Sur le vif

Résumé : Emoni, 17 ans, rêve de devenir cheffe dans un restaurant. Mais elle a aussi une petite fille de 2 ans, des cours au lycée et travaille le soir pour aider sa grand-mère à payer ses factures. Convaincue qu’elle ne pourra jamais réaliser son projet, l’ouverture dans son lycée d’un nouveau cours d’arts culinaires pourrait toutefois lui donner l’opportunité de montrer ses talents.

Lectorat cible : 13 ans et plus

Autrice : Elizabeth Acevedo

Édition : Nathan, 2021

ISBN : 9782092593981

Prix : 29,95$

Appréciation : J’ai fait l’erreur de lire ce roman sur le chemin du retour après le travail, alors qu’il me tardait de rentrer pour souper dans le confort de mon chez-moi. Erreur et naïveté! Car Sur le vif met l’eau à la bouche avec ses descriptions alléchantes de plats et de saveurs. J’ai adoré! Elizabeth Acevedo a encore une fois (après Signé Poète X) créé un personnage féminin fort, afro-latina, qui se développe et trouve sa voie dans la vie. J’ai aimé suivre Emoni dans son parcours vers l’atteinte de ses rêves, et j’ai admiré sa force de caractère et sa résilience. Emoni doit naviguer dans le monde en tant que femme, en tant que mère-adolescente, en tant que latina, et en voulant percer dans un milieu traditionnellement masculin. Elle aura la force de terminer ses études normalement malgré la naissance de sa fille, elle aura la force d’élever sa fille malgré ses relations tendues avec le père de cette dernière, et elle aura l’envie de suivre sa passion plutôt qu’une voie plus « facile » qui lui apportera plus de stabilité.

À propos de son identité afro-latina, on peut lire plusieurs passage où Emoni nous livre ses réflexions sur le racisme ordinaire qu’elle subit ou encore les difficultés rencontrées à cause de la couleur de sa peau, par exemple lorsqu’elle dit fièrement à une passante que ce bébé est le sien:

« Le sourire s’efface du visage de la dame mais le mien reste fermement en place. J’ai déjà rencontré des femmes de ce genre. Le genre à avoir des idées très strictes sur ce qui rend certaines personnes respectables. Le genre à prendre un air constipé en entendant que Babygirl est ma fille, mais qui aurait de l’empathie si elle était un peu plus pâle. Le genre à voir les cheveux multicolore d’Angelica [son amie lesbienne] et à la traiter de racaille en douce, mais à trouver charmante et créative une ado blanche avec des tresses violettes. Le genre à couper un stéréotype en deux, et à en garder la moitié pour les jeunes Blancs et la moitié pour les jeunes Noirs. Et peut-être que je la caricature, moi aussi. À m’imaginer que je sais très bien quel genre de femme elle est, juste parce qu’il y a des femmes comme ça qui nous donnent de la haine, à moi, à Angelica, à toutes les filles noires ou basanées du quartier, qui remuent la tête et font tss, tss, en nous voyant passer, qui nous rappellent qu’on n’est pas les bienvenues de leur côté de la ville, de leur côté du bus, de leur côté du monde. » (p.380-381).

Emoni jongle avec sa double identité (Noire et Latina) avec l’aisance d’une personne à qui on a demandé depuis toujours de quelle race elle est. Sa grand-mère se revendique noire, même si ces traits sont plutôt typés espagnols et qu’elle parle mieux l’espagnol que l’anglais. Son père ne manque pas une occasion pour lui parler de l’histoire de son île, Porto Rico, et de l’impact négatif qu’a eu la colonisation sur son peuple. Et comme Emoni le dit si bien, « c’est pas parce qu’être noir, chez nous, ça vient avec de la bomba et du mofongo, que ça compte pas. » (p.75) Un livre excellent que vous devez lire si vous voulez vous plonger d’une histoire réfléchie pleine d’espoir. 

À propos de l’autrice : Elizabeth Acevedo est une autrice, poète et slameuse dominicaine-américaine. Elle écrit des romans pour adolescents et jeunes adultes. Elle est née de parents dominicains et a grandi à New York, aux États-Unis. Elle s’identifie comme afro-latina et enseigne au secondaire.

Vous aimerez peut-être : De la même autrice, il y a Signé poète X. Essayez aussi Je ne meurs pas avec toi ce soir et La fille des manifs.

De petit à grand: Jean-michel Basquiat

Résumé : Tout petit, Jean-Michel Basquiat adorait déjà visiter des musées et dessiner. Il avait promis à son père qu’il deviendrait un artiste célèbre, et il ne s’était pas trompé. Inspirée de l’univers du graffiti, son œuvre, forte et originale, a fait de lui l’une des figures marquantes de l’art au 20e siècle.

Lectorat cible : 7 à 11 ans

Auteurs : María Isabel Sánchez Vegara & Luciano Lozano

Édition : La courte échelle, 2021

ISBN : 9782897744229

Prix : 16,95$

Appréciation : Né d’un père d’origine haïtienne et d’une mère portoricaine, Jean-Michel Basquiat a commencé à dessiner très jeune. À l’instar des autres titres de la collection De petit(e) à grand(e), ce livre retrace la vie de l’artiste de l’enfance à l’âge adulte. L’histoire s’arrête avant sa mort à l’âge de 27 ans. Dans un court dossier à la fin du livre, on apprend qu’il a créé des milliers de tableaux et dessins, dont plusieurs portent sur le racisme et les inégalité sociale. Ce livre est fantastique et nous dévoile la vie, à hauteur d’enfant, d’un artiste unique et original qui a grandement contribué à élever le graffiti et l’art urbain au rang des beaux-arts.

Vous aimerez peut-être : Jean-Michel Basquiat: l’enfant radieux et Harriet et la Terre promise, deux livres pour enfants sur des artistes visuels noirs. Essayez aussi les autres titres de la collection De petit(e) à grand(e), dont Rosa Parks.

Les maîtres enlumineurs

Résumé : Tevanne, riche cité, est entre les mains de quatre grandes familles marchandes. La ville doit sa fortune aux secrets de l’enluminure qui a le pouvoir d’agir sur les objets qu’elle recouvre. Sancia Grando a le don de revivre le passé des objets et d’entendre leur enluminure. Elle est engagée pour voler un objet magique qui peut changer l’enluminure et mener la ville à sa perte.

Lectorat cible : 14 ans et plus

Auteurs : Robert Jackson Bennett

Édition : Albin Michel Jeunesse, 2021

ISBN : 9782226441515

Prix : 39,95$

Appréciation : Surprise! Le personnage principal de ce roman est une femme noire. La page couverture, supposé la représenter, est passée complètement à côté. Ce n’est pas la première fois que ça arrive et ça s’appelle du whitewashing: effacer ou remplacer des personnages racisés par des personnages blancs (ici, sur la page couverture). L’auteur Robert Jackson Bennett, un homme blanc, a fait de ses deux personnages principaux des femmes noires (vraiment badass qui plus est!), et l’éditeur francophone a décidé de ne rien laisser paraître sur sa couverture. C’est quand même dommage. Surtout que le roman est vraiment bien écrit, avec un rythme bien soutenu et aucun temps mort. Premier tome d’une trilogie, Les maîtres enlumineurs se termine sur une note qui donne le goût de continuer la série. Il y a aussi le début d’une romance saphique, mais il faudra attendre les tomes 2 et 3 pour connaître où ça s’en va. Je conseille ce roman aux amateurs de science-fiction, de romans avec de la magie et de la technologie, et des personnages féminins forts.

Vous aimerez peut-être : L’enceinte 9, Akata Witch et Horizon, trois romans pour adolescents avec beaucoup d’action et une touche de science-fiction.

À la vie, à l’amour

Jack Ellison King rencontre Kate au cours d’une soirée et tombe sous son charme. Il espère vivre une grande histoire d’amour avec elle mais la jeune femme décède. Cependant, il est ramené au tout premier soir de leur rencontre, quatre mois plus tôt. Il peut tenter sa chance à nouveau. Premier roman.

J’avais beaucoup d’attentes face à ce roman. J’en avais énormément entendu parler et la prémisse m’intriguait au plus haut point. Recommandé par les grands noms des dernières années en littérature jeune adulte, dont Angie Thomas qui nous a offert La Haine qu’on donne, et Becky Albertalli qui a écrit l’excellent Moi, Simon, homo sapiens (que j’ai adoré!!).Une histoire d’amour avec des voyages dans le temps? C’était bien tout pour me plaire! Dès le départ, on nous dit que Jack Ellison King est le roi du presque, qu’il n’arrive jamais à aller à bout de ses projets, de ses idées, de ses envies. J’avais espéré un arc de rédemption et un développement de personnages un peu plus cohérent. Je ne dirais pas que j’ai été déçue (À la vie, à l’amour est somme toute un bon roman), mais je suis restée sur ma faim. C’est drôle à dire, car avec près de 500 pages, on pourrait croire que ce roman de Justin A. Reynolds serait plus consistant. J’ai parfois trouvé que les personnages avaient des réactions peu appropriées à leur âge et on sent bien l’auteur derrière certains propos. Cela dit, il y a de nombreux passages forts et tristes, ainsi que des passages plein de souffle et d’espoir. C’est vraiment le genre de roman que je lis en me retenant de crier après les personnages « MAIS POURQUOI T’AS FAIT ÇA??? » ou « OMG, es-tu sérieux? VA LUI PARLER!! » 😂

Bref, Justin A Reynolds offre avec ce premier roman un récit engagé, réfléchi, mais peut-être pas assez abouti. Il vaut tout de même la peine d’être lu! Je lirai avec plaisir les prochains écrits de l’auteur (j’ai d’ailleurs déjà repéré la BD de Miles Morales, alias Spiderman, qu’a écrit l’auteur que j’ai de suite ajouté à ma Pile à Lire). J’ai admiré sa soif d’écrire et la manière originale dont il a parlé de l’amour adolescent. Et vous, qu’avez-vous pensé de ce roman?

Justin A. Reynolds est un auteur noir américain.

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À la vie, à l’amour
AUTEUR : Justin A. Reynolds 
ÉDITION: Pocket Jeunesse, 2021
ISBN: 9782266284844
PRIX: 34,95$
13 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
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La fille des manifs

Barbara s’engage pour le climat et la force de son engagement lui vaut de devenir le visage de la contestation. Une interview qui tourne mal et son refus d’accepter une invitation de la présidente lui attire les foudres des médias qui l’avaient autrefois adulée. Pour traverser cette épreuve, elle écrit un journal destiné à Annie, sa grand-mère au destin tragique.

J’ai adoré ce roman. Il raconte l’histoire d’une jeune adolescente qui s’engage avec courage et sincérité pour le climat, et qui va se retrouver presque malgré elle sur le devant de la scène. Sa lutte illustre la pression qu’on met aux femmes qui parlent fort et s’expriment, ainsi que la manière dont on ne prend pas au sérieux la parole des femmes racisées. À ce sujet, elle dit:

« Je reçois régulièrement des messages d’insultes dans ma boîte mail et sur les réseaux. Surtout depuis que ma tête passe en boucle sur les écrans. Là, c’est le grand défouloir. Chacun se permet d’avoir un avis sur mon physique, mes fringues et ma façon de parler. Des journalistes ne manquent pas de mentionner que je suis métisse et que je ne suis pas spécialement une première de la classe mais une lycéenne qui passe un bac pro, sous-entendant que je suis bête et que j’ai du temps à perdre. (p.21) »

L’intersectionnalité entre son statut de métisse et de femme se constate aussi lorsqu’on remarque que la société ne semble pas prête à faire une place aux femmes qui manifestent. À celles qui veulent faire changer les choses. Celles qui osent dire NON. L’autrice aborde de front le double standard qui existe dans le milieu du militantisme: Les hommes sont perçus comme étant lucides et valeureux, alors que les femmes sont perçues comme hystériques et immatures. À cause de son jeune âge, et de son genre aussi peut-être, Barbara se remet beaucoup en question:

« Me voir et m’entendre parler est une épreuve. Je n’aime pas ma tête. Je ne supporte pas ma voix non plus. On dirait que j’aboie. Et mes cheveux qui tirebouchonnent dans tous les sens m’insupportent. Et les mots que je choisis, est-ce que je n’aurais pas dû en prendre d’autres? Les agencer autrement? Est-ce que je suis assez percutante, assez claire? […] J’avoue Annie, que je ne comprend pas vraiment ce qui chose les gens. Pourquoi est-ce qu’ils s’étonne de mon NON à la présidente? Pourquoi est-ce que ce NON les interpelle, les sidère? […] Mon engagement pour la planète ne fait pas de moi une héroïne. Je ne suis pas Rosa Parks qui se battait contre la ségrégation raciale aux États-Unis ni Sophie Scholl qui luttait contre le nazisme en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale ni Wangari Muta Maathai qui s’acharnait à replanter des arbres dans son pays, le Kenya, ravagé par la désertification. Je suis une adolescente comme les autres, une fille qui attend des adultes qu’ils se montrent un peu moins égoïstes et un peu plus matures. » (p.50-51)

Barbara ne manquera pas de faire l’expérience du sexisme. Trop souvent réduite à son genre, perçue comme un objet sexuel sans faculté de réflexion, sa lutte contre le climat éveillera aussi sa lutte pour le droit et le respect des femmes sur la place publique. À travers les mots qu’elle écrit pour sa grand-mère décédée, elle réalisera que la lutte menée par son ancêtre doit être continuée: « Tu es née après la Seconde Guerre et moi bien après l’euro. Je pensais jusqu’ici que des vies comme la tienne nous avaient servie à avancer, que ton existence avait éclairé nos consciences, que les filles étaient désormais comme les garçons, des êtres humains de chair, de sang et de réflexion, et qu’il était révolu le temps où on les considérait comme des petites choses jolies, d’autant plus jolies qu’elles se taisaient. Et, pourtant, je m’aperçois que ce n’est pas tout à fait vrai. » (p. 110)

Le roman, presque trop court, est extrêmement bien mené et porté par une écriture limpide où l’autrice s’efface derrière son personnage, lui laissant tout l’espace nécessaire pour exister. J’ai adoré!

Coup de cœur!

La fille des manifs
AUTEUR(S): Isabelle Collombat
ÉDITION: Syros, 2020
ISBN: 9782748527001
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

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Tiny Pretty Things

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York où elles ont du mal à résister à la pression. Gigi, seule Noire de sa classe, est choisie pour le premier rôle, ce qui la met face à la jalousie de ses camarades. Bette doit être la meilleure pour ne pas décevoir sa mère et June se bat pour ne plus être l’éternelle doublure. Roman à l’origine de la série télévisée.

Après avoir lu Les Belles, je voulais absolument donner une nouvelle chance à l’autrice afro-américaine Dhonielle Clayton. Je crois qu’à la base, cette autrice, même si j’aime sa plume, raconte des histoires qui se déroulent dans dans des milieux qui ne m’intéressent pas vraiment. Les concours de beauté ou les écoles de ballet, ce n’est pas ce qui captent le plus mon attention. Cela dit, j’admet sans difficulté que Dhonielle Clayton parvient toujours à amener une dimension sociale qui va au-delà de la superficialité dans ses histoires. Dans Les Belles, c’était un sous-texte politique qui critique le monde capitaliste et dans Tiny Pretty Things, ce sont les enjeux de représentation par des artistes d’une couleur de peau différente du personnage d’un œuvre.

Gigi, danseuse noire, a étudié la danse dans un quartier majoritairement afro-américain dans lequel on ne se souciait pas de la couleur de peau des ballerines; toutes pouvaient jouer des héroïnes pouvant avoir n’importe quelles caractéristiques physiques. Il n’était jamais question de savoir ce qui « rendrait mieux » sur scène. Il n’était jamais question de morphologie (p.24). Lorsqu’elle intègre la nouvelle école dans un quartier beaucoup plus blanc, elle frappe un mur: On la ramènera toujours à sa couleur de peau, on lui refusera des rôles pour cela. Mais quand elle obtiendra le rôle de danseuse étoile pour un spectacle, elle attisera la jalousie des autres élèves.

Le roman est portée par quatre voix et chaque chapitre nous fait lire le récit d’une nouvelle narratrice à tour de rôle. Gigi est décrite comme ayant des « cheveux crépus », une « peau d’un brun clair », des « adorables taches de rousseur » et une attitude nonchalante qui trahit ses origines californiennes. (p.71). Elle s’inquiète parfois que ses cheveux soient poisseux à cause des produits capillaires qu’elle utilise (p.122) ou qu’ils soient rêches au toucher contrairement à ceux de ses camarades blanches. Gigi n’est pas la seule danseuse racisée et June, métissée blanche et asiatique, aura aussi un peu de mal à s’intégrer au groupe des coréennes. À ce sujet, elle mentionnera « Ça n’est pas tellement plus facile d’être la seule danseuse à moitié asiatique. Je ne trouve jamais ma place nulle part. C’est dur. Et Monsieur L. est tellement prévisible… Il attribue toujours les danses folkloriques aux danseurs issus des minorités. La bande de Coréennes interprétera sans le moindre doute la danse chinoise. Mes traits asiatiques ne sont pas suffisamment marqués pour que je me joigne à elles. » (p. 32)

Si vous avez aimé la série Gossip Girl, Quatre filles et un jean, ou, plus récemment, La Sélection de Kiera Cass, vous allez adorer Tiny Pretty Things. Parfait pour le lectorat adolescent! À noter que le roman a été adapté à la télévision par Netflix!

Dhonielle Clayton est une autrice noire américaine.

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Tiny Pretty Things
AUTEUR(S) : Sona Charaipotra & Dhonielle Clayton
ÉDITION: Hachette, 2020
ISBN: 9782016285251
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les Belles (pour la rivalité entre les personnages), Les pointes noires (pour la place des danseuses noires dans la danse classique) ou L’enceinte 9 (pour le personnage principal fort).

Le cercle de providence (tome 1): L’appel

Francis est un adolescent comme les autres qui vit dans la petite ville de Providence. Avec son ami Howard, ils trainent et multiplient les ennuis. Mais l’arrivée d’Atonia, une mystérieuse jeune fille, semble tout bousculer. Quel est donc ce monstre qui l’obsède ? En quoi est-ce lié aux cultes anciens que son grand-père a étudiés ? Francis plonge peu à peu, au cœur du mystère…

Une histoire librement inspirée de L’Appel de Cthuluh, le chef-d’œuvre de H. P. Lovecraft, cette bande dessinée a tout pour plaire. Avec un design de personnages réaliste et « cartoony » à la fois, et des environnements détaillés, chaque planche offre un équilibre certain. Et pouvons-nous parler de Attonia Wilcox en particulier? Cette fille est tellement badass! Super design pour ses cheveux (vous savez comme c’est important pour moi que les personnages noirs aient des coiffures qui correspondent à leur identité): Un genre de mohawk vert fluo, rasé sur les côté, avec un long lock à la nuque. À 16 ans, j’aurais voulu avoir la même coupe! 😀

Mention spéciale aussi pour le graphisme et la palette de couleurs choisie: tantôt plus fade lors des séquences de notre réalité ennuyeuse, tantôt fluo et glauque à la fois lorsque les forces démoniaques apparaissent. La créature maléfique, gigantesque et tentaculaire, moitié seiche et moitié humanoïde donne froid dans le dos. Frissons assurés! D’ailleurs, les auteurs donnent au récit une montée en tension maîtrisée et un rythme soutenu. L’histoire fait vivre beaucoup d’émotions, avec une mise en bouche déjà assez intense, une succession de péripéties limite stressantes et un dénouement qui appelle une suite.

Bref, je conseille vivement aux jeunes préados et ados qui carburent aux histoires fantastiques qui font frissonner! Une belle rencontre avec l’univers de H. P. Lovecraft pour le lectorat jeunesse. Hâte de lire la suite! C’est drôle, je suis à nouveau agréablement surprise par la nouvelle qualité des éditions Jungle: une plus grande variété de récits, des personnages forts et un choix de bédéistes talentueux. Eh ben, dites donc, les éditions Jungle est à surveiller ces temps-ci…

Le cercle de providence, 1: L’appel
AUTEUR(S): Sébastien Viozat & Anne-Catherine Ott
ÉDITION: Jungle, 2020
ISBN: 9782822229869
PRIX: 26,95$
14 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les Chroniques d’Under York, Les Omniscients, ou encore Légendes Zurbaines, trois bandes dessinées fantastiques pour le lectorat jeunesse.

Zee

Depuis qu’elle est née, Zee a un talent, ou bien une intelligence particulière. Elle perçoit des choses que personne d’autre ne perçoit. Zee entend ce que les gens pensent, ressent ce que les gens ressentent. À travers leur regard, Zee se voit elle-même, et cette vision la transforme. Parfois, Zee est la fille précoce de ses quatre adultes. Des fois Zee est un ado voyou de Brooklyn, New-York, un ado qui joue du basket et s’attire des ennuis. Ses quatre adultes s’inquiètent, lui font passer des tests, mais Zee anticipe leurs craintes, et les déjoue. Petit à petit, Zee apprend à grandir et à se mouler aux attentes de la société et du regard des autres, au risque de se perdre elle-même.

J’ai été agréablement surprise par ce roman. Zee est une histoire tout à fait singulière, tant au niveau de la manière dont le récit est raconté qu’au niveau de l’histoire elle-même.

Au départ, Zee est un personnage difficile à comprendre. On ne sait pas trop si ce qu’elle perçoit est réel ou pas, on ne parvient pas trop à la cerner. Puis, on se rend compte que c’est exactement ainsi que Zee est. Unique, inclassable. Elle ne nous laisse voir que ce qu’on veut bien voir. Et malgré tout, Zee se développe, prend en maturité, change tout au long du récit. Un tour de force de l’autrice!

Ce roman donne à voir une famille multi-parentale et aborde des thématiques telles que l’identité de genre et l’homoparentalité. Très, très bon!

Je remercie les éditions Bouton d’Or Acadie de m’avoir offert ce livre.

Zee
AUTEUR(S) : Su J. Sokol 
ÉDITION: Bouton d’or Acadie, 2020
ISBN: 9782897502003
PRIX: 14,95$
14 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Ma, un roman pour les adolescents. Essayez aussi Si on était… et Oublier Camille, deux livres pour ados avec des personnages LGBTQ+.

L’enceinte 9

Chassée par une pandémie meurtrière, l’humanité a fui le monde. Les habitants de l’Enceinte 9 vivent depuis un siècle repliés derrière leurs murailles. Ils ont perdu le contact avec les autres Enceintes, et la Gestion, le logiciel chargé de répondre aux besoins de chacun, ne suffit plus à empêcher les ressources de s’épuiser peu à peu.Ysa est une jeune surnuméraire : née sans bon de naissance, elle doit travailler pour la collectivité dès ses dix-huit ans. Ses premières missions dans la police la confrontent à de nombreux incidents : des suicides de masse, des vols de nourriture. Y aurait-il un lien avec le collectif Fin du Monde, qui souhaite la mort de l’espèce humaine et a déjà anéanti des Enceintes ? La rencontre d’Ysa avec l’ombre, la population non gérée, va tout précipiter. Comment sauver l’Enceinte avant qu’il ne soit trop tard ?

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans un bon roman de science-fiction. Je me suis régalée avec L’enceinte 9, qui raconte une histoire dont l’univers inquiétant et technologiquement avancé met la table pour une aventure passionnante dès les premières pages. Cette petite brique de plus de 500 pages contient de l’action, des personnages forts mais imparfaits, des moments tragiques et j’ai été surprise plus d’une fois par la tournure des événements!

Le personnage principal, Ysa, est une grande fille noire, au corps long et solide, qui porte les cheveux naturels et qui ne passe pas inaperçue. Elle connait peu ses origines puisqu’elle a été abandonnée à la naissance. Toutefois, elle entretient un lien très fort avec sa mère d’adoption, celle qui l’a sauvée et a joué le rôle de parent dans sa vie. Son identité noire se révèle au-delà des descriptions physiques sur sa couleur de peau ou sur la forme des traits de son visage: elle est présente lorsqu’elle doit, par exemple, refaire ses tresses pendant une demi-journée immobilisée sur une chaise (p.269), ou lorsqu’elle doit rechercher quelqu’un capable de coiffer les cheveux crépus (p.202). Ces petits passages normalise sont identité et la rendent plus crédible à mes yeux.

J’aurais aimé en savoir plus sur l’univers post-apocalyptique où se déroule l’histoire. Au final, on en sait très peu sur ce qui s’est passé pour que la civilisation se retrouve cloisonnée dans des bulles indépendantes l’une de l’autre, ainsi que sur les autres enceintes (1 à 8). La fin de l’histoire ne laisse malheureusement pas présager une suite, alors que plusieurs questions restent sans réponses. J’aurais tellement voulu que soit explorée davantage l’idée de pirater les implants oculaires comme celui doté d’une intelligence artificielle que porte Ysa, ou encore connaître les événements qui ont mené au monde tel qui est devenu. J’ai refermé ce livre avec la sensation d’avoir été témoin d’un futur sombre, et j’ai apprécié suivre Ysa alors qu’elle navigue comme elle peut dans ce monde. Un très bon roman que je recommande aux amateurs de science-fiction ou de fantasy!

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L’enceinte 9
AUTEUR(S) : Ophélie Bruneau
ÉDITION: Lynks, 2019
ISBN: 9791097434342
35,95$
13 ANS ET PLUS

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Les Omniscients (tome 1): Phénomènes

Un jour, cinq jeunes New-Yorkais se réveillent dotés du savoir absolu, grâce à l’intervention de créatures divines. L’information se diffuse rapidement et le groupe de génies est mis à l’abri par le FBI. Mais une organisation gouvernementale secrète a pour ambition de les capturer. De leur côté, ils cherchent à comprendre d’où viennent leurs facultés surnaturelles.

Ces derniers temps, j’ai lu pas mal de BD d’urban fantasty: Des récits qui se déroulent dans une grande ville et où il se produit des phénomènes surnaturels. Le genre me plait toujours autant que Les Omniscients de fait pas exception! L’un des protagonistes de l’histoire est un garçon noir qui se prénomme Albert. Vif d’esprit, gentil, toujours un sourire au lèvres, j’ai beaucoup aimé ce personnage tout aussi intelligent que naïf. Il arrive tôt dans le récit (dès la page 8), et demeure actif tout au long de se premier tome. On est bien loin du « je-vais-mettre-un-personnage-noir-pour-faire-joli-et-puis-comme-ça-tout-le-monde-est-content ». Au contraire, Albert est un personnage développé avec un backstory. On sait par exemple que ses parents sont des avocats parmi les plus réputés de New York et que même avant de recevoir le don d’omniscience, il était déjà un élève surdoué qui a sauté des classes.

Le rythme de cette bande dessinée est bien soutenu et démarre fort: dès les premières pages, c’est un feu roulant de péripéties qui s’enchaînent. Pour un premier tome, les auteurs ont bien réussi à aller au-delà d’une simple présentation des personnages et du contexte. J’ai bien hâte de connaître la suite de la série!

Les Omniscients, 1: Phénomènes
AUTEUR(S) : Vincent Dugomier & Renata Castellani 
ÉDITION: Le Lombard, 2020
ISBN: 9782803674961
21,95$
10 ans et plus

Ce livre vous a plu?
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