Ta berceuse

Résumé : Un moment de tendresse entre une mère et sa fille, le soir avant de s’endormir autour d’une berceuse qui se transmet de génération en génération.

Lectorat cible : 3 à 6 ans

Autrices: Nathalie Wyss & Nicholle Kobi

Édition : Père Castor Flammarion, 2021

ISBN : 9782080236814

Prix : 11,50$

Appréciation : Cela fait quelques années déjà que ce suis l’illustratrice Nicholle Kobi sur les réseaux sociaux. J’étais donc très heureuse de lire ce livre jeunesse qu’elle a si brillamment illustré. Le texte est simple et raconte l’important qu’une berceuse a eu dans une famille depuis des génération. Un petit livre agréable à lire avant l’heure du dodo.

À propos de l’illustratrice : Nicholle Kobi est une artiste afro-française basée à New York depuis 2018. L’art de Nicholle Kobi s’adresse surtout aux femmes noires, indépendantes, modernes et qui n’ont pas peur de casser les codes. Notamment pour les femmes afro dans les sociétés majoritairement européennes.

Vous aimerez peut-être : Pendant que maman fait la sieste, publié dans la même collection aux éditions Père Castor Flammarion. Essayez aussi Mais où se cache Doudou-Loup? et Sulwe.

Créatures (Tome 1): La ville qui ne dort jamais

Résumé : New York a sombré depuis la transformation de tous les adultes en zombies au contact de terrifiants hybrides. Une petite bande d’enfants livrés à eux-mêmes tâche de survivre dans la ville désolée.

Lectorat cible : 9 ans et plus

Auteur : Stéphane Betbeder & Djief

Édition : Dupuis, 2021

ISBN : 9791034738205

Prix : 21,95$

Appréciation : Je suis une amatrice de science-fiction et quand j’ai vu passer cette bande dessinée dans le rayon des nouveautés de mon libraire, j’ai tout de suite su qu’il fallait que je la lise. Et j’ai beaucoup aimé! On nous plonge dans un univers post-apocalyptique très sombre, avec des enfants qui tentent de survivre sans leurs parents depuis que les adultes sont atteint d’une curieuse condition les rendant légumes. L’univers créé par Betbeder et Dijef m’a rappelé celui du jeu vidéo Half-Life ou The last of us (deux excellents jeu d’horreur, soit dit en passant, quoique non appropriés pour les enfants). 

Ce premier tome ne perd pas de temps à placer les personnages et le contexte dans un récit un peu vide comme c’est parfois le cas en bande dessinée jeunesse. Dès les premières pages, on est aspiré dans l’histoire avec des personnages qui ont déjà un passé un monde déjà à la dérive. Il s’en passe des choses dans ce premier tome! Tout n’est pas dit, on se pose beaucoup de questions, mais c’est justement cela qui ne garde en haleine. Comment le monde en est-il arrivé là ? Que sont ces créatures ? Que veulent-elles ? Peut-on vaincre ces monstruosités ? Comment les personnages vont-ils parvenir à survivre? Comment ont-ils survécu jusqu’ici?

L’un des personnages principaux est une jeune fille noire aux cheveux naturels dont le petit frère est albinos et doté de pouvoirs magiques. Sa mère est également assez présente dans le récit puisqu’elle tente de la garder près d’eux sous sédatifs le temps qu’elle trouve une manière de la ramener à son état normal et pour la protéger de la créature maléfique qui rôde et cible les adultes. Cette fillette s’appelle Dina, mais tout le monde l’appelle Vanille puisque lorsqu’elle était petite, sa mère lui faisait des « tresses afro qu’on appelle des vanilles » (appelés des twists chez nous) et le surnom est resté. C’est une forte tête et elle reste concentrée sur son but à atteindre: survivre, protéger son petit frère et garder sa famille ensemble. À la limite, elle n’a pas besoin des autres. Elle tient a garder sa mère près d’elle malgré ce qui se passe dans le monde. Elle a beaucoup de courage et a même sauvé la vie des autres personnages principaux. Débrouillarde et pleine de ressources, elle ne se laisse pas faire du tout! Le récit se termine par la capture de son petit frère par une créature maléfique. Elle est aussi touchée. Finalement, elle aura peut-être besoin des autres… À suivre dans le tome 2! 

Cette BD se dévore d’un coup et elle plaira aux amateurs de sensations fortes et de récits d’horreur (oui, car il y a quand même quelques gouttes de sang et de coups de feu tirés). J’ai très, très hâte de lire la suite! 

Vous aimerez peut-être : Le cercle de providence, Les enfants d’ailleurs et Les Omniscients, trois bandes dessinées de science-fiction avec des enfants racisés comme personnages principaux.

Les maîtres enlumineurs

Résumé : Tevanne, riche cité, est entre les mains de quatre grandes familles marchandes. La ville doit sa fortune aux secrets de l’enluminure qui a le pouvoir d’agir sur les objets qu’elle recouvre. Sancia Grando a le don de revivre le passé des objets et d’entendre leur enluminure. Elle est engagée pour voler un objet magique qui peut changer l’enluminure et mener la ville à sa perte.

Lectorat cible : 14 ans et plus

Auteurs : Robert Jackson Bennett

Édition : Albin Michel Jeunesse, 2021

ISBN : 9782226441515

Prix : 39,95$

Appréciation : Surprise! Le personnage principal de ce roman est une femme noire. La page couverture, supposé la représenter, est passée complètement à côté. Ce n’est pas la première fois que ça arrive et ça s’appelle du whitewashing: effacer ou remplacer des personnages racisés par des personnages blancs (ici, sur la page couverture). L’auteur Robert Jackson Bennett, un homme blanc, a fait de ses deux personnages principaux des femmes noires (vraiment badass qui plus est!), et l’éditeur francophone a décidé de ne rien laisser paraître sur sa couverture. C’est quand même dommage. Surtout que le roman est vraiment bien écrit, avec un rythme bien soutenu et aucun temps mort. Premier tome d’une trilogie, Les maîtres enlumineurs se termine sur une note qui donne le goût de continuer la série. Il y a aussi le début d’une romance saphique, mais il faudra attendre les tomes 2 et 3 pour connaître où ça s’en va. Je conseille ce roman aux amateurs de science-fiction, de romans avec de la magie et de la technologie, et des personnages féminins forts.

Vous aimerez peut-être : L’enceinte 9, Akata Witch et Horizon, trois romans pour adolescents avec beaucoup d’action et une touche de science-fiction.

Le chapeau de fruits

Rosalie et Anisha sont deux sœurs qui ne sauraient être plus différentes. Tandis que Rosalie a la tête en l’air et la mémoire courte, Anisha est tout simplement géniale ! À la foire scientifique de l’école, elle remporte toujours le premier prix. Et pourtant, les inventions des élèves défient chaque année les limites entre la science et la magie. Quel projet prépare Anisha ? Rosalie saura-t-elle faire bonne figure avec son simple chapeau de fruits ? Tiens, justement, n’est-ce pas un peu de confiture qui coule sur son front et tache ses mains…

Encore un autre livre dont je ne savais rien avant de commencer ma lecture. Je l’avais repéré précédemment pour avoir trouvé son chemin jusqu’à la liste préliminaire du prix des libraires du Québec dans la catégorie 6-11 ans, mais c’est tout. Je ne m’attendais pas du tout à un roman d’horreur! J’ai été agréablement surprise. On frissonne, le récit nous entraîne toujours plus loin dans la peur et c’est tout à fait délectable.

Les personnages principaux sont des jeunes filles racisées qui portent fièrement leurs tresses et leurs cheveux bouclés. Les illustrations en noir et blanc, aux traits nerveux, ajoutent une couche de terreur au récit. Dégoûtant et inattendu, Le Chapeau de fruits est un surprenant roman d’horreur pour jeunes lecteurs! À découvrir! 

Le chapeau de fruits
AUTEUR(S) : Amélie Stardust 
ÉDITION: Québec Amérique, 2018
ISBN: 9782764444160
PRIX: 12,95$
7 à 10 ans

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Lever de terre

Lever de Terre raconte l’histoire de la première navette spatiale habitée qui a quitté l’orbite de la Terre pour voler vers la Lune. Mais c’est également l’histoire de la photo prise par Bill Anders pendant ce vol, en orbite autour de la Lune, alors qu’il admirait la Terre.

La première fois qui m’a plu dans cet album, ce sont les illustrations. Le choix de couleur donne un effet vieillot, voir vintage, et le fond beige se découpe nettement des traits de crayons, créant beaucoup de profondeur. Et puis, le texte m’a charmée. L’auteur parvient à capturer un moment de l’histoire américaine, comme une photo prise sur le vif et qui raconte une histoire très personnelle au travers la Grande Histoire de ce pays. Car c’est sur fond de manifestations pour les droits civiques et la vie d’une famille noire américaine qu’on nous dévoile les moments entourant le lancement de la fusée Apollo 8, de son décollage spectaculaire à son arrivée sur la lune. Une petite fille noire suit avec frénésie cette aventure spatiale, comme si cela lui permettait d’oublier la ségrégation et le racisme de son pays. Elle aussi rêve de voyager loin, loin, là où la terre n’a pas de frontières…

On trouve en fin d’album un petit dossier sur la photo Lever de terre, où l’on voit la planète bleue de la lune, prise à un moment où justement, les gens sur terre semblaient avoir bien du mal à vivre ensemble en paix. Pourtant, la photo est claire: la Terre « n’est qu’un seul monde ». Superbes illustrations de Christy Lundy. Un album vraiment génial que je vous recommande vivement!

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Lever de terre
AUTEUR(S) : James Gladstone & Christy Lundy 
ÉDITION: Les 400 Coups, 2021
ISBN: 9782895406310
PRIX: 19,95$
6 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Des blanches et des noires : pas de pause dans la ségrégation ou Estelle et Noé: À la découverte de l’univers. Essayez aussi Le Coq solitaire, un album pour les 6 à 10 ans.

L’enceinte 9

Chassée par une pandémie meurtrière, l’humanité a fui le monde. Les habitants de l’Enceinte 9 vivent depuis un siècle repliés derrière leurs murailles. Ils ont perdu le contact avec les autres Enceintes, et la Gestion, le logiciel chargé de répondre aux besoins de chacun, ne suffit plus à empêcher les ressources de s’épuiser peu à peu.Ysa est une jeune surnuméraire : née sans bon de naissance, elle doit travailler pour la collectivité dès ses dix-huit ans. Ses premières missions dans la police la confrontent à de nombreux incidents : des suicides de masse, des vols de nourriture. Y aurait-il un lien avec le collectif Fin du Monde, qui souhaite la mort de l’espèce humaine et a déjà anéanti des Enceintes ? La rencontre d’Ysa avec l’ombre, la population non gérée, va tout précipiter. Comment sauver l’Enceinte avant qu’il ne soit trop tard ?

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans un bon roman de science-fiction. Je me suis régalée avec L’enceinte 9, qui raconte une histoire dont l’univers inquiétant et technologiquement avancé met la table pour une aventure passionnante dès les premières pages. Cette petite brique de plus de 500 pages contient de l’action, des personnages forts mais imparfaits, des moments tragiques et j’ai été surprise plus d’une fois par la tournure des événements!

Le personnage principal, Ysa, est une grande fille noire, au corps long et solide, qui porte les cheveux naturels et qui ne passe pas inaperçue. Elle connait peu ses origines puisqu’elle a été abandonnée à la naissance. Toutefois, elle entretient un lien très fort avec sa mère d’adoption, celle qui l’a sauvée et a joué le rôle de parent dans sa vie. Son identité noire se révèle au-delà des descriptions physiques sur sa couleur de peau ou sur la forme des traits de son visage: elle est présente lorsqu’elle doit, par exemple, refaire ses tresses pendant une demi-journée immobilisée sur une chaise (p.269), ou lorsqu’elle doit rechercher quelqu’un capable de coiffer les cheveux crépus (p.202). Ces petits passages normalise sont identité et la rendent plus crédible à mes yeux.

J’aurais aimé en savoir plus sur l’univers post-apocalyptique où se déroule l’histoire. Au final, on en sait très peu sur ce qui s’est passé pour que la civilisation se retrouve cloisonnée dans des bulles indépendantes l’une de l’autre, ainsi que sur les autres enceintes (1 à 8). La fin de l’histoire ne laisse malheureusement pas présager une suite, alors que plusieurs questions restent sans réponses. J’aurais tellement voulu que soit explorée davantage l’idée de pirater les implants oculaires comme celui doté d’une intelligence artificielle que porte Ysa, ou encore connaître les événements qui ont mené au monde tel qui est devenu. J’ai refermé ce livre avec la sensation d’avoir été témoin d’un futur sombre, et j’ai apprécié suivre Ysa alors qu’elle navigue comme elle peut dans ce monde. Un très bon roman que je recommande aux amateurs de science-fiction ou de fantasy!

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L’enceinte 9
AUTEUR(S) : Ophélie Bruneau
ÉDITION: Lynks, 2019
ISBN: 9791097434342
35,95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Akata Witch ou Entre Chiens et loups, deux romans de science-fiction pour adolescents et jeunes adultes. Essayez aussi Les chroniques d’Under York, une bande dessinée d’urban fantasy.

Maman-dlo

Cécette, sur son île, attend. Elle attend sa mère partie en métropole. Soudain, l’horizon semble bouger en un point minuscule. Cécette se lève. Son coeur bat très fort. Le point se rapproche…

Quel beau texte! Dès les premières lignes, on comprend qu’on s’apprête à lire une histoire unique. Il faut aussi le lire à voix haute, car il y a beaucoup de musicalité et de rythme au style d’Alex Godard. Le livre fait voyager dans les îles, en Haïti, et on sent presque le soleil brûlant sur sa peau en lisant l’histoire de Cécette. Je recommande ce livre pour une exploitation en classe, plusieurs possibilités s’offrent aux enseignants de français ou d’univers social.

Pour ceux et celles qui sont familiers avec Mami-wata, cette divinité aquatique d’origine africaine, c’est bien d’elle dont il s’agit dans ce récit. Ces croyances ont été répandues dans la diaspora africaine et les caraïbes. Dans plusieurs pays francophones, on l’appelle Maman-dlo ou Manman-dlo la « mère de l’eau ».

Les illustrations très réalistes sont magnifiques. Ce livre, malheureusement épuisé, peut être commandé dans certaines libraires, dépendamment de la disponibilité chez le fournisseur. Autrement, direction bibliothèque publique! Espérons qu’il sera rééditer prochainement. Ne passez pas à côté de ce livre!

Alex Godard est un auteur et illustrateur marie-galantais.

Maman-dLo
AUTEUR(S):  Alex Godard 
ÉDITION: Albin Michel, 2014
ISBN: 9782226255402
PRIX: 8,95$
8 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Mbéla et la perle de Mamiwater, Vodou, et À l’eau Mariétou, trios livres dont il est question de Mamiwata ou Maman-dlo.

Je veux le même!

Mbiya et Kabibi sont deux sœurs qui ne cessent de se disputer et veulent à tout prix jouer avec les jouets de l’autre. Même à table, les querelles se poursuivent. Las de voir leurs filles se chamailler, leurs parents proposent un jeu qui devrait changer les choses

Mbiya et Kabibi est vraiment une chouette initiative de deux parents suisses d’origine congolaise qui ont pris conscience que la représentation d’héroïnes et héros noirs dans les livres pour les jeunes est déterminante lorsque leur fille leur a demandé pourquoi il n’y avait pas de personnages marrons dans ses livres préférés. Cette histoire raconte une tranche de vie d’une famille noire, sans que la couleur de peau ne soit au centre du récit. Quelle joie de pouvoir lire ce genre de livre qui normalise l’existence des personnes afro-descendantes!

La relation entre les deux sœurs est authentique et l’autrice parvient à capturer les émotions vives que ressent les enfants en bas âge: la jalousie, la frustration, la tristesse, la joie. C’est donc également un excellent livre si vous recherchez une histoire sur la gestion des émotions ou le développement de compétences sociales. Pour aller plus loin, vous pourriez ajouter ce livre à un réseau de livres sur le partage ou la fratrie.

Les illustrations m’ont beaucoup plu: les couleurs sont vives et l’angle choisi par l’illustratrice met en image le texte de manière directe, permettant à l’enfant de suivre facilement la lecture. Les illustrations sont également suffisamment descriptives et les visages des personnages suffisamment expressifs pour permettre à l’enfant de raconter sa propre histoire. C’est d’ailleurs un exercice intéressant à faire: demandez à votre enfant de vous inventer l’histoire en se basant sur les illustrations avant de lui lire le livre pour la première fois. Vous verrez, il aura beaucoup d’imagination, utilisera ses connaissances antérieures pour donner sens à ce qu’il voit et fera des inférences. Chez les enfants plus vieux (5-6 ans), vous pourrez également constater que les enfants sont capables de construire une trame narrative simple avec un début, un rebondissement et une fin, tout en utilisant des mots comme « il était une fois », « ensuite », « mais », ou « après » pour séquencer ses idées. C’est un exercice utile qui préparera votre enfant à l’entrée à l’école!

Le livre-objet est de qualité, avec une couverture rigide et du papier glacé, et on retrouve un bel équilibre entre le texte et l’image. Le texte est simple, mais pas simpliste; on y retrouve un vocabulaire accessible aux enfants, tout en y incorporant des mots potentiellement nouveaux comme « narquois », « bouder », « couvert » ou « sanglotant ». Lors de la lecture, n’hésitez pas à expliquer les mots que votre enfant ne comprend pas en utilisant un synonyme ou en donnant des exemples.

À la fin du livre, on retrouve un jeu d’association amusant à faire avec les enfants. Je vous conseille vivement ce livre que vous pouvez acheter sur le site de l’autrice. On y retrouve d’ailleurs également des coloriages gratuits mettant en scène Mbiya, Kabibi et leur famille.

Je remercie l’autrice Belotie Nkashama de m’avoir offert ce livre.

Belotie Nkashama est une autrice Suisse d’origine congolaise.

Je veux le même!
AUTEUR(S): Belotie Nkashama & Amélie Buri
Parution: 2020
ISBN: 9782970143901
3 à 6 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Émilie est envieuse, un album sur la gestion des émotions. Essayez aussi J’ai mal à mes cheveux, Little Nappy: quand maman m’aide à m’occuper de mes cheveux, deux livres écrits par des parents d’enfants noirs.

F pour fille: Emma

F pour fille, Emma gynmastiqueJe m’appelle Emma et j’adoooore la gymnastique! J’en fais depuis que je suis toute petite et j’ai toujours été très douée. Mon entraîneur m’a même dit que cette année, si je travaillais très fort, je pourrais peut-être participer aux jeux du Québec! Enfin… ça c’était avant… parce que là, je ne sais même plus si je fais toujours partie de l’équipe. Hier, l’entraînement a été une véritable catastrophe… Je suis totalement désespérée. Oh, non… est-ce que c’est déjà la fin de ma carrière de gymnaste?

J’ai lu ce livre !! Ce roman est pour les filles !! Emma aime la gymnastique !! Et les paillettes !! Elle est enthousiaste!! Elle met des points d’exclamation partout!! 🙄

Bon, vous l’aurez compris, j’ai eu du mal à prendre ce livre au sérieux. C’était un bon condensé de clichés et de stéréotypes. Je n’ai vraiment pas aimé. Déjà dès la première page, on présente Emma de manière assez superficielle et elle qualifie elle-même ses cheveux afro comme étant « impossibles à coiffer! ». Juste comme ça, histoire de miner l’estime de soi des petites lectrices noires… Combien de fois faudra-t-il répéter que les cheveux crépus et bouclés ne sont pas impossibles à coiffer? Ils requièrent simplement des soins particuliers et l’usage de techniques appropriées.

Je ne saurais vous dire combien de fois j’ai levé les yeux au ciel en lisant ce roman mis en marché pour les préadolescentes. Déjà le titre de la série: « F pour fille » (oui, parce que les garçons ne peuvent pas faire de gymnastique ou s’y intéresser… 🙄). Ensuite le rose criard de la page couverture et le récit inutilement genré. Et puis Emma aime les paillettes et tout ce qui brille et ne cesse de le répéter, histoire de bien faire comprendre qu’elle est une fille. Les filles de son club de gym sont toutes minces aux cheveux raides. À la fin de certains chapitres, on retrouve des questions sensées faire réfléchir les lectrices. La section s’intitule à chaque fois, vous l’aurez deviné, « Questions de fille »! Le tout agrémenté de petits cœurs et fleurs à pétales rondes. 😬

Emma F pour fille 2

Après, l’attitude d’Emma m’a exaspérée au plus haut point. Elle doute beaucoup d’elle-même et ce, pour aucune autre raison que d’être une fille. Par exemple, en pensant à la prochaine compétition de gymnastique à laquelle elle va participer, elle dit: « Oh là là! Quel désastre! Je n’arriverais jamais à faire un saut enjambé au championnat régional… » Et on laisse ça comme ça, flotter à la fin du premier chapitre, sans donner à Emma la possibilité de même envisager être à la hauteur, même si elle de toute évidence est très bonne en gymnastique. Ce manque de confiance reviendra souvent dans le récit et chaque fois, on présente ça comme étant une manière d’être naturelle chez les filles. Autre exemple: en effectuant un saut, elle perd pied et frappe accidentellement son entraîneur qui tentait de la rattraper pour amortir sa chute (vous savez… ce que sont censés faire les entraîneurs). S’en suivra des pages et des pages d’Emma qui s’en voudra cruellement d’avoir « frappé » son entraîneur, qui se pensera pas à la hauteur et envisagera même d’arrêter la gymnastique. Et l’entraîneur (assez peu sympathique, merci) ne fera rien pour rassurer son élève. Ugh.

Seul point positif: Oui, Emma est un personnage noir, et elle admire aussi Simone Biles, la gymnaste noire américaine qui s’est démarquée aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Cette dernière est un excellent modèle pour les aspirant.e.s sportives et les sportifs. Mais le livre pris dans sa globalité ne constitue pas le genre de représentation que j’aimerais offrir à mes enfants. Non recommandé.

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F pour Fille: EmmaBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Thalia Kalkipsakis
ÉDITION: Héritage, 2018
ISBN: 9782762598070
PRIX: 9,95$
8 À 11 ANS

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Vous aimerez peut-être Lulu la très chic, ou encore Chloé la fée des topazes.

lulu tres chic      chloé

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Petite graine

Deux enfants trouvent une petite graine. Ils la mettent dans une boîte, lui chantent des chansons, jouent avec elle mais rien ne se passe. Alors, ils la mettent en terre. Quand vient le printemps et son doux soleil, elle se met à pousser et une superbe fleur apparaît. L’automne revient, la fleur se fane, laissant derrière elle des graines. Un album évoquant le cycle des saisons.

Le texte pétillant et rythmé invite à prendre soin de la nature et à découvrir les saisons. De jolies illustrations colorées mettent en images deux enfants qui, ensemble, découvriront le secret du cycle de la vie florale. Ces deux amis ne sont pas nommés et parlent d’eux-mêmes directement au lecteur. L’emphase est mis sur leurs découvertes, en particulier celle de cette petite graine bien mystérieuse…

Pour une exploitation en classe, prenez le temps de prévoir des points d’arrêt durant la lecture à voix haute à votre groupe afin de les amener à faire des inférences. Qu’est-ce que la petite graine? D’où vient-elle? Comment fait-elle pour devenir une plante? Puis, vous pouvez également utiliser cet album pour enseigner des notions de sciences naturelles: de quoi une plante a-t-elle besoin pour pousser? Comment fait-elle pour se reproduire? Pourquoi est-il important de prendre soin de la nature? Cet album offre de nombreuses possibilités!

Pour vous procurer ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Petite graine
Auteur(s)
: Rob Ramsden
Édition: Gallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075138079
Prix: 26,95$
3 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les bananes, Le jardin de Clara ou encore Belles coccinelles.