Les maîtres enlumineurs

Résumé : Tevanne, riche cité, est entre les mains de quatre grandes familles marchandes. La ville doit sa fortune aux secrets de l’enluminure qui a le pouvoir d’agir sur les objets qu’elle recouvre. Sancia Grando a le don de revivre le passé des objets et d’entendre leur enluminure. Elle est engagée pour voler un objet magique qui peut changer l’enluminure et mener la ville à sa perte.

Lectorat cible : 14 ans et plus

Auteurs : Robert Jackson Bennett

Édition : Albin Michel Jeunesse, 2021

ISBN : 9782226441515

Prix : 39,95$

Appréciation : Surprise! Le personnage principal de ce roman est une femme noire. La page couverture, supposé la représenter, est passée complètement à côté. Ce n’est pas la première fois que ça arrive et ça s’appelle du whitewashing: effacer ou remplacer des personnages racisés par des personnages blancs (ici, sur la page couverture). L’auteur Robert Jackson Bennett, un homme blanc, a fait de ses deux personnages principaux des femmes noires (vraiment badass qui plus est!), et l’éditeur francophone a décidé de ne rien laisser paraître sur sa couverture. C’est quand même dommage. Surtout que le roman est vraiment bien écrit, avec un rythme bien soutenu et aucun temps mort. Premier tome d’une trilogie, Les maîtres enlumineurs se termine sur une note qui donne le goût de continuer la série. Il y a aussi le début d’une romance saphique, mais il faudra attendre les tomes 2 et 3 pour connaître où ça s’en va. Je conseille ce roman aux amateurs de science-fiction, de romans avec de la magie et de la technologie, et des personnages féminins forts.

Vous aimerez peut-être : L’enceinte 9, Akata Witch et Horizon, trois romans pour adolescents avec beaucoup d’action et une touche de science-fiction.

Parce que ta vie compte

Résumé : Sais-tu que TA VIE compte? On dit que la matière, c’est tout ce qui compose l’Univers : l’énergie, les étoiles, l’espace… Alors comme tu fais partie de l’Univers, ta vie compte aussi! Tu comptais depuis le début des temps, depuis bien avant ta venue au monde.

Lectorat cible : 5 à 10 ans

Auteurs : Tami Charles & Bryan Collier

Édition : Scholastic, 2021

ISBN : 9781443189293

Prix : 12,99$

Appréciation : Vous avez senti, vous aussi, comment les derniers mois ont été difficiles en termes de charge raciale avec tout ce qui se passe dans les médias? Ouf. Parfois, on a besoin de fermer les écrans, de fermer le monde autour de nous qui trop souvent nous envoie le message que notre vie ne faut pas autant que celle des autres. Dernièrement, je me suis beaucoup inquiétée pour mes neveux et nièces, pour les enfants noirs de notre société. Dans quel monde les a-t-on lâchés? Comment réagiront-ils lorsqu’ils auront mieux conscience du racisme systémique, du racisme ordinaire, de la brutalité policière, du sexisme, etc.? 

Bref, j’ai eu besoin de m’enfermer dans un livre et il y avait l’album Parce que ta vie compte qui traînait sur ma table de chevet depuis un bon moment. Cette lecture a été comme un baume au cœur. Déjà par ses illustrations, d’une infinie beauté, qui mélangent les matières et les textures. Ensuite par son texte qui rassure, valide nos expériences et nous donne de l’espoir. On se sent connecté au monde en lisant ce livre, on sent qu’on fait partie de l’univers, de quelque chose de plus grand. Un enfant noir qui a été espéré, attendu, aimé, soutenu, admiré, protégé (même si c’était parfois difficile), voilà ce dont le livre parle. De ses premiers pas à ses premiers mots, de la première fois qu’un livre lui a renvoyé son image comme un miroir, des fois où ses camarades de classe se sont moqué de son nom ou de ses vêtements, des moments où il a douté de lui et de sa valeur, de sa découverte des luttes pour la justice raciale qui ont été menée par ses aïeux, des enfants de son âge (Trayon, Tamir, Philando) qui sont morts à cause de la couleur de leur peau sous les balles de policiers. Ce livre parle de tout ça, et bien d’autres choses. Il parle de nos ancêtres qui étaient des reines, des chefs, des légendes, il parle de la beauté que nous avons en chacun de nous, il parle de la force qui nous habite, il parle de notre puissance et de notre magie.

L’album se termine par une note de l’auteure qui raconte comment ses craintes de mères augmentaient alors qu’elle voulait garder son fils à l’abri de la dureté et de la cruauté de notre monde. Elle a écrit Parce que ta vie compte pour fournir aux parents un point de départ pour les discussions sur le racisme qui règne dans son pays (les États-Unis, mais aussi ailleurs!) à l’heure actuelle. Parce que ta vie compte s’adresse aux Noirs, mais devrait être lu par tous, peu importe la couleur de la peau. Simplement parce qu’il s’agit d’un magnifique livre et qu’il peut être utilisé en classe ou en famille, pour entamer des discussions sur l’empathie et le racisme. Un incontournable. 

Coup de cœur !

À propos des auteurs : Bryan Collier est un illustrateur noir américain. Il a remporté à la fois le prix Coretta Scott King en tant qu’illustrateur et le prix Ezra Jack Keats New Illustrator Award pour Uptown.

Tami Charles est une autrice et ex-enseignante au primaire noire américaine. La diversité en littérature jeunesse lui tient particulièrement à cœur.

Vous aimerez peut-être : Invaincus, Libre! Harriet Tubman, une héroïne américaine et Toi aussi tu comptes, trois albums jeunesse qui nous rappellent que la vie des Noirs compte.

Mon livre préféré dans tout l’univers

Henri rentre un soir de l’école avec comme devoir de trouver son livre préféré. Ne sachant pas comment s’y prendre, il se rend à la bibliothèque et à la librairie. Il observe beaucoup de livres, de toutes les formes et de toutes les tailles, mais aucun d’entre eux ne lui donne envie d’en lire davantage. Son échec se transforme pourtant rapidement en triomphe : sa mère a gardé tous les livres qu’il avait écrits quand il était plus jeune. Henri a alors une excellente idée.

À la recherche d’un livre inspirant pour les lecteurs récalcitrants? Mon livre préféré dans tout l’univers est celui qu’il vous faut. On y rencontre Henri qui n’a jamais trouvé un livre qui le faisait vibrer. En fait, même s’il peut aimer les dinosaures, les livres de dinosaures lui donnent mal à la tête. Amener des livres pour lire sur le bord de la piscine lui donne davantage envie de les mettre à l’eau pour voir s’ils flotteront. Certains livres sont trop longs, d’autres trop ennuyants, d’autres encore contiennent des images qui n’ont rien à voir avec les « trucs cool [qu’il] aime, ou avec ce [qu’il] ressens… » La vérité, c’est qu’Henri a des difficultés en lecture. L’histoire qui nous est racontée est celle de l’auteur du livre, Malcolm Mitchell, qui affirme que la lecture a toujours été pour lui un défi de taille. Enfant, il ne savait pas bien lire, mais il se savait tout aussi intelligent que ses camarades de classe (et avec raison!). Heureusement, grâce à des bourses d’études, il a pu aller à l’université pour jouer du Football. Plus tard, il a rempoté le Super Bowl! Mais ses difficultés en lecture étaient toujours présentes. Il a persévéré et a réalisé que sa façon de lire ne définissait pas qui il était. Mon livre préféré dans tout l’univers s’inspire de son parcours de lecteur. Aujourd’hui, Malcolm Mitchell s’implique beaucoup dans des initiatives qui favorisent la littératie auprès des jeunes, notamment afro-américains.

Le texte de Mon livre préféré dans tout l’univers est inspirant. En tant que grande amoureuse de littérature et bibliothécaire jeunesse, il m’a touché en plein coeur! Chaque enfant a un parcours de lecture unique. Ce livre nous le rappelle avec beaucoup de bienveillance.

Coup de coeur!

Malcolm Mitchell est un footballeur et auteur américain.

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Mon livre préféré dans tout l’univers
Auteur(s)
: Malcolm Mitchell & Michael Robertson
Édition : Scholastic, 2021
ISBN : 9781443192149
Prix : 11,99

5 à 8 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Roi de la maternelle, Tu ne manqueras jamais d’amour ou Le collectionneur de mots, trois albums jeunesse avec des personnages noirs aussi publiés aux éditions Scholastic.

Mes coups seront mes mots

L’existence d’Amal, lycéen passionné d’art, est bouleversée le jour où une simple bagarre entre garçons le conduit en prison. Inspiré de l’histoire vraie de Y. Salaam. Prix Walter Dean Myers, catégorie teens, 2021.

Ce roman en vers libres est un véritable coup du coeur. L’autrice haïtienne Ibi Zoboi s’est inspirée de l’histoire vraie du Central Park Five qui a secouée les États-Unis entre 1989 et 2002: 5 adolescents noirs sont arrêtés après la violente aggression d’une jeune femme à New York qui restera plusieurs jours dans le coma et se réveillera avec de graves séquelles. Les médias ont rapidement affirmé que le crime avait été l’oeuvre d’un gang d’adolescents qui s’adonnaient à se qu’ils prétendaient être du « wilding ». En réalité, les médias ont mal interprétés ce que les jeunes de l’époque appelaient « willin’ out »: sortir, s’amuser entre amis. Ainsi, dans l’oeil des médias américains, ce terme est devenu synonyme de rôder, flâner, faire du grabuge, bref, un acte malveillant rapidement associé à la tristement célèbre affaire de la joggeuse de Central Park. Cette histoire vous semble familière? C’est que vous avez probablement vu ou entendu parler de la récente série Netflix When they See Us de la réalisatrice  Ava DuVernay qui reprend aussi cette affaire.

Bien que Mes coups seront mes mots ne raconte pas exactement l’histoire de Yussef Salaam, l’un des cinq adolescents faussement accusés du crime de la joggeuse de Central Park, le personnage d’Amal est inspiré de lui en tant qu’artiste et adolescent incarcéré, soutenu par sa famille, grand lecteur et passionné de dessin pour garder son esprit libre. Le roman est d’ailleurs imprégné de certains des poèmes que Yussef Alaam a écrits pendant son incarcération. Ce dernier a également contribué à l’écriture du livre.

Je vous recommande chaudement ce roman percutant pour la qualité de son écriture et pour la lumière qu’il jette sur le racisme systémique aux États-Unis pour le lectorat francophone. On y aborde des thématiques comme la ségrégation des quartiers blancs et noirs, le Prison Industrial Complex et le mouvement pour l’abolition des prisons considérées comme le nouveau système d’asservissement des Noirs après l’esclavage et dans lequel on dénonce les gains que le gouvernement fait grâce au système carcéral. On y parle aussi de l’adolescence et du passage à l’âge adulte, et surtout, on y parle d’espoir. D’ailleurs, Amal veut dire « espoir » en arabe. Ce roman est tout simplement incontournable. En guise d’extrait, voici le poème JUSTICE AVEUGLE II qu’on peut lire à la page 208-209:

Coup de coeur!

* Prix 2021 du Walter​ ​Dean​ ​Myers, qui célèbre l’héritage de cet auteur de fiction pour jeunes adultes, ainsi que la diversité en littérature jeunesse.

Ibi Zoboi est est une autrice américaine née en Haïti.

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Mes coups seront mes mots
AUTEUR(S) : Ibi Zoboi , Yusef Salaam 
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2021
ISBN: 9782075154208
PRIX: 29,95$
13 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Signé poète X et Frères, deux romans pour adolescents écrits en vers libres. Essayez aussi My life Matters (plus tard réédité sous le titre de Tyler Johnson était là).

L’éléphante qui cherchait la pluie

Tani, la vieille éléphante d’Afrique, conduit le groupe pour trouver de l’eau, indispensable à la survie. Il n’a pas plu depuis longtemps. Avec sa grande expérience et sa sagesse, la matriarche mène la recherche, guide, maintient la cohésion durant le périple. Une découverte de la vie communautaire des éléphants et de leurs qualités.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’auteur marie-galantais Alex Godard après avoir lu un autre de ses albums jeunesse il y a quelques mois. J’ai été charmée par la qualité de L’éléphante qui cherchait la pluie qui étonnament m’a émue. À la lecture de cet album, on apprend beaucoup de choses sur les éléphants par le biais de cette petite famille de pachydermes à laquelle on s’attache. Le texte est précis et limpide, et assez consistant pour une lecture du soir sur plusieurs jours avec les 5-6 ans, ou encore pour une lecture autonome auprès des 7-11 ans. En suivant ce troupeau d’éléphant, on comprend mieux se qui rythme leur vie, les embûches et les joies, les dangers et les luttes pour la survie. Lorsque le troupeau « dévastent » les pâturages d’un clan Massaï, c’est le point de vue des éléphant qui nous est donné, et non celui des humains. Cela a pour effet de remettre en perspective la relation que nous entretenons avec la nature et les animaux sauvages.

Ce livre est aussi une invitation à réfléchir sur la valeur de la vie et la chaîne alimentaire : les vaches des Massaï mourront peut-être de faim puisque la harde d’éléphants, déjà très affamée, a engloutie l’herbe qui leur était destinée. Les Massaï n’auront pas de lait de leur vaches pour se nourrir… Bref, l’histoire nous amène au coeur de la savane africaine pour un voyage qu’il sera difficile d’oublier. Le livre se termine par un dossier pour mieux connaître l’éléphant d’Afrique dans lequel on parle de la société matriarcale des hardes d’éléphants, de l’utilité de la trompe et des défenses de cet animal majestueux, de son intelligence et de son rapport à la mort. Un livre magnifique aux illustrations superbes. Prenez le temps de lire dès que vous le pouvez!

Alex Godard est un auteur et illustrateur marie-galantais.

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L’éléphante qui cherchait la pluie
AUTEUR(S) : Michel Piquemal & Alex Godard 
ÉDITION: Albin Michel Jeunesse, 2019
ISBN: 9782226443434
PRIX: 21,95$
5 à 11 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les trois poules de Sonia, un livre jeunesse dans lequel on aborde le sujet de la survie animale et de la chaîne alimentaire. Essayez aussi Maman-dlo, aussi écrit par Alex Godard, et Ma journée dans la savane: voyage en Tanzanie, pour rencontrer le peuple Massaï
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Bien dans ta peau

Es-tu bien dans ta peau? Si ce n’est pas le cas, tu devrais! Notre peau fait beaucoup pour nous. Elle est ce qui nous rend uniques. Que tu aies une tache de naissance, des fossettes ou des taches de rousseur, que ta peau soit noire, brune ou blanche, elle te rend UNIQUE. Il faut honorer notre peau! Célébrez l’individualité avec cet album contenant un message fort : aimons notre corps et soyons bien dans notre peau!

Cet album célèbre notre peau: sa teinte, sa couleur, ses taches et petites imperfections, sa fonction protectrice, sa capacité de guérisson, etc. C’est un album avec un cast de personnages diversifiés qui fait comprendre aux enfants qu’être unique est une force, et qu’un monde multiracial est magnifique.

Mais attention! Petit bémol lorsqu’on compare les couleurs de peaux foncées à des aliments (chocolat, canelle ou miel), mais qu’aucune comparaison n’est faite pour les peaux blanches. Cela pose les peaux blanches comme étant la norme n’ayant pas besoin de qualificatifs pour les distinguer des autres, et les peaux brunes comme la variation devant être justifiée. Pourtant, dans la version originale anglaise, le texte inclut pourtant une comparaison des peaux claires avec des pêches et de la crème. Que s’est-il passé au moment de la traduction?? Je recommande donc la version originale anglaise et non la traduction française. C’est regrettable, car l’édition française pour la jeunesse parle peu des couleurs de peau et d’identité raciale en général. Une telle erreur dans la traduction de cet album me semble majeure: il s’agit clairement d’un choix de mots qui est porteur de sens. Dommage.

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Bien dans ta peau
AUTEUR(S) : Fran Manushkin & Lauren Tobia 
ÉDITION: SCHOLASTIC, 2021
ISBN: 9781443189491
PRIX: 10,99$
3 À 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Pain-doré, Sulwe, ou encore Mon corps est génial: ses échanges avec l’extérieur, trois livres jeunesse qui abordent le sujet de la couleur de la peau.

À la vie, à l’amour

Jack Ellison King rencontre Kate au cours d’une soirée et tombe sous son charme. Il espère vivre une grande histoire d’amour avec elle mais la jeune femme décède. Cependant, il est ramené au tout premier soir de leur rencontre, quatre mois plus tôt. Il peut tenter sa chance à nouveau. Premier roman.

J’avais beaucoup d’attentes face à ce roman. J’en avais énormément entendu parler et la prémisse m’intriguait au plus haut point. Recommandé par les grands noms des dernières années en littérature jeune adulte, dont Angie Thomas qui nous a offert La Haine qu’on donne, et Becky Albertalli qui a écrit l’excellent Moi, Simon, homo sapiens (que j’ai adoré!!).Une histoire d’amour avec des voyages dans le temps? C’était bien tout pour me plaire! Dès le départ, on nous dit que Jack Ellison King est le roi du presque, qu’il n’arrive jamais à aller à bout de ses projets, de ses idées, de ses envies. J’avais espéré un arc de rédemption et un développement de personnages un peu plus cohérent. Je ne dirais pas que j’ai été déçue (À la vie, à l’amour est somme toute un bon roman), mais je suis restée sur ma faim. C’est drôle à dire, car avec près de 500 pages, on pourrait croire que ce roman de Justin A. Reynolds serait plus consistant. J’ai parfois trouvé que les personnages avaient des réactions peu appropriées à leur âge et on sent bien l’auteur derrière certains propos. Cela dit, il y a de nombreux passages forts et tristes, ainsi que des passages plein de souffle et d’espoir. C’est vraiment le genre de roman que je lis en me retenant de crier après les personnages « MAIS POURQUOI T’AS FAIT ÇA??? » ou « OMG, es-tu sérieux? VA LUI PARLER!! » 😂

Bref, Justin A Reynolds offre avec ce premier roman un récit engagé, réfléchi, mais peut-être pas assez abouti. Il vaut tout de même la peine d’être lu! Je lirai avec plaisir les prochains écrits de l’auteur (j’ai d’ailleurs déjà repéré la BD de Miles Morales, alias Spiderman, qu’a écrit l’auteur que j’ai de suite ajouté à ma Pile à Lire). J’ai admiré sa soif d’écrire et la manière originale dont il a parlé de l’amour adolescent. Et vous, qu’avez-vous pensé de ce roman?

Justin A. Reynolds est un auteur noir américain.

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À la vie, à l’amour
AUTEUR : Justin A. Reynolds 
ÉDITION: Pocket Jeunesse, 2021
ISBN: 9782266284844
PRIX: 34,95$
13 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être The sun is also a star (Le soleil est aussi une étoile), Nola Forever, Entre chiens et loups, trois romans d’amour originaux pour le lectorat adolescent et jeune adulte!

Le cercle de providence (tome 1): L’appel

Francis est un adolescent comme les autres qui vit dans la petite ville de Providence. Avec son ami Howard, ils trainent et multiplient les ennuis. Mais l’arrivée d’Atonia, une mystérieuse jeune fille, semble tout bousculer. Quel est donc ce monstre qui l’obsède ? En quoi est-ce lié aux cultes anciens que son grand-père a étudiés ? Francis plonge peu à peu, au cœur du mystère…

Une histoire librement inspirée de L’Appel de Cthuluh, le chef-d’œuvre de H. P. Lovecraft, cette bande dessinée a tout pour plaire. Avec un design de personnages réaliste et « cartoony » à la fois, et des environnements détaillés, chaque planche offre un équilibre certain. Et pouvons-nous parler de Attonia Wilcox en particulier? Cette fille est tellement badass! Super design pour ses cheveux (vous savez comme c’est important pour moi que les personnages noirs aient des coiffures qui correspondent à leur identité): Un genre de mohawk vert fluo, rasé sur les côté, avec un long lock à la nuque. À 16 ans, j’aurais voulu avoir la même coupe! 😀

Mention spéciale aussi pour le graphisme et la palette de couleurs choisie: tantôt plus fade lors des séquences de notre réalité ennuyeuse, tantôt fluo et glauque à la fois lorsque les forces démoniaques apparaissent. La créature maléfique, gigantesque et tentaculaire, moitié seiche et moitié humanoïde donne froid dans le dos. Frissons assurés! D’ailleurs, les auteurs donnent au récit une montée en tension maîtrisée et un rythme soutenu. L’histoire fait vivre beaucoup d’émotions, avec une mise en bouche déjà assez intense, une succession de péripéties limite stressantes et un dénouement qui appelle une suite.

Bref, je conseille vivement aux jeunes préados et ados qui carburent aux histoires fantastiques qui font frissonner! Une belle rencontre avec l’univers de H. P. Lovecraft pour le lectorat jeunesse. Hâte de lire la suite! C’est drôle, je suis à nouveau agréablement surprise par la nouvelle qualité des éditions Jungle: une plus grande variété de récits, des personnages forts et un choix de bédéistes talentueux. Eh ben, dites donc, les éditions Jungle est à surveiller ces temps-ci…

Le cercle de providence, 1: L’appel
AUTEUR(S): Sébastien Viozat & Anne-Catherine Ott
ÉDITION: Jungle, 2020
ISBN: 9782822229869
PRIX: 26,95$
14 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les Chroniques d’Under York, Les Omniscients, ou encore Légendes Zurbaines, trois bandes dessinées fantastiques pour le lectorat jeunesse.

Suggestions de livres anti-racistes en anglais

Il existe une belle sélection de livres jeunesse qui explorent la couleur de peau, la texture des cheveux et le processus de racialisation du côté anglophone. Malheureusement, très peu de ces livres sont traduits en français (éditeurs francophones, êtes-vous là??) On peut compter sur les doigts de la main les livres jeunesse en français qui abordent de manière sans équivoque ces sujets. Si vous parlez anglais, profitez-en pour lire quelques livres anti-racistes à vos enfants. Vous pouvez aussi traduire lors de la lecture! Voici quelques suggestions d’albums pour enfants que j’ai particulièrement aimés et qui sont disponibles dans les librairies francophones. Cliquez sur les images pour placer vos commandes avant qu’ils ne soient épuisés!

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Magnificent Homespun Brown: Ce livre est une exploration de la nature et des liens familiaux à travers les yeux d’une jeune narratrice métisse. Cette dernière est pleine de vie, exaltante, unique, exubérante et fermement ancrée dans son sentiment d’appartenance et son estime d’elle-même. C’est une histoire, un poème, une chanson, une célébration, sur le fait de se sentir chez soi dans sa peau, une enveloppe qu’on peut aimer profondément.

Cool cuts: Les garçons aimeront voir un miroir d’eux-mêmes qui les montre comme étant des personnes heureuses et fortes dans ce livre rimé rempli de coiffures afro. Du fro-hawk au mini twists, du fade parfait au tresses plaquées, il y a dans ce livre de belles illustrations de garçons noirs avec des cheveux frisés, bouclés, crépus sur chaque page, accompagnées d’un message positif. Un livre superbe pour promouvoir une belle estime de soi chez nos garçons et leur dire qu’ils sont « nés pour être géniaux »!

I am brown: Je suis noire. Je suis belle. Je suis parfaite. J’ai créé cet ordinateur. J’ai couru cette course. J’ai gagné ce prix. J’ai écris ce livre… Ce livre est une célébration de cette peau qui est la tienne: une célébration de l’identité noire, du fait d’être génial.e, du fait d’être simplement toi!

I believe I can: Ce livre agit comme une affirmation pour les filles et les garçons racisés afin qu’ils apprennent à s’aimer et à croire en eux-mêmes. « Ma présence est importante dans ce monde. Je sais que je peux tout faire, je peux réaliser tant de choses. Je dois simplement croire en moi. »

I am enough: Une ode lyrique, magnifique et saisissante à l’amour de soi, au respect des autres et à la bonté. « Nous sommes tous là pour une raison. Ce que nous sommes suffit, et même plus. Nous avons simplement besoin de le croire. » Un livre qui donne confiance aux enfants qui manquent un peu d’estime d’eux-mêmes.

Where are you from? : Ce livre jeunesse récipiendaire de nombreux prix littéraires raconte l’histoire d’une fille à qui on demande constamment d’où elle vient, d’où elle vient « vraiment ». Pourtant, il n’y a pas de réponse simple à cette question. Elle se tourne vers son abuelo, son grand-père, qui ne lui donnera pas la réponse à laquelle elle s’attendait. Sa réponse sera encore meilleure. Un livre parfait pour tous ces enfants qui se sentent étrangers dans leur propre pays.

I love being me! : Ce livre pour lecteurs débutants a pour sujet la joie d’être soi-même, plus particulièrement, la joie d’être une fille. Les personnages de l’histoire sont issus de la diversité raciale et ethnique et aiment une variété de choses: la lecture, le soccer, la cuisine, la natation, le jardinage, et plus! Un petit livre pour apprendre à lire et pour apprendre à s’aimer soi-même.

I am perfectly designed : Un papa. Un garçon. Une marche dans un parc. Une conversation. Une découverte de tout ce qui les rend parfaits l’un pour l’autre.

Don’t touch my hair! : Une lecture nécessaire qui enseigne l’importance de demander la permission avant de mettre la main dans les chevelures bouclées, frisées et crépues des filles. On dirait que peu importe où Aria va, quelqu’un se permet de toucher ses cheveux. Dans la rue, des étrangers tendent la main vers ses boucles, sous la mer, c’est pareil. Dans la jungle aussi, et même dans l’espace! Jusqu’au jour où Aria en a assez! Le tout est amené avec humour.

Pour acheter l’un ou l’autre de ces livres, cliquez sur les pages couvertures pour placer vos commandes.

Mistikrak! est un site spécialisé en littérature jeunesse diversifiée. Il est géré de manière bénévole.
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Alana et l’enfant vampire

Alana en a assez que ses parents et sa soeur partent gérer les conflits vampiriques sans elle. Alors quand sa meilleure amie Oli lui annonce que Joaô, le nouvel élève de leur classe, est probablement un vampire, elle cherche à en savoir plus. Pour la jeune fille, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener une mission à bien malgré ses déficiences physiques.

Que de bon points pour ce roman que j’ai A-DO-RÉ! Déjà, le sujet m’intéressait à la base: j’adore les histoires de vampires (#GenerationBuffy) et celle-ci est particulièrement intéressante. L’autrice offre le bon dosage entre histoire jeunesse et éléments fantastiques. Car oui, Alana et ses ami.e.s vont à l’école et suivent leurs cours, mais entre intérêts pour le monde des vampires, histoire familière particulière et un nouvel élève mystérieux, le surnaturel n’est jamais bien loin.

J’ai lu ce roman durant le mois de Mai qui, pour ceux qui ne le savent pas, est le mois dédié au mouvement #MaiPoils. Je me demandais justement s’il existait des livres ou autres produits culturels où le poil féminin est normalisé. Et BAM!, je tombe sur ce passage d’Alana et l’enfant vampire dans lequel le personnage principal se réfugie dans le vestiaire des filles pour pleurer et est rejointe par Olympe, sont amie:

« Mon amie vient s’asseoir à côté de moi, je baisse les yeux sur nos pieds. Elle porte des chaussettes blanches montantes avec ses baskets de sport. Je remarque que ses mollets sont couverts de fins et longs poils bruns. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas les raser, moi, je supporte par les regards et les remarques des autres. » (p. 55)

Sans jugement de valeur, sans en faire tout un plat, sans remettre en question le fait que oui, les filles pubères ont des poils aux pattes. D’ailleurs, le personnage d’Olympe est intéressant car dès le début, on mentionne qu’elle est souvent prise pour un garçon et que cela ne les dérange pas du tout, ni la principale concernée, ni Alana. C’est comme ça, c’est tout, c’est pas plus grave que ça. Un peu plus loin dans le récit, Olympe discutera de son identité de genre à ses amis (hors texte) et, sans chichis, le « iel » (pronom neutre, contraction du « il » et du « elle ») sera adopté pour faire référence à Olympe. L’autrice adoptera d’ailleurs une écriture neutre à partir de ce moment là, en faisant notamment usage du point médian (ex.: « Oli s’est levé.e de son matelas pour ouvrir doucement la porte » (p.150)) L’identité de genre d’Olympe n’est pas du tout au centre du récit, c’est simplement mentionné, puis les personnages et l’autrice se sont adaptés. C’est tout. J’ai trouvé cette manière d’inclure la diversité de genre dans un récit tout à fait fabuleuse. Je n’ai d’ailleurs encore jamais lu d’autres romans comme celui-là. En connaissez-vous d’autres?

Niveau représentation raciale, on a Joâo, 13 ans, nouvel élève de l’école. Un garçon timide, qui ne parle pas beaucoup et qui ne semble pas très motivé à se faire des amis. On apprendra très rapidement dans l’histoire que son comportement distant s’explique par le fait qu’il est un vampire. Beau garçon, plusieurs filles de la classe tombent sous son charme. On a une bonne compréhension de qui est Joâo et de sa personnalité avant que l’autrice nous le décrive physiquement. J’ai aimé cette approche. Ce n’est qu’en page 38 qu’on peut lire ceci: « Sa peau est marron très foncé, ses yeux sont noirs aux reflets dorés e ses cheveux presque rasés. » Sans tout vous révéler, Joâo aura un rôle important dans l’histoire et fera preuve de courage, de confiance et de bonté.

L’autrice Cordélia mentionne en postface qu’elle avait « à cœur de proposer des personnages diversifiées, qui sortent de la norme qu’on trouve trop souvent en littérature jeunesse ». À mon sens, c’est un pari plus que réussi car non seulement on retrouve beaucoup de diversité dans le livre, mais il déconstruit plusieurs clichés et il normalise les corps ordinaires. Le tout, sans que cela soit forcé! On peut penser par exemple à ce passage où Alana mentionne tout naturellement qu’elle ressent une grande fatigue malgré le fait d’avoir dormi jusqu’à midi la veille, notamment parce qu’elle a ses règles:

Aujourd’hui, c’est samedi. J’ai dormi jusqu’à midi et je suis encore fatiguée. Et puis, j’ai mes règles depuis hier. Les deux premiers jours, ça me met toujours le ventre en vrac, en plus de m’obliger à changer de serviette hygiénique cinq fois par jour. J’erre dans l’appartement en pyjama, à la recherche de quelque chose à me mettre sous la dent, en plus du paracétamol qui calme un peu mes douleurs au bas-ventre. Mamie est sortie, tout est calme. (p. 63-64)

On peut également lire en page 91 où Alana change de serviette et se demande si les vampires sentent le sang des règles. Ce doit être l’enfer pour Joâo car dans tout le collège, il doit y avoir au moins une fille par jour qui a ses règles! Dans le romans, on parle également des douleurs chroniques d’Alana et du handicap. L’autrice Cordélia amène tous ces éléments de manière naturelle et fluide. On en veut plus, des romans comme celui-là! Je prend le temps de mentionner que l’autrice a une très belle plume, limpide et accessible. Un gros, gros coup de cœur pour moi. 🙂 J’espère sincèrement que vous aimerez ce roman autant que moi! Il vaut absolument la peine d’être lu.

Coup de cœur!

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Alana et l’enfant vampire
AUTRICE : Cordélia
ÉDITION: Scrinéo, 2020
ISBN: 9782367408651
PRIX: 29,95$
11 ANS ET PLUS

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