Les enfants d’ailleurs

A l’enterrement du père Gab, Noé, Théo et Maxime rencontrent Rebecca, petite-fille adoptive du défunt. Les trois garçons accompagnent la fillette qui veut visiter la maison de son aïeul, sans en parler à ses parents. Ils découvrent un lieu à l’abandon, où un vieux chat et un mainate ont été oubliés. Au coucher du soleil, l’oiseau se met à hurler, les prévenant d’un danger imminent.

Rebecca, Max, Noé et Théo ont découvert, dans la maison du père Gab, un passage vers un autre monde. Suite à une erreur de manipulation, les voilà tous les quatre coincés dans un pays étrange et peu accueillant.

Voilà une bande dessinée pour enfants pleine d’action et de mystère avec une petite touche d’épouvante. La maison du grand-père de Rebecca donnera lieu à quelques frissons au cours de la lecture, mais rien de bien méchant. Les dessins sont vifs et détaillés: l’auteurs parvient parfaitement à véhiculer la vitesse, l’énervement ou la peur en quelques coups de crayons. Son style m’a rappelé dans certaines cases les mangas par son utilisation de la simplification du visage pour créer un effet comique. Cette bande dessinée a tout pour plaire: c’est une aventure avec une pointe de magie, et le récit d’une belle amitié.

Dès le premier tome, on rencontre Rebecca, une petite fille noire qui s’ennuie à l’enterrement de son grand-père qu’elle n’a jamais connu. Son père lui permettra d’aller vagabonder le temps que la cérémonie se termine et c’est ainsi qu’elle fera la connaissance de ses nouveaux amis, trois garçons blancs du quartier. Dès cette première rencontre, la couleur de la peau de Rebecca sera sujet à conversation: l’un des garçons est étonné d’apprendre qu’elle est la petite-fille du défunt car elle est noire. Rebecca n’hésitera pas une seconde à répliquer: on imagine bien que ce n’est pas la première fois qu’on lui fait ce genre de remarques.

Rebecca est une fille courageuse (elle n’hésitera pas à aller dans la maison un peu glauque de son grand-père), drôle (elle s’amuse à jouer des tours à ses amis) et fonceuse (elle n’attend pas après les autres pour prendre une décision). Dans le premier tome, on comprend qu’elle est adoptée et que sa vie avant son adoption a été traumatisante pour elle, mais on ignore les détails. Il faudra attendre le tome 2 pour découvrir que Rebecca est née au Rwanda en 1992 et avait deux ans lorsque sa famille a été assassinée à coups de machette (elle en garde d’ailleurs une large cicatrice sur les côtes. Rebecca est donc un personnage très important dans l’histoire et c’est généralement elle qui mène le récit. Elle est aussi présente sur toutes les pages couvertures de cinq des 6 tomes de cette série qui malheureusement a été abandonnée avant la parution du 7e tome. Une excellente bande dessinée !

Je me permet de souligner un passage où l’un des protagonistes fume malgré son jeune âge et offre une cigarette à Rebecca. Cette dernière sera plutôt dégoûtée, mais le fumeur présentera le tabagisme comme quelque chose de pas si mauvais que ça.

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Les enfants d’ailleurs, 1: Le passage
AUTEUR(S) : Nykko & Banniste
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ÉDITION: Dupuis, 2012
ISBN: 9782800155104
PRIX: 17,95$
7 ans et plus

Jem et les Hologrammes (tome 1): Showtime!

L’adaptation de la série animée du Club Dorothée en comics. Jerrica Benton, alias Jem, est la fille du patron de la maison de disque Starlight. A la mort de ce dernier, elle hérite de la moitié des parts et d’une pension pour orphelines qu’elle gère avec sa soeur Kimber. Face à la malhonnêteté de l’ancien associé de son père et des Misfits, ses chanteuses, Jerrica monte son propre groupe pop-rock.

Je suis trop jeune pour avoir écouté la version originale de Jem & The Holograms à la télé dans les années 80. Je connaissais de nom, bien entendu, mais je ne me suis jamais arrêtée pour l’écouter, ni pour regarder le film sorti en 2015. Mais mes amies plus âgées que moi ne cessaient de me dire que, me connaissant, je devrais adorer la franchise. Des filles qui font de la musique dans un univers éclaté et qui écrasent les stéréotypes de genre, ça devrait me plaire! Et elles n’avaient pas tort! (Merci, les amies! 😉 ) J’ai beaucoup aimé l’univers de ces quatre musiciennes qui tentent de percer dans le domaine. Je les ai trouvées vraiment cool avec leurs costumes, leur maquillage extravagant et leur façon d’être totalement libres.

L’histoire est faite de rivalités, de concours musicaux, d’amitié et d’amour. Le groupe de Jem est constitué d’une blanche timide, d’une lesbienne, d’une grosse et d’une noire. Leurs rivales, les Misfits, est un groupe constitué d’une métisse grosse et lesbienne, d’une noire immigrée du Royaume-Uni, et de deux blanches. J’ai aimé cette diversité raciale, corporelle et identitaire que l’on voit trop peu en littérature jeunesse! Tous ces personnages principaux, chacun dans la vingtaine, ont une personnalité différente et tous pourront se reconnaître en elles. L’histoire ne se déroule pas dans les années 80, mais plutôt de nos jours, avec son lot de technologie et de réseaux sociaux. Je ne saurais dire si cette adaptation déplaît aux fans de première heure, mais pour une personne qui ne connaissait pas du tout l’univers, j’ai bien aimé!

J’ai aussi aimé la palette des couleurs pastel utilisée: le rose bonbon, le bleu pâle, le vert électrique, le jaune canari et le mauve sur fond blanc immaculé. Il y a quelques coquilles au niveau de l’encrage ici-et-là, mais un œil non avisé pourrait ne même pas les voir passer. Bref, j’ai vraiment aimé cette bande dessinée et je continuerai sans doute la série!

Connaissez-vous Jem et les Hologrammes? Aviez-vous écouté la série télé originale? Avez-vous lu l’adaptation BD?

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Jem et les Hologrammes, 1: Showtime!
AUTEUR(S): Kelly Thompson, Sophie Campbell & Maria Victoria Robado
ÉDITION: Glénat, 2017
ISBN: 9782344017715
PRIX: 24,95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le tome 2 de la série intitulé En route pour la gloire. Essayez aussi J’adore ce passage ou Si on était…, deux bandes dessinées avec des personnages lesbiennes et racisées.

Les règles de l’amitié

Un jour, Sasha, la nouvelle de l’école, qui était jusque-là tenue à l’écart, se voit couverte de honte car son pantalon est taché par ses toutes premières règles. Soutenue par trois bonnes amies qui se connaissent depuis longtemps et partagent leurs expériences, Sasha est initiée à ce nouvel aspect de sa vie intime. Une bande dessinée sur le vécu des menstruations sur fond d’engagement féministe.

Oui! Plus de bandes dessinées sur les menstruations pour les jeunes! Plus de BD féministes! Plus de livres jeunesse qui normalisent les règles et fracassent les tabous entourant la puberté féminine! #SangTabou

J’aime beaucoup les bandes dessinées réalistes, les récits scolaires et les histoires féministes. Dans Les règles de l’amitié, il y a les trois! On y rencontre une préadolescente, petite et sans formes contrairement à ses amies, et qui va avoir ses premières règles à l’école. Alors que certains élèves se moqueront d’elle (même des filles!), une bande d’amis la prendra sous son aile pour lui expliquer les changements qui se produisent dans son corps, pour la rassurer, l’aider à se laver (oui, parce qu’elle se promenait à l’école avec son pantalon taché). Les quatre jeunes filles deviendront meilleures amis.

Elles vont partager leurs expériences et lui apprendre ce qu’elle doit connaître sur les menstruations : comment mettre un tampon, la gestion de la douleur, la famille, les non-dits et les tabous. Au départ, j’avais espéré une histoire à 4 voix, mais c’est surtout le point de vue d’Abby, une ado rousse (je suppose, c’est du moins comme cela que je l’ai imaginée), s’insurge notamment de l’indisponibilité des serviettes au collège. Abby en fera son cheval de bataille, risquant au passage de perdre ses amies par manque d’empathie.

Brit est une jeune adolescente noire, grosse, qui souffre beaucoup de crampes menstruelles. À travers son vécu, on apprend que les règles diffèrent entre les femmes, que les crampes sont communes et doivent être prises au sérieux, et que l’endométriose existe.

Les quatre amies sont féministes, lisent Jane Eyre de Charlotte Brontë, bloguent sur les enjeux qui touchent les femmes, militent et n’ont pas peur de prendre leur place. On retrouve des extrait du blogue d’Abby dans le livre, notamment des listes des héroïnes qui se sont battues pour le droit des femmes: Eleanor Roosevelt, Coretta Scott King, Gloria Steinem, Maya Angelou, Malala Yousafzai, etc. À la fin de la bande dessinée, il y a un petit « guide des règles » où les autrices parlent sans tabou des menstruations et de l’activisme menstruel. J’ai adoré et je vous recommande chaudement cette BD (aux filles ET aux garçons!… car oui, les garçons aussi doivent connaître les menstruations: ça touche la moitié de l’humanité!)

Les règles de l’amitié
AUTEUR(S):  Lily Williams & Karen Schneemann 
ÉDITION: Éditions Jungle, 2020
ISBN: 9782822231503
PRIX: 29,95$
10 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être C’est ta vie!: L’encyclopédie qui parle d’amour et d’amitié aux enfants. Essayez aussi Les règles, quel aventure!, un documentaire pour la jeunesse sur les menstruations, ou Cher corps, je t’aime, un album qui célèbre la diversité corporelle.

Les chroniques d’Under York (tome 1): La malédiction

Situé dans les profondeurs de New York, l’Under York est un lieu mystérieux où règnent cinq clans de sorciers issus des principales communautés du pays, qui pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse. Bannis depuis toujours de la surface, ils influent en secret sur la vie de ses habitants. Alison Walker, jeune peintre prometteuse, a fui cet univers. Mais voilà que le passé la rattrape.

Un scénario prenant, des personnages crédibles et des dessins dignes des canons des univers Marvel et DC Comics, Les Chroniques d’Under York a tout pour plaire. Le scénariste belge Sylvain Runberg y raconte l’histoire d’Alison, une jeune sorcière qui veut oublier d’où elle vient pour se consacrer à sa passion (l’art), le tout dans un style d’Urban Fantasy fascinant. Alison est une fille métisse de 22 ans dont les ancêtres béninois ont été amenés de force aux États-Unis durant la traite négrière au XVIIIe siècle. Sa ville, New York, est celle de personnes venus de partout dans le monde, et on retrouve beaucoup ce côté cosmopolite dans le récit. J’ai été transportée hors de mon quotidien en lisant cette bande dessinée: les sociétés de l’Under York divisées en 5 grands clans, les mythes, la vie sous-terraine des mole people… Tout y est pour faire oublier le quotidien. Le monde créé par Runberg est très riche! Des clans aux codes de vie très stricts, issues des principales communautés du pays (africaine, irlandaise, chinoise, mexicaine et amérindienne), pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse.

Alison est fougueuse et courageuse. Elle est aussi très sensible aux enjeux féministes et dénonce le sexisme qui existe dans l’Under York. À travers les pages de son journal, elle se dévoile et nous raconte ses aventures, ses défis et ses problèmes. J’ai aimé pouvoir le lire entre chaque chapitre. D’ailleurs, ce premier tome se termine sur une note plutôt mystérieuse qui donne le goût de continuer la série.

Au dessin, on a l’artiste Mirka Andolfo, connue pour avoir illustré notamment une série de Harley Quinn chez DC comics. Sans surprise, son style ressemble beaucoup à l’esthétique que l’on retrouve énormément en ce moment dans l’univers des comics américains. Andolfo a réussi à créer un univers sombre et glauque qui cadre parfaitement avec l’histoire d’Under York. Et franchement, on ne peut pas passer à côté de la qualité des couleurs et de l’encrage de Piky Hamilton et Carmelo Zagaria: les ombres, les traits et la création d’atmosphère tapent dans le mille à chaque planche. Juste un petit bémol au niveau de la couleur de peau des personnages noirs: de cases en cases, la couleur change parfois beaucoup, tellement qu’il faut un moment pour se dire: « Ah, ouais, en fait, c’est le même personnage que tout à l’heure ». Aussi, les tons de brun et beige utilisés sont parfois blafardes et manquent de punch.

Bref, voilà une bande dessinées pour les ados et jeunes adultes où se côtoient fantasy, diversité, égalité et action. Une série en trois tomes publiée chez Glénat, qui plaira aux ados! À découvrir!

Les chroniques d’Under York: La malédiction
AUTEUR(S):  Sylvain Runberg & Mirka Andolfo
ÉDITION: Glénat, 2019
ISBN: 9782344032299 
PRIX: 27,95$
14 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le deuxième tome de cette trilogie, intitulé Possession. Essayez aussi Si on était… et Les quatre soeur March, deux bandes dessinées pour les adolescents avec des personnages issus de la diversité raciale.

Baby-sitters Petite soeur : Karen et la sorcière

Dans cette série dérivée du célèbre Club des Baby-Sitters, les petites soeurs s’emparent de la scène! Karen Brewer aime ses deux familles. Cela veut dire deux Noëls, deux fois plus de jouets et deux maisons. À côté de chez son père et sa belle-mère vit Mme Porter, alias Morbida Destinée. Karen est convaincue que Mme Porter est une sorcière. Elle porte de longues robes noires, ses cheveux sont gris et ébouriffés, et elle a un chat noir. En plus, elle passe son temps dans son jardin à s’occuper de ses herbes aromatiques. Karen est sûre que son effrayante voisine prépare une réunion de sorcières. Comment va-t-elle persuader ses amis qu’elle a raison?

L’éditeur dit de cette BD qu’elle évoque les préjugés et célèbre les différences. Je n’ai pas du tout eu cette impression en lisant ce livre. Si Karen a beaucoup de préjugés envers sa voisine qu’elle pense être une sorcière, à aucun moment elle n’apprendra qu’il faut connaître une personne avant de la juger ni ce que sont les préjugés. On lui dit simplement d’arrêter d’espionner les gens. Et Karen ne se contente pas de vouloir découvrir si sa voisine est une sorcière ou pas, elle va jusqu’à lui prêter des fausses intentions, l’accuser de comploter pour faire du tort au voisinage, et ira même jusqu’à se pointer chez la voisine pour gâcher son club de jardinage en portant ses accusations devant tous les invités.

Heureusement, Hannie (une petite fille noire), sa meilleure amie quand elle est chez son père, sera là pour tenter de la raisonner un peu. Elle aura des appréhensions quant aux plans de Karen et essayera de la décourager de poser certaines actions répréhensibles. Hannie a un rôle tout de même assez mineur. On ne saura pas si elle a aussi été punie pour avoir été complice des agissement de son amie.

Disons que cette adaptation aurait bénéficié d’une mise à jour car l’histoire a assez mal vieilli. Les personnages principaux sont très jeunes (6 ans) et je doute que leurs aventures intéressent vraiment les enfants de 8, 9, 10 ans. Or, le texte est trop complexe pour qu’un enfant de 5-6 ans le lise de manière autonome. Je n’ai pas aimé.

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Baby-sitters petite soeur: Karen et la sorcière
AUTEUR(S) : Katy Farina, d’après Ann M. Martin
ÉDITIONScholastic, 2020
ISBN: 9781443181266
PRIX: 16,99$
6 à 8 ANS

Connais-tu? Rosa Parks

Connais-tu Rosa Parks, la courageuse femme noire qui a refusé de céder son siège à un homme blanc dans un bus en 1955? Celle qui est ainsi devenue un symbole légendaire de la lutte pour l’égalité des droits des Noirs aux États-Unis? La militante qui s’est battue toute sa vie aux côtés de leaders comme Martin Luther King, contre le racisme et la discrimination envers les Noirs? La première Afro-Américaine à avoir sa statue au Capitole, à Washington?

Qui ne connait pas la collection Savais-tu? et, plus récemment, la collection Connais-tu? mise sur pied par la maison d’édition Michel Quintin? Ces collections, adorés des enfants, m’est demandée presque tous les jours à ma bibliothèque par les élèves du primaire. Ils aiment son petit format, la familiarité qu’il ont développé avec les collections, et les pages de bandes dessinées à l’intérieur. 

En voyant « Connais-tu Rosa Parks? » chez le libraire, je me suis demandé comment les auteurs allaient réussir à garder l’humour si caractéristique à la collection pour aborder la lutte pour les droits civique aux États-Unis. C’est un pari réussi puisque ce livre s’est révélé à la fois instructif et humoristique. On retrouve par exemple un petit rat anthropomorphisé qui se promène de page en page, ou encore des extraterrestres qui se demandent quand est-ce que les humains comprendront que tous les terriens sont égaux. L’illustrateur s’est aussi amusé à dessiner la jeune Rosa en train d’inverser les affiches « Blancs seulement » et « Pour les Noirs » au dessus de fontaines d’eau et rire de deux femmes blanches qui préféreraient mourir plutôt que de boire l’eau d’à côté. L’humour est donc bien dosé et on ne perd par de vu le propos sensible. Rosa Parks est présentée comme étant une militante engagée plutôt que comme une vieille couturière fatiguée, ce que j’ai bien aimé. Les illustrations sont en noir et blanc et la couverture est souple. Plaira aux élèves de 2e et 3e cycle du primaire! 

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Connais-tu Rosa Parks?
AUTEUR(S) : JOHANNE MENARD & PIERRE BERTHIAUME
ÉDITION: MICHEL QUINTIN, 2020
ISBN: 9782897624392
PRIX: 9,95$
7 À 11 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le bus de Rosa, Les grandes vies: Maya Angelou, ou encore De petite à grande: Rosa Parks.

J’adore ce passage

Une histoire d’amour simple et bouleversante entre deux adolescentes d’une petite ville américaine. Elisabeth et Rae semblent tout partager: leurs balades en montagne, leur goût pour la musique, leurs rires et leurs doutes. Au fil de leurs échanges, elles se découvrent, se racontent l’une l’autre, s’aiment, se débattent avec l’intensité de leurs sentiments. Par la jeune prodige Tillie Walden, autrice de Spinning (Prix Eisner, 2018) et de Dans un rayon de soleil.

J’ai adoré Spinning et Dans un rayon de soleil, alors quand j’ai vu que l’un des personnages du dernier Tillie Walden était noir, je me suis dit « Yes! Je vais enfin pouvoir en parler sur Mistikrak! » 🙂 Tillie Walden est sans doute mon autrice préférée de bandes dessinées ces temps-ci. J’aime comment elle aborde les thématiques queer, ainsi que son style d’illustration. J’adore les titres parus lors de la vague belge-japonaise nouvelle manga d’il y a quelques années et Tillie Walden a un peu de ce style et de cette sensibilité-là.

L’histoire se raconte par le biais de courts moments croqués çà et là: on apperçoit les adolescentes allongées sur le gazon dans la cour d’une maison de campagne, debout sur le littoral, faisant leurs devoirs dans une chambre, discutant lors d’une froide journée d’hiver, etc. Chaque page agit comme une photographie capturant une idée, une émotion, un échange entre les deux amoureuses. Tillie Walden joue avec la perspective, la grosseur et la hauteur relative entre ses personnages et leur environnement. Ainsi, elles sont allongées sur une montagne, telles des déesses, ou assises sur des maisons comme des géantes.

Avec peu de mots et peu de cases, l’autrice parvient a bien développer ses personnages et à capturer l’éveil du sentiment amoureux entre deux adolescentes lesbiennes. Leur amour se développe timidement et lentement. Elles s’aiment mais ne savent pas comment en parler au monde. On assiste à leurs premiers rapprochements, leurs premières disputes. On n’a pas les détails, mais on n’en a pas besoin non plus. 

Voici ce qu’on sait de l’adolescente noire de l’histoire: Elle déteste sa belle-mère et elle sait qu’elle la déteste aussi. Elle se trouve moche. Elle aime cuisiner. Elle aime beaucoup la musique et est musicienne. Elle est un personnage complexe et imparfait, plein de mystère. C’est elle qui brisera la relation en premier, disant ne plus pouvoir continuer, ne pas être « comme ça », que c’est mal. Et on sent toute sa détresse et sa peine dans ses larmes. Les adolescentes se quitteront et se rapprocheront de nouveau, ne sachant pas comment gérer ses émotions qui les submergent.

J’adore ce passage est une très belle histoire faite de silences, de pauses, de soupirs. Tillie Walden, prodige de la bande dessinée américaine, saisit ici la vérité d’un amour adolescent.

Coup de CŒUR!  

* Lauréat du Prix Ignatz Award for Promising New Talent 2016

J’adore ce passage
AUTEUR(S): Tillie Walden
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2019
ISBN: 9782075129718
PRIX: 24,95$
12 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les quatre soeurs March, Roller Girl ou Si on était…, 3 bandes dessinées pour préados et ados avec un contenu queer.

Lulu et Nelson (tome 1): Cap sur l’Afrique

La vie ne prend pas toujours le chemin le plus court pour nous mener là où elle doit nous mener. Elle aime les détours. Et ceux-ci regorgent d émotions inconnues, d’expériences inédites et de rencontres magiques… Dans un pays en proie aux inégalités, Lulu – italienne intrépide – et Nelson – sud-africain, plein d’espoir -, que tout tend à séparer, se retrouvent unis autour d’un même combat : la quête de la liberté. Laissez-vous conter l’un des plus beaux détours de leur vie…

J’ai adoré la série La Balade de Yaya de Girard et Omont, ainsi que Les Carnets de Cerise. Alors quand j’ai su que ces deux auteurs collaboraient à nouveau pour une nouvelle série, j’ai tout de suite voulu la lire. Et je n’ai pas du tout été déçue!

Je vais débuter cette critique en soulignant la qualité des illustrations car c’est vraiment ce qui attire l’œil au premier abord. Avez-vous vu cette page couverture sublime? On retrouvera ce même mouvement, cette même profondeur et cette même luminosité tout au long de la bande dessinée. D’ailleurs, la luminosité des illustrations contraste avec le récit assez sombre qui aborde la thématique de la mort, du deuil, du racisme et de la famille. Car oui, dès les premières pages, on assiste à la mort de la mère de Lulu sous les griffes d’un lion en plein spectacle de cirque auquel sa propre fille assistait (heureusement, les auteurs nous ont épargné les détails… vive l’ellipse!). Puis, très rapidement, il y a la mort des lions du cirque dans un incendie. Lulu sera dévastée car malgré les circonstances entourant le décès de sa mère, elle est restée très attachée aux fauves et veut elle aussi devenir dompteuse de lions. C’est ainsi qu’elle s’est mis dans la tête d’aller en Afrique du sud pour y acheter de nouveaux lions et sauver le cirque familial dont le père ne veut plus s’occuper.

Elle se retrouvera donc à des kilomètres de son Italie natale, en pleine manifestation contre l’Apartheid avec son père, ne comprenant pas trop ce qui se passe. Sa vie, c’était le cirque et c’est tout (elle n’a d’ailleurs jamais vraiment aimé l’école, surtout depuis que sa mère ne peut plus lui faire réviser ses leçons). Témoin d’un acte de racisme contre un jeune garçon (Nelson), le père de Lulu tentera de le défendre et se retrouvera en prison pour voies de fait sur un officier de police. Seule, Lulu suivra Nelson qui l’aidera à retrouver son père et, elle l’espère, trouver des lions à ramener chez elle pour réaliser son rêve.

Lulu ne sait rien des inégalités raciales, mais se positionne très rapidement contre cette idée d’apartheid et refuse de traiter les Noirs différemment des Blancs. Dans un train en compagnie de Nelson, elle refusera même de changer de wagon lorsqu’un employé lui suggérera de s’installer dans un wagon pour Blancs. Elle était très bien là où elle était et enverrait promener l’employé qui ne manquera pas de l’insulter au passage.

Nelson est un personnage intéressant, mais assez peu développé dans ce premier tome. On en sait assez peu de lui, surtout parce qu’il arrive vers la fin de l’histoire. J’espère que les prochains tomes permettront aux auteurs de lui donner un peu plus de substance. Mais à première vue, c’est un garçon vif d’esprit qui ne s’apitoie pas sur son sort. Il comprend très bien que sa couleur de peau fait de lui un citoyen de seconde zone dans l’Afrique du sud des années 1950. Mais il ne se méfie pas non plus systématiquement des personnes blanches et se liera d’amitié assez rapidement avec Lulu.

Cette bande dessinée plaira tant aux 9-10 ans et plus qu’aux ados. Déjà parce que les personnages sont assez jeunes, mais aussi parce que le traitement des sujets comme les droits des animaux ou la ségrégation raciale est assez mature pour allumer les lecteurs plus âgés. Les personnages adultes sont également bien présents: Nelson et Lulu évoluent dans un monde au final assez loin de leur univers d’enfants, et la vie ne leur fait pas de cadeau. Je précise au passage que les adultes sont parfois assez durs avec nos deux héros, tels qu’ils le sont parfois dans la vraie vie: Par exemple, préfet de police ne démontrera aucune sympathie pour cette petite fille blanche venue voir et libérer son père de prison. Autre exemple: le père de Lulu, excédé par l’obsession de sa fille pour les lions du cirque et son refus d’aller au pensionnat, lui sortira un « Mais qu’est-ce que tu as dans la tête, bordel! » plein de colère. Rien de bien grave, mais je suggère quand même de lire en duo avec les plus jeunes de 9 ans pour pouvoir discuter de cette lecture.

Bref, on sent bien que ce premier tome sert surtout à mettre les bases du récit: on y rencontre les personnages, on apprend à les connaître, on se situe dans le temps et l’espace. Mais il ne s’y passe pas grand chose. C’est la petite fille de Lulu qui reçoit une lettre de sa grand-mère et nous dévoilera son histoire. Les mots de la lettres de Lulu livrent ainsi tout au long du livre son ressenti et offre un regard rétrospectif sur son voyage en Afrique du Sud. Cap sur l’Afrique se termine toutefois sur une note qui donne le goût de continuer la série. Je sens que les prochains mois d’attente vont être très long! J’ai trop hâte de retrouver Lulu et Nelson dans le tome 2! J’ai eu un coup de coeur pour ce premier tome, mais cela pourrait changer à la lecture des tomes à venir. J’ai quand même quelques attentes:

  • Le personnage de Nelson sera-t-il plus développé ? Après tout, le titre est « Lulu et Nelson », pas « Lulu (et un garçon qui s’appelle Nelson à côté) ». Croisons les doigts!
  • Le contexte dans lequel se déroule l’histoire est intéressant. J’espère qu’une plus grande place sera accordée à la situation politique d’Afrique du Sud durant les luttes pour mettre fin à l’apartheid. Je suis curieuse de voir comment le personnage de Lulu et de son père agiront face à ces luttes. J’espère que les Sud Africains seront maîtres de leur destin et que Nelson, en particulier, aura une certaine autonomie, qu’il pourra prendre en maturité de manière indépendante de Lulu. À suivre.
  • Les animaux au cirque, c’est aujourd’hui dépassé. Leur présence dans le livre ne m’a pas dérangée car je remets l’histoire dans son contexte historique. Ce serait injuste de dénoncer la maltraitance envers les animaux dans ce cas-ci. Mais justement, j’ai hâte de voir si les auteurs vont aborder ce sujet, et surtout, comment.

Bref, cette bande dessinée à été un coup de cœur pour moi, mais j’espère que la suite ne me décevra pas!

Coup de cœur!

Lulu et Nelson (tome 1): Cap sur l’Afrique
AUTEUR(S) : Charlotte Girard, Jean-Marie Omont & Aurélie Neyret
ÉDITIONSoleil, 2020
ISBN: 9782302078963
PRIX: 24,95$
9 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin, Les enfants du Bayou ou Un voyage sans retour, trois bandes dessinées dont les personnages principaux sont noirs.

Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

quatre soeurs march 3

Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

quatre soeur march 4

Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs mois. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points bonis pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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Estelle et Noé : À la découverte de l’univers!

Pourquoi vit-on sur une planète? Pourquoi la Lune change-t-elle de forme chaque nuit? Qu’Est-ce qu’un astéroïde, et à quoi sert le soleil? Estelle et Noé sont des enfants curieux. Ensemble, ils revisitent l’histoire de notre planète et révèlent les mystères de l’Univers grâce aux sciences. En suivant les héros Estelle et Noé dans leurs aventures, l’enfant découvre les mystères de l’espace, du système solaire et des planètes.

J’ai été surprise de constater que ce livre est en réalité une bande dessinée lorsque je l’ai feuilleté pour la première fois. En effet, son format carré rappelle plutôt celui de l’album illustré! Il s’agit donc d’une docu-fiction qui emprunte certains codes à l’album pour former un livre hybride qu’on rencontre plus rarement dans le monde de l’édition.

Dans ce livre, Estelle fait une entrée remarquée lorsqu’on l’a rencontre pour la première fois. Vêtue d’un costume d’astronome vraiment chouette qu’elle a fabriquée elle même, elle débarque dans le salon où se trouve Noé, le fils de la nouvelle amie de sa mère. Tout au long du récit, elle partage avec lui sa passion pour les planètes, les fusées et les étoiles.

Estelle et Noé partiront ensemble à la découverte de l’univers et le lecteur apprendra avec eux une foule d’informations assez pointues sur l’astronomie, par exemple que le diamètre de la terre est de 12 756 km, que la terre est recouverte à 70% d’eau, que la lune est un satellite dont la face cachée a été photographiée en 1959, que le système solaire s’est formé il y a environ 4,5 millards d’années, que la température au centre du soleil peut s’élever à 15 millions de degrés ou qu’il existe 88 constellations. L’histoire s’efface donc assez rapidement pour laisser place à cette aventure où Estelle partage ses connaissances avec Noé en parcourant l’infinité du cosmos. L’auteure, qui est aussi journaliste scientifique, utilise beaucoup les comparaisons pour aider les jeunes lecteurs à comprendre l’information.

Estelle est une petite fille noire très intelligente, courageuse et spontanée. Sa couleur de peau ne change absolument pas le récit, ce qui fait d’elle une représentation positive de la diversité raciale en littérature jeunesse!

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AUTEUR(S) : Laureen Bouyssou & Camouche
ÉDITIONMillepages, 2020
ISBN: 9782842184698
6 à 10 ANS

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