Je ne meurs pas avec toi ce soir

Lorsqu’une dispute entre un lycéen noir et un lycéen blanc se transforme en émeute raciale et gagne la ville, Campbell, blanche, et Lena, noire, camarades qui se connaissent à peine, fuient le lycée et traversent la ville ensemble pour aller retrouver le petit ami de Lena. Ces heures angoissantes sont pour elles l’occasion d’apprendre à se connaître et à dépasser leurs préjugés. Premier roman.

J’ai commencé ce roman sans trop d’attentes. Le résumé en quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire déjà maintes fois exploitée en littérature jeunesse américaine ces dernières années. La page couverture ne me plait pas particulièrement non plus. Toutefois, j’ai beaucoup aimé ce roman pour son traitement du sujet de manière nouvelle. Plutôt que de s’intéresser aux impacts d’une émeute raciale sur les personnages principaux, les autrices racontent comment se vivent ces événements de l’intérieur. Ainsi, en tout juste 232 pages, c’est un feu roulant qui défile sous nos yeux, des premiers éclats de violence au chaos qui, en une nuit, rapprochera deux jeunes adolescentes que tout oppose et qui devront se faire confiance afin de survivre.

Lena est une jeune fille noire américaine à la mode, qui se soucie avant tout des marques de ses vêtements et de son amoureux. Elle sait qu’un jour, elle sera célèbre. Campbell est une adolescente blanche qui fait tout pour ne pas attirer l’attention. J’ai aimé voir ces deux personnalités se confronter tout au long du roman: La naïveté de Lena et le côté terre-à-terre de Campbell, la conscience raciale de Lena et la manière dont Campbell choisi de ne pas voir ses propres préjugés.

La relation entre Lena et son amoureux pourri, Black, illustre la manière dont on refuse parfois de voir les choses qui sont juste sous notre nez. Ce dernier doit son surnom à sa famille qui le lui a donné, non seulement car il a la peau la plus foncée de la famille, mais aussi parce que enfant, il était toujours d’humeur sombre et calme. À ce sujet, Lena fera le commentaire suivant: « Si Black était une fille, son teint d’un noir intense lui vaudrait des moqueries, et personne ne voudrait sortir avec elle. Toutefois, comme c’est un homme, cette couleur de peau a fait de lui un séducteur. » (p. 28). Ainsi, les autrices n’hésitent pas à aborder un sujet comme le colorisme et le sexisme. On retrouve à plusieurs reprises dans le roman cette conscience raciale, toujours amenée avec doigté.

Tout comme Lena qui s’entête a rester dans une relation amoureuse malsaine alors que son entourage ne cesse de lui dire que quitter Black, Campbell préfère (peut-être inconsciemment) de ne pas voir les tensions raciales, le ghetto, les injustices. Cette nuit d’émeute sera pour les deux adolescentes une manière de s’ouvrir les yeux.

Ce roman à deux voix est écrit par deux autrices américaines: Gilly Segal, blanche, prête sa plume à Campbell, alors que Kim Jones, noire, prête sa voix à Lena. Le roman s’inspire d’un incident qui s’est produit lors des émeutes de Baltimore en 2015. Segal et Jones ont effectué plusieurs recherches afin que ce roman soit le plus proche de la réalité que possible. Elles ont interviewé des agents du SWAT Team pour comprendre les étapes qui suivent les forces armées durant un tel événement. Elles ont aussi rencontré plusieurs survivant.e.s des émeutes de Philadelphia, Los Angeles et Ferguson pour connaître la manière dont ils.elles ont vécu ces événements. Voilà donc un premier roman hautement réussi que je vous conseille vivement!

Kimberly Jones est une autrice américaine. Elle est photographiée ici avec la co-auteure de Je ne meurs pas avec toi ce soir, Gilly Segal.

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Je ne meurs pas avec toi ce soir
AUTEUR(S): Kimberly Jones & Gilly Segal
ÉDITION: Milan, 2020
ISBN: 9782408009274
PRIX: 24,95$
13 ANS ET PLUS

Ce livres vous a plu?
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Mes p’tits pourquoi: L’alimentation

Pour le petit déjeuner, Tess prend des tartines beurrées alors que son petit frère, lui, ne boit que du lait. Car on ne mange pas de la même façon à tous les âges. Et d’ailleurs, à quoi ça sert de manger ? Quelle est la différence entre l’acide et le sucré ? Et pourquoi on n’a pas tous les mêmes goûts ? Que signifie être « végétarien » ? Et être « allergique » ? Un « P’tit pourquoi » pour répondre à toutes les curiosités sur un vaste sujet !

Élaboré avec les conseils d’un pédiatre, ce livre documentaire est issu de la collection « Mes P’tits pourquoi » aux éditions Milan. Il traite de divers thèmes liés à l’alimentation : l’éveil au goût, les heures des repas, les allergies alimentaires ou encore le véganisme. Pour ce faire, on suit Tess, une petite fille métissée dont la mère est blanche et le père, noir. Elle a aussi un petit frère. La famille vit une vie ordinaire et occidentale: elle va faire l’épicerie, les enfants vont à la garderie, le papa travaille dans la construction et la famille élargie se réunit ponctuellement autour d’un bon repas. Milan étant une maison d’édition française, on retrouve un vocabulaire européen: par exemple on parle du « petit déjeuner », « déjeuner », « dîner » et « goûter » plutôt que du déjeuner, dîner, souper et collation. Tess va à la « cantine » plutôt qu’à la cafétéria.

Le livre aborde l’alimentation dans sa globalité, incluant même une section sur le gaspillage alimentaire ou le flexitarisme. Très bon!

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation
AUTEUR(S)
: Claire Garoux & Anne Rouquette
ÉDITIONMilan, 2020
ISBN: 9782408016203
PRIX: 12,95$
4 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le repas, ou Le chocolat, deux documentaires sur la thématique de l’alimentation.


Ghost

Ghost Jason ReynoldsAyant réussi à échapper, avec sa mère, à son père qui leur tirait dessus, Castle, un adolescent, a pris en secret le surnom de Ghost, pour s’être vu tel un fantôme dans les yeux de l’épicier qui les a cachés cette nuit-là. Un jour, en rentrant du collège où ses camarades ont pris l’habitude de le maltraiter, il observe des coureurs s’exercer. L’entraîneur lui propose alors de les rejoindre.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce roman. Castle, le personnage principal, est tellement réaliste qu’on aurait dit un garçon que j’aurais pu croiser au coin de la rue. C’est un personnage imparfait comme je les aime. Il se croit fort, voire meilleur que les autres — surtout à la course à pied (la course à pied, c’est un sport, ça? s’est-il demandé en se bidonnant) — mais il apprendra que ce sport, c’est bien plus que de se mettre à courir. Au départ, Castle accepte de rejoindre l’équipe municipale d’athlétisme simplement pour augmenter ses chances d’intégrer l’équipe de basketball l’année suivante. Et, vous le devinez, cela ne se passera pas exactement comme il l’avait prévu.

Au niveau de la représentation, Castle est un adolescent noir qui habite dans un quartier pauvre des États-Unis, juste à côté d’un quartier plus riche. Cette proximité territoriale ne fait qu’exacerber les différences sociales entre les deux quartiers. Son père est en prison depuis le soir où, totalement soûl, il a tiré sur sa femme et son fils. Castle se bat à l’école pour se défendre contre les élèves qui se moquent de ses vêtements sans marques, de sa nourriture de faible qualité ou de son odeur (car il marche tous les jours pour se rendre à l’école sous un soleil de plomb). Ses matières préférées, même s’il ne le dirait probablement pas, sont l’anglais (il recommande d’ailleurs le roman Sa majesté des mouches) et l’éducation physique. Il ne s’intéresse pas particulièrement aux filles qu’il trouve un peu immatures à vouloir être plus jolies qu’intelligentes. Castle craint sa mère et la respecte beaucoup. Il souhaite la protéger, surtout depuis l’incident dramatique impliquant son père que j’ai mentionné plus tôt. Castle est un adolescent qui apprend vite, et qui est impatient de vivre pleinement sa vie sans porter le fardeau de tous les privilèges qu’il n’a pas: être noir, pauvre, et enfant de prisonnier lui donne une grande maturité. Il est un personnage bien développé et le Castle du début du roman n’est pas le même que celui de la fin. Extrait:

     Le coach m’a regardé de nouveau, droit dans les yeux.
– Ça peut t’aider à comprendre que si tu peux pas fuir qui tu es, tu peux courir vers celui que tu as envie de devenir.
J’ai laissé ses paroles faire leur chemin dans ma tête. J’étais qui, moi? J’étais Castle Cranshaw le gamin de Glass Manor avec un lourd secret. Celui avec un père en prison et une mère qui bossait comme une dingue pour moi, qui me coupait les cheveux, achetait des chaussures de sous-marque et des vêtements assez grands pour que je puisse les portes le plus longtemps possible. J’étais celui qui criait sur les profs et qui cognait sur les crétins qui parlaient trop. Celui qui se sentait… différent. Et vénère. Et triste. J’étais le gamin avec tous ces hurlements à l’intérieur.
Mais qui est-ce que je voulais être? Ça, c’était plus difficile à dire. Pourtant, il y avait un truc dont j’étais sûr, c’était que je voulais faire partie des Grands de ce monde. (p.162-163)

La traduction est un peu trop européenne par moments: On retrouve beaucoup de verlan avec des mots comme zarbi, chelou, teubé, relou, teuhon, etc. et le système d’éducation est français (CM1, troisième, quatrième, etc.), même si l’histoire se passe aux États-Unis. Il faut donc « retraduire » dans sa tête zarbi = bizarre, troisième = secondaire 2, etc. J’aurais préféré une traduction canadienne ou plus internationale. N’empêche! Ce livre vaut le détour. J’ai tellement adoré que je m’en suis acheté une copie pour ma bibliothèque personnelle. Ne passez pas à côté!

 

* Finaliste du National Book Award

Coup de cœur! 

Jason Reynolds est un auteur américain. 

Jason reynolds

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Ghost
AUTEUR(S)
: Jason Reynolds Bouton acheter petit
ÉDITION: Milan, 2019
ISBN: 9782745995032
PRIX: 22,95$
13 ans et plus

 

Ce livre vous a plus ?
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uppercut Ahmed      Sako     Cours! Davide Cali

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Le mystère des dents du jaguar

Les mystères des dents du jaguarMax, l’oncle de Liberté, n’a décidément pas de chance. Lui qui avait trouvé un travail est sur le point de le perdre. Tout ça parce que la casquette aux dents de jaguar a disparu ! Celle-là même qu’il doit arborer le premier jour de son travail… Mais Liberté n’a pas dit son dernier mot : elle trouvera la casquette et démasquera le voleur, nom d’un jaguar !

Vocabulaire riche et la mise en page dynamique ont fait de ma lecture une expérience agréable. C’est un livre pour les lecteurs débutants vraiment chouette qui m’a fait voyager et m’a tenu en haleine jusqu’à la fin car je voulais absolument découvrir qui était le coupable. Le côté « enquête » est bien exploité et on retrouve au début de chaque chapitre un résumé de « ce que l’on sait ». Ceux-ci résument les indices trouvés en court de lecture et permettent aussi au lecteur de valider sa compréhension du récit. Franchement bien fait ! Ce livre est épuisé; retrouvez-le à votre bibliothèque municipale !

 

Empruntez ce livre auprès de votre bibliothèque municipale!
Le mystère des dents du jaguar
AUTEUR(S) : Quitterie Simon, Anouk Bloch-Henry & Benjamin Adam
ÉDITION: Milan jeunesse, 2011
ISBN: 9782745953995
8-9 ANS

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Les vacances de Léa Belin éducation      fancette quatre pattes

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Tiens-toi droite

Tiens-toi droite Rémi courgeonA Djougou, Adjoa entend sans cesse qu’elle doit se tenir droite alors qu’elle porte de lourds paquets sur la tête. Un jour, le fardeau est tellement lourd qu’elle le pose et y découvre un revolver chargé. En décidant de transformer le colis, elle va en même temps prendre sa vie en main. Une évocation de la vie des femmes africaines.

C’est d’abord le format inhabituel de cet album qui frappe: Très long et étroit, il évoque le propos du livre et son personnage principal, une jeune fille (puis, femme) africaine fière et élégante qui grandit la tête haute, transportant toute sortes de choses sur sa tête. Le texte, touchant et bien écrit, raconte son histoire sans tomber dans le piège de la pitié ou de l’exotisme, tel qu’on le voit souvent lorsque l’Afrique est abordée en littérature jeunesse. Les femmes de ce livre vivent leur vie et ne doivent rien à personne. Elles naissent, grandissent et vive la tête haute et son maîtres de leur destin. Un très bel album que je vous suggère vivement !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Rémi Courgeon
Maison d’édition: MilanBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782745994691
Lectorat cible: À partir de 8 ans.

Vous aimerez peut-êtreGros Chagrin, un album du même auteur.

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Entre chiens et loups

Entre chiens et loups blackmanImaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s’affrontent à coup de lois racistes et de bombes. C’est un monde où Callum et Sephy n’ont pas le droit de s’aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d’un rebelle clandestin…Et s’ils changeaient ce monde?

Ceci est une relecture. J’ai d’abord lu Entre chiens et loups lorsque j’étais au secondaire et je me souviens à quel point cette lecture m’avait marqué à l’époque. J’avais 15-16 ans, je commençais à peine à comprendre le monde et l’histoire de l’Humanité – particulièrement en ce qui a trait à la traite des Noirs, à l’esclavage et à la lutte pour les droits civiques. J’étais une adolescente noire qui, comme plusieurs autres, était victime de racisme à l’école (par des camarades de classe ET par des professeurs), et qui cherchait sa place dans le monde. Qu’est-ce que ça voulait dire d’être femme, francophone, noire d’origine haïtienne en Amérique du Nord ? Pourquoi donc est-ce que les gens avaient cette fâcheuse tendance à supposer qui j’étais et ce dont j’étais capable simplement en regardant la couleur de ma peau ? J’avais du mal à trouver réponse à mes questionnements: le tout était si intangible et difficile à cerner ! J’avais moi-même du mal à exprimer ce que je ressentais vis-à-vis tout cela, mais la frustration et le malaise que je ressentais face aux inégalités et au racisme étaient bien réels. Entre chiens et loups a été un véritable exutoire pour moi. Un autre monde était possible ! Et même si le monde dans lequel Sephy et Callum évoluent n’était pas réel, il me faisait réaliser que le racisme concerne davantage un système que des individus, que le privilège est quelque chose de réel sur lequel on a bien peu de pouvoir, que la fragilité blanche (« White Fragility ») existe bel et bien et que les microagressions sont sournoises. C’était mes premiers balbutiements vers une meilleure compréhension des mécanismes qui régissent notre société et de ma place dans le monde.

Et puis, l’histoire de Sephy et Callum m’a gardé en haleine du début à la fin. J’ai dévoré tous les tomes de la série et lorsque cela a été terminé, j’étais carrément en deuil ! J’étais triste que tout cela soit fini et j’aurais voulu rester dans l’univers de Malorie Blackman plus longtemps. Ce roman a validé d’une certaine manière ce que je ressentais face au racisme : Au Québec, on aime bien dire que le racisme n’existe pas ici et on tolère mal la chicane ou le conflit. On préfère dire qu’on ne voit pas la couleur ! Combien de fois m’avait-on fait comprendre que la couleur de ma peau n’avait rien à voir avec la manière dont j’étais traitée ? À la longue, ça te met un doute dans la tête ! Pourtant, il y avait bien ces petits gestes, ces petites manières de faire, des petits commentaires glissés ça et là qui me pesaient. À titre d’exemple, il y a un passage dans le roman (p. 70) où une Nihil (une fille blanche, donc) a un pansement marron foncé sur le front qui jure avec la couleur de sa peau. C’est tout bête, on n’y pense pas, mais pourquoi est-ce que tous les pansements disponibles sur le marché sont beiges ?? Bref, Malorie Blackman a mis le doigt sur toutes ces micro-agressions qui vous feront vous lever en plein milieu de votre lecture pour vous écrier « OUI, C’EST EXACTEMENT ÇA!! » Dans le roman, Dieu a la peau noire et les cheveux crépus, les médias parlent des méfaits des nihils en précisant que c’étaient des nihils, mais pas lorsqu’ils sont commis par des Primas, dans les oeuvres de fiction, les Nihils sont des brutes des alcooliques ou les deux… Est-ce que ça sonne familier?

De plus, j’ai bien aimé le clin d’oeil de l’auteure à Matthew Henson, car dans le monde de Sephy et Callum, on se souvient de lui comme étant le premier à avoir atteint le pôle nord géographique, mais pas du Blanc (Peary) qui l’accompagnait dans son expédition dans le nord. C’est tout le contraire qui s’est passé dans la réalité !

J’ai adoré suivre l’histoire parallèlement du point de vue de Sephy et de celui de Callum. Ce roman jumelle habilement histoire d’amour, fresque historique, tourments adolescents, passage à l’âge adulte et critique sociale et politique. Un incontournable. Ne passez pas à côté !

* Ce roman a reçu de nombreux prix.

Coup de coeur !

Malorie Blackman est une auteure américaine.

Malorie Blackman

Auteur(s) / illustrateur(s) : Malorie Blackman
Maison d’édition: Milan
Année de publication: 2011 Bouton acheter petit
ISBN: 9782745957252
Public cible: Ados
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Tukaï, l’enfant-sorcier

Tukaï enfant sorcierLe mariage de sa soeur approchant à grands pas, Tukaï se voit confier, par le sorcier du village, la tâche d’aller chercher le miel sauvage qui servira à préparer l’hydromel indispensable aux festivités. Le courage et la sagesse du jeune garçon sont rudement mis à l’épreuve alors qu’il doit affronter les serpents noirs, les éléphants et le lion qui rôdent dans la savane… Il n’a pas le droit d’échouer. Ne pas décevoir son peuple, ne pas déshonorer son clan. Être un Massaï…

Issu de la collection Terres de couleurs des Éditions Milan Jeunesse, ce livre tente de faire découvrir le peuple Massaï avant l’arrivée des Blancs. Il s’agit d’un récit initiatique qu’on lit avec beaucoup de plaisir et on partage les inquiétudes du personnage principal. Ce livre d’images pour les grands comprend au moins une illustration à chaque page, mais ce rapproche davantage du roman par sa quantité de texte. Le grand format (26 cm) rend la lecture de ces 43 pages très agréable. Je regrette simplement la présence du stéréotype relié à la sorcellerie dans le livre.

Quelques pistes de réflexions pour utiliser cet album en classe de 5ème ou 6ème année du primaire:

  • Comment qualifierais-tu les illustrations de cet album ?
  • Informe-toi sur les coutumes et les croyances du peuple Massaï.
  • Énumère les différents rebondissements du récit.
  • Qu’aurais-tu fait à la place de Tukaï à la fin du récit ?

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ghislaine Roman & Frédéric Pillot
Maison d’édition: Milan jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 274591703X
Public cible: À partir de 10 ans

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J’apprends le basket

j'apprends le basketTu vas commencer le basket. Découvre le club, les règles du jeu, l’entraînement et les premiers exercices pour contrôler le ballon, sans oublier l’arbitrage et l’Esprit d’équipe. Avec ton « Doc Sport », dribble vers le panier et pars à la découverte du basket.

Abondamment illustré, ce documentaire pour les petits leur fera découvrir une foule d’information sur le basketball. Chaque double page s’intéresse à un volet de ce sport: la tenue, la vie de groupe, le terrain, le jeu, habituer son corps, maîtriser son ballon, faire des passes, dribbler, etc. On suit ainsi l’entraînement d’une petite fille noire. Très complet ! Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuelle Ousset & Anne-Olivia Messana
Maison d’édition: Milan Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782745992222
Public cible: 6 ans et plus
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Le sculpteur de nuages

sculpteur_nuages_couvPerché sur son arbre, Bakouli observait les nuages. Il y avait des nuages-crocodile, des nuages-crapaud et plein d’autres nuages rigolos ou terrifiants. Mais, un matin, le ciel se couvrit de nuages rien-du-tout, triste et monotones, et une étrange machine atterrit au beau milieu du village de Bakouli…

Dans un village africain, voilà qu’un homme blanc barbu débarque (il tombe littéralement du ciel), amène avec lui dans sa machine volante un garçon pour lui transmettre son savoir. Ce schéma narratif, appelé White savior narrative (récit du sauveur blanc) fait d’un personnage blanc, souvent dépeint comme messianique, le sauveur de personnes racisées. Dans Le sculpteur de nuages, l’homme barbu sort de l’ignorance un petit garçon sur la manière de piloter, sur le secret des nuages et lui permet par la même occasion de s’émancier et de faire son passage à l’âge adulte. Bof. Jolies illustrations, mais sans plus. Imaginez la même histoire, mais avec certains personnages modifiés, certains rôles inversés: un homme noir débarque dans un quartier blanc de banlieue, amène avec lui un garçon blanc pour lui montrer comment piloter un engin. Ou encore: une femme débarque et amène une fillette dans une aventure mettant en scène deux pilotes féminines. Il y en a très peu, des histoires qui déconstruisent les stéréotypes de la sorte.

sculpteur de nuages

Auteur(s) / illustrateur(s) : Éphémère
Maison d’édition: Éditions Milan
Année de publication: 1999
ISBN: 9782210979284
Public cible: À partir de 4 ans
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Blues Bayou

blues-bayouDe l’aventure, des frissons, des alligators, un vieil homme mystérieux et surtout beaucoup de musique! Voilà l’histoire d’Amy et James, deux enfants du Bayou qui n’ont pas le droit de s’aimer.

Deux enfants dont les parents ne veulent pas qu’ils se voient. Une amitié campée en Louisianne, dans les marais où rôdent les crocodiles. Ensemble, ils découvriront le jazz. Le contexte, on le devine. Les tensions raciales sont là, mais jamais explicitement mentionnées. Les enfants doivent se voir en cachette, un vieil homme blanc amoureux d’une jolie jeune femme noire qu’il ne peut voir, des affiches vintage de concerts jazz où noirs et blancs se côtoient… Le non-dit s’exprime si bien et avec tant de finesse en littérature jeunesse, que ces livres sont tout aussi intéressants à lire et à explorer pour l’adulte que pour l’enfant. Les illustrations sont magnifiques et la mise en page est dynamique (superbes pages de garde! Elles nous informent elles aussi sur le contexte américain du siècle dernier). J’ai beaucoup, beaucoup aimé. Je recommande vivement!

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Benjamin Lacombe & Daniela Cytryn
Maison d’édition: Milan Jeunesse
Année de publication: 2009
ISBN: 9782745936592
Public cible: À partir de 6 ans

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