Le cercle de providence (tome 1): L’appel

Francis est un adolescent comme les autres qui vit dans la petite ville de Providence. Avec son ami Howard, ils trainent et multiplient les ennuis. Mais l’arrivée d’Atonia, une mystérieuse jeune fille, semble tout bousculer. Quel est donc ce monstre qui l’obsède ? En quoi est-ce lié aux cultes anciens que son grand-père a étudiés ? Francis plonge peu à peu, au cœur du mystère…

Une histoire librement inspirée de L’Appel de Cthuluh, le chef-d’œuvre de H. P. Lovecraft, cette bande dessinée a tout pour plaire. Avec un design de personnages réaliste et « cartoony » à la fois, et des environnements détaillés, chaque planche offre un équilibre certain. Et pouvons-nous parler de Attonia Wilcox en particulier? Cette fille est tellement badass! Super design pour ses cheveux (vous savez comme c’est important pour moi que les personnages noirs aient des coiffures qui correspondent à leur identité): Un genre de mohawk vert fluo, rasé sur les côté, avec un long lock à la nuque. À 16 ans, j’aurais voulu avoir la même coupe! 😀

Mention spéciale aussi pour le graphisme et la palette de couleurs choisie: tantôt plus fade lors des séquences de notre réalité ennuyeuse, tantôt fluo et glauque à la fois lorsque les forces démoniaques apparaissent. La créature maléfique, gigantesque et tentaculaire, moitié seiche et moitié humanoïde donne froid dans le dos. Frissons assurés! D’ailleurs, les auteurs donnent au récit une montée en tension maîtrisée et un rythme soutenu. L’histoire fait vivre beaucoup d’émotions, avec une mise en bouche déjà assez intense, une succession de péripéties limite stressantes et un dénouement qui appelle une suite.

Bref, je conseille vivement aux jeunes préados et ados qui carburent aux histoires fantastiques qui font frissonner! Une belle rencontre avec l’univers de H. P. Lovecraft pour le lectorat jeunesse. Hâte de lire la suite! C’est drôle, je suis à nouveau agréablement surprise par la nouvelle qualité des éditions Jungle: une plus grande variété de récits, des personnages forts et un choix de bédéistes talentueux. Eh ben, dites donc, les éditions Jungle est à surveiller ces temps-ci…

Le cercle de providence, 1: L’appel
AUTEUR(S): Sébastien Viozat & Anne-Catherine Ott
ÉDITION: Jungle, 2020
ISBN: 9782822229869
PRIX: 26,95$
14 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
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Suggestions de livres anti-racistes en anglais

Il existe une belle sélection de livres jeunesse qui explorent la couleur de peau, la texture des cheveux et le processus de racialisation du côté anglophone. Malheureusement, très peu de ces livres sont traduits en français (éditeurs francophones, êtes-vous là??) On peut compter sur les doigts de la main les livres jeunesse en français qui abordent de manière sans équivoque ces sujets. Si vous parlez anglais, profitez-en pour lire quelques livres anti-racistes à vos enfants. Vous pouvez aussi traduire lors de la lecture! Voici quelques suggestions d’albums pour enfants que j’ai particulièrement aimés et qui sont disponibles dans les librairies francophones. Cliquez sur les images pour placer vos commandes avant qu’ils ne soient épuisés!

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Magnificent Homespun Brown: Ce livre est une exploration de la nature et des liens familiaux à travers les yeux d’une jeune narratrice métisse. Cette dernière est pleine de vie, exaltante, unique, exubérante et fermement ancrée dans son sentiment d’appartenance et son estime d’elle-même. C’est une histoire, un poème, une chanson, une célébration, sur le fait de se sentir chez soi dans sa peau, une enveloppe qu’on peut aimer profondément.

Cool cuts: Les garçons aimeront voir un miroir d’eux-mêmes qui les montre comme étant des personnes heureuses et fortes dans ce livre rimé rempli de coiffures afro. Du fro-hawk au mini twists, du fade parfait au tresses plaquées, il y a dans ce livre de belles illustrations de garçons noirs avec des cheveux frisés, bouclés, crépus sur chaque page, accompagnées d’un message positif. Un livre superbe pour promouvoir une belle estime de soi chez nos garçons et leur dire qu’ils sont « nés pour être géniaux »!

I am brown: Je suis noire. Je suis belle. Je suis parfaite. J’ai créé cet ordinateur. J’ai couru cette course. J’ai gagné ce prix. J’ai écris ce livre… Ce livre est une célébration de cette peau qui est la tienne: une célébration de l’identité noire, du fait d’être génial.e, du fait d’être simplement toi!

I believe I can: Ce livre agit comme une affirmation pour les filles et les garçons racisés afin qu’ils apprennent à s’aimer et à croire en eux-mêmes. « Ma présence est importante dans ce monde. Je sais que je peux tout faire, je peux réaliser tant de choses. Je dois simplement croire en moi. »

I am enough: Une ode lyrique, magnifique et saisissante à l’amour de soi, au respect des autres et à la bonté. « Nous sommes tous là pour une raison. Ce que nous sommes suffit, et même plus. Nous avons simplement besoin de le croire. » Un livre qui donne confiance aux enfants qui manquent un peu d’estime d’eux-mêmes.

Where are you from? : Ce livre jeunesse récipiendaire de nombreux prix littéraires raconte l’histoire d’une fille à qui on demande constamment d’où elle vient, d’où elle vient « vraiment ». Pourtant, il n’y a pas de réponse simple à cette question. Elle se tourne vers son abuelo, son grand-père, qui ne lui donnera pas la réponse à laquelle elle s’attendait. Sa réponse sera encore meilleure. Un livre parfait pour tous ces enfants qui se sentent étrangers dans leur propre pays.

I love being me! : Ce livre pour lecteurs débutants a pour sujet la joie d’être soi-même, plus particulièrement, la joie d’être une fille. Les personnages de l’histoire sont issus de la diversité raciale et ethnique et aiment une variété de choses: la lecture, le soccer, la cuisine, la natation, le jardinage, et plus! Un petit livre pour apprendre à lire et pour apprendre à s’aimer soi-même.

I am perfectly designed : Un papa. Un garçon. Une marche dans un parc. Une conversation. Une découverte de tout ce qui les rend parfaits l’un pour l’autre.

Don’t touch my hair! : Une lecture nécessaire qui enseigne l’importance de demander la permission avant de mettre la main dans les chevelures bouclées, frisées et crépues des filles. On dirait que peu importe où Aria va, quelqu’un se permet de toucher ses cheveux. Dans la rue, des étrangers tendent la main vers ses boucles, sous la mer, c’est pareil. Dans la jungle aussi, et même dans l’espace! Jusqu’au jour où Aria en a assez! Le tout est amené avec humour.

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Alana et l’enfant vampire

Alana en a assez que ses parents et sa soeur partent gérer les conflits vampiriques sans elle. Alors quand sa meilleure amie Oli lui annonce que Joaô, le nouvel élève de leur classe, est probablement un vampire, elle cherche à en savoir plus. Pour la jeune fille, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener une mission à bien malgré ses déficiences physiques.

Que de bon points pour ce roman que j’ai A-DO-RÉ! Déjà, le sujet m’intéressait à la base: j’adore les histoires de vampires (#GenerationBuffy) et celle-ci est particulièrement intéressante. L’autrice offre le bon dosage entre histoire jeunesse et éléments fantastiques. Car oui, Alana et ses ami.e.s vont à l’école et suivent leurs cours, mais entre intérêts pour le monde des vampires, histoire familière particulière et un nouvel élève mystérieux, le surnaturel n’est jamais bien loin.

J’ai lu ce roman durant le mois de Mai qui, pour ceux qui ne le savent pas, est le mois dédié au mouvement #MaiPoils. Je me demandais justement s’il existait des livres ou autres produits culturels où le poil féminin est normalisé. Et BAM!, je tombe sur ce passage d’Alana et l’enfant vampire dans lequel le personnage principal se réfugie dans le vestiaire des filles pour pleurer et est rejointe par Olympe, sont amie:

« Mon amie vient s’asseoir à côté de moi, je baisse les yeux sur nos pieds. Elle porte des chaussettes blanches montantes avec ses baskets de sport. Je remarque que ses mollets sont couverts de fins et longs poils bruns. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas les raser, moi, je supporte par les regards et les remarques des autres. » (p. 55)

Sans jugement de valeur, sans en faire tout un plat, sans remettre en question le fait que oui, les filles pubères ont des poils aux pattes. D’ailleurs, le personnage d’Olympe est intéressant car dès le début, on mentionne qu’elle est souvent prise pour un garçon et que cela ne les dérange pas du tout, ni la principale concernée, ni Alana. C’est comme ça, c’est tout, c’est pas plus grave que ça. Un peu plus loin dans le récit, Olympe discutera de son identité de genre à ses amis (hors texte) et, sans chichis, le « iel » (pronom neutre, contraction du « il » et du « elle ») sera adopté pour faire référence à Olympe. L’autrice adoptera d’ailleurs une écriture neutre à partir de ce moment là, en faisant notamment usage du point médian (ex.: « Oli s’est levé.e de son matelas pour ouvrir doucement la porte » (p.150)) L’identité de genre d’Olympe n’est pas du tout au centre du récit, c’est simplement mentionné, puis les personnages et l’autrice se sont adaptés. C’est tout. J’ai trouvé cette manière d’inclure la diversité de genre dans un récit tout à fait fabuleuse. Je n’ai d’ailleurs encore jamais lu d’autres romans comme celui-là. En connaissez-vous d’autres?

Niveau représentation raciale, on a Joâo, 13 ans, nouvel élève de l’école. Un garçon timide, qui ne parle pas beaucoup et qui ne semble pas très motivé à se faire des amis. On apprendra très rapidement dans l’histoire que son comportement distant s’explique par le fait qu’il est un vampire. Beau garçon, plusieurs filles de la classe tombent sous son charme. On a une bonne compréhension de qui est Joâo et de sa personnalité avant que l’autrice nous le décrive physiquement. J’ai aimé cette approche. Ce n’est qu’en page 38 qu’on peut lire ceci: « Sa peau est marron très foncé, ses yeux sont noirs aux reflets dorés e ses cheveux presque rasés. » Sans tout vous révéler, Joâo aura un rôle important dans l’histoire et fera preuve de courage, de confiance et de bonté.

L’autrice Cordélia mentionne en postface qu’elle avait « à cœur de proposer des personnages diversifiées, qui sortent de la norme qu’on trouve trop souvent en littérature jeunesse ». À mon sens, c’est un pari plus que réussi car non seulement on retrouve beaucoup de diversité dans le livre, mais il déconstruit plusieurs clichés et il normalise les corps ordinaires. Le tout, sans que cela soit forcé! On peut penser par exemple à ce passage où Alana mentionne tout naturellement qu’elle ressent une grande fatigue malgré le fait d’avoir dormi jusqu’à midi la veille, notamment parce qu’elle a ses règles:

Aujourd’hui, c’est samedi. J’ai dormi jusqu’à midi et je suis encore fatiguée. Et puis, j’ai mes règles depuis hier. Les deux premiers jours, ça me met toujours le ventre en vrac, en plus de m’obliger à changer de serviette hygiénique cinq fois par jour. J’erre dans l’appartement en pyjama, à la recherche de quelque chose à me mettre sous la dent, en plus du paracétamol qui calme un peu mes douleurs au bas-ventre. Mamie est sortie, tout est calme. (p. 63-64)

On peut également lire en page 91 où Alana change de serviette et se demande si les vampires sentent le sang des règles. Ce doit être l’enfer pour Joâo car dans tout le collège, il doit y avoir au moins une fille par jour qui a ses règles! Dans le romans, on parle également des douleurs chroniques d’Alana et du handicap. L’autrice Cordélia amène tous ces éléments de manière naturelle et fluide. On en veut plus, des romans comme celui-là! Je prend le temps de mentionner que l’autrice a une très belle plume, limpide et accessible. Un gros, gros coup de cœur pour moi. 🙂 J’espère sincèrement que vous aimerez ce roman autant que moi! Il vaut absolument la peine d’être lu.

Coup de cœur!

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Alana et l’enfant vampire
AUTRICE : Cordélia
ÉDITION: Scrinéo, 2020
ISBN: 9782367408651
PRIX: 29,95$
11 ANS ET PLUS

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Les esclaves de cumana

Vers l’an 1800, Pablo, jeune métis, enfant naturel d’une esclave africaine et d’un commerçant espagnol, vit une vie de chien dans le petit village de la forêt amazonienne où le sort l’a fait naître. Il y subit, jour après jour, les persécutions des fils légitimes de son père.

Fuyant les mauvais traitements et la dureté de sa condition, il part à la recherche de sa mère, que le commerçant a vendue, voici des années, pour l’éloigner.

Dans l’aventure qui l’emmène à travers plusieurs régions d’Amérique du Sud et lui fait affronter de nombreux dangers, Pablo va être aidé par deux Européens de passage, qui ne sont pas les premiers venus. Il s’agit du savant allemand Alexander von Humboldt et de son assistant français, le botaniste Aimé Bonpland, esprits éclairés, dont les travaux scientifiques et les prises de position humanistes vont marquer leur époque.

Je qui étonne d’abord dans ce livre, c’est sa manière d’emprunter des codes tant du côté de la bande dessinée que de l’album. Hybride, il se lit de manière peu commune, de cases en cases, avec les phrases qui commence ici et finissent là-bas. J’ai particulièrement aimé cet équilibre entre l’image et le texte: on a vraiment l’impression de voir un film image par image.

L’histoire est une incursion intéressant dans le passé et fait voyager en Australie. On apprend rapidement à connaître Pablo et son histoire. Par contre, il est rapidement relayé en second plan lorsque arrivent deux européens adultes dans l’histoire: un Allemand nommé Alexander von Humboldt et un Français nommé Aimé Bonpland, tous deux animés par la science et l’aventure. D’un coup, ce sont eux que le lecteur va suivre dans leur recherches de nouvelle plantes à identifier, d’animaux inconnus à découvrir et de contrées à cartographier. Ils vont défendre Pablo de ses méchants frères, ils vont lui écrire une lettre lui permettant de se rendre à l’école, puis ils le conduiront jusqu’à la ville où Pablo espère retrouver sa mère. Ce sont donc eux qui font avancer le récit. Laissé chez un prêtre, Pablo ne pourra pourtant pas aller à l’école et on fera de lui un esclave comme les autres, même si sa condition se révèle légèrement moins pire que celle d’esclaves noirs à cause du fait qu’il soit métis.

Un peu plus loin dans le récit, Pablo, s’étant enfui de chez le prête, se retrouvera sur un bateau à nouveau en compagnie des deux Européens et ces derniers le prendront de nouveau sous son aile. Ils l’achèteront afin qu’il échappe à une vie d’esclave pénible, l’aideront à trouver sa mère, embaucheront cette dernière dans leur villa comme employée et enverront Pablo à l’école. Bref, j’avais espéré lire le récit d’un jeune garçon métis en temps d’esclavage, mais c’est plutôt celui de deux européens et de leur générosité qui est raconté. En fin d’album, on retrouve un dossier pour en savoir plus sur Alexander von Humboldt et Aimé Bonplan (car oui, ils ont vraiment existé), ainsi que sur la traite des Noirs.

Un intéressant récit malgré tout, bien écrit et illustré, même si ce n’est pas vraiment l’histoire promise par le résumé en quatrième de couverture qui nous est raconté. Le sous-titre mentionne bien pourtant « Aimé Bonpland et Alexander von Humboldt en Amérique du Sud ».

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Les esclaves de Cumana
AUTEUR(S) : Olivier Melano 
ÉDITION: L’école des loisirs, 2015
ISBN: 9782211217255
PRIX: 22,95$
11 à 13 ANS

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Fechamos (on ferme), un album similaire dont l’histoire se déroule aussi en Amérique du Sud.

[INFO] Nouveautés en littérature jeunesse : printemps 2021

Mais non, je ne vous ai pas oublié! 2021 est une année très chargée pour Mistikrak! jusqu’à présent, mais j’ai tout de même trouvé du temps pour vous faire la liste des nouveautés jeunesse ayant des personnages noirs sortis ces derniers mois ou à paraître bientôt. De belles découvertes qu’il me tarde de lire! Eh non, ma pile de livres à lire de réduira pas de si tôt! 😉 Comme d’habitude, cliquez sur les pages couverture pour placer vos commandes.

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Mes deux mamans: Nicolas s’interroge car Elvi a deux mamans et il voudrait savoir laquelle est la vraie, celle qui l’a portée dans son ventre. Son amie lui explique alors avec patience et humour qu’une famille, c’est avant tout de l’amour. Un album publié aux éditions Talents Hauts. Sortie: Avril 2021.

La guerre des jupes: Dans la cour de l’école, Teddy et sa bande s’amusent à soulever les jupes des filles. Un jour, Louise et ses amies décident de mettre en place un groupe d’action « Touchez plus à nos jupes ». Ensemble, elles amènent les garçons à réfléchir à leurs actes et font cesser leur jeu sexiste. Sortie: Septembre 2019.

De petit à grand: Martin Luther King: Martin Luther King a été élevé dans une famille de pasteurs. Un jour, un ami l’a invité à jouer chez lui, mais la mère du garçon a refusé de laisser entrer Martin à cause de la couleur de sa peau. Il a alors compris que quelque chose ne tournait pas rond. Il s’est promis que, lorsqu’il serait grand, il combattrait les injustices, et qu’il le ferait avec la plus redoutable des armes : les mots. Aujourd’hui, son nom est associé à la naissance du grand mouvement de lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Sortie: Février 2021.

Julian au mariage: Il s’agit du deuxième album de Jessica après Julian est une sirène. Un mariage, c’est pour fêter l’amour. C’est aussi pour s’amuser ! Julian et Marisol s’échappent du repas des mariés et jouent sous l’arbre à sirènes. Après ses caracoles avec Gloria, la petite chienne, la robe de Marisol est toute sale. «Oh non !» dit-elle, mais l’imagination de Julian et la compréhension des grands-mères lui redonnent des ailes ! Sortie: Mai 2021.

La magie de maman: Cet album réconfortant, écrit par l’auteure à succès Edwige Danticat et illustré par la nouvelle venue Shannon Wright, dépeint magnifiquement la relation entre une mère et son enfant. Ce chef-d’oeuvre est parfait pour la fête des Mères et tout au long de l’année! Sortie: Avril 2021.

Mon imagier des couleurs: Découvre les couleurs de l’arc-en-ciel grâce aux objets qui t’entourent ! La collection Bébé futé propose des imagiers réalistes et ludiques pour apprendre en s’amusant ! Sortie: Mars 2021.

La furie: Au village, tout le monde ne parle que de la Furie dont on dit qu’elle pousse de terribles cris, qu’elle vole le pain et transmet d’atroces maladies. Si personne ne l’a jamais vue, certains veulent édifier un mur haut pour s’en protéger. La jeune Albertine décide d’en savoir plus et s’engage au cœur de la forêt. Sur la tolérance et la peur de l’étranger. Sortie: Mai 2021.

Sous la ville, mon jardin: Un soir d’été, un orage éclate et la pluie fait surgir la nature dans le paysage d’un quartier duquel elle avait disparu. Les voisins, surpris, en profitent pour retisser des liens. Une histoire sur l’importance de vivre en harmonie avec la nature. Avec des volets faisant évoluer les illustrations de chaque page et un grand dépliant final. Février 2021.

LOL surprise! Un dîner presque parfait: Block Party B.B., qui vient d’emménager dans son quartier, aimerait beaucoup se faire de nouveaux amis. Mais voilà, elle est hyper timide ! Dès qu’elle voit quelqu’un s’approcher, elle fuit à toutes jambes. Et si elle faisait appel à son ange gardien pour organiser une petite fête entre voisins ? Sortie: Mars 2021.

Alerte tempête! : Suite à la chute d’un arbre sur la maison où elle garde la petite Lisiane, Salomé cherche un abri. En route, la jeune fille croise la fantasque Henriette et son caniche royal Albert. Ensemble, elles fuient la tempête Irma qui s’approche à bord de leur voiturette électrique. Une partie documentaire sur les cyclones complète l’ouvrage. Sortie: Mars 2021.

Je mène l’enquête au Louvre: Léonard, grand passionné d’art, se rend au musée du Louvre pour une visite nocturne. Mais pendant la nuit, le fantôme de Mochephéghor sème la panique parmi les visiteurs. Léonard se lance à la poursuite du revenant. Une exploration du musée doublée d’une enquête à résoudre grâce à des témoignages, des jeux, des énigmes et des cherche et trouve. Sortie: Février 2021.

Magikids: Carter, un jeune orphelin, est écœuré par la magie à cause de son oncle, Rusé René Baston, et d’un dirigeant de fête foraine, B.B. Bosso, qui s’en servent pour duper les gens. Il rencontre M. Vernon, un illusionniste, ses amis et sa fille adoptive, qui essaient de lui prouver que la vraie magie existe. Ensemble, ils font tout pour arrêter B.B Bosso. Avec des leçons de magie au fil du récit. Février 2021.

Né coupable: En mars 1944, la ségrégation bat son plein en Caroline du Sud. George Stinney, jeune Afro-Américain de 14 ans, est arrêté pour le meurtre de deux fillettes blanches. Le garçon, qui reconnaît les avoir croisées quelques heures avant leur disparition, est le coupable idéal aux yeux du shérif. Interrogé et poussé à signer des aveux dont il ne comprend pas le sens, il est condamné à mort. Sortie: Février 2021.

De petite à grande: Harriet Tubman: Harriet Tubman est née aux États-Unis dans une famille d’esclaves. Une fois adulte, elle a réussi à s’enfuir vers le nord du pays, où l’esclavage était interdit. Elle est ensuite retournée dans le Sud pour aider d’autres personnes à accéder à la liberté. Cette femme intelligente et courageuse a inspiré plusieurs générations d’Afro-Américains et d’Afro-Américaines dans leur lutte pour l’égalité et les droits de la personne. Sortie: Février 2021.

Les tambours du Dieu noir: Louisiane. Années 1880. Tandis qu’une guerre de Sécession interminable démantèle les États-Unis d’Amérique, un complot menace La Nouvelle-Orléans, territoire indépendant libéré de l’esclavage, au cœur duquel les Tambours du dieu noir, une arme dévastatrice jalousement gardée, attisent les convoitises. Sortie: Mai 2021.

Le festival du dragon-thé: Entourée de dragons-thé depuis son jeune âge, Rinn fait la rencontre d’Aedhan, un jeune dragon qui, il y a quatre-vingt ans, avait été envoyé pour assurer la protection de son village. Entre-temps, il s’était endormi dans la forêt. Avec l’aide de son oncle Erik et de son compagnon Hesekiel, la petite fille enquête sur l’énigme de ce sommeil enchanté. Sortie: Avril 2021.

Sur le vif: Emoni, 17 ans, rêve de devenir cheffe dans un restaurant. Mais elle a aussi une petite fille de 2 ans, des cours au lycée et travaille le soir pour aider sa grand-mère à payer ses factures. Convaincue qu’elle ne pourra jamais réaliser son projet, l’ouverture dans son lycée d’un nouveau cours d’arts culinaires pourrait toutefois lui donner l’opportunité de montrer ses talents. Sortie: Août 2021.

On nous appelait les mouches: Un certain futur, demain peut-être. Le monde civilisé n’existe plus. Des enfants survivent sur des montagnes de déchets, qu’ils trient pour revendre aux plus grands ce qui semble monnayable. On les appelle les mouches. Sortie: Novembre 2020.

Ma famille méli-mêlée: Issu d’une famille métissée, le jeune narrateur attend la naissance d’une petite soeur. Il se demande quelle seront la couleur de sa peau et la forme de ses cheveux. Avec un arbre généalogique ludique en fin d’ouvrage. Sortie: Avril 2021.

Les pierres de dragon (tome 2): Alors qu’elle n’a pas fait son choix entre les dragons-sentinelles et les dragons-conquérants, Salomé vole la Pierre de dragon à Karl. Ce dernier, déterminé à la récupérer, est prêt à tout pour se venger, allant même jusqu’à ouvrir certains confins de l’Avant-monde. Sortie: Février 2021.

Chroniques perchées du bal magique: Dans le royaume de Thrynne, la forêt est dans le collimateur du pouvoir. Mais trois enfants, Zam, Phoebe et Bathsheba, vont tout faire pour la sauver… Sortie: Décembre 2020.

Tous différents, mais tous égaux? : Des explications sur les différentes formes que peut prendre la discrimination telles que le sexisme, le racisme, l’homophobie ou l’antisémitisme. Sortie: Avril 2021.

Fantômes de la Nouvelle-Orléans: Arrivés à La Nouvelle-Orléans le 31 octobre 1915, Tom et Léa doivent trouver Louis Armstrong et le guider pour qu’il devienne le Roi du Jazz ! Les enfants comptent bien le convaincre de prendre part à la fanfare de la parade d’Halloween. L’ennui, c’est que La Nouvelle-Orléans est réputée pour être la ville la plus hantée des États-Unis… Sortie: Avril 2021.

Je suis puissant: Comment pouvons-nous changer les choses? Il faut une première graine pour faire naître un jardin, une première note pour créer une mélodie, une première brique pour faire tomber les murs. Chaque mouvement et moment de changement part d’un but, d’une intention, d’une personne. Sortie: Janvier 2021.

L’hôpital: Pour découvrir l’univers hospitalier, des situations d’urgence mettent en scène des enfants qui sont soignés à l’hôpital ou passent des examens. Avec un infirmier noir. Sortie: Avril 2021.

Les forêts: L’environnement englobe tous les éléments naturels de notre planète : l’air, l’eau, la terre, les végétaux et les animaux. Nous aussi, les êtres humains, en faisons partie ! Les forêts sont les habitats d’une multitude de végétaux et d’animaux. Elles contiennent de précieuses ressources comme de la nourriture, des matériaux, des médicaments et de l’eau. Sortie: Avril 2021.

Roi du baseball: La fée Morgane envoie Tom et Léa à New York, en 1947. Elle leur offre des casquettes magiques pour qu’ils puissent participer à un match de baseball important. Mais pourquoi ce match est-il un grand évènement dans l’histoire du baseball ? Tom et Léa comptent bien le découvrir… Sortie: Avril 2021.

Voyage à Birmingham: Alors que la ségrégation fait rage et provoque émeutes et révoltes, une famille noire vivant au Nord se rend dans le sud des Etats-Unis. Sortie: Mars 2021.

Babel corp (tome 2): Les adolescents ayant gagné au jeu de survie organisé sur le vaisseau Genesis 11 débarquent sur la mystérieuse planète Eden, riche en gisements de noxolyte. Ils doivent extraire cette substance très puissante pour Babel Corp, la compagnie qui les a envoyés. Mais Emmett et ses compagnons ne sont pas au bout de leurs surprises. Sortie: Avril 2021.

Fais le clown: Reconnais les émotions exprimées par le petit clown et joue-les, à ton tour, face au miroir ! Un livre-miroir pour développer l’empathie et mieux apprivoiser ses propres émotions. Sortie: Avril 2021.

La cuisine: Quinze questions-réponses sur la cuisine et les multiples facettes de l’alimentation, avec des expériences scientifiques à réaliser. Avec pour personnages principaux, une famille métissée. Sortie: Mars 2021.

Parce que ta vie compte: Sais-tu que TA VIE compte? On dit que la matière, c’est tout ce qui compose l’Univers : l’énergie, les étoiles, l’espace… Alors comme tu fais partie de l’Univers, ta vie compte aussi! Tu comptais depuis le début des temps, depuis bien avant ta venue au monde. Sortie: Mai 2021.

Sous nos yeux: Ce guide explore l’importance et l’influence des images sur les jeunes que ce soit à la télévision, au cinéma, dans les jeux vidéos, les publicités ou les séries. L’auteure analyse la nature de ces images et leurs effets puis propose des outils pour que les adolescents puissent modifier leur regard. Sortie: Mai 2021.

Sœurs jumelles: Maureen et Francine sont soeurs jumelles et meilleures amies. Elles partagent tout : les loisirs, la nourriture et les vêtements. Mais juste avant le début de leur sixième année, les goûts de Francine changent. Soudainement, les jumelles ont de moins en moins d’intérêts communs. Elles grandissent en prenant des directions opposées, et Maureen ne peut rien y faire. Ces sœurs qui étaient inséparables réussiront-elles à se reconnecter?

Tout ce que j’aime: Une petite fille s’extasie devant les petites choses qu’elle déclare, l’une après l’autre, aimer plus que tout : la fenêtre par laquelle elle observe le monde, la confiture de sa tartine, ses chaussures luminescentes, son doudou ou encore son livre. Même si tout cela est éphémère, il reste toujours quelque chose d’immuable, le lien indéfectible entre l’enfant et sa mère. Sortie: Mars 2021.

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550 000 élèves de première année canadiens recevront le livre « Le costume de Malaika » de Nadia L. Hohn

Les élèves de première année à travers le pays recevront gratuitement cet automne le livre Le costume de Malaika. Pour de nombreux enfants, ce sera le premier livre qu’ils.elles recevront en cadeau de leur vie et le premier qu’ils.elles posséderont. Cet album est le premier d’une trilogie publiée d’abord en anglais par Groundwood Books, puis en version française par les Éditions Scholastic.

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Grâce au Centre du livre jeunesse Canadien (CLJC) et au soutien du Groupe Banque TD, le programme Un livre à moi TD offre un superbe album canadien à chaque enfant de première année partout au Canada. En collaboration avec les ministères de l’Éducation, les conseils scolaires, les centres de services scolaires et les organisations de bibliothèques, le CLJC distribue plus de 550 000 livres chaque année. Depuis 2000, plus de 11,4 millions de livres ont été donnés aux élèves de première année dans tout le pays.

Dans Le costume de Malaika, nous suivons la jeune Malaika alors qu’elle se prépare à célébrer le carnaval dans son village natal aux Caraïbes pendant que sa mère prépare leur nouvelle vie au Canada. Dans cet album aux couleurs éclatantes et à la langue riche, les jeunes lecteurs découvriront l’imagination vive de Malaika et sa détermination à réaliser le costume de ses rêves pour le carnaval. Ce titre illustre également le lien fort qui unit une grand-mère à sa petite-fille, tout en célébrant la diversité et l’étendue des relations familiales.

Karen Li, éditrice de Groundwood Books s’est dit ravie du choix de cet album pour le programme:

«Au cours de la dernière année, nous avons été confrontés de toutes les façons possibles au manque significatif de diversité, d’équité et d’inclusion dans notre société, et aux conséquences qui en découlent. Nous pensons que Malaika – un personnage qui a été adopté à travers le pays – nous offre une perspective précieuse. Son histoire montre la diversité des cultures, des structures familiales et des réalités socio-économiques souvent sous-représentées dans les livres pour enfants. Mais ce qui est tout aussi important, c’est que Le costume de Malaika permet de cultiver l’esprit communautaire, la résilience et la joie. Nous espérons que ce choix du programme Un livre à moi TD sera le point de départ de nombreuses conversations amusantes et fructueuses dans les familles.»

Le costume de Malaika est une ode à la famille, à la culture caribéenne et à la créativité. Pour l’autrice Nadia L. Hohn, c’est un rêve devenu réalité: « En tant qu’ancienne enseignante de première année, » dit-elle, « je sais à quel point c’est important pour les enfants d’avoir leur propre exemplaire d’un livre physique qu’ils peuvent garder pour eux-mêmes et chérir à mesure qu’ils deviennent des lecteurs émergents. »

Pour commander un exemplaire du livre Le costume de Malaika, cliquez ici:

Lulu et Nelson (tome 1): Cap sur l’Afrique

La vie ne prend pas toujours le chemin le plus court pour nous mener là où elle doit nous mener. Elle aime les détours. Et ceux-ci regorgent d émotions inconnues, d’expériences inédites et de rencontres magiques… Dans un pays en proie aux inégalités, Lulu – italienne intrépide – et Nelson – sud-africain, plein d’espoir -, que tout tend à séparer, se retrouvent unis autour d’un même combat : la quête de la liberté. Laissez-vous conter l’un des plus beaux détours de leur vie…

J’ai adoré la série La Balade de Yaya de Girard et Omont, ainsi que Les Carnets de Cerise. Alors quand j’ai su que ces deux auteurs collaboraient à nouveau pour une nouvelle série, j’ai tout de suite voulu la lire. Et je n’ai pas du tout été déçue!

Je vais débuter cette critique en soulignant la qualité des illustrations car c’est vraiment ce qui attire l’œil au premier abord. Avez-vous vu cette page couverture sublime? On retrouvera ce même mouvement, cette même profondeur et cette même luminosité tout au long de la bande dessinée. D’ailleurs, la luminosité des illustrations contraste avec le récit assez sombre qui aborde la thématique de la mort, du deuil, du racisme et de la famille. Car oui, dès les premières pages, on assiste à la mort de la mère de Lulu sous les griffes d’un lion en plein spectacle de cirque auquel sa propre fille assistait (heureusement, les auteurs nous ont épargné les détails… vive l’ellipse!). Puis, très rapidement, il y a la mort des lions du cirque dans un incendie. Lulu sera dévastée car malgré les circonstances entourant le décès de sa mère, elle est restée très attachée aux fauves et veut elle aussi devenir dompteuse de lions. C’est ainsi qu’elle s’est mis dans la tête d’aller en Afrique du sud pour y acheter de nouveaux lions et sauver le cirque familial dont le père ne veut plus s’occuper.

Elle se retrouvera donc à des kilomètres de son Italie natale, en pleine manifestation contre l’Apartheid avec son père, ne comprenant pas trop ce qui se passe. Sa vie, c’était le cirque et c’est tout (elle n’a d’ailleurs jamais vraiment aimé l’école, surtout depuis que sa mère ne peut plus lui faire réviser ses leçons). Témoin d’un acte de racisme contre un jeune garçon (Nelson), le père de Lulu tentera de le défendre et se retrouvera en prison pour voies de fait sur un officier de police. Seule, Lulu suivra Nelson qui l’aidera à retrouver son père et, elle l’espère, trouver des lions à ramener chez elle pour réaliser son rêve.

Lulu ne sait rien des inégalités raciales, mais se positionne très rapidement contre cette idée d’apartheid et refuse de traiter les Noirs différemment des Blancs. Dans un train en compagnie de Nelson, elle refusera même de changer de wagon lorsqu’un employé lui suggérera de s’installer dans un wagon pour Blancs. Elle était très bien là où elle était et enverrait promener l’employé qui ne manquera pas de l’insulter au passage.

Nelson est un personnage intéressant, mais assez peu développé dans ce premier tome. On en sait assez peu de lui, surtout parce qu’il arrive vers la fin de l’histoire. J’espère que les prochains tomes permettront aux auteurs de lui donner un peu plus de substance. Mais à première vue, c’est un garçon vif d’esprit qui ne s’apitoie pas sur son sort. Il comprend très bien que sa couleur de peau fait de lui un citoyen de seconde zone dans l’Afrique du sud des années 1950. Mais il ne se méfie pas non plus systématiquement des personnes blanches et se liera d’amitié assez rapidement avec Lulu.

Cette bande dessinée plaira tant aux 9-10 ans et plus qu’aux ados. Déjà parce que les personnages sont assez jeunes, mais aussi parce que le traitement des sujets comme les droits des animaux ou la ségrégation raciale est assez mature pour allumer les lecteurs plus âgés. Les personnages adultes sont également bien présents: Nelson et Lulu évoluent dans un monde au final assez loin de leur univers d’enfants, et la vie ne leur fait pas de cadeau. Je précise au passage que les adultes sont parfois assez durs avec nos deux héros, tels qu’ils le sont parfois dans la vraie vie: Par exemple, préfet de police ne démontrera aucune sympathie pour cette petite fille blanche venue voir et libérer son père de prison. Autre exemple: le père de Lulu, excédé par l’obsession de sa fille pour les lions du cirque et son refus d’aller au pensionnat, lui sortira un « Mais qu’est-ce que tu as dans la tête, bordel! » plein de colère. Rien de bien grave, mais je suggère quand même de lire en duo avec les plus jeunes de 9 ans pour pouvoir discuter de cette lecture.

Bref, on sent bien que ce premier tome sert surtout à mettre les bases du récit: on y rencontre les personnages, on apprend à les connaître, on se situe dans le temps et l’espace. Mais il ne s’y passe pas grand chose. C’est la petite fille de Lulu qui reçoit une lettre de sa grand-mère et nous dévoilera son histoire. Les mots de la lettres de Lulu livrent ainsi tout au long du livre son ressenti et offre un regard rétrospectif sur son voyage en Afrique du Sud. Cap sur l’Afrique se termine toutefois sur une note qui donne le goût de continuer la série. Je sens que les prochains mois d’attente vont être très long! J’ai trop hâte de retrouver Lulu et Nelson dans le tome 2! J’ai eu un coup de coeur pour ce premier tome, mais cela pourrait changer à la lecture des tomes à venir. J’ai quand même quelques attentes:

  • Le personnage de Nelson sera-t-il plus développé ? Après tout, le titre est « Lulu et Nelson », pas « Lulu (et un garçon qui s’appelle Nelson à côté) ». Croisons les doigts!
  • Le contexte dans lequel se déroule l’histoire est intéressant. J’espère qu’une plus grande place sera accordée à la situation politique d’Afrique du Sud durant les luttes pour mettre fin à l’apartheid. Je suis curieuse de voir comment le personnage de Lulu et de son père agiront face à ces luttes. J’espère que les Sud Africains seront maîtres de leur destin et que Nelson, en particulier, aura une certaine autonomie, qu’il pourra prendre en maturité de manière indépendante de Lulu. À suivre.
  • Les animaux au cirque, c’est aujourd’hui dépassé. Leur présence dans le livre ne m’a pas dérangée car je remets l’histoire dans son contexte historique. Ce serait injuste de dénoncer la maltraitance envers les animaux dans ce cas-ci. Mais justement, j’ai hâte de voir si les auteurs vont aborder ce sujet, et surtout, comment.

Bref, cette bande dessinée à été un coup de cœur pour moi, mais j’espère que la suite ne me décevra pas!

Coup de cœur!

Lulu et Nelson (tome 1): Cap sur l’Afrique
AUTEUR(S) : Charlotte Girard, Jean-Marie Omont & Aurélie Neyret
ÉDITIONSoleil, 2020
ISBN: 9782302078963
PRIX: 24,95$
9 ans et plus

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Les bonnes manières pour les petits dragons

Quand un dragon est invité à la maison, est-ce qu’il rugit et crie sur ses amis ? Est-ce qu’il garde tous les jouets pour lui ? Un album qui apprend les bonnes manières et la politesse aux petits dragons.

Cet album tout en douceur apprend aux tout-petits à dire « merci » et « s’il-vous-plait », à partager, à être poli et de bonne compagnie. Les illustrations toutes douces sont un plaisir pour les yeux.

L’un des personnages de ce livre est un garçon noir. Heureusement, il n’est n’y exoticisé, ni réduit à un cliché lié à l’esclavage, comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse. Il vit simplement sa vie de tous les jours et grandit. Rafraîchissant! Je conseille vivement ce livre.

bonnes manières pour petits dragons 2
Photo (c) Ma petite maîtresse geek
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Les bonnes manières pour les petits dragons
AUTEUR(S)
 : Caryl Hart & Rosalind Beardshaw
ÉDITION: Gallimard, 2019
ISBN: 9782075124812
PRIX: 22,95$
2 à 7 ans

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Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

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Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

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Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs mois. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points bonis pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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Les quatre soeurs MarchBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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Cherche remplaçant: Doit aimer les livres

Le père de Sophia change de travail et ne peut plus faire la lecture à l’heure du conte. Alors la petite fille entreprend sur-le-champ de recruter un remplaçant et voit avec ravissement se présenter les personnages de ses contes préférés. Mais la Belle au bois dormant ne parvient pas à rester éveillée, le Bonhomme de pain d’épice lui vole son livre et Blanche Neige amène les sept nains. Sophia persévère dans sa recherche, mais elle est vite découragée. Va-t-elle devoir abandonner l’heure du conte pour toujours?

Au niveau de la représentation, on est en présence d’une petite fille noire aux cheveux naturellement crépus et au teint foncé. Ce n’est pas anodin car si les personnages noirs sont extrêmement minoritaires en littérature jeunesse, lorsqu’ils sont présents, ce sont généralement des personnages au teint brun plutôt que marron qui sont privilégiés, ce qui invisibilise une partie des personnes afrodescendantes. J’ai été très heureuse de constater que non seulement le personnage principal de cet album ait un prénom (Sophia!), mais que son papa soit aussi présent dans sa vie. Il lui lit des histoires tous les soirs et même lorsqu’il décroche un nouvel emploi et est moins présent pour sa fille, il finira par trouver quelques minutes pour maintenir leur traditionnelle histoire du soir. Cherche remplaçant: Doit aimer les livres est un joli album pour l’heure du coucher ou tout autre moment, qui met en lumière le lien unique existant entre un père et sa fille. Bref, niveau représentation, rien à redire, cet album est fantastique!

Au niveau du récit, le texte est drôle et touchant, qui s’efface parfois pour laisser les illustrations raconter certains passages. Ainsi, les illustrations participent autant que le texte à faire avancer le récit; l’un ne peut exister sans l’autre, à défaut de perdre des informations nécessaires à la compréhension de l’histoire. La prémisse est intéressante (le papa qui n’a plus le temps de faire la lecture du soir et l’enfant qui entreprend de trouver quelqu’un d’autre), mais j’ai trouvé que l’idée a été poussée un peu trop loin à certains moments. Que les postulants soient des personnages de contes, c’est amusant. Mais qu’une fillette d’âge préscolaire rédige seule une offre d’emploi, c’est un peu trop improbable. J’ai trouvé qu’à ce niveau-là, l’auteur cherchait davantage à faire sourire les parents que de rejoindre les enfants. Qu’à cela ne tienne, Cherche remplaçant: Doit aimer les livres est un album humoristique et sympa qui vous plaira sûrement autant qu’à votre enfant.

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Cherche remplaçant: Doit aimer les livres
AUTEUR(S): Janet Sumner Johnson & Courtney Dawson
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443181945
PRIX: 11,99$
3 à 5 ans

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