Aimé Césaire: Un volcan nommé poésie

Résumé : Originaire de Basse-Pointe, en Martinique, Aimé Césaire fera de brillantes études à Paris. Ami de Senghor et de Damas, il inventera avec eux la notion de négritude : la défense des valeurs des peuples noirs. Grand poète, Aimé Césaire sera aussi député et maire de Fort-de-France au cours d’une vie où poétique et politique ne feront plus qu’un.

Lectorat cible : 8 à 12 ans

Autrice : Bruno Doucey, Hypathie Aswang & Christian Kingue Epanya

Édition : À dos d’âne, 2019

ISBN : 9782376060895

Prix : 15.95$

Appréciation : Publié dans la collection « Des graines et des guides » aux éditions À dos d’âne, ce livre biographique raconte la vie d’Aimé Césaire, de sa naissance à Basse-Pointe en Martinique, à sa mort à Fort-de-France. Le texte principal est abondamment illustré alors que le dossier documentaire en fin d’ouvrage donne à voir des photographies d’archives et divers tableaux historiques. On y voit la Maison de la négritude et des droits de l’homme à Champagny ainsi qu’une carte des départements et régions d’outre-mer français. On présente aussi les compagnons de route de Césaire: Léon-Gontran Damas, Léopold Sédar Senghor, Édouard Glissant et Paulette Nardal. Un livre mi-roman, mi-documentaire à lire dès 8-12 ans (et plus!). 

À propos de l’illustrateur: Christian Kingue Epanya est Camerounais. Il a étudié en France et a remporté en 1993 le Prix UNICEF des illustrateurs. Formateur, il anime des stages d’écriture et d’illustration en France et à l’étranger.

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Sur le vif

Résumé : Emoni, 17 ans, rêve de devenir cheffe dans un restaurant. Mais elle a aussi une petite fille de 2 ans, des cours au lycée et travaille le soir pour aider sa grand-mère à payer ses factures. Convaincue qu’elle ne pourra jamais réaliser son projet, l’ouverture dans son lycée d’un nouveau cours d’arts culinaires pourrait toutefois lui donner l’opportunité de montrer ses talents.

Lectorat cible : 13 ans et plus

Autrice : Elizabeth Acevedo

Édition : Nathan, 2021

ISBN : 9782092593981

Prix : 29,95$

Appréciation : J’ai fait l’erreur de lire ce roman sur le chemin du retour après le travail, alors qu’il me tardait de rentrer pour souper dans le confort de mon chez-moi. Erreur et naïveté! Car Sur le vif met l’eau à la bouche avec ses descriptions alléchantes de plats et de saveurs. J’ai adoré! Elizabeth Acevedo a encore une fois (après Signé Poète X) créé un personnage féminin fort, afro-latina, qui se développe et trouve sa voie dans la vie. J’ai aimé suivre Emoni dans son parcours vers l’atteinte de ses rêves, et j’ai admiré sa force de caractère et sa résilience. Emoni doit naviguer dans le monde en tant que femme, en tant que mère-adolescente, en tant que latina, et en voulant percer dans un milieu traditionnellement masculin. Elle aura la force de terminer ses études normalement malgré la naissance de sa fille, elle aura la force d’élever sa fille malgré ses relations tendues avec le père de cette dernière, et elle aura l’envie de suivre sa passion plutôt qu’une voie plus « facile » qui lui apportera plus de stabilité.

À propos de son identité afro-latina, on peut lire plusieurs passage où Emoni nous livre ses réflexions sur le racisme ordinaire qu’elle subit ou encore les difficultés rencontrées à cause de la couleur de sa peau, par exemple lorsqu’elle dit fièrement à une passante que ce bébé est le sien:

« Le sourire s’efface du visage de la dame mais le mien reste fermement en place. J’ai déjà rencontré des femmes de ce genre. Le genre à avoir des idées très strictes sur ce qui rend certaines personnes respectables. Le genre à prendre un air constipé en entendant que Babygirl est ma fille, mais qui aurait de l’empathie si elle était un peu plus pâle. Le genre à voir les cheveux multicolore d’Angelica [son amie lesbienne] et à la traiter de racaille en douce, mais à trouver charmante et créative une ado blanche avec des tresses violettes. Le genre à couper un stéréotype en deux, et à en garder la moitié pour les jeunes Blancs et la moitié pour les jeunes Noirs. Et peut-être que je la caricature, moi aussi. À m’imaginer que je sais très bien quel genre de femme elle est, juste parce qu’il y a des femmes comme ça qui nous donnent de la haine, à moi, à Angelica, à toutes les filles noires ou basanées du quartier, qui remuent la tête et font tss, tss, en nous voyant passer, qui nous rappellent qu’on n’est pas les bienvenues de leur côté de la ville, de leur côté du bus, de leur côté du monde. » (p.380-381).

Emoni jongle avec sa double identité (Noire et Latina) avec l’aisance d’une personne à qui on a demandé depuis toujours de quelle race elle est. Sa grand-mère se revendique noire, même si ces traits sont plutôt typés espagnols et qu’elle parle mieux l’espagnol que l’anglais. Son père ne manque pas une occasion pour lui parler de l’histoire de son île, Porto Rico, et de l’impact négatif qu’a eu la colonisation sur son peuple. Et comme Emoni le dit si bien, « c’est pas parce qu’être noir, chez nous, ça vient avec de la bomba et du mofongo, que ça compte pas. » (p.75) Un livre excellent que vous devez lire si vous voulez vous plonger d’une histoire réfléchie pleine d’espoir. 

À propos de l’autrice : Elizabeth Acevedo est une autrice, poète et slameuse dominicaine-américaine. Elle écrit des romans pour adolescents et jeunes adultes. Elle est née de parents dominicains et a grandi à New York, aux États-Unis. Elle s’identifie comme afro-latina et enseigne au secondaire.

Vous aimerez peut-être : De la même autrice, il y a Signé poète X. Essayez aussi Je ne meurs pas avec toi ce soir et La fille des manifs.

Le vilain petit canard (ou presque)

Résumé : Dans la nouvelle école d’Omar, les autres élèves se moquent de lui. Mais Omar a un plan pour se faire des amis !

Lectorat cible : 6 à 8 ans

Auteurs : René Guichoux & Rémi Saillard

Édition : Nathan, 2017

ISBN : 9782092570302

Prix : 9,95$

Appréciation : Dans Le vilain petit canard (ou presque), on réinvente ce conte traditionnel avec un garçon noir pour personnage principal nommé Omar Canard. Dans la cours de récréation, on se moque d’abord de son nouveau manteau imperméable tout neuf, jugé trop délicat pour un garçon. Puis, on se moque de son nom. Lorsqu’on lui propose une partie de soccer, Omar refuse car il préfère la danse. Ce sera une nouvelle raison de se moquer de lui. Heureusement, Omar trouvera un certain réconfort à l’idée d’aller regarder les cygnes danser sur le lac, et de danser avec elles. Sa maman l’encourage beaucoup dans sa passion pour la danse. À la fin de l’histoire, les camarades de classe d’Omar le verront danser sur le lac avec les cygnes et seront épatés par sa prestation. Il deviendra un héro et fera de la danse classique son métier. 

J’ai bien aimé cette version du vilain petit canard, surtout le fait que sa couleur de peau ne soit pas l’une des raisons qu’on se moque de lui. Ce livre ravira les enfant en apprentissage de la lecture. Tous les dialogues sont dans des phylactères, ce qui facilite la lecture à deux: l’adulte lit le texte principal et l’enfant lit ce qui est écrit dans les bulles!

Vous aimerez peut-être :  La très grande piscine, Le pays des kangourous et Notre maison est sens dessus dessous, trois petits livres pour débutants lecteurs.

Binti

Résumé : Les Hambis sont parmi les peuples de la galaxie les plus repliés sur eux-même. Binti est une jeune femme brillante, douée en mathématiques et est invitée dans une prestigieuse université… Doit-elle accepter au risque de voir son peuple se détourner d’elle ?

Lectorat cible : 13 ans et plus

Autrice : Nnedi Okorafor-Mbachu

Édition : ActuSF, 2020

ISBN : 9782376862185

Prix : 31,95$

Appréciation : Après avoir dévoré Akata Witch, je peux vous dire que je me suis jetée sur Binti comme une louve affamée! Ce nouveau roman de Nnedi Okorafor ne déçoit pas avec un nouvel univers issu de la science-fiction faisant usage de traditions africaines comme élément premier. Binti est un récit afro-futuriste dont le personnage principal est Himba. Ce n’est pas anodin car la pâte faite de graisse de vache et de poudre d’ocre rouge dont elle s’enduit le corps se révèlera avoir des propriétés guérissantes lorsqu’utilisée sur les tentacules des méduses, ennemies des humains. Binti jouera donc un rôle de médiatrice, tout en poursuivant ses propres rêves. Un roman bien écrit, intéressant, qui plaira aux amateurs de science-fiction et d’horreur. Car oui, dès les premières pages, on assiste à un massacre assez sanglant. Pour lecteurs avertis. À lire de toute urgence! 

À propos de l’autrice : Nnedi Okorafor-Mbachu née le 8 avril 1974 à Cincinnati en Ohio, est une romancière américaine d’origine nigériane de science-fiction et de fantasy. Elle a remporté de nombreux prix littéraires, tels que le World Fantasy du meilleur roman pour Qui a peur de la mort?, le Nebula pour Binti et le Lodestar du meilleur livre pour jeunes adultes pour Akata Warrior. Ses romans afro-futuristes ont charmé des milliers de lecteurs à travers le monde.

Vous aimerez peut-être : Le deuxième tome de Binti: La mascarade nocturne. Essayez aussi Akata Witch, Babel Corp, deux romans de science-fiction avec des personnages afro-descendants.

Sous nos yeux: Petit manifeste pour une révolution du regard

Résumé : Ce guide explore l’importance et l’influence des images sur les jeunes que ce soit à la télévision, au cinéma, dans les jeux vidéos, les publicités ou les séries. L’auteure analyse la nature de ces images et leurs effets puis propose des outils pour que les adolescents puissent modifier leur regard.

Lectorat cible : 12 ans et plus

Autrices : Iris Brey & Mirion Malle

Édition : La ville brûle, 2021

ISBN : 9782360121373

Prix : 21,95$

Appréciation : Wow wow wow! Avez-vous vu ce livre? Les éditions la ville brûle (qui ne m’ont encore jamais déçue) viennent de sortir un superbe livre documentaire qui fait réfléchir les jeunes au regard, au male gaze, à la banalisation de la culture du viol dans les séries télé, à la porno, à la fabrication des images qu’on consomme parfois trop passivement, et à la manière dont les femmes sont filmées à l’écran. On y parle aussi de la présence des femmes derrière l’écran: Tout le monde connaît les Frères Lumières, mais qui a entendu parler d’Alice Guy, la première à comprendre que le cinéma pouvait être utilisé pour raconter des histoires et la première cinéaste blanche au monde? Alice Guy est également la première à filmer une histoire avec un casting composé entièrement d’acteurs noirs lorsqu’en 1912, certains acteurs refusaient de tourner d’apparaître à l’écran avec Noirs et qu’elle décide de les virer et des les remplacer par une distribution entièrement afro-américaine, sans changer l’histoire: rien dans le film ne fait référence à la ségrégation, ni au racisme. Ce film aurait pu être tourné avec des acteurs blancs et ça n’aurait rien changé à l’histoire.

Sous nos yeux aborde aussi la question du female gaze, du désir féminin et du mouvement #MeToo. Le tout est présenté d’une manière non condescendante, à hauteur d’adolescent qu’on sait capable de réfléchir par eux-mêmes et faire preuve d’empathie. On les amène à se questionner sur les images qu’ils consomment et à ne pas être de petits moutons qui suivent le troupeau sans réfléchir. Je vous recommande fortement ce livre! 

Coup de coeur !

Vous aimerez peut-être : Les règles, quelle aventure!, Nous sommes tous des féministes, et Histoires du soir pour filles rebelles, trois livres jeunesse féministes.

Ta berceuse

Résumé : Un moment de tendresse entre une mère et sa fille, le soir avant de s’endormir autour d’une berceuse qui se transmet de génération en génération.

Lectorat cible : 3 à 6 ans

Autrices: Nathalie Wyss & Nicholle Kobi

Édition : Père Castor Flammarion, 2021

ISBN : 9782080236814

Prix : 11,50$

Appréciation : Cela fait quelques années déjà que ce suis l’illustratrice Nicholle Kobi sur les réseaux sociaux. J’étais donc très heureuse de lire ce livre jeunesse qu’elle a si brillamment illustré. Le texte est simple et raconte l’important qu’une berceuse a eu dans une famille depuis des génération. Un petit livre agréable à lire avant l’heure du dodo.

À propos de l’illustratrice : Nicholle Kobi est une artiste afro-française basée à New York depuis 2018. L’art de Nicholle Kobi s’adresse surtout aux femmes noires, indépendantes, modernes et qui n’ont pas peur de casser les codes. Notamment pour les femmes afro dans les sociétés majoritairement européennes.

Vous aimerez peut-être : Pendant que maman fait la sieste, publié dans la même collection aux éditions Père Castor Flammarion. Essayez aussi Mais où se cache Doudou-Loup? et Sulwe.

Créatures (Tome 1): La ville qui ne dort jamais

Résumé : New York a sombré depuis la transformation de tous les adultes en zombies au contact de terrifiants hybrides. Une petite bande d’enfants livrés à eux-mêmes tâche de survivre dans la ville désolée.

Lectorat cible : 9 ans et plus

Auteur : Stéphane Betbeder & Djief

Édition : Dupuis, 2021

ISBN : 9791034738205

Prix : 21,95$

Appréciation : Je suis une amatrice de science-fiction et quand j’ai vu passer cette bande dessinée dans le rayon des nouveautés de mon libraire, j’ai tout de suite su qu’il fallait que je la lise. Et j’ai beaucoup aimé! On nous plonge dans un univers post-apocalyptique très sombre, avec des enfants qui tentent de survivre sans leurs parents depuis que les adultes sont atteint d’une curieuse condition les rendant légumes. L’univers créé par Betbeder et Dijef m’a rappelé celui du jeu vidéo Half-Life ou The last of us (deux excellents jeu d’horreur, soit dit en passant, quoique non appropriés pour les enfants). 

Ce premier tome ne perd pas de temps à placer les personnages et le contexte dans un récit un peu vide comme c’est parfois le cas en bande dessinée jeunesse. Dès les premières pages, on est aspiré dans l’histoire avec des personnages qui ont déjà un passé un monde déjà à la dérive. Il s’en passe des choses dans ce premier tome! Tout n’est pas dit, on se pose beaucoup de questions, mais c’est justement cela qui ne garde en haleine. Comment le monde en est-il arrivé là ? Que sont ces créatures ? Que veulent-elles ? Peut-on vaincre ces monstruosités ? Comment les personnages vont-ils parvenir à survivre? Comment ont-ils survécu jusqu’ici?

L’un des personnages principaux est une jeune fille noire aux cheveux naturels dont le petit frère est albinos et doté de pouvoirs magiques. Sa mère est également assez présente dans le récit puisqu’elle tente de la garder près d’eux sous sédatifs le temps qu’elle trouve une manière de la ramener à son état normal et pour la protéger de la créature maléfique qui rôde et cible les adultes. Cette fillette s’appelle Dina, mais tout le monde l’appelle Vanille puisque lorsqu’elle était petite, sa mère lui faisait des « tresses afro qu’on appelle des vanilles » (appelés des twists chez nous) et le surnom est resté. C’est une forte tête et elle reste concentrée sur son but à atteindre: survivre, protéger son petit frère et garder sa famille ensemble. À la limite, elle n’a pas besoin des autres. Elle tient a garder sa mère près d’elle malgré ce qui se passe dans le monde. Elle a beaucoup de courage et a même sauvé la vie des autres personnages principaux. Débrouillarde et pleine de ressources, elle ne se laisse pas faire du tout! Le récit se termine par la capture de son petit frère par une créature maléfique. Elle est aussi touchée. Finalement, elle aura peut-être besoin des autres… À suivre dans le tome 2! 

Cette BD se dévore d’un coup et elle plaira aux amateurs de sensations fortes et de récits d’horreur (oui, car il y a quand même quelques gouttes de sang et de coups de feu tirés). J’ai très, très hâte de lire la suite! 

Vous aimerez peut-être : Le cercle de providence, Les enfants d’ailleurs et Les Omniscients, trois bandes dessinées de science-fiction avec des enfants racisés comme personnages principaux.

Pablo au pays des couleurs

Résumé : Pablo s’en va à la découverte des couleurs. Il part du jardin et suit un fil qui le mène au potager, à la forêt, à la banquise ou encore à la fête foraine. Un album à la couverture découpée qui laisse voir toutes les couleurs présentes successivement sur les pages.

Lectorat cible : 2 à 5 ans

Autrices: Nadine Debertolis & Véronique Petit

Édition : Lito, 2021

ISBN : 9782244304410

Prix : 26,95$

Appréciation : Un livre grand format pour apprendre les couleurs ? Je dis OUI! Rouge comme un coquelicot, brun comme un tronc, orange comme un renard, mauve comme des iris, jaune comme une abeille, bleu comme une méduse… De page en page, on suit avec joie le petit Pablo alors qu’il découvre le monde qui l’entoure. Les couleurs sont vives et les associations choisies pour représenter les couleurs sont originales. À la fin de l’album, on découvre la maman de Pablo, assise à tricoter sur un banc. Très bon!

Vous aimerez peut-être : Joyeuse Halloween, un autre livre tout carton avec une découpe à l’intérieure. Essayez aussi Gus et Lina, explorateurs de l’espace et Le petit chemin des formes, deux livres pour travailler les couleurs avec les petits en garderie.

De petit à grand: Jean-michel Basquiat

Résumé : Tout petit, Jean-Michel Basquiat adorait déjà visiter des musées et dessiner. Il avait promis à son père qu’il deviendrait un artiste célèbre, et il ne s’était pas trompé. Inspirée de l’univers du graffiti, son œuvre, forte et originale, a fait de lui l’une des figures marquantes de l’art au 20e siècle.

Lectorat cible : 7 à 11 ans

Auteurs : María Isabel Sánchez Vegara & Luciano Lozano

Édition : La courte échelle, 2021

ISBN : 9782897744229

Prix : 16,95$

Appréciation : Né d’un père d’origine haïtienne et d’une mère portoricaine, Jean-Michel Basquiat a commencé à dessiner très jeune. À l’instar des autres titres de la collection De petit(e) à grand(e), ce livre retrace la vie de l’artiste de l’enfance à l’âge adulte. L’histoire s’arrête avant sa mort à l’âge de 27 ans. Dans un court dossier à la fin du livre, on apprend qu’il a créé des milliers de tableaux et dessins, dont plusieurs portent sur le racisme et les inégalité sociale. Ce livre est fantastique et nous dévoile la vie, à hauteur d’enfant, d’un artiste unique et original qui a grandement contribué à élever le graffiti et l’art urbain au rang des beaux-arts.

Vous aimerez peut-être : Jean-Michel Basquiat: l’enfant radieux et Harriet et la Terre promise, deux livres pour enfants sur des artistes visuels noirs. Essayez aussi les autres titres de la collection De petit(e) à grand(e), dont Rosa Parks.

Le taxi d’Imani (Après l’attente… le bonheur!)

Résumé : Après avoir quitté son pays, Imani vit et travaille comme taxi au Gabon. Elle égaye son quotidien en chantant et rencontre toutes sortes de personnes. Un jour, elle tombe sur la grande star africaine de la musique soukous, Oko Doffi, et sa vie s’en trouve bouleversée.

Lectorat cible : 6 à 10 ans

Auteurs : Thierry Lenain & Olivier Balez

Édition : Albin Michel Jeunesse, 2020

ISBN : 9782226445933

Prix : 21,95$

Appréciation : Un nouveau Thierry Lenain qui, encore une fois, ne déçoit pas! J’ai adoré lire ce livre qui raconte l’histoire d’une femme débrouillarde, persévérante, et qui évolue dans un milieu majoritairement masculin. J’ai aussi aimé la belle place faite à la musique car je trouve que l’art musical et littéraire se marient bien. Le taxi d’Imani est également un récit d’immigration, mais exclusivement africain, puisque la jeune femme quitte un pays voisin pour Libreville, la capitale du Gabon afin de fuir la guerre. C’est un voyage qu’elle fait seule. Plutôt que de s’attarder sur son immigration, l’histoire s’intéresse plutôt à la nouvelle vie d’Imani, aux difficultés auxquelles elle fait face, à ce qui la motive à continuer, à ce qui l’inspire, à ce qui la rend heureuse. Le récit est porteur d’espoir, avec un personnage principal féminin maître de son destin.

À travers les balades en taxi d’Imani, on découvre un Gabon urbain, foisonnant, et qui grouille de vie: L’université de Masuku, l’école primaire Nelson-Mandela, le marché de Mont-Brouët, le stade Omar-Bongo… Elle rencontre des écoliers qui apprenent l’importance de protéger l’environnement des déchets de plastique, une chercheuse qui travaille à développer un vaccin contre le paludisme, un homme qui souhaite cuisiner un bon poulet nyembwe, un touriste français amateur de photographie, et même une vedette de musique populaire (le soukous). Un véritable voyage au Gabon, loin des clichés. Fortement recommandé!

Vous aimerez peut-être : Vous aimerez peut-être Le taxi-brousse de Papa Diop, A comme Afrique, ou La petite fille qui voulait voir des éléphants, trois albums jeunesse dont l’histoire se déroule en Afrique, notamment en milieu urbain.