Lewis: caméléon métis

Lewis caméléon métis justine jothamAdopté par la joyeuse famille des Dupont-Durand, Lewis pourrait avoir la vie douce si les autres animaux du quartier ne se moquaient pas sans cesse de sa drôle de démarche ou de sa couleur de peau (jamais la même et, pourtant, jamais la bonne, selon eux). Né d’une mère lézard et d’un père caméléon qu’il n’a jamais connu, Lewis s’interroge sur ses origines. Il n’a qu’une hâte : découvrir la Gwaraïbe ! Surprises et amitiés l’y attendent, dans ce voyage qui pourrait bien changer sa vie.

Quel roman sympathique! J’ai eu beaucoup de plaisir à le lire. Poulpe Éditions met une nouvelle fois en marché un livre-objet de qualité à la présentation soignée et qui donne le goût de feuilleter. Les première et quatrième de couverture se replient sur elles-mêmes pour créer un encart présentant à l’avant les auteures, et à l’arrière, les autres titres de la collection Nos amies les sales bêtes.

Les personnages créés par Justine Jotham sont bien développés et s’éloignent des clichés habituels. Et quelle bonne idée de choisir un caméléon pour aborder la thématique de l’identité et du métissage. Lewis est un caméléon mignon à croquer, espiègle et malin, que Sophie Hirsch a illustré d’un coup de crayon léger mais maîtrisé. Il se pose des questions sur ses origines, sur ses différences et sur sa place dans ce monde. Tous pourront se reconnaître dans son désir de faire partie d’un groupe et dans ses peines face au rejet. Lewis est aussi sans cesse complimenté pour ses caractéristiques physiques perçues comme étant exotiques. Il a du mal à accepter ces compliments qui le font sentir comme une bête curieuse. Plusieurs enfants issus d’unions mixtes ou qui sont adoptés se reconnaîtront dans ce qu’il vit! Bref, le caméléon-lézard ressent le besoin de connaître ses origines pour mieux se connaître et s’accepter tel qu’il est.

Chaque chapitre débute par une citation créole qui est traduite en français en bas de page. Le créole, langue métissée par excellence, apporte fraîcheur au récit et rythme la lecture. On retrouve également quelques dialogues en créoles, toujours traduits. La quête de réponses de Lewis amène les jeunes lecteurs dans une aventure familiale plein de soleil, de souvenirs et d’humour.  Un roman rafraîchissant et inventif que je vous recommande chaudement!

Justine Jotham est une auteure française.

Justine Jotham

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Lewis, caméléon métisBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Justine Jotham & Sophie Hirsch
ÉDITION: Poulpe fiction, 2020
ISBN: 9782377421329
PRIX: 16,95$
8 ANS et plus

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Vous aimerez peut-être Viser la lune, un roman fantastique publié chez le même éditeur. Le chat qui ne voulait pas fêter Noël pourrait aussi vous plaire car il raconte l’histoire d’une famille métissée.

alô sorcières viser la lune  chat qui ne voulait pas fêter Noël 3

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Ailleurs

Ailleurs amnesty international talents hautsUn album sur les drames, les déracinements et les espoirs des enfants du monde qui rêvent d’un ailleurs. En douze doubles pages, les mots poétiques de David Guyon et les images puissantes d’Hélène Crochemore mettent au jour les drames, les déracinements mais aussi les espoirs qui habitent tous les enfants du monde qui rêvent, où qu’ils soient, d’un ailleurs.

Chaque double page de cet album sur les inégalités sociales met en opposition un enfant d’un pays où la vie est difficile (qu’on imagine comme étant des pays pauvres ou en voie de développement) et un enfant où la vie est facile (qu’on imagine comme étant l’occident). Par exemple: « Dans mon pays, les enfants sont des petits soldats » VS « Dans mon pays, les enfants ont des petits soldats » (jouets avec lesquels jouer).

L’album aborde en faisant usage d’une singulière économie de mots des concepts complexes tels que le privilège, la fracture numérique, la guerre, le travail des enfants, le droit du sol, la nationalité, les inégalités, la pauvreté et la structure familiale. Bien entendu, les personnes qui sont illustrées dans le livre viennent de différents pays: ceux venant de pays non occidentaux ne sont pas toujours noirs et ceux venant de pays riches ne sont pas toujours blancs. De plus, la pauvreté n’est pas toujours là où on le pense: les auteurs ont bien mis en lumière la pauvreté qui existe aussi dans les pays riches.

Chaque double page requiert ainsi qu’on s’y attarde et demande réflexion. Les illustrations offrent un autre niveau de lecture et contextualisent le texte de manière poétique. J’ai beaucoup aimé cet album et il m’a habité plusieurs jours après l’avoir terminé.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • T’identifies-tu plus aux expériences racontées sur les pages de droites ou de gauche? Pourquoi?
  • À la page huit, pourquoi dit-on que « dans ton pays, les nuits sont blanches »?
  • Que dit de notre société la manière dont nous traitons nos pauvres?
  • Aux pages 20-21, on peut lire « Dans mon pays, quand je regarde la mer, je vois la terre. dans ton pays, quand tu regardes la mer, tu vois la mer. » D’après-toi, qu’est-ce que cela signifie?

 

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AUTEUR(S) : David Guyon & Hélène Crochemore
ÉDITION: Talents Hauts et Amnesty International, 2019
ISBN: 9782362662744
27,95$
11 ANS et plus

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Vodou

Vodou éditions père fouettard

Loin des clichés effrayants, ce documentaire illustré propose aux enfants et aux plus grands une première approche du vodou, de son histoire stupéfiante, ses dieux et ses esprits fascinants, ses rituels et ses croyants, sa culture sans frontière. De l’Afrique à l’Amérique, des masques rituels aux zombies, des anciens royaumes jusqu’aux danses contemporaines !

Ce qu’on retient de la lecture de cet album, c’est qu’il y a de nombreuses manières de croire au Vodou et de prier ses Dieux et Esprits, différentes selon les pays et les gens. Il existe peu de livre pour enfants qui aborde la thématique du Vaudou d’une manière informative. Les représentations de ces croyances en littérature jeunesse est souvent limitée à la poupée qu’on pique pour faire du mal. Ici, on parle plutôt du vodou sans jugement occidental mal placé. Car si le vodou a effrayé les premiers Européens venus en Afrique car ils pensaient qu’ils ressemblaient au Diable, le vodou en soit n’est ni bon, ni mauvais: ce sont plutôt les croyants qui l’utilisent pour faire des choses bonnes ou mauvaises, comme dans toute religion. Au cours de notre lecture de ce livre, on apprend notamment que les vodou sont des esprits invisibles et que pour avoir une vie meilleure, les humains peuvent demander leur aide en communiquant avec eux de différentes manières. On apprend aussi que le vodou est une religion, un ensemble de pratiques magiques, une façon de vivre et de penser, une philosophie.

vodou éditions père fouettard 2

Dans ce livre, les auteurs ont choisi la transcription des noms vodou rencontrée le plus communément dans le golfe du Bénin, tout en mentionnant bien qu’elle varie dans d’autres régions du monde. Mais on découvre tout même comment deux déesses peuvent être représentées et appelées différemment d’un pays à l’autre, comme Mami Wata au Bénin et Yemaya à Cuba (et j’ajouterais Iemanja au Brésil!). Le tout est expliqué avec des mots accessibles d’un point de vue historique et sociologique. Les enfants comprendront le lien entre le vodou et l’esclavage, ou celui entre les bocios (sortes de barrages installés devant les villages, les maisons ou les champs) et la poésie, ou encore l’importance du culte des ancêtres. En conclusion, on mentionne que des nouveaux vodou sont créés encore aujourd’hui et on présente certains éléments originaires du vodou (comme les zombies haïtiens). On retrouve aussi un lexique en fin d’ouvrage.

Mes recherches m’indiquent qu’aucune personne afrodescendante n’a participé à la réalisation de cet album (!), qui pourtant concerne et parle des personnes racisées et de leur rapport au monde. Quelle occasion ratée de donner une voix aux personnes opprimées et de leur donner le loisir de parler pour elles-mêmes. Dommage.

Petit bémol pour la présence de certaines tournures de phrase à l’européenne, dont l’utilisation du mot « hommes » pour parler de l’humanité toute entière, ou encore de la locution « à Haïti » plutôt que « en Haïti ». Rien de très grave tout de même, et certainement pas assez pour que vous passiez à côté de cet album extrêmement intéressant. Voilà donc un très beau livre réussi, vachement bien réalisé en partenariat avec le Château Musée Vodou qui en a assuré l’exactitude scientifique.

vodou fouettard 3

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AUTEUR(S) : Camille Tisserand (illustratrice), sous la direction de Florent Grandin et Gaïa Mugler
ÉDITION: Père Fouettard, 2019
ISBN: 9782371650459
PRIX: 25, 95$
À PARTIR DE 10 ANS

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Vous aimerez peut-être Où es-tu Iemanja?, un livre jeunesse sur les célébrations de la déesse vodou des rivières lors du nouvel an brésilien. Essayez aussi La sanza de Bama, un documentaire pour enfants sur un instrument de musique en lien avec les croyances vodou.

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Les chiffres de Maya

Chiffres de maya québec amériqueAvec ses 10 doigts, son grand cœur, ses neuf amis ou ses deux parents; pendant les 7 jours de la semaine, aux quatre points cardinaux ou en regardant les étoiles… Maya apprend à compter jusqu’à 10.

J’admets que ce livre m’a laissée plutôt indifférente. Les choses que compte Maya n’ont pas vraiment de lien entre eux : dix doigts, neufs amis reçus à son anniversaire, les huit tentacules d’une pieuvre, les sept jours de la semaine, etc. Maya semble vivre sur une île déserte avec ses parents et on ne sait pas trop pourquoi (les neuf amis reçus à son anniversaire sont en fait des animaux). On retrouve la pieuvre et ses huit tentacules de page en page, sans toutefois que cela n’ajoute un intérêt particulier au niveau de la lecture. Le format à l’italienne ne se prête pas vraiment bien au livre car les illustrations on plutôt un cadre resserré (il aura été bien que le long format du livre-objet donne à voir les beaux paysage de l’île où vit Maya…). Parfois même la mise en page peu équilibrée laisse entrevoir un fond beige fait de coquillages ou encore des vignettes sans grand intérêt. Le texte est très simple et n’offre pas un champ lexical intéressant, par exemple concernant les îles (pourquoi pas!). Bref, le livre n’est pas mauvais, il est simplement inintéressant. Dommage. Cela dit, Maya est une petite fille métisse et à la fin du livre, on aperçoit sa maman qui est noire et son papa qui est blanc. Un bon coup pour la représentation des personnes racisées en littérature jeunesse !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Martine Latulippe & Fabrice Boulanger
Maison d’édition: Québec AmériqueBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782764439135
Public cible: 3 à 5 ans
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Le jardin de Clara

 

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Le bébé géant

le bébé géantQuoi ? Un bébé géant ?Un bébé tellement grand qu’il veut tout faire tout seul, sans l’aide de personne ? Ah ! Mais ce n’est pas parce qu’il est géant qu’un bébé n’est pas un bébé… qui a parfois grandement besoin de son papa et de sa maman !

Cette histoire s’inspire de « Brise-Montagne », un conte traditionnel haïtien. Les illustrations de fonction descriptive sont faites de techniques mixtes tels que le collage, le fusain et le crayon de bois. Certains angles de vue comme des contres-plongées renforcent la grandeur du bébé dont la taille surprend. L’auteur fait usage d’onomatopées qui dynamisent la lecture à voix haute: « Boum! », « Aïe, aïe, aïe! Ouille! ». La finale, quoiqu’un peu précipitée, est inatendue et fait sourire. Voilà un livre qui parle de l’envie qu’on les enfants de montrer qu’ils sont grands et indépendants, même si parfois ils ont bien besoin de leurs parents ! J’ai beaucoup aimé cette lecture.

Pistes d’exploitation en classe:

Cet album est bien adapté à une exploitation en classe de niveau primaire. Voici quelques idées pour amener les élèves à comprendre et à s’approprier le conte.

  • Raconte l’histoire dans tes propres mots.
  • Quel est l’élément déclencheur du récit ?
  • Invente une histoire où le personnage principal est différent des autres. Que fait-il de ses journées ?
  • Imagine que le personnage princpal s’appelle plutôt « Bébé minuscule ». Réinvente le conte.
  • Trouve des lettres qui ne servent pas à raconter l’histoire dans les illustrations (p.5-6). Que signifient-elles ?
  • Comment l’illustrateur s’y prend-t-il pour mettre l’accent sur la grandeur de Bébé Géant ?
  • L’auteur utilise beaucoup l’humour dans son texte. Trouve trois passages humoristiques et explique pourquoi ils sont drôles.
  • Trouve une morale à ce conte.
  • Illustre à ta manière un passage du conte. Présente ensuite ton dessin et mentionne de quel passage il s’agit.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Fred Paronuzzi & Kris Di Giacomo
Maison d’édition: L’école des Loisirs Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782877679510
Lectorat cible: 6 à 9 ans.
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Ma cabane du bout du monde

Ma cabane du bout du monde agrumePas facile de choisir où et comment construire la cabane de ses rêves, dans laquelle il fera bon habiter… Avant de commencer son projet, Lucile décide de partir chercher des idées autour du monde. C’est ainsi qu’elle rencontre Erik qui vit bien au chaud dans sa cabane de bois dans une fôret de Suède, Ana et son perroquet, hauts perchés dans leur cabane nichée à la cime d’un arbre au Costa Rica, Antonio et sa cabane sur l’eau, Victor et sa cabane de pierre sur les hautes montagnes, l’igloo de Sakari, la petite isba d’Aliocha, la yourte de Gantulga… Riche de toutes ses découvertes, Lucile sait maintenant ce qu’il y aura dans sa cabane : une corde pour y monter, un téléscope, un coffre à trésor, une cheminée, un passage secret, un atlas, une guitare et beaucoup de place pour les amis…

On se régale des illustrations dxe Sarah Loulendo riches en détails et lumineuses. Le personnage principal, une petite fille noire aux cheveux crépus, aurait pu être éclipsée par le catalogue de maisons du monde qu’elle visite. Au contraire, nous savons qu’elle s’appelle Lucie et au fur et à mesure que notre lecture avance, on se rend compte qu’on n’aurait voulu faire cette tournée des cabanes du monde avec personne d’autre qu’avec elle. Chaque double page révèle un paysage magnifique qu’on ne se tanne jamais d’admirer. J’ai adoré la musicalité du texte, qui décrit bien chaque maison en peu de mots. J’ai adoré !

Coup de cœur !

Sarah Loulendo est une illustratrice française. 

Sarah Loulendo

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuelle Mardesson & Sarah Loulendo
Maison d’édition: L’AgrumeBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9791090743915
Public cible: À partir de 5 ans
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Belle maison Sarbacane Brunet

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La surprise de Ti Sweety

Ti sweety Sainte-LucieDans ce second album illustré des aventures de Ti Sweety, nous retrouvons la jeune fille et ses parents sur l’île de Sainte Lucie dans les petites Antilles. Au programme : saveurs, senteurs, couleurs et merveilles naturelles de cette île caribéenne anglophone rehaussées par une jolie surprise…

Quelle joie de retrouver la petite globe-trotteuse d’origine antillo-guyanaise dans une nouvelle aventure ! Ici, l’auteure a innové pour ce deuxième livre en ajoutant un volet audio accessible par lecture de codes QR déchiffrables par le biais d’un téléphone cellulaire. Le volet audio ne reprend pas fidèlement le texte, mais invite plutôt les enfants à répéter les phrases anglaises. La narratrice anglophone est dominiquaise et sa voix claire et dynamique facilite la compréhension. Elle répète deux à trois fois chacune des phrases en laissant un moment pour permettre au jeune lecteur de répéter après elle. De plus, certains codes QR renvoient à des documents informatifs en lien avec le voyage de Ti Sweety, tel que des cartes des pays anglophones dans le monde en format PDF. J’ai trouvé le volet audio intéressant et il constitue une belle addition au livre. Toutefois, certains fichiers audio sont plutôt longs (par exemple lorsque la narratrice récite la liste des îles des Caraïbes en anglais, en répétant deux fois chaque pays, ou encore lorsqu’on récite la recette du roti, un plat typique de Sainte-Lucie). De plus, l’usage des codes QR demande une bonne connaisance de la technologie et de l’utilisation d’un cellulaire, ce qui n’est pas le cas de tous; cela pourrait constituer un obstacle pour les personnes qui n’ont pas ces connaissances (ou qui n’ont tout simplement pas de téléphone cellulaire). À noter qu’il faut aussi une connection internet pour accéder aux fichiers audio (difficile, donc, pour les voyages en voiture ou le camping).

Ti Sweety carte caraïbe

Le livre ne contient que 31 pages, mais on en apprend beaucoup sur Sainte-Lucie ! Sa gastronomie, ses paysages et sa vie culturelle ont une belle place dans le récit. On y parle aussi de la Guadeloupe (ce sera peut-être la prochaine destination de Ti Sweety? 😉 ) Tout comme le premier livre de Ti Sweety, j’ai remarqué quelques erreurs et coquilles grammaticales ou de mise en page ici et là, mais cela ne m’a pas empêché d’aimer suivre Ti Sweety dans ses aventures. À plusieurs endoits dans le récit, on fait référence au premier tome de la série, il serait donc préférable d’avoir lu ce dernier avant.

Je suggère une lecture accompagnée pour discuter des mots difficiles ou pour clarifier certains détails sur la faune ou la flore que découvrent la fillette et sa famille. Voilà un livre interactif qu’on lit avec beaucoup de plaisir.

Je remercie l’auteure Audrey Jason de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Audrey Jason & Tony VivienBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9780244787684
Lectorat cible: 3 à 10 ans
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Audrey Jason est une auteure guadeloupéenne.

audrey jason ti sweety

Tony Vivien est un illustrateur guadeloupéen. 

tony-vivien.png

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La saveur des bananes frites

la saveur des bananes frites

Saraphina vit avec son grand frère Jude à Paris dans un foyer pour jeunes étrangers. Quand elle passe devant les grilles de la Cité Paradis et ses beaux appartements, elle ne peut s’empêcher de penser à une autre cité : celle où ses parents ont vécu avant sa naissance, en Haïti, et qu’ils ont dû fuir suite aux « grands combats ». Depuis, la vie ne les a pas épargnés : après la mort de leur mère, Jude et Saraphina ont dû apprendre à vivre seuls. Mais Jude semble profondément attaché à ses racines, alors que Saraphina, née à Paris, préférerait parfois les oublier. Au quotidien, elle s’applique surtout à rendre la vie plus légère. Au collège, elle s’intéresse à tout ; au foyer, elle aide Jude autant qu’elle peut, et rit avec Malik, qui lui fait voir la vie en couleur. Mais quand tout tourne mal, l’horizon du retour en Haïti se dessine peu à peu comme seul échappatoire possible. Comment Jude et Sara parviendront-ils à affronter cette nouvelle page de leur histoire ?

J’avais de grandes attentes face à ce roman et j’ai été plutôt déçue…  Bien que j’aie grandement apprécié la plume de l’auteure, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Saraphina en particulier m’a semblé assez unidimensionnelle: sans papiers en France, elle répète souvent qu’elle n’aime pas, ne connait pas et n’est pas intéressée à connaître Haïti. Toutefois, on en sait très peu sur elle, sur ses intérêts, ses qualités, ses défauts, ses forces et ses faiblesses. J’aurais aimé connaître Saraphina en tant qu’humaine complexe et unique ! J’aurais aimé la suivre dans son cheminement identitaire en tant que fille ayant perdu sa mère et son père vivant depuis toujours en France, mais devant retourner vivre dans un pays inconnu.

La représentation d’Haïti m’a également déplu. À la lecture du roman, on retient que ce pays n’est que pauvreté, lenteur et délabrement habité par des gens à la peau si sombre que leur visages semblent avoir été « noircis par la cuisson [d’une] cocotte-minute » (p.107) de la chaleur des tropiques. J’aurais aimé que le roman aborde des éléments plus positifs pour contrebalancer. De plus, le vaudou est peint comme une sorte de pratique magique et mystérieuse se résumant aux poupées piquées d’aiguilles. Au passage, l’auteure n’oublie pas de nous rappeler que les habitants d’Haïti sont des descendants d’esclaves, mais passe sous silence leur lutte pour leur indépendance. Ugh. J’aurais tellement aimé aimer ce roman. Le mieux, c’est peut-être que vous le lisiez pour vous faire votre opinion personnelle. Et puis dites-moi ce que vous en avez pensé!

* Prix de Ravinala Madagascar

Sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2018-2019

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sophie Noël
Maison d’édition: Magnard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782210963672
Public cible: À partir de 9 ans

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Histoires pour garçons qui veulent changer le monde : Destins d’hommes géniaux qui ont fait la différence sans tuer de dragons

Histoires pour garçons qui veulent changer le mondeUne fabuleuse collection de 100 portraits d’hommes célèbres ou pas, d’aujourd’hui et d’hier, qui ont décidé de changer le monde en faisant preuve de compassion, de générosité et de confiance en soi.

Quand j’ai d’abord aperçu ce livre sur diverses plateformes de critiques de livres jeunesse, je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux aux ciel. Je me suis dit: « Ben, voyons. Les garçon mènent déjà le monde. A-t-on besoin d’un livre qui ne parle que de ce que des hommes ont fait alors que leurs histoires sont déjà racontées partout au détriment de femmes qui ont aussi changé le monde, mais qui sont ignorées par l’Histoire ? Quelle pertinence pour un tel ouvrage ? » Mais bon, je me suis promis de le lire avant d’émettre une opinion dessus et de laisser à ce livre la chance de me convaincre de sa raison d’être.

J’ai finalement découvert un livre plutôt intéressant où l’on part à la rencontre de dizaines de garçons et d’hommes qui ont défié les stéréotypes de genre, qui ont mené une vie normale, qui ont surmonté leurs craintes, qui ont aidé les autres, qui ont défendu des valeurs de respect et de générosité, ou qui n’ont pas hésité à montrer à la face du monde que les hommes ont bien le droit de se montrer aussi sensibles que courageux. 

Il y a plusieurs hommes noirs dans ce livre, dont le président américain Barack Obama, l’écrivain rastafarien Benjamin Zephaniah, le sportif Dereck Redmond qui s’est blessé lors d’une épreuve olympique mais a tout de même tenu a terminer la course, Don McPherson, Frank Ocean, Frederick Douglass, Neil Degrasse Tyson, Mohamed Ali, Neil Degrass Tyson, le président sud-africain Nelson Mandela, ou encore John Carlos et Tommie Smith qui ont levé le poing lors des jeux olympiques de 1968 pour dénoncer l’inégalité raciale aux États-Unis, etc. Certaines histoires sont moins développées que d’autres mais dans l’ensemble, ce livre donne à voir un panorama de personnes inspirantes et qui ont osé faire les choses différemment. D’ailleurs, le titre anglais me semble plus approprié: « Stories For Boys Who Dare To Be Different », qui pourrait se traduire par « Histoires pour garçons qui osent être différents des autres ». Personnellement, j’aurais opté pour une traduction qui se rapproche davantage du titre original. Déjà, ça m’aurait moins rebuté au départ ! 😉

En quatrième de couverture, il est écrit « Vous ne trouverez ni super-héros ni princesse en détresse dans ce livre ! » Et c’est bien vrai. Tout lecteur de ce livre pourra s’y reconnaître et réalisera qu’avoir des supers pouvoirs n’est pas nécessaire pour être une « super » personne !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Ben Brooks & Quinton Winter
Maison d’édition: Mazarine Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782863744970
Lectorat cible: À partir de 11 ans
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Haïti : La perle nue

DécHaïti perle nue mémoire d'encrier.jpgouvrir un pays, comprendre les enjeux environnementaux, c’est saisir le lien entre la terre et les hommes. Haïti, pays à l’avenir balbutiant, mélange de tradition et d’incertitude, est une terre façonnée par des siècles d’histoire douloureuse. À travers l’exemple d’Haïti, cet ouvrage nous incite à une prise de conscience du rôle primordial de l’écologie aujourd’hui pour le monde de nos enfants demain.

J’ai emprunté ce livre dans une bibliothèque municipale. On ne trouve pas beaucoup de documentaires sur Haïti destiné aux enfants présentement sur le marché. Haïti : Perle nue offre beaucoup d’informations sur cette île des Caraïbes dans un documentaire richement illustré et entrecoupé de contes traditionnels. Le livre est divisé en cinq chapitres, en plus d’un avant propos, d’un glossaire et d’annexes pour en savoir plus : 1. Un environnement modelé par l’histoire; 2. Le bois et l’arbre; 3. L’eau douce et l’eau salée; 4. La faune et la flore; 5. De la campagne à la ville.

Le premier chapitre s’intéresse à l’île avant l’arrivée de Christophe Colomb, l’introduction de l’esclavage, la fin des Arawaks, la colonie française et l’indépendance d’Haïti. Le deuxième chapitre explique comment les forêts ont disparu du pays, les conséquences de la déforestation et les manières dont le bois est utilisé pour produire de l’électricité, pour créer une source de revenu pour les paysans et pour confectionner des œuvres d’art. Les troisième et quatrième chapitres survolent les ressources naturelle, la pénurie d’eau potable et les écosystèmes haïtiens. Enfin, le dernier chapitre aborde la question de la pollution, de la pauvreté et de l’urbanité en Haïti.

On retrouve également cinq contes haïtiens dans ce livre: « Dife Flanbo et Loraj Kale », « L’oranger magique » (un conte très populaire déjà publié aux Éditions 400 coups),  » « L’île de la Gonâve », « L’oiseau aux ailes bleues » et « Malice et les tambours du roi (Bouki et Malice sont également des personnages très populaires du folklore haïtien). Plusieurs mots ou expressions créoles ponctuent les contes. Même si les sections documentaires sont accompagnées de nombreuses photographies, les contes ne sont agrémentés que d’une ou deux vignettes.

Le livre se termine par une liste des dates importantes, ce qui est très utile pour se repérer dans le temps et connaître les événements marquants de l’histoire d’Haïti. Toutefois, les annexes sont de trop à mon avis car toute l’information qu’on y retrouve aurait pu être ajoutée à l’un ou l’autre des chapitres du livre. De plus, la typographie de cette section est très petite comparée à celle utilisée dans les chapitres; ce qui rend la mise en page très dense et quelque peu rédhibitoire. Parlant de mise en page, j’ai aimé que les photos soient accompagnées d’une légende explicative, parfois assez longue. Par contre, ces dernières coupent parfois un paragraphe en plein milieu d’une phrase et minent la fluidité de la lecture. On s’y retrouve tout de même, mais le va-et-vient entre deux pages est parfois un peu agaçant.

Cela étant dit, les jeunes qui liront ce livre en apprendront énormément sur Haïti: non seulement son histoire, mais aussi les raisons qui expliquent pourquoi le pays est aujourd’hui si pauvre et désorganisé. J’aurais aimé une petite section sur les écarts de richesse et l’absence d’une classe moyenne; cela aura été très intéressant. J’ai trouvé le ton utilisé parfois mal adapté aux enfants (mots difficiles, tournures du phrases trop littéraires, ou encore explications trop vagues ou compliquées). Les préados pourraient avoir un peu de mal à tout comprendre.

Les éditions Mémoire d’encrier nous offre malgré tout un livre documentaire très complet, nuancé et passionnant ! Plaira aussi aux adultes !

Mimi Barthélémy est une auteure, conteuse et metteuse en scène haïtienne
(1939-2013).

mimi bar

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gérard Barthélémy & Mimi Barthélémy
Maison d’édition: Mémoire d’encrier / Vents d’ailleurs Bouton acheter petit
Année de publication: 2010
ISBN: 9782923713311 / 9782911412714
Public cible: 8 à 12 ans
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