L’enceinte 9

Chassée par une pandémie meurtrière, l’humanité a fui le monde. Les habitants de l’Enceinte 9 vivent depuis un siècle repliés derrière leurs murailles. Ils ont perdu le contact avec les autres Enceintes, et la Gestion, le logiciel chargé de répondre aux besoins de chacun, ne suffit plus à empêcher les ressources de s’épuiser peu à peu.Ysa est une jeune surnuméraire : née sans bon de naissance, elle doit travailler pour la collectivité dès ses dix-huit ans. Ses premières missions dans la police la confrontent à de nombreux incidents : des suicides de masse, des vols de nourriture. Y aurait-il un lien avec le collectif Fin du Monde, qui souhaite la mort de l’espèce humaine et a déjà anéanti des Enceintes ? La rencontre d’Ysa avec l’ombre, la population non gérée, va tout précipiter. Comment sauver l’Enceinte avant qu’il ne soit trop tard ?

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans un bon roman de science-fiction. Je me suis régalée avec L’enceinte 9, qui raconte une histoire dont l’univers inquiétant et technologiquement avancé met la table pour une aventure passionnante dès les premières pages. Cette petite brique de plus de 500 pages contient de l’action, des personnages forts mais imparfaits, des moments tragiques et j’ai été surprise plus d’une fois par la tournure des événements!

Le personnage principal, Ysa, est une grande fille noire, au corps long et solide, qui porte les cheveux naturels et qui ne passe pas inaperçue. Elle connait peu ses origines puisqu’elle a été abandonnée à la naissance. Toutefois, elle entretient un lien très fort avec sa mère d’adoption, celle qui l’a sauvée et a joué le rôle de parent dans sa vie. Son identité noire se révèle au-delà des descriptions physiques sur sa couleur de peau ou sur la forme des traits de son visage: elle est présente lorsqu’elle doit, par exemple, refaire ses tresses pendant une demi-journée immobilisée sur une chaise (p.269), ou lorsqu’elle doit rechercher quelqu’un capable de coiffer les cheveux crépus (p.202). Ces petits passages normalise sont identité et la rendent plus crédible à mes yeux.

J’aurais aimé en savoir plus sur l’univers post-apocalyptique où se déroule l’histoire. Au final, on en sait très peu sur ce qui s’est passé pour que la civilisation se retrouve cloisonnée dans des bulles indépendantes l’une de l’autre, ainsi que sur les autres enceintes (1 à 8). La fin de l’histoire ne laisse malheureusement pas présager une suite, alors que plusieurs questions restent sans réponses. J’aurais tellement voulu que soit explorée davantage l’idée de pirater les implants oculaires comme celui doté d’une intelligence artificielle que porte Ysa, ou encore connaître les événements qui ont mené au monde tel qui est devenu. J’ai refermé ce livre avec la sensation d’avoir été témoin d’un futur sombre, et j’ai apprécié suivre Ysa alors qu’elle navigue comme elle peut dans ce monde. Un très bon roman que je recommande aux amateurs de science-fiction ou de fantasy!

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L’enceinte 9
AUTEUR(S) : Ophélie Bruneau
ÉDITION: Lynks, 2019
ISBN: 9791097434342
35,95$
13 ANS ET PLUS

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Quand la littérature jeunesse fait rire: 15 suggestions pour les enfants

Les livres, ça sert à apprendre, à développer son vocabulaire et son imagination, mais ça sert aussi (et surtout!) à s’amuser et à passer un beau moment en famille. En littérature jeunesse, il existe plusieurs livres plein d’humour qui sont un plaisir à lire et à raconter. Voici 15 suggestions d’albums hilarants pour rire un bon coup avant le dodo! Et le petit plus, c’est que la majorité d’entre eux mettent de l’avant des personnages racisés!

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Quand papa fait le clown

Les courses avec Papa est un album sur une virée à l’épicerie qui n’en finit plus! Un livre jeunesse plein d’humour où l’on découvre avec un sourire en coin la complicité entre un père et sa fille. Dans J’adore être papa,  il y a une ribambelle de créatures mystiques qui risquent de tout faite gâcher. Heureusement, papa est là! Le texte répétitif et humoristique fera la joie des tout-petits qui adoreront découvrir les personnages et faire des prédictions sur ce qui va arriver dans l’histoire. Aussi, certains gags passeront inaperçus auprès des enfants, mais feront rire les parents ! Les papas ne manquent pas d’imagination, et on le voit bien dans Le prince et la sorcière et la voleuse et l’ours, un album à mourir de rire avec un papa qui invente une histoire loufoque au gré de son imagination, pour les 3-6 ans.

Les filles ne manquent pas d’humour!

Dans La princesse et le poney, une filette est mécontente d’avoir reçu un poney alors qu’elle avait espéré un cheval de guerre. Qu’à cela ne tienne, elle ne manquera pas de ressources pour parvenir à ses fins! Dans Je mangerais bien un enfant, il y a un crocodile qui se croit fort et une petite fille qui ne se laisse pas faire! Les filles ne manquent pas d’imagination non plus, et la petite Malia a plein d’idées pour ses inventions… malheureusement, cela ne fonctionne pas toujours comme elle l’espère!

Albertine Petit-Brindamour déteste les choux de bruxelles est un album drôle mettant en vedette de petits légumes trop souvent mal aimés. Au fait, les parents, ça sert à quoi, sinon à donner des ordres: manger, ranger, se laver, faire ses devoirs, dormir. Charlotte a décidé de s’en débarrasser! Disparais! est une histoire rigolote écrite et illustrée par Michaël Escoffier et Matthieu Maudet, chouchous de la littérature jeunesse! Pénélope est une dinosaure comme les autres: elle aime bien manger des enfants de temps en temps. Mais quand on va à l’école, ce n’est pas vraiment la chose à faire si on veut se faire des amis! Ryan T. Higgins a écrit La star du Rock et ses camarades de classe pour faire rire et rassurer les enfants qui commencent l’école.

Avez-vous dit « Robert Munsch »?

Grand nom de la littérature jeunesse canadienne, Robert Munsch maîtrise à merveille l’art de conter et ses histoires donnent invariablement lieu à de bonnes sessions de dilatation de rate. Marilou casse-cou met en scène une fille intrépide, alors que La magicienne raconte l’histoire d’une fête d’anniversaire qui tourne au chaos. Pas facile de tresser les cheveux des enfants! Dans Quelle tête!, c’est un véritable jeu du chat et de la souris qui fait rire jusqu’à la chute totalement inattendue.

Des animaux rigolos

Dans la forêt des belettes, Charlie se fait remarquer par sa manière excentrique de s’habiller. Se sentant rejeté par les autres belettes, il part à la recherche d’un lieu plus accueillant. L’histoire de Charlie et ses drôles d’habits utilise l’humour pour véhiculer un message de tolérance et de célébration des différences. Dans Peter le chat debout, il y a… oh, c’est trop déjanté pour que je vous raconte! Un album rigolo à lire dès l’âge de 3 ans! Un petit gag de bobettes pour terminer? À découvrir dans Le machin, en compagnie d’un mouton, d’un crocodile, d’un éléphant, d’un canard et d’une fourmi! Mais au fait, c’est quoi exactement, ce machin-là??

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Signé poète X

Harlem. Xiomara a 15 ans et un corps qui prend plus de place que sa voix : bonnet D et hanches chaloupées. Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés, elle laisse parler ses poings. Étouffée par les préceptes de sa mère (pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues), elle se révolte en silence. Personne n’est là pour entendre sa colère et ses désirs. La seule chose qui l’apaise, c’est écrire, écrire et encore écrire. Tout ce qu’elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames toutes ses pensées coupantes. Jusqu’au jour où un club de slam se crée dans son lycée. L’occasion pour Xiomara, enfin, de trouver sa voix.

Ces dernières années, j’ai réalisé que j’aimais beaucoup les romans en vers. Encore plus si ce sont ces romans pour ados et jeunes adultes. Signé poète X est exactement l’un de ces romans. Il est écrit par une femme afro-latina et aborde des thématiques contemporaines telles que l’harcèlement sexuel, la détermination de soi, la religion, les relations entre des parents immigrants et leurs enfants qui ne le sont pas, le consentement et le plaisir des femmes.

Xiomara n’a que 15 ans, mais a des seins bien développés et des hanches chaloupées, ce qui lui attire le regard des hommes et bien des gestes déplacés à son égard. Elle est abordée dans la rue. Des mains baladeuses lui touche les fesses. Des hommes âgées tentent de la ramener chez eux. Elle est insultée lorsqu’elle refuse. Le problème pour Xiomara n’est pas son corps, car elle l’accepte et y est à l’aise. Le problème est le fait qu’on l’hypersexualise, qu’on la réduise à ses formes. Pour sa mère, par contre, ce corps donne à Xiomara accès à une vie sexuelle qu’elle condamne. Car si Xiomara est prête à avoir une relation avec un garçon, sa mère la veut chaste et dévouée à Dieu. Ces positions opposées seront à la source de plusieurs conflits entre l’adolescente et sa mère. Xiomara veut être libre et maître de son corps. Elle se sent prête à explorer ses sentiments amoureux et sa sexualité, mais pas n’importe comment et avec n’importe qui, même si la société lui renvoi sans cesse l’image d’une dévergondée. J’ai trouvé que l’auteure a su bien saisir les enjeux du corps et de la sexualité des femmes et des filles: d’un côté on les réduit à leurs formes, on leur dit qu’elles doivent se soumettre aux fantasmes des autres; de l’autre on les pointe du doigt lorsqu’elles souhaitent avoir une vie amoureuse épanouie.

Un jour, une enseignante de Xiomara diffuse en classe la vidéo d’une femme noire qui slame sur scène et qui parle de « ce que ça fait d’être noire, et d’être une femme, et des critères de beauté selon lesquels elle est pas belle. » (p.85). Pour Xiomara, ce sera comme une révélation: « On est différentes, cette poétesse et moi. On se ressemble pas, on vient pas du même monde. Pourtant on est presque pareilles quand je l’écoute. Comme si elle m’entendait. » (p.85) Xiomara est latina et on retrouve quelques mots ici et là en espagnol. La culture dominicaine est bien présente dans la famille, et les enfants en sont fiers. Toutefois, c’est le côté conservateur de la culture familiale avec lequel ils ont plus de difficulté: Xiomara souhait s’émanciper en tant que femme, alors que son frère jumeau doit cacher son homosexualité. La thématique de la différence est aussi abordée dans la relation entre Xiomara et son amoureux, très talentueux en patins à glace, mais qui n’a jamais pu explorer cette passion car son père considérait que c’était une activité féminine inappropriée pour les garçons. À ce sujet, Xiomara écrira avec beaucoup de sagesse:

Il a un sourire triste. Et je pense à tout ce qu’on pourrait être si on nous disait pas que nos corps sont pas faits pour. (p. 207).

Avec une prodigieuse économie de mots et un ton percutant, Signé poète X est un roman fort qu’on lit d’une traite, en une matinée. Je vous le recommande chaudement.

* Prix National Book Award for Young People’s Literature en 2018.

* Médaille 2019 Carnegie pour le meilleur livre jeunesse publié au Royaume-Uni.

Elizabeth Acevedo est une autrice afro-latina. Elle habite aux États-Unis.

Signé poète X
AUTEUR(S) : Elizabeth Acevedo 
ÉDITIONNathan, 2019
ISBN: 9782092587294
PRIX: 29,95$
14 ANS ET PLUS

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Albertine Petit-Brindamour déteste les choux de bruxelles

Et si manger des choux de Bruxelles pouvaient vous donner un superpouvoir ? Albertine adore dresser les listes des choses qu’elle aime : ses mots favoris, ses aliments préférés, les superpouvoirs qu’elle rêve de posséder. Mais il y a une chose que vous ne trouverez sur aucune des listes d’Albertine : les horribles choux de Bruxelles ! Albertine les DÉTESTE ! ! ! Une seule chose pourrait la faire changer d’avis : qu’ils puissent lui donner un superpouvoir ! Un album plein d’humour mettant en vedette les choux de Bruxelles, ces petits légumes trop souvent mal aimés.

Cet album pour les enfants du préscolaire est d’une bonne qualité matérielle: couverture rigide, jolies pages de garde et format agréable. J’ai beaucoup aimé le texte d’Anne Renaud qui capture bien l’aversion des enfants pour les légumes, tout en y ajoutant une pointe d’humour bon-enfant. Le vocabulaire y est riche et les petits lecteurs apprendront plusieurs nouveaux mots comme démasque(r), fanfarons, frondeur, chenapans, hume(r) ou tournoyer.

Albertine est une enfant comme les autres, un peu têtue, un peu naïve, mais curieuse et pleine d’imagination. Elle croit que les carottes lui permettront un jour de voir dans le noir, que les épinard la rendront plus forte, et que les choux de Bruxelles servent surtout à faire les yeux des bonhommes de neige! Ces petites mimiques d’adulte m’ont bien fait rire, par exemple lorsqu’elle fouille dans les livres à la recherche de recettes avec (pas trop) du légume tant détesté. Elle vit avec sa maman (son papa n’est pas mentionné dans l’histoire), une femme élégante aux cheveux crépus, et son petit chat noir. D’ailleurs, l’illustratrice a très bien réussi à dessiner la texture des cheveux!

Le livre se termine pas une blague de pet, qui fera rire les enfants. Le livre me semble plus adapté à une lecture en duo qu’une lecture à un groupe, mais n’hésitez pas à vous familiariser avec cette histoire, car certains bibliothécaires et animateurs auront plaisir à l’adopter pour l’heure du conte. Superbes illustrations colorées et expressives d’Élodie Duhameau. Très bon!

Albertine Petit-Brindamour déteste les choux de bruxelles
AUTEUR(S) : Anne Renaud et Élodie Duhameau 
ÉDITIONLa courte échelle, 2020
ISBN: 9782897743215
PRIX: 18,95$
4 ANS ET PLUS

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