Souffle d’hiver

La première année du bébé est rythmée par les 4 saisons. Tout simplement, prenez le temps de lui raconter Souffle d’hiver avec ses sons, ses rythmes, la danse des mots et votre émotion. Ensuite, poursuivez ce moment de partage en musique, puis laissez-vous emporter par la voix de l’autrice. 1 livre + 1 CD avec une musique originale de Flavia Perez et une lecture de Jo Witek sur la musique.

Dans Souffle d’hiver, j’ai d’abord découvert avec enchantement la qualité du livre et de son récit. J’ai adoré la musicalité du texte, avec ses « Fffffffff » du vent qui souffle, ses « Aglagla…. brouuuu » qui font grelotter, et ses « cric, crac, croc » de la glace qui se brise quand on la piétine. Le récit capture en peu de mots un doux moment du quotidien, une sortie de neige en famille: regarder la neige tomber, faire de la luge sur le lac, glisser sur la montagne, s’emmitoufler dans des habits d’hiver et se réchauffer en rentrant à la maison. Un très beau livre cartonné en soi.

Puis, j’ai découvert l’accompagnement audio avec étonnement et contentement. Il ne s’agit pas de l’histoire qui nous est racontée, mais plutôt d’un arrangement musical d’ambiance sur la thématique de l’hiver et du vent. Très, très bon!

L’histoire donne à voir un garçon noir, avec ses parents: un papa noir également et une maman blanche. Le tout, sans que la couleur de la peau soit au centre du récit. Je vous recommande chaudement ce petit livre cartonné ! 

Souffle d’hiver
AUTEUR(S): Jo Witek , Emmanuelle Halgand & Flavia Perez
ÉDITION: Flammarion JEUNESSE, 2020
ISBN: 9782081519077
PRIX: 24,95$
0 à 3 ANS

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Soeurs jumelles

Maureen et Francine sont sœurs jumelles et meilleures amies. Elles partagent tout : les loisirs, la nourriture et les vêtements. Mais juste avant le début de leur sixième année, les goûts de Francine changent. Soudainement, les jumelles ont de moins en moins d’intérêts communs. Elles grandissent en prenant des directions opposées, et Maureen ne peut rien y faire. Ces sœurs qui étaient inséparables réussiront-elles à se reconnecter?

Alerte d’intérêt général: Si vos enfants ont dévoré les romans graphiques de Raina Telgemeier, ils vont assurément adorer Sœurs jumelles. La recette est la même: une histoire réaliste du quotidien qui se déroule en milieu scolaire, des préadolescents comme personnages principaux, beaucoup d’émotions, un coup de crayon très cartoony au niveau des illustrations et un développement des personnages au niveau psychologique. D’ailleurs, l’auteur Varian Johnson remercie Raina Telgemeier pour les conseils qu’elle a partagé avec lui sur la rédaction et le procédé associés à la bande dessinée en postface. Je n’ai pas non plus manqué de remarquer le clin d’œil à la BD Souriez! de Raina Telgemeier en page 135!

Ce sont deux auteurs afro-américains qui ont écrit se livre et ça paraît. Tout est si normalisé et fluide, c’est très rafraîchissant! Ce que Maureen et sa sœur Francine font, ce qu’elles sont, est posé comme la norme, du moins durant ses moments passés en famille. Par exemple, on n’hésite pas à montrer diverses coiffures de cheveux naturels sans en faire un plat, on montre les jumelles dormir avec un bonnet et c’est normal, elle vivent une vie de famille ordinaire. Je trouve cela très chouette de pouvoir lire ce genre d’histoire aujourd’hui. Évidemment, dans la sphère publique, elles seront à l’occasion victimes de racisme, parce que oui, le racisme existe toujours! 😦 Lors d’un après-midi entre amies au centre commercial, Maureen et ses deux copines noires entrent dans un magasin et trouvent un chandail que l’une d’elle aimeraient essayer et acheter avec son argent de poche.

Toutefois, aucun employé ne vient les voir pour leur offrir du service. Poliment, Nikki interpelle une vendeuse blanche qui préférera les faire patienter pour plutôt servir une nouvelle cliente, prenant pour acquis que les jeunes filles n’ont pas de pouvoir d’achat et ne méritent pas d’être servies. Heureusement, la nouvelle cliente dénoncera le comportement de la vendeuse et quittera le magasin. Les trois amies, bouleversées par ce qu’elles venaient de vivre, s’empresseront d’informer la mère de Nikki qui avait décidé de rester aux alentours pendant que les filles magasinaient. Dans le récit, on ne pourra pas lire le mot « discrimination » ou « micro-agression » ou « racisme », mais la scène est très clairement une référence à ce que vivent plusieurs jeunes noirs dans les centres commerciaux aux États-Unis et ailleurs. Si le cœur vous en dit, vous pouvez lire cette bande dessinée en parallèle avec votre enfant pour pouvoir discuter de cette scène et de l’histoire dans sa globalité.

Maureen et Francine sont identiques. Du moins, physiquement. À la lecture, en cas de doute, je regardais leurs oreilles pour les différencier car Maureen, contrairement à sa sœur, ne porte pas de boucles d’oreilles! Cela dit, leur personnalité n’aurait pas pu être plus diamétralement opposées! Francine est timide et manque de confiance en elle, mais elle excelle à l’école. Francine est sociable et meurs d’envie de se distancier de sa sœur afin de découvrir qui elle est vraiment. Secrètement, elle jalouse Maureen qui semble exceller dans tout sans efforts, alors que cette dernière envie la sociabilité de sa sœur qu’elle perçoit aussi comme une bouée de sauvetage dans un monde parfois trop bruyant pour elle. Leur relation se dévoile lentement dans le récit et j’ai apprécié cette retenue de la part de l’auteur. C’est une excellente manière de maintenir l’intérêt du lecteur et de rendre les personnages plus réalistes. Maureen et Francine vivent avec leurs parents et ont aussi un demi-frère qui habite en appartement, mais qui agit comme modèle pour les jeunes filles.

Les personnages ont des personnalités bien définies et l’histoire est intéressante. Maureen et Francine apprendront beaucoup durant cette année scolaire particulière, cette année passée à la lisière de l’enfance et de l’adolescence. Entre conflits dans la fratrie, jalousie, prise de confiance en soi et désir d’indépendance, Francine et Maureen connaîtront des hautes et des bas, mais finiront par se réconcilier et se soutenir mutuellement. J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre! J’ai été émue vers la fin. Sœurs jumelles est un livre à lire absolument!

Varian Johnson est auteur jeunesse. Il vit aux États-Unis.

Shannon Wright est une illustratrice noire américaine.

Soeurs jumelles
AUTEUR(S): Varian Johnson & Shannon Wright
ÉDITION: Scholastic, 2021
ISBN: 9781443187268
PRIX: 17,95$
9 ANS ET PLUS

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La petite fille et le loup

Malgré les recommandations de sa Maman, Petite fille s’éloigne de la maison. La forêt est bien tentante et Petite fille se retrouve bientôt face au loup… Pour lui échapper, elle lui chante sa petite chanson et voilà le loup qui s’endort… Un conte d’origine afro-américaine qui rappelle le conte du petit chaperon rouge et témoigne de l’importance de la musique pour combattre ses peurs. 

La Petite fille et le loup est un conte rimé, accompagné d’onomatopées et de chants, issu de la collection « À Petits Petons » aux éditions Didier Jeunesse. Particulièrement bien adapté à la lecture en groupe, ce livre plaira aux bibliothécaires et aux enseignants du primaire qui pourront faire chanter, mimer et bouger les enfants.

L’éditeur présente le livre comme étant un conte afro-américain. L’origine de cette histoire, connue en anglais sous le nom de « The Gunniwolf », est débattue. Certaines sources mentionnent une origine autochtone, d’autres, afro-américaines, laissant suggérer que les origines de ce conte sont incertaines.

La morale de l’histoire est qu’il faut écouter les mises en garde des parents: il ne faut pas s’éloigner de la maison car on risque de se perdre et d’être à la proie de dangers. Le récit véhicule également le message que chanter donne parfois du courage. C’est par ce qu’elle chante que la petite fille parvient à échapper aux griffes du loup. Ce sont ses chants qui parviennent à contrôler le prédateur. Ce sont aussi ses chants qui lui donnent le courage de se sortir de cette situation fâcheuse.

Les petits lecteurs se régaleront des éléments répétitifs de l’histoire: la chasse, les chants et les dialogues. La Petite fille et le loup n’est pas sans rappeler le conte du Petit Chaperon rouge, et certains y verront une parodie. Ici, le loup n’est pas très futé et la petite fille fera preuve de courage pour déjouer ses mauvaises intentions. D’autres y verront au contraire l’image d’un loup qui en réalité n’est pas méchant et ne peut se défaire des préjugés des autres à son égard: et si le loup ne voulait qu’être bercé pour s’endormir? Bref, un beau livre à découvrir, un régal pour les tout-petits!

La petite fille et le loup
AUTEUR(S): Agnès Grunelius-Hollard & Rémi Saillard
ÉDITION: Didier jeunesse, 2020
ISBN: 9782278100033
PRIX: 21,95$
3 à 6 ANS

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Titus et les lamas joyeux: Mission sac de piscine

Les Lamas Joyeux sont toujours prêts et ils n’ont peur de rien. Leur mission du jour ? Empêcher leur copain Paolo d’être puni pour avoir oublié ses affaires de piscine. Pour ça, il suffit de s’infiltrer dans l’école, de piquer les affaires d’autres élèves, d’ouvrir les portes avec des cure-dents et surtout, de ne pas se faire attraper… Leur inventivité et leurs bêtises permettront-elles aux Lamas de mener à bien leur mission ? 

Quand on pense « premières lectures », on pense rarement à la bande dessinée. Pourtant, il existe de plus en plus de BDs pour les lecteurs débutants qui offrent un niveau de lecture adapté aux enfants en apprentissage de la lecture. Dans Titus et les lamas joyeux, on a une histoire simple, des bulles faciles à lire et beaucoup d’illustrations. Titus, le personnage principal, est un garçon noir, le super chef des missions impossibles! C’est lui qui mène la bande et, même s’il a beaucoup d’imagination, ces idées ne sont pas toujours à recommander! On notera au passage que l’enseignante de classe et l’instructeur de natation sont également noirs. Un bon livre à découvrir, bien adapté au contexte scolaire également! Contexte français. 

Titus et les lamas joyeux: Mission sac de piscine
AUTEUR(S): Anne-gaëlle Balpe & Zoé Plane
ÉDITION: Nathan, 2021
ISBN: 9782092594483
PRIX: 12,95$
6 à 8 ANS

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Pas moi

L’autrice adorée des enfants, Elise Gravel, pose l’éternelle question : Qui a fait tout ce désordre? Quand leur papa demande qui a laissé traîner des chaussettes partout, Nico et sa sœur répondent tous les deux : « Pas moi! » Leur père est sûr qu’ils ne disent pas la vérité, jusqu’à ce que ceux-ci lui présentent Pas Moi, qui accuse Pas Vrai, qui dévoile le vrai coupable : Pas Juste. Les monstres, qui personnifient les réponses typiques des enfants, permettent à l’auteure d’aborder brillamment et avec humour le fait de blâmer les autres et d’inventer des excuses. Les parents et les éducateurs vont adorer cette histoire dans laquelle ils se reconnaîtront autant que les enfants.

La talentueuse Élise Gravel nous offre avec Pas moi un autre livre jeunesse rempli d’humour et de ses dessins naïfs. Je l’admet: je préfère quand Élise Gravel raconte des histoires de monstres. Elle parvient toujours à inventer de nouveaux monstres drôles que jamais je n’aurais pu imaginer. Pas moi, Pas vrai et Pas juste sont trois bonhommes malicieux (surtout Pas Juste!) aux expressions faciales cartoonesques. J’aime beaucoup la manière dont l’auteur parvient à raconter des histoires toutes simples avec beaucoup de fraîcheur et d’humour. J’aime aussi sa manière de rendre le Québec visible avec des petits détails si savamment choisis. Dans Pas Moi, par exemple, le papa porte un chandail rouge de Radio-Canada. 🙂 


L’autrice a choisi d’illustrer une famille noire sans que cela ne change quoi que ce soit au récit, rendant du même coup visible les afro-descendants dans leur quotidien. Si vous aimez Mickaël Escoffier, et que vous ne connaissez pas Élise Gravel, il y a de fortes chances que son style vous plaise! À noter qu’Élise Gravel n’hésite pas à utiliser sa notoriété pour parler de l’importance de la représentation, du féminisme et de la célébration des différences individuelles. Chapeau!

Coup de cœur!

Pas moi!
AUTEUR(S): Élise Gravel
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443181730
PRIX: 19,99$
3 à 6 ANS

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Le cercle de providence (tome 1): L’appel

Francis est un adolescent comme les autres qui vit dans la petite ville de Providence. Avec son ami Howard, ils trainent et multiplient les ennuis. Mais l’arrivée d’Atonia, une mystérieuse jeune fille, semble tout bousculer. Quel est donc ce monstre qui l’obsède ? En quoi est-ce lié aux cultes anciens que son grand-père a étudiés ? Francis plonge peu à peu, au cœur du mystère…

Une histoire librement inspirée de L’Appel de Cthuluh, le chef-d’œuvre de H. P. Lovecraft, cette bande dessinée a tout pour plaire. Avec un design de personnages réaliste et « cartoony » à la fois, et des environnements détaillés, chaque planche offre un équilibre certain. Et pouvons-nous parler de Attonia Wilcox en particulier? Cette fille est tellement badass! Super design pour ses cheveux (vous savez comme c’est important pour moi que les personnages noirs aient des coiffures qui correspondent à leur identité): Un genre de mohawk vert fluo, rasé sur les côté, avec un long lock à la nuque. À 16 ans, j’aurais voulu avoir la même coupe! 😀

Mention spéciale aussi pour le graphisme et la palette de couleurs choisie: tantôt plus fade lors des séquences de notre réalité ennuyeuse, tantôt fluo et glauque à la fois lorsque les forces démoniaques apparaissent. La créature maléfique, gigantesque et tentaculaire, moitié seiche et moitié humanoïde donne froid dans le dos. Frissons assurés! D’ailleurs, les auteurs donnent au récit une montée en tension maîtrisée et un rythme soutenu. L’histoire fait vivre beaucoup d’émotions, avec une mise en bouche déjà assez intense, une succession de péripéties limite stressantes et un dénouement qui appelle une suite.

Bref, je conseille vivement aux jeunes préados et ados qui carburent aux histoires fantastiques qui font frissonner! Une belle rencontre avec l’univers de H. P. Lovecraft pour le lectorat jeunesse. Hâte de lire la suite! C’est drôle, je suis à nouveau agréablement surprise par la nouvelle qualité des éditions Jungle: une plus grande variété de récits, des personnages forts et un choix de bédéistes talentueux. Eh ben, dites donc, les éditions Jungle est à surveiller ces temps-ci…

Le cercle de providence, 1: L’appel
AUTEUR(S): Sébastien Viozat & Anne-Catherine Ott
ÉDITION: Jungle, 2020
ISBN: 9782822229869
PRIX: 26,95$
14 ANS et plus

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A comme Afrique

Sous forme d’un abécédaire dont les lettres sont confectionnées en tissu wax, un voyage à travers l’Afrique, de A comme ancêtres à Z comme zèbre, en passant par griot, marché et sagesse, pour découvrir sa culture, sa faune et ses traditions sous formes de courts textes.

Cet album qui se présente sous la forme d’un abécédaire, est une agréable incursion dans la culture africaine. De A comme ancêtres à Z comme zèbre, en passant par N comme Nil, G comme griot ou S comme sagesse, c’est toute la beauté du continent noir qui se dévoile à nous: sa faune, ses traditions et sa culture sous la forme de courts poèmes.

Le plasticien d’origine franco-béninoise-togolaise William Adjete Wilson s’inspire des couleurs de l’Afrique pour confectionner les 26 lettres avec l’emblématique tissu wax. C’est un voyage lexical et artistique dans plusieurs des 54 pays que compte l’Afrique, pour découvrir ses cultures, sa faune et ses traditions sous formes de courts textes. Un glossaire en fin d’album nous offre informations additionnelles et contexte à certains termes et concepts explorés dans le livre. On y apprend, par exemple l’histoire de royaumes africains, ou encore l’origine européenne du Wax et l’importance de mettre de l’avant des tissus véritablement africains plutôt que celui-ci. À découvrir!

Kouam Tawa est un auteur camerounais.

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A comme Afrique
AUTEUR(S): Kouam Tawa & William Wilson
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2020
ISBN: 9782075105866
PRIX: 41,95$
6 À 10 ANS

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Spiderman: La chasse aux araignées

Spider-Man/Peter Parker, l’autre Spider-Man/Miles Morales et Ghost-Spider/Gwen Stacy font désormais équipe et rien ne peut les arrêter ! Excepté peut-être Kraven le Chasseur qui élimine ses proies les unes après les autres… Parviendront-ils à battre ce terrible adversaire? Rien n’est moins sûr!

Ce récit de l’univers Marvel fait suite au film Spiderman: Dans le spider Verse sorti au cinéma en 2018. Pour ceux et celles qui ont du mal à savoir par quel livre commencer une série de comics américain, La chasse aux araignées est une bonne porte d’entrée. Le récit se lit bien en lui même, sans avoir lu d’autres comics de Spiderman. Bon, il faut minimalement savoir que Miles Morales est le nouveau Spiderman et que Peter Parker est le premier Spiderman; mais c’est bien connu en général. Dans le livre, on retrouve aussi Gwen Stacy qui était aussi présente dans le film. Mais ne vous inquiétez pas, si vous n’avez pas vu le film, les 2-3 premières pages vous feront un résumé rapide de ce que vous avez manqué.

On a donc une histoire de super-héros avec un Spider-man afro-latino, Miles Morales, sur ses années d’adolescence. La collection Marvel Action s’adresse a un lectorat jeunesse, on n’entre pas dans la politique ou les conflits mondiaux comme c’est le cas dans les séries Marvel pour adultes. On se contente de poser un récit assez simple du bien contre le mal, avec un antagoniste bien méchant et des héros valeureux. Le récit se déroule dans une école secondaire, avec son lot d’adolescents et de téléphones cellulaires. Parlant de téléphones cellulaires, on retrouve des échanges de messages textes dans le texte, fautes d’orthographes incluses. On peut donc lire un glorieux « Ah, 6 jpouvais thwipper d’un coin à l’autre kom certains » (p.6) ou encore « vrmen t pire k mon père » (p.7). Avec l’argot parisien en plus, ça devient vite assez lourd. Toutefois, l’histoire offre un bon moment de divertissement, qui plaira aux amateurs de super-héros. Peut plaire.

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Marvel action Spiderman: La chasse aux araignées
AUTEUR(S): Erik Burnham & Christopher Jones
ÉDITION: Panini, 2020
ISBN: 9782809488326
PRIX: 16,95$
8 ANS ET PLUS

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Alana et l’enfant vampire

Alana en a assez que ses parents et sa soeur partent gérer les conflits vampiriques sans elle. Alors quand sa meilleure amie Oli lui annonce que Joaô, le nouvel élève de leur classe, est probablement un vampire, elle cherche à en savoir plus. Pour la jeune fille, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener une mission à bien malgré ses déficiences physiques.

Que de bon points pour ce roman que j’ai A-DO-RÉ! Déjà, le sujet m’intéressait à la base: j’adore les histoires de vampires (#GenerationBuffy) et celle-ci est particulièrement intéressante. L’autrice offre le bon dosage entre histoire jeunesse et éléments fantastiques. Car oui, Alana et ses ami.e.s vont à l’école et suivent leurs cours, mais entre intérêts pour le monde des vampires, histoire familière particulière et un nouvel élève mystérieux, le surnaturel n’est jamais bien loin.

J’ai lu ce roman durant le mois de Mai qui, pour ceux qui ne le savent pas, est le mois dédié au mouvement #MaiPoils. Je me demandais justement s’il existait des livres ou autres produits culturels où le poil féminin est normalisé. Et BAM!, je tombe sur ce passage d’Alana et l’enfant vampire dans lequel le personnage principal se réfugie dans le vestiaire des filles pour pleurer et est rejointe par Olympe, sont amie:

« Mon amie vient s’asseoir à côté de moi, je baisse les yeux sur nos pieds. Elle porte des chaussettes blanches montantes avec ses baskets de sport. Je remarque que ses mollets sont couverts de fins et longs poils bruns. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas les raser, moi, je supporte par les regards et les remarques des autres. » (p. 55)

Sans jugement de valeur, sans en faire tout un plat, sans remettre en question le fait que oui, les filles pubères ont des poils aux pattes. D’ailleurs, le personnage d’Olympe est intéressant car dès le début, on mentionne qu’elle est souvent prise pour un garçon et que cela ne les dérange pas du tout, ni la principale concernée, ni Alana. C’est comme ça, c’est tout, c’est pas plus grave que ça. Un peu plus loin dans le récit, Olympe discutera de son identité de genre à ses amis (hors texte) et, sans chichis, le « iel » (pronom neutre, contraction du « il » et du « elle ») sera adopté pour faire référence à Olympe. L’autrice adoptera d’ailleurs une écriture neutre à partir de ce moment là, en faisant notamment usage du point médian (ex.: « Oli s’est levé.e de son matelas pour ouvrir doucement la porte » (p.150)) L’identité de genre d’Olympe n’est pas du tout au centre du récit, c’est simplement mentionné, puis les personnages et l’autrice se sont adaptés. C’est tout. J’ai trouvé cette manière d’inclure la diversité de genre dans un récit tout à fait fabuleuse. Je n’ai d’ailleurs encore jamais lu d’autres romans comme celui-là. En connaissez-vous d’autres?

Niveau représentation raciale, on a Joâo, 13 ans, nouvel élève de l’école. Un garçon timide, qui ne parle pas beaucoup et qui ne semble pas très motivé à se faire des amis. On apprendra très rapidement dans l’histoire que son comportement distant s’explique par le fait qu’il est un vampire. Beau garçon, plusieurs filles de la classe tombent sous son charme. On a une bonne compréhension de qui est Joâo et de sa personnalité avant que l’autrice nous le décrive physiquement. J’ai aimé cette approche. Ce n’est qu’en page 38 qu’on peut lire ceci: « Sa peau est marron très foncé, ses yeux sont noirs aux reflets dorés e ses cheveux presque rasés. » Sans tout vous révéler, Joâo aura un rôle important dans l’histoire et fera preuve de courage, de confiance et de bonté.

L’autrice Cordélia mentionne en postface qu’elle avait « à cœur de proposer des personnages diversifiées, qui sortent de la norme qu’on trouve trop souvent en littérature jeunesse ». À mon sens, c’est un pari plus que réussi car non seulement on retrouve beaucoup de diversité dans le livre, mais il déconstruit plusieurs clichés et il normalise les corps ordinaires. Le tout, sans que cela soit forcé! On peut penser par exemple à ce passage où Alana mentionne tout naturellement qu’elle ressent une grande fatigue malgré le fait d’avoir dormi jusqu’à midi la veille, notamment parce qu’elle a ses règles:

Aujourd’hui, c’est samedi. J’ai dormi jusqu’à midi et je suis encore fatiguée. Et puis, j’ai mes règles depuis hier. Les deux premiers jours, ça me met toujours le ventre en vrac, en plus de m’obliger à changer de serviette hygiénique cinq fois par jour. J’erre dans l’appartement en pyjama, à la recherche de quelque chose à me mettre sous la dent, en plus du paracétamol qui calme un peu mes douleurs au bas-ventre. Mamie est sortie, tout est calme. (p. 63-64)

On peut également lire en page 91 où Alana change de serviette et se demande si les vampires sentent le sang des règles. Ce doit être l’enfer pour Joâo car dans tout le collège, il doit y avoir au moins une fille par jour qui a ses règles! Dans le romans, on parle également des douleurs chroniques d’Alana et du handicap. L’autrice Cordélia amène tous ces éléments de manière naturelle et fluide. On en veut plus, des romans comme celui-là! Je prend le temps de mentionner que l’autrice a une très belle plume, limpide et accessible. Un gros, gros coup de cœur pour moi. 🙂 J’espère sincèrement que vous aimerez ce roman autant que moi! Il vaut absolument la peine d’être lu.

Coup de cœur!

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Alana et l’enfant vampire
AUTRICE : Cordélia
ÉDITION: Scrinéo, 2020
ISBN: 9782367408651
PRIX: 29,95$
11 ANS ET PLUS

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Le collier magique

Une rumeur stupéfiante se répand dans la savane Karamoko le sorcier confectionne un collier magique qui rendra invincible celui qui le portera ! Les animaux se succèdent à sa porte. oui obtiendra le gri-gri tant convoité?

Le catalogue des Éditions des Éléphants me plait beaucoup. J’ai rarement été déçue par leurs sélections et Le collier magique ne fait pas exception! Illustré par l’autrice franco-togolaise Magali Attiogbé, les couleurs vives et les motifs qui s’emboîtent l’un dans l’autre donnent profondeur au récit. Le texte est un morceau de bonheur à lire, un conte à savourer qui se termine par un cadeau: déposé au pied de l’arbre à palabres, il attend qu’une oreille attentive l’accompagne dans son voyage. Car les contes sont faits pour être partagés.

Une galerie de personnages donnent vie à ce conte africain : un sorcier, une hyène, un lièvre, un calao, un hippopotame, etc. Le grand format de l’album est idéal pour une heure du conte en bibliothèque ou une exploitation scolaire. En cours de français, ce livre peut être utilisé pour décortiquer la structure narrative des contes, ou pour travailler la compréhension de texte. À découvrir!

Magali Attiogbé est une autrice franco-togolaise.

Souleymane Mbodj est un auteur sénégalais.

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Le collier magique
AUTEUR(S) : Magali Attiogbé & Soulaymane Mbodj 
ÉDITION: Éditions des éléphants, 2020
ISBN: 9782372730921
PRIX: 27,95$
3 À 7 ANS

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