La fée scientifique

La fée scientifique

Esther la fée ne croit pas en la magie et perçoit le monde différemment de ses amies. Elle doit déployer de grands efforts pour convaincre ses amies fées de l’importance de la science. Lorsque les fées essaient de sauver un arbre mourant en faisant une danse mystique, Esther décide de trouver une solution logique. Grâce à la méthode scientifique, elle déduit que l’arbre a besoin de la lumière du soleil pour survivre. Esther a réussi à sauver l’arbre, mais sera-t-elle capable de changer l’opinion de ses amies fées?

J’aurais aimé aimer ce livre, mais cela n’a pas été le cas. J’ai trouvé le texte plutôt inintéressant et on sent beaucoup que l’auteure veut faire passer un message: « Ne croyez pas aveuglément! Soyez curieux! La science vaut mieux que les croyances sans fondements! » J’ai aussi trouvé ça un peu boiteux qu’on utilise des personnages magiques (les fées) pour parler de science. On dirait bien une tentative de faciliter la mise en marché du livre en tentant d’attirer l’œil des enfants.

La position d’Esther manquait aussi de nuances: Elle n’aime pas du tout la magie, et c’est sans équivoque. Pourtant, elle EST magique! On en retient que ce qui est magique n’est pas désirable, souhaitable ou utile. Mais on a tous besoin d’un peu de magie dans la vie, non? Et d’imagination!

Point positif: on y apprend les étapes de la démarche scientifique et on incite les enfants à poser des questions, à tenter de trouver des réponses à celles-ci par le biais d’hypothèses et d’expérimentation. Ceci constitue la base du développement d’une pensée critique!

La mise en page manque de dynamisme et même si les illustrations sont très belles, le livre m’a plutôt ennuyé. De plus, j’ai eu du mal à cerner à qui ce livre s’adresse. On y parle de concepts assez complexes, mais le format et le ton employé semble viser la petite enfance. Bizarre.

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La fée scientifiqueBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Ashley Spires
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443180313
PRIX: 12,99$
6 À 9 ANS

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inventions de malia pip jones    Compte sur moi Gallimard Miguel Tanco    disparais escoffier

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Les enfants du Bayou

Les enfants du bayou Eva Roussel Isabelle BottierAprès avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens.

L’un des personnages principaux de cette bande dessinée est Liloye, une jeune fille intrépide et aventureuse coiffée de deux mignons petits choux avec des tresses plaquées (elle porte aussi l’afro parfois). Liloye a été adoptée et on dit que Ovila, sa gardienne, l’a trouvée enroulée dans sa couverture alors qu’elle se promenait dans le bayou. Liloye aime les histoires, mais ce n’est pas dans les livres qu’elle va les chercher. Elle préfère user de son imagination pour inventer les siennes. Liloye est aussi très forte en mathématique et aime être le centre de l’attention. Quand les touristes se pointent, par exemple, elle aime jouer les stars et prend la pose pour eux. Du coup, elle se sent célèbre car des gens du monde entier ont des photos d’elle. Bref, plutôt sympa comme fillette. Je vous dis tout ça parce que juste comme ça, cela semble être une représentation plutôt positive d’une personne noire en littérature jeunesse. Sauf que j’ai réalisé en lisant ce livre qu’on connait le nom des voisins, de ses amis et même de son alligator de compagnie avant de connaître le prénom de Liloye. J’ai trouvé ça bizarre. Je suis même retournée lire le début, au cas où je l’aie manqué. Mais non. Rien. J’ai même été inquiète qu’elle reste sans nom jusqu’à la fin de l’histoire. Difficile de s’attacher à un personnage dont on ne connait même pas le prénom !

Il y a beaucoup d’humour dans cette bande dessinée, par exemple la présence de l’enseignante qui a peur de Gaby, l’alligator de compagnie de Liloye. Les enfants du Bayou n’a pas été pour moi une lecture très marquante. J’ai trouvé que l’histoire manquait d’originalité et le récit m’a un peu ennuyé. Peu plaire aux enfants qui recherchent une bande dessinée pas trop compliquée, avec peu de texte et un vocabulaire facile. enfants du bayou 2enfants du bayou 3

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Les enfants du bayouBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Isabelle Bottier & Eva Roussel
ÉDITION: Éditions Jungle, 2018
ISBN: 9782822221702
PRIX: 18, 95$
8 à 11 ans

 

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Le planteur et la bague

planteur de la bague ruisseaux d'afrique 2Grâce à sa bague magique, Dossou le planteur obtient tout ce qu’il veut. Alors, Dossou ne travaille plus. Cette situation va-t-elle durer ?

Alors que les illustrations naïves de cet album m’ont charmées malgré leur couleur un peu terne, la typographie choisie, fade, m’a laissée complètement de glace. Le manque d’équilibre dans la mise en page du texte et les images répétitives m’ont également déplu : le texte chevauche quelques fois des éléments importants des illustrations et le manque de contraste entre les deux rend la lecture difficile à certains moments. De plus, certaines pages semblent vides. Il aurait fallu mieux équilibrer le texte et l’image. Ce livre, d’un petit format rectangulaire, a une couverture souple et une reliure brochée somme toute assez fragile.

Ce conte respecte les éléments constitutifs du genre et on y retrouve des animaux anthropomorphisés à qui on prête des comportements humains. Toutefois, certains éléments (par exemple la bague magique) auraient gagné à être mieux introduits dans le récit. Malgré une morale convenable, la chute est mal menée et précipitée. J’aurais tellement aimé apprécier davantage ce livre d’images écrit, illustré et publié en Afrique par des personnes africaines. Cependant, je ne peux me résoudre à prétendre aimer un livre qui m’a déçu. Dommage !

Béatrice Lalinon Gbado est une auteure béninoise.

Béatrice Lalinon Gbado

Auteur(s) / illustrateur(s) : Béatrice Lalinon Gbado & Valère Lalinon
Maison d’édition: Éditions Ruisseaux d’Afrique
Année de publication: 2002
ISBN: 9991997083
Public cible: À partir de 8 ans
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Pars, cours ! Bernadette

Pars Cours BernadetteEn juin, j’irai au bal des finissants avec Lenny. C’est décidé ! Rien ni personne ne pourra m’en empêcher, même pas lui ! Pour le séduire, j’ai besoin :
– de noix et de raisins secs;
– de billes;
– de ficelles et de bouts de tissu;
– de ma salive (beurk !);
– de quelques-uns de ses cheveux châtains-trop-parfaits-qui-sentent-si-bon !
Pourquoi ? Pour faire de la magie vaudou. C’est ma grand-mère qui me l’enseigne ! Le vaudou, c’est la sorcellerie LA PLUS PUISSANTE du monde. À moi le beau Lenny! Et adieu, les mauvais coups d’Alexis! Rien ne m’arrêtera! (Même s’il faut que je me promène avec une crotte de chien dans mon sac d’école.)

Bernadette est le sixième livre paru dans la série Pars, cours !, des romans pour enfants écrits en gros caractères peuvent être lus dans n’importe quel ordre. Ce roman a maintenu mon intérêt jusqu’à la toute fin et j’ai trouvé que Bernadette était très attachante. Québécoise d’origine haïtienne, elle est très attachée à la culture de ses parents et entretient avec sa grand-mère qui vit à Port-au-Prince un lien étroit. Toutes deux sont très proches malgré la distance qui les séparent et Bernadette n’hésite jamais à lui demander conseil. Elle porte ses cheveux tressés qu’elle adore ornementer de perles multicolores. À 11 ans, Bernadette est amoureuse de Lenny, un garçon blanc de sa classe qui n’est pas très populaire. Elle est intéressée par son intelligence et son honnêteté; elle se fiche bien qu’il soit un souffre-douleur plutôt mauvais en sport !

Bref, Bernadette est une fille drôle, débrouillarde et gentille. Elle se passionne pour le tricot et admire l’athlète haïtien Sylvio Cator. Elle ne se comporte pas en victime et n’est pas non plus la cible de racisme dans le récit. Au contraire, ses camarades de classe la perçoivent comme l’une des leurs, par exemple, lorsqu’elle mentionne à son enseignante qu’elle veut faire son projet scolaire sur un pont qu’elle a vu « dans son pays », un garçon lui dit « Bernadette, tu n’es même pas haïtienne. T’es née au Québec! » (p.139). Malgré tout, il arrive un moment dans l’histoire où elle se demande si Lenny ne l’aime pas à cause de sa couleur de peau ou de ses cheveux frisés (p.282). La jeune fille se montre très intéressée par le vaudou, qu’elle espère utiliser pour faire un charme d’amour pour Lenny. Son enseignante lui expliquera alors que l’amour ne peut pas être provoqué. La grand-mère de Bernadette lui parle souvent de cette religion, qu’elle décrit comme « l’art de la grande sorcellerie » (p. 15). Elle lui parle des offrandes, des esprits (par exemple: papa Legba, Ogoun Zobla, etc.) et des croyances vaudous (par exemple le fait qu’il ne peut pas être utilisé pour faire le mal). L’auteure fait preuve d’une sensibilité ethnique et raciale qui personnellement m’a fait du bien en tant que lectrice noire. À un moment, Bernadette mentionne qu’elle arrive difficilement à faire entrer tous ses cheveux dans son bonnet de bain (p.93) et cela m’a fait sourire car c’est une situation très courante chez les personnes ayant les cheveux crépus ou très frisés. Aussi, pour rendre compte du sentiment amoureux et de la gêne de Bernadette face à Lenny qui lui plait beaucoup, l’auteure a choisi d’écrire de manière non hégémonique « mes joues brûlent » (p.188) plutôt que de mettre l’accent sur la couleur des joues. Chapeau !

Le texte et la mise en page est très dynamique: certains mots ont une typographie variée pour mettre l’accent sur certains mots. Les illustrations sont réussies et j’ai adoré les retrouver ici et là dans le livre. L’auteure Nadine Poirier a également écrit Lenny, dans la même série, et j’ai franchement envie de le lire ! Fortement recommandé !

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadine Poirier
Maison d’éditionÉditions de MortagneBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782897920005
Public cible: 10 à 12 ans.

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Naïma et la magie du cirque

Naïma et la magie du cirque (Kinra Girls)Chez Naïma, la vie est gaie, entre des parents aimants et quatre petits frères turbulents. Pourtant, l’argent manque souvent… Alors, quand vient son anniversaire, Naïma ne s’attend pas à ce que son rêve se réalise : des cours à l’école du cirque ! Ce sera le début d’une grande aventure.

Les Kinra Girls sont cinq jeunes filles talentueuses venues des quatre coins du monde. Loin de chez elles, elles vont comparer leurs différences culturelles et devenir amies pour la vie. Dans La magie du cirque, on découvre l’histoire de Naïma avant leur rencontre. Je n’ai pas lu les autres titres des Kinra Girls en entier; sachez que ce titre se lit très bien indépendamment des autres.

Naïma est américaine. Son père est blanc et sa mère, noire. Cette dernière est originaire du Bénin et transmet régulièrement à ses enfants la culture de se pays: la langue fon, la caleta (danse de rue enfantine), les contes traditionnels, etc. La famille est nombreuse et a des soucis financiers. On dit d’ailleurs que le père se rend au travail à vélo, non pas par choix ou conscience écologique, mais parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter une voiture. 

Naïma est entourée de personnages d’origines diverses qui se soucient d’elle et avec qui elle entretient des liens sains: la voisine haïtienne qui lui chante des chansons traditionnelles et lui raconte des histoires de son pays, Fat Eddy le patron (blanc) de son père qui travaille à Coney Island, ou encore Funny Billy un afro-américain qui l’initie aux arts du cirque. Devant son talent naturel pour cette discipline, d’autres enfants commencent à éviter Naïma par jalousie. Le récit se termine toutefois avant que l’on sache comment Naïma vit cette situation. D’ailleurs, le récit, lent au début et précipité à la fin, manque d’une ligne directrice claire. On parvient tout de même a bien cerner le personnage de Naïma auquel on s’attache sans difficulté. En fin d’ouvrage, on retrouve un dossier « pour en savoir plus » où l’on parle du boubou (vêtement traditionnel) et de la tradition orale africaine.

L’univers dans lequel évolue Naïma est somme tout assez genré, et on réitère régulièrement qu’elle est une fille par toute sorte de petits clins d’œil sur ce qui est approprié ou pas pour elle de faire. Par exemple, à à l’école, ses deux frères font toujours semblant de ne pas la voire car « on ne parl[e] pas aux filles devant les copains. C’est la honte, quoi! » (p.94) Naïma n’est pas dérangée par cela et trouve cela normal. Autre exemple, on lui dit de ne pas faire la roue car elle porte une jupe (alors qu’on aurait pas l’idée de surveiller et contrôler la manière dont les garçons s’habillent ou ce qu’ils font). Troisième exemple: alors qu’un garçon (Rico) cherche la bagarre après avoir provoqué Naïma, un intervenant lui dit: « Tu ne dois pas frapper les autres, surtout pas une fille qui t’arrive à l’épaule » (p.98) C’est bien sûr à Rico de s’excuser, mais il dit simplement qu’il la pardonne (!). Naïma se défend en disant que c’est à lui de s’excuser, mais l’intervenant dit qu’au moins, Rico a « fait un effort ». Ainsi, il est acceptable pour un garçon de se montrer violent; l’important est qu’il « fasse l’effort » de se contrôler. Eh, misère…

[SPOILERS] Plus loin dans le récit, Rico tourmente Naïma et va même jusqu’à lui empoigner le bras. La jeune fille se libère de son emprise et se met à courir. Alors que Rico est à sa poursuite, il trébuche et se retrouve les pieds dans le vide du haut d’un immeuble de six étages. Naïma ne peut se résoudre a le laisser tomber à une chute qui lui serait mortelle et elle décide de lui venir en aide. Gêné et reconnaissant, Rico se traite lui-même de « gros nul » et affirme que toute personne qui s’en prend à Naïma ou lui fait des problèmes aura désormais affaire à lui. Ce qui m’a dérangé dans ce passage, c’est qu’à aucun moment Rico ne s’excuse de son comportement macho et violent. De plus, il demeure agressif envers les autres; ce n’est que Naïma qui sera épargnée car elle lui a sauvé la vie. Pis encore, Naïma aura beau lui dire que sa protection n’est pas nécessaire, Rico continuera de la suivre partout contre son gré, de se mêler de ses affaires et de la surprotéger. Bonjour l’absence de consentement. [FIN SPOILERS]

Bref, Naïma et la magie du cirque est un roman intéressant avec des personnages réalistes, mais qui véhicule des messages auxquels je n’adhère pas. Parents, vérifiez si ces messages vous conviennent ou préparez-vous à discuter de cette lecture avec votre enfant avant de lui offrir ce roman. Après tout, tout se lit; mais une bonne discussion sur ses lectures permet parfois de relativiser les choses et constitue un moment d’apprentissage privilégié pour les enfants. À vous de juger.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Moka & Anne Cresci
Maison d’édition: PlayBacBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782809661934
Lectorat cible: 8 à 12 ans
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Feya (tome 1)

feya tome 1Dans une luxuriante forêt hors du temps, vivent des créatures étranges : un magicien poilu, un petit fantôme gourmand et un renard cueilleur de champignons. Cet univers plein d’humour et de loufoquerie n’est pas dérangé par une quelconque humanité puisque celle-ci a disparu. Mais un jour, les bestioles découvrent sous terre un laboratoire secret où hiberne une jeune humaine, Feya. Son réveil malencontreux va provoquer l’apparition d’autres endormis, secte magique et robots géants, ordinateur malveillant et espion au masque de lion, qui souhaitent tous mettre la main sur la dernière (?) survivante de notre race éteinte. Une grande aventure commence !

Assurément, cette bande dessinée en deux tomes plaira aux amateurs de mangas ! J’ai énormément aimé l’aventure, les bagarres, la magie et la technologie dans ce livre destiné aux enfant mais qui plaira à tous. L’auteur Marc Lataste y aborde des thématiques importantes comme l’amitié, la fraternité, l’identité et l’opposition entre la nature et l’avancement de la technologie.

On rencontre Feya pour la première fois alors qu’elle est extirpée par la curiosité d’un renard qui parle et d’un robot volant. Elle ne sait ni qui elle est, ni d’où elle vient. Elle sauvera ses futurs amis d’une attaque d’un monstre affamé. Et déjà, je me suis dit: « Wow, elle est tellement cool! » Le design du personnage est aussi vraiment super, avec son undercut, son tatou sur le crâne et sa combinaison noire. Feya est courageuse, loyale et a soif de comprendre ce qui lui arrive. La dernière représentante du genre humain est une personne noire. Une fille !! Vraiment. Cool.

À la fin de ce premier tome, on découvrira que [SPOILER] Feya n’est qu’un être de synthèse parmi d’autres, construits par l’étrange Doc Bot, dernier véritable humain sur Terre. Elle a été créee pour apporter la paix et est un symbole du métissage entre humains, êtres magiques et robots. Alors, oui, c’est un robot, mais c’est aussi une fille noire, même si dans le monde où elle vit, les humains ont disparu. [FIN SPOILER] À découvrir au plus vite !

Coup de coeur !

feya tome 1 extrait

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Feya, 1
Auteur(s) / illustrateur(s) : Marc Lataste
Édition: Vide Cocagne, 2018Bouton acheter petit
ISBN: 9791090425903
Prix: 26,95$
8 ans et plus

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Le garçon sorcière

Garçon sorcièreDans la culture du jeune Aster, treize ans, toutes les filles sont élevées pour devenir des sorcières et les garçons, des métamorphes. Toute personne qui ose contrevenir à cette tradition est exclue. Malheureusement pour Aster, il demeure incapable de se métamorphoser… et il est toujours aussi fasciné par la sorcellerie, bien qu’elle lui soit formellement interdite. Lorsqu’un danger mystérieux menace les autres garçons, Aster sait qu’il peut aider… avec la sorcellerie. Avec les encouragements d’une nouvelle amie excentrique, Charlie, Aster se laisse enfin convaincre d’exercer ses talents de sorcière. Mais il aura besoin d’encore plus de courage pour sauver sa famille… et en réalité, se sauver lui-même.

C’est d’abord le titre qui m’a interpellé lorsque j’ai aperçu ce livre sur une étagère de ma bibliothèque de quartier. Le « garçon sorcière » ? N’est-ce pas simplement un sorcier ? Puis, les illustrations m’ont beaucoup plu et j’adore les bandes dessinées à tome unique. J’ai commencé ma lecture dès que je suis arrivée à la maison et je n’ai pas pu m’arrêter avant d’avoir terminé ! L’histoire est fascinante. Il s’agit d’un monde différent du nôtre, mais en même temps, assez semblable. Du fantastique, de la magie, du suspense ! Tous les ingrédients sont là pour me plaire. Au début du livre, il y a un arbre généalogique où ont découvre la famille d’Aster. Son père est noir et sa mère, blanche. Sa tante a marié une femme. Son grand-père est absent de l’arbre généalogique et à la lecture de la bande dessinée, ont découvrira pourquoi.

Le garçon sorcière 2

Dans l’histoire, on ne remet pas en question le métissage d’Aster, ni l’homosexualité de sa tante. Toutes ces différences sont normalisées. Toutefois, la différence d’Aster (à savoir qu’il s’intéresse à la magie malgré le fait qu’il soit un garçon) est au centre de l’histoire. C’était intéressant de voir cette dualité de point de vue. La normalité est bien relative !

AsterLe garçon sorcière witch boy 3 fera très tôt dans l’histoire la connaissance de Charlie, une voisine humaine. Elle est noire, a les cheveux crépus ornés de perles, et s’intéresse au basketball et au baseball. Or, son école vient de séparer les activités de gars et de filles. Du coup, les garçons font beaucoup plus de sport que les filles et elle ne pourra sans doute pas jouer cette année, alors que c’est le sport que Charlie aime faire ! Ainsi, Aster et Charlie créeront des liens sur leurs frustrations et leur conviction que tous devraient avoir le droit de faire les choses dans lesquelles ils sont doués. Car Aster est doué pour la magie. Il n’est pas bon dans les « activités de garçons » (c’est-à-dire la métamorphose), mais est persuadé que son don pour la magie pourra aider à élucider le mystère de la disparition de son cousin. Il prendra d’ailleurs confiance en lui lorsqu’il parviendra avec succès à guérir la jambe cassé de Charlie à l’aide de la magie.

Bref, c’était absolument rafraîchissant de voir autant de diversité raciale et sexuelle dans une bande dessinée adressée aux enfants et aux adolescents. Molly Knox Ostertag est une bédéiste à surveiller ! Le garçon sorcière est sa première bande dessinée en tant qu’auteur-illustratrice.

Coup de cœur !

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Molly Knox Ostertag
Maison d’édition : Éditions Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication : 2018
ISBN : 9781443168809
Lectorat cible : 10 à 17 ans

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La fenêtre magique

la fenêtre magiquePour une petite fille, la fenêtre de la cuisine de ses grands-parents est source de magie… Récit de découvertes enfantines, cet album est aussi un hymne à la relation unique entre petits-enfants et grand-parents.

Les illustrations naïves et colorées de cet album utilisent le crayon, la peinture et le feutre. La mise en page exceptionnelle donne à voir le lien entre une petite fille métissée et ses grands-parents qui la gardent le temps d’une journée. Les joues rouges des personnages leur donne un air heureux. La grand-mère, appelée Nanny, est noire et a les cheveux bouclés et gris. Le grand-père, appelé Poppy, est blanc, chauve et a les yeux bleus. Le texte nous pousse à observer et à apprécier la lenteur et la douceur de la vie. Un livre merveilleux.

*Prix Caldecott 2006 pour l’édition originale

Auteur(s) / illustrateur(s) : Norton Juster & Chris Raschka
Maison d’édition: Le Génévrier Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782362900235
Public cible: 4 à 7 ans
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Disparais !

disparais escoffierCharlotte aime beaucoup ses parents, même si ce ne sont pas les siens. Car Charlotte vient d’une autre planète. De temps en temps, elle s’en souvient. Là-bas, elle faisait tout ce qu’elle voulait, c’est-à-dire n’importe quoi. Quel bonheur ! Ses parents terrestres, eux, n’ont rien compris et passent leur temps à lui donner des ordres absurdes : manger, ranger, se laver, faire ses devoirs, dormir. Aussi, Charlotte a décidé de s’en débarrasser. Mais pour ça, il lui faut une boîte de magie et une baguette…

Cet album est absolument fantastique ! Quel enfant n’a pas rêvé avoir une boîte magique ? Et quel enfant n’a pas rêvé à la liberté de faire tout ce qu’il veut quand il le veut ? Faire disparaître ses parents avec une baguette magique, cela semble de prime abord ne pas être une si mauvaise idée. Mais ce n’est pas si simple…

La famille de Charlotte est multiraciale: son père est noir et sa mère est blanche. Charlotte a les cheveux bruns, courts et lisses. Elle a énormément d’imagination. Elle se sent prête à vivre comme une grande et faire ses affaires de manière autonome, mais elle réalisera que ses parents, même s’ils imposent pas mal de règles, lui apportent confort et sécurité. Cet album est un plaisir à lire et à raconter. Il peut aussi se lire de manière autonome par un enfant en apprentissage de la lecture. Dans cet album, certains dialogues sont présentés dans des phylactères. Le rouge vif et jaune pétant donnent également fière allure à ce livre jeunesse drôle et rassurant à la fois. L’éditeur suggère de 3 à 5 ans, mais les enfants de 6 à 10 pourraient mieux comprendre le récit.

Coup de cœur !

disparais 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Michaël Escoffier & Matthieu Maudet
Maison d’édition: École des loisirs Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782211231458
Public cible: 6 à 10 ans.

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Probouditi !

probouditiLe jour de son anniversaire, Calvin assiste au spectacle du magicien Lomax le magnifique. Impatient d’essayer lui-même ses techniques d’hypnose, il les applique à sa jeune soeur Trudy en lui faisant croire qu’elle est un chien. Toute la journée, la petite Trudy aboie et marche à quatre pattes, menant la vie dure à son frère qui a oublié le mot à prononcer pour faire cesser l’état d’hypnose. (c) À livres ouverts.

Calvin ne s’entend pas bien avec sa petite sœur et adore l’embêter. Il la rejette parfois et l’exclue de ses jeux. J’ai eu pitié pour elle, car elle souhaite vraiment pouvoir passer du temps avec son frère. Cela a été difficile de la voir ainsi rejetée; certains y verront même de l’intimidation.

Cela dit, la fin du livre semble suggérer que ce n’est pas la petite Trudy qu’il faut prendre en pitié, mais peut-être bien son frère car Trudy est bien plus futée qu’elle n’y paraît. On ne saura jamais si se comporter en chien a été pour elle une manière détournée d’obtenir ce qu’elle voulait et si elle a fait semblant d’être hypnotisée. Au fond, devrions-nous avoir pitié de Calvin qui ne sera jamais rien d’autre qu’un enfant méchant et égoïste ? Et puis, n’existe-t-il pas toujours une certaine compétition entre les membres d’une même fratrie ?

Il est également possible d’aborder ce livre sous l’angle du contexte des États-Unis de la seconde moitié du XXe siècle. Les voitures anciennes arpentent les rues, les deux garçons noirs s’assoient à l’avant de l’autobus publique qui les ramène chez eux, le décor de la probouditi 2maison familiale, la mode vestimentaire et les jeux auxquels jouent les enfants sont d’autant d’éléments à analyser pour bien comprendre le contexte historique. Cet album offre donc plusieurs points d’entrée. Tout n’est pas dit, tout n’est pas clair. Je recommande donc une lecture accompagnée. Il serait idéal pour une lecture en classe ! D’ailleurs, le site web À livres ouverts offre plusieurs pistes de réflexions pour une exploitation en classe de 4ème, 5ème ou 6ème année du primaire.

Je ne peux passer sous silence les illustrations précises et détaillées de Chris Van Allsburg. Les tons de sépia offrent chaleur et se déploient tels des tableaux de grands maîtres sous les yeux des lecteurs.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Chris Van Allsburg
Maison d’édition: L’École des loisirs
Année de publication: 2006
ISBN: 9782211086592
Public cible: 8 à 11 ans

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