La petite fille et le loup

Malgré les recommandations de sa Maman, Petite fille s’éloigne de la maison. La forêt est bien tentante et Petite fille se retrouve bientôt face au loup… Pour lui échapper, elle lui chante sa petite chanson et voilà le loup qui s’endort… Un conte d’origine afro-américaine qui rappelle le conte du petit chaperon rouge et témoigne de l’importance de la musique pour combattre ses peurs. 

La Petite fille et le loup est un conte rimé, accompagné d’onomatopées et de chants, issu de la collection « À Petits Petons » aux éditions Didier Jeunesse. Particulièrement bien adapté à la lecture en groupe, ce livre plaira aux bibliothécaires et aux enseignants du primaire qui pourront faire chanter, mimer et bouger les enfants.

L’éditeur présente le livre comme étant un conte afro-américain. L’origine de cette histoire, connue en anglais sous le nom de « The Gunniwolf », est débattue. Certaines sources mentionnent une origine autochtone, d’autres, afro-américaines, laissant suggérer que les origines de ce conte sont incertaines.

La morale de l’histoire est qu’il faut écouter les mises en garde des parents: il ne faut pas s’éloigner de la maison car on risque de se perdre et d’être à la proie de dangers. Le récit véhicule également le message que chanter donne parfois du courage. C’est par ce qu’elle chante que la petite fille parvient à échapper aux griffes du loup. Ce sont ses chants qui parviennent à contrôler le prédateur. Ce sont aussi ses chants qui lui donnent le courage de se sortir de cette situation fâcheuse.

Les petits lecteurs se régaleront des éléments répétitifs de l’histoire: la chasse, les chants et les dialogues. La Petite fille et le loup n’est pas sans rappeler le conte du Petit Chaperon rouge, et certains y verront une parodie. Ici, le loup n’est pas très futé et la petite fille fera preuve de courage pour déjouer ses mauvaises intentions. D’autres y verront au contraire l’image d’un loup qui en réalité n’est pas méchant et ne peut se défaire des préjugés des autres à son égard: et si le loup ne voulait qu’être bercé pour s’endormir? Bref, un beau livre à découvrir, un régal pour les tout-petits!

La petite fille et le loup
AUTEUR(S): Agnès Grunelius-Hollard & Rémi Saillard
ÉDITION: Didier jeunesse, 2020
ISBN: 9782278100033
PRIX: 21,95$
3 à 6 ANS

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Les esclaves de cumana

Vers l’an 1800, Pablo, jeune métis, enfant naturel d’une esclave africaine et d’un commerçant espagnol, vit une vie de chien dans le petit village de la forêt amazonienne où le sort l’a fait naître. Il y subit, jour après jour, les persécutions des fils légitimes de son père.

Fuyant les mauvais traitements et la dureté de sa condition, il part à la recherche de sa mère, que le commerçant a vendue, voici des années, pour l’éloigner.

Dans l’aventure qui l’emmène à travers plusieurs régions d’Amérique du Sud et lui fait affronter de nombreux dangers, Pablo va être aidé par deux Européens de passage, qui ne sont pas les premiers venus. Il s’agit du savant allemand Alexander von Humboldt et de son assistant français, le botaniste Aimé Bonpland, esprits éclairés, dont les travaux scientifiques et les prises de position humanistes vont marquer leur époque.

Je qui étonne d’abord dans ce livre, c’est sa manière d’emprunter des codes tant du côté de la bande dessinée que de l’album. Hybride, il se lit de manière peu commune, de cases en cases, avec les phrases qui commence ici et finissent là-bas. J’ai particulièrement aimé cet équilibre entre l’image et le texte: on a vraiment l’impression de voir un film image par image.

L’histoire est une incursion intéressant dans le passé et fait voyager en Australie. On apprend rapidement à connaître Pablo et son histoire. Par contre, il est rapidement relayé en second plan lorsque arrivent deux européens adultes dans l’histoire: un Allemand nommé Alexander von Humboldt et un Français nommé Aimé Bonpland, tous deux animés par la science et l’aventure. D’un coup, ce sont eux que le lecteur va suivre dans leur recherches de nouvelle plantes à identifier, d’animaux inconnus à découvrir et de contrées à cartographier. Ils vont défendre Pablo de ses méchants frères, ils vont lui écrire une lettre lui permettant de se rendre à l’école, puis ils le conduiront jusqu’à la ville où Pablo espère retrouver sa mère. Ce sont donc eux qui font avancer le récit. Laissé chez un prêtre, Pablo ne pourra pourtant pas aller à l’école et on fera de lui un esclave comme les autres, même si sa condition se révèle légèrement moins pire que celle d’esclaves noirs à cause du fait qu’il soit métis.

Un peu plus loin dans le récit, Pablo, s’étant enfui de chez le prête, se retrouvera sur un bateau à nouveau en compagnie des deux Européens et ces derniers le prendront de nouveau sous son aile. Ils l’achèteront afin qu’il échappe à une vie d’esclave pénible, l’aideront à trouver sa mère, embaucheront cette dernière dans leur villa comme employée et enverront Pablo à l’école. Bref, j’avais espéré lire le récit d’un jeune garçon métis en temps d’esclavage, mais c’est plutôt celui de deux européens et de leur générosité qui est raconté. En fin d’album, on retrouve un dossier pour en savoir plus sur Alexander von Humboldt et Aimé Bonplan (car oui, ils ont vraiment existé), ainsi que sur la traite des Noirs.

Un intéressant récit malgré tout, bien écrit et illustré, même si ce n’est pas vraiment l’histoire promise par le résumé en quatrième de couverture qui nous est raconté. Le sous-titre mentionne bien pourtant « Aimé Bonpland et Alexander von Humboldt en Amérique du Sud ».

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Les esclaves de Cumana
AUTEUR(S) : Olivier Melano 
ÉDITION: L’école des loisirs, 2015
ISBN: 9782211217255
PRIX: 22,95$
11 à 13 ANS

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Sulwe

Sulwe a la peau noire comme le ciel de minuit. Elle est plus foncée que tous les autres membres de sa famille. Elle est aussi plus foncée que tout le monde à son école. Tout ce que Sulwe souhaite, c’est être belle et avoir le teint aussi clair que celui de ses parents. Mais un soir, une aventure magique dans le ciel lui ouvrira les yeux et changera tout…

Qu’il est rare de trouver des livres jeunesse abordant de front la thématique de la couleur de peau noire. Sulwe parle sans détour du mal-être que peut surgir chez les enfants noirs face à leur couleur de peau, en plus de rendre visible le concept de colorisme. Le colorisme, c’est une discrimination basée sur le teint de la peau qui sous-entend que les peaux claires et brunes sont plus jolies et plus désirables que les peaux foncées et marrons. Le colorisme existe dans les communautés racisées, et pas seulement noires!

Les enfants noirs retrouveront dans ce magnifique album un miroir d’eux-mêmes. Les enfants blancs y trouveront une sensibilité à développer envers les différences. Je le dis souvent et je le redis: les livres avec des personnages noirs ne sont pas que pour les enfants noirs! Développer son empathie, c’est important et cela doit faire partie du développement global de l’enfant. Un enfant qui n’a pas la peau noire (ou même: un enfant qui a la peau noire, mais pas foncée) peut lire ce livre et être capable de se mettre à la place de la petite Sulwe.

En milieu scolaire, vous pouvez prendre le temps de discuter de l’intimidation et des moqueries avec vos élèves en lisant ce livre:

  • Comment penses-tu que Sulwe s’est senti en se faisant traité de charbon?
  • Qu’aurais-tu fait si tu avais été témoin d’une telle scène d’intimidation?
  • Pourquoi penses-tu que Sulwe voudrait avoir une peau plus pâle?
  • Sulwe signifie étoile. Et toi, que signifie ton prénom?
  • Trouve trois choses que tu as en commun avec Sulwe.
  • Pourquoi avons-nous autant besoin de la lumière et de la noirceur?
  • Nomme deux choses que tu aimes faire la nuit et deux choses que tu aimes faire le jour.
  • Trouve la définition du mot racisme dans le dictionnaire.
  • Et toi? As-tu le même teint ou la même couleur de cheveux que tes parents, que tes frères et sœurs?

Le récit est assez triste: cela fait mal de voir une si jolie petite fille se dévaloriser autant. Herueusement, à la fin de l’histoire, Sulwe découvre que la beauté est aussi à l’intérieur, et qu’il ne faut pas attendre que les autres nous trouvent jolie pour savoir qu’on l’est. Elle apprendra qu’elle est belle car elle choisi de l’être, et que sa beauté est quelque chose de précieux à chérir. Les illustrations de Vashti Harrison sont magnifiques. Bref, Sulwe est un très très bon livre que j’ai beaucoup aimé! Fortement recommandé!

Coup de cœur!

Lupita Nyong’o est une autrice kényane.

Vashti Harrison est une illustratrice américaine.

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Sulwe
AUTEUR(S)
: Lupita Nyong’o & Vashti Harrison
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443181884
PRIX: 14,99$
5 ans et plus

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Frogolo et Marcello

COUV MARCELLO DEF.psdQue ce passe-t-il quand un crapaud se projette dans le monde des hommes et quand un petit garçon de vient chasseur…  Maman s’en mêle ! Tendre conte jubilatoire servi par l’aquarelle et l’écriture de Danielle Monsoro inspirée par la chanson populaire de Sam Castendet  » Ha Marcello pa lévélanmen si Krapo ».

Ce conte nous plonge en Guadeloupe et nous invite à suivre une petite grenouille qui a plus d’un tour dans son sac. Le texte est bilingue: français et créole guadeloupéen. La mise en page est équilibrée, mais la police de caractère utilisée ne m’a pas plu. La figure du crapaud est présente dans plusieurs contes et chansons créoles. Elle n’est pas représenté comme le compagnon de vilaines sorcières, mais plutôt comme un être inoffensif qu’il faut laisser vivre tranquillement. On retrouve en fin d’album la chansons de Marcello écrite par Sam castendet.

Danielle Monsoro est une auteure guadeloupéenne. 

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AUTEUR(S) : Danielle Monsoro & Romuald
ÉDITIONPLB Éditions, 2012
ISBN: 9782353650651
4 à 7 ANS

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Signé poète X

Harlem. Xiomara a 15 ans et un corps qui prend plus de place que sa voix : bonnet D et hanches chaloupées. Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés, elle laisse parler ses poings. Étouffée par les préceptes de sa mère (pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues), elle se révolte en silence. Personne n’est là pour entendre sa colère et ses désirs. La seule chose qui l’apaise, c’est écrire, écrire et encore écrire. Tout ce qu’elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames toutes ses pensées coupantes. Jusqu’au jour où un club de slam se crée dans son lycée. L’occasion pour Xiomara, enfin, de trouver sa voix.

Ces dernières années, j’ai réalisé que j’aimais beaucoup les romans en vers. Encore plus si ce sont ces romans pour ados et jeunes adultes. Signé poète X est exactement l’un de ces romans. Il est écrit par une femme afro-latina et aborde des thématiques contemporaines telles que l’harcèlement sexuel, la détermination de soi, la religion, les relations entre des parents immigrants et leurs enfants qui ne le sont pas, le consentement et le plaisir des femmes.

Xiomara n’a que 15 ans, mais a des seins bien développés et des hanches chaloupées, ce qui lui attire le regard des hommes et bien des gestes déplacés à son égard. Elle est abordée dans la rue. Des mains baladeuses lui touche les fesses. Des hommes âgées tentent de la ramener chez eux. Elle est insultée lorsqu’elle refuse. Le problème pour Xiomara n’est pas son corps, car elle l’accepte et y est à l’aise. Le problème est le fait qu’on l’hypersexualise, qu’on la réduise à ses formes. Pour sa mère, par contre, ce corps donne à Xiomara accès à une vie sexuelle qu’elle condamne. Car si Xiomara est prête à avoir une relation avec un garçon, sa mère la veut chaste et dévouée à Dieu. Ces positions opposées seront à la source de plusieurs conflits entre l’adolescente et sa mère. Xiomara veut être libre et maître de son corps. Elle se sent prête à explorer ses sentiments amoureux et sa sexualité, mais pas n’importe comment et avec n’importe qui, même si la société lui renvoi sans cesse l’image d’une dévergondée. J’ai trouvé que l’auteure a su bien saisir les enjeux du corps et de la sexualité des femmes et des filles: d’un côté on les réduit à leurs formes, on leur dit qu’elles doivent se soumettre aux fantasmes des autres; de l’autre on les pointe du doigt lorsqu’elles souhaitent avoir une vie amoureuse épanouie.

Un jour, une enseignante de Xiomara diffuse en classe la vidéo d’une femme noire qui slame sur scène et qui parle de « ce que ça fait d’être noire, et d’être une femme, et des critères de beauté selon lesquels elle est pas belle. » (p.85). Pour Xiomara, ce sera comme une révélation: « On est différentes, cette poétesse et moi. On se ressemble pas, on vient pas du même monde. Pourtant on est presque pareilles quand je l’écoute. Comme si elle m’entendait. » (p.85) Xiomara est latina et on retrouve quelques mots ici et là en espagnol. La culture dominicaine est bien présente dans la famille, et les enfants en sont fiers. Toutefois, c’est le côté conservateur de la culture familiale avec lequel ils ont plus de difficulté: Xiomara souhait s’émanciper en tant que femme, alors que son frère jumeau doit cacher son homosexualité. La thématique de la différence est aussi abordée dans la relation entre Xiomara et son amoureux, très talentueux en patins à glace, mais qui n’a jamais pu explorer cette passion car son père considérait que c’était une activité féminine inappropriée pour les garçons. À ce sujet, Xiomara écrira avec beaucoup de sagesse:

Il a un sourire triste. Et je pense à tout ce qu’on pourrait être si on nous disait pas que nos corps sont pas faits pour. (p. 207).

Avec une prodigieuse économie de mots et un ton percutant, Signé poète X est un roman fort qu’on lit d’une traite, en une matinée. Je vous le recommande chaudement.

* Prix National Book Award for Young People’s Literature en 2018.

* Médaille 2019 Carnegie pour le meilleur livre jeunesse publié au Royaume-Uni.

Elizabeth Acevedo est une autrice afro-latina. Elle habite aux États-Unis.

Signé poète X
AUTEUR(S) : Elizabeth Acevedo 
ÉDITIONNathan, 2019
ISBN: 9782092587294
PRIX: 29,95$
14 ANS ET PLUS

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Au beau débarras: La mitaine perdue

Au beau débarrasCe jour-là, on gèle au Beau Débarras car le chauffage est cassé. Abdou a perdu sa précieuse mitaine. On y trouve un cœur en satin, brodé avec amour par sa maman. Heureusement, au Beau débarras, il y a Kim et Sasha et tous leurs amis qui peuvent l’aider! Danser pour se réchauffer, fouiller dans les mitaines retrouvées, faire la différence entre une moufle et une mitaine ou aiguiser ses talents d’artiste: toutes les solutions sont bonnes pour raviver la chaleur et le réconfort. Personne ne sera laissé pour compte dans ce lieu où tout prend vie!

Cette histoire illustrée donne à voir un catalogue de personnages vraiment éclectiques et fort sympathiques. J’ai aimé les voir défiler au fil de ma lecture, tous à tenter d’aider ce petit garçon qui a perdu sa mitaine. Ce n’est pas le premier livre de Simon Boulerice que je lis et j’ai toujours l’impression que cet auteur écrit les livres qu’il aurait aimé lire étant enfant; il y a une certaine naïveté, une certaine liberté dans ses textes qui me plait beaucoup. Il a une vision tout à fait unique du monde et met régulièrement en scène des personnages minoritaires de par leur genre, leur orientation sexuelle ou, comme c’est le cas ici, leur origine ethnique, sans toutefois faire d’eux des curiosités.  Chapeau! 

Au Beau Débarras est un récit amusant, mais au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que l’auteur se perdait dans le récit et perdait de vue le fil conducteur.

Abdou, le personnage principal, est un garçon noir dont on ne connaît pas beaucoup de détails. Mais ce n’est pas le plus important: il a perdu sa mitaine et on souhaite la retrouver tout comme lui! Mentionner au passage son origine ethnique ou s’attarder sur sa couleur de peau aurait été mal venu. C’est un garçon comme un autre. Voilà donc une représentation positive et juste d’un personnage noir en littérature jeunesse. Bravo!

mitaine perdue boulerice 2

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AUTEUR(S) : Simon Boulerice & Lucie Crovatto
ÉDITION: Québec Amérique, 2019
ISBN: 9782764437841
16.95$
6 à 10 ANS

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le pelleteur de nuages    le carnaval de malaika

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J’ai mal à mes cheveux !

LJ'ai mal à mes cheveux Vanessa Yatchors d’aune séance de coiffure, Khadi s’interroge sur la nature crépue de ses cheveux. Pourquoi leur texture n’est-elle pas aussi lisse que celle de sa meilleure amie ? Sa mère lui fait comprendre avec douceur que chaque personne est unique et que les différences de chacun sont l’une des plus belles des raisons de s’ouvrir aux autres.

Les livres sur le soin des cheveux crépus sont rares. En tenant J’ai mal à mes cheveux !, on a l’impression de tenir une petite révolution dans ses mains. Quel bonheur de lire les récits de personnes afro-descendantes racontées par elles-mêmes. #OwnVoices ! Khadi est une petite fille comme beaucoup d’autres et il est facile de s’y identifier. Elle va à l’école, passe de bons moments avec sa mère, vit en France. Une fille ordinaire, quoi ! Et quelle joie qu’elle le soit, qu’elle ne soit pas représentée comme étant exotique ou « différente », comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse. C’est une petite fille comme tout plein d’autres petites filles.

Le récit s’articule surtout autour du dialogue entre la mère et Khadi, et on sent bien que l’auteure veut faire passer un message (l’importance d’apprendre à s’occuper de ses cheveux et à les aimer au naturel). Mais compte-tenu de la rareté de ce genre de livre, ça ne m’a pas vraiment dérangé. Venessa Yatch admet d’ailleurs avoir écrit le roman qu’elle aurait voulu lire enfant. Je ne peux qu’admirer une auteure qui utilise ses mots pour dire les choses qui doivent être dites, et qui donne une voix aux petites filles noires. Bravo !

La mise en page un peu lourde manque parfois d’équilibre: le texte  domine les illustrations ou l’inverse. De plus, certaines pages sont plus difficiles à lire à cause du contrastre trop faible entre les lettres et le fond de couleur. Enfin, la reliure brochée est fragile, mais les pages sont en papier glacé. Rien de grave car si ce n’est pour la qualité matérielle, lisez ce livre pour ce qu’il représente et le message qu’il véhicule; celui de l’apprentissage et de l’acceptation de soi.

Venessa Yath est une auteure française.

Venessa Yatch

Haneek.s est une illustratrice originaire de la Guadeloupe. Elle vit à Paris. 

Haneeks

Auteur(s) / illustrateur(s) : Venessa Yatch & Haneek.s
Autoédition
Bouton acheter petitAnnée de publication: 2016
ISBN: 9782956110309
Public cible: 9 ans et plus

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Grand Calao et Petit Homme

cover Piece d'orAmoila est un jeune Africain qui croule sous l’ennui tandis que sa maman travaille chaque jour d’arrache-pied, à la fois dans les champs, puis sur son métier à tisser. Peu après avoir grimpé sur la falaise et crié au soleil levant de pimenter son existence, le jeune garçon est prié par sa maman d’aller acheter du sucre au marché. Il croise alors la route d’un redoutable grand calao qui le traite de paresseux et lui ordonne de lui ramener la Douceur avant la nuit sous peine de recevoir la visite de Yagana la hyène, qui l’initiera à la douleur. Les rencontres entre l’enfant et le volatile se succèdent au fil des jours, au même rythme que les épreuves qui donnent à l’un et à l’autre matière à réflexion…

Il s’agit d’un récit initiatique, d’un voyage où le personnage principal évolue et se découvre, le tout raconté par Carl Norac avec des mots vrais, francs et accessibles. C’est aussi un conte qui se termine de manière traditionnelle: « Le conte a parlé. Il se tait maintenant. » Anne-Catherine de Boel dessine le Mali de magnifique façon en utilisant de très belles couleurs chaudes.

Utiliser cet album en classe

Dès le deuxième cycle, vous pouvez exploiter ce livre en classe pour atteindre divers objectifs pédagogiques. Voici en vrac quelques questions pour amorcer votre réflexion: Comment décrire le personnage principal? Est-il courageux? Quelle est la quête d’Amoila? Quelle est la situation initiale et la conclusion du récit? Que représente la hyène, le grand calao et le lièvre géant? Pourquoi Amoila a-t-il choisi la plume et le sac troué? Comment l’auteur nous renseigne sur le lieu où se déroule l’histoire? Quels sont les techniques utilisées par l’illustratrice (collage, peinture, etc.) Vous pouvez également faire des liens avec l’Afrique, ou encore avec le conte en tant que genre littéraire. Osez utiliser la littérature jeunesse pour enseigner !

Auteur(s) : Carl Norac & Anne-Catherine De Boel
Maison d’édition: École des Loisirs
Année de publication: 2014
ISBN: 9782211215640
Public cible: À partir de 7 ans

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Le voyage de Nyéba

nyeba-voyageLe maman de Nyeba est très malade. Pour la sauver, le grand féticheur réclame une branche de cet arbre rare qui, très loin d’ici, réunit bourgeons, fleurs et fruits. Maligne et courageuse, Nyéba est prête à tout affronter pour sauver sa mère. Un matin, sous l’oeil curieux d’un bel oiseau bleu, elle prend le chemin qui quitte le village…

La maison d’édition Rue du monde nous offre avec Le voyage de Nyéba un très bel album prenant la forme d’un récit initiatique. Les paysages africains sont illustrés à l’aide de couleurs chaudes et de traits de pinceaux maîtrisés. Prévoyez une trentaine de minutes avant de finir la lecture de ce conte, 40 minutes si vous faites deux ou trois arrêts en cours de route pour questionner l’enfant à qui vous faites la lecture, et 1 heure si vous souhaitez pousser la lecture plus loin avec une discussion autour du livre. Ce livre peut être adapté à la lecture avant le dodo. Vous pourriez alors partager la lecture avec votre enfant: vous lisez la majorité du texte, mais l’enfant devra lire les dialogues. Car méfiez-vous, ce n’est pas parce qu’un enfant à atteint l’âge scolaire qui n’appréciera plus se faire faire la lecture.

Le texte est très bien écrit et on se laisse facilement emporter par la plume d’Yves Pinguilly. Le récit se dévoile peu à peu, en plusieurs péripéties qui se succèdent et laissent au pied de Nyéba autant d’obstacle à surmonter avant de pouvoir arriver à ses fins. Extrait:

Un peu plus tard, quand elle tourna la tête, elle vit un très vieil éléphant tout près d’elle. Celui-là s’était éloigné du troupeau, pour mourir sans doute. Nyéba le savait, la mort est un vêtement que les animaux, comme les hommes, doivent porter un jour.

voyage_nyeba_extraitAuteur(s) : Yves Pinguilly & Nathalie Novi
Maison d’édition: Rue du Monde
Année de publication: 2008
ISBN: 9782355040474
Public cible: À partir de 7 ans

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La maman qui s’absentait

QLa maman qui s'absentaitue comprend un enfant lorsque sa mère s’absente ? Pourquoi part-elle ? Que peut-il y avoir de fascinant pour une mère dans cet ailleurs où l’enfant est absent ? La maman qui s’absentait interroge enfants et parents sur les notions de solitude et de séparation, mais aussi sur l’apprentissage de l’autonomie. Pourquoi Maman s’en va ? La réponse incertaine se trouve dans la poésie de Stéphane Martelly et les noirs et blancs d’Albin Christen, mais, vraisemblablement, elle s’en va pour pouvoir revenir…

Cet album prend toute sa profondeur, son sens et sa beauté dans le texte concis et juste de Stéphane Martelly, ainsi que les illustrations vibrantes en noir dense et blanc immaculé d’Albin Cristen. L’histoire aborde le thème de l’absence de la mère, le mal du pays et la dépression. La mise en page renforce ses thèmes en présentant le texte dans des spirales presque infernales, de vastes pages blanches et des motifs volumineux. L’album est lui-même un très bel objet qui plaira aussi aux adultes.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

  • Réaliser un dessin sur le thème de la perte à la manière d’Albin Cristen.
  • Relever le champ lexical autour de l’abandon dans le texte
  • Justifier pourquoi la mère « s’absente ».
  • Observer les illustrations sur fond noir; qu’ont-elles de différent des illustrations sur fond blanc ? À quoi servent les illustrations sur fond noir dans ce livre ? Que représentent-elles ?
  • Découvrir et apprécier le travail artistique d’Albin Cristen (voir son travail pour le Festival de Jazz de Montréal, les chaussures Adidas, les montres Swatch et l’Opéra de Lausanne).

* Prix Michel Tournier

Stéphane Martelly est une écrivaine et peintre canadienne d’origine haïtienne. Elle vit à Montréal.

Stephane Martelly

Auteur(s) / illustrateur(s) : Stéphane Martelly & Albin Christen
Maison d’édition: Vents d’ailleurs Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782911412653
Public cible: 9 ans et plus.
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