’horreur! » (p. 63). Et on aura bien sûr droit au passage sur la poupée utilisée pour jeter des sorts maléfiques.

À la fin de l’histoire, les deux camarades blancs d’Amandine confronteront cette dernière et elle leur expliquera tout ce qu’ils avaient mal interprété. Ses jeux dans la cours d’école étaient en réalité une célébration pour remercier la vie de ses bienfaits; les os dans sa boîte à lunch étaient simplement les restes de son repas; les « zombies » chez elle étaient ses grands-parents; et il n’y avait aucun lien entre la poupée aux cheveux coupés et la nouvelle coiffure d’une élève de l’école. Mais même si on mentionne que « lorsque les gens ne connaiss[ent] pas quelque chose, ça fait peur […], quelques fois ils s’inventent des histoires auxquelles ils préfèrent croire au lieu de s’informer. » (p.93), ce n’est pas suffisant pour passer sous silence les 92 pages précédentes bourrées de clichés et de stéréotypes. Dommage. Je n’ai vraiment pas aimé ce roman.

Dïana Bélice est une autrice québécoise d’origine haïtienne.

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Sorcière Vaudou
AUTEUR(S): Dïana Bélice
ÉDITION: Héritage jeunesse, 2020
ISBN: 9782898121845
PRIX: 10,95$
8 ANS ET PLUS

Voici trois autres livres avec des représentations problématiques de personnages noirs: F pour fille: Emma, Zoé: Championne de cas ratés, et Il faut sauver Nikili!

Ku Klux Klan: Des ombres dans la nuit

KKK des ombres dans la nuit romanBilly Caldwell mène une enfance paisible en ce début des années 50 dans l’Etat du Mississippi, entouré de l’affection de son père et de ses amis. Jusqu’au jour où il découvre l’existence du Ku Klux Klan et le racisme dont sont victimes les Noirs. Révoltés par cette violence, les Caldwell vont alors procéder à des choix, quitte à mettre leur vie en péril.

Ce roman se lit d’une traite, sans interruption. Le premier chapitre pose les bases du récit qui suivra. Un garçon rencontre son grand-père qui reçoit la Médaille d’honneur, la plus grande distinction qui peut être accordée à un civil au États-Unis. Le deuxième et dernier chapitre sera constitué des souvenirs du vieil homme et des questionnement de son petit fils.

Les Caldwell sont une famille blanche qui a dénoncé le racisme et les violences dont sont victimes les Noirs du Sud. Ils feront face à la colère de leur compatriotes blancs qui les traiteront de traites et de « lèche-négro », entre autres. Ils recevront des menaces pour avoir publié un journal dénonçant le racisme et seront boycottés. Malgré toutes ses attaques, ils demeureront convaincus que Noirs et Blancs sont égaux et n’ont pas à recevoir un traitement différent dans la société: tous ont droit au respect. 

Je regrette tout de même qu’on s’intéresse à une famille blanche alors qu’on sait qu’une vaste majorité des américains blancs du sud étaient racistes ou complices dans le maintien des lois Jim Crow. Même s’il peut être intéressant de lire sur l’expérience de Blancs qui se sont levés pour dénoncer la ségrégation, ça fait un peu « sauveur blanc », en mode regardez-cette-gentille-famille-qui-a-aidé-des noirs-durant-ces-moments-difficiles!

Certains passages de ce livre sont particulièrement difficiles. Pour lecteurs avertis. Le roman est assorti d’un dossier documentaire d’une trentaine de pages où on en apprend plus sur la société secrète ultra-violence nommée KKK, sur les liens qu’avait l’organisation avec le FBI, avec la politique américaine (en particulier les démocrates, beaucoup plus à droite sur l’échiquier politique à l’époque), sur les lois Jim Crow, sur l’assassinat d’Abraham Lincoln, et sur la ségrégation. On y apprend aussi comment la renaissance du KKK en 1915 était liée à l’immigration de millions d’Anglo-Saxons, d’Allemands, de Russes, de Slaves et d’Italiens entre 1878 et 1914. Bref, voilà un livre complet pour en apprendre davantage sur un pan sombre de l’histoire américaine.

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Ku Klux Klan: Des ombres dans la nuit
AUTEUR(S)
: Roger Martin Bouton acheter petit
ÉDITION: Oskar, 2011
ISBN: 9782350007236
PRIX: 19,95$
12 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être L‘arbre aux fruits amers, un docu-fiction issu de la même collection chez Oskar Éditeur. Des blanches et des noires: Pas de pause pour la ségrégation pourrait aussi vous plaire.

arbre-aux-fruits-amers    Des blanches et des noires pas de pause pour la ségrégation Isabelle Wlodarczyk

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Zoé: Championne des cas ratés

Rien ne résiste à Zoé. Surtout quand elle a une idée en tête. Aujourd’hui, elle a décidé d’organiser un anniversaire surprise à sa maman. Mais quand tu es sans un sou et que tu ne comptes que sur tes idées, pas certain que ça soit une bonne idée. Les catastrophes vont se succéder, sans jamais arrêter Zoé !

La lecture de ce roman m’a été pénible!! 😬 J’ai hésité à le lire parce qu’en général, je n’aime pas les romans jeunesse en gros caractères. Et en le feuilletant vite-fait une première fois, je suis tombée sur un passage dans lequel on parle de « tous les chauffeurs de taxi haïtiens » (p.26). Sur le coup, je n’avais pas pu m’empêcher de lever les yeux aux ciel. Encore le cliché des chauffeurs de taxi haïtiens montréalais. Comme s’il fallait justifier la présence des hommes noirs à Montréal, du style « ah, oui, ben ce sont des chauffeurs de taxi! » ou qu’on ne les retrouve pas dans d’autres sphères du monde du travail.

Mais bon. Je n’arrêtais pas de le voir à la bibliothèque, donc finalement, je me suis lancée. Le personnage principal, Zoé, est une petite fille métissée dont le père est noir et la mère, blanche. Elle décrit sa famille ainsi:

« J’ai une drôle de famille multicolore. Papa est comme le café noir et maman, comme le pot de lait. Moi, je suis un mélange des deux. La petite tasse de café au lait. » (p.28)

J’en ai un peu marre de ce genre de description de la couleur de peau des personnes noires avec de la nourriture. Du chocolat, du café, du café au lait… Jamais on ne décrit les personnages blancs de cette manière, genre « J’ai la peau couleur guimauve » ou encore « j’ai une drôle de famille blanche: ma mère et mon père sont blancs! ». 🙄 Parce que les peaux blanches sont perçues comme la norme, la base, ne nécessitant pas de description particulière. Au fond, peut-être que cette analogie avec le café au lait ne m’aurait pas autant dérangée s’il n’y avait pas tous ces autres passages problématiques dans le roman. Continuons.

Revenons au père de Zoé un petit moment. Ce n’est pas dit explicitement dans le texte, mais plusieurs éléments nous laissent supposer qu’il est haïtien: son garage est fréquenté par la communauté (même si ce n’est quand même pas un prérequis), il écoute des chansons haïtiennes et il parle créole. Sauf que le créole dans le texte ne fait AUCUN SENS. En page 88: « Pas rim neux » est traduit par « ne ris pas de moi ». Pourtant, ça ne veut absolument rien dire en créole haïtien. En p.123, on peut lire les paroles d’une chanson en « créole »: « Mé té a libewté, ja pran tan résilié. Haitie Chérie, la vi pas fini ». Déjà, Haïti en créole s’écrit Ayiti et le « e » à la fin du nom du pays, je sais pas ce qu’il vient faire là. Après, le reste, c’est carrément du charabia. Je devine qu’on a voulu en faire une chanson sur la liberté et la résilience, mais, seigneur, l’auteure aurait dû faire l’effort demander à un créolophone de relire son texte. De plus, on retrouve çà et là dans le texte quelques interjections et mots créoles utilisés très maladroitement par le père de Zoé. Ça sonnait très faux parce que ce n’est pas comme ça qu’une personne haïtienne utiliserait ces interjections et ces mots. Vers la fin du roman, une bannière de fête est installée à l’envers par accident et l’amie (blanche) de Zoé lui demande si c’est du créole. 🤦🏿‍♀️ Bref. Est-ce que quelqu’un a effectué une relecture de ce roman pour s’assurer que ce genre de représentation problématique ne se retrouve pas sur les tablettes de nos librairies??

Ce n’est pas tout. L’une des gaffes de Zoé est de maquiller son père en clown alors qu’il dort, car elle prépare l’anniversaire de sa mère. Elle lui met un « grand sourire jaune jusqu’aux oreilles, un nez blanc et de grands triangles verts et orange autour des yeux » (p.128). Une fois terminé, voici ce qu’on peut lire et voir dans le roman (attention, ça va faire mal):

Ça, c’est une femme blanche (l’auteure) qui associe cheveux crépus à chevelure de clown. Si j’ai bien compris, les cheveux crépus sont des cheveux de clowns. C’est bien ça? 😬 Ce genre de représentation me rend en colère et me blesse. Sait-elle que des personnes dans la vraie vie ont naturellement les cheveux crépus? Comment sommes-nous sensés nous sentir en tombant sur ce passage dans son livre?

Parenthèse: La grande sœur de Zoé a été adoptée de Chine avant sa naissance. En p. 270, alors que l’anniversaire de la mère a finalement lieu, Zoé souligne que « même [sa] Chinoise de sœur a eu envie de participer. » Sauf qu’elle n’est pas Chinoise, elle est Canadienne. Quel manque de délicatesse.

Le texte, plutôt insipide, utilise le langage familier. On y retrouve même le mot « bordel » (dans le sens de « désordre »). D’accord, les gens utilisent beaucoup ce mot en langage familier, mais c’est quand même assez vulgaire. Je n’aurais pas mis ça dans un livre pour enfants.

Dernière chose. Sur leur site, les éditions La Bagnole présentent le livre comme « une série pour jeunes filles avec beaucoup d’action et encore plus de catastrophes ». C’est quoi ce besoin de genrer les lectures??? Les livres « pour filles », les livres « pour garçons »… c’est agaçant. Un garçon ne peut-il pas lire et aimer un roman dans lequel le personnage principal est une fille? Franchement… 🤦🏿‍♀️ Ne perdez pas votre temps avec ce livre. Non recommandé.

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Zoé: Championne des cas ratés
AUTEUR(S): Catherine Girouard & Vannara Ty
ÉDITION: La Bagnole, 2018
ISBN: 9782897142384
PRIX: 14,95$
8 à 11 ANS

Voici d’autres livres jeunesse avec des représentations raciales problématiques:
Un été au chalet (éditions Les Malins), Il faut sauver Nikili! (Oskar éditeur) et Des mensonges dans nos têtes (Mosaïc éditeur).

Zibeline (tome 1): Sur l’autre rive

Quand, à huit ans, on est propulsée dans un monde inconnu… Une seule solution : se faire de nouveaux amis! Une seule envie : retrouver sa famille!

Tannicia a huit ans, un caractère bien trempé et un destin hors du commun. Après une dispute avec son grand frère, alors qu’elle part en ronchonnant chercher de l’eau à la rivière, elle est capturée par un sorcier pour servir de victime sacrificielle lors d’une cérémonie vaudou. Bon, déjà, j’ai décroché à partir de ce moment-là. Encore une histoire où le vodou est présenté comme quelque chose de magique, de dangereux, de sauvage et de mal. Ugh. Les méchants sont vodouisants, les gentils ne le sont pas. Bonjour les stéréotypes! Mais bon, j’ai laissé sa chance au coureur et j’ai continué ma lecture en espérant que les auteurs se reprennent.

Un peu plus loin dans l’histoire, Tannicia finira par s’échapper de ses ravisseurs grâce à son fort caractère, mais se retrouvera bien malgré elle propulsée dans un univers inconnu peuplé d’animaux de la jungle anthropomorphisés. Et voilà, encore un. Le personnage principal est noir, et se retrouve confronté à des lions, des singes et des crocodiles. Encore une fois, je me suis dit: « Bon, ok, ça se passe dans la jungle, passons… » Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être agacée. Parce que ce n’est pas vraiment la jungle. C’est un monde imaginaire inventé par l’auteur, un monde qui n’existe même pas dans la réalité des personnages, qui est parallèle à leur univers. De tous les mondes imaginables qui auraient pu être inventés, c’est celui-là que les auteurs (2 Blancs et 1 Algérien) ont choisi. Ouf.

Dans ce nouveau monde, Tannicia devra changer de nom, pour suivre les coutumes locales. Ce n’est pas sans rappeler le traitement réservé aux millions d’esclaves qui ont été arrachés à leur pays et à qui on a donné des noms qui n’étaient pas les leurs… Tannicia sera réfractaire au début à ce changement de nom, mais finira par en choisir un et ce sera le titre de la série: Zibeline.

Ce premier tome se termine sur une note intrigante pour donner le goût de poursuivre la série. Ce ne sera pas mon cas, je vais passer. Next…

Zibeline, 1: Sur l’autre rive
AUTEUR(S): Régis Hautière, Régis Goddyn & Mohamed Aouamri
ÉDITION: Casterman, 2019
ISBN: 9782203166899
PRIX: 26,95$
9 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Lulu et Nelson, Les enfants du Bayou ou Les enfants d’ailleurs, trois bandes dessinées d’aventure que j’ai personnellement préféré à Zibeline.

Les princesses magiques (tome 3): La lune mystérieuse

la lune mystérieuse princesses magiquesLors d’une tournée dans la savane avec Valentin, le garde-chasse, Lulu, princesse d’Undala, s’est rendue compte de la disparition de nombreux animaux. De retour au palais, grâce aux bagues magiques, elle appelle à la rescousse ses amies les princesses Yaminta, Clarabelle et Emilie. Un roman à la couverture pailletée.

Il faut arrêter avec cette représentation des personnages noires vivant dans la savane et ayant des animaux sauvages comme animaux de compagnie. Est-ce qu’on accepterait que les Québécois soient représentés encore et encore comme des colons vivant dans des igloos, tuant des animaux à mains nues pour se nourrir et s’habiller, ou comme des bûcherons ne sachant pas s’exprimer correctement et ayant tous 14-15 frères et sœurs? Je ne crois pas, non. Alors, pourquoi est-ce que ça passe pour les personnes noires? Ugh.

Bon, après, bonjour les paillettes, diadèmes, carrosses et joyaux. Pour faire de l’escalade, Lulu porte une robe dorée. Et même si elle est capable de faire la roue sans l’aide du prince d’à-côté, elle n’est pas libre de son temps: entre les injonctions portées sur elle par la royauté et diverses règles démodées de bienséance qu’elle doit respecter en tant que princesse, Lulu ne semble pas vraiment maître de son destin.

Parce qu’elle aime grimper aux arbres, Lulu sera comparée à une lionne et traitée de sauvage. Ce à quoi la fillette répondra, les yeux pétillants : « Il n’y a rien de plus sauvage qu’une princesse magique! » (p.107). Pitié. 😬 

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Les princesses magiques
AUTEUR(S)
: Paula Harrison Bouton acheter petit
ÉDITION: Pocket, 2018
ISBN: 9782266280587
PRIX: 8,95$
9 à 12 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être Princesses d’Afrique ou encore Princesse Rosa et le mystère de la baleine.

princesses      princesse rosa

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F pour fille: Emma

F pour fille, Emma gynmastiqueJe m’appelle Emma et j’adoooore la gymnastique! J’en fais depuis que je suis toute petite et j’ai toujours été très douée. Mon entraîneur m’a même dit que cette année, si je travaillais très fort, je pourrais peut-être participer aux jeux du Québec! Enfin… ça c’était avant… parce que là, je ne sais même plus si je fais toujours partie de l’équipe. Hier, l’entraînement a été une véritable catastrophe… Je suis totalement désespérée. Oh, non… est-ce que c’est déjà la fin de ma carrière de gymnaste?

J’ai lu ce livre !! Ce roman est pour les filles !! Emma aime la gymnastique !! Et les paillettes !! Elle est enthousiaste!! Elle met des points d’exclamation partout!! 🙄

Bon, vous l’aurez compris, j’ai eu du mal à prendre ce livre au sérieux. C’était un bon condensé de clichés et de stéréotypes. Je n’ai vraiment pas aimé. Déjà dès la première page, on présente Emma de manière assez superficielle et elle qualifie elle-même ses cheveux afro comme étant « impossibles à coiffer! ». Juste comme ça, histoire de miner l’estime de soi des petites lectrices noires… Combien de fois faudra-t-il répéter que les cheveux crépus et bouclés ne sont pas impossibles à coiffer? Ils requièrent simplement des soins particuliers et l’usage de techniques appropriées.

Je ne saurais vous dire combien de fois j’ai levé les yeux au ciel en lisant ce roman mis en marché pour les préadolescentes. Déjà le titre de la série: « F pour fille » (oui, parce que les garçons ne peuvent pas faire de gymnastique ou s’y intéresser… 🙄). Ensuite le rose criard de la page couverture et le récit inutilement genré. Et puis Emma aime les paillettes et tout ce qui brille et ne cesse de le répéter, histoire de bien faire comprendre qu’elle est une fille. Les filles de son club de gym sont toutes minces aux cheveux raides. À la fin de certains chapitres, on retrouve des questions sensées faire réfléchir les lectrices. La section s’intitule à chaque fois, vous l’aurez deviné, « Questions de fille »! Le tout agrémenté de petits cœurs et fleurs à pétales rondes. 😬

Emma F pour fille 2

Après, l’attitude d’Emma m’a exaspérée au plus haut point. Elle doute beaucoup d’elle-même et ce, pour aucune autre raison que d’être une fille. Par exemple, en pensant à la prochaine compétition de gymnastique à laquelle elle va participer, elle dit: « Oh là là! Quel désastre! Je n’arriverais jamais à faire un saut enjambé au championnat régional… » Et on laisse ça comme ça, flotter à la fin du premier chapitre, sans donner à Emma la possibilité de même envisager être à la hauteur, même si elle de toute évidence est très bonne en gymnastique. Ce manque de confiance reviendra souvent dans le récit et chaque fois, on présente ça comme étant une manière d’être naturelle chez les filles. Autre exemple: en effectuant un saut, elle perd pied et frappe accidentellement son entraîneur qui tentait de la rattraper pour amortir sa chute (vous savez… ce que sont censés faire les entraîneurs). S’en suivra des pages et des pages d’Emma qui s’en voudra cruellement d’avoir « frappé » son entraîneur, qui se pensera pas à la hauteur et envisagera même d’arrêter la gymnastique. Et l’entraîneur (assez peu sympathique, merci) ne fera rien pour rassurer son élève. Ugh.

Seul point positif: Oui, Emma est un personnage noir, et elle admire aussi Simone Biles, la gymnaste noire américaine qui s’est démarquée aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Cette dernière est un excellent modèle pour les aspirant.e.s sportives et les sportifs. Mais le livre pris dans sa globalité ne constitue pas le genre de représentation que j’aimerais offrir à mes enfants. Non recommandé.

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F pour Fille: EmmaBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Thalia Kalkipsakis
ÉDITION: Héritage, 2018
ISBN: 9782762598070
PRIX: 9,95$
8 À 11 ANS

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La star du rock et ses camarades de classe

Pénélope Rex est la seule T. rex de sa classe. Cette différence ne l’empêche pas de bien s’entendre avec ses camarades de classe, même si elle a parfois l’impression qu’ils ne voient que le dinosaure en elle. Alors, le jour où madame Bonnepâte propose d’organiser un concours de talents, Pénélope y voit une chance de révéler sa passion : le rock’n’roll!

Cet album fait suite à On ne mange pas ses camarades de classe publié en 2019 par Ryan T. Higgins. J’adore cet auteur, et sa petite série avec Maman Ours est un délice. Dans La star du rock et ses camarades de classe, on retrouve avec plaisir Pénélope, la seule T. Rex de sa classe de primaire elle-même très ethniquement diversifiée: un camarade de classe est juif et porte la kippa, une camarade est voilée, deux camarades sont noirs, etc.

Le texte est plein de l’humour si particulier à l’auteur. Par exemple, Pénélope parlera de son groupe de rock préféré à l’école et mentionnera que « C’est le meilleur groupe de tous les temps! Mon père les a vus plusieurs fois en concert… avant de manger par accident le batteur. ». Au exemple: alors que Pénélope doute d’elle-même et de sa capacité à faire de la musique en tant que « simple » dinosaure, sa mère lui demandera, inquiète: « Tu es sûre que tu n’as plus faim, ma Pénélope? Tu n’as mangé que 52 hamburgers. » Le ton est donc léger, drôle, mais le récit parvient tout de même a mettre le doigt sur l’anxiété de performance et la mauvaise estime de soi. J’ai été touchée par cet album que j’ai refermé doucement en soupirant de contentement. Rassurez-vous, à la fin du récit, Pénélope retrouvera confiance en elle grâce à l’écoute et les conseils de ses parents. Et même si elle arrivera en deuxième place au concours de talents, elle sera très fière d’elle.

Points boni pour les illustrations évocatrices, les superbes pages de garde constituées de véritables dessins d’enfants, et un nom de groupe de rock vachement cool: « Pénélope et les Graines de moutarde »! 🙂

Coup de cœur!

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La star du rock et ses camarades de classe
AUTEUR(S) : Ryan T. Higgins
ÉDITION: Albin Michel Jeunesse, 2020
ISBN: 9782226454133
PRIX: 19,95$
4 À 8 ANS

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