Rêve de foot

Dans les rues de Kinshasa, les enfants des rues sont obligés de voler pour se nourrir. À 14 ans, Bilia est jeté en prison pour quelques bananes. Mais lors d’un match de football entre détenus et enfants du quartier, un journaliste italien repère chez ce garçon un don exceptionnel pour le ballon rond. Il lui propose de quitter l’Afrique et de tenter une carrière professionnelle en Europe. C’est la chance de sa vie ! Une fabuleuse aventure humaine ou quand le rêve devient réalité à force de talent et de courage…

Je ne pensais pas apprécier autant ce livre! Mais dès les premières pages, l’auteur a su capter mon attention. J’ai été agréablement surprise par la qualité du texte et la capacité de l’auteur à réinventer une histoire racontée déjà mille fois. Un jeune garçon africain passionné de soccer qui fini par jouer dans une équipe européenne de haut niveau, il y a déjà un tas de films et de romans sur le sujet. Mais Bilia a quelque chose de spécial et on s’attache à lui et à son histoire. L’important pour lui n’est pas que de devenir un joueur de soccer émérite, mais bien d’aider sa famille et d’améliorer sa vie. Alors qu’il est incarcéré pour avoir volé de la nourriture à manger, Bilia réalise que son sort est commun à plusieurs autres garçons de son âge: la frontière entre dedans et dehors est bien mince car ce qui les a conduit à l’intérieur est un hasard, la malchance, ou les deux à la fois. Car si Bilia, affamé, a volé de quoi manger, c’est bien parce qu’il a eu de la malchance: celle d’avoir vécu la vie qui est la sienne, loin des privilèges qu’on certains. Il a été à l’école jusqu’à l’âge de 10 ans, puis de moins en moins. Il réalisera qu’en Italie où il a immigré pour parfaire son sport, il faut étudier pour jouer au ballon. L’auteur a un style efficace qui donne le goût de toujours tourner la page pour continuer sa lecture. Son personnage principal développera au fil de son aventure une belle maturité:

Bilia secoue la tête.
– Ça, j’ai compris, dit-il. Mais je ne pense pas seulement à lui. Il y a un tas de jeunes dans son pays et dans le mien, qui mériteraient eux aussi d’avoir leur chance.
– Tu as raison, mais qu’est-ce que tu peux faire, toi?
– Bien jouer, faire parler de mon pays, attirere l’attention sur moi pour ouvrir les portes du congo, dit Bilia, déterminé.
– Tu ne croi spas que ce sont des discours d’adulte?
– D’adultes? Les adultes ne font jamais ce genre de discours, ce sont eux qui nous poussent hors de notre pays, et si nous restons ils nous enchaînent dans la misère.
– Bilia, allez… arrête… Je comprends ta colère, dit l’entraîneur, mais elle ne changera pas les choses.
– Ce n’est pas de la colère. Je suis juste triste pour l’Afrique qui est en train de massacrer son avenir. » (p.118)

Ce court roman se déroule entre le Congo et l’Italie. On y retrouve quelques phrases en lingala et en italien (traduites en bas de page). À lire!

Paul Bakolo Ngoi est un auteur congolais. Il vit en Italie.

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Rêve de foot
AUTEUR(S)
: Paul Bakolo Ngoi
ÉDITION: GALLIMARD JEUNESSE, 2014
ISBN: 9782070658374
PRIX: 9,95$
11 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le caméléon et les fourmis blanches, Princes des fatras ou encore Cassius, trois romans jeunesse qui abordent la thématique du sport.

Ma

Comme tous les jeunes du village, Félix rêve de partir en ville, et même en Europe, quand il sera adulte. Vivre loin de Méfomo et de ses cases perdues dans la forêt africaine !Mais un jour, à la rivière, il surprend une fille en train de se baigner. Elle se fait appeler Magali. Elle est belle et sauvage. D’où vient-elle, avec tous ses secrets ? Le cœur de Félix va vite être accroché…

Un court roman de tout juste 87 pages, tout en sensualité et en finesse. Dès les premières lignes, c’est la plume de Louis Atangana qui m’a charmée. Des phrases courtes et percutantes qui nous tombent dessus comme une tonne de briques.

Ma est un personnage intéressant. Alors que son village croit qu’elle est une sorcière, elle ne veut que garder son fils près d’elle. Il y a peu de péripéties dans l’histoire; c’est avant tout le récit de relations, de personnages qui se croisent, se mêlent, s’aiment ou se détestent.

On retrouve plusieurs références au roman Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez et c’est dans ce livre que Félix tente de puiser connaissance et la clé qui fera de lui un homme. Ma est un roman touchant sur le passage à l’âge adulte.

« Ils se turent un instant. Très loin, dans la brousse, un cri déchira la fin du jour. Félix pensa à la Mamie Wata. Existait-elle vraiment? On disait qu’elle sortait du fond de la rivière, la nuit, lorsque la lune était ronde. Elle chantait pour attirer les hommes. Un chant merveilleux. Savoureux. De miel et de vin de palme. Douceur et ivresse. Il ne fallait pas l’écouter si on ne voulait pas être envoûté. Devenir son esclave. Tous ceux qui avaient succombé à son charme avaient été emportés au fond de la rivière. On avait retrouvé leur corps gonflé. Leur âme était restée dans le royaume de la Mamie Wata. Pour toujours. (p.17)

Ma
AUTEUR(S) : Louis Atangana
ÉDITION: Rouergue Jeunesse, 2012
ISBN: 9782812603075
PRIX: 16,95$
13 ans et plus

Louis Atangana est un auteur d’origine franco-camerounaise.

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Sur les traces de Loubaye Dantor, La balade Toucoulore de Samba Foul, ou encore Uppercut, trois livres pour les ados ayant des personnages issus de la diversité.

Un petit geste

Chloé et ses amis ne joueront pas avec la nouvelle fille, Maya. Chaque fois que Maya essaie de rejoindre Chloé et ses amis, ils la rejettent. Finalement, Maya cesse de venir à l’école. Lorsque l’enseignante de Chloé donne une leçon sur la façon dont même de petits gestes peuvent changer le monde, Chloé est piquée par l’opportunité manquée d’amitié et réfléchit à quel point cela aurait pu être mieux si elle avait montré un peu de gentillesse envers Maya.

Ça fait déjà plusieurs semaines que j’ai lu ce livre et ce n’est qu’aujourd’hui que je me pose pour rédiger cette critique. J’avais besoin d’un moment d’arrêt, de laisser l’histoire m’habiter quelques temps encore. Car Un petit geste est un livre comme ça. Avec son puissant message anti-intimidation et son art frappant, le livre Un petit geste résonnera auprès des lecteurs longtemps après l’avoir déposé. 

Jacqueline Woodson est l’une de mes auteures préférées. J’ai presque tout lu d’elle (elle écrit pour tous les âges) et je n’ai encore jamais été déçue. Quand Jacqueline Woodson écrit, elle m’emporte avec elle dans son univers. Les histoires qu’elle raconte sont toujours criantes de vérité. Chloé, que j’ai rencontrée dans son livre, est une enfant imparfaite, comme les vrais enfants. Comme ceux qui jouent dans la cours d’école, comme ceux qui grandissent vite et ceux qui grandissent lentement.

J’aurais pu lire le texte seul que je l’aurais adoré tout autant. J’aurais pu admirer les illustrations de E. B. Lewis et savourer une histoire sans texte. Mais ensemble, Woodson et Lewis créent quelque chose de puissant. Je les ai adoré ensemble dans The Other Side, et je les adore encore dans Un petit geste.

E. B. Lewis a un style d’illustration hyper-réaliste; ses dessins sont comme des photographies. Son coup de crayon est vif, et son coup de pinceau est léger. Cela créé des illustrations tout en profondeur dans lesquelles l’esquisse est toujours apparente. Ses aquarelles accompagnent à merveille le texte de Woodson.

J’ai été apaisée, attendrie, en colère, émue et pensive en lisant ce livre. C’est une histoire touchante pour explorer comment nos gestes affectent les autres, et pour réaliser que nous n’avons pas toujours une deuxième occasion pour nous rattraper. C’est aussi une histoire sur la gentillesse, celle qu’on a en nous mais qu’on ne transfère pas dans le monde. Celle qui nous reste prise à la gorge, sans trop savoir pourquoi. Enfin, c’est également une histoire sur soi et les autres, sur les différences, sur la dynamique de groupe et sur la découverte de qui on est.

Maya, la nouvelle élève, arrive en milieu d’année. On ne sait pas d’où elle vient et quand elle repartira soudainement, on ne saura pas où est s’en est allée. Elle a été une enfant gentille, impatiente de se faire des amis. Mais personne n’aura été gentille avec elle. Ça m’a brisé le cœur. Avec son puissant message anti-intimidation et son art frappant, le livre Un petit geste résonnera auprès des lecteurs longtemps après l’avoir déposé. 

Au niveau de la représentation, Chloé est une petite fille métissée aux cheveux crépus et bruns. Sa couleur de peau ne change rien à l’histoire. Mais c’est tellement rare de voir des personnages principaux aux cheveux crépus laissés en afro en littérature jeunesse sans que ce soit sujet à moqueries ou que ce soit quelque chose de négatif. J’ai été heureuse de rencontrer Chloé; par ce quelle vit, et parce qu’elle est une petite écolière comme les autres, les enfants n’auront pas de mal à s’identifier à elle.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

Tout n’est pas dit dans l’histoire, ce qui fait de ce livre un candidat intéressant à une exploitation en milieu scolaire. Voici quelques pistes pour entamer des discussions autour de cet album avec vos élèves de 2e et 3e cycle du primaire:

  • Quelle est ta première impression en voyant Maya pour la première fois (page 3-4)? Que peux-tu dire d’elle? Diras-tu qu’elle a beaucoup d’argent ou pas? Qu’est-ce qui te fait penser cela? D’où vient-elle? Pourquoi arrive-t-elle en milieu d’année?
  • Quelle est ta première impression de Chloé? Dirais-tu quelle est une personne gentille ou pas? Attention: que connais-tu d’elle? Pourquoi ne sourit-elle pas à Maya? Pourquoi regarde-t-elle ailleurs? Pourquoi regarde-t-elle dehors?
  • Dirais-tu qu’il est facile de se faire de nouveaux amis? T’es-tu déjà retrouvé dans un environnement où tu ne connaissais personne? Si oui, comment aurais-tu aimé que les gens réagissent face à ta venue?
  • Faut-il du courage pour aller à l’encontre de ce qui est populaire? Faut-il du courage pour se moquer des autres? Ou de la lâcheté? Pourquoi Andrew nargue-t-il Chloé, à ton avis?
  • Et toi? Que peux-tu faire pour aider les nouveaux à s’intégrer au groupe?
  • Pourquoi Chloé et ses amies refusent-elles de jouer avec Maya?
  • Relève dans le texte toutes les instances où Maya tente activement de s’intégrer au groupe. Note la réaction de ses pairs. Propose ensuite une façon alternative et positive dont ces événements auraient pu se dérouler.
  • Explique dans tes mots la métaphore du caillou jeté dans l’eau.
  • De quelle manière diras-tu que Maya se sent au début et à la fin de l’histoire? Comment est-ce que le comportement des élèves de la classe l’affectent-elle?
  • Que pourrait faire Chloé pour se racheter? Est-il trop tard?

Enseignants: Pourquoi ne pas, vous aussi, faire l’expérience du caillou dans l’eau avec vos élèves? Demandez-leur ce qu’ils ont fait de gentil.

* Prix Coretta Scott King Book Awards 2013 pour la version originale anglaise.

Coup de cœur!

Jacqueline Woodson est une autrice américaine.

Un petit geste
AUTEUR(S): Jacqueline Woodson & E.B Lewis
ÉDITIOND’eux, 2020
ISBN: 9782924645468
PRIX: 21,95$
7 à 10 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Une poupée pour maman, un album pour les enfants de 8 ans et plus écrit par une personne afro-descendante. Essayez aussi Le prince bégayant et Tiens-toi droite, deux albums pour les lecteurs du 2eme et 3eme cycles du primaire.

Le cadeau

Pour son anniversaire, Léo a reçu un magnifique stylo. « Dedans, il y a plein de belles choses », lui dit son père. Impatient de les découvrir, Léo va demander de l’aide à sa sœur, puis à Coco-Tèmbo, à Super-Zembô… Aucune ne sait se servir d’un stylo. De retour à la maison, Léo s’adresse à sa mère. Tenant dans sa patte celle de Léo, elle écrit avec lui. Émerveillé, Léo découvre que son stylo contient tous les mots et toutes les choses du monde…

Un bel album au format à l’italienne dans lequel on part à la rencontre d’un florilège d’animaux anthropomorphisés. Le personnage principal est un petit lion curieux qui hâte de découvrir ce que cache le cadeau reçu par son père. Le suspense est préservé jusqu’au à toute fin où l’on découvre comment tous les mots du monde peuvent sortir du stylo. Jolies illustrations au crayon de bois et aux couleurs éclatantes. Le texte d’Alain Serge Dzotap est un plaisir à lire à haute voix, faisant de cet album un candidat parfait pour l’heure du conte en bibliothèque.

Alain Serge Dzotap est un auteur camerounais.

Je remercie les Éditions des Éléphants de m’avoir offert ce livre.

LE cadeau
AUTEUR(S) : Alain Serge Dzotap & Delphine Renon
ÉDITIONÉditions des éléphants, 2020
ISBN: 9782372730891
PRIX: 27,95$
4 ANS ET PLUS

Sortir d’ici

Jade aime la vie qu’elle mène dans son quartier, entourée de ses amis et de sa mère. Mais cette dernière veut l’envoyer au lycée situé de l’autre côté de la ville, celui où vont les Blancs, les riches ou les élèves pauvres mais brillants, comme elle. Dans cet établissement où elle n’est pas la bienvenue, Jade découvre un monde dont elle ignore les codes.

Vous allez adorer ce roman si vous aimez les récits réalistes et les personnages bien développés. Je me suis tellement reconnue en Jade, dans son discours, ses expériences et ses questionnements. Pourtant, contrairement à elle, je n’ai pas grandi dans un milieu pauvre, ni dans une communauté majoritairement noire, et je n’ai pas eu de bourses d’études ciblée pour les personnes racisées. Pourtant, plutôt que nos différences, c’est bien nos ressemblances qui ont fait en sorte que je m’identifie à ce personnage. Nous sommes toutes les deux noires, avons toutes les deux eu des amitiés mixtes qui ont été bousculées par l’incompréhension de nos amies blanches face au racisme que nous subissons, et nous avons toutes les deux été discriminées au moment d’être choisie pour un programme scolaire d’envergure. Tout lecteur qui a fait face à des difficultés (peut importe leur nature) ou de la discrimination, ou qui s’est questionné sur le privilège, verra en Jade un certain reflet de lui-même. C’est là toute la puissance de l’écriture de Renée Watson: rendre ses personnages vrais, authentiques et imparfaits.

Même si je n’ai pas été d’accord avec tous les propos de Jade, j’ai pu comprendre son point de vue. J’ai aussi compris le point de vue de ses détracteurs. Car l’autrice Renée Watson prend bien soin de montrer les deux côtés de la médaille à une problématique. Lorsqu’elle parle du racisme subi par Jade et sa frustration face aux Blancs qui minimisent sa douleur et sa colère, elle parle aussi des Blancs qui ne savent pas comment réagir et qui se sentent injustement visés. Plutôt que de présenter la fragilité blanche comme un problème qui ne concerne que les Blancs (« qu’ils s’éduquent! » diront certains), Renée Watson présente le point de vue des personnes blanches dans toute sa complexité, et valide tout autant les expériences des personnes noires que blanches. Ainsi, Sam, l’amie blanche de Jade, aura une voix bien à elle et aura l’opportunité de s’exprimer, par exemple, lors de cet échange entre elle et Jade après que leur amitié ait été ébranlée par une succession de micro-agressions:

— Parfois… je ne sais pas… je suis juste mal à l’aise de parler de ce genre de choses. Et je ne sais pas quoi te dire quand quelque chose d’injuste t’arrive. Comme l’autre jour au centre commercial. Je me suis sentie super mal. Mais j’étais censée faire quoi?
— Tu n’es pas toujours obligée de faire quelque chose. Mais quand tu balaies ce que je dis d’un revers de la main comme si je l’inventais ou si j’exagérais, ça me donne l’impression que tu te fiches de ce que je ressens. (p. 287)

J’ai souvent du mal avec les mauvaises traductions françaises des romans anglophones. Mais j’ai trouvé que « Sortir d’ici » était une excellente adaptation du titre original, « Piecing Me Together ». Car c’est bien ce désir de quitter la prison de verre qui l’entoure qui anime Jade tout au long du roman. Sortir d’ici, ce n’est pas nécessairement de quitter sa communauté afro-américaine pauvre, mais plutôt, quitter cet endroit où les opportunités sont trop peu nombreuses. Jade a souvent l’impression que ses chances d’avancement social sont quasi-nulles sans l’aide de personnes plus fortunées. Elle est intelligente, travaillante, déterminée et polyvalente: alors pourquoi est-ce si difficile? Elle intégrera un programme qui offre aux jeunes filles pauvres l’opportunité d’élargir leurs horizons en allant au musée, au cinéma ou en apprenant à bien se nourrir, par exemple. Au sujet de ce programme, Jade sera agacée par le fait qu’on ne lui montre que des choses extérieures à sa communauté, comme si cette dernière n’avait rien à offrir. Et elle n’hésitera pas à le dire. Jade est une forte tête et j’ai aimé cela d’elle. Elle comprend bien que le monde ne semble pas être fait pour elle, que sa mère a beau être pleine de bonne volonté, que ses voisins soient pleins de rêves ou qu’elle soit tout aussi capable qu’une personne plus fortunée (et, accessoirement, blanche), cela ne semble être jamais suffisant pour l’affronter. À ce sujet, elle dit même: « Parfois, j’ai l’impression de partir de chez moi le matin en un seul morceau, riche des baisers de maman qui a placé ses espoirs en moi. Mais quand je rentre le soir, j’ai l’âme en miette. » (p.107). Car Jade subit de nombreuses micro-agressions, ces petits gestes qui se veulent anodins, mais qui heurtent les personnes racisées, et qu’il est difficile de démontrer qu’il s’agit d’attaques. Jade est aussi grosse, et j’ai apprécié qu’une personne grosse soit le personnage principal d’un roman, sans que ce personnage soit malheureux à cause de son poids.

« Je ne sais pas ce qui est pire. Être maltraitée à cause de la couleur de sa peau, à cause de son poids, ou devoir prouver que c’est vraiment ce qui s’est passé. » (p.166)

J’ai pris des tas de notes sur ce roman, j’ai surligné énormément de passages en me disant « Oh, mon Dieu, c’est tellement bien dit » ou « C’est exactement ça! ». Vous devez absolument lire ce roman et me dire ce que vous en avez pensé. Fortement recommandé!

Renée Watson est une autrice américaine.

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Sortir d’ici
AUTEUR(S) : Renée Watson
ÉDITIONCasterman, 2019
ISBN: 9782203185661
PRIX: 28,95$
13 ans et plus

Ce livre vous a plu? Vous aimerez peut-être Le garçon qui n’était pas noir, La haine qu’on donne ou encore My life matters, trois romans pour adolescents dans lesquels un personnage doit aller à l’école dans un quartier homogène qui n’est pas le sien.

Les grandes vies: Maya Angelou

Comment Maya Angelou a-t-elle réussi à se faire entendre ? À la fois écrivaine, chanteuse, danseuse, professeure et militante pour les droits civiques, Maya est pleine de ressources. Toute sa vie, elle s’est battue pour l’égalité des droits des Noirs aux États-Unis et en Afrique du Sud. Suivez le récit de son incroyable parcours depuis l’épicerie de sa grand-mère jusqu’à sa rencontre avec Barack Obama.

Ce n’est pas le premier ni le dernier livre biographique pour la jeunesse qui sortira en librairie cette années. Beaucoup de maisons d’éditions proposent collections de livres retraçant la vie de personnes ayant marqué l’histoire en ce moment. Cela dit, la collection « Les grandes vies » chez Gallimard est l’une de mes préférées. Ce livre en tant qu’objet est magnifique. Son format petit, sa couverture rugueuse et sa conception graphique lui donne un cachet précieux. J’aurais envie de mettre la totalité de la collection en vitrine dans mon salon!

Le texte est court et documenté, faciles à lire sans être édulcoré. On en apprend beaucoup sur Maya Angelou à la lecture de ce livre, de son mutisme à la suite d’un viol, jusqu’à son militantisme. On comprend comment et pourquoi la voix de Maya est puissante, ainsi que la manière dont elle a contribué à combattre les préjugés pour faire évoluer le monde par ses mots et son talent artistique.

(c) Photo: Ayizana.

On retrouvre à la fin du livre une chronologie des moments importants de la vie de Maya Angelou, ainsi qu’un glossaire et un index. Même s’il est une joie à lire pour le plaisir, il peut aussi facilement être utilisé pour les recherches scolaires.

Les illustrations graphiques ne font usage que de quatre couleurs dominantes: le vert, le brun, le bleu pâle et le jaune. J’ai adoré les textures et les couleurs franches utilisées. Les lignes sont précises et forment des blocs de relief. Très beau!

Je vous recommande vivement ce livre! Plusieurs autres titres existent dans la collection, comme Nelson Mandela, Anne Frank ou Frida Kahlo.

Danielle Jawando est une auteure anglaise.

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation
AUTEUR(S)
: Danielle Jawando & Noah Snir
ÉDITIONGallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075129756
PRIX: 18,95$
8 à 13 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être De petite à grande: Rosa Parks, ou Histoires du soir pour filles rebelles, deux albums biographiques pour la jeunesse. Essayez aussi La vie ne me fait pas peur, un album signé Maya Angelou.

Nous sommes tous des féministes

Dans ce discours prononcé en 2012 dans le cadre d’un programme dédié à l’essor du continent africain, l’écrivaine nigériane aborde avec lucidité et humour le sujet du féminisme. A travers des anecdotes issues de sa vie quotidienne, au Nigeria comme aux Etats-Unis, elle évoque les questions de l’inégalité des sexes et de l’image de soi des femmes. Le texte est ici adapté pour le jeune public.

J’ai sauté de joie lorsque j’ai su que le célèbre manifeste de Chimamanda Ngozi Adichie avait été adapté pour la jeunesse. L’écrivaine nigériane y aborde la question de l’égalité des sexes avec lucidité et humour, au travers de son expérience et d’anecdotes de son enfance. Le large format se prête parfaitement au texte et les illustrations de Leire Salaberria accompagnent à merveille la puissance des mots. Le passage de ce discours (qui, au départ, était adressé à un public adulte) vers un lectorat jeunesse se fait tout en douceur. La présentation matérielle est également très bien réussie: couverture rigide et jolies pages de garde enveloppent le livre, alors que chaque double page présente le texte et les illustrations comme le miroir l’un de l’autre.

Voilà un texte à partager avec tous, filles et garçons, pour semer, dès à présent, les graines du changement. Ne passez pas à côté!

«J’aimerais que nous rêvions à un monde différent et que nous commencions à le préparer. Un monde plus juste. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ: nous devons élever nos filles autrement. Et aussi nos garçons.»

Chimamanda Ngozi Adichie est une autrice nigériane.

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Nous sommes tous des féministes
AUTEUR(S) : Chimamanda Ngozie Adichie & Leire Salaberria
ÉDITIONGallimard JEUNESSE, 2020
ISBN: 9782075142915
PRIX: 19,95$
6 À 12 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Ces femmes incroyables qui ont changé le monde, On n’est pas des super-héros ou Histoires du soir pour filles rebelles, trois livres jeunesse portant un message féministe.

La street (tome 3): En mode détente

La suite des aventures de vos trois héros préférés ! Tout va pour le mieux dans la street : le trio inaugure officiellement « La Planque », le nouveau centre de street art et de sport urbain, sponsorisé par le célèbre rappeur RCK. Entre la glisse et le collège, ils n’ont pas le temps de s’ennuyer ! Et tout irait pour le mieux si Clarisse, la peste de l’école, ne s’était pas mis à les harceler pour rencontrer RCK. Quand ce dernier leur propose de les accompagner dans sa tournée en Ardèche, c’est la libération ! Loin de la street, Carl, Orel et miel vont prendre l’air… en mode détente !

Ce roman m’a fait retrouver le plaisir que j’avais de lire des romans dans ma jeunesse. D’un coup, j’étais replongée dans ma peau d’enfant, savourant chaque page, admirant longuement les illustrations et imaginant les personnages comme de bons amis à moi.

Je n’ai pas lu les deux premiers tomes de la série, mais je n’ai eu aucun mal à suivre le récit de « En mode détente »: Les personnages sont bien présentés en amont et l’histoire se tient bien seule. Cela dit, la lecture de ce troisième tome m’a absolument donné le goût de lire les deux premiers, ne serait-ce que pour rencontrer à nouveau Carl et sa bande au skate park!

L’auteure Cécile Alix sait raconter une histoire captivante avec des personnages réalistes et attachants. Elle démontre une belle maîtrise de la langue et fait usage d’un vocabulaire riche. Certaines des images qu’elle est parvenue à créer m’ont bien fait sourire.

La mise en page est aérée et la typographie, variée. Les illustrations de Dimitri Zegboro ne font pas qu’illustrer le texte, elles racontent elles aussi l’histoire en y intégrant un contenu nouveau. J’ai adoré son style, très vif et humoristique, proche de la bande dessinée. On sent bien que l’auteure et l’illustrateur ont travaillé ensemble.

J’ai aimé que les personnages soient diversifiés et imparfaits. Le fauteuil roulant de Carl est son super bolide et ça, j’ai trouvé ça vraiment cool. Être à mobilité réduite ne l’empêche pas du tout de faire du sport, d’aller s’amuser au skate park et de s’épanouir autant que ses amis.

J’ai adoré ce roman et je vous le conseil vivement! Cette histoire pleine d’humour plaira aux lecteurs de 8-9 ans et plus! Contexte européen.

Dimitri Zegboro est un illustrateur français.

Je remercie les éditions Magnard Jeunesse de m’avoir offert ce livre.

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La Street (tome 3): En mode détente
AUTEUR(S) : Cécile Alix & Dimitri Zegboro
ÉDITIONMagnard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782210968400
PRIX: 20,95$
8 à 12 ans

Ce roman vous a plu? Vous aimerez peut-être les premiers tomes de la série, ou encore Pars, Cours! Bernadette, un roman pour les jeunes lecteurs dans lequel le sport a une place importante.

Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

quatre soeurs march 3

Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

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Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs mois. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points bonis pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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Les quatre soeurs MarchBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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Une poupée pour maman

Poupée pour mamanAdjoa raconte l’histoire de la poupée de sa maman, fabriquée pour elle à une époque où elle n’arrivait pas à avoir d’enfant. Publié dans la collection Pont des arts des éditions Canopé, cette histoire permet de découvrir une oeuvre d’art, celle de la statuette féminine Akua-ba.

Adrienne Yazouba et Élodie Nouhen, l’auteure et l’illustratrice, nous content l’histoire de la petite Ajoa. Au cœur d’un village Africain, entre imaginaire, croyances et traditions, elles nous font découvrir la sculpture traditionnelle de l’art ashanti, la poupée de fertilité Akua ba.

Quelle bonne idée d’utiliser la littérature jeunesse comme porte d’entrée vers l’art, ici celui du peuple Ashanti. En fin d’album, il y a un dossier explicatif sur la poupée akua-ba. On y apprend notamment que les poupées sont très répandues en Afrique et qu’on les retrouve dans chaque peuple, en divers matériaux (la poupée Ibeji ou Ibeyi chez les Yoruba, la poupée Nyeleni chez les Bambara du Mali, ou encore la poupée Biga chez les Mossi au Burkina Faso). Les illustrations sont superbes et mélangent diverses techniques. Il y a aussi une photo de la statuette Akua-ba exposée au musée du quai Branly-Jacques-Chirac à Paris. Un très bel album informatif que je vous recommande vivement!

une poupée pour maman 2

Adrienne Yabouza est une auteure centrafricaine.

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Une poupée pour mamanBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Adrienne Yabouza & Élodie Nouhen
ÉDITION: Éditions L’Élan vert, 2019
ISBN: 9782844555786
Prix: 23,95$
À partir de 8 ans

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