Magic Charly (tome 1): L’apprenti

On peut avoir un chat doué de capacités hors du commun et tout ignorer de l’existence des magiciers. C’est le cas de Charly Vernier, jusqu’à ce qu’il découvre que sa grand-mère pourrait être un membre éminent de cette société.Mais elle court un grave danger. S’il veut la sauver – et se sauver lui-même -, Charly n’a pas le choix, il lui faut devenir apprenti magicier. Bienvenue dans le monde ensorcelant de magic Charly !

Beignets de prédiction, grimoires volants, serpillière enchantée et pilleur d’âmes… Le monde merveilleux créé par Audrey Alwett est riche et complètement imprévisible. Le personnage principal est Charly, un garçon noir, dont la grand-mère est atteinte d’une mystérieuse et soudaine amnésie. Pour la sauver et lui venir en aide, Charly découvrira le monde magique situé juste à la lisière du nôtre.

La représentation de ce personnage principal noir est positive puisque Charly est un garçon qui n’est pas réduit à sa couleur de peau. On le mentionne au passage, comme on mentionnerai toute autre description physique, en page 14: « Il passa une main incertaine dans ses cheveux crépus et mouilla ses yeux pour donne l’impression qu’ils étaient réveillés. Puis il redressa la tête et tenta un sourire dynamique. Ce fut plutôt efficace, mais uniquement parce qu’il était expert en sourire. » Charly n’est pas malheureux de son identité raciale et dans le roman, cette identité ne rend pas son existence difficile. Toutefois, l’autrice (blanche) fait preuve d’une sensibilité raciale lorsqu’elle mentionne tout de même qu’être noir amène son lot de racisme ordinaire, comme lors de ce passage où son amie Sapotille reproche à Charly de manquer d’autorité alors que ce dernière avait du mal à se montrer ferme en face de serpillières enchantées:

– C’est pas permis de manque d’autorité à ce point! Avec tous les avantages que tu as… je veux dire, tu es super grand, super musclé et tu te laisses faire commme une chiffe. Et même par une chiffe, ce qui est encore pire!
Charly était lassé de sa propre médiocrité, mais il n’était pas prêt à tout laisser passer:
– Je suis un grand Noir costaud alors je suis supposé être une brute, c’est ça?
– Non, ce n’est pas ce que je…
– Au cas où personne ne l’aurait remarqué, ça ne me plaît pas d’impressionner les gens! Je n’aime pas le regard méfiant qu’on me lance quand je passe à moins d’un mètre de quelque’un comme si j’allais lui cogner dessus. Je n’aime pas que la fille que j’ai failli percuter me regarde comme si je l’avais fait exprès. Ou qu’elle simagine que je lui ai tiré les cheveux, juste parce que ses préjugés lui disent que c’est forcément moi le coupable! La violence, ce n’est pas mon truc. L’autorité non plu. je n’aime pas… forcer les gens à faire des choses contre leur gré. Et les serpillières non plus, d’accord? » (p.161)

Ce roman de plus de 400 pages plaira aux bons lecteurs amateurs de récits fantastiques!

Magic Charly, 1: L’apprenti
AUTEUR(S) : Audrey Alwett 
ÉDITION: Gallimard Jeunesse, 2019
ISBN: 9782075121453
PRIX: 27,95$
11 ans et plus

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Le petit chaperon bleu

Une forêt sombre, une grand-mère un peu barbante, une pèlerine rouge… Rouge ? Non, bleue ! Ce livre raconte l’histoire d’un loup et d’un chaperon uniques en leur genre. Espiègle et audacieuse, la petite fille ne s’en laisse pas conter et défie son compagnon à un jeu particulier… Une version moderne et décalée du célèbre conte.

J’adore les contes classiques réinventés. Ils offrent tellement de possibilités d’exploitation en bibliothèque ou en milieu scolaire car on y retrouve souvent une forme narrative simple et bien définie, et ils permettent de comparer des livres contemporains à ceux dont ils se sont inspirés. Dans Petit chaperon bleu, c’est bien entendu le Petit chaperon rouge de Charles Perrault qui est détourné, mais bien vite, l’auteure Guia Risari y ajoute des éléments issus d’autres contes, tels que Raiponce, Les trois petits cochons, La Belle au bois dormant, et Cendrillon.

Le texte est intriguant et le récit, bien mené. On y retrouve plusieurs notes en bas de page: Certaines notes sont vraies, alors que d’autres manifestement fausses, d’autres encore, entre les deux. J’ai parfois trouvé que ces dernières s’éloignaient trop du récit principal. Certains lecteurs y verront une opportunité de faire naître une autre histoire, comme une mise en abîme.

Le petit chaperon bleu est une fille racisée, du moins on peut facilement le supposer par son teint plus foncé que celui de son ami de jeu. Elle est une fille moderne, décidée, et elle ne manque pas de caractère. Son chaperon, c’est son coton ouaté qu’elle a teint elle-même dans le lavabo de sa salle de bain. Sa grand-mère est une femme aux cheveux crépus très courts. La relation entre les deux femmes n’est pas vraiment développée dans l’histoire: on mentionne seulement que Chaperon bleu se montre patiente et à l’écoute des plaintes douloureuses de la vieille femme.

Les illustrations font usage de blocs de couleurs franches et de contours rouges, qui leur donnent une belle lumière. Elles regorgent de détails savamment choisis permettant de créer un contexte urbain sans toutefois être trop chargé. L’illustratrice a réussi à créer une belle atmosphère. J’ai bien aimé! 

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Le petit chaperon bleuBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Guia Risari & Clémence Pollet
ÉDITION: Le Baron perché, 2012
ISBN: 9782360800544
6 à 10 ANS

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Julian est une sirène

Le jour où Julian voit passer trois femmes magnifiques habillées en sirènes, sa vie change. Il ne rêve plus que d’une chose, devenir lui aussi une sirène. Mais que va penser sa Mamita ?

Wow, wow, wow! Quel bel album! Déjà, les pages de garde sont magnifiques. Certaines illustrations en pleine page (par exemple, lorsque Julian s’imagine plonger dans l’eau) me donnent envie d’en avoir des formats géants à exploser sur les murs de la maison. Vous auriez dû me voir en train de lire cet album: je passais du « Ohhhh! » au « Waaaaaaah!! » au « Oh là, là, quoooooiiii???? » au « Mais c’est trop beau!!! » Les illustrations pleines de mouvement m’ont fait plonger au fond des océans avec Julian, avec les poissons, les pieuvres, les méduses et les raies de son imagination. J’ai aussi aimé que l’illustratrice ait utilisé un papier brun plutôt que blanc pour ses dessins. Le rendu est très réussi! Et, comme c’est souvent le cas lorsque l’auteur fait aussi les illustrations, le texte et les dessins participent à part égale à la narration du récit.

Au retour d’un avant-midi à la piscine, Julian et sa grand-mère rentrent à la maison. Cette dernière va prendre un bain en disant à Julian de ne pas faire de bêtises. Mais Julian avait été tellement émerveillé par les jolies femmes qu’il a croisées dans le métro sur le chemin du retour, qu’il en profite pour se maquiller, se mettre des feuilles de palmier dans les cheveux et des rideaux autour de la taille pour se faire une robe. Lorsque la grand-mère sortira de la salle de bain et verra son petit-fils, sa réaction sera simplement « Oh. » On peut facilement imaginer que l’excès de féminité de Julian ne lui a pas plu. Mais il n’en n’est rien! Au contraire, elle offre au garçon un collier pour compléter sa tenue. Et c’est ainsi que la petite famille ira se promener dans le quartier, la tête haute, pour rejoindre une parade tout aussi flamboyante et colorée que Julian.

Cet album souligne à quel point il est important d’être soi-même et fier de qui ont est. Il donne aussi à voir un garçon qui explore les concepts de féminité et de masculinité, démontrant au passage que plutôt qu’être fixe, le genre est quelque chose de fluide et de beau. On ne sait pas si Julian aime les garçons ou s’il se découvrira homosexuel, mais ce n’est pas du tout important. Julian est tout simplement un garçon heureux, qui s’exprime via son genre. J’ai adoré!

Coup de cœur!

* Prix Stonewall Mike Morgan & Larry Romans Children’s & Young Adult Literature pour son traitement exceptionnel d’une expérience LGBTQ+

* Prix des libraires du Québec 2021

Julian est une sirène
AUTEUR(S):  Jessica Love
ÉDITION: École des loisirs, 2020
ISBN: 9782211306669
PRIX: 23,95$
4 ans et plus

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Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

quatre soeurs march 3

Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

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Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs mois. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points bonis pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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Les quatre soeurs MarchBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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rollergirl    Garçon sorcière    grande aventure de concombre royaume du donut

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Pars, cours ! Bernadette

Pars Cours BernadetteEn juin, j’irai au bal des finissants avec Lenny. C’est décidé ! Rien ni personne ne pourra m’en empêcher, même pas lui ! Pour le séduire, j’ai besoin :
– de noix et de raisins secs;
– de billes;
– de ficelles et de bouts de tissu;
– de ma salive (beurk !);
– de quelques-uns de ses cheveux châtains-trop-parfaits-qui-sentent-si-bon !
Pourquoi ? Pour faire de la magie vaudou. C’est ma grand-mère qui me l’enseigne ! Le vaudou, c’est la sorcellerie LA PLUS PUISSANTE du monde. À moi le beau Lenny! Et adieu, les mauvais coups d’Alexis! Rien ne m’arrêtera! (Même s’il faut que je me promène avec une crotte de chien dans mon sac d’école.)

Bernadette est le sixième livre paru dans la série Pars, cours !, des romans pour enfants écrits en gros caractères peuvent être lus dans n’importe quel ordre. Ce roman a maintenu mon intérêt jusqu’à la toute fin et j’ai trouvé que Bernadette était très attachante. Québécoise d’origine haïtienne, elle est très attachée à la culture de ses parents et entretient avec sa grand-mère qui vit à Port-au-Prince un lien étroit. Toutes deux sont très proches malgré la distance qui les séparent et Bernadette n’hésite jamais à lui demander conseil. Elle porte ses cheveux tressés qu’elle adore ornementer de perles multicolores. À 11 ans, Bernadette est amoureuse de Lenny, un garçon blanc de sa classe qui n’est pas très populaire. Elle est intéressée par son intelligence et son honnêteté; elle se fiche bien qu’il soit un souffre-douleur plutôt mauvais en sport !

Bref, Bernadette est une fille drôle, débrouillarde et gentille. Elle se passionne pour le tricot et admire l’athlète haïtien Sylvio Cator. Elle ne se comporte pas en victime et n’est pas non plus la cible de racisme dans le récit. Au contraire, ses camarades de classe la perçoivent comme l’une des leurs, par exemple, lorsqu’elle mentionne à son enseignante qu’elle veut faire son projet scolaire sur un pont qu’elle a vu « dans son pays », un garçon lui dit « Bernadette, tu n’es même pas haïtienne. T’es née au Québec! » (p.139). Malgré tout, il arrive un moment dans l’histoire où elle se demande si Lenny ne l’aime pas à cause de sa couleur de peau ou de ses cheveux frisés (p.282). La jeune fille se montre très intéressée par le vaudou, qu’elle espère utiliser pour faire un charme d’amour pour Lenny. Son enseignante lui expliquera alors que l’amour ne peut pas être provoqué. La grand-mère de Bernadette lui parle souvent de cette religion, qu’elle décrit comme « l’art de la grande sorcellerie » (p. 15). Elle lui parle des offrandes, des esprits (par exemple: papa Legba, Ogoun Zobla, etc.) et des croyances vaudous (par exemple le fait qu’il ne peut pas être utilisé pour faire le mal). L’auteure fait preuve d’une sensibilité ethnique et raciale qui personnellement m’a fait du bien en tant que lectrice noire. À un moment, Bernadette mentionne qu’elle arrive difficilement à faire entrer tous ses cheveux dans son bonnet de bain (p.93) et cela m’a fait sourire car c’est une situation très courante chez les personnes ayant les cheveux crépus ou très frisés. Aussi, pour rendre compte du sentiment amoureux et de la gêne de Bernadette face à Lenny qui lui plait beaucoup, l’auteure a choisi d’écrire de manière non hégémonique « mes joues brûlent » (p.188) plutôt que de mettre l’accent sur la couleur des joues. Chapeau !

Le texte et la mise en page est très dynamique: certains mots ont une typographie variée pour mettre l’accent sur certains mots. Les illustrations sont réussies et j’ai adoré les retrouver ici et là dans le livre. L’auteure Nadine Poirier a également écrit Lenny, dans la même série, et j’ai franchement envie de le lire ! Fortement recommandé !

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadine Poirier
Maison d’éditionÉditions de MortagneBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782897920005
Public cible: 10 à 12 ans.

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Pain-doré

pain doré winters thisdale éditions isatisFanny, moitié jamaïcaine, moitié québécoise, déteste le surnom qu’on lui a donné à l’école, «Pain-Doré». Elle est donc épouvantée quand elle entend un camarade de classe le lui crier alors qu’elle se promène avec sa grand-mère. Pire encore, Nan-ma, qui est aveugle, veut connaitre l’origine de ce nom. Comment Fanny peut-elle décrire la couleur de sa peau à quelqu’un qui ne l’a jamais vue ? Une façon poétique et savoureuse de parler de nos différentes couleurs de peau !

Dans Pain-Doré, on rencontre Fanny, jeune métisse troublée par les surnoms que ses camarades de classe lui donnent à cause de son accent et de sa couleur de peau. Elle n’aime pas lorsque des inconnus font des commentaires sur ses cheveux ou la questionnent sur sa manière de parler. Une conversation avec sa grand-mère aveugle lui fera voir le monde d’une manière nouvelle. Pour aider sa Nan-ma a imaginer les couleurs de peau, elles trouvent ensemble toutes sorte de manières de les décrire: le thé après y avoir ajouté du lait, du yogourt à la pêche, un pain aux bananes, du sirop d’érable, noix de coco grillée, miel à la canelle, tartinade au chocolat et aux noisettes, etc. Les illustrations hyper-réalistes sont à couper le souffle et sont judicieusement cadrées. Le texte capture un moment du quotidien, une tranche de vie à laquelle bien des enfants noirs ou métisses pourront s’identifier. Au final, Fanny s’appropriera son surnom et le portera fièrement.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire ou en famille:

  • Dans le livre, Fanny réalisera que les personnes blanches (comme sa mère, par exemple) ne sont pas vraiment blanches. Du moins, « pas de la même façon que la neige est blanche ». Que veut-elle dire par là ?
  • Repère dans le texte toutes les manières que Fanny et Nan-ma utilisent pour écrire les couleurs de peau.
  • Trouve toi aussi une manière de décrire la couleur de ta peau en utilisant des aliments.
  • Avant de lire le livre, regarde la page couverture et le titre. À ton avis, de quoi parlera ce livre ?
  • Pourquoi les enfants de l’école appellent-ils Fanny « Pain-doré »?
  • À la fin de l’histoire, Fanny est-elle toujours triste qu’on lui ait donné ce surnom ? Justifie ta réponse.
  • La mère de Fanny vient du Canada et son père, de la Jamaïque. Et toi, sais-tu d’où viennent tes parents ?
  • Penses-tu que la couleur de peau est quelque chose d’important ?
  • Combien y a-t-il de couleur de peau dans ton école ? Ta classe ? Ta famille ?

Les éditions de l’Isatis ont également dévelopé une fiche pédagogique sur ce livre. N’hésitez pas à la consulter !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kari-Lynn Winters & François Thisdale Bouton acheter petit
Maison d’édition: Éditions de l’Isatis
Année de publication: 2018
ISBN: 9782924769362
Public cible: À partir de 9 ans
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Petit oursin

Petit oursinJustine est bien malheureuse. Jamais elle n’aura de beaux cheveux bien lisses comme ceux de son amie Mélodie. Avec ses cheveux qui gonflent tout le temps, Justine ressemble à un petit oursin…

Les cheveux de Justine sont crépus; ils ne coopèrent que très rarement ! De plus, cela prend du temps pour les coiffer et ils ne volent pas au vent comme ceux de ses amies. La pluie les fait friser encore davantage. Tout ceci est le quotidien de bien des fillettes noires qui ont naturellement les cheveux frisés ou crépus, qui se reconnaitreront dans ce livre.

Alors que Justine n’aime pas ses cheveux, ses amis de l’école les admirent, les trouvent beaux et les jalousent. Certains veulent même les toucher (ne vous inquiétez pas, ils demanderont à Justine avant de passer leurs mains dans sa chevelure !) Un livre qui se termine bien et qui accompagnera les petites filles noires vers l’acceptation de leurs cheveux naturels.

Sophie Mondésir est une illustratrice française d’origine guadeloupéenne. Elle est décédée en 2008.

 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Martine Lagardette & Sophie Mondésir
Maison d’édition: Flammarion Jeunesse
Année de publication: 2002
ISBN: 208161412X
Lectorat cible: 5 à 8 ans.
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Grand-père Mandela

Grand-père Mandela Sean Qualls Rue du mondeL’arrière-grand-père de Zazi et Ziwelene s’apple Nelson Mandela…Leur grand-mère, Zindzi Mandela, répond à toutes les questions des deux enfants. Ils apprennent ainsi que Nelson Mandela a été un infatigable combattant pour la liberté, un grand président pour l’Afrique du Sud et qu’il a reçu le prix Nobel de la paix. Au fil de cet échange, Zazi et Ziwelene comprennent aussi qu’ils peuvent poursuivre son oeuvre dès aujourd’hui… Pour que tous les enfants sachent qui était Nelson Mandela

La mémoire. Collective, familliale et individuelle. Comment aborder ce sujet avec les enfants ? Comment leur parler de l’Histoire du monde et du rôle qu’à jouer le racisme, l’esclavage et la ségrégation ? Cet album publié chez Rue du Monde offre une belle porte d’entrée pour répondre à ces questions. On y rencontre deux enfants qui découvrent une photo de leur grand-père, le très connu et admiré Nelson Mandela qui s’est battu pour mettre fin à la ségrégation dans son pays, l’Afrique du Sud. L’histoire se lit comme une conversation, par un jeu de questions posées par les enfants auxquelles leur grand-mère a toujours une réponse appropriée et juste. « Pourquoi [Nelson Mandela] a-t-il été emprisonné? », « Pourquois les Blancs ont-ils rendu si triste la vie de tout le monde? »,  « C’est quoi la justice? », « Pourquoi le gouvernement a laissé Grand-père en prison si longtemps? » sont quelques uns des questions posées par les enfants. Elle n’hésite pas à dire les choses telles quelles sont, sans détour, même si la réalité est laide parfois. Par le biais de leur histoire familiale, on découvre non seulement Mandela, l’homme politique, le militant, le leader, mais aussi Mandela le mari, le père et le grand-père.

Les illustrations texturées de Sean Qualls donnent du relief au récit. Ses cadrages sont bien choisis et participent autant que le texte à la construction de cet album. J’apprécie beaucoup son travail d’artiste et la manière dont il fait usage de techniques mixtes pour illustrer les textes d’auteurs avec qui il collabore. Ce livre se lit dès l’âge de 10 ans, mais je recommande vivement un accompagnement avec un adulte qui saura soutenir le jeune lecteur dans la découverte de l’Histoire sud-africaine, et dans la construction de son identité. Prenez le temps de parler à votre enfant du racisme dont il a été témoin ou victime dans son quotidien afin qu’il puisse faire des liens avec ce qu’il lit. Vous pouvez aussi fouiller dans vos albums photos de famille et parler de vos ancêtres. N’oubliez pas; lire ouvre toutes sortes de portes qui ne se referment pas une fois le livre lu.

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs.

Sean Qualls est un illustrateur américain.

Sean-Qualls

Auteur(s) / illustrateur(s) : Zindzi Mandela , Zazi Mandela , Ziwelene Mandela , Sean Qualls
Maison d’édition: Rue du MondeBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782355045288
Public cible: 10 ans et plus
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La fenêtre magique

la fenêtre magiquePour une petite fille, la fenêtre de la cuisine de ses grands-parents est source de magie… Récit de découvertes enfantines, cet album est aussi un hymne à la relation unique entre petits-enfants et grand-parents.

Les illustrations naïves et colorées de cet album utilisent le crayon, la peinture et le feutre. La mise en page exceptionnelle donne à voir le lien entre une petite fille métissée et ses grands-parents qui la gardent le temps d’une journée. Les joues rouges des personnages leur donne un air heureux. La grand-mère, appelée Nanny, est noire et a les cheveux bouclés et gris. Le grand-père, appelé Poppy, est blanc, chauve et a les yeux bleus. Le texte nous pousse à observer et à apprécier la lenteur et la douceur de la vie. Un livre merveilleux.

*Prix Caldecott 2006 pour l’édition originale

Auteur(s) / illustrateur(s) : Norton Juster & Chris Raschka
Maison d’édition: Le Génévrier Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782362900235
Public cible: 4 à 7 ans
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Les vacances de Léa

Les vacances de Léa Belin éducationDans le train qui l’emmène en vacances, Léa fait de drôles de rencontres. Quelle aventure de croiser sur sa route des animaux sauvages et des samouraïs japonais ! Entre rêve et réalité, la petite fille va voyager de surprise en surprise.

Testé par des enseignants et des orthophonistes, Les vacances de Léa est publié chez Belin dans la collection Colibri. Cette collection est spécialement conçue pour les enfants dyslexiques et dysorthographiques avec 4 niveaux progressifs de difficulté du graphème, la longueur de l’histoire et la richesse du vocabulaire. Ce livre inclus deux histoires : Panique dans le train, ainsi que Mamie Kimono, chacune étudiant un graphème différent (QUE dans la première, et O dans la deuxième). Pour faciliter la lecture du texte, une grande attention a été portée à la lisibilité de la typographie, à l’espacement des lettres, des mots et des lignes. Tout dans ce livre est pensé afin d’aider les enfants ayant des difficultés en lecture: il y à même des activités d’échauffement permettant de s’entrainer à lire le graphème pour préparer la lecture.

Léa a le teint brun, tout comme ses parents et sa grand-mère. Elle sait faire face aux imprévus et on peut compter sur elle pour sauver une situation. Ses histoires sont loufoques et j’espère que la maison d’édition nous offrira de nouvelles aventures avec elle !

Auteur(s) / illustrateur(s) : René Gouichoux & Thérèse Bonté
Maison d’édition: Belin
Année de publication: 2017
ISBN: 9782410005677
Public cible: À partir de 8 ans
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