Le club des As

Caroline vient d’emménager dans un nouveau quartier et elle se sent un peu seule. Si Karim et Hugo, les rois de la récré, voulaient bien l’accepter, tous les autres élèves deviendraient ses amis. Mais comment faire pour rejoindre leur club hyper secret ?

Il y a dans ce livre d’une quarantaine de pages une histoire estivale autour du vélo, de la découverte de soi et du courage. Mais, et il faut le savoir, il y a aussi des passages sexistes. Caroline vient d’arriver dans un nouveau quartier et souhaite rapidement être acceptée de ses camarades pour se faire de nouveaux amis. Elle a donc repéré dans la cours d’école les deux garçons les plus populaires et respectés, et fera tout pour tenter d’intégrer leur groupe. Toutefois, Hugo et Karim sont tout de go réticents à accepter Caroline: Il n’y a plus de place dans leur club et certainement pas pour une FILLE (p.13)! Tout au long du roman, il y aura ces petites flèches lancées ici et là comme quoi les filles sont moins que les garçons: moins courageuses, moins intéressantes, moins digne de respect. Ça commence en page 6 où on mentionne que « le dernier arrivé au petit bois est une fillette! », comme si être une fillette était une insulte, un statut à éviter à tout prix. Puis, quand les garçons mettront Caroline à l’épreuve de monter au sommet d’un silo, d’en faire le tour et de redescendre (persuadés qu’elle se dégonflerait), la jeune fille les épate par son courage. Mais jamais les garçons ne l’admettront, allant même jusqu’à minimiser son exploit (« ce n’était pas vraiment dangereux, même [mon petit frère] aurait pu le faire! » (p. 28)) Ainsi, les efforts et succès de la jeune fille ne sont jamais suffisants aux yeux des garçons.

Alors que Caroline réussi toutes les épreuves imposées par les deux garçons, ces derniers, jaloux, cessent de lui adresser la parole à l’école. Caroline en subira les répercussions puisque, voyant qu’elle n’est pas acceptée par Hugo et Karim, ces camarades de classe lui tourneront le dos aussi. J’aurais aimé que le roman traite un peu plus de la problématique du rejet et de l’intégration à l’école. En fait, toute l’histoire tourne autour de ces moments passés à vélo dans le quartier. Ça aurait été pour une autre histoire, peut-être.

J’ai aussi été un peu découragée par le fait qu’en réalité, Caroline ne se demande pas vraiment si Hugo et Karim méritent son amitié, ou s’ils sont de bonnes personnes qu’il vaut la peine de fréquenter. C’est comme si le plus important était de les impressionner pour être acceptée, pas d’être soi-même ou de se respecter. Je trouve que ça ne véhicule pas vraiment un bon message. Aussi, on ne reviendra pas en fin de récit sur le contenu sexiste du roman. Je n’aurais pas aimé une morale trop apuyée non plus, mais j’aurais apprécié qu’on mentionne, d’une manière ou d’une autre, que les filles ont autant de valeur que les garçons. Est-ce trop utopiste que de demander ceci d’un livre jeunesse?

Bref, je n’ai pas aimé.

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Le club des as
AUTEUR(S): Milie Goudin-Lopez , Bastien Quignon
ÉDITION: Bayard jeunesse, 2020
ISBN: 9791036312458
PRIX: 10,95$
7 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le club des licornes, Ça va faire des histoires ou Maman dlo, trois livres jeunesse pour les élèves du 2eme cyle.

Un orage de colère pour Violette

Violette vit chez sa mère les jours bleus et chez son père les jours jaunes. Ce week-end, ce dernier lui a promis de construire un château. Mais son ami est hospitalisé et Violette doit aller chez sa mère. Elle se met en colère puis se calme. Une histoire sur la nécessité d’accepter sa colère pour mieux l’apprivoiser.

Il y a plusieurs bons points à attribuer à ce livre jeunesse: on y parle du divorce des parents, on offre des outils pour gérer ses émotions et on donne à voir une famille métissée au quotidien.

La petite Violette est heureuse d’avoir reçu un château à construire de son papa. Il lui a promis qu’ils allaient le faire ensemble. Mais une urgence force Papa à déposer sa fille chez sa mère, sans son château. Et sa promesse, alors?? Violette est en colère, et avec raison! Elle a du mal à comprendre pourquoi la promesse qu’on lui a fait n’a pas été tenue, pourquoi elle doit respecter le calendrier des visites parentales alors que les parents peuvent le changer à leur guise et pourquoi il faut qu’elle ait deux maisons. Avoir deux maisons, c’est nul! Les jouets ne peuvent pas aller d’une maison à l’autre, il y a beaucoup de changements, c’est stressant tout ça!

L’histoire est bien racontée et les émotions vécues par Violette semblent authentiques et naturelles. On devine bien ce qui rend Violette en colère, sans que tout soit explicité car Violette elle-même a un peu de mal à comprendre ce qu’elle ressent. Le livre est construit de manière à faciliter les échanges avec le lecteur afin qu’il s’exprime sur ce qu’il lit et afin qu’il s’identifie au personnage principal. Les parents de Violette sont là pour la guider, valider son émotion et lui offrir des alternatives pour la gérer. On ne dit pas à Violette d’arrêter de bouder ou d’être en colère. On lui dit plutôt que son émotion est compréhensible, et on lui offre des pistes pour se calmer. En fin d’album, il y a un petit dossier à l’attention des adultes qui explique ce qu’est la colère et propose des solutions pour réguler ses émotions adaptées à l’âge de l’enfant.

La maman de Violette est blanche alors que son papa est noir. La couleur de peau des personnages ne change absolument rien au récit. Il s’agit tout simplement d’une famille multiraciale comme les autres. Un excellent livre que je vous recommande chaudement!

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Un orage de colère pour Violette
AUTEUR(S) : Kochka & Sophie Bouxom 
ÉDITION: Père castor Flammarion, 2019
ISBN: 9782081441910
PRIX: 15,50$
3 à 6 ANS

Ce livre vous a plu?
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Grandes roues et petits pois

Émilie vérifie autour d’elle. Personne à l’horizon pour lui prêter main-forte. Elle hésite. Elle rêve d’être championne… Aujourd’hui sera-t-il le grand jour où elle enfourchera son vélo et partira à la conquête de ses grandes roues? Mais elle est petite, les cailloux sont gros, et elle a un peu peur… Maman, qui n’est pas loin dans le jardin avec sa récolte de petits pois, n’est pas consciente des hésitations d’Émilie. Allons! Une grande respiration et… c’est parti!

Un magnifique texte poétique et des illustrations soignées, que demander de plus? Cette histoire croque un moment du quotidien par une belle journée d’été. Émilie est seule. Son papa est parti au travail: il construit des éoliennes. Son grand frère n’est pas là: il joue avec le chien du voisin. Mais ça y est, elle se décide enfin à essayer de monter à vélo toute seule. Coquette, elle n’oubliera pas placer quelques fleurs sauvages dans son panier, de rempli sa gourde de princesse et de mettre son casque parsemé de coccinelles. La détermination se voit dans ses yeux. Et, à la lecture de son histoire, on ne peut s’empêcher de l’encourager et de lui souhaiter qu’elle réussisse. Chaque instant, chaque souvenir est décuplé, pour faire de ce livre un véritable régal. À travers ces premiers instants d’Émilie sur son vélo qui a su braver les cailloux sur la route, on comprend qu’avoir confiance en soi, c’est avancer.

Coup de cœur!

Je remercie les éditions Bouton d’or Acadie de m’avoir offert ce livre.

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Grandes roues et petits pois
AUTEUR(S)
: Christine Arbour & Réjean Roy
ÉDITION: Bouton d’or Acadie, 2018
ISBN: 9782897501211
PRIX: 14,95$
3 à 6 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Africville, publié chez le même éditeur. Essayez aussi Rien du tout! et Jabari plonge.

Je veux le même!

Mbiya et Kabibi sont deux sœurs qui ne cessent de se disputer et veulent à tout prix jouer avec les jouets de l’autre. Même à table, les querelles se poursuivent. Las de voir leurs filles se chamailler, leurs parents proposent un jeu qui devrait changer les choses

Mbiya et Kabibi est vraiment une chouette initiative de deux parents suisses d’origine congolaise qui ont pris conscience que la représentation d’héroïnes et héros noirs dans les livres pour les jeunes est déterminante lorsque leur fille leur a demandé pourquoi il n’y avait pas de personnages marrons dans ses livres préférés. Cette histoire raconte une tranche de vie d’une famille noire, sans que la couleur de peau ne soit au centre du récit. Quelle joie de pouvoir lire ce genre de livre qui normalise l’existence des personnes afro-descendantes!

La relation entre les deux sœurs est authentique et l’autrice parvient à capturer les émotions vives que ressent les enfants en bas âge: la jalousie, la frustration, la tristesse, la joie. C’est donc également un excellent livre si vous recherchez une histoire sur la gestion des émotions ou le développement de compétences sociales. Pour aller plus loin, vous pourriez ajouter ce livre à un réseau de livres sur le partage ou la fratrie.

Les illustrations m’ont beaucoup plu: les couleurs sont vives et l’angle choisi par l’illustratrice met en image le texte de manière directe, permettant à l’enfant de suivre facilement la lecture. Les illustrations sont également suffisamment descriptives et les visages des personnages suffisamment expressifs pour permettre à l’enfant de raconter sa propre histoire. C’est d’ailleurs un exercice intéressant à faire: demandez à votre enfant de vous inventer l’histoire en se basant sur les illustrations avant de lui lire le livre pour la première fois. Vous verrez, il aura beaucoup d’imagination, utilisera ses connaissances antérieures pour donner sens à ce qu’il voit et fera des inférences. Chez les enfants plus vieux (5-6 ans), vous pourrez également constater que les enfants sont capables de construire une trame narrative simple avec un début, un rebondissement et une fin, tout en utilisant des mots comme « il était une fois », « ensuite », « mais », ou « après » pour séquencer ses idées. C’est un exercice utile qui préparera votre enfant à l’entrée à l’école!

Le livre-objet est de qualité, avec une couverture rigide et du papier glacé, et on retrouve un bel équilibre entre le texte et l’image. Le texte est simple, mais pas simpliste; on y retrouve un vocabulaire accessible aux enfants, tout en y incorporant des mots potentiellement nouveaux comme « narquois », « bouder », « couvert » ou « sanglotant ». Lors de la lecture, n’hésitez pas à expliquer les mots que votre enfant ne comprend pas en utilisant un synonyme ou en donnant des exemples.

À la fin du livre, on retrouve un jeu d’association amusant à faire avec les enfants. Je vous conseille vivement ce livre que vous pouvez acheter sur le site de l’autrice. On y retrouve d’ailleurs également des coloriages gratuits mettant en scène Mbiya, Kabibi et leur famille.

Je remercie l’autrice Belotie Nkashama de m’avoir offert ce livre.

Belotie Nkashama est une autrice Suisse d’origine congolaise.

Je veux le même!
AUTEUR(S): Belotie Nkashama & Amélie Buri
Parution: 2020
ISBN: 9782970143901
3 à 6 ans

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Jabari plonge

Jabari plongeTrouver le courage de faire un grand saut est difficile, mais Jabari est presque prêt à faire le grand plongeon… Il a terminé ses leçons de natation et réussi son test de natation. C’est un excellent sauteur, il n’a donc pas peur du tout. «Ça a l’air facile», dit Jabari en regardant les autres enfants prendre leur tour. Mais lorsque son père lui serre la main, Jabari la serre en retour…

Dans un récit tout en douceur pour surmonter la peur d’enfant, cet album raconte un moment entre un père encourageant et un petit garçon déterminé, qu’on ne peut s’empêcher d’encourager. On sent bien la crainte de Jabari dans ses gestes, mais il fait tout pour que cela ne paraisse pas: s’étirer, penser au saut qu’il veut faire, laisser sa place dans la file au bas de l’échelle, prendre le temps de réfléchir. Son papa est très compréhensif et patient: il amène son garçon à apprivoiser sa peur en lui donnant des trucs et en le rassurant. Il normalise aussi les sentiments de son fils: s’il n’est pas prêt, il peut attendre. C’est génial de voir un papa noir présent dans la vie de ses enfants dans un livre jeunesse. Trop souvent, ces papas y sont absents.

Les illustrations en techniques mixtes sont superbes: le champ de profondeur fait usage de pages de livres recyclées et l’auteure a utilisé une jolie palette de couleurs pastel. La couleur de peau des personnages contraste avec leur environnement, d’autant plus qu’elle est auréolée d’orange fluo. L’effet est très beau! Les illustrations s’étendent sur les doubles pages pour former de belles prises de vue, par exemple lorsque Jabari est au sommet du plongeoir et regarde la piscine en contre-bas.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui croque un moment du quotidien, sans que la couleur de peau des personnages ne soit exoticisée ou posée comme étant une problématique. Jabari plonge est un album à lire de toute urgence!

Jabari 2

Coup de cœur!

* Finaliste au prix Charlotte Zolotow (2018)

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Jabari plongeBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Gaia Cornwall
ÉDITION: D’eux, 2020
ISBN: 9782924645383
21,95$
4 ANS ET PLUS
 

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mon frère et moi        le toboggan fouquier

 

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Le souci de Calie

souci de calieCalie adore être Calie. jusqu’au jour où elle découvre un souci. Au début, ce n’est pas un gros souci, alors tout va bien. mais il commence peu à peu à grandir. Il grandit et grandit, et maintenant, Calie se sent triste. Comment la petite fille pourra-t-elle se débarrasser de son souci et commencer à se sentir de nouveau elle-même?

Le personnage principal, Calie, est une petite fille heureuse qui apprécie se balancer très, très haut, manger de la crème glacée les beaux jours d’été, explorer le jardin et lire (j’ai d’ailleurs souri au clin d’œil de l’auteur où on aperçoit Calie lire nul autre que Guerre de Paix et Léon Tolstoï).

Dans le livre, le soucis est un gribouillage jaune éclatant qui grossit de plus en plus, jusqu’à prendre beaucoup trop de place. J’ai aimé que l’auteur ait choisi une telle représentation d’une émotion habituellement associée à la négativité. Un jaune éclatant pour représenter une inquiétude ? Mais oui, pourquoi pas ? Surtout que ça me fatigue toujours à chaque fois qu’un auteur choisi le noir pour illustrer ce qui est négatif. Non pas que le noir soit un mauvais choix, c’est plutôt le fait qu’on ait choisi ce même mot, « Noir », pour qualifier les personnes racisées. Très jeune, vers 8 ou 9 ans, cela m’avait déjà marqué négativement: Pourquoi est-ce que tout ce qui est noir est négatif et mauvais ? me demandais-je. Je SUIS Noire ! Est-ce que ça veut dire que je suis mauvaise aussi ? Que je suis non désirable ? Qu’on se comprenne bien, si on utilisait le mot « Brun » pour désigner les personnes ayant ma couleur de peau, je n’aurais pas faire ce lien dans ma petite tête d’enfant.

souci de calie 2

Les illustrations de Le Souci de Calie  sont magnifiques et rassurantes d’une certaine manière. Les ombrages sont particulièrement réussies et la couleur est significative tout au long de l’histoire. En effet, au début du récit, le monde de Calie est assez coloré: le vert des feuilles du jardin, le turquoise des fleurs des plates-bandes, le orange de ses jouets. Le jaune, en fond, pourrait bien être le soleil qui éclaire le ciel. Mais au fur et à mesure qu’on avance dans notre lecture, on se rend compte que ce jaune ne veut pas dire ce qu’on pensait. Le monde autour de Calie devient lui aussi de plus en plus gris et terne alors que le soucis grossit de plus en plus. Lorsqu’elle rencontrera un garçon ayant lui aussi un soucis (bleu), elle lui demandera ce qui le préoccupe. C’est en discutant et partageant son soucis avec une autre personne que celui-ci finira par disparaître et que le monde retrouvera ses couleurs. Cette histoire touchante, qui a l’avantage de mettre les choses en perspective, est un incontournable pour garnir la bibliothèque des petits et les aider à gérer leurs émotions.  Une belle leçon de vie !

Coup de cœur ! 

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Le souci de CalieBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Tom Percival
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2019
ISBN: 9781443174237
PRIX: 11, 99$
À PARTIR DE 3 ANS

 

Ce livre vous a plu ?
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disparais escoffier      J'en ai assez de la première année

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La fenêtre magique

la fenêtre magiquePour une petite fille, la fenêtre de la cuisine de ses grands-parents est source de magie… Récit de découvertes enfantines, cet album est aussi un hymne à la relation unique entre petits-enfants et grand-parents.

Les illustrations naïves et colorées de cet album utilisent le crayon, la peinture et le feutre. La mise en page exceptionnelle donne à voir le lien entre une petite fille métissée et ses grands-parents qui la gardent le temps d’une journée. Les joues rouges des personnages leur donne un air heureux. La grand-mère, appelée Nanny, est noire et a les cheveux bouclés et gris. Le grand-père, appelé Poppy, est blanc, chauve et a les yeux bleus. Le texte nous pousse à observer et à apprécier la lenteur et la douceur de la vie. Un livre merveilleux.

*Prix Caldecott 2006 pour l’édition originale

Auteur(s) / illustrateur(s) : Norton Juster & Chris Raschka
Maison d’édition: Le Génévrier Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782362900235
Public cible: 4 à 7 ans
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Belle maison

Belle maison Sarbacane BrunetL’été est là. La narratrice, somnolante, est soudain réveillée par le bruit d’une clé fourrageant dans sa serrure : ses chers enfants sont revenus ! Douée de raison et de la force d’aimer, elle vibre et s’émerveille – sans toutefois pouvoir dialoguer pour de bon avec les enfants. Telle une grand-mère bienveillante, elle les suit (et nous avec elle) tandis qu’ils courent de pièce en pièce, éclaboussant de vie et de lumière les objets endormis, elle s’attendrit lorsqu’ils retrouvent leurs jeux et leurs livres de l’année passée, s’attriste lorsqu’ils s’apprêtent déjà à filer à la plage.

Ce qui est original dans cet album, c’est que c’est la maison qui nous raconte l’histoire. Oui, oui, vous avez bien lu. On ne se doute de rien au début, pensant qu’il s’agit simplement d’un narrateur omniscient. Mais c’est bien cette ancienne maison à étages abandonnée (qui refuse d’ailleurs de révéler son âge) qui observe les deux enfants se faufiler chez elle, explorer chacune des pièces, nettoyer et ranger, embellir, réparer, bref s’occuper d’elle. La présence des enfants aura chez elle un effet bénéfique: elle se sentira revivre, comme sortie d’un long sommeil. La maison se décrit elle-même comme une aventurière, et son architecture est certes pleine de caractère.

Les illustrations, sublimes, sont faites de couleurs franches et de motifs répétitifs: les lignes jaunes d’un parasol sur le bord de la plage, les papier-peints lignés ou fleuris de la maison, le quadrillé d’une vieille couverture, les taches de rousseurs de Lise comme autant de petits points oranges sur sa peau, les écailles des poissons… Les enfants jouent et s’inventent tout un monde imaginaire que l’auteure nous fait voir dans de vastes fresques colorées.

L’un des personnages de l’histoire est un garçon noir qui s’appelle Noufou. Il lit dans le jardin d’hiver, construit des châteaux de sables, fouine dans le sous-sol de la maison, construit des maisons faites de branches et de feuilles… Muets, les enfants de l’histoire sont pleins de mystère et on ne peut s’empêcher de relire ce livre plusieurs fois, comme pour essayer de les saisir, puis aussi pour entendre de nouveau la maison nous parler d’eux. Un chef d’œuvre !

 

 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Anaïs Brunet
Maison d’édition: Sarbacane Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782848659572
Public cible: 8 à 12 ans
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Mon frère et moi

mon frère et moiChaque été, au chalet familial, deux frères nagent vers un rocher et l’aîné le grimpe et saute. Il est maintenant temps que le plus jeune fasse, à son tour, le grand saut.

J’ai adoré cet album ! Il aborde avec tant de justesse la relation entre deux frères et comment un simple saut a fait grandir un petit garçon grâce aux encouragements de son frère. Le petit admire son grand frère et le moment est venu pour lui de prouver qu’il est tout aussi capable que lui. Pour se donner du courage, il sera tour à tour un chat pour grimper le rocher, un oiseau pour s’élancer dans les airs, puis un poisson pour plonger et nager gracieusement sous l’eau.

Vous le savez, j’ai un faible pour les récits du quotidien; celui-là est magnifique, touchant et tout en poésie. Les pages brunes rappellent le papier parchemin et les touches de couleurs crayonnées donnent un très bel effet, presque inachevé, à l’instar des personnages qui ont encore tant à découvrir du monde. Vraiment, vraiment excellent.

Coup de cœur !

Mon frère et moi 2

Je remercie l’auteur Yves Nadon et les Éditions D’eux de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Nadon & Jean Claverie
Maison d’édition: Éditions Deux Bouton acheter
Année de publication: 2018
ISBN: 9782924645215
Public cible: À partir de 5 ans

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Par ici, la pluie !

par-ici-pluieCette histoire touchante est empreinte d’une douce tranquillité. L’auteure Karen Hesse et l’artiste Jon J. Muth capturent avec brio la magnificence d’une averse soudaine en une journée de chaleur accablante. Bien plus qu’un simple récit sur le temps, Par ici, la pluie! dépeint la tendresse des relations mères-filles, le rythme de la vie urbaine et le pouvoir de la nature de transformer et de revigorer toutes formes de vie. (c) Scholastic

Ce livre croque une tranche de vie toute simple: un jour chaud, très chaud, trop chaud, et la pluie soudaine offerte par Mère Nature. Les illustrations à l’aquarelle sont très abouties et rappellent le thème de la pluie. Le récit est fabuleux et, jumelé aux illustrations, nous transporte nous aussi aux côtés des quatre jeunes filles et de leur mère. De petits détails rappellent symboliquement le lien mère-fille, comme la couleur des vêtements portés par l’enfant et le parent. Le tout est très beau et poétique. Sur une double-page, il n’y a que des mains levées vers le ciel. Sur une autre, que des pieds mouillés. Très beau. Je recommande vivement ce livre !

Coup de cœur !

par-ici-pluie-2

Auteurs (s) / Illustrateur(s): Karen Hesse & Jon J Smith
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9781443153607
Public cible: 4 à 8 ans.
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