L’alerte au feu

Il fait très chaud dans les modules préfabriqués installés dans la cour, depuis que l’école a fermé pour cause de moisissures. Alors quand l’alarme incendie retentit, les élèves de madame Tzatziki sont bien contents de profiter de l’exercice pour prendre l’air. Seulement voilà, l’incendie était bien réel, et Marie et son ami Mustapha sont convoqués chez le directeur. Qui a déclenché le feu ? Est-ce Marie avec le grille-pain de la cantine ? Ou bien Marin, qui cherchait à éviter le contrôle de maths ? En voulant effacer les preuves du délit, les trois amis vont de surprise en surprise…

J’aime beaucoup le livre Le voleur de sandwich et je le recommande souvent aux enseignants qui visitent ma bibliothèque. L’alerte au feu est la suite tant attendue de ce roman drôle et intriguant, mais rassurez-vous, les deux livres peuvent très bien se lire de manière indépendante. Si vous n’avez pas lu Le voleur de sandwich, vous n’aurez aucun mal à apprécier L’alerte au feu.

On suit Marie et ses deux copains, Marin (dont elle est secrètement amoureuse) et Mustapha. Lorsqu’elle et Mustapha sont convoqués chez le directeur, celui-ci leur fait clairement comprendre qu’il les soupçonne d’avoir mis le feu à l’école. Les deux enfants auront plus tard une conversation à ce sujet dans la cours de récréation: Et s’il étaient soupçonnés seulement parce que Mustapha est noir et que Marie est une fille??

J’ai aimé le personnage de Mustapha: Nerveux, il se ronge les ongles et suit les règles à la lettre. Il est très inquiet à l’idée d’être accusé de pyromanie à cause de sa couleur de peau. Bon ami, il aidera tout de même Marie à accéder à l’école hors des heures de classe, même si c’est interdit. Il pensera même à apporter de l’équipement pour les protéger des champignons dans l’école et dissimuler leurs traces. Il a un rôle important dans l’histoire et sa présence reflète celle des enfants racisés dans les écoles québécoises.

Le livre mélange les genres et passe sans tracas de la bande dessinée à l’album illustré. C’est un livre hybride, à la présentation matérielle de qualité et à l’histoire pleine de suspense. J’ai adoré! Idéal pour les classes de primaires: les élèves adoreront!

Coup de cœur!

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L’alerte au feu
AUTEUR(S)
: André Marois & Célia Marquis
ÉDITIONLa Pastèque, 2020
ISBN: 9782897770938
PRIX: 18,95$
7 à 11 ans

Ma vie sur Mars

ma vie sur mars auzouJade, 10 ans, vit avec sa maman et ses 25 robots. Son ami Nils, quant à lui, préfère les animaux. Ensemble, ils tâchent de s’occuper pendant ces longues semaines à voyager dans l’espace à bord d’un petit vaisseau spatial qui fait route vers la planète Mars.

La collection « Pas à pas » chez Auzou me plait beaucoup en général. Les histoires y sont intéressantes et variées. Dans Ma vie sur Mars, on suit le destin de deux enfants appelés à peupler la planète Mars. Le récit est assez court et le livre ne fait qu’une soixantaine de pages. Nils, l’un des deux personnages principaux, est un garçon au teint foncé, aux cheveux crépus et aux yeux verts (c’est du moins de cette manière qu’il est illustré dans le livre). J’ai trouvé étrange qu’à deux reprises dans le récit, on mentionne qu’il devient « tellement pâle qu’il ressemble à une endive » (p.8) et qu’il est « très pâle » (p.28). Bizarre… Ça arrive de temps en temps en littérature jeunesse: des illustrations sensées mettre en images le récit utilisent des personnages racisés (ou l’inverse) alors que cela ne concorde pas avec l’identité du personnage, ce qui donne lieu a des coquilles malheureuses. Dommage.

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Ma vie sur MarsBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Sylvie Baussier, Pascale Perrier & Antoine Brivet
ÉDITION: Auzou, 2020
ISBN: 9782733877326
Prix: 9,95$
7 ans et plus

Ce livre vous a plu?
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defi-de-yoli-creatrices      princesse rosa

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Il faut sauver Nikili!

Il faut sauver NikiliGaty vit dans un village au coeur de la brousse africaine. Il est amoureux de la jolie Nikili mais trop timide, il n’ose pas lui montrer ses sentiments. Heureusement, Abou, son meilleur ami a une super idée pour que Nikili tombe sous le charme de Gaty…

Bon, déjà, le pays où vit Gaby n’est pas nommé. On dit simplement qu’il « habite dans un petit village d’Afrique, au cœur de la brousse » (p.5), ce qui d’autant plus ne fait qu’ajouter une couche au stéréotype tenace de l’Africain vivant dans une case et dont les voisins sont des animaux de la savane. Ugh. Bien sûr, il y a réellement des gens qui habitent dans des cases en Afrique, mais ça m’agace toujours lorsqu’on met tous les pays d’Afrique dans le même panier et que la seule représentation des personnages africains en littérature jeunesse soient celle-là. Pourquoi n’a-t-on pas de livres pour enfants mettant en scène des Gabonais, des Maliens, des Ivoiriens, des Burundais, ou des Camerounais vivant en ville? C’est exaspérant.  D’autant plus que cette description de la page 5 est la première phrase du livre (!), histoire de bien enfoncer le clou dès le début.

S’en suit des stéréotypes de genre lorsque l’ami de Gaty conseille à son ami amoureux d’une fille du village voisin: « Tu n’as pas besoin de lui parler. Montre-lui que tu es fort et courageux. Les filles adorent les héros. » (p.6). Oui, parce qu’on a besoin davantage de garçons incapables de communiquer qui pensent que la force physique font d’eux des hommes. M’entendez-vous grincer des dents??

Mais ce n’est pas tout! Comment Gaty va-t-il démontrer son courage? Mais, pardi! Affronter un lion, rien de moins! Il y a quand même un petit revirement de situation lorsque ce sera finalement Nikili qui sauvera Gaty des griffes du lion. Elle sera complimentée sur son courage par Gaty, ce qui la fera « rougir ». Ugh. A-t-on besoin de répéter pour la énième fois que les personnes noires ne rougissent pas? Ouf. Ce livre était vraiment mauvais en termes de représentation. Non recommandé. 😦

 

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Il faut sauver Nikili !Bouton acheter petit
AUTEUR(S) : Jean-Pierre Courivaud & Nathalie Dieterlé
ÉDITION: Oskar, 2012
ISBN: 9782350008677
7 À 9 ANS

À la recherche de premières lectures ayant une représentation des personnages noires plus positive? Vous aimerez peut-être Le mystère des dents de Jaguar ou encore Dans une minute maman!.

Les mystères des dents du jaguar    Dans une minute maman

 

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Comme un million de papillons noirs

Comme un million de papillons noirsAdé adore les éclairs au chocolat, les papillons et poser des questions. Elle a aussi de magnifiques cheveux mais ses camarades d’école s’en moquent, simplement parce qu’ils sont différents. En compagnie de sa mère et ses tantes, elle va heureusement découvrir en douceur la beauté des papillons endormis sur sa tête, jusqu’à leur envol final.

Adé aime explorer et découvrir ce qui l’entoure. Elle questionne le monde pour mieux le comprendre. C’est comme cela qu’on la rencontre pour la première fois: curieuse, ouverte au monde. Puis les moqueries de deux enfants sur ses cheveux arrivent comme un fouet en plein visage. C’est une expérience tant de fois vécue par des personnes racisées. On vit notre vie, on oublie notre couleur de peau ou la texture de nos cheveux parce que ce n’est pas si important que ça, on s’intéresse au monde, on y sent une certaine connexion, puis BAM! un inconnu venu de nul par vous rappelle qu’on est différent.e et qu’il faudrait mieux ne pas trop s’encrer ici. Comme si on n’avait pas le droit à la normalité et à la tranquilité d’esprit. Comme pour nous rappeler que notre différence doit rester à jamais au coeur de nos préoccupations, comme un boulet à nos pieds. L’auteure a admirablement bien capturé les sentiments d’impuissance et d’incompréhension que suscite le racisme ordinaire dans la vie des personnes qui en sont victimes.

Le texte est très bien écrit et le passage où Adé pleure dans les bras de sa mère en lui disant qu’elle ne veut plus porter ses nattes est très triste. Les illustrations réussies donnent à voir les différentes teintes de peaux noires et les multiples textures des cheveux crépus.  J’avais des doutes au départ sur l’analogie entre les cheveux naturels et les papillons, mais le tout se révèle assez juste et poétique. J’ai aussi aimé que Adé et ses amies (noires elles aussi), tentent ensemble de percer le secret des papillons noirs en lien avec leurs cheveux crépus. Voilà donc un très bel album que je vous recommande chaudement!

Laura Nsafou est une auteure française.

Laura Nsafou 3

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Comme un million de papillons noirsBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Laura Nsafou & Barbara Brun
ÉDITION: Cambourakis, 2018
ISBN: 9782366243529
7 à 11 ANS
25,95$

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Bintou quatre choux    Petit oursin

 

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Voici Willie O’ree

Voici willie o'reeLe 18 janvier 1958, Willie O’Ree est entré dans l’histoire lorsqu’il est devenu le premier Noir à jouer dans la LNH. Il a disputé un total de 45 matchs avec les Bruins de Boston, un exploit remarquable compte tenu des épreuves qu’il a dû surmonter pour y parvenir. Au cours de sa carrière, Willie a souvent dû faire face au racisme, à l’intolérance et aux insultes. De plus, il était aveugle d’un oeil et devait en garder le secret au risque de ne jamais jouer dans la LNH! Toutefois, grâce à son caractère, sa persévérance et son amour du jeu, son séjour avec les Bruins n’était que le début de ses réalisations dans le monde du hockey… 

J’adore la collection Biographie en images de Scholastic. Depuis Voici Viola Desmond, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt tous les autres livres de la collection (Voici Chris Hadfield, Voici Tom Longboat, Voici Elsie MacGill) et je la recommande régulièrement à mes lecteurs en bibliothèque. Le format carré du livre est tout à fait charmant et les enfants apprécient la présence des phylactères ça et là. La vie de Willie O’Ree est racontée comme une histoire et on retrouve à la fin une ligne du temps et des photos du biographé. Cela rend l’histoire très concrète pour les enfants qui sont parfois surpris de réaliser que ces personnes ont véritablement existé. Cela permet aussi aux enfants de comprendre que les histoires ont plusieurs fonctions: divertir ou informer, par exemple.

L’histoire raconte l’enfance de Wille O’Ree à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. On y apprend que ses parents ont quitté les États-Unis par le chemin de fer clandestin. Enseignants, pourquoi ne pas  en profiter pour aborder avec vos élèves l’esclavage et la lutte des Noirs pour la liberté ? Vous trouverez d’ailleurs sur ce blogue plusieurs autres livres sur le sujet. Je ne savais pas que Willie O’ree et Jackie Robinson, joueur de la Ligue majeure de baseball, s’étaient rencontrés! Il y a tout un passage dans le livre où on parle de Jackie Robinson et de son héritage.

Voici willie o'ree 2

Le texte est efficace, simple et agréable à lire. L’auteure n’a pas tu les difficultés rencontrées par Willie en raison de la couleur de sa peau. Je trouve qu’il est important de dire les choses telles qu’elles sont, même si c’est difficile. On parle par exemple des objets lancés à Jackie Robinson durant ses matchs de baseball, des toilettes et fontaines pour les Blancs seulement ou l’interdiction pour les Noirs d’être coiffés à l’intérieur du salon de barbier. On mentionne également qu’aujourd’hui encore, en 2020, il arrive que des hockeyeurs noirs essuient les injures des joueurs et des spectateurs. Ce passage m’a semblé important car il démontre que le racisme est toujours présent dans notre société, même si les choses sont beaucoup mieux qu’elles ne l’étaient dans les années 1960! Le texte aborde bien sûr aussi des choses positives, comme la persévérance de Willie, sa détermination et le soutien des personnes (Blanches ou pas) qui l’ont aidé dans son parcours.

Willie est un véritable modèle pour tous. Pour les jeunes garçons noirs, oui, mais aussi pour tous ceux et celles qui rêvent de jouer dans la LNH ou tout autre ligue nationale sportive. Il est aussi un modèle pour les personnes ayant un handicap puisqu’il est devenu aveugle d’un oeil à l’adolescence suit à un accident lors d’un match. Encore aujourd’hui, Willie est responsable d’un programme oeuvrant auprès de jeunes qui n’ont pas les moyens de s’inscrire au hockey, ou qui sont issus de minorités et ont peu de modèles dans le monde du hockey. Ce livre est tout simplement fantastique. Ne passez pas à côté!

Coup de coeur ! 

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs

 

Depuis les vingt dernières années, Willie O’Ree est le directeur du développement jeunesse du programme de la diversité de la LNH. En 2018, il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey. 

willie o'ree

Je remercie les Éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

 

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Voici Willie O’ReeBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2020
ISBN: 9781443175630
PRIX: 16, 99$
À PARTIR DE 7 ANS

 

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mohamed ali     Rosa Parks - De petite à grande La courte échelle 

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Christophe change de nom

Christophe change de nom

Pourquoi se contenter d’un seul prénom lorsqu’il en existe tellement qui sont plus exotiques et excitants? Christophe en a assez de son prénom. Il est ennuyant et peu original. Il décide donc de le changer. Puis encore, et encore… pour finalement se rendre compte qu »il n’y a qu’un seul nom qui soit le bon et c’est le sien. Le problème maintenant, c’est que personne ne se souvient de son vrai prénom…

Ce petit livre contient entre 700 et 1500 mots et s’inscrit dans le niveau 4 de la collection « Je peux lire! » aux éditions Scholastic. L’histoire raconte le quotidien d’un garçon noir qui partage le même prénom que 11 personnes dans son école (dont 3 dans sa classe!). Christophe n’aime pas avoir le même prénom que d’autres. Tout au long du récit, il entrera en contact avec des personnes qui lui raconteront diverses histoires qui finiront par le faire changer d’avis : sa tante vivant à Trinité-et-Tobago lui rendra visite, sa mère lui fera découvrir qui était Elijah McCoy, un savant afro-canadien important. J’ai aimé qu’on fasse découvrir au lecteur plusieurs personnalités canadiennes importantes comme Roberta Bondar ou David Suzuki, ou encore américaines, comme Michael Jordan. Le texte constitue une source d’inspiration et d’information intéressante pour le lecteur. Au final, Christophe finira par comprendre que son nom est unique et important lui aussi : Christophe Kwame Mulamba, c’est lui et il en est fier !

Itah Sadu est une auteure canadienne.

Itah Sadu

Auteur(s) / illustrateur(s) : Itah Sadu & Roy Condy
Maison d’édition: Scholastic

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Année de publication: 2013
ISBN: 9781443124768
Lectorat cible: 7 à 10 ans.
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J comme Joie dominique et compagnie

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Le zébu né d’un œuf d’oiseau de Paradis

Le zébu né d'un oeuf d'oiseau de ParadisC’est l’histoire d’une petite fille, Faravavy, qui trouve dans la forêt un œuf extraordinaire : un œuf de Tsiketriky, un œuf d’oiseau de paradis. Chaque jour, en cachette de sa famille, elle le regarde grossir, grossir. Un jour enfin, l’œuf éclôt. Quelle surprise quand elle voit en sortir un drôle d’animal. Un gros, très gros même, et sans aucune plume! La petite, dans le plus grand secret, soigne son beau zébu. Mais sa mère s’étonne des disparitions de Faravavy et envoie les deux aînées surveiller leur benjamine. Après avoir découvert l’existence du zébu, les parents éloignent la fillette, attrapent la bête et la traînent au village où elle est tuée et mangée…

Un beau livre pour découvrir un conte de Madagascar. Le livre est accompagné d’un CD où on peut entendre quelques uns des instruments traditionnels malgaches, comme le valiha, le xylophone-sur-jambes, la sodina et le jejivoatavo. On retrouvera également une courte présentation des principaux instruments que nous entendons sur le CD à la fin du conte. Le CD d’accompagnement est agréable à écouter. Intéressant !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Écrit et raconté par Muriel Bloch ; illustré par Zaü
Maison d’édition: Gallimard
Année de publication: 2006
ISBN: 9782070574254
Public cible: 7 à 12 ans
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Max et Koffi sont copains

Max et Lili sont copainsA la récréation, Koffi se fait injurier parce qu’il est noir et son ami Max s’en mêle… Comment vont-ils se défendre ? Ce petit livre de « Max et Lili » parle de l’amitié et du racisme. Tous pareils et tous différents, les hommes ont le même droit de vivre dignement sur la Terre, sans souffrir du mépris.

Ahhhhh… Max et Lili… Ces petites bandes dessinées adorées des enfants que je dois racheter à l’infini pour ma bibliothèque car ils sont littéralement dévorés par nos petits lecteurs ! La recette est gagnante: des situations du quotidien des enfants, une petite bande dessinée, des personnages face à un dilemme éthique, des questions et mises en situations pour se faire sa propre opinion. Personnellement, je dois admettre que je trouve ces livres parfois un peu moralisateurs, hétéronormatifs et s’adressant plutôt à un lectorat européen blanc. Mais les enfants les aiment, bon ! Et puis les illustrations de Serge Bloch sont vraiment fantastiques. À ce niveau, rien à redire; Serge Bloch est une valeur sûre. Le texte de Dominique de Saint Mars aussi est bien et j’apprécie qu’elle parvienne à intéresser les enfants à la philosophie. C’est plutôt le ton ou la manière dont certains sujets sont abordés qui me chicotte un peu parfois.

La scène phare dans « Max et Koffi sont copains » est ce moment où Koffi se fait apostropher par un camarade de classe dans la cours de récré, alors qu’il s’occupait tranquille de ses affaires avec son ami Max sur un banc. Le camarade en question, bien peu sympathique, lui réclame la place en prétextant qu’elle lui appartient. Puis, il lance: « C’est pas ton banc, pas ta cour, et en plus, c’est pas ton pays ! D’abord, t’es qu’un SALE NOIR!  »

Max et Koffi sont copains 3

Ce genre de représentation laisse supposer que le racisme, ce sont les insultes lancées à tue-tête par des Blancs méchants en manque d’attention. Bien sûr, les insultes racistes, ça arrive. Mais aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus pernicieux, implicite et systémique. Je le dit et le redis, les enfants de 7, 8, 9 10 ans sont assez matures pour aborder ces sujets, il suffit que les livres choisis soient adaptés à leur âge. Ce livre a d’abord publié en 1995 et les choses ont bien changé depuis, j’en conviens. Mais rien n’aurait empêché une réédition mise à jour, histoire de s’éloigner de cette idée que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous.

Premier petit malaise en page 18 lorsque la maman de Max, voyant Koffi pour la première fois, s’exclame, étonnée « Mais il est noir ! ». Oui, et alors ? J’ai attendu une suite qui n’est jamais venue. Juste « Mais il est noir! » Point. Bizarre. Cela dit, passé son étonnement initial, elle se montre très ouverte à l’amitié de son fils pour Koffi. Au départ, je me suis dit: « Bon, ok, les auteurs font sûrement questionner les enfants sur la réaction de la mère à la fin de la bande dessinée. Ils ont toujours de bonnes questions pour faire réfléchir les enfants ». Et malheureusement, aucune question n’est posée en lien avec cette scène.

Deuxième petit malaise en page 23 lorsque Koffi présente à Max son petit frère d’un mois et déclare, tête basse : « Sa peau est claire parce qu’il est bébé ! Il a de la chance!  » Que veut-il dire par là ? Qu’avoir la peau claire est mieux que d’avoir la peau foncée ? Et encore une fois, les auteurs ne questionnent pas les enfants sur le colorisme ou le racisme intériorisé à la fin du livre. Cela dit, la mère de Koffi répond du tac-au-tac: « Mais elle est belle ta peau noire, mon doudou ! », ce qui est positif. C’est à ce moment que Max semble réaliser la différence de son ami et déclare « C’est marrant, j’avais jamais fait attention ! On dirait qu’elle est teinte! » en lui touchant la main pour l’observer. Dois-je mentionner que ce n’est pas apprécié d’être perçu comme une bête de foire qu’on peut toucher, palper et observer avec curiosité à cause de sa couleur de peau ? On peut se dire qu’il ne s’agit que de la curiosité naturelle des enfants, mais dans le livre, Koffi ne manifeste pas la même curiosité envers Max, laissant supposer que la peau blanche est normale et n’a pas besoin d’être touchée, palpée et observée avec curiosité. Koffi exprime enfin son malaise d’être traité différemment en disant qu’il « en a marre de ne pas être comme les autres et de se faire traiter [de sale noir] », donnant ainsi une voix aux minorités visibles qui peuvent ressentir ce genre de malaise intérieur.

Max et Koffi sont copains 2

J’ai aimé qu’à la fin de l’histoire, ce soit le pardon qui l’emporte lorsque Koffi vient en aide à son camarade de classe l’ayant insulté au début du livre alors que celui-ci est victime d’intimidation par des plus vieux de l’école. Par contre, cela m’a dérangé que le personnage ne s’excuse pas pour les propos racistes qui a tenus envers Koffi. Il dit qu’ils sont « plus forts ensemble », demande s’ils peuvent « rester copains », veut « faire la paix » et qu’il a « été bête », mais les mots JE M’EXCUSE ne sortent pas de sa bouche. Ugh.

En épilogue, des questions intelligentes sont posées aux enfants: « Quand tu as peur de quelqu’un, essaies-tu de le connaître ou t’enfermes-tu dans ta coquille? », « Connais-tu des exemples de racisme dans l’histoire? As-tu des idées sur les façons de le combattre? », « Est-ce que cela te rend triste d’être différent? Ou est-ce que cela te fait « grandir dans ta tête »? « , « Trouves-tu difficile de parler de ses différences? Est-ce que ça te rend aggressif? » Ou encore « As-tu souffert de racisme? As-tu été rejeté ou injurié par les autres? Ou est-ce arrivé à un ami? »

D’autres questions, toutefois, le sont beaucoup moins, par exemple: « Et toi… Est-ce qu’il t’est arrivé la même histoire qu’à Max? » (Ah, parce que quelque chose est arrivé à Max? J’ai manqué ce bout de l’histoire, car il m’a semblé que c’était plutôt à Koffi qu’il était arrivée quelque chose.) Ou encore « Est-ce que ça existe pour toi le racisme ? » (Cette question n’est pas valide. Ça existe, point.)

Eh, misère…

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique de Saint Mars & Serge Bloch
Maison d’édition: Calligram
Année de publication: 1995
ISBN: 2884452508
Lectorat cible: 7 à 12 ans
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La princesse de l’eau claire

La princesse de l'eau claireUn grand récipient repose sur la tête de la princesse Gie Gie, telle une couronne. L’eau potable se fait rare dans son royaume aux couleurs chaudes. Chaque matin, elle se lève avant le soleil pour marcher jusqu’au puits. Lorsqu’elle revient à la maison, après avoir fait bouillir l’eau pour la boire et pour nettoyer les vêtements de sa famille, Gie Gie pense à ce voyage que demain amènera. Et elle rêve. Elle rêve d’un jour où son village africain aura une eau claire et limpide. 

J’ai adoré cet album inspiré par l’enfance au Burkina Faso de l’activiste Georgie Badiel. Les illustrations aux traits épais et aux couleurs chaudes m’ont énormément plu. On s’attache beaucoup à la princesse Gie Gie et à ses tourments. Le livre se termine par un dossier dans lequel on en apprend plus sur la vie au Burkina Faso et le long voyage que mènent des miliers d’enfants, d’hommes et de femmes, chaque jour, pour aller chercher de l’eau. Bien adapté en contexte scolaire, cet album peut être utiliser pour amener les enfants du primaire à se questionner sur leur rapport à l’eau, à l’importance de la protection de l’environnement, au travail humanitaire, à l’entraide et aux inégalités sociales. Je recommende vivement cet album ! L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Georgie Badiel est une mannequin burkinabée. 

Georgie Badiel

Auteur(s) / illustrateur(s) : Susan Verde & Peter H. Reynold
Maison d’éditionScholastic
Année de publication: 2018 Bouton acheter petit
ISBN: 9781443165815
Public cible: 7 ans et plus
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Grand Calao et Petit Homme

cover Piece d'orAmoila est un jeune Africain qui croule sous l’ennui tandis que sa maman travaille chaque jour d’arrache-pied, à la fois dans les champs, puis sur son métier à tisser. Peu après avoir grimpé sur la falaise et crié au soleil levant de pimenter son existence, le jeune garçon est prié par sa maman d’aller acheter du sucre au marché. Il croise alors la route d’un redoutable grand calao qui le traite de paresseux et lui ordonne de lui ramener la Douceur avant la nuit sous peine de recevoir la visite de Yagana la hyène, qui l’initiera à la douleur. Les rencontres entre l’enfant et le volatile se succèdent au fil des jours, au même rythme que les épreuves qui donnent à l’un et à l’autre matière à réflexion…

Il s’agit d’un récit initiatique, d’un voyage où le personnage principal évolue et se découvre, le tout raconté par Carl Norac avec des mots vrais, francs et accessibles. C’est aussi un conte qui se termine de manière traditionnelle: « Le conte a parlé. Il se tait maintenant. » Anne-Catherine de Boel dessine le Mali de magnifique façon en utilisant de très belles couleurs chaudes.

Utiliser cet album en classe

Dès le deuxième cycle, vous pouvez exploiter ce livre en classe pour atteindre divers objectifs pédagogiques. Voici en vrac quelques questions pour amorcer votre réflexion: Comment décrire le personnage principal? Est-il courageux? Quelle est la quête d’Amoila? Quelle est la situation initiale et la conclusion du récit? Que représente la hyène, le grand calao et le lièvre géant? Pourquoi Amoila a-t-il choisi la plume et le sac troué? Comment l’auteur nous renseigne sur le lieu où se déroule l’histoire? Quels sont les techniques utilisées par l’illustratrice (collage, peinture, etc.) Vous pouvez également faire des liens avec l’Afrique, ou encore avec le conte en tant que genre littéraire. Osez utiliser la littérature jeunesse pour enseigner !

Auteur(s) : Carl Norac & Anne-Catherine De Boel
Maison d’édition: École des Loisirs
Année de publication: 2014
ISBN: 9782211215640
Public cible: À partir de 7 ans

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