Akata Witch

Mon nom est Sunny Nwazue et je perturbe les gens. Je suis nigériane de sang, américaine de naissance et albinos de peau. Être albinos fait du soleil mon ennemi. C’est pour ça que je n’ai jamais pu jouer au foot, alors que je suis douée. Je ne pouvais le faire que la nuit. Bien sûr, tout ça, c’était avant cette fameuse après-midi avec Chichi et Orlu, quand tout a changé. Maintenant que je regarde en arrière, je vois bien qu’il y avait eu des signes avant-coureurs. Ce n’est pas comme si des choses bizarres ne m’étaient pas déjà arrivées. Rien n’aurait pourtant pu me préparer à ma véritable nature de Léopard. Être un Léopard, c’est posséder d’immenses pouvoirs. Si j’avais su en les acceptant qu’il me faudrait sauver le monde, j’y aurais peut-être réfléchi à deux fois. Mais, ce que j’ignorais alors, c’est que je ne pouvais pas empêcher mon destin de s’accomplir.

Il y a quelque chose de spécial dans ce roman. Il a eu une très belle couverture médiatique, est écrit par une personne noire et a pour personnages principaux presque qu’exclusivement des noirs. C’est assez rare de retrouver ces trois éléments ensemble pour un seul livre, jeunesse en plus! Évidement, je ne pouvais pas passer à côté. Déjà, quand j’ai repéré ce livre à la librairie, la page couverture m’a beaucoup plu. Cet autobus coloré, ces couleurs éclatantes et bien entendu, cette jeune fille, cheveux afro, habillée à l’occidentale, qui semble avoir tellement de pouvoir. J’ai été intriguée. La quatrième de couverture pose clairement les bases du récit et du personnage principal:

Mon nom est Sunny Nwazue et je perturbe les gens. Je suis nigériane de sang, américaine de naissance et albinos de peau. Contrairement au reste de ma famille, j’ai des cheveux jaune paille, la peau couleur « lait tourné » et des yeux noisette. Être albinos fait du soleil mon ennemi. Ma peau brûle tellement vite que j’ai parfois l’impression d’être inflammable.

Cette différence sera la force de Sunny car c’est grâce à elle qu’elle développera des pouvoirs. J’ai aimé ce message sous-jacent au récit: nos différences sont nos forces, c’est en elles que nous devons puiser courage, fierté et énergie.

Ce qui rend ce roman spécial également, c’est la manière qu’a l’auteure de rendre visible le blackness, par opposition à la blanchité qui est souvent posée comme étant la norme, le standard auquel il faut se référer en littérature jeunesse. Ce sont des choses toutes bêtes, mais qui font partie de mon quotidien et du quotidien de nombreuses personnes racisées, mais que je ne retrouve pas ailleurs dans mes lectures. Des choses comme des personnages qui tchouipent, une mythologie africaine plutôt que grecque ou romaine, des langues non occidentales, une couleur de peau normalisée. Vous en connaissez beaucoup, des livres jeunesse dans lesquels les personnages tchouipent? Pas moi. Pourtant, c’est fou, quand on y pense, ça fait tellement partie de ma culture, de mon quotidien, et moi qui lit énormément, je le fois jamais dans mes lectures. Ça fait réfléchir…

Ce roman est bourré de fantaisie, de magie, de mystère, mais sans que ce soit à travers le « white gaze » (le regard blanc, en quelque sorte). Car si oui, on y parle de magie, on est bien loin des chapeaux pointus des sorcières au nez crochu, ou encore des chamans menaçants. On découvre tous les éléments magiques et nigérians des yeux de Sunny qui doit s’adapter à la culture après avoir vécu longtemps aux États-Unis. Les lecteurs blancs pourraient être déstabilisés au début, mais seront rassurés de constater que Sunny peut aussi s’étonner des mêmes choses qu’eux. Même si Sunny parle l’igbo, elle a toujours l’accent américain et se sent parfois comme une étrangère. Son parcours de vie est intéressant: Noire, mais albinos, Nigériane d’origine, mais américaine de culture: qui est-elle? Au-delà de la quête magique, c’est l’histoire de Sunny et sa découverte de soi qui m’a interpellé dans ce roman.

On a beaucoup comparé ce roman à la saga d’Harry Potter: un trio d’amis dans l’enfance (même s’ils sont quatre avec l’arrivée de Sunny), des guides adultes qui agissent comme des professeurs, des méchants à combattre, un personnage principal prédestiné à faire de grandes choses, des niveaux à atteindre, le devoir de se choisir un couteau à juju (une baguette magique dans Harry Potter), un monde magique inconnu des gens normaux, des esprits qui rappellent les patronus de l’univers de J.K. Rowling… Oui, mais en même temps, je me dis, bien sûr qu’on va comparer à Harry Potter, les référents sont blancs (auteure blanche et personnages blancs) et ce sont ces référents que nous avons en tout temps, tout moment en occident. C’est comme si on essayait de comprendre Akata Witch, de le catégoriser, de se dire « Je comprends pas trop ce livre, mais si tu me dis que c’est comme Harry Potter, ah!, là, je m’y retrouve ». J’aime voir Akata Witch comme une histoire unique en soi, pas une pâle copie « racisée » d’Harry Potter. Je veux dire… c’est un roman de fantasy, bien sûr qu’on va retrouver des tropes narratives spécifiques à ce genre littéraire. C’est trop facile de tomber dans la comparaison, à mon avis. Au contraire, je trouve que l’auteure Nnedi Okorafor a trouvé une manière rafraîchissante d’insuffler un vent de nouveauté au genre.

J’ai aimé le funky train et les chittims (ces pièces de monnaies magiques), et aussi le mystérieux personnage de Black Hat Otokoto qui ajoute une bonne dose de suspense au récit. Même si les personnages sont jeunes (12 ans pour Sunny), enfants et adultes aimeront ce roman initiatique à l’univers riche et aux personnages bien campés, qui mélange fantasy, action et critique de la société occidentale.

Coup de cœur!

* Prix Amelia Bloomer Book List du American Library Association en 2012.

Nnedi Okorafor est une autrice américaine d’origine Nigériane.

Akata Witch (tome 1)
AUTEUR(S) : Nnedi Okorafor
ÉDITIONÉcole des loisirs, 2020
ISBN: 9782211304344
PRIX: 16,99$
12 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le tome 2 de la série, Akata Warrior. Essayez aussi La promesse du fleuve, un roman initiatique de fantasy, et Les Belles, un roman avec des éléments de science-fiction écrit par une autrice racisée.

Ariana et Murmure

Aujourd’hui, Ariana a découvert une araignée rouge et un lézard vert émeraude dans le dortoir Diamant ! Mais bientôt, d’autres animaux envahissent l’école des Licornes. Pourquoi quittent-ils la forêt ? Ariana et ses amies doivent vite trouver une solution pour leur venir en aide !

En commençant ma lecture de ce roman publié dans la collection La Bibliothèque Rose de chez Hachette, je m’attendais à une histoire hyper-genrée et de mauvaise qualité, mais en fait, c’était plutôt sympa comme lecture. Alors, oui, l’académie que fréquente l’héroïne s’appelle « Diamant » (il fallait bien que ça brille quelque part!). Mais après, une fois qu’on décide de se laisser porter par l’histoire, c’est plutôt chouette! Et les licornes, c’est vraiment cool (oui, j’ai parfois encore 9 ans dans ma tête)! La licorne d’Ariana, Murmure, est en apprentissage et il deviendra très proche d’elle au cours de l’histoire. D’ailleurs, une mèche de cheveux d’Ariana deviendra de la même couleur que la crinière de Murmure lorsqu’ils deviendront enfin connectés. La symbolique autour de la mèche de cheveux m’a plu.

Plutôt que d’apprendre aux filles à être fragiles et mignonnes, le roman Ariana et Murmure montre aux lectrices (et aux lecteurs!) qu’il ne faut pas avoir peur de se salir et de partir à l’aventure. D’ailleurs, Ariana vaincra sa peur de se salir pour aider les animaux en danger. Un jour, elle se sentira vexée qu’une camarade de l’académie ait dessiné un portrait d’elle se moquant gentiment de sa peur des araignées. Déjà qu’elle avait du mal à s’intégrer au groupe, cela l’affectera beaucoup. Puis, vers la fin de l’histoire, elle comprendra que les taquineries n’étaient pas destinées à vexer. C’est un bel apprentissage.

La couleur de la peau d’Ariana ne change absolument rien au récit et sa présence offre une belle représentation d’une fille noire en littérature jeunesse. J’ai aussi aimé qu’Ariana ait le teint très foncé, car on voit encore trop peu de personnages au teint foncé en littérature jeunesse. Souvent, on privilégie les peaux brunes et métisses plutôt que marron. Chapeau! 

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les tomes 1 à 7 de L’école des licornes pour lire ce huitième tome. Chaque roman de la série peut se lire de manière indépendante. À découvrir!

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L’école des licornes, 8: Ariana et Murmure
AUTEUR(S):  Jessica Love 
ÉDITION: École des loisirs, 2020
ISBN: 9782211306669
PRIX: 8,95$
8 à 10 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Chloé, la fée des topazes, Princesse Rosa et le mystère de la baleine, ou Sarah et Sac-à-puces, 3 trois romans pour les enfants de 8 à 10 ans.

Les chroniques d’Under York (tome 1): La malédiction

Situé dans les profondeurs de New York, l’Under York est un lieu mystérieux où règnent cinq clans de sorciers issus des principales communautés du pays, qui pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse. Bannis depuis toujours de la surface, ils influent en secret sur la vie de ses habitants. Alison Walker, jeune peintre prometteuse, a fui cet univers. Mais voilà que le passé la rattrape.

Un scénario prenant, des personnages crédibles et des dessins dignes des canons des univers Marvel et DC Comics, Les Chroniques d’Under York a tout pour plaire. Le scénariste belge Sylvain Runberg y raconte l’histoire d’Alison, une jeune sorcière qui veut oublier d’où elle vient pour se consacrer à sa passion (l’art), le tout dans un style d’Urban Fantasy fascinant. Alison est une fille métisse de 22 ans dont les ancêtres béninois ont été amenés de force aux États-Unis durant la traite négrière au XVIIIe siècle. Sa ville, New York, est celle de personnes venus de partout dans le monde, et on retrouve beaucoup ce côté cosmopolite dans le récit. J’ai été transportée hors de mon quotidien en lisant cette bande dessinée: les sociétés de l’Under York divisées en 5 grands clans, les mythes, la vie sous-terraine des mole people… Tout y est pour faire oublier le quotidien. Le monde créé par Runberg est très riche! Des clans aux codes de vie très stricts, issues des principales communautés du pays (africaine, irlandaise, chinoise, mexicaine et amérindienne), pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse.

Alison est fougueuse et courageuse. Elle est aussi très sensible aux enjeux féministes et dénonce le sexisme qui existe dans l’Under York. À travers les pages de son journal, elle se dévoile et nous raconte ses aventures, ses défis et ses problèmes. J’ai aimé pouvoir le lire entre chaque chapitre. D’ailleurs, ce premier tome se termine sur une note plutôt mystérieuse qui donne le goût de continuer la série.

Au dessin, on a l’artiste Mirka Andolfo, connue pour avoir illustré notamment une série de Harley Quinn chez DC comics. Sans surprise, son style ressemble beaucoup à l’esthétique que l’on retrouve énormément en ce moment dans l’univers des comics américains. Andolfo a réussi à créer un univers sombre et glauque qui cadre parfaitement avec l’histoire d’Under York. Et franchement, on ne peut pas passer à côté de la qualité des couleurs et de l’encrage de Piky Hamilton et Carmelo Zagaria: les ombres, les traits et la création d’atmosphère tapent dans le mille à chaque planche. Juste un petit bémol au niveau de la couleur de peau des personnages noirs: de cases en cases, la couleur change parfois beaucoup, tellement qu’il faut un moment pour se dire: « Ah, ouais, en fait, c’est le même personnage que tout à l’heure ». Aussi, les tons de brun et beige utilisés sont parfois blafardes et manquent de punch.

Bref, voilà une bande dessinées pour les ados et jeunes adultes où se côtoient fantasy, diversité, égalité et action. Une série en trois tomes publiée chez Glénat, qui plaira aux ados! À découvrir!

Les chroniques d’Under York: La malédiction
AUTEUR(S):  Sylvain Runberg & Mirka Andolfo
ÉDITION: Glénat, 2019
ISBN: 9782344032299 
PRIX: 27,95$
14 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le deuxième tome de cette trilogie, intitulé Possession. Essayez aussi Si on était… et Les quatre soeur March, deux bandes dessinées pour les adolescents avec des personnages issus de la diversité raciale.

Les princesses magiques (tome 3): La lune mystérieuse

la lune mystérieuse princesses magiquesLors d’une tournée dans la savane avec Valentin, le garde-chasse, Lulu, princesse d’Undala, s’est rendue compte de la disparition de nombreux animaux. De retour au palais, grâce aux bagues magiques, elle appelle à la rescousse ses amies les princesses Yaminta, Clarabelle et Emilie. Un roman à la couverture pailletée.

Il faut arrêter avec cette représentation des personnages noires vivant dans la savane et ayant des animaux sauvages comme animaux de compagnie. Est-ce qu’on accepterait que les Québécois soient représentés encore et encore comme des colons vivant dans des igloos, tuant des animaux à mains nues pour se nourrir et s’habiller, ou comme des bûcherons ne sachant pas s’exprimer correctement et ayant tous 14-15 frères et sœurs? Je ne crois pas, non. Alors, pourquoi est-ce que ça passe pour les personnes noires? Ugh.

Bon, après, bonjour les paillettes, diadèmes, carrosses et joyaux. Pour faire de l’escalade, Lulu porte une robe dorée. Et même si elle est capable de faire la roue sans l’aide du prince d’à-côté, elle n’est pas libre de son temps: entre les injonctions portées sur elle par la royauté et diverses règles démodées de bienséance qu’elle doit respecter en tant que princesse, Lulu ne semble pas vraiment maître de son destin.

Parce qu’elle aime grimper aux arbres, Lulu sera comparée à une lionne et traitée de sauvage. Ce à quoi la fillette répondra, les yeux pétillants : « Il n’y a rien de plus sauvage qu’une princesse magique! » (p.107). Pitié. 😬 

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Les princesses magiques
AUTEUR(S)
: Paula Harrison Bouton acheter petit
ÉDITION: Pocket, 2018
ISBN: 9782266280587
PRIX: 8,95$
9 à 12 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être Princesses d’Afrique ou encore Princesse Rosa et le mystère de la baleine.

princesses      princesse rosa

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La fée scientifique

La fée scientifique

Esther la fée ne croit pas en la magie et perçoit le monde différemment de ses amies. Elle doit déployer de grands efforts pour convaincre ses amies fées de l’importance de la science. Lorsque les fées essaient de sauver un arbre mourant en faisant une danse mystique, Esther décide de trouver une solution logique. Grâce à la méthode scientifique, elle déduit que l’arbre a besoin de la lumière du soleil pour survivre. Esther a réussi à sauver l’arbre, mais sera-t-elle capable de changer l’opinion de ses amies fées?

J’aurais aimé aimer ce livre, mais cela n’a pas été le cas. J’ai trouvé le texte plutôt inintéressant et on sent beaucoup que l’auteure veut faire passer un message: « Ne croyez pas aveuglément! Soyez curieux! La science vaut mieux que les croyances sans fondements! » J’ai aussi trouvé ça un peu boiteux qu’on utilise des personnages magiques (les fées) pour parler de science. On dirait bien une tentative de faciliter la mise en marché du livre en tentant d’attirer l’œil des enfants.

La position d’Esther manquait aussi de nuances: Elle n’aime pas du tout la magie, et c’est sans équivoque. Pourtant, elle EST magique! On en retient que ce qui est magique n’est pas désirable, souhaitable ou utile. Mais on a tous besoin d’un peu de magie dans la vie, non? Et d’imagination!

Point positif: on y apprend les étapes de la démarche scientifique et on incite les enfants à poser des questions, à tenter de trouver des réponses à celles-ci par le biais d’hypothèses et d’expérimentation. Ceci constitue la base du développement d’une pensée critique!

La mise en page manque de dynamisme et même si les illustrations sont très belles, le livre m’a plutôt ennuyé. De plus, j’ai eu du mal à cerner à qui ce livre s’adresse. On y parle de concepts assez complexes, mais le format et le ton employé semble viser la petite enfance. Bizarre.

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La fée scientifiqueBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Ashley Spires
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443180313
PRIX: 12,99$
6 À 9 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les inventions de Malia, ou Compte sur moi, deux albums où des filles s’intéressent à la science. Essayez aussi Disparais!, un livre jeunesse dans lequel une petite fille souhaite faire disparaître ses parents.

inventions de malia pip jones    Compte sur moi Gallimard Miguel Tanco    disparais escoffier

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Les enfants du Bayou

Les enfants du bayou Eva Roussel Isabelle BottierAprès avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens.

L’un des personnages principaux de cette bande dessinée est Liloye, une jeune fille intrépide et aventureuse coiffée de deux mignons petits choux avec des tresses plaquées (elle porte aussi l’afro parfois). Liloye a été adoptée et on dit que Ovila, sa gardienne, l’a trouvée enroulée dans sa couverture alors qu’elle se promenait dans le bayou. Liloye aime les histoires, mais ce n’est pas dans les livres qu’elle va les chercher. Elle préfère user de son imagination pour inventer les siennes. Liloye est aussi très forte en mathématique et aime être le centre de l’attention. Quand les touristes se pointent, par exemple, elle aime jouer les stars et prend la pose pour eux. Du coup, elle se sent célèbre car des gens du monde entier ont des photos d’elle. Bref, plutôt sympa comme fillette. Je vous dis tout ça parce que juste comme ça, cela semble être une représentation plutôt positive d’une personne noire en littérature jeunesse. Sauf que j’ai réalisé en lisant ce livre qu’on connait le nom des voisins, de ses amis et même de son alligator de compagnie avant de connaître le prénom de Liloye. J’ai trouvé ça bizarre. Je suis même retournée lire le début, au cas où je l’aie manqué. Mais non. Rien. J’ai même été inquiète qu’elle reste sans nom jusqu’à la fin de l’histoire. Difficile de s’attacher à un personnage dont on ne connait même pas le prénom !

Il y a beaucoup d’humour dans cette bande dessinée, par exemple la présence de l’enseignante qui a peur de Gaby, l’alligator de compagnie de Liloye. Les enfants du Bayou n’a pas été pour moi une lecture très marquante. J’ai trouvé que l’histoire manquait d’originalité et le récit m’a un peu ennuyé. Peu plaire aux enfants qui recherchent une bande dessinée pas trop compliquée, avec peu de texte et un vocabulaire facile. enfants du bayou 2enfants du bayou 3

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Les enfants du bayouBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Isabelle Bottier & Eva Roussel
ÉDITION: Éditions Jungle, 2018
ISBN: 9782822221702
PRIX: 18, 95$
8 à 11 ans

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Billie du Bayou: le banjo de Will, un livre jeunesse accompagné de liens internet avec extraits musicaux. Un crocodile à l’école pourrait aussi vous plaire.

billie du bayou banjo    crocodile à l'école

 

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Le planteur et la bague

planteur de la bague ruisseaux d'afrique 2Grâce à sa bague magique, Dossou le planteur obtient tout ce qu’il veut. Alors, Dossou ne travaille plus. Cette situation va-t-elle durer ?

Alors que les illustrations naïves de cet album m’ont charmées malgré leur couleur un peu terne, la typographie choisie, fade, m’a laissée complètement de glace. Le manque d’équilibre dans la mise en page du texte et les images répétitives m’ont également déplu : le texte chevauche quelques fois des éléments importants des illustrations et le manque de contraste entre les deux rend la lecture difficile à certains moments. De plus, certaines pages semblent vides. Il aurait fallu mieux équilibrer le texte et l’image. Ce livre, d’un petit format rectangulaire, a une couverture souple et une reliure brochée somme toute assez fragile.

Ce conte respecte les éléments constitutifs du genre et on y retrouve des animaux anthropomorphisés à qui on prête des comportements humains. Toutefois, certains éléments (par exemple la bague magique) auraient gagné à être mieux introduits dans le récit. Malgré une morale convenable, la chute est mal menée et précipitée. J’aurais tellement aimé apprécier davantage ce livre d’images écrit, illustré et publié en Afrique par des personnes africaines. Cependant, je ne peux me résoudre à prétendre aimer un livre qui m’a déçu. Dommage !

Béatrice Lalinon Gbado est une auteure béninoise.

Béatrice Lalinon Gbado

Auteur(s) / illustrateur(s) : Béatrice Lalinon Gbado & Valère Lalinon
Maison d’édition: Éditions Ruisseaux d’Afrique
Année de publication: 2002
ISBN: 9991997083
Public cible: À partir de 8 ans
Vous aimerez peut-être: Bovi et le miroir, aussi publié aux éditions Ruisseaux d’Afrique.

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Pars, cours ! Bernadette

Pars Cours BernadetteEn juin, j’irai au bal des finissants avec Lenny. C’est décidé ! Rien ni personne ne pourra m’en empêcher, même pas lui ! Pour le séduire, j’ai besoin :
– de noix et de raisins secs;
– de billes;
– de ficelles et de bouts de tissu;
– de ma salive (beurk !);
– de quelques-uns de ses cheveux châtains-trop-parfaits-qui-sentent-si-bon !
Pourquoi ? Pour faire de la magie vaudou. C’est ma grand-mère qui me l’enseigne ! Le vaudou, c’est la sorcellerie LA PLUS PUISSANTE du monde. À moi le beau Lenny! Et adieu, les mauvais coups d’Alexis! Rien ne m’arrêtera! (Même s’il faut que je me promène avec une crotte de chien dans mon sac d’école.)

Bernadette est le sixième livre paru dans la série Pars, cours !, des romans pour enfants écrits en gros caractères peuvent être lus dans n’importe quel ordre. Ce roman a maintenu mon intérêt jusqu’à la toute fin et j’ai trouvé que Bernadette était très attachante. Québécoise d’origine haïtienne, elle est très attachée à la culture de ses parents et entretient avec sa grand-mère qui vit à Port-au-Prince un lien étroit. Toutes deux sont très proches malgré la distance qui les séparent et Bernadette n’hésite jamais à lui demander conseil. Elle porte ses cheveux tressés qu’elle adore ornementer de perles multicolores. À 11 ans, Bernadette est amoureuse de Lenny, un garçon blanc de sa classe qui n’est pas très populaire. Elle est intéressée par son intelligence et son honnêteté; elle se fiche bien qu’il soit un souffre-douleur plutôt mauvais en sport !

Bref, Bernadette est une fille drôle, débrouillarde et gentille. Elle se passionne pour le tricot et admire l’athlète haïtien Sylvio Cator. Elle ne se comporte pas en victime et n’est pas non plus la cible de racisme dans le récit. Au contraire, ses camarades de classe la perçoivent comme l’une des leurs, par exemple, lorsqu’elle mentionne à son enseignante qu’elle veut faire son projet scolaire sur un pont qu’elle a vu « dans son pays », un garçon lui dit « Bernadette, tu n’es même pas haïtienne. T’es née au Québec! » (p.139). Malgré tout, il arrive un moment dans l’histoire où elle se demande si Lenny ne l’aime pas à cause de sa couleur de peau ou de ses cheveux frisés (p.282). La jeune fille se montre très intéressée par le vaudou, qu’elle espère utiliser pour faire un charme d’amour pour Lenny. Son enseignante lui expliquera alors que l’amour ne peut pas être provoqué. La grand-mère de Bernadette lui parle souvent de cette religion, qu’elle décrit comme « l’art de la grande sorcellerie » (p. 15). Elle lui parle des offrandes, des esprits (par exemple: papa Legba, Ogoun Zobla, etc.) et des croyances vaudous (par exemple le fait qu’il ne peut pas être utilisé pour faire le mal). L’auteure fait preuve d’une sensibilité ethnique et raciale qui personnellement m’a fait du bien en tant que lectrice noire. À un moment, Bernadette mentionne qu’elle arrive difficilement à faire entrer tous ses cheveux dans son bonnet de bain (p.93) et cela m’a fait sourire car c’est une situation très courante chez les personnes ayant les cheveux crépus ou très frisés. Aussi, pour rendre compte du sentiment amoureux et de la gêne de Bernadette face à Lenny qui lui plait beaucoup, l’auteure a choisi d’écrire de manière non hégémonique « mes joues brûlent » (p.188) plutôt que de mettre l’accent sur la couleur des joues. Chapeau !

Le texte et la mise en page est très dynamique: certains mots ont une typographie variée pour mettre l’accent sur certains mots. Les illustrations sont réussies et j’ai adoré les retrouver ici et là dans le livre. L’auteure Nadine Poirier a également écrit Lenny, dans la même série, et j’ai franchement envie de le lire ! Fortement recommandé !

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadine Poirier
Maison d’éditionÉditions de MortagneBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782897920005
Public cible: 10 à 12 ans.

Vous aimerez peut-être: Si vous recherchez des livres pour préados qui font l’utilisation de typographies variées dans le texte, essayez les romans Prince Cradoc au royaume du chic ou encore Billie Jazz !

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Naïma et la magie du cirque

Naïma et la magie du cirque (Kinra Girls)Chez Naïma, la vie est gaie, entre des parents aimants et quatre petits frères turbulents. Pourtant, l’argent manque souvent… Alors, quand vient son anniversaire, Naïma ne s’attend pas à ce que son rêve se réalise : des cours à l’école du cirque ! Ce sera le début d’une grande aventure.

Les Kinra Girls sont cinq jeunes filles talentueuses venues des quatre coins du monde. Loin de chez elles, elles vont comparer leurs différences culturelles et devenir amies pour la vie. Dans La magie du cirque, on découvre l’histoire de Naïma avant leur rencontre. Je n’ai pas lu les autres titres des Kinra Girls en entier; sachez que ce titre se lit très bien indépendamment des autres.

Naïma est américaine. Son père est blanc et sa mère, noire. Cette dernière est originaire du Bénin et transmet régulièrement à ses enfants la culture de se pays: la langue fon, la caleta (danse de rue enfantine), les contes traditionnels, etc. La famille est nombreuse et a des soucis financiers. On dit d’ailleurs que le père se rend au travail à vélo, non pas par choix ou conscience écologique, mais parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter une voiture. 

Naïma est entourée de personnages d’origines diverses qui se soucient d’elle et avec qui elle entretient des liens sains: la voisine haïtienne qui lui chante des chansons traditionnelles et lui raconte des histoires de son pays, Fat Eddy le patron (blanc) de son père qui travaille à Coney Island, ou encore Funny Billy un afro-américain qui l’initie aux arts du cirque. Devant son talent naturel pour cette discipline, d’autres enfants commencent à éviter Naïma par jalousie. Le récit se termine toutefois avant que l’on sache comment Naïma vit cette situation. D’ailleurs, le récit, lent au début et précipité à la fin, manque d’une ligne directrice claire. On parvient tout de même a bien cerner le personnage de Naïma auquel on s’attache sans difficulté. En fin d’ouvrage, on retrouve un dossier « pour en savoir plus » où l’on parle du boubou (vêtement traditionnel) et de la tradition orale africaine.

L’univers dans lequel évolue Naïma est somme tout assez genré, et on réitère régulièrement qu’elle est une fille par toute sorte de petits clins d’œil sur ce qui est approprié ou pas pour elle de faire. Par exemple, à à l’école, ses deux frères font toujours semblant de ne pas la voire car « on ne parl[e] pas aux filles devant les copains. C’est la honte, quoi! » (p.94) Naïma n’est pas dérangée par cela et trouve cela normal. Autre exemple, on lui dit de ne pas faire la roue car elle porte une jupe (alors qu’on aurait pas l’idée de surveiller et contrôler la manière dont les garçons s’habillent ou ce qu’ils font). Troisième exemple: alors qu’un garçon (Rico) cherche la bagarre après avoir provoqué Naïma, un intervenant lui dit: « Tu ne dois pas frapper les autres, surtout pas une fille qui t’arrive à l’épaule » (p.98) C’est bien sûr à Rico de s’excuser, mais il dit simplement qu’il la pardonne (!). Naïma se défend en disant que c’est à lui de s’excuser, mais l’intervenant dit qu’au moins, Rico a « fait un effort ». Ainsi, il est acceptable pour un garçon de se montrer violent; l’important est qu’il « fasse l’effort » de se contrôler. Eh, misère…

[SPOILERS] Plus loin dans le récit, Rico tourmente Naïma et va même jusqu’à lui empoigner le bras. La jeune fille se libère de son emprise et se met à courir. Alors que Rico est à sa poursuite, il trébuche et se retrouve les pieds dans le vide du haut d’un immeuble de six étages. Naïma ne peut se résoudre a le laisser tomber à une chute qui lui serait mortelle et elle décide de lui venir en aide. Gêné et reconnaissant, Rico se traite lui-même de « gros nul » et affirme que toute personne qui s’en prend à Naïma ou lui fait des problèmes aura désormais affaire à lui. Ce qui m’a dérangé dans ce passage, c’est qu’à aucun moment Rico ne s’excuse de son comportement macho et violent. De plus, il demeure agressif envers les autres; ce n’est que Naïma qui sera épargnée car elle lui a sauvé la vie. Pis encore, Naïma aura beau lui dire que sa protection n’est pas nécessaire, Rico continuera de la suivre partout contre son gré, de se mêler de ses affaires et de la surprotéger. Bonjour l’absence de consentement. [FIN SPOILERS]

Bref, Naïma et la magie du cirque est un roman intéressant avec des personnages réalistes, mais qui véhicule des messages auxquels je n’adhère pas. Parents, vérifiez si ces messages vous conviennent ou préparez-vous à discuter de cette lecture avec votre enfant avant de lui offrir ce roman. Après tout, tout se lit; mais une bonne discussion sur ses lectures permet parfois de relativiser les choses et constitue un moment d’apprentissage privilégié pour les enfants. À vous de juger.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Moka & Anne Cresci
Maison d’édition: PlayBacBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782809661934
Lectorat cible: 8 à 12 ans
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Feya (tome 1)

feya tome 1Dans une luxuriante forêt hors du temps, vivent des créatures étranges : un magicien poilu, un petit fantôme gourmand et un renard cueilleur de champignons. Cet univers plein d’humour et de loufoquerie n’est pas dérangé par une quelconque humanité puisque celle-ci a disparu. Mais un jour, les bestioles découvrent sous terre un laboratoire secret où hiberne une jeune humaine, Feya. Son réveil malencontreux va provoquer l’apparition d’autres endormis, secte magique et robots géants, ordinateur malveillant et espion au masque de lion, qui souhaitent tous mettre la main sur la dernière (?) survivante de notre race éteinte. Une grande aventure commence !

Assurément, cette bande dessinée en deux tomes plaira aux amateurs de mangas ! J’ai énormément aimé l’aventure, les bagarres, la magie et la technologie dans ce livre destiné aux enfant mais qui plaira à tous. L’auteur Marc Lataste y aborde des thématiques importantes comme l’amitié, la fraternité, l’identité et l’opposition entre la nature et l’avancement de la technologie.

On rencontre Feya pour la première fois alors qu’elle est extirpée par la curiosité d’un renard qui parle et d’un robot volant. Elle ne sait ni qui elle est, ni d’où elle vient. Elle sauvera ses futurs amis d’une attaque d’un monstre affamé. Et déjà, je me suis dit: « Wow, elle est tellement cool! » Le design du personnage est aussi vraiment super, avec son undercut, son tatou sur le crâne et sa combinaison noire. Feya est courageuse, loyale et a soif de comprendre ce qui lui arrive. La dernière représentante du genre humain est une personne noire. Une fille !! Vraiment. Cool.

À la fin de ce premier tome, on découvrira que [SPOILER] Feya n’est qu’un être de synthèse parmi d’autres, construits par l’étrange Doc Bot, dernier véritable humain sur Terre. Elle a été créee pour apporter la paix et est un symbole du métissage entre humains, êtres magiques et robots. Alors, oui, c’est un robot, mais c’est aussi une fille noire, même si dans le monde où elle vit, les humains ont disparu. [FIN SPOILER] À découvrir au plus vite !

Coup de coeur !

feya tome 1 extrait

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Feya, 1
Auteur(s) / illustrateur(s) : Marc Lataste
Édition: Vide Cocagne, 2018Bouton acheter petit
ISBN: 9791090425903
Prix: 26,95$
8 ans et plus

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