La fille des manifs

Barbara s’engage pour le climat et la force de son engagement lui vaut de devenir le visage de la contestation. Une interview qui tourne mal et son refus d’accepter une invitation de la présidente lui attire les foudres des médias qui l’avaient autrefois adulée. Pour traverser cette épreuve, elle écrit un journal destiné à Annie, sa grand-mère au destin tragique.

J’ai adoré ce roman. Il raconte l’histoire d’une jeune adolescente qui s’engage avec courage et sincérité pour le climat, et qui va se retrouver presque malgré elle sur le devant de la scène. Sa lutte illustre la pression qu’on met aux femmes qui parlent fort et s’expriment, ainsi que la manière dont on ne prend pas au sérieux la parole des femmes racisées. À ce sujet, elle dit:

« Je reçois régulièrement des messages d’insultes dans ma boîte mail et sur les réseaux. Surtout depuis que ma tête passe en boucle sur les écrans. Là, c’est le grand défouloir. Chacun se permet d’avoir un avis sur mon physique, mes fringues et ma façon de parler. Des journalistes ne manquent pas de mentionner que je suis métisse et que je ne suis pas spécialement une première de la classe mais une lycéenne qui passe un bac pro, sous-entendant que je suis bête et que j’ai du temps à perdre. (p.21) »

L’intersectionnalité entre son statut de métisse et de femme se constate aussi lorsqu’on remarque que la société ne semble pas prête à faire une place aux femmes qui manifestent. À celles qui veulent faire changer les choses. Celles qui osent dire NON. L’autrice aborde de front le double standard qui existe dans le milieu du militantisme: Les hommes sont perçus comme étant lucides et valeureux, alors que les femmes sont perçues comme hystériques et immatures. À cause de son jeune âge, et de son genre aussi peut-être, Barbara se remet beaucoup en question:

« Me voir et m’entendre parler est une épreuve. Je n’aime pas ma tête. Je ne supporte pas ma voix non plus. On dirait que j’aboie. Et mes cheveux qui tirebouchonnent dans tous les sens m’insupportent. Et les mots que je choisis, est-ce que je n’aurais pas dû en prendre d’autres? Les agencer autrement? Est-ce que je suis assez percutante, assez claire? […] J’avoue Annie, que je ne comprend pas vraiment ce qui chose les gens. Pourquoi est-ce qu’ils s’étonne de mon NON à la présidente? Pourquoi est-ce que ce NON les interpelle, les sidère? […] Mon engagement pour la planète ne fait pas de moi une héroïne. Je ne suis pas Rosa Parks qui se battait contre la ségrégation raciale aux États-Unis ni Sophie Scholl qui luttait contre le nazisme en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale ni Wangari Muta Maathai qui s’acharnait à replanter des arbres dans son pays, le Kenya, ravagé par la désertification. Je suis une adolescente comme les autres, une fille qui attend des adultes qu’ils se montrent un peu moins égoïstes et un peu plus matures. » (p.50-51)

Barbara ne manquera pas de faire l’expérience du sexisme. Trop souvent réduite à son genre, perçue comme un objet sexuel sans faculté de réflexion, sa lutte contre le climat éveillera aussi sa lutte pour le droit et le respect des femmes sur la place publique. À travers les mots qu’elle écrit pour sa grand-mère décédée, elle réalisera que la lutte menée par son ancêtre doit être continuée: « Tu es née après la Seconde Guerre et moi bien après l’euro. Je pensais jusqu’ici que des vies comme la tienne nous avaient servie à avancer, que ton existence avait éclairé nos consciences, que les filles étaient désormais comme les garçons, des êtres humains de chair, de sang et de réflexion, et qu’il était révolu le temps où on les considérait comme des petites choses jolies, d’autant plus jolies qu’elles se taisaient. Et, pourtant, je m’aperçois que ce n’est pas tout à fait vrai. » (p. 110)

Le roman, presque trop court, est extrêmement bien mené et porté par une écriture limpide où l’autrice s’efface derrière son personnage, lui laissant tout l’espace nécessaire pour exister. J’ai adoré!

Coup de cœur!

La fille des manifs
AUTEUR(S): Isabelle Collombat
ÉDITION: Syros, 2020
ISBN: 9782748527001
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Sortir d’ici et Signé Poète X, deux romans pour adolescents avec des héroïnes aux prises avec du sexisme ordinaire. Essayez aussi Je ne meurs pas avec toi ce soir, qui raconte une histoire de manifestation pour la justice.

La neuvième loutre bleue

L’écrivain Christie Spivac est invité à organiser un grand jeu culturel dans toute la Bretagne, en utilisant la réalité virtuelle. Il est accompagné d’un étonnant petit robot, de deux ados délurés, Yann et Émilie, d’un roboticien et d’une officielle. Dès le début de leur périple, des loutres d’une étrange couleur bleue croisent sans cesse leur chemin. Et, chaque fois que le groupe conçoit une épreuve du Grand Jeu, des événements graves et dangereux se produisent. Jusqu’à ce qu’on leur tire dessus à l’AK-47 puis que, grâce aux loutres bleues, ils dénichent la piste de terroristes préparant une hécatombe en France.

De l’action, du suspense, un propos intéressant sur l’éthique, et un contexte éloigné du mien qui m’a fait voyager: comment ne pas aimer ce roman? Court, efficace, il plaira certainement aux amateurs d’aventure. L’amitié entre Yann et Émilie est saine et j’ai aimé voir cette relation entre un garçon et une fille sans qu’il y ait d’enjeu amoureux. Émilie est une adolescente intelligente et dégourdie, un beau modèle pour les lectrices. Le roman se lit comme on regarde un film: l’auteur parvient à créer des images évocatrices et claires dans un récit au rythme haletant.

Points bonis pour la page couverture, vachement réussie qui donne le goût de lire, comme tous les autres titres de la collection Rester Vivant aux éditions Le Muscadier, d’ailleurs. Cette collection est constituée de nouvelles et de romans qui abordent sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle plaira aux lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. L’éditeur présente cette collection en ces termes: « Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs. » À découvrir!

Je remercie les éditions Le Muscadier de m’avoir offert ce livre.

La neuvième loutre bleue
AUTEUR(S): Christian Poslaniec
ÉDITION: Muscadier, 2021
ISBN: 9791096935864
12 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Né Coupable, 30 minutes pour survivre: Braquage sous haute tension ou Zee, trois romans pour le lectorat jeunesse.

Mon coffret premières lectures Montessori : Tom photographe

On retrouve Suzi et Tom dans 3 histoires tendres et pleines d’humour : Tom photographe (le son « ph »), Devine qui je suis (le son « qu »), Vive l’Espagne (le son « gn »). Fidèles à la pédagogie originale Montessori, ces histoires utilisent des mots entièrement phonétiques et des phrases courtes pour que l’enfant prenne confiance et puisse dire : « je sais lire tout seul ! ».

Tom photographe est un excellent livre pour les lecteurs débutants et les enfants en apprentissage de la lecture! On le retrouve en librairie dans un coffret de trois petits livres pour apprendre à lire avec la méthode Montessori. Il y a à la fin plusieurs conseils à l’attention des parents sur la manière de lire ce livre avec son enfant. On suggère par exemple qu’il faut être conscient que la lecture demande un gros effort de la part de l’enfant, qui peut parvenir à déchiffrer une phrase et ne pas se souvenir de ce qu’il a lu: c’est une étape parfaitement normale.

Dans le texte, les lettres muettes sont grisées et le son étudié apparaît en rose. Le livre est abondamment illustré et on retrouve une seule phrase par page. Tout est fait pour faciliter la lecture. Tom, le personnage principal, est un garçon noir. La couleur de sa peau ne change rien au récit. On retrouve également une belle diversité dans les personnages secondaires de l’histoire. À découvrir! 

Tom photographe
AUTRICE: Chantal Bouvÿ, Sabine Hofmann & Amandine Meyer
ÉDITION: Nathan, 2020
ISBN: 9782092789605
PRIX: 13,95$
6 À 8 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Notre super école, Fatou la petite sirène et Christophe change de nom, trois livres pour les enfants qui apprennent à lire dans lesquels on retrouve une diversité raciale des personnages.

Titus et les lamas joyeux: Mission sac de piscine

Les Lamas Joyeux sont toujours prêts et ils n’ont peur de rien. Leur mission du jour ? Empêcher leur copain Paolo d’être puni pour avoir oublié ses affaires de piscine. Pour ça, il suffit de s’infiltrer dans l’école, de piquer les affaires d’autres élèves, d’ouvrir les portes avec des cure-dents et surtout, de ne pas se faire attraper… Leur inventivité et leurs bêtises permettront-elles aux Lamas de mener à bien leur mission ? 

Quand on pense « premières lectures », on pense rarement à la bande dessinée. Pourtant, il existe de plus en plus de BDs pour les lecteurs débutants qui offrent un niveau de lecture adapté aux enfants en apprentissage de la lecture. Dans Titus et les lamas joyeux, on a une histoire simple, des bulles faciles à lire et beaucoup d’illustrations. Titus, le personnage principal, est un garçon noir, le super chef des missions impossibles! C’est lui qui mène la bande et, même s’il a beaucoup d’imagination, ces idées ne sont pas toujours à recommander! On notera au passage que l’enseignante de classe et l’instructeur de natation sont également noirs. Un bon livre à découvrir, bien adapté au contexte scolaire également! Contexte français. 

Titus et les lamas joyeux: Mission sac de piscine
AUTEUR(S): Anne-gaëlle Balpe & Zoé Plane
ÉDITION: Nathan, 2021
ISBN: 9782092594483
PRIX: 12,95$
6 à 8 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Notre super école, Moi, je lis tout seul: Tous à l’eau! ou Princesse Princesse, trois livres jeunesse pour les lecteurs débutants avec des personnages racisés.

Le club des As

Caroline vient d’emménager dans un nouveau quartier et elle se sent un peu seule. Si Karim et Hugo, les rois de la récré, voulaient bien l’accepter, tous les autres élèves deviendraient ses amis. Mais comment faire pour rejoindre leur club hyper secret ?

Il y a dans ce livre d’une quarantaine de pages une histoire estivale autour du vélo, de la découverte de soi et du courage. Mais, et il faut le savoir, il y a aussi des passages sexistes. Caroline vient d’arriver dans un nouveau quartier et souhaite rapidement être acceptée de ses camarades pour se faire de nouveaux amis. Elle a donc repéré dans la cours d’école les deux garçons les plus populaires et respectés, et fera tout pour tenter d’intégrer leur groupe. Toutefois, Hugo et Karim sont tout de go réticents à accepter Caroline: Il n’y a plus de place dans leur club et certainement pas pour une FILLE (p.13)! Tout au long du roman, il y aura ces petites flèches lancées ici et là comme quoi les filles sont moins que les garçons: moins courageuses, moins intéressantes, moins digne de respect. Ça commence en page 6 où on mentionne que « le dernier arrivé au petit bois est une fillette! », comme si être une fillette était une insulte, un statut à éviter à tout prix. Puis, quand les garçons mettront Caroline à l’épreuve de monter au sommet d’un silo, d’en faire le tour et de redescendre (persuadés qu’elle se dégonflerait), la jeune fille les épate par son courage. Mais jamais les garçons ne l’admettront, allant même jusqu’à minimiser son exploit (« ce n’était pas vraiment dangereux, même [mon petit frère] aurait pu le faire! » (p. 28)) Ainsi, les efforts et succès de la jeune fille ne sont jamais suffisants aux yeux des garçons.

Alors que Caroline réussi toutes les épreuves imposées par les deux garçons, ces derniers, jaloux, cessent de lui adresser la parole à l’école. Caroline en subira les répercussions puisque, voyant qu’elle n’est pas acceptée par Hugo et Karim, ces camarades de classe lui tourneront le dos aussi. J’aurais aimé que le roman traite un peu plus de la problématique du rejet et de l’intégration à l’école. En fait, toute l’histoire tourne autour de ces moments passés à vélo dans le quartier. Ça aurait été pour une autre histoire, peut-être.

J’ai aussi été un peu découragée par le fait qu’en réalité, Caroline ne se demande pas vraiment si Hugo et Karim méritent son amitié, ou s’ils sont de bonnes personnes qu’il vaut la peine de fréquenter. C’est comme si le plus important était de les impressionner pour être acceptée, pas d’être soi-même ou de se respecter. Je trouve que ça ne véhicule pas vraiment un bon message. Aussi, on ne reviendra pas en fin de récit sur le contenu sexiste du roman. Je n’aurais pas aimé une morale trop apuyée non plus, mais j’aurais apprécié qu’on mentionne, d’une manière ou d’une autre, que les filles ont autant de valeur que les garçons. Est-ce trop utopiste que de demander ceci d’un livre jeunesse?

Bref, je n’ai pas aimé.

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Le club des as
AUTEUR(S): Milie Goudin-Lopez , Bastien Quignon
ÉDITION: Bayard jeunesse, 2020
ISBN: 9791036312458
PRIX: 10,95$
7 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le club des licornes, Ça va faire des histoires ou Maman dlo, trois livres jeunesse pour les élèves du 2eme cyle.

Et si on se parlait?

Coucou  ! Nous nous appelons Thomas, Noémie, Jade et Sam… Nous avons à peu près ton âge et nous aimerions partager avec toi des petites expériences de vie. Cela te permettra d’en parler avec les adultes qui s’occupent de toi, d’exprimer tes émotions, de raconter à ton tour ce que tu vis à l’école ou à la maison…

Ces trois petits livres sont super pour amener les enfants à parler de tout, sans tabou. Le ton est adapté au lectorat, puisque le premier livre s’adresse aux 3-6 ans, le deuxième, aux 7-10 ans, et le troisième, aux 11 ans et plus. Si vos enfants se questionnent sur des sujets délicats, ces livres les aideront à exprimer leurs émotions, à trouver les mots pour discuter de toutes sortes de sujets et aussi constater qu’ils ne sont pas seuls à vivre certaines expériences de la vie.

Les réponses données aux questionnements des enfants sont réfléchies et accessibles pour leur âge. Par exemple, dans le tome deux (pour les 7-10 ans), on rencontre Hakim, 10 ans (presque 11!) qui parle de ce qui lui est arrivé à l’école avec son copain David: ils ont été harcelés et été victimes de racisme. Ils ont été traités de moches parce qu’ils ont la peau foncée et se sont fait traiter de tous les noms. Hakim et son ami n’aiment pas la violence et ils ne comprennent pas pourquoi certaines personnes (même des adultes!) les insultent. 


J’ai aussi bien aimé qu’on invite les lecteurs à prendre un dictionnaire pour chercher la définition des mots qu’il pourraient ne pas comprendre totalement, comme « Racisme » ou « Harcèlement ».

Dans le troisième livre (celui pour les 11 ans et plus), on parle d’homosexualité avec Julia, de consentement avec Fatou, de cyberharcèlement avec Tony, de puberté avec Sarah et de violence sur Internet avec Cyril.

Malheureusement, le contexte est français: on parle de SMS, de collège, de maître d’école ou on suggère de composer le 3020 pour faire un signalement. À ce niveau-là, ils sont donc peu adaptés au lectorat québécois. Malgré tout, ils peuvent être intéressant pour amener les enfants à aborder certains sujets tabou ou difficiles.

Ces livres vous ont plu?
Vous aimerez peut-être Les races, ça existe ou pas?, Les mots indispensables pour parler du racisme, ou encore C’est ta vie! L’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants, trois livres documentaires pour la jeunesse.

Ça va faire des histoires

Fanta est en vacances et ça ne va pas du tout. Elle se dispute avec son frère et sa sœur, ses parents sont fatigués. Par chance, elle peut aller quelques jours chez sa marraine Sylvie. Elle sera un peu forcée de lire le soir, mais à part ça elle adore.En plus, elle va pouvoir jouer avec la fille d’une voisine. Tout devrait donc se passer parfaitement. Sauf que les bêtises, ça arrive. Des fois exprès, des fois pas trop. Et Fanta, en ce moment, ça lui arrive souvent…

Ce petit roman de tout juste 76 pages se croque et se savoure. Fanta, le personnage principal, aime raconter des histoires. Du coup, elle ment parfois. Celui la mènera dans des situations inconfortables. J’ai un peu été surprise par la facilité et le calme avec lesquelles elle mentait aux adultes, alors que le lecteur sait pertinemment que ce qu’elle dit est faux. Chaque fois qu’elle fait une bêtise, elle finit par écrire un mot pour avouer son tort et s’excuser. Mais c’est trop facile… Suffit-il de quelques mots griffonnés et glissé sous la porte et tout est oublié? Oubliée la bêtise, oublié le mensonge? Et si elle apprenait plutôt à ne pas faire les bêtises du tout? Grâce à sa gardienne, elle apprendra que la vérité peut être encore plus amusante et valorisante que les mensonges.

Fanta aime les histoires, mais pas les livres! Elle a de la difficulté à déchiffrer les lettres et se décourage facilement lorsqu’elle lit. Elle invente des mots, coupe les coins ronds. Elle est aussi très jeune: elle mouille encore son lit. Ses origines sont musulmanes et tant sa religion que sa couleur de peau sont totalement normalisés dans le texte. À découvrir. Contexte français.

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Ça va faire des histoires
AUTEUR(S): Marie Desplechin & Glen Chapron
ÉDITION: L’école des loisirs, 2018
ISBN: 9782211236775
PRIX: 14,95$
8 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le Souhait, Mandela et Nelson, ou encore Le chat qui ne voulait pas fêter Noël, trois courts romans pour les enfants du primaire avec des personnages noirs.

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation

Pour le petit déjeuner, Tess prend des tartines beurrées alors que son petit frère, lui, ne boit que du lait. Car on ne mange pas de la même façon à tous les âges. Et d’ailleurs, à quoi ça sert de manger ? Quelle est la différence entre l’acide et le sucré ? Et pourquoi on n’a pas tous les mêmes goûts ? Que signifie être « végétarien » ? Et être « allergique » ? Un « P’tit pourquoi » pour répondre à toutes les curiosités sur un vaste sujet !

Élaboré avec les conseils d’un pédiatre, ce livre documentaire est issu de la collection « Mes P’tits pourquoi » aux éditions Milan. Il traite de divers thèmes liés à l’alimentation : l’éveil au goût, les heures des repas, les allergies alimentaires ou encore le véganisme. Pour ce faire, on suit Tess, une petite fille métissée dont la mère est blanche et le père, noir. Elle a aussi un petit frère. La famille vit une vie ordinaire et occidentale: elle va faire l’épicerie, les enfants vont à la garderie, le papa travaille dans la construction et la famille élargie se réunit ponctuellement autour d’un bon repas. Milan étant une maison d’édition française, on retrouve un vocabulaire européen: par exemple on parle du « petit déjeuner », « déjeuner », « dîner » et « goûter » plutôt que du déjeuner, dîner, souper et collation. Tess va à la « cantine » plutôt qu’à la cafétéria.

Le livre aborde l’alimentation dans sa globalité, incluant même une section sur le gaspillage alimentaire ou le flexitarisme. Très bon!

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation
AUTEUR(S)
: Claire Garoux & Anne Rouquette
ÉDITIONMilan, 2020
ISBN: 9782408016203
PRIX: 12,95$
4 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le repas, ou Le chocolat, deux documentaires sur la thématique de l’alimentation.


Francette top secrète: Drôle de momie !

drôle de momie francette top secrèteFrancette visite le Musée du Louvre avec sa classe. Mais c’est la stupeur : on a volé la Joconde. Alors qu’elle mène l’enquête, Francette fait la rencontre d’une momie vivante. Grâce aux inventions de sa grand-mère, elle va réussir à démasquer les voleurs et retrouver le tableau.

Ce livre s’inscrit dans la collection Premières lectures Ratus Poche chez Hatier, où l’on retrouve des petits romans de  3 niveaux différents : les six-sept ans, les sept-neuf ans et les neuf-douze ans.  Drôle de momie ! s’adresse aux lecteurs débutants du premier cycle du primaire. Un glossaire regroupant les mots difficiles est présent à la fin du livre et à chaque chapitre, il y a des questions illustrées de dessins humoristiques dans le but d’assurer une bonne compréhension de la part des jeunes lecteurs. Tous les personnages sont présentés en amont, ce qui est aussi très pratique !

C’est donc l’histoire de Francette, une jeune métisse dont le papa est noir et la maman, blanche. Sa représentation est positive et offre un miroir dans lequel plusieurs enfants racisés pourront se reconnaître. Un excellent roman, idéal pour les enfants qui souhaitent améliorer leur compréhension de texte, et pour les amateurs d’enquêtes !

Empruntez ce livre gratuitement à votre bibliothèque municipale !
Francette top secrète: Drôle de momie !
AUTEUR(S)
 : TOM PERCIVAL
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2019
ISBN: 9782218753398
À PARTIR DE 7 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Enquête à quatre pattes, une autre aventure avec Francette Top Secrète. Essayez aussi Une enquête signée Betty.

fancette quatre pattes     enquête betty

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Lulu et Nelson (tome 1): Cap sur l’Afrique

La vie ne prend pas toujours le chemin le plus court pour nous mener là où elle doit nous mener. Elle aime les détours. Et ceux-ci regorgent d émotions inconnues, d’expériences inédites et de rencontres magiques… Dans un pays en proie aux inégalités, Lulu – italienne intrépide – et Nelson – sud-africain, plein d’espoir -, que tout tend à séparer, se retrouvent unis autour d’un même combat : la quête de la liberté. Laissez-vous conter l’un des plus beaux détours de leur vie…

J’ai adoré la série La Balade de Yaya de Girard et Omont, ainsi que Les Carnets de Cerise. Alors quand j’ai su que ces deux auteurs collaboraient à nouveau pour une nouvelle série, j’ai tout de suite voulu la lire. Et je n’ai pas du tout été déçue!

Je vais débuter cette critique en soulignant la qualité des illustrations car c’est vraiment ce qui attire l’œil au premier abord. Avez-vous vu cette page couverture sublime? On retrouvera ce même mouvement, cette même profondeur et cette même luminosité tout au long de la bande dessinée. D’ailleurs, la luminosité des illustrations contraste avec le récit assez sombre qui aborde la thématique de la mort, du deuil, du racisme et de la famille. Car oui, dès les premières pages, on assiste à la mort de la mère de Lulu sous les griffes d’un lion en plein spectacle de cirque auquel sa propre fille assistait (heureusement, les auteurs nous ont épargné les détails… vive l’ellipse!). Puis, très rapidement, il y a la mort des lions du cirque dans un incendie. Lulu sera dévastée car malgré les circonstances entourant le décès de sa mère, elle est restée très attachée aux fauves et veut elle aussi devenir dompteuse de lions. C’est ainsi qu’elle s’est mis dans la tête d’aller en Afrique du sud pour y acheter de nouveaux lions et sauver le cirque familial dont le père ne veut plus s’occuper.

Elle se retrouvera donc à des kilomètres de son Italie natale, en pleine manifestation contre l’Apartheid avec son père, ne comprenant pas trop ce qui se passe. Sa vie, c’était le cirque et c’est tout (elle n’a d’ailleurs jamais vraiment aimé l’école, surtout depuis que sa mère ne peut plus lui faire réviser ses leçons). Témoin d’un acte de racisme contre un jeune garçon (Nelson), le père de Lulu tentera de le défendre et se retrouvera en prison pour voies de fait sur un officier de police. Seule, Lulu suivra Nelson qui l’aidera à retrouver son père et, elle l’espère, trouver des lions à ramener chez elle pour réaliser son rêve.

Lulu ne sait rien des inégalités raciales, mais se positionne très rapidement contre cette idée d’apartheid et refuse de traiter les Noirs différemment des Blancs. Dans un train en compagnie de Nelson, elle refusera même de changer de wagon lorsqu’un employé lui suggérera de s’installer dans un wagon pour Blancs. Elle était très bien là où elle était et enverrait promener l’employé qui ne manquera pas de l’insulter au passage.

Nelson est un personnage intéressant, mais assez peu développé dans ce premier tome. On en sait assez peu de lui, surtout parce qu’il arrive vers la fin de l’histoire. J’espère que les prochains tomes permettront aux auteurs de lui donner un peu plus de substance. Mais à première vue, c’est un garçon vif d’esprit qui ne s’apitoie pas sur son sort. Il comprend très bien que sa couleur de peau fait de lui un citoyen de seconde zone dans l’Afrique du sud des années 1950. Mais il ne se méfie pas non plus systématiquement des personnes blanches et se liera d’amitié assez rapidement avec Lulu.

Cette bande dessinée plaira tant aux 9-10 ans et plus qu’aux ados. Déjà parce que les personnages sont assez jeunes, mais aussi parce que le traitement des sujets comme les droits des animaux ou la ségrégation raciale est assez mature pour allumer les lecteurs plus âgés. Les personnages adultes sont également bien présents: Nelson et Lulu évoluent dans un monde au final assez loin de leur univers d’enfants, et la vie ne leur fait pas de cadeau. Je précise au passage que les adultes sont parfois assez durs avec nos deux héros, tels qu’ils le sont parfois dans la vraie vie: Par exemple, préfet de police ne démontrera aucune sympathie pour cette petite fille blanche venue voir et libérer son père de prison. Autre exemple: le père de Lulu, excédé par l’obsession de sa fille pour les lions du cirque et son refus d’aller au pensionnat, lui sortira un « Mais qu’est-ce que tu as dans la tête, bordel! » plein de colère. Rien de bien grave, mais je suggère quand même de lire en duo avec les plus jeunes de 9 ans pour pouvoir discuter de cette lecture.

Bref, on sent bien que ce premier tome sert surtout à mettre les bases du récit: on y rencontre les personnages, on apprend à les connaître, on se situe dans le temps et l’espace. Mais il ne s’y passe pas grand chose. C’est la petite fille de Lulu qui reçoit une lettre de sa grand-mère et nous dévoilera son histoire. Les mots de la lettres de Lulu livrent ainsi tout au long du livre son ressenti et offre un regard rétrospectif sur son voyage en Afrique du Sud. Cap sur l’Afrique se termine toutefois sur une note qui donne le goût de continuer la série. Je sens que les prochains mois d’attente vont être très long! J’ai trop hâte de retrouver Lulu et Nelson dans le tome 2! J’ai eu un coup de coeur pour ce premier tome, mais cela pourrait changer à la lecture des tomes à venir. J’ai quand même quelques attentes:

  • Le personnage de Nelson sera-t-il plus développé ? Après tout, le titre est « Lulu et Nelson », pas « Lulu (et un garçon qui s’appelle Nelson à côté) ». Croisons les doigts!
  • Le contexte dans lequel se déroule l’histoire est intéressant. J’espère qu’une plus grande place sera accordée à la situation politique d’Afrique du Sud durant les luttes pour mettre fin à l’apartheid. Je suis curieuse de voir comment le personnage de Lulu et de son père agiront face à ces luttes. J’espère que les Sud Africains seront maîtres de leur destin et que Nelson, en particulier, aura une certaine autonomie, qu’il pourra prendre en maturité de manière indépendante de Lulu. À suivre.
  • Les animaux au cirque, c’est aujourd’hui dépassé. Leur présence dans le livre ne m’a pas dérangée car je remets l’histoire dans son contexte historique. Ce serait injuste de dénoncer la maltraitance envers les animaux dans ce cas-ci. Mais justement, j’ai hâte de voir si les auteurs vont aborder ce sujet, et surtout, comment.

Bref, cette bande dessinée à été un coup de cœur pour moi, mais j’espère que la suite ne me décevra pas!

Coup de cœur!

Lulu et Nelson (tome 1): Cap sur l’Afrique
AUTEUR(S) : Charlotte Girard, Jean-Marie Omont & Aurélie Neyret
ÉDITIONSoleil, 2020
ISBN: 9782302078963
PRIX: 24,95$
9 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin, Les enfants du Bayou ou Un voyage sans retour, trois bandes dessinées dont les personnages principaux sont noirs.