Magic Charly (tome 1): L’apprenti

On peut avoir un chat doué de capacités hors du commun et tout ignorer de l’existence des magiciers. C’est le cas de Charly Vernier, jusqu’à ce qu’il découvre que sa grand-mère pourrait être un membre éminent de cette société.Mais elle court un grave danger. S’il veut la sauver – et se sauver lui-même -, Charly n’a pas le choix, il lui faut devenir apprenti magicier. Bienvenue dans le monde ensorcelant de magic Charly !

Beignets de prédiction, grimoires volants, serpillière enchantée et pilleur d’âmes… Le monde merveilleux créé par Audrey Alwett est riche et complètement imprévisible. Le personnage principal est Charly, un garçon noir, dont la grand-mère est atteinte d’une mystérieuse et soudaine amnésie. Pour la sauver et lui venir en aide, Charly découvrira le monde magique situé juste à la lisière du nôtre.

La représentation de ce personnage principal noir est positive puisque Charly est un garçon qui n’est pas réduit à sa couleur de peau. On le mentionne au passage, comme on mentionnerai toute autre description physique, en page 14: « Il passa une main incertaine dans ses cheveux crépus et mouilla ses yeux pour donne l’impression qu’ils étaient réveillés. Puis il redressa la tête et tenta un sourire dynamique. Ce fut plutôt efficace, mais uniquement parce qu’il était expert en sourire. » Charly n’est pas malheureux de son identité raciale et dans le roman, cette identité ne rend pas son existence difficile. Toutefois, l’autrice (blanche) fait preuve d’une sensibilité raciale lorsqu’elle mentionne tout de même qu’être noir amène son lot de racisme ordinaire, comme lors de ce passage où son amie Sapotille reproche à Charly de manquer d’autorité alors que ce dernière avait du mal à se montrer ferme en face de serpillières enchantées:

– C’est pas permis de manque d’autorité à ce point! Avec tous les avantages que tu as… je veux dire, tu es super grand, super musclé et tu te laisses faire commme une chiffe. Et même par une chiffe, ce qui est encore pire!
Charly était lassé de sa propre médiocrité, mais il n’était pas prêt à tout laisser passer:
– Je suis un grand Noir costaud alors je suis supposé être une brute, c’est ça?
– Non, ce n’est pas ce que je…
– Au cas où personne ne l’aurait remarqué, ça ne me plaît pas d’impressionner les gens! Je n’aime pas le regard méfiant qu’on me lance quand je passe à moins d’un mètre de quelque’un comme si j’allais lui cogner dessus. Je n’aime pas que la fille que j’ai failli percuter me regarde comme si je l’avais fait exprès. Ou qu’elle simagine que je lui ai tiré les cheveux, juste parce que ses préjugés lui disent que c’est forcément moi le coupable! La violence, ce n’est pas mon truc. L’autorité non plu. je n’aime pas… forcer les gens à faire des choses contre leur gré. Et les serpillières non plus, d’accord? » (p.161)

Ce roman de plus de 400 pages plaira aux bons lecteurs amateurs de récits fantastiques!

Magic Charly, 1: L’apprenti
AUTEUR(S) : Audrey Alwett 
ÉDITION: Gallimard Jeunesse, 2019
ISBN: 9782075121453
PRIX: 27,95$
11 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le deuxième tome de la série, Bienvenue à Saint-Fouettard. Essayez aussi Akata Witch, un roman fantastique, ou Entre Chiens et loups, un roman de science-fiction pour adolescents.

Sorcière vaudou

Morane est intriguée par l’arrivée de sa nouvelle voisine haïtienne. Une aura de mystère semble l’entourer, car des phénomènes étranges ont lieu en sa présence. Elle la soupçonne d’être une sorcière, prête à leur jeter des mauvais sorts.

Ouf. Par où commencer? Avant même d’ouvrir le livre, déjà, le titre: « Sorcière vaudou ». J’ai beaucoup de mal avec cette association commune entre vaudou et sorcellerie. Toute religion est faite de croyances et de gestes qui échappent à toute explication scientifique. Ça n’en fait pas des formes de sorcellerie. Les personnes qui pratiquent le vaudou sont appelées vaudouisantes, pas sorcières. Ensuite, la page couverture ne fait qu’en ajouter une couche en montrant une personne en contre-jour qui semble évoquer un démon ou je ne sais quoi. Deux personnes, blanches, ont l’air effrayées. Le livre est publié dans la collection Frissons chez l’éditeur, Héritage Jeunesse: Oui, parce que le vaudou, c’est un truc de récits d’horreur. Eh, misère… 🤦🏿‍♀️

J’avais déjà lu quelques romans de l’autrice afro-québécoise Dïana Bélice et j’avais chaque fois pu relever des passages et représentations problématiques dans ses livres. J’ai tout de même tenté d’entamer ma lecture de Sorcière vaudou avec un esprit ouvert. Le personnage principal de l’histoire est Amandine, une petite fille noire que l’on rencontre pour la première fois en page 4 où elle est décrit comme étant coiffée d’énormes lulus qui « ressemblent à d’énormes nuages noirs ». C’est une nouvelle élève venue d’Haïti et elle est donc sujette à l’attention et la curiosité de ses camarades. C’est normal. Et même s’il est clair qu’il s’agit d’une petite fille noire, ce n’est pas la couleur de sa peau qui attise les regards, mais simplement le fait qu’elle soit nouvelle. Sauf que dès la page 5, elle monte dans l’autobus scolaire, salue le chauffeur et regarde autour d’elle les passagers déjà installés, et on dit qu’il s’agit d’une attitude étrange (!). Par la suite, des choses tout à faits banales et normales (des sourires, des paroles anodines, des jeux, de la nourriture, une invitation à une fête) seront qualifiés d’étranges, effrayants, mystérieux, surnaturels, maléfiques ou suspects, et ce, sans aucune raison apparente. L’autrice surfe sur le fait qu’Amandine soit différente des autres (immigrante, nouvelle) pour créer une aura effrayante autour d’elle tout au long du roman. Pourtant, c’est bien la base de la xénophobie: ce qui est étranger et différent fait peur. J’ai trouvé ça vraiment maladroit qu’on utilise la différence ethnique et raciale pour en faire un récit d’horreur.

Après, j’ai vraiment senti que l’autrice ne s’adressait pas à moi en tant que lectrice noire. Ce qui est supposé faire peur est en réalité pour moi des choses familières. Par exemple, du riz collé accompagné de lambi, un délicieux plat haïtien, est comparé à des vers de terre pour faire peur au lecteur. On dit d’Amandine et de sa famille qu’ils pratiquent de la magie noire alors qu’ils sont simplement vaudouisants. Les vieux grands-parents d’Amandine, parce qu’ils ont le teint sombre et sont âgés, sont comparés à des zombies effrayants. Un membre de la famille d’Amandine, « aussi foncé que la nuit » sourit de ses dents blanches et les deux camarades blancs d’Amandine frissonnent (p.34). Dans quel monde est-ce que des personnes normales qui ressemblent aux membres de ma famille doivent-ils me faire peur?? J’ai vraiment senti que ce roman était écrit d’abord et avant tout pour le lectorat blanc.

Au milieu de l’histoire, les deux camarades blancs d’Amandine vont faire des recherches sur la magie noire et, bien sûr, vont tomber sur le vaudou. Ils en concluront que la famille d’Amandine sont « des sorciers vaudous! Comme dans les films d’horreur! » (p. 63). Et on aura bien sûr droit au passage sur la poupée utilisée pour jeter des sorts maléfiques.

À la fin de l’histoire, les deux camarades blancs d’Amandine confronteront cette dernière et elle leur expliquera tout ce qu’ils avaient mal interprété. Ses jeux dans la cours d’école étaient en réalité une célébration pour remercier la vie de ses bienfaits; les os dans sa boîte à lunch étaient simplement les restes de son repas; les « zombies » chez elle étaient ses grands-parents; et il n’y avait aucun lien entre la poupée aux cheveux coupés et la nouvelle coiffure d’une élève de l’école. Mais même si on mentionne que « lorsque les gens ne connaiss[ent] pas quelque chose, ça fait peur […], quelques fois ils s’inventent des histoires auxquelles ils préfèrent croire au lieu de s’informer. » (p.93), ce n’est pas suffisant pour passer sous silence les 92 pages précédentes bourrées de clichés et de stéréotypes. Dommage. Je n’ai vraiment pas aimé ce roman.

Dïana Bélice est une autrice québécoise d’origine haïtienne.

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Sorcière Vaudou
AUTEUR(S): Dïana Bélice
ÉDITION: Héritage jeunesse, 2020
ISBN: 9782898121845
PRIX: 10,95$
8 ANS ET PLUS

Voici trois autres livres avec des représentations problématiques de personnages noirs: F pour fille: Emma, Zoé: Championne de cas ratés, et Il faut sauver Nikili!

Akata Witch

Mon nom est Sunny Nwazue et je perturbe les gens. Je suis nigériane de sang, américaine de naissance et albinos de peau. Être albinos fait du soleil mon ennemi. C’est pour ça que je n’ai jamais pu jouer au foot, alors que je suis douée. Je ne pouvais le faire que la nuit. Bien sûr, tout ça, c’était avant cette fameuse après-midi avec Chichi et Orlu, quand tout a changé. Maintenant que je regarde en arrière, je vois bien qu’il y avait eu des signes avant-coureurs. Ce n’est pas comme si des choses bizarres ne m’étaient pas déjà arrivées. Rien n’aurait pourtant pu me préparer à ma véritable nature de Léopard. Être un Léopard, c’est posséder d’immenses pouvoirs. Si j’avais su en les acceptant qu’il me faudrait sauver le monde, j’y aurais peut-être réfléchi à deux fois. Mais, ce que j’ignorais alors, c’est que je ne pouvais pas empêcher mon destin de s’accomplir.

Il y a quelque chose de spécial dans ce roman. Il a eu une très belle couverture médiatique, est écrit par une personne noire et a pour personnages principaux presque qu’exclusivement des noirs. C’est assez rare de retrouver ces trois éléments ensemble pour un seul livre, jeunesse en plus! Évidement, je ne pouvais pas passer à côté. Déjà, quand j’ai repéré ce livre à la librairie, la page couverture m’a beaucoup plu. Cet autobus coloré, ces couleurs éclatantes et bien entendu, cette jeune fille, cheveux afro, habillée à l’occidentale, qui semble avoir tellement de pouvoir. J’ai été intriguée. La quatrième de couverture pose clairement les bases du récit et du personnage principal:

Mon nom est Sunny Nwazue et je perturbe les gens. Je suis nigériane de sang, américaine de naissance et albinos de peau. Contrairement au reste de ma famille, j’ai des cheveux jaune paille, la peau couleur « lait tourné » et des yeux noisette. Être albinos fait du soleil mon ennemi. Ma peau brûle tellement vite que j’ai parfois l’impression d’être inflammable.

Cette différence sera la force de Sunny car c’est grâce à elle qu’elle développera des pouvoirs. J’ai aimé ce message sous-jacent au récit: nos différences sont nos forces, c’est en elles que nous devons puiser courage, fierté et énergie.

Ce qui rend ce roman spécial également, c’est la manière qu’a l’auteure de rendre visible le blackness, par opposition à la blanchité qui est souvent posée comme étant la norme, le standard auquel il faut se référer en littérature jeunesse. Ce sont des choses toutes bêtes, mais qui font partie de mon quotidien et du quotidien de nombreuses personnes racisées, mais que je ne retrouve pas ailleurs dans mes lectures. Des choses comme des personnages qui tchouipent, une mythologie africaine plutôt que grecque ou romaine, des langues non occidentales, une couleur de peau normalisée. Vous en connaissez beaucoup, des livres jeunesse dans lesquels les personnages tchouipent? Pas moi. Pourtant, c’est fou, quand on y pense, ça fait tellement partie de ma culture, de mon quotidien, et moi qui lit énormément, je le fois jamais dans mes lectures. Ça fait réfléchir…

Ce roman est bourré de fantaisie, de magie, de mystère, mais sans que ce soit à travers le « white gaze » (le regard blanc, en quelque sorte). Car si oui, on y parle de magie, on est bien loin des chapeaux pointus des sorcières au nez crochu, ou encore des chamans menaçants. On découvre tous les éléments magiques et nigérians des yeux de Sunny qui doit s’adapter à la culture après avoir vécu longtemps aux États-Unis. Les lecteurs blancs pourraient être déstabilisés au début, mais seront rassurés de constater que Sunny peut aussi s’étonner des mêmes choses qu’eux. Même si Sunny parle l’igbo, elle a toujours l’accent américain et se sent parfois comme une étrangère. Son parcours de vie est intéressant: Noire, mais albinos, Nigériane d’origine, mais américaine de culture: qui est-elle? Au-delà de la quête magique, c’est l’histoire de Sunny et sa découverte de soi qui m’a interpellé dans ce roman.

On a beaucoup comparé ce roman à la saga d’Harry Potter: un trio d’amis dans l’enfance (même s’ils sont quatre avec l’arrivée de Sunny), des guides adultes qui agissent comme des professeurs, des méchants à combattre, un personnage principal prédestiné à faire de grandes choses, des niveaux à atteindre, le devoir de se choisir un couteau à juju (une baguette magique dans Harry Potter), un monde magique inconnu des gens normaux, des esprits qui rappellent les patronus de l’univers de J.K. Rowling… Oui, mais en même temps, je me dis, bien sûr qu’on va comparer à Harry Potter, les référents sont blancs (auteure blanche et personnages blancs) et ce sont ces référents que nous avons en tout temps, tout moment en occident. C’est comme si on essayait de comprendre Akata Witch, de le catégoriser, de se dire « Je comprends pas trop ce livre, mais si tu me dis que c’est comme Harry Potter, ah!, là, je m’y retrouve ». J’aime voir Akata Witch comme une histoire unique en soi, pas une pâle copie « racisée » d’Harry Potter. Je veux dire… c’est un roman de fantasy, bien sûr qu’on va retrouver des tropes narratives spécifiques à ce genre littéraire. C’est trop facile de tomber dans la comparaison, à mon avis. Au contraire, je trouve que l’auteure Nnedi Okorafor a trouvé une manière rafraîchissante d’insuffler un vent de nouveauté au genre.

J’ai aimé le funky train et les chittims (ces pièces de monnaies magiques), et aussi le mystérieux personnage de Black Hat Otokoto qui ajoute une bonne dose de suspense au récit. Même si les personnages sont jeunes (12 ans pour Sunny), enfants et adultes aimeront ce roman initiatique à l’univers riche et aux personnages bien campés, qui mélange fantasy, action et critique de la société occidentale.

Coup de cœur!

* Prix Amelia Bloomer Book List du American Library Association en 2012.

* Prix des libraires du Québec 2021.

Nnedi Okorafor est une autrice américaine d’origine Nigériane.

Akata Witch (tome 1)
AUTEUR(S) : Nnedi Okorafor
ÉDITIONÉcole des loisirs, 2020
ISBN: 9782211304344
PRIX: 16,99$
12 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le tome 2 de la série, Akata Warrior. Essayez aussi La promesse du fleuve, un roman initiatique de fantasy, et Les Belles, un roman avec des éléments de science-fiction écrit par une autrice racisée.

Les chroniques d’Under York (tome 1): La malédiction

Situé dans les profondeurs de New York, l’Under York est un lieu mystérieux où règnent cinq clans de sorciers issus des principales communautés du pays, qui pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse. Bannis depuis toujours de la surface, ils influent en secret sur la vie de ses habitants. Alison Walker, jeune peintre prometteuse, a fui cet univers. Mais voilà que le passé la rattrape.

Un scénario prenant, des personnages crédibles et des dessins dignes des canons des univers Marvel et DC Comics, Les Chroniques d’Under York a tout pour plaire. Le scénariste belge Sylvain Runberg y raconte l’histoire d’Alison, une jeune sorcière qui veut oublier d’où elle vient pour se consacrer à sa passion (l’art), le tout dans un style d’Urban Fantasy fascinant. Alison est une fille métisse de 22 ans dont les ancêtres béninois ont été amenés de force aux États-Unis durant la traite négrière au XVIIIe siècle. Sa ville, New York, est celle de personnes venus de partout dans le monde, et on retrouve beaucoup ce côté cosmopolite dans le récit. J’ai été transportée hors de mon quotidien en lisant cette bande dessinée: les sociétés de l’Under York divisées en 5 grands clans, les mythes, la vie sous-terraine des mole people… Tout y est pour faire oublier le quotidien. Le monde créé par Runberg est très riche! Des clans aux codes de vie très stricts, issues des principales communautés du pays (africaine, irlandaise, chinoise, mexicaine et amérindienne), pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse.

Alison est fougueuse et courageuse. Elle est aussi très sensible aux enjeux féministes et dénonce le sexisme qui existe dans l’Under York. À travers les pages de son journal, elle se dévoile et nous raconte ses aventures, ses défis et ses problèmes. J’ai aimé pouvoir le lire entre chaque chapitre. D’ailleurs, ce premier tome se termine sur une note plutôt mystérieuse qui donne le goût de continuer la série.

Au dessin, on a l’artiste Mirka Andolfo, connue pour avoir illustré notamment une série de Harley Quinn chez DC comics. Sans surprise, son style ressemble beaucoup à l’esthétique que l’on retrouve énormément en ce moment dans l’univers des comics américains. Andolfo a réussi à créer un univers sombre et glauque qui cadre parfaitement avec l’histoire d’Under York. Et franchement, on ne peut pas passer à côté de la qualité des couleurs et de l’encrage de Piky Hamilton et Carmelo Zagaria: les ombres, les traits et la création d’atmosphère tapent dans le mille à chaque planche. Juste un petit bémol au niveau de la couleur de peau des personnages noirs: de cases en cases, la couleur change parfois beaucoup, tellement qu’il faut un moment pour se dire: « Ah, ouais, en fait, c’est le même personnage que tout à l’heure ». Aussi, les tons de brun et beige utilisés sont parfois blafardes et manquent de punch.

Bref, voilà une bande dessinées pour les ados et jeunes adultes où se côtoient fantasy, diversité, égalité et action. Une série en trois tomes publiée chez Glénat, qui plaira aux ados! À découvrir!

Les chroniques d’Under York: La malédiction
AUTEUR(S):  Sylvain Runberg & Mirka Andolfo
ÉDITION: Glénat, 2019
ISBN: 9782344032299 
PRIX: 27,95$
14 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le deuxième tome de cette trilogie, intitulé Possession. Essayez aussi Si on était… et Les quatre soeur March, deux bandes dessinées pour les adolescents avec des personnages issus de la diversité raciale.

Ma

Comme tous les jeunes du village, Félix rêve de partir en ville, et même en Europe, quand il sera adulte. Vivre loin de Méfomo et de ses cases perdues dans la forêt africaine !Mais un jour, à la rivière, il surprend une fille en train de se baigner. Elle se fait appeler Magali. Elle est belle et sauvage. D’où vient-elle, avec tous ses secrets ? Le cœur de Félix va vite être accroché…

Un court roman de tout juste 87 pages, tout en sensualité et en finesse. Dès les premières lignes, c’est la plume de Louis Atangana qui m’a charmée. Des phrases courtes et percutantes qui nous tombent dessus comme une tonne de briques.

Ma est un personnage intéressant. Alors que son village croit qu’elle est une sorcière, elle ne veut que garder son fils près d’elle. Il y a peu de péripéties dans l’histoire; c’est avant tout le récit de relations, de personnages qui se croisent, se mêlent, s’aiment ou se détestent.

On retrouve plusieurs références au roman Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez et c’est dans ce livre que Félix tente de puiser connaissance et la clé qui fera de lui un homme. Ma est un roman touchant sur le passage à l’âge adulte.

« Ils se turent un instant. Très loin, dans la brousse, un cri déchira la fin du jour. Félix pensa à la Mamie Wata. Existait-elle vraiment? On disait qu’elle sortait du fond de la rivière, la nuit, lorsque la lune était ronde. Elle chantait pour attirer les hommes. Un chant merveilleux. Savoureux. De miel et de vin de palme. Douceur et ivresse. Il ne fallait pas l’écouter si on ne voulait pas être envoûté. Devenir son esclave. Tous ceux qui avaient succombé à son charme avaient été emportés au fond de la rivière. On avait retrouvé leur corps gonflé. Leur âme était restée dans le royaume de la Mamie Wata. Pour toujours. (p.17)

Ma
AUTEUR(S) : Louis Atangana
ÉDITION: Rouergue Jeunesse, 2012
ISBN: 9782812603075
PRIX: 16,95$
13 ans et plus

Louis Atangana est un auteur d’origine franco-camerounaise.

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Sur les traces de Loubaye Dantor, La balade Toucoulore de Samba Foul, ou encore Uppercut, trois livres pour les ados ayant des personnages issus de la diversité.

Baby-sitters Petite soeur : Karen et la sorcière

Dans cette série dérivée du célèbre Club des Baby-Sitters, les petites soeurs s’emparent de la scène! Karen Brewer aime ses deux familles. Cela veut dire deux Noëls, deux fois plus de jouets et deux maisons. À côté de chez son père et sa belle-mère vit Mme Porter, alias Morbida Destinée. Karen est convaincue que Mme Porter est une sorcière. Elle porte de longues robes noires, ses cheveux sont gris et ébouriffés, et elle a un chat noir. En plus, elle passe son temps dans son jardin à s’occuper de ses herbes aromatiques. Karen est sûre que son effrayante voisine prépare une réunion de sorcières. Comment va-t-elle persuader ses amis qu’elle a raison?

L’éditeur dit de cette BD qu’elle évoque les préjugés et célèbre les différences. Je n’ai pas du tout eu cette impression en lisant ce livre. Si Karen a beaucoup de préjugés envers sa voisine qu’elle pense être une sorcière, à aucun moment elle n’apprendra qu’il faut connaître une personne avant de la juger ni ce que sont les préjugés. On lui dit simplement d’arrêter d’espionner les gens. Et Karen ne se contente pas de vouloir découvrir si sa voisine est une sorcière ou pas, elle va jusqu’à lui prêter des fausses intentions, l’accuser de comploter pour faire du tort au voisinage, et ira même jusqu’à se pointer chez la voisine pour gâcher son club de jardinage en portant ses accusations devant tous les invités.

Heureusement, Hannie (une petite fille noire), sa meilleure amie quand elle est chez son père, sera là pour tenter de la raisonner un peu. Elle aura des appréhensions quant aux plans de Karen et essayera de la décourager de poser certaines actions répréhensibles. Hannie a un rôle tout de même assez mineur. On ne saura pas si elle a aussi été punie pour avoir été complice des agissement de son amie.

Disons que cette adaptation aurait bénéficié d’une mise à jour car l’histoire a assez mal vieilli. Les personnages principaux sont très jeunes (6 ans) et je doute que leurs aventures intéressent vraiment les enfants de 8, 9, 10 ans. Or, le texte est trop complexe pour qu’un enfant de 5-6 ans le lise de manière autonome. Je n’ai pas aimé.

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Baby-sitters petite soeur: Karen et la sorcière
AUTEUR(S) : Katy Farina, d’après Ann M. Martin
ÉDITIONScholastic, 2020
ISBN: 9781443181266
PRIX: 16,99$
6 à 8 ANS

Le prince et la sorcière et la voleuse et les ours

Une aventure débordante de revirements qui surprendra les amateurs de contes traditionnels à coup sûr! À l’heure du dodo, le papa de Jacob raconte à son fils une histoire vieille comme le monde à propos d’un prince qui habite un village lointain, où vivent des dragons, des loups et des princesses en détresse. Curieux, Jacob ne peut s’empêcher d’ajouter des éléments à l’histoire de son père. Bientôt, le prince est rejoint par une sorcière maléfique qui transforme les gens en gelée, une grenouille ninja qui se bat à coups de brocoli et une princesse experte en crochetage des serrures.

Hahahaha! Quelle drôle d’histoire! J’ai adoré! Un garçon noir et son père inventent au fil de leurs envies une histoire de prince et de princesse pas comme les autres qui déconstruit la structure traditionnelle des contes, ainsi que les clichés reliés au genre (par exemple, lorsque Jacob se plaint qu’il voudrait que se soit la princesse qui sauve le prince pour une fois). Ce n’est peut-être pas l’histoire que le papa voulait raconter, mais ensemble, Jacob et lui créent un récit dynamique et tout simplement hilarant! Sans l’ombre d’un doute, j’ajoute ce livre à ma bibliographie sur les contes réinventés car les enseignants me demandent régulièrement ce genre de livres pour leurs classes de primaire à la bibliothèque.

Les illustrations colorées aux traits ronds sont un plaisir pour les yeux et participent à la narration de l’histoire. Un livre intelligent, inventif, drôle et loin des clichés. Que voulez-vous de plus? 😉

Coup de cœur!

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Le prince et la sorcière et la voleuse et les ours
AUTEUR(S)
: Alastair Chisholm, Jez Tuya
ÉDITIONScholastic, 2019
ISBN: 9781443173872
Prix: 11,99$
4 à 8 ANS

Kalita

kalitaUn jour, Hatiam s’enfonce dans la forêt. Soudain surgit une horrible vieille, puis apparaît une jeune fille aux yeux brillants comme des étoiles. La sorcière accepte que sa fille parte avec Hatiam, à une condition : Kalita ne devra plus jamais revoir sa famille. Mais pourquoi Hatiam se réveille-t-il avec trois plumes posées sur lui?

Le musée Dapper (Paris) nous offre ici un superbe livre jeunesse où planent le mystère et l’étrange. Ce récit, magnifiquement écrit et illustré, nous entraîne dans un pays africain, unique et pluriel à la fois, et nous fait découvrir certaines des us et coutumes du continent. Une fable fantastique, étrange et envoûtante qui traite de sorcellerie, d’amulettes, de pouvoirs et de croyances africaines et créoles. À lire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christiane Falgayrettes-Leveau & Philippe Davaine
Maison d’édition: Éditions Dapper
Année de publication: 2005
ISBN: 2915258163
Public cible: 8 à 11 ans
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Née en Guyane française, l’auteure Christiane Falgayrettes-Leveau est aussi à la direction du Musée Dapper depuis plusieurs années.

christiane falgayrettes-leveau

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Cruelle Cruellina

cruelleCruellina est une sorcière méchante, plus laide qu’un vieux pou, qui vit dans les égouts et qui utilise les enfants pour se faire des meubles. La curiosité de Casimir Menhir, alliée à l’intrépidité de Ninon Carton, les mène tout droit dans la grotte de la sorcière crasseuse où ils deviennent balai et robinet. Pauvre Cruellina ! Elle ne sait pas sur qui elle vient de tomber…

Parfait pour l’Halloween, ce livre plaira aux enfants qui auront assez de courage pour le lire le soir avant de se coucher… 😉 Jolies illustrations colorées et rigolotes. Un personnage noir, un garçon, qui se donne le droit d’avoir peur, de pleurer et d’être courageux. Plusieurs expressions, tournures de phrases et mots québécois.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Carole Tremblay & Dominique Jolin
Maison d’édition: 400 coups Bouton acheter petit
Année de publication: 2009
ISBN: 9782895404378
Public cible: À partir de 7 ans

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Kirikou et la sorcière

kirikou-et-la-sorciereKirikou n’est pas grand mais il est vaillant, chantent les enfants du village… C’est peut-être pour cela qu’il va se poser la question essentielle : pourquoi la sorcière, celle qui ruine le pays et terrorise tout le monde, pourquoi la sorcière est-elle si méchante?

Une adaptation un peu boiteuse du film. Le récit, dont certains moments clés sont réduits en quelques phrases à peine, survole à la va-vite les péripéties du film. Le film a toute son âme et sa beauté; le livre n’est qu’une copie éducolorée d’un chef d’oeuvre d’animation. Dommage. Les illustrations sont toutefois tout aussi riches et belles que le film. Mise en page équilibrée et couverture rigide.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Michel Ocelot
Maison d’édition: Éditions Milan Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782745904713
Public cible: À partir de 6 ans

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