Antonin

Antonin Samuel ChampagneS’ils savaient… Cette phrase, c’est toute ma vie. Il y a beaucoup de choses que les gens ignorent à mon sujet. J’ai une famille qui m’aime, des amis, je suis bon à l’école. On dit aussi de moi que je suis un grand artiste. Mon existence est parfaite, semble-t-il. Mais j’en ai eu une autre, avant, avec des parents biologiques qui sont restés dans ma tête, même après mon adoption. Je songe sans cesse à mon père, en colère par ma faute. À ma mère, partie m’acheter un cadeau sans jamais revenir. À ces journées que j’ai passées seul, dans l’appartement, à l’attendre du haut de mes six ans. Je pense à la chance que j’ai eue qu’on ait bien voulu de moi et à tout ce que je dois faire pour qu’on ne m’abandonne pas de nouveau. C’est pourquoi je cache ma douleur. Pour que personne ne sache que je fais des crises de panique ou des cauchemars, parfois même éveillé. Ni ces parents qui me sont tombés du ciel, ni mon frère, ni mes amis. Et surtout pas William, le gars que j’aime, le seul avec qui j’arrive à oublier. Il faut que je garde la tête haute et le passé à l’intérieur. Mais les souvenirs refont toujours surface, et je commence à manquer de force pour les affronter.

Ce roman a été une montagne russe d’émotions ! Antonin, le personnage principal est attachant et on se soucie de lui, de ce qui lui arrive et de sa vie. Il a l’air si réel qu’on a l’impression qu’on pourrait le rencontrer dans la vie réelle; l’auteur se fait totalement oublier pour laisser toute la place à son personnage aux multiples facettes. J’ai adoré ! J’ai eu peur pour Antonin, je me suis inquiétée, j’ai été touchée et j’ai même eu les larmes aux yeux à deux reprises pendant ma lecture. Franchement, chapeau à l’auteur Samuel Champagne, qui d’ailleurs vient de publier son troisième roman dans la même collection, Kaléidoscope, qui se spécialise en littérature LGBT+ (évidement, je vais tous les lire 🙂 ).

Dans le roman, Antonin tombe amoureux de William, un adolescent noir plus âgé que lui. Leur amour se développe tout naturellement. Alors qu’Antonin craint la réaction de ses parents face à son homosexualité, William l’assume totalement. Il vit seul malgré son jeune âge (18 ans) car ses parents n’ont plus voulu de lui après qu’il ait admis son attirance pour les garçons. On décrit William d’abord comme ayant des « cheveux courts, frisés », une « peau foncée » et des « épaules carrées », et Antonin ne manque pas de souligner qu’il est « tellement beau. » (p.35) Cela dit, tout au long du roman, l’auteur donne plus d’information sur le caractère de son personnage plutôt que sur son physique. On sait par exemple qu’il est fan de l’univers Disney, qu’il est débrouillard, qu’il aime le pop art, etc. Tous ces détails donnent de la profondeur à ses personnages. Petite maladresse lorsque l’auteur écrit que William « a les joues rosées malgré sa peau foncée » lors d’un moment intime entre les deux garçons (on se rapelle bien que les personnes noires ne rougissent pas ??!) Cette erreur est courante et me dérange à chaque fois.

Le meilleur ami d’Antonin, Yohan, est aussi noir. Même si on dit en page 36 que la peau de William est « plus foncée que celle de Yohan », on ne découvrira son origine ethnique qu’à la page 311 où Antonin raconte un événement raciste dont a été victime son ami: « Yohan est le seul Noir de l’école et j’aime pas quand les gens disent des mots méchants à cause de la couleur de sa peau. » Non seulement l’auteur n’est pas tombé dans le piège de définir son personnage secondaire dès le début que par sa différence raciale (ce qui est franchement surfait en littérature jeunesse), mais il laisse le temps au lecteur d’apprendre à connaître Yohan, de l’imaginer et de s’attacher à lui, avant de mentionner au passage qu’il est racisé. Et au final, on se dit « Ah, ben tiens ! » et on continue sa lecture, car non, le fait que Yohan soit noir ne change rien au récit. Yohan est noir parce que les personnes noires existent dans la vraie vie et ont des vies normales (Oh ! Scandale ! …*)

* Avez-vous senti mon sarcasme ? 😉

Antonin est un roman fort, réussi, qu’on a du mal à refermer et qui nous habite longtemps après l’avoir terminé.

Coup de coeur !

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Samuel Champagne
Maison d’édition: Éditions de MortagneBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782896628537
Public cible: Ados.

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L’école du style (tome 1) : Glamour, projecteurs et histoires de coeur

École du style Daïna BéliceDu jour au lendemain, Olivia, 14 ans, est propulsée dans l’univers de la mode alors qu’elle fait des courses avec sa mère. L’agence nouveau genre qui la recrute a choisi de miser sur la beauté naturelle plutôt que sur les standards actuels. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Olivia s’envole à destination de Londres pour son premier défilé. Elle y apprendra en accéléré ce que le monde glamour du mannequinat peut lui offrir : des voyages, certes, mais aussi des amitiés, de la compétition entre mannequins et, qui sait, peut-être même l’amour…

Olivia, le personnage principal de ce roman pour ados est une jeune fille blanche, aux cheveux blonds et bouclés, aux yeux verts et au petit nez rond. Ses lèvres sont aussi « ridiculement épaisses » (p.34). Alors qu’Olivia tente d’entrer dans l’univers de la monde, on dit d’elle qu’elle est une « beauté atypique, non conventionnelle et loin d’être classique » (p.34). Or, il me semble que les filles blanches et blondes correspondent justement au standard de beauté conventionnel dans notre société. Si on veut parler de ses lèvres épaisses qui lui donne un air unique, je ne vois pas pourquoi on les qualifient de ridicules, surtout lorsqu’on sait qu’il s’agit d’un trait commun aux personnes afro-descendantes, alors qu’on exige souvent aux femmes noires qui veulent percer dans le métier d’avoir des traits caucasiens (nez et lèvres fines, par exemple). J’ai été déçue par cette représentation qui renforce les stéréotype et la stigmatisation des personnages noirs en littérature. À la page 119, on fait de nouveau référence à cette idée de « beauté classique » en parlant de Bella, une jeune fille (blanche) aux cheveux châtains.

Le premier personnage noir arrive à la page 110, mais n’a pas un rôle majeur dans le récit. Elle mentionne toutefois que plusieurs grosses boîtes lui ont balancé sans mettre de gants blancs qu’il y avait pas de place pour une fille « comme elle » dans l’industrie de la mode. Lorsque Olivia, étonnée, lui dit qu’elle est « tellement belle » et qu’elle a pourtant « la tête de l’emploi », Ana répond que « [p]our bien des agences, pas si tu es noire avec un nez un peu large. » (p.113) Ce commentaire met Olivia mal à l’aise, mais elle admet qu’elle a elle-même rarement vu des femmes noires dans les magazines de mode et qu’elle trouve le monde est « arriéré » de refuser une mannequin à cause de couleur de sa peau.

Cela étant dit, malgré un départ un peu lent, l’auteure sait entretenir le mystère. Toutefois, on sent beaucoup sa présence derrière la narration de son personnage principal. Faire dire à cette dernière des choses comme « tout un chacun » ou « le stress lié à cette rencontre singulière c’est manifesté tardivement » (p.45), ça sonne plutôt faux venant d’une adolescente de 14 ans. Bref, je n’ai pas aimé ce roman et j’ai eu beaucoup de mal à le terminer ! Dommage.

Ex-mannequin et intervenante psychosociale, Daïna Bélice est une auteure québécoise d’origine haïtienne. 

Daïna Bélice

Auteur(s) / illustrateur(s) : Daïna Bélice
Maison d’édition: HurtubiseBouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782897237486
Lectorat cible: 11 ans et plus
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[LECTRICE INVITÉE] L’oiseau de Colette

L'oiseau de colettePauvre Colette, récemment déménagée dans un nouveau quartier, sa mère lui refuse un animal de compagnie. Mais lorsqu’elle cherchera à se faire de nouveaux amis, ce sera grâce à une perruche… imaginaire! Ce livre est le premier d’une série mettant en vedette les personnages de la bande du Mile-End. Chaque livre apportera de nouvelles aventures, de nouvelles couleurs et des univers propres à la personnalité de chacun.

L’avis d’Olympe, lectrice invitée : Elle s’appelle Colette et vient d’emménager dans un nouveau quartier de Montréal: Le Mile End. « Colette », un prénom atypique pour une enfant spéciale, bout en train, dégourdie et qui a de l’énergie à revendre! Une enfant attachante, au contact facile et à l’imagination débordante. Alors bien sûr, quand Colette a un souci, comme cet après-midi d’été, c’est tout le quartier qui se montre solidaire pour l’aider à retrouver son fameux compagnon… Alors même qu’ils ne connaissent pas encore cette nouvelle voisine, tous les enfants de la bande du Mile End vont contribuer à l’enquête. Colette s’applique pour décrire les moindres caractéristiques de son oiseau et le lecteur est embarqué lui aussi dans cette quête qui est l’occasion de découvrir le voisinage. On peut compter sur les doigts d’une main les couleurs utilisées pour les illustrations de ce beau livre. Et pourtant, elles prennent vie, au fil des pages, de façon étonnante. Cette belle aventure m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page. Un livre à lire et à relire. Une petite fille de 7 ans est restée perplexe suite à cette lecture, car, je cite, « il y a un mensonge »… En effet, entre grande imagination et petit mensonge, il n’y a qu’un pas. Cette histoire est aussi l’occasion d’en discuter avec les enfants !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Isabelle Arsenault
Maison d’édition: Éditions de la PastèqueBouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782897770150
Public cible: À partir de 4 ans

L'oiseau de colette 2

 Merci Olympe !
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Lecteurs invités MistikrakÀ propos d’Olympe: Exploratrice, Olympe habite en France. Elle aime offrir des livres aux enfants et les considère comme des outils de transmission de valeurs et d’ouverture sur le monde. D’où la nécessité pour elle d’y retrouver des personnages à l’image de cette société plurielle qui nous entoure. Olympe porte autant d’importance à l’histoire et aux images qu’à l’objet. Tous les sens doivent être en éveil !

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Les mots d’Eunice

mots d'euniceEunice immigre au Canada avec son père et sa grand-mère. Sa mère ne peut pas les rejoindre tout de suite. Eunice va alors ressentir un tel manque qu’elle en perdra les mots. Incapable de parler. Blocage total. Jusqu’au jour où sa maman revient…

Le récit débute à l’été et se termine en hiver, tel que révélé très subtilement par les illustrations douces et naïves, presque inachevées qui colorent les pages jaunes de de cet album. Le récit oppressant nous submerge du désespoir d’Eunice, malheureuse d’être séparée de sa mère. Heureusement, l’histoire se termine sur une note d’espoir alors qu’un nouveau départ se dessine à l’horizon.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gabriella Gendreau & Nahid Kazemi
Maison d’édition: Isatis Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782924769089
Public cible: 7 ans
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Voici Viola Desmond

Voici viola desmondPar un jour pluvieux de novembre 1946, Viola, de passage à Glasgow en Nouvelle-Écosse, décide d’aller au cinéma. Elle s’installe dans la section officiellement réservée aux Blancs, mais l’ouvreuse lui demande de changer de place. Viola refuse, car elle sait que c’est à cause de la couleur de sa peau. La police l’amène de force. Viola est emprisonnée, jugée et déclarée coupable. Cela ne l’empêche pas, avec l’aide de ses partisans, de continuer à se battre pour la justice sociale. Sa cause ira jusqu’à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse. Parce que quand Viola a une idée en tête… elle n’abandonne pas !

La ségrégation a existé au Canada. À l’école, durant le cours obligatoire d’Histoire du Québec et du Canada de 4ème secondaire, on n’en a pas du tout parlé. L’autre jour, j’en discutais justement avec d’autres personnes de mon âge qui m’ont révélé qu’elles non plus n’avaient pas abordé cette période sombre de l’histoire du Canada. On aime bien entretenir notre réputation de « gens gentils » ici. C’est un peu notre marque de commerce. Pourtant, l’histoire de Viola Desmond nous rappelle que le racisme a bel et bien existé dans ce pays.

Viola Desmond était entrepreneure et pionnière en matière d’égalité raciale au Canada. L’histoire est racontée par un narrateur omniscient et on en apprend beaucoup sur la vie de cette grande femme: ses études à Montréal, sa détermination, sa famille nombreuse, sa dignité et sa force de caractère. On s’intéresse davantage au personnage qu’on contexte canadien; j’aurais aimé qu’on s’y attarde un peu plus (par exemple, parler des Noirs Canadiens, parler plus amplement de l’association de la Nouvelle-Écosse pour l’avancement des gens de couleur), de Sydney et d’Halifax. On accuse Viola d’avoir refusé de payer un cent de taxe au gouvernement Canadien en s’assoyant au parterre (réservé aux Blancs) d’un cinéma alors que sont billet était pour le balcon (réservé aux Noirs). Le tribunal ne mentionne pas la couleur de la peau de Viola, mais tout le monde sait que c’est de cela qu’il s’agit. Les illustrations réalisées avec des outils traditionnels et numériques, et les couleurs et textures à la gouache et à l’aquarelle sont très réussies. Les dialogues sont présentés dans des phylactères, ces petites bulles caractéristiques des bandes dessinées. On retrouve à la fin du livre les dates importantes de la vie de Viola et de sa lutte pour l’égalité des droits de tous les Canadiens. Le tout est accompagné de photos d’archives. Très bon ! Couverture rigide.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Voici Viola Desmond 2

Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
Maison d’édition : Éditions Scholastic
Année de publication : 2018
ISBN : 9781443163880
Public cible : À partir de 8 ans

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Joujou Turenne raconte Mandela

Joujou Terenne raconte MandelaC’est l’histoire d’un homme fascinant et inspirant. Un homme aux mille et un parcours. Chaque page de sa vie est un enseignement. Né libre… mort libre ! Grand sage rempli d’humilité dont les célèbrescitations traversent les frontières, le temps… les coeurs. Fier combattant de justice et de liberté. Défenseur des droits des Noirs dans un pays dirigé par un gouvernement qui impose un régime raciste nommé apartheid et qui fixe des lois inégales selon la couleur de la peau de ses citoyens.

J’aime Joujou Turenne pour son incroyable capacité à raconter des histoires. Conteuse, elle me fait voyager à chaque fois que je la vois sur scène ou que j’écoute l’un de ses livres. Quelle déception, alors, de ne pas avoir d’accompagnement audio avec Joujou Turenne Raconte Mandela. D’ailleurs, ce livre s’apparente davantage à un documentaire qu’à un roman. On y lit des faits, puis des moments clés de la vie de l’ex-président sud-africain Nelson Mandela. Mi-roman, ni-documentaire, le livre ne présente pas l’information de manière indexée: bien que des chapitres sont présents, il n’y a pas de tables de matières.

La mise en page ne m’a pas particulièrement plu non plus, certains pages sont noircies de texte alors que d’autres semblent vides. L’illustration de couverture est très belle; celles à accompagnement le récit aussi. Toutefois, les deux artistes n’ayant pas le même style, il manque de continuité entre les deux; j’aurais aimé retrouver quelques illustrations de Bug Rogers à l’intérieur du livre et des illustrations de Patrick Noze en quatrième de couverture ou dans les pages de garde.

J’ai adoré le passage sur le discours de Nelson Mandela à Montréal peu de temps après sa libération de prison et qu’on parle de la politique canadienne en lien avec la lutte de l’Afrique du Sud.

Joujou Turenne est une auteure et conteuse canadienne d’origine haïtienne.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Joujou Turenne
Maison d’édition: Planète Rebelle Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9872924797099
Public cible: À partir de 9 ans
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La ruelle

la ruelle« Élodie, je reviens. Attends-moi deux minutes. » Mais Élodie n’attendra pas son papa. Elle s’aventurera dans la ruelle. SEULE. Quelles découvertes y fera-t-elle ?

Les pages de garde nous font découvrir la ruelle qui s’étend derrière chez Élodie. On reconnaît facilement les ruelles montréalaises, avec leurs arbres matures, leurs jardins communautaires, leurs écureuils , leurs clôtures dépareillées, leurs sols couvert de jeux d’enfants et leurs cordes à linge. Dans la ruelle qui borde la maison d’Élodie, on y découvre les maisons des voisins : Aimée, chez monsieur Lagacé, Madame Lavoie, Monsieur Bélair, Monsieur Brochu, Madame Bernard et son bouvier, Monsieur Desjardins et les fourmis. Le lecteur s’amusera à se référer aux pages de garde pour se repérer dans l’histoire et imaginer lui-même tout ce qui se passe dans cette ruelle.

Le texte est écrit au présent et à la première personne du singulier. C’est en effet le point de vue d’Élodie que l’on découvre tout au long du récit. Élodie qui saute comme dans une marelle, Élodie qui tourne sur elle-même tel une toupie, Élodie qui explore, Élodie qui découvre. On la suit dans ce court moment de découverte où elle rencontrera une nouvelle amie. Leur rencontre d’ailleurs est savoureuse: elles se font des grimaces, puis éclatent de rire. C’est le début d’une nouvelle amitié. Élodie est Noire et vit une existence typiquement montréalaise. On ne mentionne rien sur ces origines. Élodie est simplement une petite fille qui vit dans une maison donnant sur une ruelle arrière. C’est tout.

Le format à l’italienne de cet album splendide rappelle, par sa longueur, la linéarité des ruelles montréalaises. Les auteurs ne s’empêchent pas quelques fantaisies en optant de manière impromptue pour une mise en page verticale; il faudra donc tourner l’album de sens pour continuer la lecture. Un récit du quotidien drôle et touchant par sa familiarité. Le texte, majoritairement en prose, intègre de manière harmonieuse des phylactères empruntés aux bandes dessinées lorsqu’il y a présence de dialogues, parfois en hors-champs. Je recommande vivement !

la ruelle 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Céline Comtois & Geneviève Després
Maison d’édition: D’eux Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782924645161
Public cible: 4 à 11 ans.
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Mon voisin Oscar: Une histoire inspirée de l’enfance d’Oscar Peterson

oscar peterson voisinÀ la suite d’une grave maladie, Oscar doit renoncer à jouer d’un instrument qu’il adore. Mais rien n’empêchera le jeune virtuose de vivre pleinement sa passion pour la musique. Cette charmante histoire nous dévoile un pan de l’enfance d’Oscar Peterson, pianiste de jazz renommé.

L’histoire se déroule à Montréal, plus précisément dans le quartier de la Petite-Bourgogne (anciennement appelé Saint-Henri). C’est fanstastique de lire un album où reconnaît la vie de la métropole: ses escaliers extérieurs en colimaçon, ses ruelles chapeautées par des lignes de cordes à linge, la rue Atwater, l’architecture de ses bâtiments, l’église Union United Church… Le récit se termine sur une note heureuse alors qu’Oscar débute des cours de piano et discute avec Millie de ses rêves: elle sera ballerine et lui, explorateur… Millie est un personnage fictif, mais on sait maintenant qu’Oscar est plutôt devenu un pianiste de jazz renommé. Il est décédé le 23 décembre 2007.

Cette histoire, c’est aussi une occasion d’aborder les thèmes de l’amitié, de la maladie, de la musique et des rêves avec les enfants. À l’issu de la lecture de Mon Voisin Oscar, questionnez-les: As-tu déjà été malade? Connais-tu quelqu’un qui a été si malade qu’il ne pouvait plus jouer? Quel est ton instrument de musique favori? Aimerais-tu être musicien comme Oscar? Qu’aimerais-tu être losque tu seras grand? Et, pourquoi pas, leur faire écouter un peu d’Oscar Peterson après la lecture du livre. L’histoire est magnifiquement racontée et les illustrations naïves m’ont beaucoup plu. À lire pour découvrir avec les enfants qui était Oscar Peterson et comment il a marqué l’histoire du jazz montréalais. Chapeau!

Coup de cœur !

oscar peterson voisin2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bonnie Farmer & Marie Lafrance
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9781443149112
Public cible: 5 à 9 ans

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Bonnie Farmer (à gauche sur la photo, accompagnée de l’illustratrice Marie Lafrance) enseigne à l’école primaire. Elle est également auteure et dramaturge. Elle habite à Montréal au Québec. Tout comme Oscar Peterson, Bonnie a grandi dans le quartier de la Petite-Bourgogne et elle se souvient avec nostalgie du spectacle et des sons des rues de son enfance.
MONTREAL, QUE.: NOVEMBER 11, 2015 -- Author Bonnie Farmer, left, and illustrator Marie Lafrance stand outside the Union United Church in Little Burgundy onWednesday November 11, 2015. Farmer and Lafrance, have collaborated on the picture book Oscar Lives Next Door. The book is about late Montreal piano legend Oscar Peterson, who grew up in Little Burgundy. (Pierre Obendrauf / MONTREAL GAZETTE)

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La case de l’Oncle Tom

case oncle tom kerloc'hAu XIXe siècle, dans l’état du Kentucky qui borde le Mississipi, les Shelby, riches planteurs, traitent leurs esclaves avec bonté. Mais Mr et Mrs Shelby sont endettés, et se voient obligés, bien malgré eux, de revenir sur leur promesse et de vendre deux esclaves : Oncle Tom, un bon mari et père de famille, et Henry, le fils d’Elisa, servante de Mrs Shelby. Le sort de ces esclaves est alors soumis à un destin incertain : Élisa s’enfuit avec Henry, tandis que Tom embarque sur un bateau descendant le Mississipi, pour rejoindre la plantation de son nouveau maître.

Publié avant la Guerre de Sécession aux États-Unis, le roman de Harriet Breecher Stowe est unique en son genre. L’adaptation de Kerloc’h et Samama permettra aux jeunes lecteur d’avoir un premier contact avec ce document historique et de l’histoire poignante d’Oncle Tom et de Élisa. Cela étant dit, j’ai absolument détesté le format et la mise en page. Le livre est trop carré et trop large; la mise en page du texte est trop chargée et pas assez aérée; les images côtoient le texte sans vraiment trouver un juste équilibre. J’ai aimé les pages de garde, par contre (c’est là le seul avantage d’avoir fait de cette adaptation un livre d’images. Autrement, un format de type roman typique aurait été préférable). J’évaluerai d’autres adaptation de La Case de l’Oncle Tom afin de comparer.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jean-Pierre Kerloc’h & Aude Samama (d’après le roman de Harriet Breecher Stowe). Bouton acheter petit
Maison d’édition: P’tit Glénat
Année de publication: 2012
ISBN: 9782723491327
Public cible: 9 à 13 ans

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Aïxa: Châteaux de sable

aixa sableAïxa vit heureuse dans son pays de soleil jusqu’au jour où elle doit le quitter pour des raisons qui lui sont difficile à comprendre. À son arrivée, trois semaines avant la Noël, elle est émerveillée par les milliers de sapins aux lumières scintillantes et de toutes les couleurs.

Fille d’un père noir et d’une mère blanche, la petite fille vit dans les caraïbes où elle écoule naïvement des jours ensoleillés entre l’école, le jeu, la vie de famille et les fêtes locales. Le livre début tel un album photo où la narratrice nous décrit les personnes photographiées, leur relation avec elle et ce que ce souvenir évoque chez elle. Toutefois, le récit se détache rapidement de cette formule lorsque les illustrations deviennent soudainement un accompagnement au texte, tel un conte. Ce changement de ton rend la lecture confuse.Les illustrations, douces et naïvement disproportionnées, fait tout de même échos de manière assez juste au texte à la première personne.

Le pays d’origine d’Aïxa n’est pas nommé. Martinique? Guadeloupe? Il ne s’agit pas d’Haïti puisque les quelques passages créoles ne sont pas de créole haïtien. Certaines coutumes, célébrations, évènements climatiques et conflits politiques dont il est question dans le livre existent toutefois dans plusieurs pays de la région (faire les courses au marché, les Tontons Macoutes, la plage, les cyclones, commencer les contes par « Krik! » / « Krak! », le kombit/koumbit/communauté, les palmiers, les longues soirées éclairées à la lampe à l’huile, etc.) De plus, la manière dont est abordé le thème de l’immigration est tout à fait juste.

Ce livre m’a rappelé ceux que mon père me lisait étant enfant. Voilà un beau livre malgré tout, que l’on peut lire à un enfant ou qu’un enfant peut lire seul. À découvrir!

 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Florence Bolté & Mentalo
Maison d’édition: Pirouli
Année de publication: 2000
ISBN: 2922754006
Public cible: 4 à 9 ans
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Florence Bolté est une auteure canadienne.

florence bolté

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