Jem et les Hologrammes (tome 1): Showtime!

L’adaptation de la série animée du Club Dorothée en comics. Jerrica Benton, alias Jem, est la fille du patron de la maison de disque Starlight. A la mort de ce dernier, elle hérite de la moitié des parts et d’une pension pour orphelines qu’elle gère avec sa soeur Kimber. Face à la malhonnêteté de l’ancien associé de son père et des Misfits, ses chanteuses, Jerrica monte son propre groupe pop-rock.

Je suis trop jeune pour avoir écouté la version originale de Jem & The Holograms à la télé dans les années 80. Je connaissais de nom, bien entendu, mais je ne me suis jamais arrêtée pour l’écouter, ni pour regarder le film sorti en 2015. Mais mes amies plus âgées que moi ne cessaient de me dire que, me connaissant, je devrais adorer la franchise. Des filles qui font de la musique dans un univers éclaté et qui écrasent les stéréotypes de genre, ça devrait me plaire! Et elles n’avaient pas tort! (Merci, les amies! 😉 ) J’ai beaucoup aimé l’univers de ces quatre musiciennes qui tentent de percer dans le domaine. Je les ai trouvées vraiment cool avec leurs costumes, leur maquillage extravagant et leur façon d’être totalement libres.

L’histoire est faite de rivalités, de concours musicaux, d’amitié et d’amour. Le groupe de Jem est constitué d’une blanche timide, d’une lesbienne, d’une grosse et d’une noire. Leurs rivales, les Misfits, est un groupe constitué d’une métisse grosse et lesbienne, d’une noire immigrée du Royaume-Uni, et de deux blanches. J’ai aimé cette diversité raciale, corporelle et identitaire que l’on voit trop peu en littérature jeunesse! Tous ces personnages principaux, chacun dans la vingtaine, ont une personnalité différente et tous pourront se reconnaître en elles. L’histoire ne se déroule pas dans les années 80, mais plutôt de nos jours, avec son lot de technologie et de réseaux sociaux. Je ne saurais dire si cette adaptation déplaît aux fans de première heure, mais pour une personne qui ne connaissait pas du tout l’univers, j’ai bien aimé!

J’ai aussi aimé la palette des couleurs pastel utilisée: le rose bonbon, le bleu pâle, le vert électrique, le jaune canari et le mauve sur fond blanc immaculé. Il y a quelques coquilles au niveau de l’encrage ici-et-là, mais un œil non avisé pourrait ne même pas les voir passer. Bref, j’ai vraiment aimé cette bande dessinée et je continuerai sans doute la série!

Connaissez-vous Jem et les Hologrammes? Aviez-vous écouté la série télé originale? Avez-vous lu l’adaptation BD?

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Jem et les Hologrammes, 1: Showtime!
AUTEUR(S): Kelly Thompson, Sophie Campbell & Maria Victoria Robado
ÉDITION: Glénat, 2017
ISBN: 9782344017715
PRIX: 24,95$
13 ANS ET PLUS

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Les chroniques d’Under York (tome 1): La malédiction

Situé dans les profondeurs de New York, l’Under York est un lieu mystérieux où règnent cinq clans de sorciers issus des principales communautés du pays, qui pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse. Bannis depuis toujours de la surface, ils influent en secret sur la vie de ses habitants. Alison Walker, jeune peintre prometteuse, a fui cet univers. Mais voilà que le passé la rattrape.

Un scénario prenant, des personnages crédibles et des dessins dignes des canons des univers Marvel et DC Comics, Les Chroniques d’Under York a tout pour plaire. Le scénariste belge Sylvain Runberg y raconte l’histoire d’Alison, une jeune sorcière qui veut oublier d’où elle vient pour se consacrer à sa passion (l’art), le tout dans un style d’Urban Fantasy fascinant. Alison est une fille métisse de 22 ans dont les ancêtres béninois ont été amenés de force aux États-Unis durant la traite négrière au XVIIIe siècle. Sa ville, New York, est celle de personnes venus de partout dans le monde, et on retrouve beaucoup ce côté cosmopolite dans le récit. J’ai été transportée hors de mon quotidien en lisant cette bande dessinée: les sociétés de l’Under York divisées en 5 grands clans, les mythes, la vie sous-terraine des mole people… Tout y est pour faire oublier le quotidien. Le monde créé par Runberg est très riche! Des clans aux codes de vie très stricts, issues des principales communautés du pays (africaine, irlandaise, chinoise, mexicaine et amérindienne), pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse.

Alison est fougueuse et courageuse. Elle est aussi très sensible aux enjeux féministes et dénonce le sexisme qui existe dans l’Under York. À travers les pages de son journal, elle se dévoile et nous raconte ses aventures, ses défis et ses problèmes. J’ai aimé pouvoir le lire entre chaque chapitre. D’ailleurs, ce premier tome se termine sur une note plutôt mystérieuse qui donne le goût de continuer la série.

Au dessin, on a l’artiste Mirka Andolfo, connue pour avoir illustré notamment une série de Harley Quinn chez DC comics. Sans surprise, son style ressemble beaucoup à l’esthétique que l’on retrouve énormément en ce moment dans l’univers des comics américains. Andolfo a réussi à créer un univers sombre et glauque qui cadre parfaitement avec l’histoire d’Under York. Et franchement, on ne peut pas passer à côté de la qualité des couleurs et de l’encrage de Piky Hamilton et Carmelo Zagaria: les ombres, les traits et la création d’atmosphère tapent dans le mille à chaque planche. Juste un petit bémol au niveau de la couleur de peau des personnages noirs: de cases en cases, la couleur change parfois beaucoup, tellement qu’il faut un moment pour se dire: « Ah, ouais, en fait, c’est le même personnage que tout à l’heure ». Aussi, les tons de brun et beige utilisés sont parfois blafardes et manquent de punch.

Bref, voilà une bande dessinées pour les ados et jeunes adultes où se côtoient fantasy, diversité, égalité et action. Une série en trois tomes publiée chez Glénat, qui plaira aux ados! À découvrir!

Les chroniques d’Under York: La malédiction
AUTEUR(S):  Sylvain Runberg & Mirka Andolfo
ÉDITION: Glénat, 2019
ISBN: 9782344032299 
PRIX: 27,95$
14 ans et plus

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Vous aimerez peut-être le deuxième tome de cette trilogie, intitulé Possession. Essayez aussi Si on était… et Les quatre soeur March, deux bandes dessinées pour les adolescents avec des personnages issus de la diversité raciale.

Nola forever

Nola Forever fabien fernandezCette histoire a été racontée mille fois. On a le sentiment de la connaître depuis si longtemps. Shakespeare se l’est appropriée, le cinéma l’a popularisée et encore aujourd’hui, on se demande si Roméo et Juliette est un mythe ou une réalité. Oui, je vous parle bien de la pièce de théâtre et non du drame qui s’est déroulé à New Orleans.La Nouvelle-Orléans danse au rythme de Mardi Gras, quand vibrent les premières notes d’un drame amoureux : lui, poète et cuisinier tout juste sorti de prison ; elle, étudiante brillante issue des quartiers riches. Un regard, un mot, et leurs coeurs sont emportés par la passion. Ni les articles des magazines people, ni même la haine entre leurs familles ne les séparent. Et peu importe la manière dont ils sont morts, ce qui compte est de savoir comment ils se sont véritablement aimés.Moi, Dakota, dépositaire de leurs témoignages vidéo, je fais tomber les masques pour révéler au monde cette vérité.

Dans cette version moderne du classique du théâtre anglais, Roméo et Juliette, une journaliste tente de reconstituer ce qui est arrivé à deux jeunes adultes issus de familles qui se détestent et qui tombent amoureux. Le couple aussi raconte son histoire par le biais des vidéos de Julian, et c’est donc un récit à trois voix que se dévoile au lecteur, créant un rythme qui lui sert bien. L’histoire se passe en Louisiane et on est plongé dans cette ville cosmopolite avec sa culture et sa gastronomie. Le style de Fabien Fernandez est musical et recherché. J’ai bien aimé ce roman !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Fabien Fernandez
Maison d’édition: Gulf streamBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782354886219
Lectorat cible: Ados.
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The Sun is also a star

The sun is also a star Nicola Yoon

Daniel, 18 ans, est fils de Coréens immigrés à New York. L’année prochaine, il intégrera certainement la prestigieuse université d’Harvard. Natasha, 17 ans, est arrivée de la Jamaïque dix ans auparavant. Ce soir, elle quittera peut-être les États-Unis pour toujours. Il croit à la poésie et à l’amour. Elle croit à la science et aux faits explicables. Ils ont 12 heures pour se rencontrer, se connaître, et s’aimer. Au-delà des différences.

Ce roman m’a fait vivre toute sorte d’émotions : la joie, la peine, l’indignation, l’espoir, la mélancolie. Je me suis souvent retrouvée accrochée à mon livre, les orteils crispés, à crier dans ma tête : « NON, DANIEL, NE FAIT PAS ÇA!! », ou encore « NON, MAIS À QUOI AS-TU PENSÉ, NATASHA ??! ». J’ai aimé les personnages, vrais et authentiques, que j’imaginais facilement croiser par hasard dans les rues de Montréal. Natasha est d’origine jamaïcaine et Daniel, d’origine coréenne. Natasha a l’esprit cartésien et scientifique, alors que Daniel est artiste et romantique. Leur relation, fulgurante et tumultueuse, n’aura duré qu’une journée. Elle sera façonnée par les différences, mais ce sont leurs ressemblances qui feront d’eux un couple gagnant. Et, comme dans la vraie vie, les relations ne sont pas toujours faciles ou heureuses; l’histoire de Natasha et de Daniel aussi. Ce roman nous amène avec lui dans un univers beau et dur à la fois et l’histoire nous est racontée par divers points de vue : celui de Natasha et de Daniel, mais aussi celui de l’avocat chargé du dossier de déportation de la famille Natasha, celui d’une agente d’aéroport ayant des idées suicidaire, celui du père de Natasha, et enfin celui d’un narrateur omniscient qui nous éclaire sur des sujets tels que l’histoire des cheveux au sein des populations noires ou encore l’histoire d’une famille coréenne ayant immigrer aux États-Unis. Un petit bijou de littérature pour jeunes adultes (Young adult fiction), pour ceux qui aiment les récits réalistes, romantiques (mais pas trop) doublés d’une critique sociale. Fabuleux ! J’ai hâte de voir le film. Voici un court extrait du roman signé Nicola Yoon :

Les êtres humains ne sont pas des créatures raisonnables. Au lieu d’être gouvernés par la logique, nous sommes gouvernés par les émotions. Si c’était le contraire, les gens sur cette Terre seraient plus heureux. Par exemple, à cause d’un simple coup de téléphone, j’ai commencé à espérer un miracle.
Je ne crois même pas en Dieu. (p.65)

Nicola Yoon est une auteure américaine née en Jamaïque. 

Nicola Yoon

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nicola Yoon
Maison d’édition
: Le livre de poche Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782017052111
Public cible: Ados
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Horizon (tome 1) : L’écrasement

Horizon 1 L'écrasement

Huit jeunes survivent à un accident d’avion au milieu de l’Arctique. Aussitôt extirpés des décombres de l’appareil, ils réalisent qu’ils sont entourés d’une jungle menaçante. Pourtant, ils devraient se trouver au milieu d’une étendue de neige et de glace. Avec l’eau et la nourriture qui se font rares, et les rivalités qui s’installent, les survivants réalisent vite que le pire reste à venir…

Des huit jeunes qui survivent à l’écrasement d’avion, il y a deux personnages noirs, deux japonaises, un américain d’origine japonaise et deux personnages blancs. Voici la première description que nous avons de Molly et Javis, les deux personnages noirs du roman: « La fille et le garçon qui l’avaient trouvé dans la soute avaient tous les deux la peau noire et des cheveux bouclés, mais n’avaient pas l’air d’être frère et sœur. » (p.40) J’ai toujours été un peu agacée lorsque l’élément descriptif premier des personnages noirs soit la couleur de la peau, alors que les personnages non afro-descendants soient décrits de manière plus variée et sans mention de la couleur de leur peau : « occidental », « blonde et mince », « japonaises » ou « grand ». Le problème, c’est que dans l’imaginaire de la majorité des lecteurs, tous les personnages d’un livre sont blancs, sauf preuve du contraire. Ainsi, dire qu’un personnage noir a simplement « des yeux en amande et des épaules carrées », par exemple, ne suffit pas.

Cela étant dit, Molly est un personnage très intéressant. Elle est sûre d’elle et prend les commandes. Assez directive, elle n’a pas froid aux yeux et on dirait bien qu’elle n’a peur de rien. Son histoire personnelle est aussi plus développée que celle des autres personnages. On sait par exemple que son père est décédé, emporté par une maladie surgit de nulle part et qu’elle a grandi avec sa mère. Alors que cette dernière a noyé sa peine dans un mutisme et dans l’irrationalité, Molly est devenue une personne « ultra-logique, qui [a] besoin de connaître le comment et le pourquoi de tout ce qui l’entour[e] » (p.191). Voilà donc un personnage noir féminin à l’esprit scientifique, qui a besoin de preuves et d’expérimentation avant d’en venir aux conclusions. C’est aussi elle qui mène le récit et qui fait avancer l’histoire par sa témérité. Sans Molly, l’équipe n’existerait plus car c’est elle qui soude le groupe. Sans elle, « ils n’avaient plus de chef, plus personne pour les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes et à trouver des solutions dans cet endroit étrange » (p.268). À la fin, on dit d’ailleurs que « c’était elle qui les ramènerait à la maison. » (p.276)

Quant à Javis, il est plus craintif et sensible. Il prend plus difficilement sa place dans le groupe. Il est extrêmement timide et nerveux et on découvre qu’il n’avait pas vraiment d’amis à l’école. C’est grâce au club de robotique (d’où sont issus les huit autres jeunes qui voyageaient ensemble pour se rentre à une compétition de robotique) qu’il a pu s’en faire. Il se sentait terriblement seul auparavant.

À noter qu’il y a aussi un personnage métis dans l’histoire, Yoshi, dont le père est japonais et la mère, américaine. Il a vécu au Japon, où il était affublé de l’épithète « Hafu », qui signifie « moitié » en japonais. Cette double identité affecte beaucoup Yoshi car il se cherche et souhaite simplement être lui-même.

L’histoire de ce premier tome d’Horizon de Scott Westerfeld débute en grande force, avec un rythme soutenu et une atmosphère intrigante, mais qui s’essouffle un petit peu dans la seconde moitié du roman. En bref, j’ai bien aimé cette lecture, mais elle n’était pas mémorable. Divertissante, tout au plus. Si ma pile de livres à lire n’était pas aussi longue, je lirais bien les prochains tomes, mais compte tenu que ma PAL est longue comme le trajet Montréal-Québec, je passerai sans doute mon tour. 😉 Une belle lecture malgré tout.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Scott Westerfeld
Maison d’édition: ScholasticBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443168281
Lectorat cible: Ados.
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Les Belles

Les bellesDans le monde opulent d’Orléans, les gens naissent gris, ils naissent condamnés, et seules les Belles peuvent, grâce à leur talent, les transformer et les rendre beaux. En tant que Belle, Camélia Beauregard est presque une déesse dans cet univers où triomphe le culte des apparences. Or Camélia ne veut pas se contenter d’être une Belle. Elle rêve de devenir la favorite choisie par la reine d’Orléans pour s’occuper de la famille royale et d’être reconnue comme la plus douée du pays. Mais une fois Camélia et ses sœurs Belles arrivées à la cour, il s’avère que la position de favorite tient davantage du cauchemar. Derrière les ors du palais, les noirs secrets pullulent…

Ugh. J’ai vraiment eu du mal à terminer ce roman, mais j’aurais tellement voulu l’aimer !! L’histoire m’a plu: un univers dystopique, la quête de la beauté, des êtres gris obsédés par leurs apparences… J’aurais aimé que le propos soit porté un peu plus loin car l’intrigue autour de la princesse qu’il faut (ou pas) aider de manière illicite m’a laissé de glace. Des femmes qui détiennent un pouvoir convoité dans un monde où les races telles qu’on les connaît n’existent pas (les Belles peuvent former de A à Z le physique d’une personne, ce dernier suit d’ailleurs les modes: les longs cous aujourd’hui, les cheveux roux demain, la peau ivoire ou ébène le mois suivant…), c’est vachement intéressant comme prémisse !

La page couverture m’a accroché dès le départ: une femme, noire, au teint foncé, aux cheveux crépus si soigneusement coiffés et ornés d’une fleur, les teintes de rouge sur sa robe blanche… au fond, je m’étais peut-être fabriqué moi-même toute une histoire, ce qui a inconsciemment construit des attentes assez élevées dans mon esprit. Je n’ai pas lu l’histoire que je voulais lire et ça m’a agacé. Je relirai sans doute ce roman à un autre moment de ma vie, en tâchant de garder l’esprit plus ouvert la prochaine fois, histoire d’éviter les déceptions !

Cela dit, les critiques pour ce roman sont excellentes et j’ai appris avec bonheur que l’auteure a fondé CAKE Literary, une entreprise dédiée à la défense de la diversité en littérature. YAY! Et vous, il vous a plu, ce roman ? Dites-moi tout ! 🙂

Dhonnielle Clayton est une auteure américaine.

Dhonnielle Clayton

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dhonnielle Clayton
Maison d’édition: Robert Laffont Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782221215937
Public cible: Ados

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Victoire Divine : Déclaration de guerre

Victoire divine déclaration de guerreVictoire-Divine Kembonayawhé a quatorze ans, toutes ses dents, et de la répartie pour cent ! Élève douée, elle a obtenu une bourse pour fréquenter Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, le pensionnat le plus huppé de la province. Mais cette école n’a rien d’ordinaire : les élèves y sont maîtres et rois ! Chaque année, les plus populaires désignent un Intouchable, le souffre-douleur qui subira le mépris et les moqueries de tous. Victoire ne se gêne pas pour dénoncer cette tradition épouvantable, si bien que, cette fois, l’élue n’est nulle autre qu’elle… Contrairement à tous les Intouchables précédents, l’adolescente n’a pas l’intention de se laisser faire sans se battre. Une seule solution s’impose : déclarer la guerre.

Je vous le dis tout-de-go: j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman ! Il a pour personnage principal Victoire-Divine, une adolescente d’origine congolaise née au Québec, intelligente, qui accumule les bonnes notes à l’école, qui a du pep, qui sait prendre sa place et qui n’est pas gênée d’exister. Elle est comme ses nombreux adolescents qui fréquentent ma bibliothèque après l’école, ou qu’on croise à la sortie des cours; voilà donc un personnage réaliste et bien construit. On croirait qu’elle existe vraiment et que c’est vraiment elle qui nous raconte son histoire. L’histoire se déroule dans un pensionnat d’élite situé en région, hors de Montréal, et Victoire-Divine parle tout naturellement avec l’accent québécois, comme le fond d’ailleurs plusieurs jeunes Noirs de deuxième, troisième ou quatrième génération ici. Seule fille noire de son école, il y a aussi un garçon d’origine haïtienne, une fille d’origine asiatique et une élève d’origine arabe. Il y a aussi un surveillant d’origine haïtien que les élève de l’école secondaire ND7D surnomment en secret « Aristide » parce qu’il est « hypra tyrannique », qu’il « se prend très au sérieux » et qu’il « crie après [les élèves] s'[ils] mettent [leurs] pieds sur une chaise ou  si, tout simplement, [ils] respire[nt] trop d’air » (p. 319).

D’une certaine manière, j’ai senti que ce roman était écrit pour le lectorat afrodescendant (mais pas que, bien sûr). Le livre regorge de références et de situations qui nous sont familières sans que l’auteur ne se perdent dans des explications ou une mise en contexte qui de tout manière aurait été superflues: Les tresses qu’elle porte, les pommades pour les cheveux que lui envoie sa mère, son origine, son nom de famille pas si compliqué que ça, son statut minoritaire, son identité noire, la conscience profonde qu’elle a d’elle-même. C’est très rare de retrouver sur le marché du livre francophone ce genre de personnage principal en littérature jeunesse.

NOOOON. Pas basketball, je vous en prie, Dieu Marie Joseph Toutankhamon ? Pourquoi fallait-il qu’il pleuve aujourd’hui ?! Nous sommes forcées de nous taper le pire sport du monde (après le golf et la ringuette). Je HAIS le basketball ! Bon, OK, je hais tous les sports, mais plus particulièrement le basketball, puisque tout le monde s’attend à ce que j’y excelle, vu que je suis grande et Noire. C’est comme croire que tous les Asiatiques sont ceinture noire au judo. Même combat. (p. 131)

Tout allait plutôt bien pour Victoire-Divine jusqu’au jour où elle est déclarée Intouchable après avoir aidée une collègue de classe victime d’intimidation. Ce sera désormais elle qui sera la cible des moqueries qui se révéleront de plus en plus méchantes, tranchantes et sournoises. Certains passages sont difficiles à lire. On va plus loin que les insultes lancées un peu mollement dans les couloirs de l’école. L’intimidation à ND7D pousse Victoire-Divine à abandonner son dortoir et à dormir dans la salle des machines, à nettoyer son pupitre où a été déversée une poubelle, à recevoir des dizaines et des dizaines de courriels haineux, à se faire appeler « Bamboula », à se faire dire que ses cheveux de « rastamen » et « pas lavés depuis des semaines » (p.202) sentent mauvais, à se faire traiter de « fucking laide », de se faire répéter sans cesse de « dégager », etc., etc., Et comme si ce n’était pas assez, même la prof du cours d’Éthique et Culture Religieuse se montre raciste et lance un maladroit « Voyons, Victoire. Es-tu là ? Y a-t-il des chaises dans ton pays? » alors que les autres élèves avaient caché sa chaise. Mais Victoire ne plie pas. Pas totalement. Elle répliquera d’ailleurs, fulminante de colère:

« Pardon? Non, y en a pas ! Ma mère a reçu toute son éducation assise sur des bottes de foin au milieu des lions, TSÉ ! » (p.220)

La déclaration de guerre est un roman drôle tout de même, car Victoire-Divine nous sert des barbarismes savoureux (les imbécioles, vous connaissez? 😉 ), donne à ses professeurs des surnoms hilarants et entretien avec sa mère une relation douce-amère qui donne lieu à des échanges très cocasses. Le roman intègre des pages formatées comme l’écran d’un cellulaire où sont échangés des messages ou des courriels, des copies de feuilles mobiles écrites à la main ou des post-its laissés ça-et-là. Bref, la lecture de ce roman est fortement recommandée ! J’ai déjà hâte de connaître la suite et de lire le deuxième tome (qui devrait s’intituler « État Voyou »). Contexte québécois.

Édith Kabuya est une auteure canadienne.

Édith Kabyuya

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Édith Kabuya
Maison d’édition: Éditions de Mortagne Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782896628810
Public cible: Ados

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