Connais-tu? Rosa Parks

Connais-tu Rosa Parks, la courageuse femme noire qui a refusé de céder son siège à un homme blanc dans un bus en 1955? Celle qui est ainsi devenue un symbole légendaire de la lutte pour l’égalité des droits des Noirs aux États-Unis? La militante qui s’est battue toute sa vie aux côtés de leaders comme Martin Luther King, contre le racisme et la discrimination envers les Noirs? La première Afro-Américaine à avoir sa statue au Capitole, à Washington?

Qui ne connait pas la collection Savais-tu? et, plus récemment, la collection Connais-tu? mise sur pied par la maison d’édition Michel Quintin? Ces collections, adorés des enfants, m’est demandée presque tous les jours à ma bibliothèque par les élèves du primaire. Ils aiment son petit format, la familiarité qu’il ont développé avec les collections, et les pages de bandes dessinées à l’intérieur. 

En voyant « Connais-tu Rosa Parks? » chez le libraire, je me suis demandé comment les auteurs allaient réussir à garder l’humour si caractéristique à la collection pour aborder la lutte pour les droits civique aux États-Unis. C’est un pari réussi puisque ce livre s’est révélé à la fois instructif et humoristique. On retrouve par exemple un petit rat anthropomorphisé qui se promène de page en page, ou encore des extraterrestres qui se demandent quand est-ce que les humains comprendront que tous les terriens sont égaux. L’illustrateur s’est aussi amusé à dessiner la jeune Rosa en train d’inverser les affiches « Blancs seulement » et « Pour les Noirs » au dessus de fontaines d’eau et rire de deux femmes blanches qui préféreraient mourir plutôt que de boire l’eau d’à côté. L’humour est donc bien dosé et on ne perd par de vu le propos sensible. Rosa Parks est présentée comme étant une militante engagée plutôt que comme une vieille couturière fatiguée, ce que j’ai bien aimé. Les illustrations sont en noir et blanc et la couverture est souple. Plaira aux élèves de 2e et 3e cycle du primaire! 

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Connais-tu Rosa Parks?
AUTEUR(S) : JOHANNE MENARD & PIERRE BERTHIAUME
ÉDITION: MICHEL QUINTIN, 2020
ISBN: 9782897624392
PRIX: 9,95$
7 À 11 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le bus de Rosa, Les grandes vies: Maya Angelou, ou encore De petite à grande: Rosa Parks.

Les grandes vies: Maya Angelou

Comment Maya Angelou a-t-elle réussi à se faire entendre ? À la fois écrivaine, chanteuse, danseuse, professeure et militante pour les droits civiques, Maya est pleine de ressources. Toute sa vie, elle s’est battue pour l’égalité des droits des Noirs aux États-Unis et en Afrique du Sud. Suivez le récit de son incroyable parcours depuis l’épicerie de sa grand-mère jusqu’à sa rencontre avec Barack Obama.

Ce n’est pas le premier ni le dernier livre biographique pour la jeunesse qui sortira en librairie cette années. Beaucoup de maisons d’éditions proposent collections de livres retraçant la vie de personnes ayant marqué l’histoire en ce moment. Cela dit, la collection « Les grandes vies » chez Gallimard est l’une de mes préférées. Ce livre en tant qu’objet est magnifique. Son format petit, sa couverture rugueuse et sa conception graphique lui donne un cachet précieux. J’aurais envie de mettre la totalité de la collection en vitrine dans mon salon!

Le texte est court et documenté, faciles à lire sans être édulcoré. On en apprend beaucoup sur Maya Angelou à la lecture de ce livre, de son mutisme à la suite d’un viol, jusqu’à son militantisme. On comprend comment et pourquoi la voix de Maya est puissante, ainsi que la manière dont elle a contribué à combattre les préjugés pour faire évoluer le monde par ses mots et son talent artistique.

(c) Photo: Ayizana.

On retrouvre à la fin du livre une chronologie des moments importants de la vie de Maya Angelou, ainsi qu’un glossaire et un index. Même s’il est une joie à lire pour le plaisir, il peut aussi facilement être utilisé pour les recherches scolaires.

Les illustrations graphiques ne font usage que de quatre couleurs dominantes: le vert, le brun, le bleu pâle et le jaune. J’ai adoré les textures et les couleurs franches utilisées. Les lignes sont précises et forment des blocs de relief. Très beau!

Je vous recommande vivement ce livre! Plusieurs autres titres existent dans la collection, comme Nelson Mandela, Anne Frank ou Frida Kahlo.

Danielle Jawando est une auteure anglaise.

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation
AUTEUR(S)
: Danielle Jawando & Noah Snir
ÉDITIONGallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075129756
PRIX: 18,95$
8 à 13 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être De petite à grande: Rosa Parks, ou Histoires du soir pour filles rebelles, deux albums biographiques pour la jeunesse. Essayez aussi La vie ne me fait pas peur, un album signé Maya Angelou.

Alma: Le vent se lève

En 1786, Alma, 13 ans, quitte la vallée d’Afrique qui la protège du reste du monde pour partir seule à la recherche de son petit frère disparu. Pendant ce temps, à La Rochelle, le jeune Joseph Mars embarque clandestinement sur La Douce Amélie, l’imposant navire de traite du cruel capitaine Gardel. Il est en quête d’un immense trésor mais c’est Alma qu’il découvre.

On attendait le nouveau Timothée de Fombelle en jeunesse depuis plusieurs années déjà et l’auteur de Tobie Lolness ne déçoit pas avec ce nouveau roman historique. On y rencontre Alma, jeune africaine qui ne subit pas l’esclavage mais qui le découvre lorsqu’elle sortira de sa petite communauté coupée du monde à la recherche de son petit frère. À travers ses yeux d’enfant, on nous montre esclavage et sa cruauté. Au-delà d’Alma qui est bien entendu le personnage principal, l’histoire nous est racontée par une galerie d’autres personnages: son petit frère qui a disparu, leur père qui recherche sa fille, un négrier, un jeune garçon travaillant sur un bateau négrier, etc. Bien entendu, toutes ces histoires finissent par converger vers un point commun et se relier au courant du récit, mais par moments, j’ai trouvé que ce va-et-vient entre les point de vue des différents personnages brisait le rythme du roman. J’aurais préféré ne suivre qu’Alma dans ses aventures, ou à la limite que 2 ou 3 personnages. Là, il y en avait trop. Juste quand ça devenait intéressant avec un personnage et qu’on finisse par s’y attacher, Timothée de Fombelle nous oblige à continuer de découvrir l’histoire avec un autre personnage. Une fois qu’on s’habitue à cette narration quelque peu saccadée, on est happé par l’histoire poignante de ce roman criant d’humanité et de sensibilité.

Les illustrations détaillées en noir et blanc de François Place sont magnifiques et se déploient en de grandes fresques en pleine page. Plutôt que de brimer l’imagination du lecteur, elles décuplent le pouvoir évocateur de l’écriture de Timothée de Fombelle.

Controverse

Plusieurs personnes se sont levées pour dénoncer la décision de l’éditeur de mettre en marché ce livre en tant que « roman d’aventures »: La traite négrière n’est pas une aventure. L’esclavage n’a pas été une aventure. Pour ma part, je trouve que oui, c’est assez maladroit. « Roman historique » aurait été plus approprié, même si les personnages sont fictifs.

Et avez-vous entendu l’auteur se vanter qu’il est l’un des premiers auteurs a écrire un roman jeunesse sur l’esclavage? Timothée de Fombelle a évoqué le fait que de nombreux jeunes lecteurs seront privés de cette histoire, d’autant que « rien ou presque n’a jamais été écrit sur l’esclavage en littérature jeunesse ». C’est « le plus absurde » dénonce-t-il. 

Et voilà, ça y est. Bonjour la condescendance. 🙄 De penser qu’un homme Blanc du XXIe siècle est l’un des premiers à avoir écrit un livre jeunesse sur l’esclavage, c’est complètement complaisant. Il s’imagine peut-être qu’il nous fait une faveur en racontant nos histoires? Est-ce que sa voix, son joli texte sur les tablettes des librairies francophones, est plus légitime que nos souvenirs, que nos mémoires, que les histoires que nous nous racontons de générations en générations? Franchement…

Accusations d’appropriation culturelle

Alma: le vent se lève ne sera pas édité aux États-Unis et en Angleterre pour cause d’appropriation culturelle: on remet en effet en cause la légitimité d’un homme blanc d’évoquer des sujets tels que l’esclavage et le combat pour l’abolition. Le milieu de l’édition anglophone n’a pas non plus accepté qu’un homme blanc fasse parler et se glisse dans la peau d’une jeune fille noire.

Je dois admettre que je suis assez d’accord avec cette accusation d’appropriation culturelle. L’appropriation culturelle suppose que des gestes, des choses ou des paroles soient célébrées et acceptées lorsqu’une personne privilégiée ou faisant partie du groupe dominant dans la société les utilise, mais que ces mêmes gestes, choses ou paroles stigmatisent les personnages racisées, alors que se sont elles les premières concernées ou qui les ont créées! Par exemple: on dira d’une personne blanche avec des tresses plaquées qu’elle est avant-gardiste, cool et jolie, alors que sur une personne noire, on dira que c’est laid, inapproprié pour le milieu du travail ou associé au monde carcéral. De plus, les personnes blanches qui portent ce genre de coiffures ignorent souvent tout de la signification des cheveux naturels chez les communautés noires, et encore moins de l’utilité des tresses plaquées aujourd’hui, ou de leur histoire.

J’entend déjà les gens me dire: « Oui, mais dans le cas de Timothée de Fombelle, on a plutôt un homme blanc qui s’est documenté sur la traite négrière, qui en comprend les enjeux, et qui raconte une histoire pour le public jeunesse avec respect dans le but de faire découvrir aux enfants cette histoire trop souvent oubliée. C’est tout le contraire de l’appropriation culturelle! » Ouais. Sauf que pendant que Timothée de Fombelle publie son roman et que toute une machine médiatrice est mise en place pour le faire connaître et en faire mousser la vente, qu’en est-il des auteur.e.s racisé.e.s? Vous en voyez beaucoup de livres jeunesse écrits par des personnes racisées qui racontent leus propres expériences et qui privilégient de la même couverture médiatique? Nope. Les auteur.e.s racisé.e.s rencontrent beaucoup plus d’obstacles au moment de faire publier leurs livres! « Oh, ça ne se vendra pas. » « Les gens ne se reconnaîtront pas dans votre histoire. » « Pourriez-vous utiliser une langue plus québécoise? On entend votre accent à l’écrit. » « J’ai déjà atteint mon quota de livres sur le racisme cette année. »

#OwnVoices

Et puis, on sait bien que les personnes racisées écrivent moins car elles sont plus susceptibles d’être nées dans des milieux défavorisés en plus de faire face au racisme systémique dans la société et aux répercussions de l’Histoire esclavagiste de notre monde (qui, soit dit en passant, blessent encore les descendants d’esclaves et les populations noires aujourd’hui). On sait aussi que les personnes racisées ont plus de mal à faire publier leurs romans dans des maisons d’éditions réputées. Et lorsqu’elles y parviennent, les romans sont moins publicisés et moins mis de l’avant que ceux écrits par des personnes blanches. Pendant que Timothée de Fombelle parle sur un stade d’or avec un micro de diamants, des auteur.e.s racisé.e.s peinent à faire entendre leurs voix. Et combien d’auteur.e.s noir.e.s se sont vu refuser la publication de leur livre sur l’esclavage (ou sur tout autre sujet entourant les enjeux raciaux) car le milieu de l’édition ne souhaite pas « heurter la sensibilité blanche », ou se sont fait dire de reformuler leurs propos pour ne pas que les personnes blanches soient mal à l’aise?

Je ne sais pas quoi vous dire… C’est pas que le roman de Timothée de Fombelle n’est pas bon. C’est juste que parfois, j’aimerais bien qu’une plus grande place soit accordée aux auteur.e.s racisé.e.s de parler pour eux-mêmes et elles-mêmes.

* Prix Gulli du roman 2020

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Alma: Le vent se lève
AUTEUR(S): Timothée de Fombelle & François Place
ÉDITIONGallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075139106
PRIX: 31,95$
11 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être La case de l’oncle Tom, Du désespoir à la liberté: Julia May Jackson sur le chemin de fer clandestin ou encore Marche à l’étoile, trois livres qui aborde la thématique du commerce triangulaire et de l’esclavage.

La dernière reine d’Ayiti

Dernière reine d'ayiti« Mon nom est Guaracuya, je suis le neveu d’Anacaona, Fleur-d’Or, notre reine, la bien-nommée ; je me flatte d’être son neveu préféré. Là où elle va, je la suis ; elle m’appelle son ombre, en riant. Partout où elle s’élance, notre reine, sur les sentiers, le long des rivières, vêtue de fleurs et de plumes, parée de pétales d’or, son rire l’accompagne. Jamais aucune reine taïno, depuis la nuit des temps, n’a recélé autant de qualités. »Ainsi commence le récit du jeune Guaracuya qui assista, et tenta de résister, à la fin de son peuple, les Taïnos. Ces habitants des Caraïbes étaient réputés pour leur douceur et leur île était un paradis de prospérité. Jusqu’à ce qu’un matin de 1492, de hautes voiles blanches apparaissent à l’horizon avec, à leur bord, des êtres étranges, commandés par deux frères, Christophe et Bartolomé Colomb.En quelques années, leur paradis se transforma en enfer…

J’ai lu ce livre par curiosité car je n’ai jamais lu de roman sur les Taïnos avant celui-ci. Le récit nous transporte au XVe siècle, lors de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Le peuple vivant alors sur l’île que l’on appelle aujourd’hui Hispaniola a accueilli à bras ouverts les Européens. Ces derniers sauteront sur l’occasion pour voler leurs terres et profiter de cette générosité, allant jusqu’à les exterminer totalement, sous l’œil approbateur de Christophe Colomb:

« Les Taïnos donnent volontiers tout ce qu’ils possèdent, en échange de presque rien, ils ne sont pas attachés aux biens matériels. Ils sont beaux, bien bâtis, aussi agréables à voir de corps que de visages… Ils ne portent pas d’armes sur eux, ils sont de mœurs pacifiques, bienveillants et accueillants par nature, sans violence ; cinquante soldats suffiraient pour les asservir tous. » (p.35-36)

L’histoire est racontée du point du neveu d’Anacaona, la reine des Taïnos. L’auteure Elise Fontenaille raconte ainsi le génocide du peuple des Taïnos lors de l’arrivée de Christophe Colomb aux Antilles. Les personnages féminins sont forts, réfléchis et fiers. On parle aujourd’hui souvent des Taïnos comme s’ils avaient été heureux de laisser leurs terres, ou comme s’il étaient trop faibles pour la protéger (parfois en contraste avec les Caribes, le peuple voisin, plus armé). Dans le roman, on présente les Taïnos plutôt comme un peuple hospitalier et chaleureux, mais qui rapidement a tenté de se protéger contre l’envahisseur par diverses résistances, même si elles n’étaient pas armées: Refuser le nom d’Hispaniola pour nommer leur île, se moquer des colonisateurs, refuser la religion catholique imposée, se révolter.

On découvre à la lecture de La dernière reine d’Ayiti une leçon d’histoire peu connue, dans la continuité des précédents romans de l’auteure, dont Eben ou les yeux de la nuit que j’ai lu il y a quelque années et que j’ai adoré. Recommandé!

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La dernière reine d’AyitiBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille-N’Diaye
ÉDITION: Rouergue, 2016
ISBN: 9782812610486
18,95$
11 ANS ET PLUS

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Vous aimerez peut-être Eben ou les yeux de la nuit, de la même auteure. Essayez aussi Dandara et les esclaves libres, un roman pour les bons lecteurs.

Eben-ou-les-yeux-de-la-nuit    Dandara et les esclaves libres

 

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Noire: la vie méconnue de Claudette Colvin

Noire claudette ColvinNeuf mois avant Rosa Parks, l’histoire de Claudette Colvin, jeune adolescente noire, qui a refusé de se lever dans le bus le 2 mars 1955. Elle était alors âgée de 15 ans. Après avoir été jetée en prison, elle décide d’attaquer la ville et de plaider non coupable. C’est le début d’un itinéraire qui la mènera de la lutte à l’oubli.

Ce roman graphique retrace l’histoire oubliée de Claudette Colvin, une adolescente qui, neuf mois avant Rosa Parks, a osé défier la loi et l’arrogance des hommes. Il dévoile un pan méconnu de la lutte contre la ségrégation raciale et le racisme aux États-Unis: celui du rôle central qu’y ont joué les femmes. On connaît tous Martin Luther King, mais qui connaît Claudette Colvin? Et même si on connaît aussi Rosa Parks, on réalise en lisant ce livre que cette dernière était considérée comme étant plus socialement acceptable (une figure soit-disant plus favorable à la cause) qu’une adolescente enceinte d’un homme blanc dans des circonstances troubles et perçue comme agitée. Oui, parce qu’on montre toujours Rosa Parks comme étant une petite couturière fatiguée et douce, mais même elle était en réalité une militante convaincue et active. On l’a simplement tue afin que parlent les hommes comme Martin Luther King ou E.D Nixon qui ont co-organisé le boycott des bus de Montgomery en 1955. Ceux-ci se sont d’une certaine manière approprié la contestation en tassant les femmes de la sphère publique.

Noire Claudette colvin 2

Les illustrations sont sobres, minimalistes et font usage de peu de couleurs. La mise en page est épurée afin de laisser toute la place aux faits et à l’histoire oubliée de Claudette Colvin.

Noire Claudette colvin 4

À travers ce livre, Émilie plateau invite les lecteurs à se mettre dans la peau d’une personne noire et femme, et à se remémorer les injustices découlant des diverses formes de discrimination. Il met en lumière cette tendance qu’a l’Histoire de ne retenir que ce qui fait son affaire, ainsi que les raisons de l’oubli collectif du rôle qu’a joué Claudette Colvin. Un bijou. Vous devez absolument le lire! Les ados aimeront sans doute!

Noire Claudette colvin 3

« Prenez une profonde inspiration, soufflez, et suivez ma voix, rien que ma voix. Quittez cette salle, quittez la ville, passez les ruisseaux, les fleuves, l’océan, sentez la brise. (…) Désormais, vous êtes noire. » (p.1 à 3)

Un livre pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs.

* Le roman duquel est tiré cette bande dessinée, Noire, écrit par Tania de Montaigne, a reçu le prix littéraire Simone Veil en 2015.

Tania de Montaigne est une auteure française.

Tania de Montaigne

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Noire: La vie méconnue de Claudette ColvinBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Émilie Plateau, d’après Tania de Montaigne
ÉDITION: Dargaud, 2019
ISBN: 9782205079258
PRIX: 31,95$
À partir de 13 ANS

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52 icônes noires qui ont marqué l'histoire      bus de rosa

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Le grain de sable: Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada

grain de sableOriginaire de l’île de Madagascar, Olivier Le Jeune arrive dans la ville de Québec en 1629 en tant qu’esclave. Il avait 10 ans. Au-delà de son statut d’esclave, il est la première personne d’origine africaine à habiter de manière permanente au Canada. Ce livre, inspiré de ce qu’il a réellement vécu, suit le parcours d’Olivier Le Jeune, de sa capture à Madagascar jusqu’à son arrivée dans la ville de Québec. On apprend comment il a pu s’adapter à sa nouvelle réalité dans les débuts de la Nouvelle-France.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de Webster. Il est un artiste hip-hop qui se passionne pour l’histoire, notamment celle de la présence noire et de l’esclavage au Québec. Il offre des ateliers dans les écoles (et les bibliothèques!), anime des émisions culturelles et a mis sur pied les tours guidés de la ville de Québec à propos de la présence des Noirs dans la capitale québécoise. Quand j’ai su qu’il avait écrit un livre jeunesse, j’avais très hâte de le lire.

Ce livre de 80 pages d’une qualité indéniable dévoile un pan de l’histoire méconnu au Québec. Il représente bien le devoir de mémoire. Certains passages sont assez cru; on ne tente pas de romancier l’esclavage ici. La plume de Webster est solide, précise, et les illustrations de Valmo prennent à l’occasion le relais pour raconter cette histoire troublante. Le texte se lit comme un poème. On retrouve en fin d’ouvrage un glossaire faisant la liste des mots que les jeunes lecteurs pourraient ne pas connaître, ainsi qu’une biographie d’Olivier Le Jeune et d’une liste d’ouvrages de référence. À noter que le livre peut très bien être exploité avec des élèves du 2e et 3e cycle du primaire, ou du secondaire.

Enseignants, voici quelques idées d’exploitation en milieu scolaire:

  • Préparez une intention de lecture: Que cherche-t-on à savoir en lisant ce livre ? Laissez les élèves répondre (des réponses intéressantes seraient: Qui était Olivier Le Jeune? D’où venait-il? Que lui est-il arrivé? À quelle époque se déroule l’histoire en en quoi cela influence le récit? etc.)
  • Explorer l’importance des illustrations comme procédé narratif. Les pages 18-19, 28-29, par exemple, font avancer l’histoire sans l’usage de mots. Comme est-ce possible?
  • Demandez à vos élèves d’effectuer une recherche à la bibliothèque sur l’île de Madagascar, sur la Nouvelle-France, sur les Jésuites, sur la traite des fourrures, ou sur les conditions de vie des noirs durant l’esclavage.
  • En cours de français, vous pouvez faire un atelier de Slam et jouer avec les mots et le rythme de la langue avec vos élèves.
  • Créez une boîte de mots nouveaux issus du livre à laisser dans votre classe. De temps en temps, vous pouvez piger un mot nouveau et mettre au défi vos élèves de l’utiliser au courant de la journée (ou de la semaine).
  • À la fin d’une lecture commune en classe, interrogez vos élèves: Qu’ont-ils appris? Y a-t-il des choses qui les ont surpris? Auraient-ils aimé une fin différente? Connaissent-ils d’autres livres qui traitent de l’esclavage?

Coup de coeur! 

Webster est un artiste et activiste canadien. 

webster

Coup de coeur! 

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Le grain de sableBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Webster & Valmo
ÉDITIONSeptentrion, 2019
ISBN: 9782897910815
Prix: 19,95$
8 ans et plus

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Vous aimerez peut-être La détermination de Viola qui retrace le parcours de vie de Viola Desmond, une femme noire qui a refusé de quitter l’espace réservé aux Blancs dans un cinéma canadien. Essayez aussi À la découverte du Canada: L’héritage noir.

détermination viola desmond    héritage noir canada

 

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Dorothy Counts: Affronter la haine raciale

Dorothy Counts affronter la haine racialeEn 1957, pour la première fois une adolescente noire de 15 ans, Dorothy Counts, s’inscrit dans un lycée ségrégationniste de Caroline du Nord. Il va lui falloir un courage incroyable pour affronter la haine raciale la plus abjecte, les crachats, les insultes, les menaces de mort…Un adolescent, témoin de cette haine, revoit des années plus tard Dorothy et lui dit son admiration : « Dorothy… vous aviez un tel courage… vous étiez magnifique ! Vous avanciez, malgré les coups, les cris, les rires mauvais… »« J’ai essayé de marcher vers vous, j’aurais voulu pousser la méchante femme qui hurlait, qui ordonnait aux filles de vous cracher dessus… Mais j’étais paralysé : je n’arrivais pas à avancer. »

J’ai adoré ce livre. C’est une sorte de docu-fiction car si Dorothy Counts a véritablement existée, l’auteure a choisi d’imaginer ces moments où l’adolescente a été première élève afro descendante d’une école secondaire de l’Amérique ségrégationniste. Je connaissais déjà un peu Élise Fontenaille pour avoir déjà lu son roman Ében ou les yeux de la nuit qui d’ailleurs m’avait beaucoup plu. Quel plaisir de la relire par le biais de la collection Elles ont osé! d’Oskar Éditeur. Ce court roman coup de poing de quelques pages à peine fera réfléchir vos préados et vos ados qui s’éveillent à l’identité raciale et à la complexité du concept de privilège. Il aide aussi à comprendre les blessures profondes d’une Amérique qui encore aujourd’hui n’a pas cicatrisé ses plaies (récemment tristement illustré par la mort de George Floyd, un autre homme noir non armé, aux mains d’un policier blanc au Minnesota en mai 2020). Ils ne seront pas déçus (et vous non plus, car bien sûr, vous devez absolument le lire aussi).  Un livre excellent !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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DOROTHY COUNTS : AFFRONTER LA HAINE RACIALEBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille
ÉDITION: Oskar éditeur, 2019
ISBN: 9791021406759
PRIX: 19.95$
À PARTIR DE 11 ANS

 

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Vous aimerez peut-être Eben ou les yeux de la nuit, de la même auteur. Essayez aussi Ruby tête haute, un livre sur l’histoire vraie de vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer une école pour Blancs aux États-Unis.

Eben-ou-les-yeux-de-la-nuit      Ruby tête haute

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Vodou

Vodou éditions père fouettard

Loin des clichés effrayants, ce documentaire illustré propose aux enfants et aux plus grands une première approche du vodou, de son histoire stupéfiante, ses dieux et ses esprits fascinants, ses rituels et ses croyants, sa culture sans frontière. De l’Afrique à l’Amérique, des masques rituels aux zombies, des anciens royaumes jusqu’aux danses contemporaines !

Ce qu’on retient de la lecture de cet album, c’est qu’il y a de nombreuses manières de croire au Vodou et de prier ses Dieux et Esprits, différentes selon les pays et les gens. Il existe peu de livre pour enfants qui aborde la thématique du Vaudou d’une manière informative. Les représentations de ces croyances en littérature jeunesse est souvent limitée à la poupée qu’on pique pour faire du mal. Ici, on parle plutôt du vodou sans jugement occidental mal placé. Car si le vodou a effrayé les premiers Européens venus en Afrique car ils pensaient qu’ils ressemblaient au Diable, le vodou en soit n’est ni bon, ni mauvais: ce sont plutôt les croyants qui l’utilisent pour faire des choses bonnes ou mauvaises, comme dans toute religion. Au cours de notre lecture de ce livre, on apprend notamment que les vodou sont des esprits invisibles et que pour avoir une vie meilleure, les humains peuvent demander leur aide en communiquant avec eux de différentes manières. On apprend aussi que le vodou est une religion, un ensemble de pratiques magiques, une façon de vivre et de penser, une philosophie.

vodou éditions père fouettard 2

Dans ce livre, les auteurs ont choisi la transcription des noms vodou rencontrée le plus communément dans le golfe du Bénin, tout en mentionnant bien qu’elle varie dans d’autres régions du monde. Mais on découvre tout même comment deux déesses peuvent être représentées et appelées différemment d’un pays à l’autre, comme Mami Wata au Bénin et Yemaya à Cuba (et j’ajouterais Iemanja au Brésil!). Le tout est expliqué avec des mots accessibles d’un point de vue historique et sociologique. Les enfants comprendront le lien entre le vodou et l’esclavage, ou celui entre les bocios (sortes de barrages installés devant les villages, les maisons ou les champs) et la poésie, ou encore l’importance du culte des ancêtres. En conclusion, on mentionne que des nouveaux vodou sont créés encore aujourd’hui et on présente certains éléments originaires du vodou (comme les zombies haïtiens). On retrouve aussi un lexique en fin d’ouvrage.

Mes recherches m’indiquent qu’aucune personne afrodescendante n’a participé à la réalisation de cet album (!), qui pourtant concerne et parle des personnes racisées et de leur rapport au monde. Quelle occasion ratée de donner une voix aux personnes opprimées et de leur donner le loisir de parler pour elles-mêmes. Dommage.

Petit bémol pour la présence de certaines tournures de phrase à l’européenne, dont l’utilisation du mot « hommes » pour parler de l’humanité toute entière, ou encore de la locution « à Haïti » plutôt que « en Haïti ». Rien de très grave tout de même, et certainement pas assez pour que vous passiez à côté de cet album extrêmement intéressant. Voilà donc un très beau livre réussi, vachement bien réalisé en partenariat avec le Château Musée Vodou qui en a assuré l’exactitude scientifique.

vodou fouettard 3

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VodouBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Camille Tisserand (illustratrice), sous la direction de Florent Grandin et Gaïa Mugler
ÉDITION: Père Fouettard, 2019
ISBN: 9782371650459
PRIX: 25, 95$
À PARTIR DE 10 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Où es-tu Iemanja?, un livre jeunesse sur les célébrations de la déesse vodou des rivières lors du nouvel an brésilien. Essayez aussi La sanza de Bama, un documentaire pour enfants sur un instrument de musique en lien avec les croyances vodou.

ou es tu iemanja     sanza

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Voici Willie O’ree

Voici willie o'reeLe 18 janvier 1958, Willie O’Ree est entré dans l’histoire lorsqu’il est devenu le premier Noir à jouer dans la LNH. Il a disputé un total de 45 matchs avec les Bruins de Boston, un exploit remarquable compte tenu des épreuves qu’il a dû surmonter pour y parvenir. Au cours de sa carrière, Willie a souvent dû faire face au racisme, à l’intolérance et aux insultes. De plus, il était aveugle d’un oeil et devait en garder le secret au risque de ne jamais jouer dans la LNH! Toutefois, grâce à son caractère, sa persévérance et son amour du jeu, son séjour avec les Bruins n’était que le début de ses réalisations dans le monde du hockey… 

J’adore la collection Biographie en images de Scholastic. Depuis Voici Viola Desmond, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt tous les autres livres de la collection (Voici Chris Hadfield, Voici Tom Longboat, Voici Elsie MacGill) et je la recommande régulièrement à mes lecteurs en bibliothèque. Le format carré du livre est tout à fait charmant et les enfants apprécient la présence des phylactères ça et là. La vie de Willie O’Ree est racontée comme une histoire et on retrouve à la fin une ligne du temps et des photos du biographié. Cela rend l’histoire très concrète pour les enfants qui sont parfois surpris de réaliser que ces personnes ont véritablement existé. Cela permet aussi aux enfants de comprendre que les histoires ont plusieurs fonctions: divertir ou informer, par exemple.

L’histoire raconte l’enfance de Wille O’Ree à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. On y apprend que ses parents ont quitté les États-Unis par le chemin de fer clandestin. Enseignants, pourquoi ne pas  en profiter pour aborder avec vos élèves l’esclavage et la lutte des Noirs pour la liberté ? Vous trouverez d’ailleurs sur ce blogue plusieurs autres livres sur le sujet. Je ne savais pas que Willie O’ree et Jackie Robinson, joueur de la Ligue majeure de baseball, s’étaient rencontrés! Il y a tout un passage dans le livre où on parle de Jackie Robinson et de son héritage.

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Le texte est efficace, simple et agréable à lire. L’auteure n’a pas tu les difficultés rencontrées par Willie en raison de la couleur de sa peau. Je trouve qu’il est important de dire les choses telles qu’elles sont, même si c’est difficile. On parle par exemple des objets lancés à Jackie Robinson durant ses matchs de baseball, des toilettes et fontaines pour les Blancs seulement ou l’interdiction pour les Noirs d’être coiffés à l’intérieur du salon de barbier. On mentionne également qu’aujourd’hui encore, en 2020, il arrive que des hockeyeurs noirs essuient les injures des joueurs et des spectateurs. Ce passage m’a semblé important car il démontre que le racisme est toujours présent dans notre société, même si les choses sont beaucoup mieux qu’elles ne l’étaient dans les années 1960! Le texte aborde bien sûr aussi des choses positives, comme la persévérance de Willie, sa détermination et le soutien des personnes (Blanches ou pas) qui l’ont aidé dans son parcours.

Willie est un véritable modèle pour tous. Pour les jeunes garçons noirs, oui, mais aussi pour tous ceux et celles qui rêvent de jouer dans la LNH ou tout autre ligue nationale sportive. Il est aussi un modèle pour les personnes ayant un handicap puisqu’il est devenu aveugle d’un oeil à l’adolescence suit à un accident lors d’un match. Encore aujourd’hui, Willie est responsable d’un programme œuvrant auprès de jeunes qui n’ont pas les moyens de s’inscrire au hockey, ou qui sont issus de minorités et ont peu de modèles dans le monde du hockey. Ce livre est tout simplement fantastique. Ne passez pas à côté!

Coup de coeur ! 

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs

Depuis les vingt dernières années, Willie O’Ree est le directeur du développement jeunesse du programme de la diversité de la LNH. En 2018, il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey. 

willie o'ree

Je remercie les Éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Voici Willie O’ReeBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2020
ISBN: 9781443175630
PRIX: 16, 99$
À PARTIR DE 7 ANS

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Le petit garçon qui venait de la Jamaïque

Petit garçon qui venait de la Jamaïque

Crois-tu qu’une personne comme toi pourrait marquer l’histoire? N’en doute pas. Lis ce récit et tu découvriras comment Devon, un petit garçon qui venait de la Jamaïque, est entré dans l’histoire du Canada. Tu verras que tout est possible et que les rêves peuvent se réaliser.

L’histoire d’une personne ayant surmonté des difficultés pour atteindre l’impossible est une source d’inspiration sans pareille, surtout quand il s’agit d’un enfant. Il n’y a pas de meilleur exemple que celui de Devon Clunis, Jamaïcain élevé à la campagne sans électricité ou eau courante, pourtant devenu le premier chef de police noir du Canada. Cet album raconte une page de l’histoire de mon pays, le Canada. En ce moment au Québec, on parle beaucoup du racisme systémique et de la manière dont les élèves noirs sont défavorisés par rapport aux élèves blancs dans une même classe. En prologue à cet album, on retrouve une dédicace aux « éducateurs qui ont aidé le petit garçcon de la Jamaïque à s’épanouir », notamment Mme Ruby Hanna, enseignante de l’école primaire de Devon, et M. Bill Wedlake, M. Brian Burdy et M. Dennis Pelisek, qui ont enseigné à Devon à l’école secondaire. On les remercie d’avoir donné leur temps et énergie à façonner la vie de nombreux jeunes. J’ai été touchée par cette dédicace car les enseignants ont un rôle très important à jouer dans la vie des enfants et on ne les remercie pas assez. Il me semble que cette reconnaissance est bien méritée ! Malgré les problématiques entourant le racisme systémique dans les écoles, je pense qu’il est important de souligner le travail de ceux et celles qui enseignent avec passion et qui donnent des ailes aux Canadiens de demain, peu importe leur origine.

Les illustrations d’Émily Campbelle sont adorables et tout en douceur. J’ai aussi beaucoup aimé les photos du véritable Devon Clunis qui rendent son histoire encore plus concrète. On retient de ce livre que chaque enfant a des rêves qui peuvent se réaliser et que beaucoup de personnes sont prêtes à les aider à y parvenir. À la fin du livre, il y a une courte biographie de Devon Cunis dans laquelle on peut lire ceci:

Devon a saisi très tôt son identité d’immigrant noir vivant dans une terre de promesses. Dès le plus jeune âge, il a décidé qu’il voulait exercer un travail lui permetttant de servir de modèle aux enfants issus de minorités qui devaient relever des défis semblables à ceux qu’il avait rencontrés: intégration culturelle, inégalités sociales et rareté des possibilités offertes dans la culture populaire. Ce désir l’a amené à s’engager sans tarder sur la voie d’une carrière dans la police. Il s’agissait d’un choix remarquable, car cette profession n’était normalement pas considérée comme accessible aux personnes de couleur.

Le parcours de Devon est très inspirant. Il parle de sa terre natale, la Jamaïque, de manière positive malgré les difficultés liées au manque d’électricité et de système d’aqueduc. Tout au long du texte, il questionne le jeune lecteur et l’amène à faire des liens entre sa propre expérience et celle de Devon. Par exemple, lorsque Devon parle de son immigration à Winnipeg, il demande au lecteur si lui aussi a déjà déménagé et ce qu’il a ressenti en vivant cette expérience. Ainsi, ce livre s’utilise facilement en animation ou en contexte scolaire (pourquoi pas durant les Journées de la Persévérance Scolaire?). Franchement, cet album est un petit bijou qui faut mettre entre toutes les petites mains, dans les écoles, dans les bibliothèques, dans les chambres d’enfants. Je suis tellement enthousiaste face à cet album !! Vous devez absolument le lire !

Coup de coeur !

Devon Clunis est Canadien. Il a été le chef du Service de police de Winnipeg de 2012 jusqu’à sa retraite en 2016. Il a été le premier Canadien noir à être nommé chef de police au Canada.

Devon Clunis

Auteur(s) / illustrateur(s) : Devon Clunis, Pearlene Clunis & Emily Campbell
Maison d’édition: Éditions des Plaines

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Année de publication: 2019
ISBN: 9782896117864
Public cible: 6 à 11 ans
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