L’alerte au feu

Il fait très chaud dans les modules préfabriqués installés dans la cour, depuis que l’école a fermé pour cause de moisissures. Alors quand l’alarme incendie retentit, les élèves de madame Tzatziki sont bien contents de profiter de l’exercice pour prendre l’air. Seulement voilà, l’incendie était bien réel, et Marie et son ami Mustapha sont convoqués chez le directeur. Qui a déclenché le feu ? Est-ce Marie avec le grille-pain de la cantine ? Ou bien Marin, qui cherchait à éviter le contrôle de maths ? En voulant effacer les preuves du délit, les trois amis vont de surprise en surprise…

J’aime beaucoup le livre Le voleur de sandwich et je le recommande souvent aux enseignants qui visitent ma bibliothèque. L’alerte au feu est la suite tant attendue de ce roman drôle et intriguant, mais rassurez-vous, les deux livres peuvent très bien se lire de manière indépendante. Si vous n’avez pas lu Le voleur de sandwich, vous n’aurez aucun mal à apprécier L’alerte au feu.

On suit Marie et ses deux copains, Marin (dont elle est secrètement amoureuse) et Mustapha. Lorsqu’elle et Mustapha sont convoqués chez le directeur, celui-ci leur fait clairement comprendre qu’il les soupçonne d’avoir mis le feu à l’école. Les deux enfants auront plus tard une conversation à ce sujet dans la cours de récréation: Et s’il étaient soupçonnés seulement parce que Mustapha est noir et que Marie est une fille??

J’ai aimé le personnage de Mustapha: Nerveux, il se ronge les ongles et suit les règles à la lettre. Il est très inquiet à l’idée d’être accusé de pyromanie à cause de sa couleur de peau. Bon ami, il aidera tout de même Marie à accéder à l’école hors des heures de classe, même si c’est interdit. Il pensera même à apporter de l’équipement pour les protéger des champignons dans l’école et dissimuler leurs traces. Il a un rôle important dans l’histoire et sa présence reflète celle des enfants racisés dans les écoles québécoises.

Le livre mélange les genres et passe sans tracas de la bande dessinée à l’album illustré. C’est un livre hybride, à la présentation matérielle de qualité et à l’histoire pleine de suspense. J’ai adoré! Idéal pour les classes de primaires: les élèves adoreront!

Coup de cœur!

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L’alerte au feu
AUTEUR(S)
: André Marois & Célia Marquis
ÉDITIONLa Pastèque, 2020
ISBN: 9782897770938
PRIX: 18,95$
7 à 11 ans

Ma vie sur Mars

ma vie sur mars auzouJade, 10 ans, vit avec sa maman et ses 25 robots. Son ami Nils, quant à lui, préfère les animaux. Ensemble, ils tâchent de s’occuper pendant ces longues semaines à voyager dans l’espace à bord d’un petit vaisseau spatial qui fait route vers la planète Mars.

La collection « Pas à pas » chez Auzou me plait beaucoup en général. Les histoires y sont intéressantes et variées. Dans Ma vie sur Mars, on suit le destin de deux enfants appelés à peupler la planète Mars. Le récit est assez court et le livre ne fait qu’une soixantaine de pages. Nils, l’un des deux personnages principaux, est un garçon au teint foncé, aux cheveux crépus et aux yeux verts (c’est du moins de cette manière qu’il est illustré dans le livre). J’ai trouvé étrange qu’à deux reprises dans le récit, on mentionne qu’il devient « tellement pâle qu’il ressemble à une endive » (p.8) et qu’il est « très pâle » (p.28). Bizarre… Ça arrive de temps en temps en littérature jeunesse: des illustrations sensées mettre en images le récit utilisent des personnages racisés (ou l’inverse) alors que cela ne concorde pas avec l’identité du personnage, ce qui donne lieu a des coquilles malheureuses. Dommage.

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Ma vie sur MarsBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Sylvie Baussier, Pascale Perrier & Antoine Brivet
ÉDITION: Auzou, 2020
ISBN: 9782733877326
Prix: 9,95$
7 ans et plus

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Vous aimerez peut-être Les p’tites créatrices: le défi de Yoli, aussi publié aux éditions Auzou. Essayez aussi Princesse Rosa et le mystère de la baleine.

defi-de-yoli-creatrices      princesse rosa

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Les surdoués: Léonie, vétérinaire pour vrai

Surdoués Léonie vétérinaire pour vraiÀ l’Ecole des Surdoués, les élèves ont une intelligence très supérieure à la moyenne. Un diplôme de cette prestigieuse institution leur permet d’entrer directement sur le marché du travail à n’importe quel âge ! Une fois son diplôme en poche, Eléonie est engagée comme vétérinaire dans un hôpital de son quartier. Lorsque la SPA démantèle une usine à chiots insalubre, Eléonie et ses collègues accueillent une partie des chiens maltraités. Ce qui angoisse le plus la jeune fille quant à son nouveau métier, c’est sa grande timidité : un bon vétérinaire doit pouvoir travailler en équipe ! Saura-t-elle surmonter ses craintes et faire face au rythme effréné des journées à la clinique ? 

Ce roman de 295 pages s’inscrit dans la nouvelle mode des romans en gros caractères pour les enfants. Le livre semble épais et contient très peu d’images, mais chaque page ne n’a que trois ou quatre phrases car la police de caractère utilisée est très grande. Les jeunes abonnés de ma bibliothèque aiment beaucoup ce genre de livres, mais malheureusement, plusieurs d’entre eux sont d’une qualité littéraire douteuse. J’étais donc bien heureuse de lire Élonie, vétérinaire pour vrai, car au moins, on est sur une histoire bien racontée et un vocabulaire recherché.

La série Les surdoués des éditions Les Malins permet aux enfants de se mettre dans la peau d’un adulte sur le marché du travail. Ici, Léonie ne fait pas que jouer à la vétérinaire, elle l’est vraiment! Une fois qu’on a dépassé la prémisse peu crédible (finir sa première année en une journée? Terminer son secondaire en quelques mois? Obtenir un permis de vétérinaire à 12 ans? C’est assez rigolo…), c’est tout à fait fascinant de lire le quotidien d’un professionnel de la santé animale. Léonie anesthésie, crève des abcès, fait des chirurgies, diagnostique des maladies, fait passer des échographies, injecte des médicaments et procède à des radiographies. Son introversion rend le côté social du métier de vétérinaire plus difficile (faire la conversation avec ses collègues, aller au party de Noël, discuter avec les techniciennes, etc.), mais elle apprendra à surmonter son anxiété et à se faire une nouvelle amie de son âge. Il n’y a pas de description physique de Élonie dans l’histoire et en fin de compte, on en sait assez peu sur elle à part qu’elle est très timide et qu’elle est surdouée. L’illustration de la page couverture donne à voir une jeune fille au teint brun, mais ça aurait très bien pu être autrement sans que cela ne change quoi que ce soit à l’histoire.

Élonie, vétérinaire pour vrai est un bon roman pour les enfants de 8, 9, 10 ou 11 ans passionnés des animaux! Contexte québécois.

Élonie vétérinaire 2

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Les surdoués: Léonie, vétérinaire pour vraiBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Valérie Fontaine
ÉDITION: Les malins, 2020
ISBN: 9782898101007
Prix: 9,99$
8 à 11 ANS

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Vous aimerez peut-être L’attaque des cubes ou encore Un été au chalet, deux romans pour les enfants du niveau primaire.

L'attaque des cubes Marine Carteron    un été au chalet

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Lewis: caméléon métis

Lewis caméléon métis justine jothamAdopté par la joyeuse famille des Dupont-Durand, Lewis pourrait avoir la vie douce si les autres animaux du quartier ne se moquaient pas sans cesse de sa drôle de démarche ou de sa couleur de peau (jamais la même et, pourtant, jamais la bonne, selon eux). Né d’une mère lézard et d’un père caméléon qu’il n’a jamais connu, Lewis s’interroge sur ses origines. Il n’a qu’une hâte : découvrir la Gwaraïbe ! Surprises et amitiés l’y attendent, dans ce voyage qui pourrait bien changer sa vie.

Quel roman sympathique! J’ai eu beaucoup de plaisir à le lire. Poulpe Éditions met une nouvelle fois en marché un livre-objet de qualité à la présentation soignée et qui donne le goût de feuilleter. Les première et quatrième de couverture se replient sur elles-mêmes pour créer un encart présentant à l’avant les auteures, et à l’arrière, les autres titres de la collection Nos amies les sales bêtes.

Les personnages créés par Justine Jotham sont bien développés et s’éloignent des clichés habituels. Et quelle bonne idée de choisir un caméléon pour aborder la thématique de l’identité et du métissage. Lewis est un caméléon mignon à croquer, espiègle et malin, que Sophie Hirsch a illustré d’un coup de crayon léger mais maîtrisé. Il se pose des questions sur ses origines, sur ses différences et sur sa place dans ce monde. Tous pourront se reconnaître dans son désir de faire partie d’un groupe et dans ses peines face au rejet. Lewis est aussi sans cesse complimenté pour ses caractéristiques physiques perçues comme étant exotiques. Il a du mal à accepter ces compliments qui le font sentir comme une bête curieuse. Plusieurs enfants issus d’unions mixtes ou qui sont adoptés se reconnaîtront dans ce qu’il vit! Bref, le caméléon-lézard ressent le besoin de connaître ses origines pour mieux se connaître et s’accepter tel qu’il est.

Chaque chapitre débute par une citation créole qui est traduite en français en bas de page. Le créole, langue métissée par excellence, apporte fraîcheur au récit et rythme la lecture. On retrouve également quelques dialogues en créoles, toujours traduits. La quête de réponses de Lewis amène les jeunes lecteurs dans une aventure familiale plein de soleil, de souvenirs et d’humour.  Un roman rafraîchissant et inventif que je vous recommande chaudement!

Justine Jotham est une auteure française.

Justine Jotham

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AUTEUR(S) : Justine Jotham & Sophie Hirsch
ÉDITION: Poulpe fiction, 2020
ISBN: 9782377421329
PRIX: 16,95$
8 ANS et plus

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Vous aimerez peut-être Viser la lune, un roman fantastique publié chez le même éditeur. Le chat qui ne voulait pas fêter Noël pourrait aussi vous plaire car il raconte l’histoire d’une famille métissée.

alô sorcières viser la lune  chat qui ne voulait pas fêter Noël 3

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La promesse du fleuve

La promesse du fleuveOdilon rêve de trouver Terre promise, une île dont lui parlait sa mère autrefois, et où il pourrait vivre en paix avec sa sœur Babette. Pour échapper à la guerre contre les hommes-oiseaux, ils embarquent tous les deux sur le radeau d’un poète qui descend le fleuve en quête d’aventure. Ils découvrent ensemble des lieux merveilleux et effrayants et des compagnons différents et victimes d’exclusion.

Quelle belle découverte! J’ai été transportée dans l’univers d’Odilon et Babette dès les premières pages. J’ai aimé le voyage des personnages principaux, les rencontres qu’ils ont faites en cours de route et les diverses populations rencontrées. Très tôt dans l’histoire, les deux enfants feront la connaissance de Dammal, un poète à la recherche de nouveauté et d’inspiration dans sa vie. Alors que Dammal part à la recherche de quelque chose, Odilon et Babette fuient quelque chose. Cet état de fait fera d’eux de bons compagnons de voyage alors qu’ils se déplacent sur le fleuve. L’eau est d’ailleurs omniprésente dans le récit et nous accompagne jusqu’à la fin.

L’un des premiers endroits où s’arrêteront les protagonistes sera une ville assez étrange qui n’accueille pas bien les étrangers. La première description de Dammal arrive d’ailleurs en page 33 alors qu’ils doivent demander un permis pour pouvoir circuler librement dans cette ville à une employée responsable de l’émission desdits permis. Celle-ci n’a pas de problème à émettre une demande d’intégration pour Odilon et Babette (deux enfants blancs), mais voit d’un mauvais œil que l’homme veuille s’installer ici:

Elle regarde Dammal en haussant un sourcil. Il est trop grand, trop maigre, avec des pommettes trop saillantes. Sans parler de ses cheveux crépus qui forment une boule autour de sa tête. Paule n’en a jamais vu de pareils. Mais, surtout, le noir de sa peau contraste avec cette ville si blanche. (p.33)

L’employée (Paule), sera d’ailleurs soulagée d’apprendre que Dammal ne veut que visiter la ville et non pas s’y établir. Cette situation est annonciatrice du climat toxique et raciste qui sévit dans la ville, alors qu’on fera la rencontre de deux jeunes filles amoureuses que les citadins lapident en pleine rue à cause de leur orientation sexuelle. Babette, Odilon et Dammal ne s’attarderont pas plus que nécessaire dans cette ville inhospitalière et amèneront les amoureuses avec eux dans leur périple.

C’est donc l’histoire d’un voyage, mais la finalité de celui-ci est plutôt flou au début. Je me suis demandée à une ou deux reprises où est-ce que l’auteure s’en allait avec tout ça. Heureusement, le récit se resserre assez rapidement et la galerie de personnages attachants rend la lecture somme toute agréable. Par contre, aucun personnage ne se démarque vraiment. Des les premières lignes, ont suit Dammal, mais dès l’arrivée de Babette et Odilon, il s’efface derrière les deux enfants. J’aurais voulu qu’il soit plus affirmé et garde son statu de personnage principal.

Le récit véhicule des valeurs de tolérance à la différence et l’importance d’apprendre à connaître une personne avant de la juger. Le rythme est bien soutenu et on n’a pas du tout le temps de s’ennuyer en lisant ce livre. Celui-ci plaira aux amateurs de quêtes, de récits de voyage et d’histoires fantastiques. À découvrir!

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La promesse du fleuveBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Annie Bacon
ÉDITION: Castelmore, 2019
ISBN: 9782075123761
Prix: 9,99$
11 à 15 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être L’attaque des cubes ou encore Horizon: L’écrasement, deux romans d’aventure pour les bons lecteurs.

L'attaque des cubes Marine Carteron    Horizon 1 L'écrasement

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Ghost

Ghost Jason ReynoldsAyant réussi à échapper, avec sa mère, à son père qui leur tirait dessus, Castle, un adolescent, a pris en secret le surnom de Ghost, pour s’être vu tel un fantôme dans les yeux de l’épicier qui les a cachés cette nuit-là. Un jour, en rentrant du collège où ses camarades ont pris l’habitude de le maltraiter, il observe des coureurs s’exercer. L’entraîneur lui propose alors de les rejoindre.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce roman. Castle, le personnage principal, est tellement réaliste qu’on aurait dit un garçon que j’aurais pu croiser au coin de la rue. C’est un personnage imparfait comme je les aime. Il se croit fort, voire meilleur que les autres — surtout à la course à pied (la course à pied, c’est un sport, ça? s’est-il demandé en se bidonnant) — mais il apprendra que ce sport, c’est bien plus que de se mettre à courir. Au départ, Castle accepte de rejoindre l’équipe municipale d’athlétisme simplement pour augmenter ses chances d’intégrer l’équipe de basketball l’année suivante. Et, vous le devinez, cela ne se passera pas exactement comme il l’avait prévu.

Au niveau de la représentation, Castle est un adolescent noir qui habite dans un quartier pauvre des États-Unis, juste à côté d’un quartier plus riche. Cette proximité territoriale ne fait qu’exacerber les différences sociales entre les deux quartiers. Son père est en prison depuis le soir où, totalement soûl, il a tiré sur sa femme et son fils. Castle se bat à l’école pour se défendre contre les élèves qui se moquent de ses vêtements sans marques, de sa nourriture de faible qualité ou de son odeur (car il marche tous les jours pour se rendre à l’école sous un soleil de plomb). Ses matières préférées, même s’il ne le dirait probablement pas, sont l’anglais (il recommande d’ailleurs le roman Sa majesté des mouches) et l’éducation physique. Il ne s’intéresse pas particulièrement aux filles qu’il trouve un peu immatures à vouloir être plus jolies qu’intelligentes. Castle craint sa mère et la respecte beaucoup. Il souhaite la protéger, surtout depuis l’incident dramatique impliquant son père que j’ai mentionné plus tôt. Castle est un adolescent qui apprend vite, et qui est impatient de vivre pleinement sa vie sans porter le fardeau de tous les privilèges qu’il n’a pas: être noir, pauvre, et enfant de prisonnier lui donne une grande maturité. Il est un personnage bien développé et le Castle du début du roman n’est pas le même que celui de la fin. Extrait:

     Le coach m’a regardé de nouveau, droit dans les yeux.
– Ça peut t’aider à comprendre que si tu peux pas fuir qui tu es, tu peux courir vers celui que tu as envie de devenir.
J’ai laissé ses paroles faire leur chemin dans ma tête. J’étais qui, moi? J’étais Castle Cranshaw le gamin de Glass Manor avec un lourd secret. Celui avec un père en prison et une mère qui bossait comme une dingue pour moi, qui me coupait les cheveux, achetait des chaussures de sous-marque et des vêtements assez grands pour que je puisse les portes le plus longtemps possible. J’étais celui qui criait sur les profs et qui cognait sur les crétins qui parlaient trop. Celui qui se sentait… différent. Et vénère. Et triste. J’étais le gamin avec tous ces hurlements à l’intérieur.
Mais qui est-ce que je voulais être? Ça, c’était plus difficile à dire. Pourtant, il y avait un truc dont j’étais sûr, c’était que je voulais faire partie des Grands de ce monde. (p.162-163)

La traduction est un peu trop européenne par moments: On retrouve beaucoup de verlan avec des mots comme zarbi, chelou, teubé, relou, teuhon, etc. et le système d’éducation est français (CM1, troisième, quatrième, etc.), même si l’histoire se passe aux États-Unis. Il faut donc « retraduire » dans sa tête zarbi = bizarre, troisième = secondaire 2, etc. J’aurais préféré une traduction canadienne ou plus internationale. N’empêche! Ce livre vaut le détour. J’ai tellement adoré que je m’en suis acheté une copie pour ma bibliothèque personnelle. Ne passez pas à côté!

 

* Finaliste du National Book Award

Coup de cœur! 

Jason Reynolds est un auteur américain. 

Jason reynolds

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Ghost
AUTEUR(S)
: Jason Reynolds Bouton acheter petit
ÉDITION: Milan, 2019
ISBN: 9782745995032
PRIX: 22,95$
13 ans et plus

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être Uppercut, un roman où la boxe devient un refuge pour un adolescent troublé. Essayez aussi Sako, un roman coup de cœur sur l’apprivoisement de la solitude. L’album pour les préados et ados Cours! de David Cali pourrait aussi vous plaire car il aborde aussi la thématique de la course à pied comme échappatoire.

uppercut Ahmed      Sako     Cours! Davide Cali

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Le grain de sable: Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada

grain de sableOriginaire de l’île de Madagascar, Olivier Le Jeune arrive dans la ville de Québec en 1629 en tant qu’esclave. Il avait 10 ans. Au-delà de son statut d’esclave, il est la première personne d’origine africaine à habiter de manière permanente au Canada. Ce livre, inspiré de ce qu’il a réellement vécu, suit le parcours d’Olivier Le Jeune, de sa capture à Madagascar jusqu’à son arrivée dans la ville de Québec. On apprend comment il a pu s’adapter à sa nouvelle réalité dans les débuts de la Nouvelle-France.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de Webster. Il est un artiste hip-hop qui se passionne pour l’histoire, notamment celle de la présence noire et de l’esclavage au Québec. Il offre des ateliers dans les écoles (et les bibliothèques!), anime des émisions culturelles et a mis sur pied les tours guidés de la ville de Québec à propos de la présence des Noirs dans la capitale québécoise. Quand j’ai su qu’il avait écrit un livre jeunesse, j’avais très hâte de le lire.

Ce livre de 80 pages d’une qualité indéniable dévoile un pan de l’histoire méconnu au Québec. Il représente bien le devoir de mémoire. Certains passages sont assez cru; on ne tente pas de romancier l’esclavage ici. La plume de Webster est solide, précise, et les illustrations de Valmo prennent à l’occasion le relais pour raconter cette histoire troublante. Le texte se lit comme un poème. On retrouve en fin d’ouvrage un glossaire faisant la liste des mots que les jeunes lecteurs pourraient ne pas connaître, ainsi qu’une biographie d’Olivier Le Jeune et d’une liste d’ouvrages de référence. À noter que le livre peut très bien être exploité avec des élèves du 2e et 3e cycle du primaire, ou du secondaire.

Enseignants, voici quelques idées d’exploitation en milieu scolaire:

  • Préparez une intention de lecture: Que cherche-t-on à savoir en lisant ce livre ? Laissez les élèves répondre (des réponses intéressantes seraient: Qui était Olivier Le Jeune? D’où venait-il? Que lui est-il arrivé? À quelle époque se déroule l’histoire en en quoi cela influence le récit? etc.)
  • Explorer l’importance des illustrations comme procédé narratif. Les pages 18-19, 28-29, par exemple, font avancer l’histoire sans l’usage de mots. Comme est-ce possible?
  • Demandez à vos élèves d’effectuer une recherche à la bibliothèque sur l’île de Madagascar, sur la Nouvelle-France, sur les Jésuites, sur la traite des fourrures, ou sur les conditions de vie des noirs durant l’esclavage.
  • En cours de français, vous pouvez faire un atelier de Slam et jouer avec les mots et le rythme de la langue avec vos élèves.
  • Créez une boîte de mots nouveaux issus du livre à laisser dans votre classe. De temps en temps, vous pouvez piger un mot nouveau et mettre au défi vos élèves de l’utiliser au courant de la journée (ou de la semaine).
  • À la fin d’une lecture commune en classe, interrogez vos élèves: Qu’ont-ils appris? Y a-t-il des choses qui les ont surpris? Auraient-ils aimé une fin différente? Connaissent-ils d’autres livres qui traitent de l’esclavage?

Coup de coeur! 

Webster est un artiste et activiste canadien. 

webster

Coup de coeur! 

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Le grain de sableBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Webster & Valmo
ÉDITIONSeptentrion, 2019
ISBN: 9782897910815
Prix: 19,95$
8 ans et plus

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être La détermination de Viola qui retrace le parcours de vie de Viola Desmond, une femme noire qui a refusé de quitter l’espace réservé aux Blancs dans un cinéma canadien. Essayez aussi À la découverte du Canada: L’héritage noir.

détermination viola desmond    héritage noir canada

 

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Gaïa changera le monde

Gaïa changera le mondeGaïa, 10 ans, est une génie des maths, qui cherche toujours à comprendre le monde autour d’elle et comment les objets fonctionnent. Mais surtout, protéger la planète est une seconde nature chez elle. Tout est sûrement venu de son prénom : Gaïa veut dire « Terre » en grec. Alors elle trie ses déchets, baisse le chauffage, et déteste le gaspillage. Rien ne bouge si personne ne bouge ! La planète, c’est l’affaire de tous ! Tout le monde peut faire quelque chose, à son échelle. En grandissant, Gaïa refusera ce mode de vie qui ne respecte pas la nature, les gens, les animaux. Elle décidera de mettre son talent au service de la planète et d’un nouveau projet de vivre-ensemble.

Gaïa est un personnage très intéressant. Dès les premières pages, elle est bien définie par l’auteure et dévoile sa personnalité: Adepte de sport, de calcul mental et d’échec, elle participe à plusieurs activités parascolaires et vit dans une famille recomposée, tout ce qu’il y a de plus normal. Malgré un début un peu lent où on présente longuement le personnage, le récit se reserre par la suite et est un plaisir à lire. J’ai aimé suivre Gaïa dans son développement et de la voir grandir, prendre en maturité et en autonomie. Forte de ses convictions environnementales, la petite Gaïa devenue grande s’impliquera et fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger la planète. Elle partage d’ailleurs tous les petits gestes qu’elle a adoptés au quotidien pour réduire son empreinte écologique. Elle est un véritable modèle de réussite et les jeunes pourront sans l’ombre d’un doute s’y identifier.

Le livre à couverture rigide se présente de belle manière et on retrouve un bel équilibre entre le texte et l’image. Les illustrations m’ont d’ailleurs beaucoup plu: toutes les textures vibrantes utilisés par Claudia Amaral sont un véritable plaisir pour les yeux.

Gaïa

Le récit se termine par un appel ouvert au lecteur: « Et toi, que fais-tu pour la planète ? As-tu déjà ramassé des plastiques qui traînaient dans la nature ? Est-ce que tu recycles ce qui peut l’être ? Éteinstu la lumière ou l’eau qui coule, fais-tu attention à ne pas chauffer inutilement ? » (p. 34). On retrouve aussi Le Petit Manuel Écologiste de Gaïa à l’attention des parents et des enfants dans lequel les enfants apprendront l’importance de réduire ses déchets et les trier, d’économiser l’eau, de favoriser l’économie circulaire, ou encore de diminuer sa consommation de viande. Je recommande vivement ce livre!

Je remercie les éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre. 

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Gaïa changera le mondeBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Paula Anacaona & Claudia Amaral
ÉDITIONÉDITIONS Anacaona, 2020
ISBN: 9782490297054
8 À 11 ANS

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Le libraire de la favela publié chez la même éditrice. Pourquoi je dois économiser l’eau? pourrait aussi vous plaire.

Libraire-de-la-favela-1    économiser

 

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Dorothy Counts: Affronter la haine raciale

Dorothy Counts affronter la haine racialeEn 1957, pour la première fois une adolescente noire de 15 ans, Dorothy Counts, s’inscrit dans un lycée ségrégationniste de Caroline du Nord. Il va lui falloir un courage incroyable pour affronter la haine raciale la plus abjecte, les crachats, les insultes, les menaces de mort…Un adolescent, témoin de cette haine, revoit des années plus tard Dorothy et lui dit son admiration : « Dorothy… vous aviez un tel courage… vous étiez magnifique ! Vous avanciez, malgré les coups, les cris, les rires mauvais… »« J’ai essayé de marcher vers vous, j’aurais voulu pousser la méchante femme qui hurlait, qui ordonnait aux filles de vous cracher dessus… Mais j’étais paralysé : je n’arrivais pas à avancer. »

J’ai adoré ce livre. C’est une sorte de docu-fiction car si Dorothy Counts a véritablement existée, l’auteure a choisi d’imaginer ces moments où l’adolescente a été première élève afro descendante d’une école secondaire de l’Amérique ségrégationniste. Je connaissais déjà un peu Élise Fontenaille pour avoir déjà lu son roman Ében ou les yeux de la nuit qui d’ailleurs m’avait beaucoup plu. Quel plaisir de la relire par le biais de la collection Elles ont osé! d’Oskar Éditeur. Ce court roman coup de poing de quelques pages à peine fera réfléchir vos préados et vos ados qui s’éveillent à l’identité raciale et à la complexité du concept de privilège. Il aide aussi à comprendre les blessures profondes d’une Amérique qui encore aujourd’hui n’a pas cicatrisé ses plaies (récemment tristement illustré par la mort de George Floyd, un autre homme noir non armé, aux mains d’un policier blanc au Minnesota en mai 2020). Ils ne seront pas déçus (et vous non plus, car bien sûr, vous devez absolument le lire aussi).  Un livre excellent !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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DOROTHY COUNTS : AFFRONTER LA HAINE RACIALEBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille
ÉDITION: Oskar éditeur, 2019
ISBN: 9791021406759
PRIX: 19.95$
À PARTIR DE 11 ANS

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Eben ou les yeux de la nuit, de la même auteur. Essayez aussi Ruby tête haute, un livre sur l’histoire vraie de vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer une école pour Blancs aux États-Unis.

Eben-ou-les-yeux-de-la-nuit      Ruby tête haute

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My life matters

my life matters

Marvin et Tyler Johnson sont des jumeaux noirs américains de 17 ans. Tyler se rend à une fête organisée par un gang et Marvin l’accompagne pour veiller sur lui. Une descente de police soudaine durant la fête sépare les deux frères. Au matin, Marvin apprend la mort de Tyler mais une vidéo sur Internet montre qu’il a été abattu par la police alors qu’il rentrait chez lui. Premier roman.

Avant même de donner mon appréciation de ce roman, il faut absolument que je dise que son titre m’a beaucoup agacé. Le roman original a été publié sous le titre « Tyler Johnson was here » : il me semble qu’il s’agit d’un titre beaucoup plus approprié qu’on aurait pu simplement traduire par « Tyler Johnson était ici ». Pourquoi donc se casser la tête ? J’imagine que l’éditeur voulait faire un clin d’oeil au mouvement Black Lives Matter dont il est question dans le roman. Le résultat se révèle assez maladroit puisque « My life matters » (et ses variations telles que « All Lives Matter » ou « White Lives Matter ») est une phrase souvent répétée et un hashtag utilisé par des personnes blanches pour décrédibiliser le mouvement ou pour souligner qu’ils ne « voient pas la couleur », une manière insidieuse de nier les inégalités raciales. Après tout, on ne peut pas régler un problème (i.e. le racisme) si on décide de ne pas reconnaître son existence. De plus, une personne noire utiliserait simplement « Black Lives Matter », même pour parler de sa propre existence, et non « My Life Matters » puisqu’elle se sent naturellement comme faisant partie d’un mouvement plus large qui touche des personnes partageant le même héritage qu’elle. D’ailleurs, le titre français m’a agacé au point qu’il est la raison première pour laquelle ce roman a attiré mon attention sur l’étagère de ma bibliothèque municipale. Niveau marketing, l’éditeur a plutôt bien fait ! 🤷🏿

 

my life matters tyler johnson was here
Version originale américaine du roman de Jay Coles.

 

Voilà, c’est dit. Il fallait que ça sorte. Bon, après, j’ai bien aimé ce roman ! Qui de mieux pour raconter l’histoire d’un jeune américain noir qu’un jeune américain noir ? En effet, l’auteur Jay Coles a écrit ce roman avant d’atteindre l’âge de 25 ans. Les personnages parlent et se racontent d’une manière toute naturelle. #OwnVoices. Je me suis beaucoup attachée à Marvin et à son histoire. Son désir de réussite, de vivre une vie normale et sa capacité à faire face aux difficultés m’ont beaucoup touchée. J’ai ressenti toute sa frustration face au racisme ordinaire, aux micro-agressions et aux inégalités raciales. Je n’ai pas lu énormément de romans pour ados ayant un personnage principal baptiste, noir et geek. De plus, les meilleurs amis de Marvin sont une métisse ouvertement lesbienne et un latino originaire de la Colombie, ce qui n’est pas sans ajouter un mirroir intéressant pour les personnes racisées et issues de la diversité sexuelle qui elles aussi peinent à trouver des livres qui leur offrent une représentation positive d’elles-mêmes. Bravo !

Au ton de sa voix, je sais déjà de quoi il s’agit. Pas de roses et des choux-fleurs, non. Ce soir, on aura droit au sermon, LE sermon. Celui qu’on a déjà entendu si souvent mais jamais assez. Le sermon que toutes les mères et les pères noirs dispensent à leur progéniture au moins une fois par mois. Le sermon « tu-vis-dans-un-monde-de-Blancs-alors-sois-prudent ». Mama le veut encore plus après ce qui s’est passé hier soir. (p.29)

Dans le roman, on retrouve plusieurs allusions à la culture noire américaine comme le rappeur Tupac, l’autrice Toni Morrison et l’auteur Langston Hughes. J’aurais aimé une traduction canadienne car la traductrice de chez Hachette a opté pour un langage familier que j’imagine parisien, qui parfois clashait avec le contexte américain lorsqu’il était trop appuyé. Un « mec » ou « barge », ça passe, mais les « relou » et « ouf » m’ont fait décrocher à quelques reprises. L’histoire se lit sans difficultés, et m’a fait vivre toute une gamme d’émotions : la colère face à l’assassinat par des policiers de gamins noirs pour avoir « joué de la musique trop fort et perturbé la tranquilité » (p.91), l’exaspération face à l’absence du père condamné pour un crime qu’il n’a pas commis, la tristesse à la suite de la disparition de Tyler, la douleur d’une mère monoparentale ayant perdu un de ses fils, l’espoir lorsque Marvin sera enfin accepté à l’université de son choix. Même si l’histoire n’est pas très originale (il existe plusieurs romans sur la brutalité policière envers les afro-américains sur le marché qui suivent la même trame narrative), et que j’avais une vague impression de déjà-lu en lisant ce roman, j’ai tout de même bien apprécié ma lecture!

Y a aussi tellement de #AllLivesMatter débiles que ça me fout la tremblote. Tous ces gens qui ignorent que les Noirs n’ont jamais été inclus dans le All. All-American veut dire Blanc. All-inclusive veut dire Blanc. All lives veut dire vies de Blancs. Du pipeau tout ça. Les Blancs ne se soucient que d’eux-mêmes, ça me rend dingue qu’ils camouflent leur haine derrière ces posts. (…) Le venin anonyme des réseaux sociaux. (p.147).

Jay Coles est un auteur américain.

Jay Coles

 

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My life matters
Auteur(s)
: Jay Coles Bouton acheter petit
Édition: Hachette, 2018
ISBN: 9782016270158
Prix: 22,95$
À partir de 13 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être La Haine Qu’on Donne, un roman sur la brutalité policière et le mouvement Black Life Matters. Frères, un roman pour ados dont les deux personnages principaux sont des jumeaux passionnés de basketball, pourrait aussi vous plaire.

La haine qu'on donne         Frères Kwame Alexander

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