Je marche avec Vanessa

Inspiré par des événements réels, Je marche avec Vanessa raconte le sentiment d’impuissance et de colère qui se manifestent suite à l’intimidation d’un camarade de classe et montre comment un seul acte de gentillesse peut amener toute une communauté à s’entre-aider. Avec des thèmes d’acceptation et de gentillesse, cette histoire de bien-être intemporel et profond résonnera avec les lecteurs, jeunes et moins jeunes.

Gros coup de cœur pour cet album sans texte aux illustrations douces qui croque une tranche de vie enfantine. Je marche avec Vanessa est le récit tout simple d’une bonne action. Je suis toujours impressionnée par le talent des illustrateurs et illustratrices qui parviennent à raconter seules des histoires touchantes et émouvantes. Particularité de cet album: la grande place accordée au blanc et à la mise en page épurée. Il aurait été aisé d’ajouter du texte, car ce n’est pas la place qui manque. Mais au contraire, le texte aurait été superflu. Les illustrations puissantes parlent d’elles-mêmes. 

La petite Vanessa est une enfant ordinaire, mais timide, qui a un peu de mal à trouver ses repères après le déménagement de sa famille. Nouveau quartier, nouvelle école, nouvelle maison… et un camarade de classe qui lui crie des méchancetés au visage. Vanesse se repliera davantage sur elle-même. Heureusement, une autre camarade de classe aura la bonne et gentille idée de l’accompagner à l’école et d’ignorer totalement l’intimidateur.

Un album incontournable qui trouvera facilement sa place dans une mise en réseau sur l’amitié, l’adaptation au changement, l’intimidation ou la gentillesse. Enseignant.e.s, vous pourriez exploiter cet album au premier, deuxième voir troisième cycle du primaire avec vos élèves. En fin d’album, on retrouve des conseils destinés aux enfants pour aider une victime d’intimidation, ainsi que des mots utiles pour parler du livre avec les enfants à l’attention des adultes. 

Coup de cœur!

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Je marche avec Vanessa
AUTEUR(S): Kerascoët
ÉDITION: La Pastèque, 2018
ISBN: 9782897770419
PRIX: 19,95$
5 à 9 ANS

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Légendes zurbaines

A la suite du décès de sa mère, Dwayne emménage dans un petit appartement de Brooklyn. Le jeune garçon ne se sent pas à sa place aux côtés de son père, un policier, et de son frère, un inlassable séducteur. Mais ce sentiment disparaît lorsqu’il est recruté par un gang de jeunes justiciers. Avec eux, il enquête sur des monstres qui surgissent des profondeurs de la ville.

L’histoire de cette bande dessinée, résolument urbaine, se déroule au cœur de New York aux États-Unis. J’ai adoré suivre l’histoire de cette famille qui tente de se reconstruire en parallèle à celle de la ville de New York qui, tel un organisme vivant, essaie de garder son identité. Tous les personnages principaux de Légendes Zurbaines sont forts, bien définis et uniques. Il ne faut pas se fier à la première impression car ils ne sont pas ce qu’ils paraissent être; ils sont résolument humains avant tout.

La mère de Dwayne, le personnage principal, est décédée quelques mois plus tôt et ce dernier a du mal a accepter avoir dû quitter son Indiana natale pour aller vivre dans le New York où son père a grandi. Il a le sentiment d’avoir abandonné sa mère là-bas, alors que son grand frère est plutôt heureux de repartir à zéro. Ce parallèle entre l’histoire de la ville et des humains qui l’habite est aussi présent dans le récit de Cajou, dont le père est un promoteur immobilier riche dont la compagnie exproprie les moins fortunés. Ceux que le richissime père de Cajou a contraint à partir, eh bien ce sont eux qui ont construit la ville et ils méritent aussi de pouvoir y vivre dans la dignité. Le père souhaite faire en sorte que tous aient un meilleur avenir, mais il comprendra grâce à son fils et à sa bande qu’il ne peut pas se contenter de tourner le dos au passé.

Les personnages principaux sont issus de diverses origines également : Cajou, un garçon intrépide à la fois juif et catholique, « Le Rat », un garçon noir amoureux des maths et des sciences, Mya, une jeune asiatique élevée à l’école de la rue ayant perdu son frère dans de mystérieuses circonstances, Riff Raff, un sans-abri qui connait Brooklyn comme le fond de sa poche et Dwayne, qui a un fort sens de la justice et de l’honnêteté. Au delà de l’origine et de la couleur de la peau, cette diversité constitue une représentation positive de personnages racisés car on est bien lui du « personnage noir/asiatique/juif de service ». Au contraire, chaque personnage a une identité propre qui ne se résume pas à la couleur de sa peau et sa présence ne sert pas qu’à faire joli. Ces personnages agissent sur l’histoire, s’affirment, se développent et se dévoilent au plus grand bonheur des lecteurs qui pourront s’y reconnaître ou simplement les considérer comme des personnes humaines et uniques ayant autant de valeur que les personnages blancs.

On y retrouve un excellent découpage de planches et un montage de cases qui convient parfaitement au rythme effréné du récit. Les couleurs sont superbes aussi. J’ai repéré une toute petite coquille en page 85 où on peut lire « Bâteiments » au lieu de « Bâtiments ».

La bande dessinée se termine par un petit dossier où on présente les personnages principaux, une carte des quartiers de Brooklyn où se déroule l’histoire, et quelques légendes urbaines célèbres comme les alligators dans les égouts, les gargouilles vivantes, les punaises de lit suceuses de sang, les rats mutants et le monstre du canal de Gowanus.

Bourrée d’action et qui fait frissoner, Légendes Zurbaines plaira aux amateurs de bandes dessinées dès l’âge de 10 ans!

Michael Yates est un auteur américain.

Cour de cœur!

Légendes Zurbaines
AUTEUR(S):  Nick Bruno, Paul Down & Michael Yates
ÉDITION: Humanoïdes associés, 2019
ISBN: 9782731632187
PRIX: 25,95$
9 à 14 ans

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Baby-sitters Petite soeur : Karen et la sorcière

Dans cette série dérivée du célèbre Club des Baby-Sitters, les petites soeurs s’emparent de la scène! Karen Brewer aime ses deux familles. Cela veut dire deux Noëls, deux fois plus de jouets et deux maisons. À côté de chez son père et sa belle-mère vit Mme Porter, alias Morbida Destinée. Karen est convaincue que Mme Porter est une sorcière. Elle porte de longues robes noires, ses cheveux sont gris et ébouriffés, et elle a un chat noir. En plus, elle passe son temps dans son jardin à s’occuper de ses herbes aromatiques. Karen est sûre que son effrayante voisine prépare une réunion de sorcières. Comment va-t-elle persuader ses amis qu’elle a raison?

L’éditeur dit de cette BD qu’elle évoque les préjugés et célèbre les différences. Je n’ai pas du tout eu cette impression en lisant ce livre. Si Karen a beaucoup de préjugés envers sa voisine qu’elle pense être une sorcière, à aucun moment elle n’apprendra qu’il faut connaître une personne avant de la juger ni ce que sont les préjugés. On lui dit simplement d’arrêter d’espionner les gens. Et Karen ne se contente pas de vouloir découvrir si sa voisine est une sorcière ou pas, elle va jusqu’à lui prêter des fausses intentions, l’accuser de comploter pour faire du tort au voisinage, et ira même jusqu’à se pointer chez la voisine pour gâcher son club de jardinage en portant ses accusations devant tous les invités.

Heureusement, Hannie (une petite fille noire), sa meilleure amie quand elle est chez son père, sera là pour tenter de la raisonner un peu. Elle aura des appréhensions quant aux plans de Karen et essayera de la décourager de poser certaines actions répréhensibles. Hannie a un rôle tout de même assez mineur. On ne saura pas si elle a aussi été punie pour avoir été complice des agissement de son amie.

Disons que cette adaptation aurait bénéficié d’une mise à jour car l’histoire a assez mal vieilli. Les personnages principaux sont très jeunes (6 ans) et je doute que leurs aventures intéressent vraiment les enfants de 8, 9, 10 ans. Or, le texte est trop complexe pour qu’un enfant de 5-6 ans le lise de manière autonome. Je n’ai pas aimé.

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Baby-sitters petite soeur: Karen et la sorcière
AUTEUR(S) : Katy Farina, d’après Ann M. Martin
ÉDITIONScholastic, 2020
ISBN: 9781443181266
PRIX: 16,99$
6 à 8 ANS

Notre maison est sens dessus dessous

Notre maison est sens dessus dessousC’est le jour du déménagement et notre maison est sens dessus dessous, car les objets de chacun sont déposés un peu partout, aux mauvais endroits.

Ce livre de type « premières lectures » est adapté aux enfants qui débutent l’apprentissage de la lecture. Déchiffrer les mots et les sons, ce n’est pas si facile! Heureusement, on retrouve un lexique imagé au début du livre. Le texte est très simple et les verbes sont conjugués au présent de l’indicatif. Plusieurs mots terminent par le son ON et permettra aux petits lecteurs de comprendre qu’il peut s’écrire de diverses manières (ons, ont, on). Ces mots sont d’ailleurs écrit en rouge dans le texte.

Dans cette nouvelle édition enrichie de Notre maison est sens dessus dessous, le texte est augmenté d’une version audio et d’activités disponibles sur le site web de la maison d’édition.

Les personnages illustrés dans le livre sont noirs et ont les cheveux naturels. Une belle représentation positive! À découvrir!

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Notre maison est sens dessus dessousBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Marc Mongeau &  Béatrice Marie Richet RASCHKA
ÉDITION: Dominique et compagnie, 2018
ISBN: 9782897399580
PRIX: 6,95$
À PARTIR DE 6 ANS

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J comme Joie dominique et compagnie      princesse et la grenouille

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Les enfants du Bayou

Les enfants du bayou Eva Roussel Isabelle BottierAprès avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens.

L’un des personnages principaux de cette bande dessinée est Liloye, une jeune fille intrépide et aventureuse coiffée de deux mignons petits choux avec des tresses plaquées (elle porte aussi l’afro parfois). Liloye a été adoptée et on dit que Ovila, sa gardienne, l’a trouvée enroulée dans sa couverture alors qu’elle se promenait dans le bayou. Liloye aime les histoires, mais ce n’est pas dans les livres qu’elle va les chercher. Elle préfère user de son imagination pour inventer les siennes. Liloye est aussi très forte en mathématique et aime être le centre de l’attention. Quand les touristes se pointent, par exemple, elle aime jouer les stars et prend la pose pour eux. Du coup, elle se sent célèbre car des gens du monde entier ont des photos d’elle. Bref, plutôt sympa comme fillette. Je vous dis tout ça parce que juste comme ça, cela semble être une représentation plutôt positive d’une personne noire en littérature jeunesse. Sauf que j’ai réalisé en lisant ce livre qu’on connait le nom des voisins, de ses amis et même de son alligator de compagnie avant de connaître le prénom de Liloye. J’ai trouvé ça bizarre. Je suis même retournée lire le début, au cas où je l’aie manqué. Mais non. Rien. J’ai même été inquiète qu’elle reste sans nom jusqu’à la fin de l’histoire. Difficile de s’attacher à un personnage dont on ne connait même pas le prénom !

Il y a beaucoup d’humour dans cette bande dessinée, par exemple la présence de l’enseignante qui a peur de Gaby, l’alligator de compagnie de Liloye. Les enfants du Bayou n’a pas été pour moi une lecture très marquante. J’ai trouvé que l’histoire manquait d’originalité et le récit m’a un peu ennuyé. Peu plaire aux enfants qui recherchent une bande dessinée pas trop compliquée, avec peu de texte et un vocabulaire facile. enfants du bayou 2enfants du bayou 3

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Les enfants du bayouBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Isabelle Bottier & Eva Roussel
ÉDITION: Éditions Jungle, 2018
ISBN: 9782822221702
PRIX: 18, 95$
8 à 11 ans

 

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billie du bayou banjo    crocodile à l'école

 

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Sarah & Sac-à-Puces: Un poney dans l’ascenseur

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseurSarah vient d’emménager dans un immeuble avec sa mère. Elle essaie de se faire des amis mais les enfants refusent de jouer avec elle. Alors qu’elle s’isole, elle découvre un livre sur les Indiens et rêve d’avoir un cheval comme eux. Devant le refus de sa mère, elle cherche quelque chose de plus petit et trouve un étrange poney dans le magasin Bric & Broc…

Dans ce roman, on rencontre une petite fille qui tente de s’intégrer à un nouveau milieu. Les enfants, méchants et méfiants, lui disent de retourner d’où elle vient. Il y a plusieurs niveaux de lecture: Revenir d’où elle vient, est-ce son ancien quartier, ou bien quelque chose de plus profond, induit à cause de la couleur de sa peau? On ne le saura jamais, mais j’ai adoré cette liberté offerte au lecteur d’y voir ce qu’il veut bien voir; chaque enfant aura sa propre interprétation. Parents, pourquoi ne pas en profiter pour lire ce roman en même temps que vos enfants et de discuter avec eux de ce qu’ils ont compris de l’histoire ?

Le père de Sarah est absent. Où est-il ? On l’ignore. Mais Sarah le mentionne quand même lorsqu’elle dit aimer les Indiens car ils ont les cheveux noirs et lisses « comme les siens et ceux de son père ». Sarah est très belle avec son teint brun et sa tignasses frisottée. Sa maman, elle, est blanche et a les cheveux blonds. Ces informations nous sont données par les illustrations car la couleur de la peau n’est jamais mentionnée dans le récit. On pourrait même penser qu’il s’agit d’une simple histoire sur l’arrivée dans un nouvel appartement. Et puis, les amoureux des chiens seront servis, le chien de l’histoire est à croquer ! Ainsi, le roman traite avec légèreté de l’exclusion et de la discrimination, notamment à travers ce chien dont tous les enfants se moquent parce que ce n’est pas un poney et qu’il a d’ailleurs une drôle de tête. Quand ils découvrent que c’est surtout un bon compagnon, chien ou poney, soudain l’apparence n’a plus d’importance. Et à travers une aventure avec Sac-à-Puce, Sarah parviendra à s’intégrer elle aussi.

J’ai adoré le caractère de Sarah: fougueux, curieux, plein d’imagination. Elle ne baisse pas les bras et n’hésite pas à exprimer son mécontentement. Franchement, j’ai adoré ce roman qu’il vous faut lire au plus vite !

Coup de cœur ! 

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 2

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 3

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jan Birck
Maison d’édition: Alice éditionsBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782874263743
Public cible: À partir de 9 ans

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[LECTRICE INVITÉE] L’oiseau de Colette

L'oiseau de colettePauvre Colette, récemment déménagée dans un nouveau quartier, sa mère lui refuse un animal de compagnie. Mais lorsqu’elle cherchera à se faire de nouveaux amis, ce sera grâce à une perruche… imaginaire! Ce livre est le premier d’une série mettant en vedette les personnages de la bande du Mile-End. Chaque livre apportera de nouvelles aventures, de nouvelles couleurs et des univers propres à la personnalité de chacun.

L’avis d’Olympe, lectrice invitée : Elle s’appelle Colette et vient d’emménager dans un nouveau quartier de Montréal: Le Mile End. « Colette », un prénom atypique pour une enfant spéciale, bout en train, dégourdie et qui a de l’énergie à revendre! Une enfant attachante, au contact facile et à l’imagination débordante. Alors bien sûr, quand Colette a un souci, comme cet après-midi d’été, c’est tout le quartier qui se montre solidaire pour l’aider à retrouver son fameux compagnon… Alors même qu’ils ne connaissent pas encore cette nouvelle voisine, tous les enfants de la bande du Mile End vont contribuer à l’enquête. Colette s’applique pour décrire les moindres caractéristiques de son oiseau et le lecteur est embarqué lui aussi dans cette quête qui est l’occasion de découvrir le voisinage. On peut compter sur les doigts d’une main les couleurs utilisées pour les illustrations de ce beau livre. Et pourtant, elles prennent vie, au fil des pages, de façon étonnante. Cette belle aventure m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page. Un livre à lire et à relire. Une petite fille de 7 ans est restée perplexe suite à cette lecture, car, je cite, « il y a un mensonge »… En effet, entre grande imagination et petit mensonge, il n’y a qu’un pas. Cette histoire est aussi l’occasion d’en discuter avec les enfants !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Isabelle Arsenault
Maison d’édition: Éditions de la PastèqueBouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782897770150
Public cible: À partir de 4 ans

L'oiseau de colette 2

 Merci Olympe !
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Lecteurs invités MistikrakÀ propos d’Olympe: Exploratrice, Olympe habite en France. Elle aime offrir des livres aux enfants et les considère comme des outils de transmission de valeurs et d’ouverture sur le monde. D’où la nécessité pour elle d’y retrouver des personnages à l’image de cette société plurielle qui nous entoure. Olympe porte autant d’importance à l’histoire et aux images qu’à l’objet. Tous les sens doivent être en éveil !

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La famille Labougeotte

labougeotte
Les parents Labougeotte ont toujours voyagé. Maintenant qu’ils ont des triplés, ils ont décidé de s’installer. Encore faut-il trouver logement à leur pied !

Une famille au teint foncé et aux cheveux lisses passent leur temps à déménager. Appartement trop petit, trop grand, trop ensoleillé ou pas assez, trop bruyant… Ce livre capture une tranche de vie occidentale. C’est une histoire à rebondissements assez rigolote, à découvrir dès l’âge de 4 ans, ou encore à lire seul dès la première année. Il s’agit du huitième titre de la série Drôles de familles.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pierrette Dubé, Estelle Bachelard
Maison d’édition: Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9782897393175
Public cible: 4 à 7 ans

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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

Aaron McGruder est un auteur afro-américain.

aaron-mcgruder

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Peau noire peau blanche

peau noire blancheLe père d’Issam est noir et vient du Sénégal. Il est grutier et travaille sur les chantiers. Sa mère est blanche et française. Elle travaille à la maison. Issam, c’est le petit dernier. De chantier en chantier, on déménage souvent dans la famille. Être nouveau et black à l’école, ce n’est pas toujours facile et ça le rend triste, Issam. Sa maman n’a pas les réponses à toutes les questions mais ils aiment bien jouer ensemble à « pourquoi? parce que… parce que quoi? parce que que »… Parce que ça finit toujours par des rires ou des câlins. Quand toute la famille rentre au Sénégal, c’est souvent la mère qui est triste. Trop blanche là-bas, la maman d’Issam. Alors, quand elle demande pourquoi elle se sent étrangère, Issam est content de la consoler en lui disant : « parce que »…

L’histoire, racontée au « je » par Issam, est intéressante: un petit garçon Sénégalais trop noir pour la France, pour Paris, pour Marseille, et une maman française trop blanche pour le Sénégal. Issam est « tout noir » (p.1) et dans la cours de récré, on tente de lui voler son blouson, sa casquette, on ne veut pas jouer avec lui. Les autres enfants sont méchants à l’école, car ici, à Marseille, on « n’aime pas trop les beurs, ni les blacks. » Le Sénégal est présenté comme un terre salvatrice, où la famille pourra échapper aux discriminations vécues en France. Sauf qu’une fois arrivée là-bas, la maman pleure car les autres femmes la rejettent car elle est différente, blanche. Alors que le père trouve facilement du travail et qu’Issam peut enfin jouer librement, on réalise que d’autre difficultés les guettent.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, ce qui est bien pour entamer une conversation sur les préjugés, les différences, l’injustice et le racisme. On s’attend d’un parent qu’il nous fournisse une réponse, surtout lorsqu’il s’agit de sujet délicats tels l’intimidation et le racisme, mais le petit jeu des pourquois entre la mère et le fils a quelque chose de rassurant pour chacun d’eux et renforce le lien qui les unit.

Colorées et naïves, les illustrations de Mireille Vautier pleines de couleurs primaires contrebalancent un récit assez dur sur le racisme. Même si place est laissée pour discutions, la morale du récit me semble un peu triste: notre monde est-il si clairement divisé en noir et blanc? N’existe-t-il pas de tons de gris? Ah! Déjà, voilà de quoi alimenter un débat avec des enfants d’âge scolaire. Un album jeunesse à explorer. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Bichet & Mireille Vautier
Maison d’édition: Galimard Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 2070543358
Public cible: 8 à 11 ans
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