Les esclaves de cumana

Vers l’an 1800, Pablo, jeune métis, enfant naturel d’une esclave africaine et d’un commerçant espagnol, vit une vie de chien dans le petit village de la forêt amazonienne où le sort l’a fait naître. Il y subit, jour après jour, les persécutions des fils légitimes de son père.

Fuyant les mauvais traitements et la dureté de sa condition, il part à la recherche de sa mère, que le commerçant a vendue, voici des années, pour l’éloigner.

Dans l’aventure qui l’emmène à travers plusieurs régions d’Amérique du Sud et lui fait affronter de nombreux dangers, Pablo va être aidé par deux Européens de passage, qui ne sont pas les premiers venus. Il s’agit du savant allemand Alexander von Humboldt et de son assistant français, le botaniste Aimé Bonpland, esprits éclairés, dont les travaux scientifiques et les prises de position humanistes vont marquer leur époque.

Je qui étonne d’abord dans ce livre, c’est sa manière d’emprunter des codes tant du côté de la bande dessinée que de l’album. Hybride, il se lit de manière peu commune, de cases en cases, avec les phrases qui commence ici et finissent là-bas. J’ai particulièrement aimé cet équilibre entre l’image et le texte: on a vraiment l’impression de voir un film image par image.

L’histoire est une incursion intéressant dans le passé et fait voyager en Australie. On apprend rapidement à connaître Pablo et son histoire. Par contre, il est rapidement relayé en second plan lorsque arrivent deux européens adultes dans l’histoire: un Allemand nommé Alexander von Humboldt et un Français nommé Aimé Bonpland, tous deux animés par la science et l’aventure. D’un coup, ce sont eux que le lecteur va suivre dans leur recherches de nouvelle plantes à identifier, d’animaux inconnus à découvrir et de contrées à cartographier. Ils vont défendre Pablo de ses méchants frères, ils vont lui écrire une lettre lui permettant de se rendre à l’école, puis ils le conduiront jusqu’à la ville où Pablo espère retrouver sa mère. Ce sont donc eux qui font avancer le récit. Laissé chez un prêtre, Pablo ne pourra pourtant pas aller à l’école et on fera de lui un esclave comme les autres, même si sa condition se révèle légèrement moins pire que celle d’esclaves noirs à cause du fait qu’il soit métis.

Un peu plus loin dans le récit, Pablo, s’étant enfui de chez le prête, se retrouvera sur un bateau à nouveau en compagnie des deux Européens et ces derniers le prendront de nouveau sous son aile. Ils l’achèteront afin qu’il échappe à une vie d’esclave pénible, l’aideront à trouver sa mère, embaucheront cette dernière dans leur villa comme employée et enverront Pablo à l’école. Bref, j’avais espéré lire le récit d’un jeune garçon métis en temps d’esclavage, mais c’est plutôt celui de deux européens et de leur générosité qui est raconté. En fin d’album, on retrouve un dossier pour en savoir plus sur Alexander von Humboldt et Aimé Bonplan (car oui, ils ont vraiment existé), ainsi que sur la traite des Noirs.

Un intéressant récit malgré tout, bien écrit et illustré, même si ce n’est pas vraiment l’histoire promise par le résumé en quatrième de couverture qui nous est raconté. Le sous-titre mentionne bien pourtant « Aimé Bonpland et Alexander von Humboldt en Amérique du Sud ».

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Les esclaves de Cumana
AUTEUR(S) : Olivier Melano 
ÉDITION: L’école des loisirs, 2015
ISBN: 9782211217255
PRIX: 22,95$
11 à 13 ANS

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Fechamos (on ferme), un album similaire dont l’histoire se déroule aussi en Amérique du Sud.

Maman-dlo

Cécette, sur son île, attend. Elle attend sa mère partie en métropole. Soudain, l’horizon semble bouger en un point minuscule. Cécette se lève. Son coeur bat très fort. Le point se rapproche…

Quel beau texte! Dès les premières lignes, on comprend qu’on s’apprête à lire une histoire unique. Il faut aussi le lire à voix haute, car il y a beaucoup de musicalité et de rythme au style d’Alex Godard. Le livre fait voyager dans les îles, en Haïti, et on sent presque le soleil brûlant sur sa peau en lisant l’histoire de Cécette. Je recommande ce livre pour une exploitation en classe, plusieurs possibilités s’offrent aux enseignants de français ou d’univers social.

Pour ceux et celles qui sont familiers avec Mami-wata, cette divinité aquatique d’origine africaine, c’est bien d’elle dont il s’agit dans ce récit. Ces croyances ont été répandues dans la diaspora africaine et les caraïbes. Dans plusieurs pays francophones, on l’appelle Maman-dlo ou Manman-dlo la « mère de l’eau ».

Les illustrations très réalistes sont magnifiques. Ce livre, malheureusement épuisé, peut être commandé dans certaines libraires, dépendamment de la disponibilité chez le fournisseur. Autrement, direction bibliothèque publique! Espérons qu’il sera rééditer prochainement. Ne passez pas à côté de ce livre!

Alex Godard est un auteur et illustrateur marie-galantais.

Maman-dLo
AUTEUR(S):  Alex Godard 
ÉDITION: Albin Michel, 2014
ISBN: 9782226255402
PRIX: 8,95$
8 ans et plus

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Frogolo et Marcello

COUV MARCELLO DEF.psdQue ce passe-t-il quand un crapaud se projette dans le monde des hommes et quand un petit garçon de vient chasseur…  Maman s’en mêle ! Tendre conte jubilatoire servi par l’aquarelle et l’écriture de Danielle Monsoro inspirée par la chanson populaire de Sam Castendet  » Ha Marcello pa lévélanmen si Krapo ».

Ce conte nous plonge en Guadeloupe et nous invite à suivre une petite grenouille qui a plus d’un tour dans son sac. Le texte est bilingue: français et créole guadeloupéen. La mise en page est équilibrée, mais la police de caractère utilisée ne m’a pas plu. La figure du crapaud est présente dans plusieurs contes et chansons créoles. Elle n’est pas représenté comme le compagnon de vilaines sorcières, mais plutôt comme un être inoffensif qu’il faut laisser vivre tranquillement. On retrouve en fin d’album la chansons de Marcello écrite par Sam castendet.

Danielle Monsoro est une auteure guadeloupéenne. 

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Frogolo et MarcelloBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Danielle Monsoro & Romuald
ÉDITIONPLB Éditions, 2012
ISBN: 9782353650651
4 à 7 ANS

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graine    heureux évènement

 

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Toussaint Louverture: L’arbre noir de la liberté

Histoire de l’homme qui, né esclave, devint le premier général noir de l’armée française, avant d’être la figure emblématique de la révolution haïtienne. Toussaint Louverture est un catholique fervent qui souhaite la libération de ses frères de race. Son courage et ses luttes permirent, quelques mois après sa mort en janvier 1804, en Haïti de devenir une république noire indépendante.

Ce roman raconte l’histoire de Toussaint Louverture. Le texte est assez complexe pour les plus jeunes, je recommande donc une lecture pour les 9-10 ans et plus. L’histoire s’intéresse beaucoup au contexte politique et social d’Haïti, et c’est surtout dans le dossier documentaire, très fourni, que l’on retrouve plus d’information sur la vie de Louverture. Le dossier documentaire, d’ailleurs, occupe près de la moitié du livre et présente le Code noir, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la proclamation de Sonthonax abolissant l’esclavage à Saint-Domingue et quelques curiosités littéraires autour de Toussaint Louverture.

J’ai été dérangée par l’utilisation répétée du mot n*gre comme synonyme de noir, ou encore utilisé de manière très désinvolte tout au long du roman, surtout que l’auteur est un homme blanc. Dans le livre, on ne parle pas de la portée de ce mot, ni de sa charge raciste. Pour lecteurs avertis. Aussi, on utilise les mots Indiens et Amérindiens pour parler de la première nation haïtienne, les Taïnos. Peut plaire.

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Toussaint Louverture: L’arbre noir de la liberté
AUTEUR(S) : Yves Pinguilly 
ÉDITION: Oskar Éditeur
ISBN: 9782350009995
PRIX: 21,95$
9 ans et plus

Les aventures de Nanou et Ti Ko / Avanti Nanou ak ti ko

Les aventures de Nanou et Ti KoLes jumeaux Nanou et Ti Ko s’apprêtent à souffler leur cinquième bougie. Quelle belle surprise d’apprendre qu’ils auront une visite de Papi Loulou pour célébrer leur anniversaire! Ils vivront des moments inoubliables avec leur grand papa chéri, venu spécialement d’Haïti pour fêter avec eux.

J’ai été charmée par ce livre. Je me suis amusée à le lire en créole, puis en français, puis de nouveau en créole, heureuse de constater à quel point la langue créole est belle et imagée. Les deux personnages principaux, des jumeaux, sont mignons comme tout et ils s’émerveillent de petites choses de la vie, comme la visite d’un aéroport, la grosseur réelle des avions posés au sol, les couleurs des vêtements traditionnels haïtiens (une chemise Gwayabèl et une robe Karabella), ou encore le métro montréalais. J’ai aimé leur petite excursion à la Grande Bibliothèque !

Dans le livre, on présente Haïti comme un beau pays dont le peuple est travaillant. On fait référence au tremblement de terre de 2010 et on souligne que les choses s’améliorent et continueront tant et aussi longtemps que les gens travaillent ensemble. Une représentation positive qui s’éloigne de l’image négative que nous renvoie régulièrement les médias.

Les illustrations m’ont laissées plutôt indifférente, par contre. Le lien entre l’illustration choisie et le texte qui l’accompagne n’est pas toujours très clair. Par exemple, lorsqu’en page 14 on présente le grand-père, et qu’en page 15, on retrouve une map du pays d’où il est originaire… De plus, la mise en page monotone manque de dynamisme. Dommage. Heureusement que le texte est vachement bien! Ce livre est épuisé, mais vous pourrez peut-être le trouver dans votre bibliothèque municipale; consultez votre bibliothécaire! 🙂 Vous pouvez également visiter le site web du livre en cliquant ici.

Arcelle Appolon est une auteure canadienne d’origine haïtienne. 

Arcelle appolon

Empruntez ce livre auprès de votre bibliothèque municipale!
Les aventures de Nanou et Ti Ko / Avanti Nanou ak ti ko
AUTEUR(S) : Arcelle Appolon & Maxime St-Juste
ÉDITION: Kiyikaat Éditions, 2012
ISBN: 9782923821092
3 à 6 ANS

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pinge      nedji

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À l’aéroport

Dans ce livre à la fois intrigant, divertissant et instructif, le lecteur suit le périple mouvementé d’une famille dans un aéroport moderne. Il découvre les différentes étapes de son voyage, depuis l’enregistrement des bagages qui disparaissent sur un mystérieux tapis roulant jusqu’à l’attente interminable à la porte d’embarquement, en passant par les contrôles de sécurité bien évidemment. Mais ce n’est pas tout! Le singe en peluche de la petite fille a disparu! Le lecteur devra le retrouver au fil des pages tout au long de son voyage mémorable.

Quel bel album! On y suit une famille métissée dans les premiers moments de son voyage en avion, de la préparation des valises à la maison, au long trajet sur l’autoroute, à l’enregistrement à l’aéroport, à l’arrivée à destination dans le sud. La mère de la famille est une femme blanche et le père est un homme noir. Ils ont deux enfants: Une petite fille qui s’inquiétera beaucoup pour son toutou préféré, ainsi qu’un grand garçon enthousiasmé par son premier grand voyage.

J’ai adoré le niveau de détail des illustrations: il y a énormément de personnages et l’aéroport grouille de monde. De page en page, on retrouve l’équipe de sport, une dame qui parle fort au téléphone, ou encore un vieil homme transportant un paquet mystérieux. Il est amusant de les retrouver à chaque page et de découvrir ce qu’ils font, un peu comme un livre-jeux de type cherche et trouve. Bien sûr, on suit également la famille principale et on se surprend a s’inquiéter nous aussi pour Toto, le toutou. Le style de l’auteure-illustratrice est tout à fait comme je les aime: doux, coloré, net avec de jolis ombrages.

Certaines pages sont divisées en deux horizontalement, laissant voir ce qui se passe dans la soute de l’avion (un chien sort de sa cage et se blottit contre Toto!) J’ai adoré suivre la petite famille dans son aventure. Une belle représentation d’une famille diversifiée en littérature jeunesse! Recommandé pour les amoureux des avions, les lecteurs qui aiment comprendre comment fonctionnent les choses, ou les enfants qui préfèrent les docu-fictions. À lire de toute urgence!

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À l’aéroport
AUTEUR(S) : Lisa Brown
ÉDITIONScholastic, 2017
ISBN: 9781443159869
PRIX: 11,99$
3 À 8 ANS

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La dernière reine d’Ayiti

Dernière reine d'ayiti« Mon nom est Guaracuya, je suis le neveu d’Anacaona, Fleur-d’Or, notre reine, la bien-nommée ; je me flatte d’être son neveu préféré. Là où elle va, je la suis ; elle m’appelle son ombre, en riant. Partout où elle s’élance, notre reine, sur les sentiers, le long des rivières, vêtue de fleurs et de plumes, parée de pétales d’or, son rire l’accompagne. Jamais aucune reine taïno, depuis la nuit des temps, n’a recélé autant de qualités. »Ainsi commence le récit du jeune Guaracuya qui assista, et tenta de résister, à la fin de son peuple, les Taïnos. Ces habitants des Caraïbes étaient réputés pour leur douceur et leur île était un paradis de prospérité. Jusqu’à ce qu’un matin de 1492, de hautes voiles blanches apparaissent à l’horizon avec, à leur bord, des êtres étranges, commandés par deux frères, Christophe et Bartolomé Colomb.En quelques années, leur paradis se transforma en enfer…

J’ai lu ce livre par curiosité car je n’ai jamais lu de roman sur les Taïnos avant celui-ci. Le récit nous transporte au XVe siècle, lors de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Le peuple vivant alors sur l’île que l’on appelle aujourd’hui Hispaniola a accueilli à bras ouverts les Européens. Ces derniers sauteront sur l’occasion pour voler leurs terres et profiter de cette générosité, allant jusqu’à les exterminer totalement, sous l’œil approbateur de Christophe Colomb:

« Les Taïnos donnent volontiers tout ce qu’ils possèdent, en échange de presque rien, ils ne sont pas attachés aux biens matériels. Ils sont beaux, bien bâtis, aussi agréables à voir de corps que de visages… Ils ne portent pas d’armes sur eux, ils sont de mœurs pacifiques, bienveillants et accueillants par nature, sans violence ; cinquante soldats suffiraient pour les asservir tous. » (p.35-36)

L’histoire est racontée du point du neveu d’Anacaona, la reine des Taïnos. L’auteure Elise Fontenaille raconte ainsi le génocide du peuple des Taïnos lors de l’arrivée de Christophe Colomb aux Antilles. Les personnages féminins sont forts, réfléchis et fiers. On parle aujourd’hui souvent des Taïnos comme s’ils avaient été heureux de laisser leurs terres, ou comme s’il étaient trop faibles pour la protéger (parfois en contraste avec les Caribes, le peuple voisin, plus armé). Dans le roman, on présente les Taïnos plutôt comme un peuple hospitalier et chaleureux, mais qui rapidement a tenté de se protéger contre l’envahisseur par diverses résistances, même si elles n’étaient pas armées: Refuser le nom d’Hispaniola pour nommer leur île, se moquer des colonisateurs, refuser la religion catholique imposée, se révolter.

On découvre à la lecture de La dernière reine d’Ayiti une leçon d’histoire peu connue, dans la continuité des précédents romans de l’auteure, dont Eben ou les yeux de la nuit que j’ai lu il y a quelque années et que j’ai adoré. Recommandé!

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La dernière reine d’AyitiBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille-N’Diaye
ÉDITION: Rouergue, 2016
ISBN: 9782812610486
18,95$
11 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Eben ou les yeux de la nuit, de la même auteure. Essayez aussi Dandara et les esclaves libres, un roman pour les bons lecteurs.

Eben-ou-les-yeux-de-la-nuit    Dandara et les esclaves libres

 

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Lewis: caméléon métis

Lewis caméléon métis justine jothamAdopté par la joyeuse famille des Dupont-Durand, Lewis pourrait avoir la vie douce si les autres animaux du quartier ne se moquaient pas sans cesse de sa drôle de démarche ou de sa couleur de peau (jamais la même et, pourtant, jamais la bonne, selon eux). Né d’une mère lézard et d’un père caméléon qu’il n’a jamais connu, Lewis s’interroge sur ses origines. Il n’a qu’une hâte : découvrir la Gwaraïbe ! Surprises et amitiés l’y attendent, dans ce voyage qui pourrait bien changer sa vie.

Quel roman sympathique! J’ai eu beaucoup de plaisir à le lire. Poulpe Éditions met une nouvelle fois en marché un livre-objet de qualité à la présentation soignée et qui donne le goût de feuilleter. Les première et quatrième de couverture se replient sur elles-mêmes pour créer un encart présentant à l’avant les auteures, et à l’arrière, les autres titres de la collection Nos amies les sales bêtes.

Les personnages créés par Justine Jotham sont bien développés et s’éloignent des clichés habituels. Et quelle bonne idée de choisir un caméléon pour aborder la thématique de l’identité et du métissage. Lewis est un caméléon mignon à croquer, espiègle et malin, que Sophie Hirsch a illustré d’un coup de crayon léger mais maîtrisé. Il se pose des questions sur ses origines, sur ses différences et sur sa place dans ce monde. Tous pourront se reconnaître dans son désir de faire partie d’un groupe et dans ses peines face au rejet. Lewis est aussi sans cesse complimenté pour ses caractéristiques physiques perçues comme étant exotiques. Il a du mal à accepter ces compliments qui le font sentir comme une bête curieuse. Plusieurs enfants issus d’unions mixtes ou qui sont adoptés se reconnaîtront dans ce qu’il vit! Bref, le caméléon-lézard ressent le besoin de connaître ses origines pour mieux se connaître et s’accepter tel qu’il est.

Chaque chapitre débute par une citation créole qui est traduite en français en bas de page. Le créole, langue métissée par excellence, apporte fraîcheur au récit et rythme la lecture. On retrouve également quelques dialogues en créoles, toujours traduits. La quête de réponses de Lewis amène les jeunes lecteurs dans une aventure familiale plein de soleil, de souvenirs et d’humour.  Un roman rafraîchissant et inventif que je vous recommande chaudement!

Justine Jotham est une auteure française.

Justine Jotham

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Lewis, caméléon métisBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Justine Jotham & Sophie Hirsch
ÉDITION: Poulpe fiction, 2020
ISBN: 9782377421329
PRIX: 16,95$
8 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Viser la lune, un roman fantastique publié chez le même éditeur. Le chat qui ne voulait pas fêter Noël pourrait aussi vous plaire car il raconte l’histoire d’une famille métissée.

alô sorcières viser la lune  chat qui ne voulait pas fêter Noël 3

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Ailleurs

Ailleurs amnesty international talents hautsUn album sur les drames, les déracinements et les espoirs des enfants du monde qui rêvent d’un ailleurs. En douze doubles pages, les mots poétiques de David Guyon et les images puissantes d’Hélène Crochemore mettent au jour les drames, les déracinements mais aussi les espoirs qui habitent tous les enfants du monde qui rêvent, où qu’ils soient, d’un ailleurs.

Chaque double page de cet album sur les inégalités sociales met en opposition un enfant d’un pays où la vie est difficile (qu’on imagine comme étant des pays pauvres ou en voie de développement) et un enfant où la vie est facile (qu’on imagine comme étant l’occident). Par exemple: « Dans mon pays, les enfants sont des petits soldats » VS « Dans mon pays, les enfants ont des petits soldats » (jouets avec lesquels jouer).

L’album aborde en faisant usage d’une singulière économie de mots des concepts complexes tels que le privilège, la fracture numérique, la guerre, le travail des enfants, le droit du sol, la nationalité, les inégalités, la pauvreté et la structure familiale. Bien entendu, les personnes qui sont illustrées dans le livre viennent de différents pays: ceux venant de pays non occidentaux ne sont pas toujours noirs et ceux venant de pays riches ne sont pas toujours blancs. De plus, la pauvreté n’est pas toujours là où on le pense: les auteurs ont bien mis en lumière la pauvreté qui existe aussi dans les pays riches.

Chaque double page requiert ainsi qu’on s’y attarde et demande réflexion. Les illustrations offrent un autre niveau de lecture et contextualisent le texte de manière poétique. J’ai beaucoup aimé cet album et il m’a habité plusieurs jours après l’avoir terminé.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • T’identifies-tu plus aux expériences racontées sur les pages de droites ou de gauche? Pourquoi?
  • À la page huit, pourquoi dit-on que « dans ton pays, les nuits sont blanches »?
  • Que dit de notre société la manière dont nous traitons nos pauvres?
  • Aux pages 20-21, on peut lire « Dans mon pays, quand je regarde la mer, je vois la terre. dans ton pays, quand tu regardes la mer, tu vois la mer. » D’après-toi, qu’est-ce que cela signifie?

 

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AUTEUR(S) : David Guyon & Hélène Crochemore
ÉDITION: Talents Hauts et Amnesty International, 2019
ISBN: 9782362662744
27,95$
11 ANS et plus

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Vous aimerez peut-être D’un monde à l’autre, ou encore Lily, deux albums pour la jeunesse sur la immigration. Essayez aussi Moi, Dieu merci qui vis ici.

d'un monde a l'autre    lily    moi dieu merci qui vis ici

 

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Vodou

Vodou éditions père fouettard

Loin des clichés effrayants, ce documentaire illustré propose aux enfants et aux plus grands une première approche du vodou, de son histoire stupéfiante, ses dieux et ses esprits fascinants, ses rituels et ses croyants, sa culture sans frontière. De l’Afrique à l’Amérique, des masques rituels aux zombies, des anciens royaumes jusqu’aux danses contemporaines !

Ce qu’on retient de la lecture de cet album, c’est qu’il y a de nombreuses manières de croire au Vodou et de prier ses Dieux et Esprits, différentes selon les pays et les gens. Il existe peu de livre pour enfants qui aborde la thématique du Vaudou d’une manière informative. Les représentations de ces croyances en littérature jeunesse est souvent limitée à la poupée qu’on pique pour faire du mal. Ici, on parle plutôt du vodou sans jugement occidental mal placé. Car si le vodou a effrayé les premiers Européens venus en Afrique car ils pensaient qu’ils ressemblaient au Diable, le vodou en soit n’est ni bon, ni mauvais: ce sont plutôt les croyants qui l’utilisent pour faire des choses bonnes ou mauvaises, comme dans toute religion. Au cours de notre lecture de ce livre, on apprend notamment que les vodou sont des esprits invisibles et que pour avoir une vie meilleure, les humains peuvent demander leur aide en communiquant avec eux de différentes manières. On apprend aussi que le vodou est une religion, un ensemble de pratiques magiques, une façon de vivre et de penser, une philosophie.

vodou éditions père fouettard 2

Dans ce livre, les auteurs ont choisi la transcription des noms vodou rencontrée le plus communément dans le golfe du Bénin, tout en mentionnant bien qu’elle varie dans d’autres régions du monde. Mais on découvre tout même comment deux déesses peuvent être représentées et appelées différemment d’un pays à l’autre, comme Mami Wata au Bénin et Yemaya à Cuba (et j’ajouterais Iemanja au Brésil!). Le tout est expliqué avec des mots accessibles d’un point de vue historique et sociologique. Les enfants comprendront le lien entre le vodou et l’esclavage, ou celui entre les bocios (sortes de barrages installés devant les villages, les maisons ou les champs) et la poésie, ou encore l’importance du culte des ancêtres. En conclusion, on mentionne que des nouveaux vodou sont créés encore aujourd’hui et on présente certains éléments originaires du vodou (comme les zombies haïtiens). On retrouve aussi un lexique en fin d’ouvrage.

Mes recherches m’indiquent qu’aucune personne afrodescendante n’a participé à la réalisation de cet album (!), qui pourtant concerne et parle des personnes racisées et de leur rapport au monde. Quelle occasion ratée de donner une voix aux personnes opprimées et de leur donner le loisir de parler pour elles-mêmes. Dommage.

Petit bémol pour la présence de certaines tournures de phrase à l’européenne, dont l’utilisation du mot « hommes » pour parler de l’humanité toute entière, ou encore de la locution « à Haïti » plutôt que « en Haïti ». Rien de très grave tout de même, et certainement pas assez pour que vous passiez à côté de cet album extrêmement intéressant. Voilà donc un très beau livre réussi, vachement bien réalisé en partenariat avec le Château Musée Vodou qui en a assuré l’exactitude scientifique.

vodou fouettard 3

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VodouBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Camille Tisserand (illustratrice), sous la direction de Florent Grandin et Gaïa Mugler
ÉDITION: Père Fouettard, 2019
ISBN: 9782371650459
PRIX: 25, 95$
À PARTIR DE 10 ANS

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Vous aimerez peut-être Où es-tu Iemanja?, un livre jeunesse sur les célébrations de la déesse vodou des rivières lors du nouvel an brésilien. Essayez aussi La sanza de Bama, un documentaire pour enfants sur un instrument de musique en lien avec les croyances vodou.

ou es tu iemanja     sanza

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