Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

quatre soeurs march 3

Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

quatre soeur march 4

Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs années. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points boni pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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Les quatre soeurs MarchBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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rollergirl    Garçon sorcière    grande aventure de concombre royaume du donut

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Cherche remplaçant: Doit aimer les livres

Le père de Sophia change de travail et ne peut plus faire la lecture à l’heure du conte. Alors la petite fille entreprend sur-le-champ de recruter un remplaçant et voit avec ravissement se présenter les personnages de ses contes préférés. Mais la Belle au bois dormant ne parvient pas à rester éveillée, le Bonhomme de pain d’épice lui vole son livre et Blanche Neige amène les sept nains. Sophia persévère dans sa recherche, mais elle est vite découragée. Va-t-elle devoir abandonner l’heure du conte pour toujours?

Au niveau de la représentation, on est en présence d’une petite fille noire aux cheveux naturellement crépus et au teint foncé. Ce n’est pas anodin car si les personnages noirs sont extrêmement minoritaires en littérature jeunesse, lorsqu’ils sont présents, ce sont généralement des personnages aux teint brun plutôt que marron qui sont privilégiées, ce qui invisibilise une partie des personnes afrodescendantes. J’ai été très heureuse de constater que non seulement le personnage principal de cet album ait un prénom (Sophia!), mais que son papa soit aussi présent dans sa vie. Il lui lit des histoires tous les soirs et même lorsqu’il décroche un nouvel emploi et est moins présent pour sa fille, il finira par trouver quelques minutes pour maintenir leur traditionnelle histoire du soir. Cherche remplaçant: Doit aimer les livres est un joli album pour l’heure du coucher ou tout autre moment, qui met en lumière le lien unique existant entre un père et sa fille. Bref, niveau représentation, rien à redire, cet album est fantastique!

Au niveau du récit, le texte est drôle et touchant, mais s’efface parfois pour laisser les illustrations raconter certains passages. Ainsi, les illustrations participent autant que le texte à faire avancer le récit; l’un ne peut exister sans l’autre, à défaut de perdre des informations nécessaires à la compréhension de l’histoire. La prémisse est intéressante (le papa qui n’a plus le temps de faire la lecture du soir et l’enfant qui entreprend de trouver quelqu’un d’autre), mais j’ai trouvé que l’idée a été poussée un peu trop loin à certains moments. Que les postulants soient des personnages de contes, c’est amusant. Mais qu’une fillette d’âge préscolaire rédige seule une offre d’emploi, c’est un peu trop improbable. J’ai trouvé qu’à ce niveau-là, l’auteur cherchait davantage à faire sourire les parents que de rejoindre les enfants. Qu’à cela ne tienne, Cherche remplaçant: Doit aimer les livres est un album humoristique et sympa qui vous plaira sûrement autant qu’à votre enfant.

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Cherche remplaçant: Doit aimer les livres
AUTEUR(S): Janet Sumner Johnson & Courtney Dawson
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443181945
PRIX: 11,99$
3 à 5 ans

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Ghost

Ghost Jason ReynoldsAyant réussi à échapper, avec sa mère, à son père qui leur tirait dessus, Castle, un adolescent, a pris en secret le surnom de Ghost, pour s’être vu tel un fantôme dans les yeux de l’épicier qui les a cachés cette nuit-là. Un jour, en rentrant du collège où ses camarades ont pris l’habitude de le maltraiter, il observe des coureurs s’exercer. L’entraîneur lui propose alors de les rejoindre.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce roman. Castle, le personnage principal, est tellement réaliste qu’on aurait dit un garçon que j’aurais pu croiser au coin de la rue. C’est un personnage imparfait comme je les aime. Il se croit fort, voire meilleur que les autres — surtout à la course à pied (la course à pied, c’est un sport, ça? s’est-il demandé en se bidonnant) — mais il apprendra que ce sport, c’est bien plus que de se mettre à courir. Au départ, Castle accepte de rejoindre l’équipe municipale d’athlétisme simplement pour augmenter ses chances d’intégrer l’équipe de basketball l’année suivante. Et, vous le devinez, cela ne se passera pas exactement comme il l’avait prévu.

Au niveau de la représentation, Castle est un adolescent noir qui habite dans un quartier pauvre des États-Unis, juste à côté d’un quartier plus riche. Cette proximité territoriale ne fait qu’exacerber les différences sociales entre les deux quartiers. Son père est en prison depuis le soir où, totalement soûl, il a tiré sur sa femme et son fils. Castle se bat à l’école pour se défendre contre les élèves qui se moquent de ses vêtements sans marques, de sa nourriture de faible qualité ou de son odeur (car il marche tous les jours pour se rendre à l’école sous un soleil de plomb). Ses matières préférées, même s’il ne le dirait probablement pas, sont l’anglais (il recommande d’ailleurs le roman Sa majesté des mouches) et l’éducation physique. Il ne s’intéresse pas particulièrement aux filles qu’il trouve un peu immatures à vouloir être plus jolies qu’intelligentes. Castle craint sa mère et la respecte beaucoup. Il souhaite la protéger, surtout depuis l’incident dramatique impliquant son père que j’ai mentionné plus tôt. Castle est un adolescent qui apprend vite, et qui est impatient de vivre pleinement sa vie sans porter le fardeau de tous les privilèges qu’il n’a pas: être noir, pauvre, et enfant de prisonnier lui donne une grande maturité. Il est un personnage bien développé et le Castle du début du roman n’est pas le même que celui de la fin. Extrait:

     Le coach m’a regardé de nouveau, droit dans les yeux.
– Ça peut t’aider à comprendre que si tu peux pas fuir qui tu es, tu peux courir vers celui que tu as envie de devenir.
J’ai laissé ses paroles faire leur chemin dans ma tête. J’étais qui, moi? J’étais Castle Cranshaw le gamin de Glass Manor avec un lourd secret. Celui avec un père en prison et une mère qui bossait comme une dingue pour moi, qui me coupait les cheveux, achetait des chaussures de sous-marque et des vêtements assez grands pour que je puisse les portes le plus longtemps possible. J’étais celui qui criait sur les profs et qui cognait sur les crétins qui parlaient trop. Celui qui se sentait… différent. Et vénère. Et triste. J’étais le gamin avec tous ces hurlements à l’intérieur.
Mais qui est-ce que je voulais être? Ça, c’était plus difficile à dire. Pourtant, il y avait un truc dont j’étais sûr, c’était que je voulais faire partie des Grands de ce monde. (p.162-163)

La traduction est un peu trop européenne par moments: On retrouve beaucoup de verlan avec des mots comme zarbi, chelou, teubé, relou, teuhon, etc. et le système d’éducation est français (CM1, troisième, quatrième, etc.), même si l’histoire se passe aux États-Unis. Il faut donc « retraduire » dans sa tête zarbi = bizarre, troisième = secondaire 2, etc. J’aurais préféré une traduction canadienne ou plus internationale. N’empêche! Ce livre vaut le détour. J’ai tellement adoré que je m’en suis acheté une copie pour ma bibliothèque personnelle. Ne passez pas à côté!

 

* Finaliste du National Book Award

Coup de cœur! 

Jason Reynolds est un auteur américain. 

Jason reynolds

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Ghost
AUTEUR(S)
: Jason Reynolds Bouton acheter petit
ÉDITION: Milan, 2019
ISBN: 9782745995032
PRIX: 22,95$
13 ans et plus

 

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uppercut Ahmed      Sako     Cours! Davide Cali

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Mes plus beaux chants de gospel

Mes plus beaux chants de gospel

Écoute les plus beaux chants de gospel : Amazing Grace ; Down by the riverside ; Go down Moses ; Oh Happy Day ; When The Saints Go Marchin’In. Des puces faciles à voir pour les petits !

Ce livre sonore est constitué de 10 pages cartonnées. Chaque double page croque un moment de la vie de personnes noires, accompagnée d’une chanson à découvrir. L’éditeur, Larousse, aurait pu s’intéresser au gospel contemporain, celui que l’on entend résonner aujourd’hui dans les églises baptistes et évangéliques nord-américaines. Il a plutôt choisi d’éditer un livre sur le gospel traditionnel, apparu au XXe siècle durant la période esclavagiste au États-Unis. C’est du moins ce que laissent supposer les illustrations qui mettent en image des scènes clairement associées à cette période: Diverses familles dans des chaloupes tentant de fuir pendant la nuit, des personnes regroupées dans un champ, une famille préparant le souper à la marmite dans ce qui ressemble à une case en briques, ou encore des personnes traversant une rivière avec des drapeaux blancs de fortune. Je veux bien laisser le bénéfice du doute à l’illustratrice, mais à mon sens, il y a clairement une tentative d’illustrer l’Amérique du XIX siècle. J’ai donc été dérangée par le fait que tous les personnages du livre sourient et semblent heureux. Pourquoi donc avoir choisi d’illustrer des personnes prises en esclavage ou victimes de ses répercussions de manière heureuse?? 😬 Surtout lorsque les chants gospel chantés sont particulièrement tristes??? Lorsqu’on s’attarde à la signification des chansons, l’amalgame devient encore plus « malaisant »:

Mes plus beaux chants gospel 3

  • Down by the riverside fait référence à la rivière de l’Ohio qui séparait les états esclavagistes de ceux qui ne l’étaient pas. La rivière à traverser est donc celle qui menait vers la liberté pour de nombreux esclaves.
  • « Go Down Moses », par le biais d’une analogie avec le pharaon d’Égypte et Israël, évoque le désir d’émancipation des afro-américains de leurs maîtres esclavagistes. « Let my people go », entend-on dans la chanson. Ça ne peut être plus clair. Aussi, il est intéressant de savoir que cette chanson était chantée par les esclaves américains pour signifier qu’Harriet Tubman était dans les parages et que les possibilités d’évasion étaient meilleures.
  • Amazing Grace a été écrit par un négrier converti et louange la grâce de Dieu. Dans le texte du livre, on dit d’ailleurs que cette mélodie nous invite à « lever les yeux vers le ciel et à garder espoir ». On suppose donc que, par la grâce de Dieu, les esclaves en fuite illustrés à la première page parviendront à échapper à leur condition.
  • « When the Saints Go Marchin’ in » est un chant funèbre. Sur l’illustration accompagnant la chanson dans le livre, on aperçoit des personnes sortant d’une église, instruments à la main et le sourire aux lèvres. 🙄

Bref, ce livre manque clairement de sensibilité. Et, oui, ce sont des chansons gospel, mais pas toujours chantées en version gospel (c’est-à-dire des mélodies simples généralement en ton majeur et au rythme répétitif). Les versions de « Go Down Moses » et « When the Saints go Marchin’ in » choisies sont celles jazzées de Louis Armstrong. Seules « Amazing Grace » (Mahalia Jakson), « Down by the riverside » (The Golden Gate Quartet) et « Oh happy day » (The Famous Davis Sisters) sont effectivement chantées de manière gospel. Le seul point positif que j’ai pu trouver à ce livre sonore est que les extraits musicaux sont assez généreux (aux alentours d’une vingtaine de seconde chacun). Ugh. Non recommandé.

Mes plus beaux chants gospel 2

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AUTEUR(S) : Marie Paruit
ÉDITION: Larousse, 2019
ISBN: 9782035977755
17,95$
2 ans ET PLUS

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crottin      épaminondas

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Frisettes en fête

Frisettes en fête bell hooksQuand on a les cheveux frisés, ça fait des nœuds, ça tire, ça fait mal ! Et puis, les princesses de contes de fées ont toujours les cheveux longs et raides…mais tristes ! Les frisettes, c’est vraiment chouette ! Une galerie de portraits plus vivants et attachants les uns que les autres. Un coup de pinceau très personnel mariant couleurs vives et pastel. Des dessins tout en rondeur et douceur, du mouvement suggéré par un trait de crayon sobre mais efficace. Le texte se lit comme une petite chanson accompagnant des illustrations qui ondulent et pétillent au rythme des pages et des cheveux des fillettes dans un univers de joie de vivre et de fête.

Cette critique aurait pu se résumer à : bell hooks. Voilà, tout est dit. Mais bon, je vais développer un peu, quand même. 😉 bell hooks est une auteure américaine que j’admire beaucoup. Elle a bien entendu écrit « Ne suis-je pas femme? », un livre (pour adultes) reconnu par la presse professionnelle américaine comme l’un des vingt titres les plus marquants de ces vingt dernières années. Quand j’ai su qu’elle avait écrit un album pour enfants, j’ai su qu’il aurait quelque chose de magique. Et cela a été le cas! Cet album est une véritable célébration des mots, de la poésie et des cheveux crépus.

Les petites filles qu’a illustrées Chris Raschka sont mignonnes comme tout. Elles aiment s’amuser et, par-dessus tout, elles ont des bouclettes et des idées de fêtes plein la tête. Leurs cheveux, elles en ont fait un jeu et les transforment à volonté. Tresses, twists, locks, noeuds bantou, ti-kouri (tresses plaquées), cheveux courts, cheveux longs… Cet album illustre à merveille les mille et une façons de mettre en valeur ses cheveux crépus. Il ne reste que quelques exemplaires du livre en version française encore en vente sur le marché: profitez-en pendant qu’il est encore temps en cliquant sur le bouton ACHETER ci-dessous. Vous pouvez aussi emprunter ce livre dans votre bibliothèque municipale.

Coup de coeur !

bell hooks est une auteure américaine. 

bell hooks

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Frisettes en fêteBouton acheter petit
AUTEUR(S) : bell hooks & Chris Raschka
ÉDITION: Points de suspension, 2001
ISBN: 9782912138217
PRIX: 8,95$
À PARTIR DE 4 ANS

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nos boucles au naturel scholastic      Comme un million de papillons noirs

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Timothée est timide ! : Plus jamais peur de s’exprimer

Timothée est timide peur de s'exprimerTimothée est le clown de la maison. Pourtant, dès qu’il se trouve en société, il ne dit plus un mot et se fait aussi petit qu’une souris… Une souris qui a justement de bons conseils pour vaincre la timidité ! Une petite souris maligne va aider le petit timide à gérer sa peur des autres et elle va lui apprendre à aller vers eux afin de vivre épanoui en société.

Ce livre est publié dans la collection Souris à la vie aux éditions Langue de Chat s’intéresse à la sophrologie ou les diverses techniques existantes pour se détendre. Les enfants y apprennent à résoudre les petits stress, à prendre confiance en eux, à appréhender les relations sociales et apprendre à gérer ses émotions afin de résoudre les conflits.

J’ai adoré la manière dont la petite souris a été introduite dans l’histoire. Inattendue (voie inespérée), elle apparaît au coin de la bibliothèque de classe alors que Timothée angoisse à l’idée de faire un exposé oral. Elle suivra le petit Timothée et l’aidera à mettre des mots sur ce qu’il vit. Le tout est amené avec douceur et sans reproches. Bravo!

– Je sais que tu as peur, Timothée. Je vais t’aider, je te le promets… La timidité n’est pas une maladie, c’est même souvent un avantage, car tu réfléchis avant de parler, tu ne te bagarres pas, tu es calme et souvent plus concentré que les autres… (p.13)

La petite souris apprendra à Timothée 9 étapes de respirations consciente à suivre pour lui permettre de chasser sa peur, ainsi qu’affronter sa crainte de parler à des gens qu’il ne connaît pas. Pleine de ressources, elle lui montrera aussi comment faire de la visualisation. Timothée est un garçon noir comme les autres qui vit une vie tout à fait normale et ordinaire avec sa mère, son père, sa petite soeur et leur gros chien blanc. J’ai été très triste de voir la timidité lui faire tant de mal. Plusieurs enfants, peu importe la couleur de la peau, pourront s’y reconnaître ou mieux comprendre leurs camarades de classe. Les parents de Timothée seront très compréhensifs et l’aideront à se préparer à son exposé oral. Il est très rare de voir se type de représentation en littérature jeunesse. J’ai adoré et je vous recommande vivement ce livre !

Timothée est timide 2
(c) Photo: Les lectures de Liyah

Coup de coeur!

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AUTEUR(S) : Catherine Aliotta & Ewen Blain
ÉDITION: Langue au chat, 2019
ISBN: 9782806309778
21.95$
5 à 8 ANS

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Vous aimerez peut-être La bulle de Miro, un album sur les frontières interpersonnelles, ou encore Pas de deux, une bande dessinée sans texte dont le protagoniste est un garçon noir.

La bulle de Miro    Pas de deux éditions de la gouttière Delphine Cuveele Dawid

 

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Un jour, tu découvriras…

Un jour tu découvrirasPlusieurs raisons expliquent pourquoi certaines personnes se sentent différentes des autres. Peut-être est-ce à cause de leur apparence physique ou de leur façon de parler, de leur nourriture ou de n’importe quel autre détail. Dans tous les cas, il n’est pas toujours facile de faire ses premiers pas dans un environnement où l’on ne connaît personne, et pourtant, c’est bien nécessaire…

Le texte percutant de Jacqueline Woodson et les somptueuses illustrations de Rafael Lopez démontrent avec brio que tout le monde se sent parfois étranger et qu’il faut du courage pour continuer son chemin malgré ce sentiment. Cet album prouve également que de bonnes choses peuvent arriver lorsque l’on ose enfin s’ouvrir aux autres!

Des les premières lignes, je me suis sentie interpelée par cette histoire: « Il y aura des jours où tu entreras dans une pièce et tu verras que personne n’est tout à fait comme toi »  peut-on lire. Les enfants issus des minorités visibles se reconnaîtront sans doute en ces quelques lignes. Mais pas que ! Car la différence peut bien sûr être celle de la couleur de la peau ou de la texture des cheveux, mais elle peut aussi être celle des vêtements portés ou de la langue parlée. L’auteure décrit avec des mots simples et porteurs de sens toute la détresse qu’un enfant peut ressentir lorsque ses petits camarades de classe rient de lui à cause de sa différence, quelle qu’elle soit. C’est une belle occasion pour questionner votre enfant (ou vos élèves!) sur leur vécu afin qu’ils puissent partager ces moments difficiles et s’exprimer sur la manière dont cela les a fait sentir. Ce livre est tout indiqué pour développer l’empathie chez vos élèves de première ou deuxième année du primaire.

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Les illustrations de Rafael Lopez accompagnent à merveille le texte tout en poésie de Jacqueline Woodson. J’ai aimé que ce livre soit écrit par des personnes racisées. #OwnVoices. Ils racontent toutes sortes de situations où on peut se sentir différent: Manger une nourriture inhabituelle aux yeux des autres, être resté tout l’été à la maison à lire et à jouer avec sa petite soeur alors que ses camarades de classes ont tous voyagé dans un pays ou un autre, avoir du mal à s’intégrer à un groupe de jeu dans la cours de récréation. C’est donc avec originalité que le thème de la différence est abordé.

un jour tu découvriras 3

Dans Un jour, tu découvriras…, les livres ont une place importance. Lorsqu’une petite fille noire se sent embarassée d’avoir passé des vacances plutôt tranquilles à la maison en comparaison aux autres, elle réalisera qu’elle aussi a vécu de folles aventures à travers les histoires qu’elle a lues. Lorsqu’un garçon blanc ne trouvera pas le courage de jouer sur la grande échelle du parc avec les autres, il se réfugiera dans un livre qui le réconfortera. Cela démontre bien la manière dont les livres nous accompagnent tout au long de la vie. Parce qu’un jour, tous découvriront la joie de partager leurs histoires. Car les livres permettent aussi d’entrer en relation avec les autres et de s’ouvrir à eux. Et que malgré nos différences, il y a toujours quelque chose qui nous rend semblables. Bref, ce livre témoigne du courage nécessaire pour aller de l’avant quand on se sent différent.

Coup de coeur !

Jacqueline Woodson est une auteure américaine.

Jacqueline woodson 2

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Un jour, tu découvriras…
AUTEUR(S)
: Jacqueline Woodson & Rafael LopezBouton acheter petit
ÉDITIONScholastic, 2019
ISBN: 9781443176415
PRIX: 11,99$
5 à 9 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être The Other Side, un album de la même auteure, Jacqueline Woodson. Interdit aux éléphants, un album pour enfants sur l’acceptation des différences.

Interdit aux éléphants      Othersidepicturebook

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Les chiffres de Maya

Chiffres de maya québec amériqueAvec ses 10 doigts, son grand cœur, ses neuf amis ou ses deux parents; pendant les 7 jours de la semaine, aux quatre points cardinaux ou en regardant les étoiles… Maya apprend à compter jusqu’à 10.

J’admets que ce livre m’a laissée plutôt indifférente. Les choses que compte Maya n’ont pas vraiment de lien entre eux : dix doigts, neufs amis reçus à son anniversaire, les huit tentacules d’une pieuvre, les sept jours de la semaine, etc. Maya semble vivre sur une île déserte avec ses parents et on ne sait pas trop pourquoi (les neuf amis reçus à son anniversaire sont en fait des animaux). On retrouve la pieuvre et ses huit tentacules de page en page, sans toutefois que cela n’ajoute un intérêt particulier au niveau de la lecture. Le format à l’italienne ne se prête pas vraiment bien au livre car les illustrations on plutôt un cadre resserré (il aura été bien que le long format du livre-objet donne à voir les beaux paysage de l’île où vit Maya…). Parfois même la mise en page peu équilibrée laisse entrevoir un fond beige fait de coquillages ou encore des vignettes sans grand intérêt. Le texte est très simple et n’offre pas un champ lexical intéressant, par exemple concernant les îles (pourquoi pas!). Bref, le livre n’est pas mauvais, il est simplement inintéressant. Dommage. Cela dit, Maya est une petite fille métisse et à la fin du livre, on aperçoit sa maman qui est noire et son papa qui est blanc. Un bon coup pour la représentation des personnes racisées en littérature jeunesse !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Martine Latulippe & Fabrice Boulanger
Maison d’édition: Québec AmériqueBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782764439135
Public cible: 3 à 5 ans
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Le jardin de Clara

 

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Le petit train d’Amidou

Le petit train d'amidouChaque jour, Amidou conduit son train, une boîte en fer blanc et deux caisses de bois remplies de passagers, le long du fil qui le relie aux deux êtres qui lui sont le plus chers, sa mère et son grand-père. Le matin, il embrasse sa maman et entreprend un chemin semé d’embûches à travers la savane pour arriver au village ou Grand-père l’attend pour lui raconter de merveilleuses histoires.

Dans cette histoire, il y a un fil. Un fil qui nous suit de pages en pages, qui tise un conte où il y a de petites boîtes, mais pas n’importe lesquelles. Ce fil et ces boîtes, mises ensemble, alimentent l’imagination du petit Amidou, le suit dans un voyage et le lit à son environnement. Ce train circule entre la maison, la savane, le baoba où son grand-père raconte des histoires, le terrain de foot où jouent des enfants, et de beaux paysages où se couche le soleil fatigué à la fin de la journée. Un très bel album sur les liens qui unissent une communauté et sur la linéarité. À lire !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pep Molist & Emilio Urberuaga
Maison d’édition: Le Sorbier
Année de publication: 2007
ISBN: 9782732039428
Lectorat cible: 3 à 6 ans
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Le chocolat

le chocolat ricochetUne invitation à découvrir le chocolat, de la culture des cacaoyers à ses différentes formes de dégustation en passant par sa fabrication industrielle ou artisanale, ainsi que son histoire et ses caractéristiques nutritives.

Voici le deuxième titre de la collection « Je sais ce que je mange » des éditions Ricochet que je lis. On y retrouve la même qualité à laquelle on nous a habitués et on en apprend beaucoup sur le chocolat, sur ses utilisations dans diverses traditions culinaires mondiales (par exemple le mole du repas traditionnel mexicain et le xocoatl des premières nations sud américaines). On apprend aussi les difficultés à cultiver (à la main!) le cacaoyer, les quatre principales variété de cacao et le faible rendement en fruits de cet arbre fragile. Les jeunes lecteurs se familiariseront avec des concepts tels que le commerce équitable, la pauvreté des cultivateurs, l’écabossage, la torréfaction des fèves, le conchage, la production mondiale de chocolat et les chocolateries. On retrouve en fin d’ouvrage une section infographique dont le texte est en lettres attachées. Voilà un très bon livre que je recommande sans hésitation !

chocolat éditions ricochet 3

Je remercie les éditions Ricochet de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sandrine Dumas Roy & Nicolas Gouny
Maison d’édition: Les éditions du RicochetBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782352632092
Public cible: À partir de 8 ans

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