Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo

Le 31 juillet 1761, Tsimiavo est à bord de l’Utile. Elle a été embarquée clandestinement dans les cales de ce navire de commerce avec 159 autres esclaves malgaches. Au cœur de la nuit, leur destin bascule : l’Utile heurte un récif de corail et fait naufrage. Les rescapés échouent sur un îlot de sable blanc et de cailloux, perdu au milieu de l’océan Indien.

Quand l’équipage blanc prend le large sur une embarcation de fortune, Tsimiavo et les siens se retrouvent seuls, oubliés de tous. Comment survivre sur cet îlot du bout du monde ? C’est le défi qui les attend. Pendant des jours, des mois, des années, leur courage et leur ingéniosité vont faire des miracles…

Ce livre en grand format est écrit sous la forme d’un journal intime et superbement illustré par des fresques là en couleur, là en noir et blanc. Il s’agit donc d’un album pour les grands, qui raconte une histoire vraie et terrible, et qui permet d’aborder la traite négrière et, plus largement, l’histoire du XIXe siècle. On oublie parfois que des esclaves ne venait pas uniquement du continent africain, mais aussi de l’île de Madagascar. Idéal pour une lecture en classe avec des élèves de 3e cycle du primaire, voire 1er cycle du secondaire. On retrouve en fin d’ouvrage un dossier sur les missions archéologiques menées par Max Guérout sur Tromelin, l’île des esclaves oubliés. D’ailleurs, ce livre sera bientôt réédité sous la forme d’un roman à couverture souple avec la définition des mots difficiles et autres notes en bas de page pour faciliter la lecture, un préambule, des activités pour travailler la compréhension de texte et un dossier encore plus étoffé en fin d’ouvrage. À surveiller au courant des prochains mois!

Le point de vue du livre est clairement celui de personnes blanches, même si le personnage principal qui raconte son histoire est malgache. Il y a plusieurs maladresses dans le livre. Déjà, le titre: On compare les personnes oubliées sur l’île de Tromelin à Robinson Crusoé, qui, souvenez-vous, s’est aussi échoué sur une île et y est resté pendant des années. Sauf que, souvenez-vous aussi que Robinson Crusoé était à l’origine parti naviguer à la recherche d’esclaves africains. Ce n’était pas une petite croisière de plaisance! Dans le texte, on appelle même les Malgaches oubliés les « Robinsons noirs ». Pourquoi donc cette comparaison avec une personne blanche qui, plus est, était esclavagiste?

Ensuite, tant l’autrice que l’illustratrice sont des personnes blanches. J’aurais été intéressée à connaître l’opinion et le point de vue de personnes malgaches sur cette histoire qui est la leur. Et puis, le récit s’attarde longuement aux Blancs et à ce qu’ils ont fait et à ce qu’ils n’ont pas fait: les Blancs ont trouvé de l’eau, les Blancs ne partagent pas leur nourriture, les Blancs construisent un abri pour eux seulement, les Blancs ont menti et n’ont pas tenu leur promesse, les Blancs ont abandonné les Malgaches, les Blancs ne reviendront pas, les Blancs sont revenus, les Blancs se sont encore échoués, un autre Blanc s’est échoué, ce Blanc a encore abandonné les Malgaches, les Blancs sont venus sauver les derniers survivants, les Blancs ont déclarés libres les huit survivants une fois arrivés à l’Île de France… Oui, il y a quelques pages où Tsimiavo raconte un peu le quotidien sur l’île, mais on en apprend très peu sur comment les Malgaches ont survécu sur l’île, comment ils se sont organisés, quels genre de liens et système politique ils ont mis en place, quelles difficultés ils ont rencontrées, ce qui est arrivé des bébés nés sur l’île, ou sur les relations entre les insulaires. Dommage! Tous ces éléments sont relégués au dossier en fin d’ouvrage où une petite section intitulée « Comment ces hommes et ces femmes ont-ils survécu? » offre un peu plus d’information sur le sujet.

Enfin, et ça, ce n’est pas la faute des autrices, mais l’île où ont été oubliés les Malgaches nauvragés porte le nom du sauveur (blanc) venus les sortir de là, Jacques Marie Boudin de Tromelin de La Nuguy, un navigateur français.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  1. Quel est le titre du livre? Le sous-titre? Qu’évoquent-ils pour toi?
  2. Qu’est-ce que la page couverture de laisse deviner de l’histoire que tu vas lire?
  3. Qui est Robinson Crusoé? Pourquoi a-t-on appelé les naufragés malgaches ainsi?
  4. Après la lecture du premier chapitre: Qui parle? Que lui est-il arrivé? Que peux-tu dire du contexte dans lequel se déroule le récit? Les illustrations te laissent-elles deviner l’époque?
  5. Combien de temps après les événements du récit Tsimiavo raconte-t-elle son histoire?
  6. Que peux-tu dire des illustrations? Pourquoi certaines illustrations sont-elles en couleur et d’autres en noir et blanc?
  7. Apprends-en plus sur la traite négrière. Situe sur une carte l’île Maurice, Madagascar et l’île de Tromelin.
  8. Développe ton empathie: comment aurais-tu réagi si tu avais été à la place de Tsimiavo?
  9. Penses-tu qu’une telle histoire pourrait arriver encore aujourd’hui? Pourquoi ou pourquoi pas?
  10. Fais une recherche à la bibliothèque sur les îles inhabitées du monde.
  11. Fais une recherche à la bibliothèque sur la culture malgache.
  12. Vrai ou Faux? Les Blancs ont promis aux Noirs de les ramener en France s’ils les aident à construire une pirogue.
  13. Fais un résumé de chacun des chapitres. Note et trouve la définition des mots que tu ne comprend pas.
  14. Pourquoi, même sur une île déserte coupée du monde, les Blancs refusent-ils de partager leurs ressources avec les Malgaches? Quelle aurait été un meilleur comportement?
  15. Comment est-ce que le racisme était-il érigé en système à l’époque où le bateau fait naufrage? Pourquoi s’agit-il de racisme? Pourquoi s’agit-il d’un système? Quelles en sont les répercussions?
  16. À la fin du récit, les 8 survivants sont déclarés libres par les Français. À ton avis, qu’est-ce que la liberté? Qui décide qui est libre et qui ne l’est pas? Les naufragés étaient-ils libres sur leur île?
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Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo
AUTEUR(S)
: Alexandrine Civard-Racinais & Aline Bureau
ÉDITION: Belin Jeunesse, 2016 / 2021
ISBN: 9782701198903 
/ 9791035802622
PRIX: 9,95$
10 ANS ET PLUS

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Mes plus beaux chants de gospel

Mes plus beaux chants de gospel

Écoute les plus beaux chants de gospel : Amazing Grace ; Down by the riverside ; Go down Moses ; Oh Happy Day ; When The Saints Go Marchin’In. Des puces faciles à voir pour les petits !

Ce livre sonore est constitué de 10 pages cartonnées. Chaque double page croque un moment de la vie de personnes noires, accompagnée d’une chanson à découvrir. L’éditeur, Larousse, aurait pu s’intéresser au gospel contemporain, celui que l’on entend résonner aujourd’hui dans les églises baptistes et évangéliques nord-américaines. Il a plutôt choisi d’éditer un livre sur le gospel traditionnel, apparu au XXe siècle durant la période esclavagiste au États-Unis. C’est du moins ce que laissent supposer les illustrations qui mettent en image des scènes clairement associées à cette période: Diverses familles dans des chaloupes tentant de fuir pendant la nuit, des personnes regroupées dans un champ, une famille préparant le souper à la marmite dans ce qui ressemble à une case en briques, ou encore des personnes traversant une rivière avec des drapeaux blancs de fortune. Je veux bien laisser le bénéfice du doute à l’illustratrice, mais à mon sens, il y a clairement une tentative d’illustrer l’Amérique du XIX siècle. J’ai donc été dérangée par le fait que tous les personnages du livre sourient et semblent heureux. Pourquoi donc avoir choisi d’illustrer des personnes prises en esclavage ou victimes de ses répercussions de manière heureuse?? 😬 Surtout lorsque les chants gospel chantés sont particulièrement tristes??? Lorsqu’on s’attarde à la signification des chansons, l’amalgame devient encore plus « malaisant »:

Mes plus beaux chants gospel 3

  • « Down by the riverside » fait référence à la rivière de l’Ohio qui séparait les états esclavagistes de ceux qui ne l’étaient pas. La rivière à traverser est donc celle qui menait vers la liberté pour de nombreux esclaves.
  • « Go Down Moses », par le biais d’une analogie avec le pharaon d’Égypte et Israël, évoque le désir d’émancipation des afro-américains de leurs maîtres esclavagistes. « Let my people go », entend-on dans la chanson. Ça ne peut être plus clair. Aussi, il est intéressant de savoir que cette chanson était chantée par les esclaves américains pour signifier qu’Harriet Tubman était dans les parages et que les possibilités d’évasion étaient meilleures.
  • « Amazing Grace » a été écrit par un négrier converti et louange la grâce de Dieu. Dans le texte du livre, on dit d’ailleurs que cette mélodie nous invite à « lever les yeux vers le ciel et à garder espoir ». On suppose donc que, par la grâce de Dieu, les esclaves en fuite illustrés à la première page parviendront à échapper à leur condition.
  • « When the Saints Go Marchin’ in » est un chant funèbre. Sur l’illustration accompagnant la chanson dans le livre, on aperçoit des personnes sortant d’une église, instruments à la main et le sourire aux lèvres. 🙄

Bref, ce livre manque clairement de sensibilité. Et, oui, ce sont des chansons gospel, mais pas toujours chantées en version gospel (c’est-à-dire des mélodies simples généralement en ton majeur et au rythme répétitif). Les versions de « Go Down Moses » et « When the Saints go Marchin’ in » choisies sont celles jazzées de Louis Armstrong. Seules « Amazing Grace » (Mahalia Jakson), « Down by the riverside » (The Golden Gate Quartet) et « Oh happy day » (The Famous Davis Sisters) sont effectivement chantées de manière gospel. Le seul point positif que j’ai pu trouver à ce livre sonore est que les extraits musicaux sont assez généreux (aux alentours d’une vingtaine de seconde chacun). Ugh. Non recommandé.

Mes plus beaux chants gospel 2

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Mes plus beaux chants de gospelBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Marie Paruit
ÉDITION: Larousse, 2019
ISBN: 9782035977755
17,95$
2 ans ET PLUS

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Monsieur Chocolat: Le premier clown noir

Cmonsieur-chocolathocolat est un clown qui a amusé le Tout-Paris des années 1900. Il fut le premier artiste noir de la scène française, inventant avec son acolyte Footit un duo de clowns blanc et noir. Fils d’esclaves, son itinéraire passe par Cuba et Bilbao, où il est repéré dans la rue pour sa force physique et son sens du spectacle. Paris lui offrira vingt ans de succès, où les spectateurs de Montmartre et des Folies Bergère se délecteront des péripéties de cet Auguste noir dominé par le clown blanc. Il inspirera même Toulouse-Lautrec et les frères Lumière. Il se révélera précurseur pour sa participation à des réclames ou ses interventions auprès d’enfants hospitalisés. Mais ce parcours ne le mettra pas à l’abri de la misère. Il achèvera sa courte vie dans la solitude à Bordeaux, en 1917.  (c) Babelio

Les faits et la fiction se mélangent dans le texte, il faudra donc prendre soin d’accompagner les plus jeunes enfants dans la lecture. Le livre est intéressant, mais beaucoup de détails sont passés sous silence malgré le dossier présent en fin de livre réunissant des documents autour de la vie de Chocolat. Les sujets abordés dans le livre le sont de manière superficielle; les très jeunes lecteurs ne comprendront pas tout. Un film mettant en vedette Omar Sy dans le rôle titre est sorti au cinéma et Jeune Afrique nous propose un article qui relativise le choix artistique des réalisateurs. Enseignants, pourquoi ne pas explorer le livre en classe en parallèle avec le film?

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bénédicte Rivière & Bruno Pilorget
Maison d’édition: Rue du Monde Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782355044052
Public cible: 10 ans et plus
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