Toussaint Louverture: L’arbre noir de la liberté

Histoire de l’homme qui, né esclave, devint le premier général noir de l’armée française, avant d’être la figure emblématique de la révolution haïtienne. Toussaint Louverture est un catholique fervent qui souhaite la libération de ses frères de race. Son courage et ses luttes permirent, quelques mois après sa mort en janvier 1804, en Haïti de devenir une république noire indépendante.

Ce roman raconte l’histoire de Toussaint Louverture. Le texte est assez complexe pour les plus jeunes, je recommande donc une lecture pour les 9-10 ans et plus. L’histoire s’intéresse beaucoup au contexte politique et social d’Haïti, et c’est surtout dans le dossier documentaire, très fourni, que l’on retrouve plus d’information sur la vie de Louverture. Le dossier documentaire, d’ailleurs, occupe près de la moitié du livre et présente le Code noir, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la proclamation de Sonthonax abolissant l’esclavage à Saint-Domingue et quelques curiosités littéraires autour de Toussaint Louverture.

J’ai été dérangée par l’utilisation répétée du mot n*gre comme synonyme de noir, ou encore utilisé de manière très désinvolte tout au long du roman, surtout que l’auteur est un homme blanc. Dans le livre, on ne parle pas de la portée de ce mot, ni de sa charge raciste. Pour lecteurs avertis. Aussi, on utilise les mots Indiens et Amérindiens pour parler de la première nation haïtienne, les Taïnos. Peut plaire.

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Toussaint Louverture: L’arbre noir de la liberté
AUTEUR(S) : Yves Pinguilly 
ÉDITION: Oskar Éditeur
ISBN: 9782350009995
PRIX: 21,95$
9 ans et plus

Invaincus

C’est pour les inoubliables. Ceux qui n’ont pas peur. Ceux qui sont invaincus. Dans ce livre à la fois touchant et puissant, l’auteur à succès Kwame Alexander et l’illustrateur Kadir Nelson, récipiendaire de la médaille Caldecott, nous livrent une lettre d’amour mettant à l’honneur l’Amérique noire. Dédié aux invaincus, aux rêveurs et aux survivants, ce poème nous ramène à une époque pas si lointaine de la nôtre, tout en soulignant la force et la bravoure de ceux qui continuent à affronter l’adversité jusqu’à aujourd’hui. Grâce aux illustrations frappantes ainsi qu’au style d’écriture captivant de ce livre, les lecteurs découvriront le cran, la passion et la détermination des plus grands artistes, athlètes et activistes de l’histoire des Noirs. Une oeuvre inspirante, émouvante et tout simplement incontournable!

Ce magnifique album est une poésie qui doit être lue. Le texte est fort et beau. Les illustrations sont puissantes. À la lecture, il y a beaucoup de non-dits, de choses passées sous silence, des choses à découvrir. Par exemple, le livre s’ouvre sur une illustration de Jesse Owens, mais ont ne mentionne pas de qui il s’agit. Les plus jeunes lecteurs auront besoin d’accompagnement pour les aider à faire des inférences, pour les aider à bien saisir toute la portée du texte. Pour apprécier à sa juste valeur cet album, il faut une base de connaissance sur l’histoire des Noirs américains, et l’histoire des mouvements de la diaspora noire. Il faut connaître la guerre de sécession, par exemple, ou encore les origines du mouvement Black Lives Matter.

Quand je parle de silence, c’est aussi des pages blanches qui veulent dire beaucoup. Ce sont des phrases courtes et percutantes sans illustrations. C’est une illustration de corps entassée dans le fond d’un bateau négrier, sans texte pour expliquer car parfois les images parlent d’elles-mêmes. J’ai été émue par ma lecture, et j’ai encore une fois été impressionnée par le talent de l’illustrateur Kadir Nelson. Kwame Alexander a mis 10 ans a écrire ce poème. De 2008 à 2018, il s’en est passé, des choses aux États-Unis! La naissance de sa fille, oui, mais aussi la présidence de Barack Obama, des vies de jeunes Noirs volées aux mains de policiers, le mouvement Black Lives Matter… Invaincus dresse, tout en poésie et en retenue, un portrait de plusieurs personnalités ayant marqué l’histoire américaine: notamment le boxeur Jack Johnson, l’autrice Zora Neale Hurston, le peintre Jacob Lawrence et l’auteur Langston Hughes.

Le seul petit défaut de ce livre, c’est qu’il a une couverture souple. Un si beau livre aurait mérité une jolie couverture rigide! On retrouve en fin d’album une explication de toutes les références qu’on peut trouver dans le livre. Un incontournable.

Coup de cœur!

Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre.

Kwame Alexander est un auteur américain.

Kadir Nelson est un auteur américain.

Invaincus
AUTEUR(S) : Kwame Alexander & Khadir Nelson 
ÉDITION: Scholastic, 2021
SBN: 9781443186254
PRIX: 14,99$
6 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
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Fechamos (On ferme)

Le musée ferme ses portes. Il n’a plus d’argent, il n’intéresse plus personne.

Pour la dernière fois, le gardien Edson Arantes fait tinter sa cloche. On ferme, « Fechamos ! « .

Qui sauvera de l’oubli la grande météorite, la collection de papillons, le crâne du premier Homme, les masques ticunas ?

Il y a de ces albums qu’on lit juste au bon moment. Cela a été le cas pour moi et Fechamos (on ferme). Ce livre m’a ému par sa beauté, sa simplicité et son message. Même si le point de départ de l’histoire, l’incendie du musée national de Rio de Janeiro en 2018, est réel, c’est une une fable universelle sur le sauvetage de l’art, du patrimoine et de la culture qui nous est racontée.

Ce gardien désespéré, généreux, inquiet du sort de la mémoire culturelle collective de son pays, parvient a sauver une partie du patrimoine et à le rendre aux mains du peuple, dans la rue, sans distinction de classe sociale.

Les illustrations, découpées en planches et séquences rappelant la bande dessinée, allient profondeur et raffinement. Fechamos (on ferme) est un livre qui permet d’entamer une discussion sur la transmission, sur la culture, sur l’identité. Son format géant en fait un bon candidat pour une exploitation auprès d’un groupe d’enfants. J’ai adoré. Ne passez pas à côté!

Coup de coeur!

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Fechamos (on ferme)
AUTEUR(S) : Gilles Baum & Régis Lejonc 
ÉDITION: Éditions des éléphants, 2020
ISBN: 9782372730914
29,95$
5 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
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Africville

À quoi ressemblait la communauté ? Des maisons aux couleurs vives, logées dans la colline ; des champs où les garçons jouaient au football ; un étang où les enfants faisaient du radeau; la pêche en abondance; des immenses feux de joie… La jeune fille sort de sa rêverie ; elle visite le parc historique actuel et le cadran solaire où le nom de son arrière-grand mère est gravé dans la pierre, et célèbre un jour d’été aux retrouvailles annuelles d’Africville.

Je suis toujours enthousiasmée lorsque des éditeurs francophones publient des livres jeunesse sur l’histoire de la présence noire au Canada. Africville s’intéresse à l’histoire de cette communauté urbaine située près d’Halifax qui a été détruite par le gouvernement en 1960, après plusieurs années d’abandon et d’irrespect des autorités canadiennes. La Nouvelle-Écosse a été terre d’accueil pour plusieurs Noir.e.s fuyant l’esclavage et on parle que trop peu des Noirs Canadiens aujourd’hui.

J’ai apprécié l’angle choisi par les autrices: présenter Africville comme elle l’était dans les yeux de ses habitants, plutôt que comme une communauté déchue. Malgré les difficultés, les habitants d’Aricville se sont organisés, ont bâti des maisons, ont vécu somme toute heureux, et c’est leur quotidien qui nous est raconté avec poésie et douceur: L’arôme de tarte aux pommes, les baies délicieuses au sommet de la colline, les maisons colorées comme un arc-en-ciel, les levers de soleil pourpres, les après-midi à l’église, etc.

Cet album est particulièrement bien adapté au milieu scolaire car il offre plusieurs pistes d’exploitation. En français, on peut travailler la poésie. On peut aussi travailler le champ lexical sur la communauté: quels mots sont utilisés pour rendre vivante Africville? En histoire, on peut discuter du parcours des loyalistes noirs Canadiens et de la présence noire au Canada. En univers social, on peut travailler des concepts comme le privilège ou l’importance de la communauté.

En fin d’album, on retrouve des photos d’archive et de l’information sur Africville. Voici ce qu’on peut notamment y lire: « Pendant 150 ans, Africville était une communauté dynamique et autonome qui prospérait en dépit des obstacles. […] À mesure que la ville de Halifax a grandi, Africville est devenue un endroit privilégié pour y établir toutes sortes d’installations indésirables – un abattoir, un hôpital pour maladies infectieuses et même le dépotoir municipal. […] En 2002, Africville a été déclarée lieu historique national du Canada. » On y retrouve aussi une courte bibliographie pour obtenir de plus amples renseignements sur Africville. Fortement recommandé!

Coup de cœur!

Je remercie les éditions Bouton d’Or d’Acadie de m’avoir offert ce livre.

Shauntay Grant est une autrice noire Canadienne, descendante de Loyalistes noirs immigrés au Canada il y a 200 ans.

Eva Campbell est une illustratrice Canadienne d’origine ghanéenne. Elle habite en Colombie-Britannique.

Africville
AUTEUR(S) : Shauntay Grant & Eva Campbell 
ÉDITION: Bouton d’or d’acadie, 2019
ISBN: 9782897502188
PRIX: 14,95$
4 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être À la découverte du Canada: L’héritage noir, un livre documentaire fascinant. Essayez aussi La détermination de Viola Desmond et Le grain de sable: Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada, deux livres jeunesse pour en apprendre plus sur l’histoire noire Canadienne.

Louis Armstrong

Sais-tu que Louis Armstrong a découvert la musique à l’âge de cinq ans en écoutant, à l’église, du gospel ? Et toi, y a-t-il un lieu où tu aimes écouter la musique ? Et as-tu déjà rêvé très fort, comme Armstrong, d’avoir un instrument bien à toi ? Louis a huit ans, quand il s’offre son premier cornet à piston (c’est le cousin de la trompette). En écoutant ce disque, tu pourras peut-être devenir, toi aussi, un très grand musicien de jazz !

J’ai lu et écouté ce livre à l’heure du souper avec des enfants de 10 et 7 ans. Nous avons vraiment aimé écouter les morceaux de jazz et nous discutions de musique, de la vie aux États-Unis au siècle dernier et de la ségrégation lorsque le narrateur cessait sa lecture. C’était vraiment agréable!

Le livre est un objet de qualité à couverture rigide, abondamment illustré. En plus du texte principal, lu par un acteur sur le CD d’accompagnement, il y a des encarts pour aller plus loin dans lesquels ont retrouver de l’information complémentaire. On questionne aussi les lecteurs en les faisant discuter sur les liens qu’ils peuvent faire entre ce qui s’est passé dans la vie de Louis Armstrong et leur propre vie.

Les extraits musicaux sont bien choisis et généraux: jusqu’à 3 minutes par extrait! Ce livre est fantastique pour une lecture avec tous les enfants d’une même fratrie d’âge différents: chacun y retirera quelque chose, que ce soit l’écoute de musique, la découverte d’un nouveau musicien, la géographie des États-Unis et l’histoire de ce pays, les particularité du jazz comme style musical, ou tout simplement l’histoire d’un garçon qui a poursuivit ses rêves. Fortement recommandé!

Coup de cœur!

À la découverte des musiciens: Louis Armstrong
AUTEUR(S) : Rémi Courgeon & Stéphane Ollivier 
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2015
ISBN: 9782070668519
PRIX: 29,95$
6 à 10 ans

Ce livre vous à plu?
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Mathieu Da Costa: Premier interprète d’origine africaine en Nouvelle-France

Plusieurs pans de la vie de Mateus Da Costa demeurent un mystère. Son nom revient à quelques reprises dans les archives, puis, vers la fin de sa vie, les historiens perdent complètement sa trace. Samuel de Champlain a francisé son nom et l’appelle Mathieu de Coste. Une chose cependant est sure : Da Costa est le premier navigateur et interprète d’origine africaine à avoir foulé le sol de notre pays.

Voilà un très bon roman pour lecteurs débutants avec tout juste 58 pages illustrées en noir et blanc. L’autrice, Diane Groulx, a dédié ce livre à ses enfants, Jhonatan et Luisa, « pour qu’ils soient fiers de leurs origines africaines ». Elle a aussi consulté l’historien A. J. B. Johnston qui l’a conseillée dans l’écriture et la vérification de faits historiques sur la vie de Mathieu Da Costa.

Le livre se lit comme une histoire; ainsi, les lecteurs et lectrices en apprennent beaucoup sur la vie de Mathieu Da Costa et la colonisation du Canada dans cette biographie romancée. J’ai beaucoup aimé! Il existe peu de livres sur la contribution des personnes noires à l’histoire du Canada, et ce roman en est un très bon. Enseignants, ce livre sera un bel ajout à votre bibliothèque de classe. Ce livre est presque épuisé; commandez-le vite avant qu’il ne soit trop tard!

Mathieu Da Costa: Premier interprète d’origine africaine en Nouvelle-France
AUTEUR(S): Diane Groulx & Jocelyn Jalette
ÉDITION: Éditions du soleil de minuit, 2013
ISBN: 9782924279021
PRIX: 9,95$
7 À 11 ANS

Ce livre vous a plu?
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Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo

Le 31 juillet 1761, Tsimiavo est à bord de l’Utile. Elle a été embarquée clandestinement dans les cales de ce navire de commerce avec 159 autres esclaves malgaches. Au cœur de la nuit, leur destin bascule : l’Utile heurte un récif de corail et fait naufrage. Les rescapés échouent sur un îlot de sable blanc et de cailloux, perdu au milieu de l’océan Indien.

Quand l’équipage blanc prend le large sur une embarcation de fortune, Tsimiavo et les siens se retrouvent seuls, oubliés de tous. Comment survivre sur cet îlot du bout du monde ? C’est le défi qui les attend. Pendant des jours, des mois, des années, leur courage et leur ingéniosité vont faire des miracles…

Ce livre en grand format est écrit sous la forme d’un journal intime et superbement illustré par des fresques là en couleur, là en noir et blanc. Il s’agit donc d’un album pour les grands, qui raconte une histoire vraie et terrible, et qui permet d’aborder la traite négrière et, plus largement, l’histoire du XIXe siècle. On oublie parfois que des esclaves ne venait pas uniquement du continent africain, mais aussi de l’île de Madagascar. Idéal pour une lecture en classe avec des élèves de 3e cycle du primaire, voire 1er cycle du secondaire. On retrouve en fin d’ouvrage un dossier sur les missions archéologiques menées par Max Guérout sur Tromelin, l’île des esclaves oubliés. D’ailleurs, ce livre sera bientôt réédité sous la forme d’un roman à couverture souple avec la définition des mots difficiles et autres notes en bas de page pour faciliter la lecture, un préambule, des activités pour travailler la compréhension de texte et un dossier encore plus étoffé en fin d’ouvrage. À surveiller au courant des prochains mois!

Le point de vue du livre est clairement celui de personnes blanches, même si le personnage principal qui raconte son histoire est malgache. Il y a plusieurs maladresses dans le livre. Déjà, le titre: On compare les personnes oubliées sur l’île de Tromelin à Robinson Crusoé, qui, souvenez-vous, s’est aussi échoué sur une île et y est resté pendant des années. Sauf que, souvenez-vous aussi que Robinson Crusoé était à l’origine parti naviguer à la recherche d’esclaves africains. Ce n’était pas une petite croisière de plaisance! Dans le texte, on appelle même les Malgaches oubliés les « Robinsons noirs ». Pourquoi donc cette comparaison avec une personne blanche qui, plus est, était esclavagiste?

Ensuite, tant l’autrice que l’illustratrice sont des personnes blanches. J’aurais été intéressée à connaître l’opinion et le point de vue de personnes malgaches sur cette histoire qui est la leur. Et puis, le récit s’attarde longuement aux Blancs et à ce qu’ils ont fait et à ce qu’ils n’ont pas fait: les Blancs ont trouvé de l’eau, les Blancs ne partagent pas leur nourriture, les Blancs construisent un abri pour eux seulement, les Blancs ont menti et n’ont pas tenu leur promesse, les Blancs ont abandonné les Malgaches, les Blancs ne reviendront pas, les Blancs sont revenus, les Blancs se sont encore échoués, un autre Blanc s’est échoué, ce Blanc a encore abandonné les Malgaches, les Blancs sont venus sauver les derniers survivants, les Blancs ont déclarés libres les huit survivants une fois arrivés à l’Île de France… Oui, il y a quelques pages où Tsimiavo raconte un peu le quotidien sur l’île, mais on en apprend très peu sur comment les Malgaches ont survécu sur l’île, comment ils se sont organisés, quels genre de liens et système politique ils ont mis en place, quelles difficultés ils ont rencontrées, ce qui est arrivé des bébés nés sur l’île, ou sur les relations entre les insulaires. Dommage! Tous ces éléments sont relégués au dossier en fin d’ouvrage où une petite section intitulée « Comment ces hommes et ces femmes ont-ils survécu? » offre un peu plus d’information sur le sujet.

Enfin, et ça, ce n’est pas la faute des autrices, mais l’île où ont été oubliés les Malgaches nauvragés porte le nom du sauveur (blanc) venus les sortir de là, Jacques Marie Boudin de Tromelin de La Nuguy, un navigateur français.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  1. Quel est le titre du livre? Le sous-titre? Qu’évoquent-ils pour toi?
  2. Qu’est-ce que la page couverture de laisse deviner de l’histoire que tu vas lire?
  3. Qui est Robinson Crusoé? Pourquoi a-t-on appelé les naufragés malgaches ainsi?
  4. Après la lecture du premier chapitre: Qui parle? Que lui est-il arrivé? Que peux-tu dire du contexte dans lequel se déroule le récit? Les illustrations te laissent-elles deviner l’époque?
  5. Combien de temps après les événements du récit Tsimiavo raconte-t-elle son histoire?
  6. Que peux-tu dire des illustrations? Pourquoi certaines illustrations sont-elles en couleur et d’autres en noir et blanc?
  7. Apprends-en plus sur la traite négrière. Situe sur une carte l’île Maurice, Madagascar et l’île de Tromelin.
  8. Développe ton empathie: comment aurais-tu réagi si tu avais été à la place de Tsimiavo?
  9. Penses-tu qu’une telle histoire pourrait arriver encore aujourd’hui? Pourquoi ou pourquoi pas?
  10. Fais une recherche à la bibliothèque sur les îles inhabitées du monde.
  11. Fais une recherche à la bibliothèque sur la culture malgache.
  12. Vrai ou Faux? Les Blancs ont promis aux Noirs de les ramener en France s’ils les aident à construire une pirogue.
  13. Fais un résumé de chacun des chapitres. Note et trouve la définition des mots que tu ne comprend pas.
  14. Pourquoi, même sur une île déserte coupée du monde, les Blancs refusent-ils de partager leurs ressources avec les Malgaches? Quelle aurait été un meilleur comportement?
  15. Comment est-ce que le racisme était-il érigé en système à l’époque où le bateau fait naufrage? Pourquoi s’agit-il de racisme? Pourquoi s’agit-il d’un système? Quelles en sont les répercussions?
  16. À la fin du récit, les 8 survivants sont déclarés libres par les Français. À ton avis, qu’est-ce que la liberté? Qui décide qui est libre et qui ne l’est pas? Les naufragés étaient-ils libres sur leur île?
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Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo
AUTEUR(S)
: Alexandrine Civard-Racinais & Aline Bureau
ÉDITION: Belin Jeunesse, 2016 / 2021
ISBN: 9782701198903 
/ 9791035802622
PRIX: 9,95$
10 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Catfish: le voyage d’un esclave vers la liberté, ou encore Coton Blues, deux albums sur la traite négrière. Essayez aussi Aïna, Lalatiana et Alisoa vivent à Madagascar.

Ku Klux Klan: Des ombres dans la nuit

KKK des ombres dans la nuit romanBilly Caldwell mène une enfance paisible en ce début des années 50 dans l’Etat du Mississippi, entouré de l’affection de son père et de ses amis. Jusqu’au jour où il découvre l’existence du Ku Klux Klan et le racisme dont sont victimes les Noirs. Révoltés par cette violence, les Caldwell vont alors procéder à des choix, quitte à mettre leur vie en péril.

Ce roman se lit d’une traite, sans interruption. Le premier chapitre pose les bases du récit qui suivra. Un garçon rencontre son grand-père qui reçoit la Médaille d’honneur, la plus grande distinction qui peut être accordée à un civil au États-Unis. Le deuxième et dernier chapitre sera constitué des souvenirs du vieil homme et des questionnement de son petit fils.

Les Caldwell sont une famille blanche qui a dénoncé le racisme et les violences dont sont victimes les Noirs du Sud. Ils feront face à la colère de leur compatriotes blancs qui les traiteront de traites et de « lèche-négro », entre autres. Ils recevront des menaces pour avoir publié un journal dénonçant le racisme et seront boycottés. Malgré toutes ses attaques, ils demeureront convaincus que Noirs et Blancs sont égaux et n’ont pas à recevoir un traitement différent dans la société: tous ont droit au respect. 

Je regrette tout de même qu’on s’intéresse à une famille blanche alors qu’on sait qu’une vaste majorité des américains blancs du sud étaient racistes ou complices dans le maintien des lois Jim Crow. Même s’il peut être intéressant de lire sur l’expérience de Blancs qui se sont levés pour dénoncer la ségrégation, ça fait un peu « sauveur blanc », en mode regardez-cette-gentille-famille-qui-a-aidé-des noirs-durant-ces-moments-difficiles!

Certains passages de ce livre sont particulièrement difficiles. Pour lecteurs avertis. Le roman est assorti d’un dossier documentaire d’une trentaine de pages où on en apprend plus sur la société secrète ultra-violence nommée KKK, sur les liens qu’avait l’organisation avec le FBI, avec la politique américaine (en particulier les démocrates, beaucoup plus à droite sur l’échiquier politique à l’époque), sur les lois Jim Crow, sur l’assassinat d’Abraham Lincoln, et sur la ségrégation. On y apprend aussi comment la renaissance du KKK en 1915 était liée à l’immigration de millions d’Anglo-Saxons, d’Allemands, de Russes, de Slaves et d’Italiens entre 1878 et 1914. Bref, voilà un livre complet pour en apprendre davantage sur un pan sombre de l’histoire américaine.

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Ku Klux Klan: Des ombres dans la nuit
AUTEUR(S)
: Roger Martin Bouton acheter petit
ÉDITION: Oskar, 2011
ISBN: 9782350007236
PRIX: 19,95$
12 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être L‘arbre aux fruits amers, un docu-fiction issu de la même collection chez Oskar Éditeur. Des blanches et des noires: Pas de pause pour la ségrégation pourrait aussi vous plaire.

arbre-aux-fruits-amers    Des blanches et des noires pas de pause pour la ségrégation Isabelle Wlodarczyk

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Estelle et Noé: à la découverte des dinosaures

Comment s’est développée la vie sur notre planète ? Quels furent les premiers animaux ? Quand sont apparus les dinosaures, et pourquoi ont-il disparu ? Estelle et Noé sont des enfants curieux. Ensemble, ils revisitent l’histoire de notre planète et révèlent les mystères de l’Univers grâce aux sciences. Un retour aux premiers âges de la Terre, avant l’apparition de l’homme et des civilisations, lorsque les dinosaures et les animaux géants régnaient encore en maîtres.

J’ai déjà partagé avec vous le premier tome des aventures d’Estelle et Noé. Cette fois-ci, les deux amis partent à la découverte de l’apparition de la vie sur Terre et des dinosaures.

Contrairement au premier opus dans lequel c’était Estelle qui partageait son savoir et sa passion pour l’astronomie, cette fois-ci, c’est au tour de Noé de dévoiler toute l’étendue de ses connaissances sur le paléolithique. J’ai aimé cet échange entre les deux enfants: cela montre bien qu’on peut avoir des intérêts différents et être tout de même amis. Le livre permet aussi aux petits lecteurs de réaliser que lorsqu’on s’intéresse à un sujet, il est facile et amusant d’apprendre toutes sortes d’informations sur celui-ci.

Ce livre est un mélange équilibré d’une bande dessinée, d’un album et d’un documentaire. La trame narrative est somme toute assez simple; elle ne sert que de prétexte à apprendre des information au sujet des dinosaures. Malgré tout, j’ai aimé l’amitié qui lie Estelle et Noé. Je vous recommande chaudement ce livre, qui d’ailleurs, ferait un excellent cadeau d’anniversaire à un enfant entre 7 et 9 ans. À découvrir!

Estelle et Noé: à la découverte des dinosaures
AUTEUR(S) : Peggy Vincent & Camouche
ÉDITION: Millepages, 2020
ISBN: 9782842184704
19,95$
6 ANS ET PLUS

Les enfants de la Nouvelle-France

À travers onze portraits d’enfants, le lecteur est invité à explorer les multiples aspects de la vie en Nouvelle-France, à différentes époques, tels que : la traversée de l’Atlantique à bord d’un grand voilier, la prise de possession du territoire, l’économie, les vêtements, la médecine.

Ce livre pour la jeunesse s’intéresse à la vie quotidienne en Nouvelle-France. Par biais de témoignages fictif de différentes personnes mineures, on apprend comme la colonie du Bas-Canada s’est formée. Le premier témoignage est celui d’une jeune fille Wendat vivant dans une maison longue. Elle parle de son héritage Iroquoien, des similitude et différences entre son peuple et celui des Pétuns, des Neutres et des Ériés. Elle parle aussi de son repas préféré, la soupe de maïs et de ses vêtements traditionnels. Son témoignage est suivi d’un dossier sur la présence autochtone en Nouvelle-France. On retrouve aussi un témoignage fictif d’un jeune autochtone domicilié converti au catholicisme. Malheureusement, le terme « domicilié » n’est pas défini dans le livre et le lecteur ne parvient pas à accéder au sens de son témoignage: Il se dit autochtone, mais il est catholique, il il a volontairement quitté ses terres ancestrales et accepte de faire la guerre auprès des Français. Pourquoi? Comment? Bref, ce témoignage soulève beaucoup de questions auxquelles le lecteur ne trouve pas de réponses dans le livre. Quelle occasion ratée d’aborder la question des réserves, des missionnaires et des impacts de l’acculturation des peuples autochtones.

Dans Les enfants de la Nouvelle-France, il y a également un témoignage fictif d’une jeune esclave nommée Marie. J’ai été agréablement surprise de retrouver ce passage car les livres d’histoire du Québec et du Canada passent trop souvent sous silence le passé esclavagiste du pays, comme si l’esclavage n’y avait jamais eu lieu. Or, il y avait des esclaves au Canada au XVIIIe siècle — jusqu’à 2000 à son apogée. Il y avait des esclaves au Québec et il y avait des esclaves à Montréal. J’aurais toutefois aimé que le témoignage de Marie soit complété par un dossier sur l’esclavage en Nouvelle-France, comme cela a été le cas pour d’autres témoignages dans le livre. Il y aurait tant eu à dire! La provenance des esclaves, les esclaves autochtones, les esclaves africains, leur nombre, leur traitement, les résistances, le travail forcé qu’ils.elles effectuaient, leurs déplacements sur le territoire (par exemple en Nouvelle-Écosse), les ventes d’esclaves sur le territoire canadien, ou encore le profil de propriétaires d’esclaves comme Peter McGill (fondateur de, vous l’aurez deviné, la prestigieuse université McGill à Montréal). Dommage.

Malgré tout, le livre est assez informatif et les jeunes lecteurs se familiariseront avec l’histoire de la Nouvelle-France. Une table des matières et un index facilitent la recherche.

Les enfants de la nouvelle-France
AUTEUR(S)
 : Pierre-Alexandre Bonin, Gilbert Desmarais & Caroline Soucy
ÉDITION: Bayard Canada, 2020
ISBN: 9782897701543
18,95$
10 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Voici Viola Desmond, À la découverte du Canada: L’héritage noir ou Le grain de sable: Olivier Lejeune, premier esclave au Canada, trois livres jeunesse documentaires pour en connaître davantage sur l’histoire de la présence noire au Canada.