[DIY] 9 idées de costumes d’Halloween inspirés de la littérature jeunesse

Il y deux ans, je vous suggérais un costume d’Halloween inspiré du livre jeunesse Souris, tu veux un biscuit?. Cette année, je vous reviens avec neuf nouvelles idées de costumes à confectionner chez soi et inspirés de la littérature jeunesse. Il ne vous faudra qu’un peu d’imagination et de l’aide de petites mains bricoleuses! Le 31 octobre au soir, n’oubliez pas d’amener avec vous duquel est issu votre costume lors de votre cueillette de bonbons!

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Roller Girl

Cette jeune fille vraiment cool s’est déguisée en Aster, le personnage principal de la bande dessinée Roller Girl que j’ai chroniquée sur Mistikrak!. Un costume sur le roller derby qui s’inspire d’un livre jeunesse? Je dis OUI!

Ada Twist Scientist

J’ai adoré cet album qui donne à voir une fille noire qui se passionne de sciences. Malheureusement, ce livre n’a pas été traduit en français, mais d’autres titres de la série, comme Iggy Peck Architecte et Rosie géniale ingénieure, aussi écrits par Adrea Beaty, le sont. Laissez-vous inspirer par le design des personnages de l’illustratrice pour créer votre propre costume! Parions que cette fille déguisée en Ada a fait le bonheur des bibliothécaires!

Les dragons adorent les tacos

Il n’y a pas un, mais deux tomes dans la série d’albums humoristiques Les dragons adorent les tacos d’Adam Rubin et Daniel Salmieri. Cette maman créative a confectionné pour son fils et sa fille deux superbes costumes tirés des livres. Elle offre aussi la marche à suivre pour recréer ces costumes soi-même à la maison. Points bonis pour l’inventivité!

La chenille qui fait des trous

Chez Sticherella, ils savent comment donner le goût de la lecture à leur petit garçon! Ils se sont inspirés du célèbre album La chenille qui fait des trous pour faire ce costume simple comme bonjour, mais tellement bien réussi! Une tuque rouge, des vêtements de couleur verte et un peu de feutrine, et le tour est joué!

Rosie et éléphant en vedette…

J’adoooore la série Rosie et Éléphant. Ils sont parfaits pour les enfants qui apprennent à lire, et ils sont pleins d’humour. Vous avez deux enfants? Avez-vous pensé à les déguiser en Rosie et Éléphant? Les enfants s’amuseront à découper et colorier leurs masques! (c) Photo: Kristen Dabbs via Buzzfeed.

Wonder Woman

N’hésitez pas à vous déguiser en un personnage qui n’a pas la même couleur de peau ou le même genre que vous. Par exemple, cette fillette a décidé de se déguiser en Wonder Woman, la célèbre super-héroïne de DC. La seule chose à laquelle il faut faire attention, c’est de vous assurer que votre déguisement représente un personnage de fiction et non une culture ou un groupe ethnique (EXIT les plumes amérindiennes et les perruques afro!). Vous réaliserez que ce n’est souvent pas la couleur de la peau, la forme des yeux ou la texture des cheveux qui font qu’on reconnaît un personnage, mais bien ce que le personnage porte, le maquillage et les accessoires. Amusez-vous!

L’ours paddington

Qui n’aime pas Paddington, cet ours adorable qui a marqué plusieurs générations? Ce costume est assez facile à faire. Malachi, 6 ans, a eu un peu d’aide de sa maman pour le réaliser. Cette dernière dit qu’il aime la marmelade tout comme son héros préféré! Oh, et si votre école organise une journée d’Halloween pour permettre aux élèves de venir en classe déguisé.e.s, glissez donc un sandwich à la marmelade dans la boîte à lunch de votre enfant pour l’heure du dîner. Ce sera un beau clin d’œil!

La princesse dans un sac

Alors là, rien de plus facile que de fabriquer ce costume inspiré du conte humoristique et féministe de l’auteur canadien Robert Munsch. Un sac de papier, une feuille de carton jaune, de la colle et, si vous en avez (sinon, ce n’est pas grave), une petite marionnette à main en forme de dragon vert. C’est tout! MamaPapaBubba vous explique en détail comment procéder sur son site (au cas où ce n’était pas déjà hyper clair).

Shuri

Si les idées précédentes étaient trop simples pour vous et que vous êtes à la recherche d’un défi que vous pourrez porter fièrement le soir de l’Halloween, vous pouvez tenter de reproduire le costume de Shuri, la petite sœur de T’Challa, plus connu sous le nom de Black Panther. Ce papa talentueux a réalisé ce costume pour sa fille et c’est trop bien réussi! D’autant plus que le roman Shuri est arrivé aux éditions Lumen: c’est cette année que vous devez confectionner ce costume!

En quoi vous déguiserez-vous cette année?

Notre maison est sens dessus dessous

Notre maison est sens dessus dessousC’est le jour du déménagement et notre maison est sens dessus dessous, car les objets de chacun sont déposés un peu partout, aux mauvais endroits.

Ce livre de type « premières lectures » est adapté aux enfants qui débutent l’apprentissage de la lecture. Déchiffrer les mots et les sons, ce n’est pas si facile! Heureusement, on retrouve un lexique imagé au début du livre. Le texte est très simple et les verbes sont conjugués au présent de l’indicatif. Plusieurs mots terminent par le son ON et permettra aux petits lecteurs de comprendre qu’il peut s’écrire de diverses manières (ons, ont, on). Ces mots sont d’ailleurs écrit en rouge dans le texte.

Dans cette nouvelle édition enrichie de Notre maison est sens dessus dessous, le texte est augmenté d’une version audio et d’activités disponibles sur le site web de la maison d’édition.

Les personnages illustrés dans le livre sont noirs et ont les cheveux naturels. Une belle représentation positive! À découvrir!

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Notre maison est sens dessus dessousBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Marc Mongeau &  Béatrice Marie Richet RASCHKA
ÉDITION: Dominique et compagnie, 2018
ISBN: 9782897399580
PRIX: 6,95$
À PARTIR DE 6 ANS

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J comme Joie dominique et compagnie      princesse et la grenouille

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Fatou la petite sirène

Fatou est une petite sirène qui aime jouer avec son amie la tortue. Tandis qu’elle se repose sur son île, un matelot tombe à l’eau. Avec des sons simples à déchiffrer en autonomie.

La collection Vive s’adresse aux enfants qui sont en train d’apprendre à lire. Simples, répétitifs et abondamment illustrés, ces albums leur permettent de devenir de vrais lecteurs, en ne leur donnant à lire que des mots déchiffrables. Dans Fatou la petite sirène, les mots contiennent des sons simples (les voyelles, b, d, f, j, k, l, etc.), et le son ou, plus complexe. Toutes les phrases sont au présent de l’indicatif et au singulier. On retrouve en début et fin d’album un petit lexique illustré, mais les mots moins communs et potentiellement nouveaux (comme écume, vogue, boussole ou bouée) ne sont pas accompagnés d’une définition. L’enfant aura donc besoin d’un adulte pour l’aider à accéder au sens.

Fatou est une sirène noire coiffée de tresses plaquées et d’un afro. Elle est courageuse et serviable: elle n’hésite pas une seconde à porter secours au matelot qui se noie. Le fait que Fatou porte un chandail ne m’est pas passé inaperçu: voilà une sirène qui ne se dénude pas! De plus, comme Fatou est une enfant, j’ai apprécié qu’elle ait été illustrée ainsi, et non avec un soutien-gorge de noix de coco comme on le voit habituellement dans les histoires de sirènes. À lire!

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FATOU LA PETITE SIRÈNE
AUTEUR(S): LAURENCE PIERSON & JONATHAN BLEZARD
ÉDITION: SAMIR, 2020
ISBN: 9786144434666
PRIX: 10,95$
6 À 8 ANS

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La dernière reine d’Ayiti

Dernière reine d'ayiti« Mon nom est Guaracuya, je suis le neveu d’Anacaona, Fleur-d’Or, notre reine, la bien-nommée ; je me flatte d’être son neveu préféré. Là où elle va, je la suis ; elle m’appelle son ombre, en riant. Partout où elle s’élance, notre reine, sur les sentiers, le long des rivières, vêtue de fleurs et de plumes, parée de pétales d’or, son rire l’accompagne. Jamais aucune reine taïno, depuis la nuit des temps, n’a recélé autant de qualités. »Ainsi commence le récit du jeune Guaracuya qui assista, et tenta de résister, à la fin de son peuple, les Taïnos. Ces habitants des Caraïbes étaient réputés pour leur douceur et leur île était un paradis de prospérité. Jusqu’à ce qu’un matin de 1492, de hautes voiles blanches apparaissent à l’horizon avec, à leur bord, des êtres étranges, commandés par deux frères, Christophe et Bartolomé Colomb.En quelques années, leur paradis se transforma en enfer…

J’ai lu ce livre par curiosité car je n’ai jamais lu de roman sur les Taïnos avant celui-ci. Le récit nous transporte au XVe siècle, lors de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Le peuple vivant alors sur l’île que l’on appelle aujourd’hui Hispaniola a accueilli à bras ouverts les Européens. Ces derniers sauteront sur l’occasion pour voler leurs terres et profiter de cette générosité, allant jusqu’à les exterminer totalement, sous l’œil approbateur de Christophe Colomb:

« Les Taïnos donnent volontiers tout ce qu’ils possèdent, en échange de presque rien, ils ne sont pas attachés aux biens matériels. Ils sont beaux, bien bâtis, aussi agréables à voir de corps que de visages… Ils ne portent pas d’armes sur eux, ils sont de mœurs pacifiques, bienveillants et accueillants par nature, sans violence ; cinquante soldats suffiraient pour les asservir tous. » (p.35-36)

L’histoire est racontée du point du neveu d’Anacaona, la reine des Taïnos. L’auteure Elise Fontenaille raconte ainsi le génocide du peuple des Taïnos lors de l’arrivée de Christophe Colomb aux Antilles. Les personnages féminins sont forts, réfléchis et fiers. On parle aujourd’hui souvent des Taïnos comme s’ils avaient été heureux de laisser leurs terres, ou comme s’il étaient trop faibles pour la protéger (parfois en contraste avec les Caribes, le peuple voisin, plus armé). Dans le roman, on présente les Taïnos plutôt comme un peuple hospitalier et chaleureux, mais qui rapidement a tenté de se protéger contre l’envahisseur par diverses résistances, même si elles n’étaient pas armées: Refuser le nom d’Hispaniola pour nommer leur île, se moquer des colonisateurs, refuser la religion catholique imposée, se révolter.

On découvre à la lecture de La dernière reine d’Ayiti une leçon d’histoire peu connue, dans la continuité des précédents romans de l’auteure, dont Eben ou les yeux de la nuit que j’ai lu il y a quelque années et que j’ai adoré. Recommandé!

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La dernière reine d’AyitiBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille-N’Diaye
ÉDITION: Rouergue, 2016
ISBN: 9782812610486
18,95$
11 ANS ET PLUS

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Vous aimerez peut-être Eben ou les yeux de la nuit, de la même auteure. Essayez aussi Dandara et les esclaves libres, un roman pour les bons lecteurs.

Eben-ou-les-yeux-de-la-nuit    Dandara et les esclaves libres

 

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La star du rock et ses camarades de classe

Pénélope Rex est la seule T. rex de sa classe. Cette différence ne l’empêche pas de bien s’entendre avec ses camarades de classe, même si elle a parfois l’impression qu’ils ne voient que le dinosaure en elle. Alors, le jour où madame Bonnepâte propose d’organiser un concours de talents, Pénélope y voit une chance de révéler sa passion : le rock’n’roll!

Cet album fait suite à On ne mange pas ses camarades de classe publié en 2019 par Ryan T. Higgins. J’adore cet auteur, et sa petite série avec Maman Ours est un délice. Dans La star du rock et ses camarades de classe, on retrouve avec plaisir Pénélope, la seule T. Rex de sa classe de primaire elle-même très ethniquement diversifiée: un camarade de classe est juif et porte la kippa, une camarade est voilée, deux camarades sont noirs, etc.

Le texte est plein de l’humour si particulier à l’auteur. Par exemple, Pénélope parlera de son groupe de rock préféré à l’école et mentionnera que « C’est le meilleur groupe de tous les temps! Mon père les a vus plusieurs fois en concert… avant de manger par accident le batteur. ». Au exemple: alors que Pénélope doute d’elle-même et de sa capacité à faire de la musique en tant que « simple » dinosaure, sa mère lui demandera, inquiète: « Tu es sûre que tu n’as plus faim, ma Pénélope? Tu n’as mangé que 52 hamburgers. » Le ton est donc léger, drôle, mais le récit parvient tout de même a mettre le doigt sur l’anxiété de performance et la mauvaise estime de soi. J’ai été touchée par cet album que j’ai refermé doucement en soupirant de contentement. Rassurez-vous, à la fin du récit, Pénélope retrouvera confiance en elle grâce à l’écoute et les conseils de ses parents. Et même si elle arrivera en deuxième place au concours de talents, elle sera très fière d’elle.

Points boni pour les illustrations évocatrices, les superbes pages de garde constituées de véritables dessins d’enfants, et un nom de groupe de rock vachement cool: « Pénélope et les Graines de moutarde »! 🙂

Coup de cœur!

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La star du rock et ses camarades de classe
AUTEUR(S) : Ryan T. Higgins
ÉDITION: Albin Michel Jeunesse, 2020
ISBN: 9782226454133
PRIX: 19,95$
4 À 8 ANS

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Collectif Black Bone : Coltan Song

Après le décès de sa mère, Marie, 18 ans, apprend que celle-ci enquêtait sur une entreprise fabriquant des smartphones. Avec l’aide de Léo, un jeune hackeur, et de sa marraine, une reporter italienne, elle remonte la piste d’un trafic de minerais rares en Afrique. Elle découvre que son père y a été assassiné avant sa naissance et que la mort de sa mère n’était pas probablement pas accidentelle.

« Coltang Song » est le premier volet des aventures du Collectif Blackbone qui porte sur les « minerais du sang » en Afrique: la cassitérite (le minerai de l’étain), le manganèse, la tourmaline, le diamant, etc. Les populations qui exploitent ces minerais, généralement en République Démocratique du Congo, le font au péril de leur vie et de leur santé. À travers une enquête journalistique très fouillée, un enjeu écologique est traité en mode thriller pour faire le plein de frissons. L’une des auteures est d’ailleurs journaliste et on retrouve dans le texte des liens vers des articles de presse sur les enjeux entourant les extractions minière en Afrique.

Le récit a un rythme bien soutenu et ne manque pas d’action. Les auteurs nous font aller du présent au passé à plusieurs reprises et de manière aléatoire. Certains chapitres se déroulent en 2000 en Sierra Leone où on dérouvre ce qui s’est passé avec Irène, journaliste de guerre tentant de survivre après avoir été témoin du meurtre de son mari. D’autres chapitres se déroulent en 2018 où on suit la fille d’Irène, Marie, qui vient de perdre sa mère dans un accident nébuleux et tente de continuer le travail de sa mère. D’autres chapitres encore se déroulent en 2003 dans l’enfance de Marie, élevée seule par sa mère. Ces allers-retours dans le temps se révèlent assez mélangeants par moments, d’autant plus que le roman est aussi séparé en 3 parties.

Au niveau de la représentation raciale dans ce roman, le personnage principal, Marie, est une adolescente métissée: sa mère est européenne et son père, africain. Elle est issue d’une relation d’amour, quoi qu’éphémère puisque son père a été assasiné avant sa naissance, peu de temps après avoir rencontré Irène. C’est dommage que le père de Marie soit absent de la vie de sa fille car c’est souvent ce genre de représentation qu’on a des hommes noirs: des pères absents, emprisonnés, séparés de leur conjointe, partis à la guerre, drogués, travaillant trop pour participer à la vie familiale ou tout simplement morts. Bien sûr, c’est l’histoire que les auteurs voulaient raconter, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me dire « Bon, encore un. » en lisant ce roman. Dommage. Tout au long du roman, on sent bien que Marie souffre de ne pas connaître son héritage noir et de ne pas avoir connu son père. Sa vie n’est pas facile: orpheline avant d’avoir la majorité, elle a aussi perdu sa grand-mère dont elle était très proche.

La première description de Marie, le personnage principal, arrive en page 25 où on écrit qu’elle enviait les « cheveux blonds brillants et doux de sa mère » et que « ses cheveux à elle sont sombres et crépus – héritage de son père » (p.25). Rien de bien positif, donc, car on positionne encore une fois le cheveu blanc comme étant l’idéal à atteindre. Marie a aussi grandi à Bouillac, une minuscule communauté au sud de la France dans laquelle elle était la seule personne non blanche. Sa couleur de peau est donc devenue centrale à son identité et on répète souvent dans le texte que Marie est différente des autres à cause cela:

  • « Elle était la seule métisse de Bouillac » (p. 13);
  • Léo, un hacker qui l’aidera à élucider le mystère de la mort de sa mère, ne croira pas que Marie est la fille d’Irène à cause de sa « peau sombre » et de ses cheveux crépus (p. 56);
  • Marie a subi dans l’enfance les « réflexions désagréables à l’école ou dans la rue […] quand la couleur de sa peau lui attirait des regards curieux, haineux ou méprisants » (p.99).
  • Chaque fois qu’on offre une description de Marie, c’est au sujet de sa « peau sombre » (p. 56, 104) qui « hésite entre l’or et le noir » (p.205), de sa chevelure « épaisse » (p.205), crépue (p.25, 56), ou encore de son métissage (p.207).
  • Marie est perçue comme une « princesse noire » par Léo qui semble tomber amoureux d’elle (pas une princesse ni une princesse courageuse ou intelligente ou drôle ou déterminée. Une princesse noire) (p.214).
  • Elle est même traitée de « sale négresse » en p.118.

Bref, Marie semble réduite à son identité raciale, comme si c’était l’élément principal de sa personne. De plus, son héritage métissé et sa couleur de peau ne sont jamais posés comme quelque chose de positif ou normal. C’est toujours une mauvaise chose, ou un trait pas comme les autres, anormal. Même le méchant de l’histoire semble mieux développé que Marie en terme de description physique et de personnalité! Et ce n’est pas que la race de Marie qui est exoticisée. À un moment, alors qu’elle fait le grand ménage dans les affaires de sa mère décédée, elle aperçoit un jeune couple noir en train de fouiller dans ses poubelles:

« Elle porte une robe en wax et de longues boucles d’oreilles en bois. Son mari est vêtu d’une sorte de boubou coloré et d’un pantalon. Un instant, Marie se dit que ce couple à la peau noire détonne un peu dans cette banlieue plutôt chic. Puis, comme toujours, la bêtise de cette pensée la frappe de plein fouet. Toi aussi, tu détonnes! lui lance son cerveau. Et, comme toujours, Marie, métisse élevée dans un milieu très blanc, se mord les lèvres en se demandant à quel bord elle appartient. Elle s’en veut des pensées plus ou moins racistes qui la traversent, comme si elle avait intégré les préjugés du petit village où elle a grandi. Elle se souvient du visage peiné de Franou quand, toute petite, elle avait réclamé pour Noël une poupée « blonde et jolie, pas noire ». Orpheline et sans identité, ironise la petite voix dans sa tête. Quelle tristesse… (p.28-29)

Ainsi donc, même les seuls autres personnages noirs du livre – des personnages tertiaires sans aucune incidence sur l’histoire! – sont posés comme étant des Autres, différents de la normalité. Ils ont l’air davoir immigré récemment (du moins on le suppose par leurs vêtements non occidentaux), et ils se retrouvent dans une communauté de moins de 500 personnes à faire les poubelles… Ugh. Je souligne au passage qu’aucun des quatre auteurs du roman n’est racisé.

Le sujet du livre est vraiment intéressant et j’ai quand même été sensibilisée aux enjeux environnementaux et sociaux entourant l’industrie des cellulaires et autres appareils intelligents que nous avons tous. Mais juste pour la représentation pour le moins maladroite du personnage principal, je ne peux pas en recommander la lecture.

Le deuxième volet des aventures du Collectif Blackbone, intitulé « Fashion victim », porte sur les coulisses de la mode. C’est un thriller qui offre une réflexion sur les nouveaux médias, le rôle des journalistes, et les conditions d’exploitation des ouvriers dans les usines textiles. Il est sorti en librairie en août 2020.

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Collectif Black Bone (tome 1): Coltan song
AUTEUR(S):  Marie Causse, Emmanuelle Urien, Marie Mazas & Maylis Jean-Préau
ÉDITIONNathan, 2020
ISBN: 9782092591086
PRIX: 24,95$
14 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
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Émilie est envieuse

C’est le retour du congé de Noël au service de garde aujourd’hui, et tout le monde est excité de montrer ses plus beaux cadeaux aux amis. Surtout Juliette, qui a reçu une si jolie bague! Et Émilie, elle ? Qu’a-t-elle reçu en cadeau? Un livre sur la jalousie.

Ce grand livre aux pages cartonnées débute par un guide à l’intention des parents, des éducateurs et des animateurs écrit par une psychologue. On y apprend comment aborder le sentiment envieux avec les enfants. L’information y est divisée en plusieurs sections: Qu’est-ce que les émotions, que sont la jalousie et l’envie, ainsi que quelques conseils pour animer l’album. C’est très pratique pour les parents à la maison qui ne savent pas comment animer la lecture avec leur enfant, ou encore qui se sentent démunis lorsque leur progéniture fait des crises de jalousie.

Dans l’histoire, Émilie, piquée par la jalousie, vole la bague de son amie. Grâce à son éducatrice, elle comprend le malaise et la culpabilité qu’elle ressent après avoir posé ce geste et le répare. D’autres enfants peuvent avoir d’autres réactions: partir avec la bague à la maison et la cacher, faire une crise pour en avoir une, la briser, se battre, etc. On explique bien avant l’histoire que ces comportements sont possibles et normaux chez des enfants en bas âge, et on suggère de réfléchir avec l’enfant aux conséquences de ces comportements sur les gens qui l’entourent. On met aussi beaucoup l’emphase sur la respiration: si l’émotion est trop forte, il faut prendre conscience de ses émotions, les accepter, et les extérioriser.

Au départ, je n’ai pas trop aimé les pages cartonnées, puis finalement, je me suis dit que ce serait très pratique en animation (facilité à tourner les pages), et cela ajoute à la durabilité du livre (parfait pour les CPE, par exemple).

Le personnage principal de l’histoire est une fille noire. Tout au long de la lecture, on comprend bien se quelle ressent et on s’y identifie. Même si l’histoire est avant tout celle d’une jalousie, l’auteure a pris le temps de donner une personnalité et des goûts à Émilie: elle est d’habitude souriante, est polie, adore danser et aime les jeux vidéo. Elle est aussi honnête car elle ira parler à son éducatrice de l’erreur qu’elle a commise.

On voyant ce livre à la librairie, ma crainte était que, parce qu’il aborde les émotions et que le personnage principal est noir, il y aura un passage où le personnage rougit (de honte, de colère, de malaise, de bonheur ou autre). Et c’est exactement ce qui s’est passé dans l’histoire. Je comprend qu’on veut faire comprendre aux enfants que les émotions se reflètent bien souvent de manière physique, mais pour la millième fois: les personnes noires ne rougissent pas. 🙄 Ça me fatigue beaucoup à chaque fois que je vois ça dans un livre: prendre l’expérience d’une personne blanche et la transposer sur celle d’une personne noire sans se demander si ça s’applique ou pas. Bravo à l’illustratrice pour avoir choisi de faire d’Émilie une petite fille noire sans que la couleur de sa peau soit un enjeu, mais j’aurais aimé une représentation plus réaliste. Peut plaire.

Émilie est envieuse
AUTEUR(S)
 : Martine Latulippe, Nathalie Parent & Bach
ÉDITION: Mammouth Rose, 2020

ISBN: 9782898050213
PRIX: 16,95$
4 ANS ET PLUS

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Le prince et la sorcière et la voleuse et les ours

Une aventure débordante de revirements qui surprendra les amateurs de contes traditionnels à coup sûr! À l’heure du dodo, le papa de Jacob raconte à son fils une histoire vieille comme le monde à propos d’un prince qui habite un village lointain, où vivent des dragons, des loups et des princesses en détresse. Curieux, Jacob ne peut s’empêcher d’ajouter des éléments à l’histoire de son père. Bientôt, le prince est rejoint par une sorcière maléfique qui transforme les gens en gelée, une grenouille ninja qui se bat à coups de brocoli et une princesse experte en crochetage des serrures.

Hahahaha! Quelle drôle d’histoire! J’ai adoré! Un garçon noir et son père inventent au fil de leurs envies une histoire de prince et de princesse pas comme les autres qui déconstruit la structure traditionnelle des contes, ainsi que les clichés reliés au genre (par exemple, lorsque Jacob se plaint qu’il voudrait que se soit la princesse qui sauve le prince pour une fois). Ce n’est peut-être pas l’histoire que le papa voulait raconter, mais ensemble, Jacob et lui créent un récit dynamique et tout simplement hilarant! Sans l’ombre d’un doute, j’ajoute ce livre à ma bibliographie sur les contes réinventés car les enseignants me demandent régulièrement ce genre de livres pour leurs classes de primaire à la bibliothèque.

Les illustrations colorées aux traits ronds sont un plaisir pour les yeux et participent à la narration de l’histoire. Un livre intelligent, inventif, drôle et loin des clichés. Que voulez-vous de plus? 😉

Coup de cœur!

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Le prince et la sorcière et la voleuse et les ours
AUTEUR(S)
: Alastair Chisholm, Jez Tuya
ÉDITIONScholastic, 2019
ISBN: 9781443173872
Prix: 11,99$
4 à 8 ANS

Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

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Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

quatre soeur march 4

Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs années. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points boni pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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Les quatre soeurs MarchBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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Estelle et Noé : À la découverte de l’univers!

Pourquoi vit-on sur une planète? Pourquoi la Lune change-t-elle de forme chaque nuit? Qu’Est-ce qu’un astéroïde, et à quoi sert le soleil? Estelle et Noé sont des enfants curieux. Ensemble, ils revisitent l’histoire de notre planète et révèlent les mystères de l’Univers grâce aux sciences. En suivant les héros Estelle et Noé dans leurs aventures, l’enfant découvre les mystères de l’espace, du système solaire et des planètes.

J’ai été surprise de constater que ce livre est en réalité une bande dessinée lorsque je l’ai feuilleté pour la première fois. En effet, son format carré rappelle plutôt celui de l’album illustré! Il s’agit donc d’une docu-fiction qui emprunte certains codes à l’album pour former un livre hybride qu’on rencontre plus rarement dans le monde de l’édition.

Dans ce livre, Estelle fait une entrée remarquée lorsqu’on l’a rencontre pour la première fois. Vêtue d’un costume d’astronome vraiment chouette qu’elle a fabriquée elle même, elle débarque dans le salon où se trouve Noé, le fils de la nouvelle amie de sa mère. Tout au long du récit, elle partage avec lui sa passion pour les planètes, les fusées et les étoiles.

Estelle et Noé partiront ensemble à la découverte de l’univers et le lecteur apprendra avec eux une foule d’informations assez pointues sur l’astronomie, par exemple que le diamètre de la terre est de 12 756 km, que la terre est recouverte à 70% d’eau, que la lune est un satellite dont la face cachée a été photographiée en 1959, que le système solaire s’est formé il y a environ 4,5 millards d’années, que la température au centre du soleil peut s’élever à 15 millions de degrés ou qu’il existe 88 constellations. L’histoire s’efface donc assez rapidement pour laisser place à cette aventure où Estelle partage ses connaissances avec Noé en parcourant l’infinité du cosmos. L’auteure, qui est aussi journaliste scientifique, utilise beaucoup les comparaisons pour aider les jeunes lecteurs à comprendre l’information.

Estelle est une petite fille noire très intelligente, courageuse et spontanée. Sa couleur de peau ne change absolument pas le récit, ce qui fait d’elle une représentation positive de la diversité raciale en littérature jeunesse!

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AUTEUR(S) : Laureen Bouyssou & Camouche
ÉDITIONMillepages, 2020
ISBN: 9782842184698
6 à 10 ANS

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