Babel Corp. (tome 1) : Genesis 11

À bord du vaisseau Genesis 11, Emmett, issu d’un quartier pauvre, participe à un jeu de survie avec d’autres adolescents défavorisés. Au bout d’un voyage d’une année, seuls les huit meilleurs pourront débarquer sur une planète mystérieuse pour y récolter la noxolyte, une substance fossile puissante et dangereuse. À bord, les épreuves cruelles et truquées se multiplient.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un bon roman de science-fiction qui se déroule dans l’espace. Dans le genre, Babel Corp. est excellent! L’histoire va très vite: l’auteur ne perd pas de temps avec des détails. Dès le début, c’est un feu roulant d’action qui se déroule sous nos yeux de lecteurs. On rencontre rapidement les personnages qui nous accompagneront tout au long de l’aventure : des jeunes ados de partout dans le monde qui embarquent dans cette aventure spatiale pour améliorer leur sort ou celui de leurs proches. Bon, j’admets qu’au début, ça fait un peu liste d’épicerie (Un personnage noir? Check. Un personnage asiatique? Check. Un personnage arabe? Check. etc.), mais heureusement, l’auteur donne suffisamment d’espace à chacun des personnages d’exister au-delà d’être là pour faire croire à un désir maladroit d’inclure plus de diversité. Les personnages ne parlent pas tous la même langue et ils utilisent des traducteurs instantanés pour se comprendre. Ainsi, l’anglais n’est pas imposée comme langue de communication universelle dans le roman. J’ai trouvé ça chouette.

Le personnage principal est Emmett, un ado déterminé et généreux, qui embarque sur le Genesis 11 pour ramasser les fonds nécessaires pour soigner sa mère malade. Il fera tout pour tenter de gagner la compétition, mais restera un concurrent aimable et sympa. Il se liera d’amitié avec Kaya, une jeune japonaise mystérieuse pleine de sagesse. [SPOILERS] Cette dernière sera tuée par un ennemi extraterrestre au 2/3 du récit en une scène particulièrement bien menée. Je ne m’y attendais pas du tout! Mais je parie qu’elle reviendra d’une manière ou d’une autre dans les prochains tomes. J’ai comme un feeling qu’on a pas fini d’entendre parler d’elle… 😉 [FIN SPOILERS]

Franchement, Babel corp. est un excellent romans pour les ados et jeunes adultes. Points boni pour la page couverture qui est très belle. Hâte de lire la suite!

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Babel Corp. : Genesis 11
AUTEUR(S) : Scott Reintgen 
ÉDITION: Milan jeunesse, 2020
ISBN: 9782745979667
PRIX: 29,95$
12 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être les deux prochains tomes de la série, Eden et Ascension. Essayez aussi L’enceinte 9, un excellent roman pour adolescents.

Mes p’tites questions: La peau

Seize questions et leurs réponses pour apprendre comment la peau se répare, pourquoi est-ce qu’elle se ride en vieillissant ou encore pourquoi tout le monde n’a pas la même couleur de peau.

Je ne suis pas une grande fan de la collection Mes p’tites questions (et variantes) chez Milan. J’ai tout de même lu « La peau », sans trop d’attentes, si ce n’est l’appréhension d’être déçue, choquée ou exaspérée, comme cela arrive souvent lorsque je feuillette ces livres. Les illustrations donnent à voir des peaux de toutes les couleurs, même quand il n’est pas question de race. Par exemple, à la page « C’est fait en quoi, la peau? » on voit des pieds noirs. Bel effort, sauf que la plante des pieds a été illustrée brune plutôt que beige. Cela m’a frappé quand j’ai vu cette image. Contrairement aux personnes blanches, la plante des pieds des personnes noires n’est pas de la même couleur que le reste du corps. Plusieurs enfants noirs ont des complexes face à la couleur de leurs paumes et/ou sont victimes de moqueries de leurs camarades. Quelle occasion ratée de normaliser les paumes des personnes noires… Cette erreur qui peut semble bénigne a tout de même un impact important puisque le sujet du livre est justement celui de la peau!

Ce livre documentaire aborde aussi les sujets du métissage, de l’albinisme, de la biologie et du racisme. On y parle aussi de coups de soleil, de mélanine, d’égratignure, de rides, du sens du toucher, de transpiration, etc. Peut plaire. 

Mes p’tits pourquoi: La peau
AUTEUR(S)
: Audrey Guiller & Amélie Videlo
ÉDITION: Milan, 2021
ISBN: 9782408024321
PRIX: 14,95$
5 à 9 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être La lune et L’alimentation, deux livres jeunesse publiés chez le même éditeur. Essayez aussi Mon corps est génial! Ses échanges avec l’extérieur.

La très grande piscine

A la piscine, Léa a peur et n’ose pas sauter dans le bassin. Pourtant, petit à petit, elle vainc son appréhension et profite des joies aquatiques avec ses camarades.

J’aime beaucoup cette collection de livres faciles à lire des éditions Milan dans la collection Poussin. On l’oublie parfois, mais lire demande beaucoup d’effort, surtout quand on commence à peine à déchiffrer les lettres et à reconnaître les sons. Ce livre est conçu pour accompagner les apprentis lecteurs, d’abord par des jeux avec les lettres et les mots qu’ils rencontreront dans l’histoire, puis avec une comptine pour s’amuser. Avant l’histoire, il y a donc 5 pages de jeux pour se préparer au récit qui va suivre. Dans le texte, on retrouve une définition des mots et expressions difficiles ou nouvelles pour faciliter la compréhension. 

Le personnage principal, Léa, est craintive lors de son premier cours d’éducation physique à la piscine. Sans brassard, elle craint de ne pas flotter. Elle a peur du grand bassin et ne veut pas qu’on se moque d’elle. Heureusement, grâce aux encouragements de ses camarades de classe, elle affrontera ses peurs. Recommandé! 

La très grande piscine
AUTEUR(S) : Louison Nielman & Colonel Moutarde 
ÉDITION: Milan jeunesse, 2021
ISBN: 9782408019860
PRIX: 8,95$
6 à 8 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Titus et les lamas joyeux: Mission sac de piscine, une bande dessinée adaptée pour les lecteurs débutants. Essayez aussi Jabari plonge et Tous à l’eau!.

Mes tout premiers docs: La lune

Il fait nuit, c’est l’heure de se coucher : la lune fait son apparition dans la collection « Mes tout premiers docs ». Retrouvez, expliquées avec simplicité, les notions qui entourent la thématique de la lune : les phases, sa position dans le ciel, l’absence d’atmosphère…

Ce petit livre carré aux pages glacées constitue une belle transition entre les livres cartonnés et les livres pour les enfants de maternelle. Les couleurs vives plairont aux enfants! Dans le livre, on retrouve une famille noire ordinaire. Le texte est simple et au présent de l’indicatif, faisant de ce livre un documentaire accessible à hauteur d’enfant. Des comparaisons permettent aux petits de mieux comprendre des notions complexes comme la distance entre soi et la lune, ou comment cela se fait-il que la lune n’est plus là le matin, ou encore pourquoi la lune change de forme. Très bon!

Mes tout premiers docs: La lune
AUTEUR(S) : Carine Panis & Didier Balicevic 
ÉDITION: Milan, 2020
ISBN: 9782408008222
PRIX: 8,95$
2-4 ans

Ce livre vous a plus?
Vous aimerez peut-être Les Couleurs, publié dans la même collection, et mettant aussi en scène une famille noire en filigrane. Essayez aussi Mes p’tits pourquoi: L’alimentation, un documentaire dont les personnages sont noirs à lire dès l’âge de 6 ans. Le livre La science est dans… l’oeuf pourrait aussi vous intéresser.

Je ne meurs pas avec toi ce soir

Lorsqu’une dispute entre un lycéen noir et un lycéen blanc se transforme en émeute raciale et gagne la ville, Campbell, blanche, et Lena, noire, camarades qui se connaissent à peine, fuient le lycée et traversent la ville ensemble pour aller retrouver le petit ami de Lena. Ces heures angoissantes sont pour elles l’occasion d’apprendre à se connaître et à dépasser leurs préjugés. Premier roman.

J’ai commencé ce roman sans trop d’attentes. Le résumé en quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire déjà maintes fois exploitée en littérature jeunesse américaine ces dernières années. La page couverture ne me plait pas particulièrement non plus. Toutefois, j’ai beaucoup aimé ce roman pour son traitement du sujet de manière nouvelle. Plutôt que de s’intéresser aux impacts d’une émeute raciale sur les personnages principaux, les autrices racontent comment se vivent ces événements de l’intérieur. Ainsi, en tout juste 232 pages, c’est un feu roulant qui défile sous nos yeux, des premiers éclats de violence au chaos qui, en une nuit, rapprochera deux jeunes adolescentes que tout oppose et qui devront se faire confiance afin de survivre.

Lena est une jeune fille noire américaine à la mode, qui se soucie avant tout des marques de ses vêtements et de son amoureux. Elle sait qu’un jour, elle sera célèbre. Campbell est une adolescente blanche qui fait tout pour ne pas attirer l’attention. J’ai aimé voir ces deux personnalités se confronter tout au long du roman: La naïveté de Lena et le côté terre-à-terre de Campbell, la conscience raciale de Lena et la manière dont Campbell choisi de ne pas voir ses propres préjugés.

La relation entre Lena et son amoureux pourri, Black, illustre la manière dont on refuse parfois de voir les choses qui sont juste sous notre nez. Ce dernier doit son surnom à sa famille qui le lui a donné, non seulement car il a la peau la plus foncée de la famille, mais aussi parce que enfant, il était toujours d’humeur sombre et calme. À ce sujet, Lena fera le commentaire suivant: « Si Black était une fille, son teint d’un noir intense lui vaudrait des moqueries, et personne ne voudrait sortir avec elle. Toutefois, comme c’est un homme, cette couleur de peau a fait de lui un séducteur. » (p. 28). Ainsi, les autrices n’hésitent pas à aborder un sujet comme le colorisme et le sexisme. On retrouve à plusieurs reprises dans le roman cette conscience raciale, toujours amenée avec doigté.

Tout comme Lena qui s’entête a rester dans une relation amoureuse malsaine alors que son entourage ne cesse de lui dire que quitter Black, Campbell préfère (peut-être inconsciemment) de ne pas voir les tensions raciales, le ghetto, les injustices. Cette nuit d’émeute sera pour les deux adolescentes une manière de s’ouvrir les yeux.

Ce roman à deux voix est écrit par deux autrices américaines: Gilly Segal, blanche, prête sa plume à Campbell, alors que Kim Jones, noire, prête sa voix à Lena. Le roman s’inspire d’un incident qui s’est produit lors des émeutes de Baltimore en 2015. Segal et Jones ont effectué plusieurs recherches afin que ce roman soit le plus proche de la réalité que possible. Elles ont interviewé des agents du SWAT Team pour comprendre les étapes qui suivent les forces armées durant un tel événement. Elles ont aussi rencontré plusieurs survivant.e.s des émeutes de Philadelphia, Los Angeles et Ferguson pour connaître la manière dont ils.elles ont vécu ces événements. Voilà donc un premier roman hautement réussi que je vous conseille vivement!

Kimberly Jones est une autrice américaine. Elle est photographiée ici avec la co-auteure de Je ne meurs pas avec toi ce soir, Gilly Segal.

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Je ne meurs pas avec toi ce soir
AUTEUR(S): Kimberly Jones & Gilly Segal
ÉDITION: Milan, 2020
ISBN: 9782408009274
PRIX: 24,95$
13 ANS ET PLUS

Ce livres vous a plu?
Vous aimerez peut-être Tyler Johnson était là (publié précédemment sous le titre VF My life matters), ou La Haine qu’on donne, deux romans pour adolescents sur le mouvement Black Lives Matter. Essayez aussi Entre Chiens et loups de Malorie Blackman, une série fantastique pour adolescents dans lequel les Noirs détiennent le pouvoir et les Blancs sont opprimés.

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation

Pour le petit déjeuner, Tess prend des tartines beurrées alors que son petit frère, lui, ne boit que du lait. Car on ne mange pas de la même façon à tous les âges. Et d’ailleurs, à quoi ça sert de manger ? Quelle est la différence entre l’acide et le sucré ? Et pourquoi on n’a pas tous les mêmes goûts ? Que signifie être « végétarien » ? Et être « allergique » ? Un « P’tit pourquoi » pour répondre à toutes les curiosités sur un vaste sujet !

Élaboré avec les conseils d’un pédiatre, ce livre documentaire est issu de la collection « Mes P’tits pourquoi » aux éditions Milan. Il traite de divers thèmes liés à l’alimentation : l’éveil au goût, les heures des repas, les allergies alimentaires ou encore le véganisme. Pour ce faire, on suit Tess, une petite fille métissée dont la mère est blanche et le père, noir. Elle a aussi un petit frère. La famille vit une vie ordinaire et occidentale: elle va faire l’épicerie, les enfants vont à la garderie, le papa travaille dans la construction et la famille élargie se réunit ponctuellement autour d’un bon repas. Milan étant une maison d’édition française, on retrouve un vocabulaire européen: par exemple on parle du « petit déjeuner », « déjeuner », « dîner » et « goûter » plutôt que du déjeuner, dîner, souper et collation. Tess va à la « cantine » plutôt qu’à la cafétéria.

Le livre aborde l’alimentation dans sa globalité, incluant même une section sur le gaspillage alimentaire ou le flexitarisme. Très bon!

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation
AUTEUR(S)
: Claire Garoux & Anne Rouquette
ÉDITIONMilan, 2020
ISBN: 9782408016203
PRIX: 12,95$
4 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le repas, ou Le chocolat, deux documentaires sur la thématique de l’alimentation.


Ghost

Ghost Jason ReynoldsAyant réussi à échapper, avec sa mère, à son père qui leur tirait dessus, Castle, un adolescent, a pris en secret le surnom de Ghost, pour s’être vu tel un fantôme dans les yeux de l’épicier qui les a cachés cette nuit-là. Un jour, en rentrant du collège où ses camarades ont pris l’habitude de le maltraiter, il observe des coureurs s’exercer. L’entraîneur lui propose alors de les rejoindre.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce roman. Castle, le personnage principal, est tellement réaliste qu’on aurait dit un garçon que j’aurais pu croiser au coin de la rue. C’est un personnage imparfait comme je les aime. Il se croit fort, voire meilleur que les autres — surtout à la course à pied (la course à pied, c’est un sport, ça? s’est-il demandé en se bidonnant) — mais il apprendra que ce sport, c’est bien plus que de se mettre à courir. Au départ, Castle accepte de rejoindre l’équipe municipale d’athlétisme simplement pour augmenter ses chances d’intégrer l’équipe de basketball l’année suivante. Et, vous le devinez, cela ne se passera pas exactement comme il l’avait prévu.

Au niveau de la représentation, Castle est un adolescent noir qui habite dans un quartier pauvre des États-Unis, juste à côté d’un quartier plus riche. Cette proximité territoriale ne fait qu’exacerber les différences sociales entre les deux quartiers. Son père est en prison depuis le soir où, totalement soûl, il a tiré sur sa femme et son fils. Castle se bat à l’école pour se défendre contre les élèves qui se moquent de ses vêtements sans marques, de sa nourriture de faible qualité ou de son odeur (car il marche tous les jours pour se rendre à l’école sous un soleil de plomb). Ses matières préférées, même s’il ne le dirait probablement pas, sont l’anglais (il recommande d’ailleurs le roman Sa majesté des mouches) et l’éducation physique. Il ne s’intéresse pas particulièrement aux filles qu’il trouve un peu immatures à vouloir être plus jolies qu’intelligentes. Castle craint sa mère et la respecte beaucoup. Il souhaite la protéger, surtout depuis l’incident dramatique impliquant son père que j’ai mentionné plus tôt. Castle est un adolescent qui apprend vite, et qui est impatient de vivre pleinement sa vie sans porter le fardeau de tous les privilèges qu’il n’a pas: être noir, pauvre, et enfant de prisonnier lui donne une grande maturité. Il est un personnage bien développé et le Castle du début du roman n’est pas le même que celui de la fin. Extrait:

     Le coach m’a regardé de nouveau, droit dans les yeux.
– Ça peut t’aider à comprendre que si tu peux pas fuir qui tu es, tu peux courir vers celui que tu as envie de devenir.
J’ai laissé ses paroles faire leur chemin dans ma tête. J’étais qui, moi? J’étais Castle Cranshaw le gamin de Glass Manor avec un lourd secret. Celui avec un père en prison et une mère qui bossait comme une dingue pour moi, qui me coupait les cheveux, achetait des chaussures de sous-marque et des vêtements assez grands pour que je puisse les portes le plus longtemps possible. J’étais celui qui criait sur les profs et qui cognait sur les crétins qui parlaient trop. Celui qui se sentait… différent. Et vénère. Et triste. J’étais le gamin avec tous ces hurlements à l’intérieur.
Mais qui est-ce que je voulais être? Ça, c’était plus difficile à dire. Pourtant, il y avait un truc dont j’étais sûr, c’était que je voulais faire partie des Grands de ce monde. (p.162-163)

La traduction est un peu trop européenne par moments: On retrouve beaucoup de verlan avec des mots comme zarbi, chelou, teubé, relou, teuhon, etc. et le système d’éducation est français (CM1, troisième, quatrième, etc.), même si l’histoire se passe aux États-Unis. Il faut donc « retraduire » dans sa tête zarbi = bizarre, troisième = secondaire 2, etc. J’aurais préféré une traduction canadienne ou plus internationale. N’empêche! Ce livre vaut le détour. J’ai tellement adoré que je m’en suis acheté une copie pour ma bibliothèque personnelle. Ne passez pas à côté!

 

* Finaliste du National Book Award

Coup de cœur! 

Jason Reynolds est un auteur américain. 

Jason reynolds

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Ghost
AUTEUR(S)
: Jason Reynolds Bouton acheter petit
ÉDITION: Milan, 2019
ISBN: 9782745995032
PRIX: 22,95$
13 ans et plus

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être Uppercut, un roman où la boxe devient un refuge pour un adolescent troublé. Essayez aussi Sako, un roman coup de cœur sur l’apprivoisement de la solitude. L’album pour les préados et ados Cours! de David Cali pourrait aussi vous plaire car il aborde aussi la thématique de la course à pied comme échappatoire.

uppercut Ahmed      Sako     Cours! Davide Cali

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Le mystère des dents du jaguar

Les mystères des dents du jaguarMax, l’oncle de Liberté, n’a décidément pas de chance. Lui qui avait trouvé un travail est sur le point de le perdre. Tout ça parce que la casquette aux dents de jaguar a disparu ! Celle-là même qu’il doit arborer le premier jour de son travail… Mais Liberté n’a pas dit son dernier mot : elle trouvera la casquette et démasquera le voleur, nom d’un jaguar !

Vocabulaire riche et la mise en page dynamique ont fait de ma lecture une expérience agréable. C’est un livre pour les lecteurs débutants vraiment chouette qui m’a fait voyager et m’a tenu en haleine jusqu’à la fin car je voulais absolument découvrir qui était le coupable. Le côté « enquête » est bien exploité et on retrouve au début de chaque chapitre un résumé de « ce que l’on sait ». Ceux-ci résument les indices trouvés en court de lecture et permettent aussi au lecteur de valider sa compréhension du récit. Franchement bien fait ! Ce livre est épuisé; retrouvez-le à votre bibliothèque municipale !

 

Empruntez ce livre auprès de votre bibliothèque municipale!
Le mystère des dents du jaguar
AUTEUR(S) : Quitterie Simon, Anouk Bloch-Henry & Benjamin Adam
ÉDITION: Milan jeunesse, 2011
ISBN: 9782745953995
8-9 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Les vacances et Léaun petit roman pour les lecteurs débutants. Essayez aussi Enquête à quatre pattes, un livre d’enquête avec des questions de compréhension à la fin de chaque chapitre.

Les vacances de Léa Belin éducation      fancette quatre pattes

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Tiens-toi droite

Tiens-toi droite Rémi courgeonA Djougou, Adjoa entend sans cesse qu’elle doit se tenir droite alors qu’elle porte de lourds paquets sur la tête. Un jour, le fardeau est tellement lourd qu’elle le pose et y découvre un revolver chargé. En décidant de transformer le colis, elle va en même temps prendre sa vie en main. Une évocation de la vie des femmes africaines.

C’est d’abord le format inhabituel de cet album qui frappe: Très long et étroit, il évoque le propos du livre et son personnage principal, une jeune fille (puis, femme) africaine fière et élégante qui grandit la tête haute, transportant toute sortes de choses sur sa tête. Le texte, touchant et bien écrit, raconte son histoire sans tomber dans le piège de la pitié ou de l’exotisme, tel qu’on le voit souvent lorsque l’Afrique est abordée en littérature jeunesse. Les femmes de ce livre vivent leur vie et ne doivent rien à personne. Elles naissent, grandissent et vive la tête haute et son maîtres de leur destin. Un très bel album que je vous suggère vivement !

Tiens-toi droite 2Tiens-toi droite 3

Auteur(s) / illustrateur(s) : Rémi Courgeon
Maison d’édition: MilanBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782745994691
Lectorat cible: À partir de 8 ans.

Vous aimerez peut-êtreGros Chagrin, un album du même auteur.

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Entre chiens et loups

Entre chiens et loups blackman

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s’affrontent à coup de lois racistes et de bombes. C’est un monde où Callum et Sephy n’ont pas le droit de s’aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d’un rebelle clandestin…Et s’ils changeaient ce monde?

Ceci est une relecture. J’ai d’abord lu Entre chiens et loups lorsque j’étais au secondaire et je me souviens à quel point cette lecture m’avait marqué à l’époque. J’avais 15-16 ans, je commençais à peine à comprendre le monde et l’histoire de l’Humanité – particulièrement en ce qui a trait à la traite des Noirs, à l’esclavage et à la lutte pour les droits civiques. J’étais une adolescente noire qui, comme plusieurs autres, était victime de racisme à l’école (par des camarades de classe ET par des professeurs), et qui cherchait sa place dans le monde. Qu’est-ce que ça voulait dire d’être femme, francophone, noire d’origine haïtienne en Amérique du Nord ? Pourquoi donc est-ce que les gens avaient cette fâcheuse tendance à supposer qui j’étais et ce dont j’étais capable simplement en regardant la couleur de ma peau ? J’avais du mal à trouver réponse à mes questionnements: le tout était si intangible et difficile à cerner ! J’avais moi-même du mal à exprimer ce que je ressentais vis-à-vis tout cela, mais la frustration et le malaise que je ressentais face aux inégalités et au racisme étaient bien réels. Entre chiens et loups a été un véritable exutoire pour moi. Un autre monde était possible ! Et même si le monde dans lequel Sephy et Callum évoluent n’était pas réel, il me faisait réaliser que le racisme concerne davantage un système que des individus, que le privilège est quelque chose de réel sur lequel on a bien peu de pouvoir, que la fragilité blanche (« White Fragility ») existe bel et bien et que les microagressions sont sournoises. C’était mes premiers balbutiements vers une meilleure compréhension des mécanismes qui régissent notre société et de ma place dans le monde.

Et puis, l’histoire de Sephy et Callum m’a gardé en haleine du début à la fin. J’ai dévoré tous les tomes de la série et lorsque cela a été terminé, j’étais carrément en deuil ! J’étais triste que tout cela soit fini et j’aurais voulu rester dans l’univers de Malorie Blackman plus longtemps. Ce roman a validé d’une certaine manière ce que je ressentais face au racisme : Au Québec, on aime bien dire que le racisme n’existe pas ici et on tolère mal la chicane ou le conflit. On préfère dire qu’on ne voit pas la couleur ! Combien de fois m’avait-on fait comprendre que la couleur de ma peau n’avait rien à voir avec la manière dont j’étais traitée ? À la longue, ça te met un doute dans la tête ! Pourtant, il y avait bien ces petits gestes, ces petites manières de faire, des petits commentaires glissés ça et là qui me pesaient. À titre d’exemple, il y a un passage dans le roman (p. 70) où une Nihil (une fille blanche, donc) a un pansement marron foncé sur le front qui jure avec la couleur de sa peau. C’est tout bête, on n’y pense pas, mais pourquoi est-ce que tous les pansements disponibles sur le marché sont beiges ?? Bref, Malorie Blackman a mis le doigt sur toutes ces micro-agressions qui vous feront vous lever en plein milieu de votre lecture pour vous écrier « OUI, C’EST EXACTEMENT ÇA!! » Dans le roman, Dieu a la peau noire et les cheveux crépus, les médias parlent des méfaits des nihils en précisant que c’étaient des nihils, mais pas lorsqu’ils sont commis par des Primas, dans les oeuvres de fiction, les Nihils sont des brutes des alcooliques ou les deux… Est-ce que ça sonne familier?

De plus, j’ai bien aimé le clin d’oeil de l’auteure à Matthew Henson, car dans le monde de Sephy et Callum, on se souvient de lui comme étant le premier à avoir atteint le pôle nord géographique, mais pas du Blanc (Peary) qui l’accompagnait dans son expédition dans le nord. C’est tout le contraire qui s’est passé dans la réalité !

J’ai adoré suivre l’histoire parallèlement du point de vue de Sephy et de celui de Callum. Ce roman jumelle habilement histoire d’amour, fresque historique, tourments adolescents, passage à l’âge adulte et critique sociale et politique. Un incontournable. Ne passez pas à côté !

* Ce roman a reçu de nombreux prix.

Coup de coeur !

Malorie Blackman est une auteure britannique.

Malorie Blackman

Auteur(s) / illustrateur(s) : Malorie Blackman
Maison d’édition: Milan
Année de publication: 2011

Bouton acheter petit

ISBN: 9782745957252
Public cible: Ados
Vous aimerez peut-être: Marche à l’étoile, un roman pour adolescents.

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