Cours!

Cours! Davide CaliDepuis qu’il est petit, Ray se bat tout le temps. Maintenant qu’il est au collège, la colère continue à le submerger. Jusqu’à l’arrivée d’un nouveau proviseur qui, au lieu de le punir, lui propose de se battre contre lui.

Quoi ne pas aimer de cet album? Il est tout simplement sublime; je l’ai adoré! Je l’ai lu plusieurs fois au cours des dernières années et chaque fois, j’ai la larme à l’œil. L’auteur a un style efficace et poignant. Il maîtrise parfaitement son récit et nous le livre de merveilleuse façon. L’histoire est courte, mais on a suffisamment le temps de connaître et de s’attacher à Ray ainsi qu’à ce qu’il vit. D’ordinaire, je suis plutôt indifférente aux variations typographiques dans les livres jeunesse, mais dans « Cours!« , elles sont utilisées à bon escient et avec parcimonie, toujours pour mettre l’emphase sur une émotion ou un événement important. L’histoire est comme une boucle: le jeune ray aidé par son directeur d’école, trouvera un sens à sa vie et un moyen de canaliser sa colère. Plus tard, il deviendra lui aussi directeur d’école et prendra sous son aile un jeune étudiant qui lui le garçon qu’il était.

« Cours! » traite de racisme, mais sans tomber dans le piège du sauveur blanc. Le directeur, un homme blond ancien boxeur, aidera le jeune Ray à utiliser la tempête qui tourbillonne en lui pour dépasser ses limites plutôt que de donner des coups aux idiots de l’école. Avec son aide, Ray découvrira comment le sport peut l’aider à grandir et que dans la vie, « parfois il faut juste arriver à la fin, même sans gagner ». Rapidement, le directeur d’école s’efface pour donner toute la place au jeune garçon qui trouvera sa propre voie. De plus, on ne remet pas en question le racisme dont Ray est victime. Il est là, il existe, et Ray souhaite simplement qu’on le considère qu’on un être humain à part entière.

Cours davide cali maurizio quarello 2

Les illustrations participent autant que le texte pour nous raconter l’histoire de ce garçon noir victime de racisme et en colère. Par exemple, le livre s’ouvre sur une illustration d’un homme noir cravaté qui se regarde dans le miroir, annonçant ainsi un flashback, sans que ce soit dit explicitement dans le texte. Le coup de crayon est franc et précis. La palette de couleurs aux tons neutres et feutrés donnent l’impression d’être des photographies de générations passées. J’ai été habitée par ce livre longtemps après l’avoir terminé. Vous DEVEZ absolument le lire!

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • Qui est l’homme de la page 1 qui se regarde dans le miroir? Observe son allure: que peux-tu supposer de lui? De quel milieu social vient-il? Quels sont les membres de sa famille? L’homme dit habiter dans un quartier pauvre. En faisant le lien avec l’illustration, penses-tu que c’est toujours le cas?
  • Quel est le lien entre l’homme de la page 1 et le garçon de la page 2?
  • Comment Ray est-il décrit au début du livre?
  • Quels sont les sentiments qui habitent Ray au début du récit? À la fin du récit?
  • Où se déroule l’histoire? Quels sont les éléments qui te permettent de supposer que l’histoire se déroule aux États-Unis?
  • À quelle époque se déroule l’histoire? Comment peut-on le déduire?
  • Pourquoi penses-tu que le directeur Chapman agit si gentiment avec Ray? T’attendais-tu à cette réaction de sa part?
  • Qui sont Joe louis, Sonny Liston, Joe Frazier, George Foreman et Mohamed Ali? À quelle époque vivaient-ils? Quel rôle est-ce que le sport a joué dans la vie de ces personnes (en termes de mobilité sociale, par exemple et de lutte contre le racisme)?
  • Discutez en classe du concept de transmission des valeurs, de la famille choisie, de la filiation.
  • Effectue une recherche à la bibliothèque sur les boxeurs mentionnés dans le texte et sur le contexte social dans lequel ils ont vécu.
  • Relève dans le texte un champ lexical autour de la course (cours, avoir du souffle, foulée, marathon, la piste de course, entraînement, etc.)

Enseignants, vous pouvez aussi amenez les élèves à faire le lien entre le directeur Chapman et la figure du père manquante dans la vie de Ray. Interrogez vos élèves: Qu’est-ce qui confère à Chapman cette figure paternelle? Je vous garantis que cet album aura du succès auprès de vos élèves. Et puis, c’est toujours très intéressant d’exploiter l’album avec des enfants plus vieux (ils sont habitués aux romans, mais les albums, beaucoup moins. Ils seront étonnés de constater que l’album ne se limite pas aux histoires pour la petite enfance!)

 

Cours davide cali maurizio quarello 3

Coup de cœur! 

POUR VOUS PROCURER CE LIVRE, CLIQUEZ SUR LE BOUTON CI-DESSOUS:
Cours!
AUTEUR(S)
: Davide Cali & Maurizio A.C. Quarello Bouton acheter petit
ÉDITION: Sarbacane, 2016
ISBN: 9782848659015
PRIX: 22,95$
10 ans et plus

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être Nina ou Mohamed Ali: Champion du monde, deux albums jeunesse qui se déroulent à la même époque aux États-Unis.

nina2    mohamed ali

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Belle maison

Belle maison Sarbacane BrunetL’été est là. La narratrice, somnolante, est soudain réveillée par le bruit d’une clé fourrageant dans sa serrure : ses chers enfants sont revenus ! Douée de raison et de la force d’aimer, elle vibre et s’émerveille – sans toutefois pouvoir dialoguer pour de bon avec les enfants. Telle une grand-mère bienveillante, elle les suit (et nous avec elle) tandis qu’ils courent de pièce en pièce, éclaboussant de vie et de lumière les objets endormis, elle s’attendrit lorsqu’ils retrouvent leurs jeux et leurs livres de l’année passée, s’attriste lorsqu’ils s’apprêtent déjà à filer à la plage.

Ce qui est original dans cet album, c’est que c’est la maison qui nous raconte l’histoire. Oui, oui, vous avez bien lu. On ne se doute de rien au début, pensant qu’il s’agit simplement d’un narrateur omniscient. Mais c’est bien cette ancienne maison à étages abandonnée (qui refuse d’ailleurs de révéler son âge) qui observe les deux enfants se faufiler chez elle, explorer chacune des pièces, nettoyer et ranger, embellir, réparer, bref s’occuper d’elle. La présence des enfants aura chez elle un effet bénéfique: elle se sentira revivre, comme sortie d’un long sommeil. La maison se décrit elle-même comme une aventurière, et son architecture est certes pleine de caractère.

Les illustrations, sublimes, sont faites de couleurs franches et de motifs répétitifs: les lignes jaunes d’un parasol sur le bord de la plage, les papier-peints lignés ou fleuris de la maison, le quadrillé d’une vieille couverture, les taches de rousseurs de Lise comme autant de petits points oranges sur sa peau, les écailles des poissons… Les enfants jouent et s’inventent tout un monde imaginaire que l’auteure nous fait voir dans de vastes fresques colorées.

L’un des personnages de l’histoire est un garçon noir qui s’appelle Noufou. Il lit dans le jardin d’hiver, construit des châteaux de sables, fouine dans le sous-sol de la maison, construit des maisons faites de branches et de feuilles… Muets, les enfants de l’histoire sont pleins de mystère et on ne peut s’empêcher de relire ce livre plusieurs fois, comme pour essayer de les saisir, puis aussi pour entendre de nouveau la maison nous parler d’eux. Un chef d’œuvre !

 

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Anaïs Brunet
Maison d’édition: Sarbacane Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782848659572
Public cible: 8 à 12 ans
Vous aimerez peut-être: L’amie, publié aux éditions des éléphants.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Le bus de Rosa

bus de rosaDetroit, le musée des Transports. Assis dans un vieux bus, un vieil homme noir raconte à son petit-fils la ségrégation raciale dans l’Amérique de sa jeunesse : à l’école, dans les bars, dans le bus. Il lui raconte aussi comment, le 1er décembre 1955, une femme, Rosa Parks, refusa de céder sa place dans le bus à un Blanc, lançant le mouvement pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis. Une histoire que le grand-père connaît bien : il se trouvait lui aussi dans le bus, ce jour-là. Assis à côté de Rosa. Mais il n’a pas eu son courage…

Comment parler de l’histoire ségrégationniste des États-Unis aux enfants? Comment leur parler des conflits raciaux? Du Ku Klux Klan? Des droits civiques? De Rosa Parks? De Martin Luther King? L’un de mes moyens privilégiés pour le faire est via les livres. La littérature jeunesse regorge de petits bijoux qui permettent d’entamer une discussion sur le racisme avec les enfants et ce, de manière adaptée à leur niveau. Le Bus de Rosa retrace un pan de l’histoire américaine via une histoire fictive, parfait pour les 8 ans et plus. À lire!

Coup de cœur !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Fabrizio Silei & Maurizio A.C. Quarello
Maison d’édition: Éditions Sarbacane
Année de publication: 2011 Bouton acheter petit
ISBN: 9782848654706
Public cible: 8 à 14 ans.

Vous aimerez peut-être: Libre: Le long voyage d’Henri, pour en connaître davantage sur l’Histoire américaine par le biais d’un album jeunesse.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook