Tiny Pretty Things

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York où elles ont du mal à résister à la pression. Gigi, seule Noire de sa classe, est choisie pour le premier rôle, ce qui la met face à la jalousie de ses camarades. Bette doit être la meilleure pour ne pas décevoir sa mère et June se bat pour ne plus être l’éternelle doublure. Roman à l’origine de la série télévisée.

Après avoir lu Les Belles, je voulais absolument donner une nouvelle chance à l’autrice afro-américaine Dhonielle Clayton. Je crois qu’à la base, cette autrice, même si j’aime sa plume, raconte des histoires qui se déroulent dans dans des milieux qui ne m’intéressent pas vraiment. Les concours de beauté ou les écoles de ballet, ce n’est pas ce qui captent le plus mon attention. Cela dit, j’admet sans difficulté que Dhonielle Clayton parvient toujours à amener une dimension sociale qui va au-delà de la superficialité dans ses histoires. Dans Les Belles, c’était un sous-texte politique qui critique le monde capitaliste et dans Tiny Pretty Things, ce sont les enjeux de représentation par des artistes d’une couleur de peau différente du personnage d’un œuvre.

Gigi, danseuse noire, a étudié la danse dans un quartier majoritairement afro-américain dans lequel on ne se souciait pas de la couleur de peau des ballerines; toutes pouvaient jouer des héroïnes pouvant avoir n’importe quelles caractéristiques physiques. Il n’était jamais question de savoir ce qui « rendrait mieux » sur scène. Il n’était jamais question de morphologie (p.24). Lorsqu’elle intègre la nouvelle école dans un quartier beaucoup plus blanc, elle frappe un mur: On la ramènera toujours à sa couleur de peau, on lui refusera des rôles pour cela. Mais quand elle obtiendra le rôle de danseuse étoile pour un spectacle, elle attisera la jalousie des autres élèves.

Le roman est portée par quatre voix et chaque chapitre nous fait lire le récit d’une nouvelle narratrice à tour de rôle. Gigi est décrite comme ayant des « cheveux crépus », une « peau d’un brun clair », des « adorables taches de rousseur » et une attitude nonchalante qui trahit ses origines californiennes. (p.71). Elle s’inquiète parfois que ses cheveux soient poisseux à cause des produits capillaires qu’elle utilise (p.122) ou qu’ils soient rêches au toucher contrairement à ceux de ses camarades blanches. Gigi n’est pas la seule danseuse racisée et June, métissée blanche et asiatique, aura aussi un peu de mal à s’intégrer au groupe des coréennes. À ce sujet, elle mentionnera « Ça n’est pas tellement plus facile d’être la seule danseuse à moitié asiatique. Je ne trouve jamais ma place nulle part. C’est dur. Et Monsieur L. est tellement prévisible… Il attribue toujours les danses folkloriques aux danseurs issus des minorités. La bande de Coréennes interprétera sans le moindre doute la danse chinoise. Mes traits asiatiques ne sont pas suffisamment marqués pour que je me joigne à elles. » (p. 32)

Si vous avez aimé la série Gossip Girl, Quatre filles et un jean, ou, plus récemment, La Sélection de Kiera Cass, vous allez adorer Tiny Pretty Things. Parfait pour le lectorat adolescent! À noter que le roman a été adapté à la télévision par Netflix!

Dhonielle Clayton est une autrice noire américaine.

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Tiny Pretty Things
AUTEUR(S) : Sona Charaipotra & Dhonielle Clayton
ÉDITION: Hachette, 2020
ISBN: 9782016285251
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les Belles (pour la rivalité entre les personnages), Les pointes noires (pour la place des danseuses noires dans la danse classique) ou L’enceinte 9 (pour le personnage principal fort).

La petite fille et le loup

Malgré les recommandations de sa Maman, Petite fille s’éloigne de la maison. La forêt est bien tentante et Petite fille se retrouve bientôt face au loup… Pour lui échapper, elle lui chante sa petite chanson et voilà le loup qui s’endort… Un conte d’origine afro-américaine qui rappelle le conte du petit chaperon rouge et témoigne de l’importance de la musique pour combattre ses peurs. 

La Petite fille et le loup est un conte rimé, accompagné d’onomatopées et de chants, issu de la collection « À Petits Petons » aux éditions Didier Jeunesse. Particulièrement bien adapté à la lecture en groupe, ce livre plaira aux bibliothécaires et aux enseignants du primaire qui pourront faire chanter, mimer et bouger les enfants.

L’éditeur présente le livre comme étant un conte afro-américain. L’origine de cette histoire, connue en anglais sous le nom de « The Gunniwolf », est débattue. Certaines sources mentionnent une origine autochtone, d’autres, afro-américaines, laissant suggérer que les origines de ce conte sont incertaines.

La morale de l’histoire est qu’il faut écouter les mises en garde des parents: il ne faut pas s’éloigner de la maison car on risque de se perdre et d’être à la proie de dangers. Le récit véhicule également le message que chanter donne parfois du courage. C’est par ce qu’elle chante que la petite fille parvient à échapper aux griffes du loup. Ce sont ses chants qui parviennent à contrôler le prédateur. Ce sont aussi ses chants qui lui donnent le courage de se sortir de cette situation fâcheuse.

Les petits lecteurs se régaleront des éléments répétitifs de l’histoire: la chasse, les chants et les dialogues. La Petite fille et le loup n’est pas sans rappeler le conte du Petit Chaperon rouge, et certains y verront une parodie. Ici, le loup n’est pas très futé et la petite fille fera preuve de courage pour déjouer ses mauvaises intentions. D’autres y verront au contraire l’image d’un loup qui en réalité n’est pas méchant et ne peut se défaire des préjugés des autres à son égard: et si le loup ne voulait qu’être bercé pour s’endormir? Bref, un beau livre à découvrir, un régal pour les tout-petits!

La petite fille et le loup
AUTEUR(S): Agnès Grunelius-Hollard & Rémi Saillard
ÉDITION: Didier jeunesse, 2020
ISBN: 9782278100033
PRIX: 21,95$
3 à 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le collier magique, Passe le ballon, Blanche-Neige! ou Lili-Rouge et le gros méchant lion, trois contes pour les enfants à lire et à relire.

Le club des As

Caroline vient d’emménager dans un nouveau quartier et elle se sent un peu seule. Si Karim et Hugo, les rois de la récré, voulaient bien l’accepter, tous les autres élèves deviendraient ses amis. Mais comment faire pour rejoindre leur club hyper secret ?

Il y a dans ce livre d’une quarantaine de pages une histoire estivale autour du vélo, de la découverte de soi et du courage. Mais, et il faut le savoir, il y a aussi des passages sexistes. Caroline vient d’arriver dans un nouveau quartier et souhaite rapidement être acceptée de ses camarades pour se faire de nouveaux amis. Elle a donc repéré dans la cours d’école les deux garçons les plus populaires et respectés, et fera tout pour tenter d’intégrer leur groupe. Toutefois, Hugo et Karim sont tout de go réticents à accepter Caroline: Il n’y a plus de place dans leur club et certainement pas pour une FILLE (p.13)! Tout au long du roman, il y aura ces petites flèches lancées ici et là comme quoi les filles sont moins que les garçons: moins courageuses, moins intéressantes, moins digne de respect. Ça commence en page 6 où on mentionne que « le dernier arrivé au petit bois est une fillette! », comme si être une fillette était une insulte, un statut à éviter à tout prix. Puis, quand les garçons mettront Caroline à l’épreuve de monter au sommet d’un silo, d’en faire le tour et de redescendre (persuadés qu’elle se dégonflerait), la jeune fille les épate par son courage. Mais jamais les garçons ne l’admettront, allant même jusqu’à minimiser son exploit (« ce n’était pas vraiment dangereux, même [mon petit frère] aurait pu le faire! » (p. 28)) Ainsi, les efforts et succès de la jeune fille ne sont jamais suffisants aux yeux des garçons.

Alors que Caroline réussi toutes les épreuves imposées par les deux garçons, ces derniers, jaloux, cessent de lui adresser la parole à l’école. Caroline en subira les répercussions puisque, voyant qu’elle n’est pas acceptée par Hugo et Karim, ces camarades de classe lui tourneront le dos aussi. J’aurais aimé que le roman traite un peu plus de la problématique du rejet et de l’intégration à l’école. En fait, toute l’histoire tourne autour de ces moments passés à vélo dans le quartier. Ça aurait été pour une autre histoire, peut-être.

J’ai aussi été un peu découragée par le fait qu’en réalité, Caroline ne se demande pas vraiment si Hugo et Karim méritent son amitié, ou s’ils sont de bonnes personnes qu’il vaut la peine de fréquenter. C’est comme si le plus important était de les impressionner pour être acceptée, pas d’être soi-même ou de se respecter. Je trouve que ça ne véhicule pas vraiment un bon message. Aussi, on ne reviendra pas en fin de récit sur le contenu sexiste du roman. Je n’aurais pas aimé une morale trop apuyée non plus, mais j’aurais apprécié qu’on mentionne, d’une manière ou d’une autre, que les filles ont autant de valeur que les garçons. Est-ce trop utopiste que de demander ceci d’un livre jeunesse?

Bref, je n’ai pas aimé.

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Le club des as
AUTEUR(S): Milie Goudin-Lopez , Bastien Quignon
ÉDITION: Bayard jeunesse, 2020
ISBN: 9791036312458
PRIX: 10,95$
7 à 10 ANS

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Vous aimerez peut-être Le club des licornes, Ça va faire des histoires ou Maman dlo, trois livres jeunesse pour les élèves du 2eme cyle.

Un orage de colère pour Violette

Violette vit chez sa mère les jours bleus et chez son père les jours jaunes. Ce week-end, ce dernier lui a promis de construire un château. Mais son ami est hospitalisé et Violette doit aller chez sa mère. Elle se met en colère puis se calme. Une histoire sur la nécessité d’accepter sa colère pour mieux l’apprivoiser.

Il y a plusieurs bons points à attribuer à ce livre jeunesse: on y parle du divorce des parents, on offre des outils pour gérer ses émotions et on donne à voir une famille métissée au quotidien.

La petite Violette est heureuse d’avoir reçu un château à construire de son papa. Il lui a promis qu’ils allaient le faire ensemble. Mais une urgence force Papa à déposer sa fille chez sa mère, sans son château. Et sa promesse, alors?? Violette est en colère, et avec raison! Elle a du mal à comprendre pourquoi la promesse qu’on lui a fait n’a pas été tenue, pourquoi elle doit respecter le calendrier des visites parentales alors que les parents peuvent le changer à leur guise et pourquoi il faut qu’elle ait deux maisons. Avoir deux maisons, c’est nul! Les jouets ne peuvent pas aller d’une maison à l’autre, il y a beaucoup de changements, c’est stressant tout ça!

L’histoire est bien racontée et les émotions vécues par Violette semblent authentiques et naturelles. On devine bien ce qui rend Violette en colère, sans que tout soit explicité car Violette elle-même a un peu de mal à comprendre ce qu’elle ressent. Le livre est construit de manière à faciliter les échanges avec le lecteur afin qu’il s’exprime sur ce qu’il lit et afin qu’il s’identifie au personnage principal. Les parents de Violette sont là pour la guider, valider son émotion et lui offrir des alternatives pour la gérer. On ne dit pas à Violette d’arrêter de bouder ou d’être en colère. On lui dit plutôt que son émotion est compréhensible, et on lui offre des pistes pour se calmer. En fin d’album, il y a un petit dossier à l’attention des adultes qui explique ce qu’est la colère et propose des solutions pour réguler ses émotions adaptées à l’âge de l’enfant.

La maman de Violette est blanche alors que son papa est noir. La couleur de peau des personnages ne change absolument rien au récit. Il s’agit tout simplement d’une famille multiraciale comme les autres. Un excellent livre que je vous recommande chaudement!

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Un orage de colère pour Violette
AUTEUR(S) : Kochka & Sophie Bouxom 
ÉDITION: Père castor Flammarion, 2019
ISBN: 9782081441910
PRIX: 15,50$
3 à 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Timothée est timide, Émilie est envieuse, ou Le souci de Calie, trois albums jeunesse sur les émotions ayant des personnages noirs.

Ma journée à l’école maternelle

Un imagier photos pour que le tout-petit découvre en douceur l’univers de l’école maternelle. Classe, récré, cantine, sieste, animaux, travail manuel… tous les grands rendez-vous de l’école sur 11 photos originales.

Un livre tout carton qui montre, en photographies, les différentes étapes d’une journée typique à l’école maternelle: Le jeu dans la cour, se mettre en rang, écouter une histoire dans la classe, dessiner et peindre, manger à la cantine, faire la sieste, etc. Le ton est rassurant et montre aux tout-petits (oups, pardon: aux grands ;)) qui entreront à la maternelle ce à quoi ils peuvent s’attendre. Parfait pour un enfant anxieux qui constatera qu’en fait, la maternelle, c’est vraiment chouette! 

Des enfants de plusieurs origines différentes sont photographiés, dont certains sont noirs. À découvrir!

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Ma journée à l’école maternelle
AUTrice: Anne-Sophie Bost
ÉDITION: Nathan, 2019
ISBN: 9782092589434
PRIX: 18,95$
2 à 5 ANS

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Vous aimerez peut-être La journée de bébé, un autre livre tout carton de la même autrice. Essayez aussi Roi de la maternelle et Je suis en maternelle: Le bobo, deux albums jeunesse sur la rentrée à l’école.

Je marche avec Vanessa

Inspiré par des événements réels, Je marche avec Vanessa raconte le sentiment d’impuissance et de colère qui se manifestent suite à l’intimidation d’un camarade de classe et montre comment un seul acte de gentillesse peut amener toute une communauté à s’entre-aider. Avec des thèmes d’acceptation et de gentillesse, cette histoire de bien-être intemporel et profond résonnera avec les lecteurs, jeunes et moins jeunes.

Gros coup de cœur pour cet album sans texte aux illustrations douces qui croque une tranche de vie enfantine. Je marche avec Vanessa est le récit tout simple d’une bonne action. Je suis toujours impressionnée par le talent des illustrateurs et illustratrices qui parviennent à raconter seules des histoires touchantes et émouvantes. Particularité de cet album: la grande place accordée au blanc et à la mise en page épurée. Il aurait été aisé d’ajouter du texte, car ce n’est pas la place qui manque. Mais au contraire, le texte aurait été superflu. Les illustrations puissantes parlent d’elles-mêmes. 

La petite Vanessa est une enfant ordinaire, mais timide, qui a un peu de mal à trouver ses repères après le déménagement de sa famille. Nouveau quartier, nouvelle école, nouvelle maison… et un camarade de classe qui lui crie des méchancetés au visage. Vanesse se repliera davantage sur elle-même. Heureusement, une autre camarade de classe aura la bonne et gentille idée de l’accompagner à l’école et d’ignorer totalement l’intimidateur.

Un album incontournable qui trouvera facilement sa place dans une mise en réseau sur l’amitié, l’adaptation au changement, l’intimidation ou la gentillesse. Enseignant.e.s, vous pourriez exploiter cet album au premier, deuxième voir troisième cycle du primaire avec vos élèves. En fin d’album, on retrouve des conseils destinés aux enfants pour aider une victime d’intimidation, ainsi que des mots utiles pour parler du livre avec les enfants à l’attention des adultes. 

Coup de cœur!

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Je marche avec Vanessa
AUTEUR(S): Kerascoët
ÉDITION: La Pastèque, 2018
ISBN: 9782897770419
PRIX: 19,95$
5 à 9 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Lili Rose veut être gentille, Un petit geste ou Sulwe, trois albums jeunesse qui abordent le sujet de l’intimidation.

L’enceinte 9

Chassée par une pandémie meurtrière, l’humanité a fui le monde. Les habitants de l’Enceinte 9 vivent depuis un siècle repliés derrière leurs murailles. Ils ont perdu le contact avec les autres Enceintes, et la Gestion, le logiciel chargé de répondre aux besoins de chacun, ne suffit plus à empêcher les ressources de s’épuiser peu à peu.Ysa est une jeune surnuméraire : née sans bon de naissance, elle doit travailler pour la collectivité dès ses dix-huit ans. Ses premières missions dans la police la confrontent à de nombreux incidents : des suicides de masse, des vols de nourriture. Y aurait-il un lien avec le collectif Fin du Monde, qui souhaite la mort de l’espèce humaine et a déjà anéanti des Enceintes ? La rencontre d’Ysa avec l’ombre, la population non gérée, va tout précipiter. Comment sauver l’Enceinte avant qu’il ne soit trop tard ?

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans un bon roman de science-fiction. Je me suis régalée avec L’enceinte 9, qui raconte une histoire dont l’univers inquiétant et technologiquement avancé met la table pour une aventure passionnante dès les premières pages. Cette petite brique de plus de 500 pages contient de l’action, des personnages forts mais imparfaits, des moments tragiques et j’ai été surprise plus d’une fois par la tournure des événements!

Le personnage principal, Ysa, est une grande fille noire, au corps long et solide, qui porte les cheveux naturels et qui ne passe pas inaperçue. Elle connait peu ses origines puisqu’elle a été abandonnée à la naissance. Toutefois, elle entretient un lien très fort avec sa mère d’adoption, celle qui l’a sauvée et a joué le rôle de parent dans sa vie. Son identité noire se révèle au-delà des descriptions physiques sur sa couleur de peau ou sur la forme des traits de son visage: elle est présente lorsqu’elle doit, par exemple, refaire ses tresses pendant une demi-journée immobilisée sur une chaise (p.269), ou lorsqu’elle doit rechercher quelqu’un capable de coiffer les cheveux crépus (p.202). Ces petits passages normalise sont identité et la rendent plus crédible à mes yeux.

J’aurais aimé en savoir plus sur l’univers post-apocalyptique où se déroule l’histoire. Au final, on en sait très peu sur ce qui s’est passé pour que la civilisation se retrouve cloisonnée dans des bulles indépendantes l’une de l’autre, ainsi que sur les autres enceintes (1 à 8). La fin de l’histoire ne laisse malheureusement pas présager une suite, alors que plusieurs questions restent sans réponses. J’aurais tellement voulu que soit explorée davantage l’idée de pirater les implants oculaires comme celui doté d’une intelligence artificielle que porte Ysa, ou encore connaître les événements qui ont mené au monde tel qui est devenu. J’ai refermé ce livre avec la sensation d’avoir été témoin d’un futur sombre, et j’ai apprécié suivre Ysa alors qu’elle navigue comme elle peut dans ce monde. Un très bon roman que je recommande aux amateurs de science-fiction ou de fantasy!

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L’enceinte 9
AUTEUR(S) : Ophélie Bruneau
ÉDITION: Lynks, 2019
ISBN: 9791097434342
35,95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Akata Witch ou Entre Chiens et loups, deux romans de science-fiction pour adolescents et jeunes adultes. Essayez aussi Les chroniques d’Under York, une bande dessinée d’urban fantasy.

Louise et les monstres du soir

La nuit, l’imagination de Louise est sans limites ! Tous les monstres se faufilent hors de ses livres pour lui faire peur… Des petites veilleuses aux cachettes sous les couvertures, rien n’y fait, les monstres continuent de venir ! Et si Louise se servait de son imagination pour trouver la solution?

J’ai adoré cet album! Déjà, le livre-objet est très beau, avec une belle couverture rigide. Les illustrations sont superbes et accompagnent à merveille le texte. Louise est une fille qui n’a pas peur de se salir et qui aime jouer à la super-héroïne. Elle est assez courageuse, en fait! Sauf que le soir, cela lui arrive d’avoir peur. Une belle histoire sur les peurs enfantines avec un texte qui rassure. Le papa de Louise est présent et c’est lui qui la ramène encore et encore dans son lit la nuit, avec beaucoup de patience. Louise trouvera une solution pour vaincre ses peurs: Elle invitera tous les monstres de ses livres d’histoires à une grande parade dans sa chambre. Et là, Louise sera prête! Tous les moyens seront bons pour les tatatiner: Un chapeau de paille, un lasso fait de couvertures attachées, et même sa brosse à cheveux! Attention, certaines images peuvent faire un peu peur, comme celle où il y a des monstres sous le lit de Louise.

Coup de cœur!

Louise et les monstres du soir
AUTEUR(S) : Lisa Robinson & Lucy Fleming 
ÉDITION: Kimane, 2020
ISBN: 9782368088029
PRIX: 21,95$
4 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Bintou la casse-cou, Le roi de la maternelle ou Les 13 fantômes de l’Halloween, trois albums à lire dès l’âge de 3-4 ans.

Mes tout premiers docs: La lune

Il fait nuit, c’est l’heure de se coucher : la lune fait son apparition dans la collection « Mes tout premiers docs ». Retrouvez, expliquées avec simplicité, les notions qui entourent la thématique de la lune : les phases, sa position dans le ciel, l’absence d’atmosphère…

Ce petit livre carré aux pages glacées constitue une belle transition entre les livres cartonnés et les livres pour les enfants de maternelle. Les couleurs vives plairont aux enfants! Dans le livre, on retrouve une famille noire ordinaire. Le texte est simple et au présent de l’indicatif, faisant de ce livre un documentaire accessible à hauteur d’enfant. Des comparaisons permettent aux petits de mieux comprendre des notions complexes comme la distance entre soi et la lune, ou comment cela se fait-il que la lune n’est plus là le matin, ou encore pourquoi la lune change de forme. Très bon!

Mes tout premiers docs: La lune
AUTEUR(S) : Carine Panis & Didier Balicevic 
ÉDITION: Milan, 2020
ISBN: 9782408008222
PRIX: 8,95$
2-4 ans

Ce livre vous a plus?
Vous aimerez peut-être Les Couleurs, publié dans la même collection, et mettant aussi en scène une famille noire en filigrane. Essayez aussi Mes p’tits pourquoi: L’alimentation, un documentaire dont les personnages sont noirs à lire dès l’âge de 6 ans. Le livre La science est dans… l’oeuf pourrait aussi vous intéresser.

Sulwe

Sulwe a la peau noire comme le ciel de minuit. Elle est plus foncée que tous les autres membres de sa famille. Elle est aussi plus foncée que tout le monde à son école. Tout ce que Sulwe souhaite, c’est être belle et avoir le teint aussi clair que celui de ses parents. Mais un soir, une aventure magique dans le ciel lui ouvrira les yeux et changera tout…

Qu’il est rare de trouver des livres jeunesse abordant de front la thématique de la couleur de peau noire. Sulwe parle sans détour du mal-être que peut surgir chez les enfants noirs face à leur couleur de peau, en plus de rendre visible le concept de colorisme. Le colorisme, c’est une discrimination basée sur le teint de la peau qui sous-entend que les peaux claires et brunes sont plus jolies et plus désirables que les peaux foncées et marrons. Le colorisme existe dans les communautés racisées, et pas seulement noires!

Les enfants noirs retrouveront dans ce magnifique album un miroir d’eux-mêmes. Les enfants blancs y trouveront une sensibilité à développer envers les différences. Je le dis souvent et je le redis: les livres avec des personnages noirs ne sont pas que pour les enfants noirs! Développer son empathie, c’est important et cela doit faire partie du développement global de l’enfant. Un enfant qui n’a pas la peau noire (ou même: un enfant qui a la peau noire, mais pas foncée) peut lire ce livre et être capable de se mettre à la place de la petite Sulwe.

En milieu scolaire, vous pouvez prendre le temps de discuter de l’intimidation et des moqueries avec vos élèves en lisant ce livre:

  • Comment penses-tu que Sulwe s’est senti en se faisant traité de charbon?
  • Qu’aurais-tu fait si tu avais été témoin d’une telle scène d’intimidation?
  • Pourquoi penses-tu que Sulwe voudrait avoir une peau plus pâle?
  • Sulwe signifie étoile. Et toi, que signifie ton prénom?
  • Trouve trois choses que tu as en commun avec Sulwe.
  • Pourquoi avons-nous autant besoin de la lumière et de la noirceur?
  • Nomme deux choses que tu aimes faire la nuit et deux choses que tu aimes faire le jour.
  • Trouve la définition du mot racisme dans le dictionnaire.
  • Et toi? As-tu le même teint ou la même couleur de cheveux que tes parents, que tes frères et sœurs?

Le récit est assez triste: cela fait mal de voir une si jolie petite fille se dévaloriser autant. Herueusement, à la fin de l’histoire, Sulwe découvre que la beauté est aussi à l’intérieur, et qu’il ne faut pas attendre que les autres nous trouvent jolie pour savoir qu’on l’est. Elle apprendra qu’elle est belle car elle choisi de l’être, et que sa beauté est quelque chose de précieux à chérir. Les illustrations de Vashti Harrison sont magnifiques. Bref, Sulwe est un très très bon livre que j’ai beaucoup aimé! Fortement recommandé!

Coup de cœur!

Lupita Nyong’o est une autrice kényane.

Vashti Harrison est une illustratrice américaine.

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Sulwe
AUTEUR(S)
: Lupita Nyong’o & Vashti Harrison
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443181884
PRIX: 14,99$
5 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Gros Chagrin ou Pain doré, deux albums qui abordent la thématique de la couleur de la peau. Essayez aussi Lili Rose veut être gentille, un livre jeunesse avec pour personnage principal, une petite fille noire.