Sulwe

Sulwe a la peau noire comme le ciel de minuit. Elle est plus foncée que tous les autres membres de sa famille. Elle est aussi plus foncée que tout le monde à son école. Tout ce que Sulwe souhaite, c’est être belle et avoir le teint aussi clair que celui de ses parents. Mais un soir, une aventure magique dans le ciel lui ouvrira les yeux et changera tout…

Qu’il est rare de trouver des livres jeunesse abordant de front la thématique de la couleur de peau noire. Sulwe parle sans détour du mal-être que peut surgir chez les enfants noirs face à leur couleur de peau, en plus de rendre visible le concept de colorisme. Le colorisme, c’est une discrimination basée sur le teint de la peau qui sous-entend que les peaux claires et brunes sont plus jolies et plus désirables que les peaux foncées et marrons. Le colorisme existe dans les communautés racisées, et pas seulement noires!

Les enfants noirs retrouveront dans ce magnifique album un miroir d’eux-mêmes. Les enfants blancs y trouveront une sensibilité à développer envers les différences. Je le dis souvent et je le redis: les livres avec des personnages noirs ne sont pas que pour les enfants noirs! Développer son empathie, c’est important et cela doit faire partie du développement global de l’enfant. Un enfant qui n’a pas la peau noire (ou même: un enfant qui a la peau noire, mais pas foncée) peut lire ce livre et être capable de se mettre à la place de la petite Sulwe.

En milieu scolaire, vous pouvez prendre le temps de discuter de l’intimidation et des moqueries avec vos élèves en lisant ce livre:

  • Comment penses-tu que Sulwe s’est senti en se faisant traité de charbon?
  • Qu’aurais-tu fait si tu avais été témoin d’une telle scène d’intimidation?
  • Pourquoi penses-tu que Sulwe voudrait avoir une peau plus pâle?
  • Sulwe signifie étoile. Et toi, que signifie ton prénom?
  • Trouve trois choses que tu as en commun avec Sulwe.
  • Pourquoi avons-nous autant besoin de la lumière et de la noirceur?
  • Nomme deux choses que tu aimes faire la nuit et deux choses que tu aimes faire le jour.
  • Trouve la définition du mot racisme dans le dictionnaire.
  • Et toi? As-tu le même teint ou la même couleur de cheveux que tes parents, que tes frères et sœurs?

Le récit est assez triste: cela fait mal de voir une si jolie petite fille se dévaloriser autant. Herueusement, à la fin de l’histoire, Sulwe découvre que la beauté est aussi à l’intérieur, et qu’il ne faut pas attendre que les autres nous trouvent jolie pour savoir qu’on l’est. Elle apprendra qu’elle est belle car elle choisi de l’être, et que sa beauté est quelque chose de précieux à chérir. Les illustrations de Vashti Harrison sont magnifiques. Bref, Sulwe est un très très bon livre que j’ai beaucoup aimé! Fortement recommandé!

Coup de cœur!

Lupita Nyong’o est une autrice kényane.

Vashti Harrison est une illustratrice américaine.

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Sulwe
AUTEUR(S)
: Lupita Nyong’o & Vashti Harrison
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443181884
PRIX: 14,99$
5 ans et plus

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Et si on se parlait?

Coucou  ! Nous nous appelons Thomas, Noémie, Jade et Sam… Nous avons à peu près ton âge et nous aimerions partager avec toi des petites expériences de vie. Cela te permettra d’en parler avec les adultes qui s’occupent de toi, d’exprimer tes émotions, de raconter à ton tour ce que tu vis à l’école ou à la maison…

Ces trois petits livres sont super pour amener les enfants à parler de tout, sans tabou. Le ton est adapté au lectorat, puisque le premier livre s’adresse aux 3-6 ans, le deuxième, aux 7-10 ans, et le troisième, aux 11 ans et plus. Si vos enfants se questionnent sur des sujets délicats, ces livres les aideront à exprimer leurs émotions, à trouver les mots pour discuter de toutes sortes de sujets et aussi constater qu’ils ne sont pas seuls à vivre certaines expériences de la vie.

Les réponses données aux questionnements des enfants sont réfléchies et accessibles pour leur âge. Par exemple, dans le tome deux (pour les 7-10 ans), on rencontre Hakim, 10 ans (presque 11!) qui parle de ce qui lui est arrivé à l’école avec son copain David: ils ont été harcelés et été victimes de racisme. Ils ont été traités de moches parce qu’ils ont la peau foncée et se sont fait traiter de tous les noms. Hakim et son ami n’aiment pas la violence et ils ne comprennent pas pourquoi certaines personnes (même des adultes!) les insultent. 


J’ai aussi bien aimé qu’on invite les lecteurs à prendre un dictionnaire pour chercher la définition des mots qu’il pourraient ne pas comprendre totalement, comme « Racisme » ou « Harcèlement ».

Dans le troisième livre (celui pour les 11 ans et plus), on parle d’homosexualité avec Julia, de consentement avec Fatou, de cyberharcèlement avec Tony, de puberté avec Sarah et de violence sur Internet avec Cyril.

Malheureusement, le contexte est français: on parle de SMS, de collège, de maître d’école ou on suggère de composer le 3020 pour faire un signalement. À ce niveau-là, ils sont donc peu adaptés au lectorat québécois. Malgré tout, ils peuvent être intéressant pour amener les enfants à aborder certains sujets tabou ou difficiles.

Ces livres vous ont plu?
Vous aimerez peut-être Les races, ça existe ou pas?, Les mots indispensables pour parler du racisme, ou encore C’est ta vie! L’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants, trois livres documentaires pour la jeunesse.

Louis Armstrong

Sais-tu que Louis Armstrong a découvert la musique à l’âge de cinq ans en écoutant, à l’église, du gospel ? Et toi, y a-t-il un lieu où tu aimes écouter la musique ? Et as-tu déjà rêvé très fort, comme Armstrong, d’avoir un instrument bien à toi ? Louis a huit ans, quand il s’offre son premier cornet à piston (c’est le cousin de la trompette). En écoutant ce disque, tu pourras peut-être devenir, toi aussi, un très grand musicien de jazz !

J’ai lu et écouté ce livre à l’heure du souper avec des enfants de 10 et 7 ans. Nous avons vraiment aimé écouter les morceaux de jazz et nous discutions de musique, de la vie aux États-Unis au siècle dernier et de la ségrégation lorsque le narrateur cessait sa lecture. C’était vraiment agréable!

Le livre est un objet de qualité à couverture rigide, abondamment illustré. En plus du texte principal, lu par un acteur sur le CD d’accompagnement, il y a des encarts pour aller plus loin dans lesquels ont retrouver de l’information complémentaire. On questionne aussi les lecteurs en les faisant discuter sur les liens qu’ils peuvent faire entre ce qui s’est passé dans la vie de Louis Armstrong et leur propre vie.

Les extraits musicaux sont bien choisis et généraux: jusqu’à 3 minutes par extrait! Ce livre est fantastique pour une lecture avec tous les enfants d’une même fratrie d’âge différents: chacun y retirera quelque chose, que ce soit l’écoute de musique, la découverte d’un nouveau musicien, la géographie des États-Unis et l’histoire de ce pays, les particularité du jazz comme style musical, ou tout simplement l’histoire d’un garçon qui a poursuivit ses rêves. Fortement recommandé!

Coup de cœur!

À la découverte des musiciens: Louis Armstrong
AUTEUR(S) : Rémi Courgeon & Stéphane Ollivier 
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2015
ISBN: 9782070668519
PRIX: 29,95$
6 à 10 ans

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Ku Klux Klan: Des ombres dans la nuit

KKK des ombres dans la nuit romanBilly Caldwell mène une enfance paisible en ce début des années 50 dans l’Etat du Mississippi, entouré de l’affection de son père et de ses amis. Jusqu’au jour où il découvre l’existence du Ku Klux Klan et le racisme dont sont victimes les Noirs. Révoltés par cette violence, les Caldwell vont alors procéder à des choix, quitte à mettre leur vie en péril.

Ce roman se lit d’une traite, sans interruption. Le premier chapitre pose les bases du récit qui suivra. Un garçon rencontre son grand-père qui reçoit la Médaille d’honneur, la plus grande distinction qui peut être accordée à un civil au États-Unis. Le deuxième et dernier chapitre sera constitué des souvenirs du vieil homme et des questionnement de son petit fils.

Les Caldwell sont une famille blanche qui a dénoncé le racisme et les violences dont sont victimes les Noirs du Sud. Ils feront face à la colère de leur compatriotes blancs qui les traiteront de traites et de « lèche-négro », entre autres. Ils recevront des menaces pour avoir publié un journal dénonçant le racisme et seront boycottés. Malgré toutes ses attaques, ils demeureront convaincus que Noirs et Blancs sont égaux et n’ont pas à recevoir un traitement différent dans la société: tous ont droit au respect. 

Je regrette tout de même qu’on s’intéresse à une famille blanche alors qu’on sait qu’une vaste majorité des américains blancs du sud étaient racistes ou complices dans le maintien des lois Jim Crow. Même s’il peut être intéressant de lire sur l’expérience de Blancs qui se sont levés pour dénoncer la ségrégation, ça fait un peu « sauveur blanc », en mode regardez-cette-gentille-famille-qui-a-aidé-des noirs-durant-ces-moments-difficiles!

Certains passages de ce livre sont particulièrement difficiles. Pour lecteurs avertis. Le roman est assorti d’un dossier documentaire d’une trentaine de pages où on en apprend plus sur la société secrète ultra-violence nommée KKK, sur les liens qu’avait l’organisation avec le FBI, avec la politique américaine (en particulier les démocrates, beaucoup plus à droite sur l’échiquier politique à l’époque), sur les lois Jim Crow, sur l’assassinat d’Abraham Lincoln, et sur la ségrégation. On y apprend aussi comment la renaissance du KKK en 1915 était liée à l’immigration de millions d’Anglo-Saxons, d’Allemands, de Russes, de Slaves et d’Italiens entre 1878 et 1914. Bref, voilà un livre complet pour en apprendre davantage sur un pan sombre de l’histoire américaine.

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Ku Klux Klan: Des ombres dans la nuit
AUTEUR(S)
: Roger Martin Bouton acheter petit
ÉDITION: Oskar, 2011
ISBN: 9782350007236
PRIX: 19,95$
12 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plus ?
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arbre-aux-fruits-amers    Des blanches et des noires pas de pause pour la ségrégation Isabelle Wlodarczyk

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Sortir d’ici

Jade aime la vie qu’elle mène dans son quartier, entourée de ses amis et de sa mère. Mais cette dernière veut l’envoyer au lycée situé de l’autre côté de la ville, celui où vont les Blancs, les riches ou les élèves pauvres mais brillants, comme elle. Dans cet établissement où elle n’est pas la bienvenue, Jade découvre un monde dont elle ignore les codes.

Vous allez adorer ce roman si vous aimez les récits réalistes et les personnages bien développés. Je me suis tellement reconnue en Jade, dans son discours, ses expériences et ses questionnements. Pourtant, contrairement à elle, je n’ai pas grandi dans un milieu pauvre, ni dans une communauté majoritairement noire, et je n’ai pas eu de bourses d’études ciblée pour les personnes racisées. Pourtant, plutôt que nos différences, c’est bien nos ressemblances qui ont fait en sorte que je m’identifie à ce personnage. Nous sommes toutes les deux noires, avons toutes les deux eu des amitiés mixtes qui ont été bousculées par l’incompréhension de nos amies blanches face au racisme que nous subissons, et nous avons toutes les deux été discriminées au moment d’être choisie pour un programme scolaire d’envergure. Tout lecteur qui a fait face à des difficultés (peut importe leur nature) ou de la discrimination, ou qui s’est questionné sur le privilège, verra en Jade un certain reflet de lui-même. C’est là toute la puissance de l’écriture de Renée Watson: rendre ses personnages vrais, authentiques et imparfaits.

Même si je n’ai pas été d’accord avec tous les propos de Jade, j’ai pu comprendre son point de vue. J’ai aussi compris le point de vue de ses détracteurs. Car l’autrice Renée Watson prend bien soin de montrer les deux côtés de la médaille à une problématique. Lorsqu’elle parle du racisme subi par Jade et sa frustration face aux Blancs qui minimisent sa douleur et sa colère, elle parle aussi des Blancs qui ne savent pas comment réagir et qui se sentent injustement visés. Plutôt que de présenter la fragilité blanche comme un problème qui ne concerne que les Blancs (« qu’ils s’éduquent! » diront certains), Renée Watson présente le point de vue des personnes blanches dans toute sa complexité, et valide tout autant les expériences des personnes noires que blanches. Ainsi, Sam, l’amie blanche de Jade, aura une voix bien à elle et aura l’opportunité de s’exprimer, par exemple, lors de cet échange entre elle et Jade après que leur amitié ait été ébranlée par une succession de micro-agressions:

— Parfois… je ne sais pas… je suis juste mal à l’aise de parler de ce genre de choses. Et je ne sais pas quoi te dire quand quelque chose d’injuste t’arrive. Comme l’autre jour au centre commercial. Je me suis sentie super mal. Mais j’étais censée faire quoi?
— Tu n’es pas toujours obligée de faire quelque chose. Mais quand tu balaies ce que je dis d’un revers de la main comme si je l’inventais ou si j’exagérais, ça me donne l’impression que tu te fiches de ce que je ressens. (p. 287)

J’ai souvent du mal avec les mauvaises traductions françaises des romans anglophones. Mais j’ai trouvé que « Sortir d’ici » était une excellente adaptation du titre original, « Piecing Me Together ». Car c’est bien ce désir de quitter la prison de verre qui l’entoure qui anime Jade tout au long du roman. Sortir d’ici, ce n’est pas nécessairement de quitter sa communauté afro-américaine pauvre, mais plutôt, quitter cet endroit où les opportunités sont trop peu nombreuses. Jade a souvent l’impression que ses chances d’avancement social sont quasi-nulles sans l’aide de personnes plus fortunées. Elle est intelligente, travaillante, déterminée et polyvalente: alors pourquoi est-ce si difficile? Elle intégrera un programme qui offre aux jeunes filles pauvres l’opportunité d’élargir leurs horizons en allant au musée, au cinéma ou en apprenant à bien se nourrir, par exemple. Au sujet de ce programme, Jade sera agacée par le fait qu’on ne lui montre que des choses extérieures à sa communauté, comme si cette dernière n’avait rien à offrir. Et elle n’hésitera pas à le dire. Jade est une forte tête et j’ai aimé cela d’elle. Elle comprend bien que le monde ne semble pas être fait pour elle, que sa mère a beau être pleine de bonne volonté, que ses voisins soient pleins de rêves ou qu’elle soit tout aussi capable qu’une personne plus fortunée (et, accessoirement, blanche), cela ne semble être jamais suffisant pour l’affronter. À ce sujet, elle dit même: « Parfois, j’ai l’impression de partir de chez moi le matin en un seul morceau, riche des baisers de maman qui a placé ses espoirs en moi. Mais quand je rentre le soir, j’ai l’âme en miette. » (p.107). Car Jade subit de nombreuses micro-agressions, ces petits gestes qui se veulent anodins, mais qui heurtent les personnes racisées, et qu’il est difficile de démontrer qu’il s’agit d’attaques. Jade est aussi grosse, et j’ai apprécié qu’une personne grosse soit le personnage principal d’un roman, sans que ce personnage soit malheureux à cause de son poids.

« Je ne sais pas ce qui est pire. Être maltraitée à cause de la couleur de sa peau, à cause de son poids, ou devoir prouver que c’est vraiment ce qui s’est passé. » (p.166)

J’ai pris des tas de notes sur ce roman, j’ai surligné énormément de passages en me disant « Oh, mon Dieu, c’est tellement bien dit » ou « C’est exactement ça! ». Vous devez absolument lire ce roman et me dire ce que vous en avez pensé. Fortement recommandé!

Renée Watson est une autrice américaine.

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Sortir d’ici
AUTEUR(S) : Renée Watson
ÉDITIONCasterman, 2019
ISBN: 9782203185661
PRIX: 28,95$
13 ans et plus

Ce livre vous a plu? Vous aimerez peut-être Le garçon qui n’était pas noir, La haine qu’on donne ou encore My life matters, trois romans pour adolescents dans lesquels un personnage doit aller à l’école dans un quartier homogène qui n’est pas le sien.

Collectif Black Bone : Coltan Song

Après le décès de sa mère, Marie, 18 ans, apprend que celle-ci enquêtait sur une entreprise fabriquant des smartphones. Avec l’aide de Léo, un jeune hackeur, et de sa marraine, une reporter italienne, elle remonte la piste d’un trafic de minerais rares en Afrique. Elle découvre que son père y a été assassiné avant sa naissance et que la mort de sa mère n’était pas probablement pas accidentelle.

« Coltang Song » est le premier volet des aventures du Collectif Blackbone qui porte sur les « minerais du sang » en Afrique: la cassitérite (le minerai de l’étain), le manganèse, la tourmaline, le diamant, etc. Les populations qui exploitent ces minerais, généralement en République Démocratique du Congo, le font au péril de leur vie et de leur santé. À travers une enquête journalistique très fouillée, un enjeu écologique est traité en mode thriller pour faire le plein de frissons. L’une des auteures est d’ailleurs journaliste et on retrouve dans le texte des liens vers des articles de presse sur les enjeux entourant les extractions minière en Afrique.

Le récit a un rythme bien soutenu et ne manque pas d’action. Les auteurs nous font aller du présent au passé à plusieurs reprises et de manière aléatoire. Certains chapitres se déroulent en 2000 en Sierra Leone où on découvre ce qui s’est passé avec Irène, journaliste de guerre tentant de survivre après avoir été témoin du meurtre de son mari. D’autres chapitres se déroulent en 2018 où on suit la fille d’Irène, Marie, qui vient de perdre sa mère dans un accident nébuleux et tente de continuer le travail de sa mère. D’autres chapitres encore se déroulent en 2003 dans l’enfance de Marie, élevée seule par sa mère. Ces allers-retours dans le temps se révèlent assez mélangeants par moments, d’autant plus que le roman est aussi séparé en 3 parties.

Au niveau de la représentation raciale dans ce roman, le personnage principal, Marie, est une adolescente métissée: sa mère est européenne et son père, africain. Elle est issue d’une relation d’amour, quoi qu’éphémère puisque son père a été assasiné avant sa naissance, peu de temps après avoir rencontré Irène. C’est dommage que le père de Marie soit absent de la vie de sa fille car c’est souvent ce genre de représentation qu’on a des hommes noirs: des pères absents, emprisonnés, séparés de leur conjointe, partis à la guerre, drogués, travaillant trop pour participer à la vie familiale ou tout simplement morts. Bien sûr, c’est l’histoire que les auteurs voulaient raconter, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me dire « Bon, encore un. » en lisant ce roman. Dommage. Tout au long du roman, on sent bien que Marie souffre de ne pas connaître son héritage noir et de ne pas avoir connu son père. Sa vie n’est pas facile: orpheline avant d’avoir la majorité, elle a aussi perdu sa grand-mère dont elle était très proche.

La première description de Marie, le personnage principal, arrive en page 25 où on écrit qu’elle enviait les « cheveux blonds brillants et doux de sa mère » et que « ses cheveux à elle sont sombres et crépus – héritage de son père » (p.25). Rien de bien positif, donc, car on positionne encore une fois le cheveu blanc comme étant l’idéal à atteindre. Marie a aussi grandi à Bouillac, une minuscule communauté au sud de la France dans laquelle elle était la seule personne non blanche. Sa couleur de peau est donc devenue centrale à son identité et on répète souvent dans le texte que Marie est différente des autres à cause cela:

  • « Elle était la seule métisse de Bouillac » (p. 13);
  • Léo, un hacker qui l’aidera à élucider le mystère de la mort de sa mère, ne croira pas que Marie est la fille d’Irène à cause de sa « peau sombre » et de ses cheveux crépus (p. 56);
  • Marie a subi dans l’enfance les « réflexions désagréables à l’école ou dans la rue […] quand la couleur de sa peau lui attirait des regards curieux, haineux ou méprisants » (p.99).
  • Chaque fois qu’on offre une description de Marie, c’est au sujet de sa « peau sombre » (p. 56, 104) qui « hésite entre l’or et le noir » (p.205), de sa chevelure « épaisse » (p.205), crépue (p.25, 56), ou encore de son métissage (p.207).
  • Marie est perçue comme une « princesse noire » par Léo qui semble tomber amoureux d’elle (pas une princesse ni une princesse courageuse ou intelligente ou drôle ou déterminée. Une princesse noire) (p.214).
  • Elle est même traitée de « sale n*gresse » en p.118.

Bref, Marie semble réduite à son identité raciale, comme si c’était l’élément principal de sa personne. De plus, son héritage métissé et sa couleur de peau ne sont jamais posés comme quelque chose de positif ou normal. C’est toujours une mauvaise chose, ou un trait pas comme les autres, anormal. Même le méchant de l’histoire semble mieux développé que Marie en terme de description physique et de personnalité! Et ce n’est pas que la race de Marie qui est exoticisée. À un moment, alors qu’elle fait le grand ménage dans les affaires de sa mère décédée, elle aperçoit un jeune couple noir en train de fouiller dans ses poubelles:

« Elle porte une robe en wax et de longues boucles d’oreilles en bois. Son mari est vêtu d’une sorte de boubou coloré et d’un pantalon. Un instant, Marie se dit que ce couple à la peau noire détonne un peu dans cette banlieue plutôt chic. Puis, comme toujours, la bêtise de cette pensée la frappe de plein fouet. Toi aussi, tu détonnes! lui lance son cerveau. Et, comme toujours, Marie, métisse élevée dans un milieu très blanc, se mord les lèvres en se demandant à quel bord elle appartient. Elle s’en veut des pensées plus ou moins racistes qui la traversent, comme si elle avait intégré les préjugés du petit village où elle a grandi. Elle se souvient du visage peiné de Franou quand, toute petite, elle avait réclamé pour Noël une poupée « blonde et jolie, pas noire ». Orpheline et sans identité, ironise la petite voix dans sa tête. Quelle tristesse… (p.28-29)

Ainsi donc, même les seuls autres personnages noirs du livre – des personnages tertiaires sans aucune incidence sur l’histoire! – sont posés comme étant des Autres, différents de la normalité. Ils ont l’air davoir immigré récemment (du moins on le suppose par leurs vêtements non occidentaux), et ils se retrouvent dans une communauté de moins de 500 personnes à faire les poubelles… Ugh. Je souligne au passage qu’aucun des quatre auteurs du roman n’est racisé.

Le sujet du livre est vraiment intéressant et j’ai quand même été sensibilisée aux enjeux environnementaux et sociaux entourant l’industrie des cellulaires et autres appareils intelligents que nous avons tous. Mais juste pour la représentation pour le moins maladroite du personnage principal, je ne peux pas en recommander la lecture.

Le deuxième volet des aventures du Collectif Blackbone, intitulé « Fashion victim », porte sur les coulisses de la mode. C’est un thriller qui offre une réflexion sur les nouveaux médias, le rôle des journalistes, et les conditions d’exploitation des ouvriers dans les usines textiles. Il est sorti en librairie en août 2020.

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Collectif Black Bone (tome 1): Coltan song
AUTEUR(S):  Marie Causse, Emmanuelle Urien, Marie Mazas & Maylis Jean-Préau
ÉDITIONNathan, 2020
ISBN: 9782092591086
PRIX: 24,95$
14 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Nola Forever, My life matters ou encore Horizon : L’écrasement, trois romans pour les adolescents.

Mes plus beaux chants de gospel

Mes plus beaux chants de gospel

Écoute les plus beaux chants de gospel : Amazing Grace ; Down by the riverside ; Go down Moses ; Oh Happy Day ; When The Saints Go Marchin’In. Des puces faciles à voir pour les petits !

Ce livre sonore est constitué de 10 pages cartonnées. Chaque double page croque un moment de la vie de personnes noires, accompagnée d’une chanson à découvrir. L’éditeur, Larousse, aurait pu s’intéresser au gospel contemporain, celui que l’on entend résonner aujourd’hui dans les églises baptistes et évangéliques nord-américaines. Il a plutôt choisi d’éditer un livre sur le gospel traditionnel, apparu au XXe siècle durant la période esclavagiste au États-Unis. C’est du moins ce que laissent supposer les illustrations qui mettent en image des scènes clairement associées à cette période: Diverses familles dans des chaloupes tentant de fuir pendant la nuit, des personnes regroupées dans un champ, une famille préparant le souper à la marmite dans ce qui ressemble à une case en briques, ou encore des personnes traversant une rivière avec des drapeaux blancs de fortune. Je veux bien laisser le bénéfice du doute à l’illustratrice, mais à mon sens, il y a clairement une tentative d’illustrer l’Amérique du XIX siècle. J’ai donc été dérangée par le fait que tous les personnages du livre sourient et semblent heureux. Pourquoi donc avoir choisi d’illustrer des personnes prises en esclavage ou victimes de ses répercussions de manière heureuse?? 😬 Surtout lorsque les chants gospel chantés sont particulièrement tristes??? Lorsqu’on s’attarde à la signification des chansons, l’amalgame devient encore plus « malaisant »:

Mes plus beaux chants gospel 3

  • « Down by the riverside » fait référence à la rivière de l’Ohio qui séparait les états esclavagistes de ceux qui ne l’étaient pas. La rivière à traverser est donc celle qui menait vers la liberté pour de nombreux esclaves.
  • « Go Down Moses », par le biais d’une analogie avec le pharaon d’Égypte et Israël, évoque le désir d’émancipation des afro-américains de leurs maîtres esclavagistes. « Let my people go », entend-on dans la chanson. Ça ne peut être plus clair. Aussi, il est intéressant de savoir que cette chanson était chantée par les esclaves américains pour signifier qu’Harriet Tubman était dans les parages et que les possibilités d’évasion étaient meilleures.
  • « Amazing Grace » a été écrit par un négrier converti et louange la grâce de Dieu. Dans le texte du livre, on dit d’ailleurs que cette mélodie nous invite à « lever les yeux vers le ciel et à garder espoir ». On suppose donc que, par la grâce de Dieu, les esclaves en fuite illustrés à la première page parviendront à échapper à leur condition.
  • « When the Saints Go Marchin’ in » est un chant funèbre. Sur l’illustration accompagnant la chanson dans le livre, on aperçoit des personnes sortant d’une église, instruments à la main et le sourire aux lèvres. 🙄

Bref, ce livre manque clairement de sensibilité. Et, oui, ce sont des chansons gospel, mais pas toujours chantées en version gospel (c’est-à-dire des mélodies simples généralement en ton majeur et au rythme répétitif). Les versions de « Go Down Moses » et « When the Saints go Marchin’ in » choisies sont celles jazzées de Louis Armstrong. Seules « Amazing Grace » (Mahalia Jakson), « Down by the riverside » (The Golden Gate Quartet) et « Oh happy day » (The Famous Davis Sisters) sont effectivement chantées de manière gospel. Le seul point positif que j’ai pu trouver à ce livre sonore est que les extraits musicaux sont assez généreux (aux alentours d’une vingtaine de seconde chacun). Ugh. Non recommandé.

Mes plus beaux chants gospel 2

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Mes plus beaux chants de gospelBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Marie Paruit
ÉDITION: Larousse, 2019
ISBN: 9782035977755
17,95$
2 ans ET PLUS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être L’âne au crottin d’or, ou encore Épaminondas, deux livres accompagnés d’un CD audio.

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Dorothy Counts: Affronter la haine raciale

Dorothy Counts affronter la haine racialeEn 1957, pour la première fois une adolescente noire de 15 ans, Dorothy Counts, s’inscrit dans un lycée ségrégationniste de Caroline du Nord. Il va lui falloir un courage incroyable pour affronter la haine raciale la plus abjecte, les crachats, les insultes, les menaces de mort…Un adolescent, témoin de cette haine, revoit des années plus tard Dorothy et lui dit son admiration : « Dorothy… vous aviez un tel courage… vous étiez magnifique ! Vous avanciez, malgré les coups, les cris, les rires mauvais… »« J’ai essayé de marcher vers vous, j’aurais voulu pousser la méchante femme qui hurlait, qui ordonnait aux filles de vous cracher dessus… Mais j’étais paralysé : je n’arrivais pas à avancer. »

J’ai adoré ce livre. C’est une sorte de docu-fiction car si Dorothy Counts a véritablement existée, l’auteure a choisi d’imaginer ces moments où l’adolescente a été première élève afro descendante d’une école secondaire de l’Amérique ségrégationniste. Je connaissais déjà un peu Élise Fontenaille pour avoir déjà lu son roman Ében ou les yeux de la nuit qui d’ailleurs m’avait beaucoup plu. Quel plaisir de la relire par le biais de la collection Elles ont osé! d’Oskar Éditeur. Ce court roman coup de poing de quelques pages à peine fera réfléchir vos préados et vos ados qui s’éveillent à l’identité raciale et à la complexité du concept de privilège. Il aide aussi à comprendre les blessures profondes d’une Amérique qui encore aujourd’hui n’a pas cicatrisé ses plaies (récemment tristement illustré par la mort de George Floyd, un autre homme noir non armé, aux mains d’un policier blanc au Minnesota en mai 2020). Ils ne seront pas déçus (et vous non plus, car bien sûr, vous devez absolument le lire aussi).  Un livre excellent !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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DOROTHY COUNTS : AFFRONTER LA HAINE RACIALEBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille
ÉDITION: Oskar éditeur, 2019
ISBN: 9791021406759
PRIX: 19.95$
À PARTIR DE 11 ANS

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Eben ou les yeux de la nuit, de la même auteur. Essayez aussi Ruby tête haute, un livre sur l’histoire vraie de vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer une école pour Blancs aux États-Unis.

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Sarah & Sac-à-Puces: Un poney dans l’ascenseur

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseurSarah vient d’emménager dans un immeuble avec sa mère. Elle essaie de se faire des amis mais les enfants refusent de jouer avec elle. Alors qu’elle s’isole, elle découvre un livre sur les Indiens et rêve d’avoir un cheval comme eux. Devant le refus de sa mère, elle cherche quelque chose de plus petit et trouve un étrange poney dans le magasin Bric & Broc…

Dans ce roman, on rencontre une petite fille qui tente de s’intégrer à un nouveau milieu. Les enfants, méchants et méfiants, lui disent de retourner d’où elle vient. Il y a plusieurs niveaux de lecture: Revenir d’où elle vient, est-ce son ancien quartier, ou bien quelque chose de plus profond, induit à cause de la couleur de sa peau? On ne le saura jamais, mais j’ai adoré cette liberté offerte au lecteur d’y voir ce qu’il veut bien voir; chaque enfant aura sa propre interprétation. Parents, pourquoi ne pas en profiter pour lire ce roman en même temps que vos enfants et de discuter avec eux de ce qu’ils ont compris de l’histoire ?

Le père de Sarah est absent. Où est-il ? On l’ignore. Mais Sarah le mentionne quand même lorsqu’elle dit aimer les Indiens car ils ont les cheveux noirs et lisses « comme les siens et ceux de son père ». Sarah est très belle avec son teint brun et sa tignasses frisottée. Sa maman, elle, est blanche et a les cheveux blonds. Ces informations nous sont données par les illustrations car la couleur de la peau n’est jamais mentionnée dans le récit. On pourrait même penser qu’il s’agit d’une simple histoire sur l’arrivée dans un nouvel appartement. Et puis, les amoureux des chiens seront servis, le chien de l’histoire est à croquer ! Ainsi, le roman traite avec légèreté de l’exclusion et de la discrimination, notamment à travers ce chien dont tous les enfants se moquent parce que ce n’est pas un poney et qu’il a d’ailleurs une drôle de tête. Quand ils découvrent que c’est surtout un bon compagnon, chien ou poney, soudain l’apparence n’a plus d’importance. Et à travers une aventure avec Sac-à-Puce, Sarah parviendra à s’intégrer elle aussi.

J’ai adoré le caractère de Sarah: fougueux, curieux, plein d’imagination. Elle ne baisse pas les bras et n’hésite pas à exprimer son mécontentement. Franchement, j’ai adoré ce roman qu’il vous faut lire au plus vite !

Coup de cœur ! 

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 2

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 3

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jan Birck
Maison d’édition: Alice éditionsBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782874263743
Public cible: À partir de 9 ans

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Cassius

Cassius Catherine LocandroDans les années 1950 aux États-Unis, un Noir ne peut pas s’asseoir à côté d’un Blanc dans le bus. Il ne peut pas non plus boire la même eau que lui, ni fréquenter les mêmes écoles. Les Blancs et les Noirs ne sont pas égaux en droits : c’est la loi qui le dit. Malgré leur jeune âge, Cassius et son frère subissent cette violence au quotidien. Ils encaissent les inégalités comme autant de coups… jusqu’au jour où l’aîné découvre la boxe. Dans les gymnases, la couleur de la peau importe peu. Rapidement, s’entraîner devient pour Cassius une obsession, gagner, une nécessité…

Au-delà du portrait de l’un des plus grands sportifs de tous les temps, Cassius est un roman sur l’Amérique de la ségrégation raciale. Catherine Locandro peint avec les mots cette période difficile de l’histoire des États-Unis sans jamais perdre de vue le destin de son personnage principal. Dans une écriture vive et travaillée, on découvre un Mohamed Ali sûr de lui, plein de fougue et inspirant qui, même si son histoire est imaginée par l’auteure, nous informe sur l’héritage de ce célèbre boxeur. Les chapitres très courts donnent au roman un rythme soutenu porté par des personnages attachants dont le lecteur se soucie. Le contexte est bien campé sans toutefois alourdir le texte.

Rudy suit son père et s’installe avec lui parmi d’autres spectateurs. L’enfant remarque que, comme sur le mu de la gloire dans le gymnase de l’auditorium, Blancs et Noirs sont mélangés dans la salle, certains assis côte à côte. Cassius lui a raconté qu’un journaliste avait demandé à Martin pourquoi la ségrégation ne s’appliquait pas dans son gymnase. Le sergent avait répondu que Blancs et Noirs devant s’affronter sur le ring, il était logique qu’ils apprennent à se connaître à l’entraînement… (p.124)

Je recommande ce livre aux amateurs de romans historiques, de bio-fictions ou de récits réalistes. Un roman excellent qui parvient a maintenir l’intérêt du lecteur jusqu’à la toute fin. Très bon !

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs. 

Je remercie les éditions Albin Michel Jeunesse de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Locandro
Maison d’éditionAlbin Michel JeunesseBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782226437570
Lectorat cible: Ados
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