Petite graine

Deux enfants trouvent une petite graine. Ils la mettent dans une boîte, lui chantent des chansons, jouent avec elle mais rien ne se passe. Alors, ils la mettent en terre. Quand vient le printemps et son doux soleil, elle se met à pousser et une superbe fleur apparaît. L’automne revient, la fleur se fane, laissant derrière elle des graines. Un album évoquant le cycle des saisons.

Le texte pétillant et rythmé invite à prendre soin de la nature et à découvrir les saisons. De jolies illustrations colorées mettent en images deux enfants qui, ensemble, découvriront le secret du cycle de la vie florale. Ces deux amis ne sont pas nommés et parlent d’eux-mêmes directement au lecteur. L’emphase est mis sur leurs découvertes, en particulier celle de cette petite graine bien mystérieuse…

Pour une exploitation en classe, prenez le temps de prévoir des points d’arrêt durant la lecture à voix haute à votre groupe afin de les amener à faire des inférences. Qu’est-ce que la petite graine? D’où vient-elle? Comment fait-elle pour devenir une plante? Puis, vous pouvez également utiliser cet album pour enseigner des notions de sciences naturelles: de quoi une plante a-t-elle besoin pour pousser? Comment fait-elle pour se reproduire? Pourquoi est-il important de prendre soin de la nature? Cet album offre de nombreuses possibilités!

Pour vous procurer ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Petite graine
Auteur(s)
: Rob Ramsden
Édition: Gallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075138079
Prix: 26,95$
3 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les bananes, Le jardin de Clara ou encore Belles coccinelles.

Frisettes en fête

Frisettes en fête bell hooksQuand on a les cheveux frisés, ça fait des nœuds, ça tire, ça fait mal ! Et puis, les princesses de contes de fées ont toujours les cheveux longs et raides…mais tristes ! Les frisettes, c’est vraiment chouette ! Une galerie de portraits plus vivants et attachants les uns que les autres. Un coup de pinceau très personnel mariant couleurs vives et pastel. Des dessins tout en rondeur et douceur, du mouvement suggéré par un trait de crayon sobre mais efficace. Le texte se lit comme une petite chanson accompagnant des illustrations qui ondulent et pétillent au rythme des pages et des cheveux des fillettes dans un univers de joie de vivre et de fête.

Cette critique aurait pu se résumer à : bell hooks. Voilà, tout est dit. Mais bon, je vais développer un peu, quand même. 😉 bell hooks est une auteure américaine que j’admire beaucoup. Elle a bien entendu écrit « Ne suis-je pas femme? », un livre (pour adultes) reconnu par la presse professionnelle américaine comme l’un des vingt titres les plus marquants de ces vingt dernières années. Quand j’ai su qu’elle avait écrit un album pour enfants, j’ai su qu’il aurait quelque chose de magique. Et cela a été le cas! Cet album est une véritable célébration des mots, de la poésie et des cheveux crépus.

Les petites filles qu’a illustrées Chris Raschka sont mignonnes comme tout. Elles aiment s’amuser et, par-dessus tout, elles ont des bouclettes et des idées de fêtes plein la tête. Leurs cheveux, elles en ont fait un jeu et les transforment à volonté. Tresses, twists, locks, noeuds bantou, ti-kouri (tresses plaquées), cheveux courts, cheveux longs… Cet album illustre à merveille les mille et une façons de mettre en valeur ses cheveux crépus. Il ne reste que quelques exemplaires du livre en version française encore en vente sur le marché: profitez-en pendant qu’il est encore temps en cliquant sur le bouton ACHETER ci-dessous. Vous pouvez aussi emprunter ce livre dans votre bibliothèque municipale.

Coup de coeur !

bell hooks est une auteure américaine. 

bell hooks

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Frisettes en fêteBouton acheter petit
AUTEUR(S) : bell hooks & Chris Raschka
ÉDITION: Points de suspension, 2001
ISBN: 9782912138217
PRIX: 8,95$
À PARTIR DE 4 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Nos boucles au naturel, ou encore Comme un million de papillons noirs, deux albums jeunesse sur l’amour des cheveux crépus.

nos boucles au naturel scholastic      Comme un million de papillons noirs

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Comme un million de papillons noirs

Comme un million de papillons noirsAdé adore les éclairs au chocolat, les papillons et poser des questions. Elle a aussi de magnifiques cheveux mais ses camarades d’école s’en moquent, simplement parce qu’ils sont différents. En compagnie de sa mère et ses tantes, elle va heureusement découvrir en douceur la beauté des papillons endormis sur sa tête, jusqu’à leur envol final.

Adé aime explorer et découvrir ce qui l’entoure. Elle questionne le monde pour mieux le comprendre. C’est comme cela qu’on la rencontre pour la première fois: curieuse, ouverte au monde. Puis les moqueries de deux enfants sur ses cheveux arrivent comme un fouet en plein visage. C’est une expérience tant de fois vécue par des personnes racisées. On vit notre vie, on oublie notre couleur de peau ou la texture de nos cheveux parce que ce n’est pas si important que ça, on s’intéresse au monde, on y sent une certaine connexion, puis BAM! un inconnu venu de nul par vous rappelle qu’on est différent.e et qu’il faudrait mieux ne pas trop s’encrer ici. Comme si on n’avait pas le droit à la normalité et à la tranquilité d’esprit. Comme pour nous rappeler que notre différence doit rester à jamais au coeur de nos préoccupations, comme un boulet à nos pieds. L’auteure a admirablement bien capturé les sentiments d’impuissance et d’incompréhension que suscite le racisme ordinaire dans la vie des personnes qui en sont victimes.

Le texte est très bien écrit et le passage où Adé pleure dans les bras de sa mère en lui disant qu’elle ne veut plus porter ses nattes est très triste. Les illustrations réussies donnent à voir les différentes teintes de peaux noires et les multiples textures des cheveux crépus.  J’avais des doutes au départ sur l’analogie entre les cheveux naturels et les papillons, mais le tout se révèle assez juste et poétique. J’ai aussi aimé que Adé et ses amies (noires elles aussi), tentent ensemble de percer le secret des papillons noirs en lien avec leurs cheveux crépus. Voilà donc un très bel album que je vous recommande chaudement!

Laura Nsafou est une auteure française.

Laura Nsafou 3

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Comme un million de papillons noirsBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Laura Nsafou & Barbara Brun
ÉDITION: Cambourakis, 2018
ISBN: 9782366243529
7 à 11 ANS
25,95$

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Bintou quatre choux    Petit oursin

 

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Gaïa changera le monde

Gaïa changera le mondeGaïa, 10 ans, est une génie des maths, qui cherche toujours à comprendre le monde autour d’elle et comment les objets fonctionnent. Mais surtout, protéger la planète est une seconde nature chez elle. Tout est sûrement venu de son prénom : Gaïa veut dire « Terre » en grec. Alors elle trie ses déchets, baisse le chauffage, et déteste le gaspillage. Rien ne bouge si personne ne bouge ! La planète, c’est l’affaire de tous ! Tout le monde peut faire quelque chose, à son échelle. En grandissant, Gaïa refusera ce mode de vie qui ne respecte pas la nature, les gens, les animaux. Elle décidera de mettre son talent au service de la planète et d’un nouveau projet de vivre-ensemble.

Gaïa est un personnage très intéressant. Dès les premières pages, elle est bien définie par l’auteure et dévoile sa personnalité: Adepte de sport, de calcul mental et d’échec, elle participe à plusieurs activités parascolaires et vit dans une famille recomposée, tout ce qu’il y a de plus normal. Malgré un début un peu lent où on présente longuement le personnage, le récit se reserre par la suite et est un plaisir à lire. J’ai aimé suivre Gaïa dans son développement et de la voir grandir, prendre en maturité et en autonomie. Forte de ses convictions environnementales, la petite Gaïa devenue grande s’impliquera et fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger la planète. Elle partage d’ailleurs tous les petits gestes qu’elle a adoptés au quotidien pour réduire son empreinte écologique. Elle est un véritable modèle de réussite et les jeunes pourront sans l’ombre d’un doute s’y identifier.

Le livre à couverture rigide se présente de belle manière et on retrouve un bel équilibre entre le texte et l’image. Les illustrations m’ont d’ailleurs beaucoup plu: toutes les textures vibrantes utilisés par Claudia Amaral sont un véritable plaisir pour les yeux.

Gaïa

Le récit se termine par un appel ouvert au lecteur: « Et toi, que fais-tu pour la planète ? As-tu déjà ramassé des plastiques qui traînaient dans la nature ? Est-ce que tu recycles ce qui peut l’être ? Éteinstu la lumière ou l’eau qui coule, fais-tu attention à ne pas chauffer inutilement ? » (p. 34). On retrouve aussi Le Petit Manuel Écologiste de Gaïa à l’attention des parents et des enfants dans lequel les enfants apprendront l’importance de réduire ses déchets et les trier, d’économiser l’eau, de favoriser l’économie circulaire, ou encore de diminuer sa consommation de viande. Je recommande vivement ce livre!

Je remercie les éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre. 

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Gaïa changera le mondeBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Paula Anacaona & Claudia Amaral
ÉDITIONÉDITIONS Anacaona, 2020
ISBN: 9782490297054
8 À 11 ANS

 

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Vous aimerez peut-être Le libraire de la favela publié chez la même éditrice. Pourquoi je dois économiser l’eau? pourrait aussi vous plaire.

Libraire-de-la-favela-1    économiser

 

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Un jour, tu découvriras…

Un jour tu découvrirasPlusieurs raisons expliquent pourquoi certaines personnes se sentent différentes des autres. Peut-être est-ce à cause de leur apparence physique ou de leur façon de parler, de leur nourriture ou de n’importe quel autre détail. Dans tous les cas, il n’est pas toujours facile de faire ses premiers pas dans un environnement où l’on ne connaît personne, et pourtant, c’est bien nécessaire…

Le texte percutant de Jacqueline Woodson et les somptueuses illustrations de Rafael Lopez démontrent avec brio que tout le monde se sent parfois étranger et qu’il faut du courage pour continuer son chemin malgré ce sentiment. Cet album prouve également que de bonnes choses peuvent arriver lorsque l’on ose enfin s’ouvrir aux autres!

Des les premières lignes, je me suis sentie interpelée par cette histoire: « Il y aura des jours où tu entreras dans une pièce et tu verras que personne n’est tout à fait comme toi »  peut-on lire. Les enfants issus des minorités visibles se reconnaîtront sans doute en ces quelques lignes. Mais pas que ! Car la différence peut bien sûr être celle de la couleur de la peau ou de la texture des cheveux, mais elle peut aussi être celle des vêtements portés ou de la langue parlée. L’auteure décrit avec des mots simples et porteurs de sens toute la détresse qu’un enfant peut ressentir lorsque ses petits camarades de classe rient de lui à cause de sa différence, quelle qu’elle soit. C’est une belle occasion pour questionner votre enfant (ou vos élèves!) sur leur vécu afin qu’ils puissent partager ces moments difficiles et s’exprimer sur la manière dont cela les a fait sentir. Ce livre est tout indiqué pour développer l’empathie chez vos élèves de première ou deuxième année du primaire.

un jour tu découvriras 2

Les illustrations de Rafael Lopez accompagnent à merveille le texte tout en poésie de Jacqueline Woodson. J’ai aimé que ce livre soit écrit par des personnes racisées. #OwnVoices. Ils racontent toutes sortes de situations où on peut se sentir différent: Manger une nourriture inhabituelle aux yeux des autres, être resté tout l’été à la maison à lire et à jouer avec sa petite soeur alors que ses camarades de classes ont tous voyagé dans un pays ou un autre, avoir du mal à s’intégrer à un groupe de jeu dans la cours de récréation. C’est donc avec originalité que le thème de la différence est abordé.

un jour tu découvriras 3

Dans Un jour, tu découvriras…, les livres ont une place importance. Lorsqu’une petite fille noire se sent embarassée d’avoir passé des vacances plutôt tranquilles à la maison en comparaison aux autres, elle réalisera qu’elle aussi a vécu de folles aventures à travers les histoires qu’elle a lues. Lorsqu’un garçon blanc ne trouvera pas le courage de jouer sur la grande échelle du parc avec les autres, il se réfugiera dans un livre qui le réconfortera. Cela démontre bien la manière dont les livres nous accompagnent tout au long de la vie. Parce qu’un jour, tous découvriront la joie de partager leurs histoires. Car les livres permettent aussi d’entrer en relation avec les autres et de s’ouvrir à eux. Et que malgré nos différences, il y a toujours quelque chose qui nous rend semblables. Bref, ce livre témoigne du courage nécessaire pour aller de l’avant quand on se sent différent.

Coup de coeur !

Jacqueline Woodson est une auteure américaine.

Jacqueline woodson 2

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Un jour, tu découvriras…
AUTEUR(S)
: Jacqueline Woodson & Rafael LopezBouton acheter petit
ÉDITIONScholastic, 2019
ISBN: 9781443176415
PRIX: 11,99$
5 à 9 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être The Other Side, un album de la même auteure, Jacqueline Woodson. Interdit aux éléphants, un album pour enfants sur l’acceptation des différences.

Interdit aux éléphants      Othersidepicturebook

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Le souci de Calie

souci de calieCalie adore être Calie. jusqu’au jour où elle découvre un souci. Au début, ce n’est pas un gros souci, alors tout va bien. mais il commence peu à peu à grandir. Il grandit et grandit, et maintenant, Calie se sent triste. Comment la petite fille pourra-t-elle se débarrasser de son souci et commencer à se sentir de nouveau elle-même?

Le personnage principal, Calie, est une petite fille heureuse qui apprécie se balancer très, très haut, manger de la crème glacée les beaux jours d’été, explorer le jardin et lire (j’ai d’ailleurs souri au clin d’œil de l’auteur où on aperçoit Calie lire nul autre que Guerre de Paix et Léon Tolstoï).

Dans le livre, le soucis est un gribouillage jaune éclatant qui grossit de plus en plus, jusqu’à prendre beaucoup trop de place. J’ai aimé que l’auteur ait choisi une telle représentation d’une émotion habituellement associée à la négativité. Un jaune éclatant pour représenter une inquiétude ? Mais oui, pourquoi pas ? Surtout que ça me fatigue toujours à chaque fois qu’un auteur choisi le noir pour illustrer ce qui est négatif. Non pas que le noir soit un mauvais choix, c’est plutôt le fait qu’on ait choisi ce même mot, « Noir », pour qualifier les personnes racisées. Très jeune, vers 8 ou 9 ans, cela m’avait déjà marqué négativement: Pourquoi est-ce que tout ce qui est noir est négatif et mauvais ? me demandais-je. Je SUIS Noire ! Est-ce que ça veut dire que je suis mauvaise aussi ? Que je suis non désirable ? Qu’on se comprenne bien, si on utilisait le mot « Brun » pour désigner les personnes ayant ma couleur de peau, je n’aurais pas faire ce lien dans ma petite tête d’enfant.

souci de calie 2

Les illustrations de Le Souci de Calie  sont magnifiques et rassurantes d’une certaine manière. Les ombrages sont particulièrement réussies et la couleur est significative tout au long de l’histoire. En effet, au début du récit, le monde de Calie est assez coloré: le vert des feuilles du jardin, le turquoise des fleurs des plates-bandes, le orange de ses jouets. Le jaune, en fond, pourrait bien être le soleil qui éclaire le ciel. Mais au fur et à mesure qu’on avance dans notre lecture, on se rend compte que ce jaune ne veut pas dire ce qu’on pensait. Le monde autour de Calie devient lui aussi de plus en plus gris et terne alors que le soucis grossit de plus en plus. Lorsqu’elle rencontrera un garçon ayant lui aussi un soucis (bleu), elle lui demandera ce qui le préoccupe. C’est en discutant et partageant son soucis avec une autre personne que celui-ci finira par disparaître et que le monde retrouvera ses couleurs. Cette histoire touchante, qui a l’avantage de mettre les choses en perspective, est un incontournable pour garnir la bibliothèque des petits et les aider à gérer leurs émotions.  Une belle leçon de vie !

Coup de cœur ! 

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Le souci de CalieBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Tom Percival
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2019
ISBN: 9781443174237
PRIX: 11, 99$
À PARTIR DE 3 ANS

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Disparais!, un album jeunesse amusant plein de magie publié à L’École des Loisirs. Essayez aussi J’en ai assez de la première année!, un livre qui aborde les inquiétudes des enfants.

disparais escoffier      J'en ai assez de la première année

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Nos boucles au naturel

nos boucles au naturel scholasticLes cheveux de Zuri n’en font qu’à leur tête. Ils s’entortillent, boudinent et frisottent dans tous les sens. Zuri sait qu’ils sont magnifiques, et cela la rend fière. Lorsque son papa intervient afin de lui faire une coiffure pour une occasion spéciale, ce dernier a beaucoup à apprendre… mais il ADORE sa fille et fera tout pour la rendre heureuse!

Nos boucles au naturel est une puissante ode dédiée à l’acceptation de soi et une véritable célébration de la collaboration père-fille! J’ai absolument adoré cet album, dont je connaissais déjà l’histoire pour avoir vu passer le court-métrage Hair Love avant même qu’il soit primé aux Oscar en 2020. Le film, muet et fabuleux, est touchant et croque une parcelle de quotidien qui m’a fait du bien de voir pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il montre une petite fille noire, aux cheveux crépus, qui ne ressent aucun malaise ou déception face à sa chevelure. Enfin! Un produit culturel sur les cheveux crépus qui ne les présente pas comme un obstacle à surmonter ou comme quelque chose qu’il faut apprendre à aimer envers et contre tous. Au contraire, la petite Zuri veut simplement une jolie coiffure pour acceuillir sa maman à la maison après un séjour à l’hôpital.

Pour ceux et celles qui on vu le film, vous remarquerez que l’album ne raconte pas tout à fait la même histoire. C’est plutôt une sorte d’adaptation. Dans le film, la petite fille dort avec un foulard. J’ai trouvé ça génial car cela normalise le port du foulard pour dormir. En grandissant, c’était tout naturel pour moi de porter un couvre-chef pendant la nuit afin de protéger mes cheveux. J’ai été très surprise lorsques mes petites amies de l’école m’ont dit qu’elles n’en portaient pas ! Et puis, on ne voit que très rarement (pour ne pas dire jamais) un personnage dans un livre ou dans un film qui porte un foulard pour dormir. J’ai trouvé ça dommage qu’on ne le montre pas de le livre. Plutôt, on voit Zuri qui dort avec son afro NON TRESSÉ (ouf, j’en avais des frissons juste à regarder l’image). De plus, dans le livre, ont ne mentionne pas que la maman de Zuri faisait des vidéos sur le soin des cheveux naturels sur Youtube. C’est dommage car cela mettait en lumière la manière dont les communautés noires se sont soudées et ont créé une communauté de soutien, d’entraide et d’apprentissage pour et par ses membres, à défaut de trouver l’information facilement sur le marché.

nos boucles au naturel 2

Nos boucles au naturel normalise aussi le rétrécissement des cheveux (communément appelé shrinkage) qui n’a rien à voir avec le fait que les cheveux deviennent frisés lorsqu’il pleut ou que c’est humide. À mon sens, il s’agit d’un phénomène tout autre car les cheveux ne deviennent pas frisés, il rétrécissent tout en restant crépus ! Encore une fois, on n’en parle jamais en littérature jeunesse et j’ai adoré que le livre aborde cette question de manière naturelle. Quelle bouffée d’air frais ! Et que dire des illustrations très réalistes qui ont su capturer à merveille le cheveu crépu dans tous ses états (bouclé, lissé, tressé, twisté, rétréci, démêlé, hydraté, etc.) Au niveau de la représentation, on est devant une famille noire heureuse et soudée, dont la maman est diplômée, et un couple noir amoureux comme au premier jour.

J’ai trouvé l’histoire un peu courte, j’aurais tellement aimé que les personnages soient davantage développés et le récit, plus long, juste pour le bonheur de rester plus longtemps en compagnie de Zuri et de son papa. Est-ce qu’on peut avoir un autre livre jeunesse avec eux ? Une roman ? Une bande dessinée ? Ce serait franchement cool. Vous ne pouvez pas passer à côté de cet album !

Coup de coeur !

Mattew A. Cherry est un réalisateur et producteur américain. 

Mattew A. Cherry

Vashti Harrison est une auteure, réalisatrice et illustratrice américaine. 

Vashti Harrison

*Le film Hair Love a reçu l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2020.

Je remercie les Éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

 

Pour vous procurer ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:
Nos boucles au naturel Bouton acheter petit
Auteur(s) : Mattew A. Cherry & Vashti Harrison
Édition: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443180412
Prix: 11, 99$
À partir de 3 ans

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Little Nappy: Quand maman m’apprend à m’occuper de mes cheveux, un livre jeunesse sur l’entretien des cheveux naturellement crépus.

Little Nappy

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Pour mon anniversaire

Pour mon anniversaireC’est quand mon anniversaire ? C’est bientôt mon anniversaire ? Combien de jours avant mon anniversaire ? Un album pour tous les enfants le jour de leur anniversaire ou pour les faire patienter avant de partager avec eux ce moment tant attendu !

Quel bel album ! Vous le savez, j’adore le travail d’illustration de Christian Robinson. Quel plaisir pour les yeux, tout ce collage, cette gouache, cette peinture acrylique, ces feutres, ces découpages, ces estampes.

Le long format vertical du livre en fait un bel objet à avoir dans sa bibliothèque personnelle et donne toute sa longueur aux cadeaux d’anniversaire, toute sa grosseur aux cadeaux de fête, tout l’élan aux arbres et aux ballons qui volent dans le ciel.

En lisant le texte, on anticipe son propre anniversaire et on partage l’excitation commune à tous les enfants de voir le grand jour arriver. Ne passez pas à côté de ce livre jeunesse !

Christian Robinson est un illustrateur américain.

Christian robinson

Auteur(s) / illustrateur(s) : Julie Fogliano & Christian Robinson
Maison d’édition: Little UrbanBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782374081229
Public cible: À partir de 3 ans
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Florence boucles folles

Florence boucles follesFlorence a les cheveux frisés qui partent dans tous les sens. Elle est toujours ébouriffée et aimerait avoir des cheveux lisses et brillants comme ceux de son petit frère. Une histoire sur l’acceptation de soi.

Je vous le dit tout de suite, cet album ne met pas à proprement parler un personnage afro-descendant. Du moins, ce n’est pas explicitement dit dans le texte. Les illustrations tout en douceur de Jane Massey donnent à voir des personnages naïfs crayonnés sur fond blanc. Et franchement, la chevelure indomptable de Florence est mignonne comme tout ! D’ailleurs, la petite Florence est adorable et on s’attache beaucoup à elle en lisant le livre. Elle devient comme une amie qui partage nos inquiétudes, nos joies et notre quotidien d’enfant. Dès la première ligne, son « Coucou! » lancé alors qu’elle est à moitié cachée sous une couverture a fait en sorte que je l’adopte tout naturellement.

Dans le texte, Florence s’adresse directement au lecteur, lui pose des questions, lui raconte des secrets. J’ai adoré cette narration qui se porte bien à la lecture à voix haute et qui plaira autant aux tout-petits qu’aux enfants d’âge scolaire en apprentissage de la lecture. Au départ, Florence décrit avec justesse ses cheveux ainsi :

« Ils sont frisés, j’en ai beaucoup, ils sont tout fous. Rien à faire : je suis toujours ébouriffée. »

Elle regrette de ne pas être comme son petit frère aux cheveux lisses ou comme ses amies de l’école toujours « bien coiffées ». Je me suis demandé en lisant ce livre s’il n’y avait pas une petite dose d’autofiction car l’auteure est aussi connue pour sa large et très belle chevelure rousse et frisée ! Je me suis dit que ce texte résonnera autant chez les enfants blancs aux cheveux ondulés, bouclés ou se mêlant facilement, qu’aux enfants noirs ou métisses aux cheveux frisés ou crépus. Voilà donc un livre universel où tous pourront se reconnaître dans les difficultés rencontrées par Florence :

  • Enfiler un pull fait dresser ses cheveux encore plus sur sa tête.
  • Ses boucles au vent lui cachent la vue lorsqu’elle court.
  • Lorsqu’elle fait des bisous, ses boucles folles se glissent partout et ça chatouille.
  • Il est difficile de faire entrer ses cheveux sous un casque de bain.

Comme personne dans sa famille n’a de cheveux bouclés et qu’elle ne se voit représentée nulle part, Florence supplie sa mère de l’amener chez le coiffeur qui lui lissera les cheveux. Mais hélas ! Sans ses boucles, on dirait qu’elle n’est plus la même; on ne la reconnaît même plus ! Et au fond, peut-être qu’elle préfère ses boucles finalement ! 😉

 

Coup de cœur !

Florence boucles folles 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire Freedman & Jane Massey
Maison d’édition: Mijade Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782807700796
Public cible: À partir de 3 ans
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J'aime pas mes cheveux

 

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Naïma et la magie du cirque

Naïma et la magie du cirque (Kinra Girls)Chez Naïma, la vie est gaie, entre des parents aimants et quatre petits frères turbulents. Pourtant, l’argent manque souvent… Alors, quand vient son anniversaire, Naïma ne s’attend pas à ce que son rêve se réalise : des cours à l’école du cirque ! Ce sera le début d’une grande aventure.

Les Kinra Girls sont cinq jeunes filles talentueuses venues des quatre coins du monde. Loin de chez elles, elles vont comparer leurs différences culturelles et devenir amies pour la vie. Dans La magie du cirque, on découvre l’histoire de Naïma avant leur rencontre. Je n’ai pas lu les autres titres des Kinra Girls en entier; sachez que ce titre se lit très bien indépendamment des autres.

Naïma est américaine. Son père est blanc et sa mère, noire. Cette dernière est originaire du Bénin et transmet régulièrement à ses enfants la culture de se pays: la langue fon, la caleta (danse de rue enfantine), les contes traditionnels, etc. La famille est nombreuse et a des soucis financiers. On dit d’ailleurs que le père se rend au travail à vélo, non pas par choix ou conscience écologique, mais parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter une voiture. 

Naïma est entourée de personnages d’origines diverses qui se soucient d’elle et avec qui elle entretient des liens sains: la voisine haïtienne qui lui chante des chansons traditionnelles et lui raconte des histoires de son pays, Fat Eddy le patron (blanc) de son père qui travaille à Coney Island, ou encore Funny Billy un afro-américain qui l’initie aux arts du cirque. Devant son talent naturel pour cette discipline, d’autres enfants commencent à éviter Naïma par jalousie. Le récit se termine toutefois avant que l’on sache comment Naïma vit cette situation. D’ailleurs, le récit, lent au début et précipité à la fin, manque d’une ligne directrice claire. On parvient tout de même a bien cerner le personnage de Naïma auquel on s’attache sans difficulté. En fin d’ouvrage, on retrouve un dossier « pour en savoir plus » où l’on parle du boubou (vêtement traditionnel) et de la tradition orale africaine.

L’univers dans lequel évolue Naïma est somme tout assez genré, et on réitère régulièrement qu’elle est une fille par toute sorte de petits clins d’œil sur ce qui est approprié ou pas pour elle de faire. Par exemple, à à l’école, ses deux frères font toujours semblant de ne pas la voire car « on ne parl[e] pas aux filles devant les copains. C’est la honte, quoi! » (p.94) Naïma n’est pas dérangée par cela et trouve cela normal. Autre exemple, on lui dit de ne pas faire la roue car elle porte une jupe (alors qu’on aurait pas l’idée de surveiller et contrôler la manière dont les garçons s’habillent ou ce qu’ils font). Troisième exemple: alors qu’un garçon (Rico) cherche la bagarre après avoir provoqué Naïma, un intervenant lui dit: « Tu ne dois pas frapper les autres, surtout pas une fille qui t’arrive à l’épaule » (p.98) C’est bien sûr à Rico de s’excuser, mais il dit simplement qu’il la pardonne (!). Naïma se défend en disant que c’est à lui de s’excuser, mais l’intervenant dit qu’au moins, Rico a « fait un effort ». Ainsi, il est acceptable pour un garçon de se montrer violent; l’important est qu’il « fasse l’effort » de se contrôler. Eh, misère…

[SPOILERS] Plus loin dans le récit, Rico tourmente Naïma et va même jusqu’à lui empoigner le bras. La jeune fille se libère de son emprise et se met à courir. Alors que Rico est à sa poursuite, il trébuche et se retrouve les pieds dans le vide du haut d’un immeuble de six étages. Naïma ne peut se résoudre a le laisser tomber à une chute qui lui serait mortelle et elle décide de lui venir en aide. Gêné et reconnaissant, Rico se traite lui-même de « gros nul » et affirme que toute personne qui s’en prend à Naïma ou lui fait des problèmes aura désormais affaire à lui. Ce qui m’a dérangé dans ce passage, c’est qu’à aucun moment Rico ne s’excuse de son comportement macho et violent. De plus, il demeure agressif envers les autres; ce n’est que Naïma qui sera épargnée car elle lui a sauvé la vie. Pis encore, Naïma aura beau lui dire que sa protection n’est pas nécessaire, Rico continuera de la suivre partout contre son gré, de se mêler de ses affaires et de la surprotéger. Bonjour l’absence de consentement. [FIN SPOILERS]

Bref, Naïma et la magie du cirque est un roman intéressant avec des personnages réalistes, mais qui véhicule des messages auxquels je n’adhère pas. Parents, vérifiez si ces messages vous conviennent ou préparez-vous à discuter de cette lecture avec votre enfant avant de lui offrir ce roman. Après tout, tout se lit; mais une bonne discussion sur ses lectures permet parfois de relativiser les choses et constitue un moment d’apprentissage privilégié pour les enfants. À vous de juger.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Moka & Anne Cresci
Maison d’édition: PlayBacBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782809661934
Lectorat cible: 8 à 12 ans
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