Sous nos yeux: Petit manifeste pour une révolution du regard

Résumé : Ce guide explore l’importance et l’influence des images sur les jeunes que ce soit à la télévision, au cinéma, dans les jeux vidéos, les publicités ou les séries. L’auteure analyse la nature de ces images et leurs effets puis propose des outils pour que les adolescents puissent modifier leur regard.

Lectorat cible : 12 ans et plus

Autrices : Iris Brey & Mirion Malle

Édition : La ville brûle, 2021

ISBN : 9782360121373

Prix : 21,95$

Appréciation : Wow wow wow! Avez-vous vu ce livre? Les éditions la ville brûle (qui ne m’ont encore jamais déçue) viennent de sortir un superbe livre documentaire qui fait réfléchir les jeunes au regard, au male gaze, à la banalisation de la culture du viol dans les séries télé, à la porno, à la fabrication des images qu’on consomme parfois trop passivement, et à la manière dont les femmes sont filmées à l’écran. On y parle aussi de la présence des femmes derrière l’écran: Tout le monde connaît les Frères Lumières, mais qui a entendu parler d’Alice Guy, la première à comprendre que le cinéma pouvait être utilisé pour raconter des histoires et la première cinéaste blanche au monde? Alice Guy est également la première à filmer une histoire avec un casting composé entièrement d’acteurs noirs lorsqu’en 1912, certains acteurs refusaient de tourner d’apparaître à l’écran avec Noirs et qu’elle décide de les virer et des les remplacer par une distribution entièrement afro-américaine, sans changer l’histoire: rien dans le film ne fait référence à la ségrégation, ni au racisme. Ce film aurait pu être tourné avec des acteurs blancs et ça n’aurait rien changé à l’histoire.

Sous nos yeux aborde aussi la question du female gaze, du désir féminin et du mouvement #MeToo. Le tout est présenté d’une manière non condescendante, à hauteur d’adolescent qu’on sait capable de réfléchir par eux-mêmes et faire preuve d’empathie. On les amène à se questionner sur les images qu’ils consomment et à ne pas être de petits moutons qui suivent le troupeau sans réfléchir. Je vous recommande fortement ce livre! 

Coup de coeur !

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Berceuses métissées

Des berceuses recueillies autour du monde pour un voyage musical tout en douceur!

Ouvrez vos oreilles sur le monde avec cet album abondamment illustré et accompagné d’un CD audio à écouter. De france à Cuba, de Tunisie au Brésil, d’Inde en Haïti, d’Espagne en France, de la Guinée en amérique latine, ces berceuses métissées nous font parcourir le monde. Chaque double-page présente une chanson accompagnée des paroles et d’une traduction vers le français. Sur le CD audio, des enfants chantent en espagnol, en arabe, en français, en créole haïtien, en malinké, en portugais, en yoruba ou en français. J’ai aimé la qualité de la production musicale et la chaleur des illustrations aux couleurs chatoyantes.

La berceuse yoruba Yemaya, originaire de Cuba, raconte l’origine de la déesse de la mer, la source de la vie qui protège bébé lorsqu’il dort. Akadissa, chantée en malinké et originaire de Guinée raconte l’heureux événement de la naissance d’un bébé d’un village qui célèbre avec des griots, chanteurs et joueurs de kora. La berceuse Dodo Ti pitit manman met en garde bébé du crabe qui peut le manger s’il ne dort pas. On retrouve également les berceuses traditionnelles Dalaka, Oulah ya oulah, Dounia, et Bajo de un boton. Un délice pour les yeux et les oreilles.

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BERCEUSES MÉTISSÉES

AUTEUR(S) : Zaf Zapha, Caroline Chotard, Laura Guéry & Charlotte Cottereau 
ÉDITION: Lacaza musique, 2021
ISBN: 9791094193174
PRIX: 37,95$
0 à 5 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Mbéla et la kora magique ou Les plus belles berceuses jazz. Essayez aussi Vodou, un documentaire jeunesse pour en apprendre plus sur la déesse Yemaya (entre autres!).

La très grande piscine

A la piscine, Léa a peur et n’ose pas sauter dans le bassin. Pourtant, petit à petit, elle vainc son appréhension et profite des joies aquatiques avec ses camarades.

J’aime beaucoup cette collection de livres faciles à lire des éditions Milan dans la collection Poussin. On l’oublie parfois, mais lire demande beaucoup d’effort, surtout quand on commence à peine à déchiffrer les lettres et à reconnaître les sons. Ce livre est conçu pour accompagner les apprentis lecteurs, d’abord par des jeux avec les lettres et les mots qu’ils rencontreront dans l’histoire, puis avec une comptine pour s’amuser. Avant l’histoire, il y a donc 5 pages de jeux pour se préparer au récit qui va suivre. Dans le texte, on retrouve une définition des mots et expressions difficiles ou nouvelles pour faciliter la compréhension. 

Le personnage principal, Léa, est craintive lors de son premier cours d’éducation physique à la piscine. Sans brassard, elle craint de ne pas flotter. Elle a peur du grand bassin et ne veut pas qu’on se moque d’elle. Heureusement, grâce aux encouragements de ses camarades de classe, elle affrontera ses peurs. Recommandé! 

La très grande piscine
AUTEUR(S) : Louison Nielman & Colonel Moutarde 
ÉDITION: Milan jeunesse, 2021
ISBN: 9782408019860
PRIX: 8,95$
6 à 8 ans

Ce livre vous a plu?
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En vie

Cette histoire sans paroles suit cinq personnes qui laissent tout derrière elles pour quitter leur pays.

Parfois, les mots sont superflus car les images parlent d’elles-mêmes. Dans En vie, on suit le parcours de cinq personnages qui ont tout quitté pour entreprendre un long voyage vers des conditions de vie meilleures, dans un pays qu’ils ne connaissent pas. Chaque page constitue une planche titrée qui résume ce qui se passe dans les cases. Le récit est porteur d’espoir puisqu’à la fin, les réfugiés parviennent à s’installer en France.

En vie ne raconte pas seulement l’histoire de ces cinq personnages qui fuient la famine, la guerre, un mariage forcé ou le chômage, mais aussi l’histoire de milliers de personnes réelles qui décident de tout laisser derrière elles. Dans le dossier en postface, on mentionne bien que personne ne quitte son pays, sa famille et ses amis pour le plaisir. Le voyage est long et dangereux. Des familles sont séparées et il y a toujours le risque d’être renvoyé dans le pays qu’on a été contraint de fuir et de devoir tout recommencer.

Ce livre parle aussi de SOS méditerranée, une association française dont la vocation est de porter assistance à toute personne en détresse sur mer se trouvant dans le périmètre de son action, sans aucune discrimination. Les marins ont le devoir de porter assistance et d’aider les personnes qui risquent de se noyer, par exemple lorsqu’ils aperçoivent des migrants dont le bateau ne peut résister aux vagues.

Le livre est publié dans un contexte français et les statistiques fournies sont également françaises, ce qui n’est pas facile d’accès pour un petit québécois qui n’a jamais entendu parler de villes comme Saint-Lô, Carquefou, Concarneau ou Le Puy en Velay, ou encore qui ne saisit pas encore très bien la valeur de l’euro par rapport au dollar canadien. Malgré tout, cette BD, lorsqu’utilisée en parallèle avec d’autres livres sur les réfugiés, peut constituer une belle porte d’entrée vers des discussions sur la solidarité.

À noter que ce livre est la version adaptée au lectorat jeunesse d’une BD pour adulte du même titre. En vie est aussi un album caritatif : sur chaque album, 2,5€ sont reversés à SOS Méditerannée.

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En vie…
AUTEUR(S) : Joub & Nicoby 
ÉDITION: KOMICS INITIATIVE, 2021
ISBN: 9782491374150
PRIX: 27,95$
8 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
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La fille des manifs

Barbara s’engage pour le climat et la force de son engagement lui vaut de devenir le visage de la contestation. Une interview qui tourne mal et son refus d’accepter une invitation de la présidente lui attire les foudres des médias qui l’avaient autrefois adulée. Pour traverser cette épreuve, elle écrit un journal destiné à Annie, sa grand-mère au destin tragique.

J’ai adoré ce roman. Il raconte l’histoire d’une jeune adolescente qui s’engage avec courage et sincérité pour le climat, et qui va se retrouver presque malgré elle sur le devant de la scène. Sa lutte illustre la pression qu’on met aux femmes qui parlent fort et s’expriment, ainsi que la manière dont on ne prend pas au sérieux la parole des femmes racisées. À ce sujet, elle dit:

« Je reçois régulièrement des messages d’insultes dans ma boîte mail et sur les réseaux. Surtout depuis que ma tête passe en boucle sur les écrans. Là, c’est le grand défouloir. Chacun se permet d’avoir un avis sur mon physique, mes fringues et ma façon de parler. Des journalistes ne manquent pas de mentionner que je suis métisse et que je ne suis pas spécialement une première de la classe mais une lycéenne qui passe un bac pro, sous-entendant que je suis bête et que j’ai du temps à perdre. (p.21) »

L’intersectionnalité entre son statut de métisse et de femme se constate aussi lorsqu’on remarque que la société ne semble pas prête à faire une place aux femmes qui manifestent. À celles qui veulent faire changer les choses. Celles qui osent dire NON. L’autrice aborde de front le double standard qui existe dans le milieu du militantisme: Les hommes sont perçus comme étant lucides et valeureux, alors que les femmes sont perçues comme hystériques et immatures. À cause de son jeune âge, et de son genre aussi peut-être, Barbara se remet beaucoup en question:

« Me voir et m’entendre parler est une épreuve. Je n’aime pas ma tête. Je ne supporte pas ma voix non plus. On dirait que j’aboie. Et mes cheveux qui tirebouchonnent dans tous les sens m’insupportent. Et les mots que je choisis, est-ce que je n’aurais pas dû en prendre d’autres? Les agencer autrement? Est-ce que je suis assez percutante, assez claire? […] J’avoue Annie, que je ne comprend pas vraiment ce qui chose les gens. Pourquoi est-ce qu’ils s’étonne de mon NON à la présidente? Pourquoi est-ce que ce NON les interpelle, les sidère? […] Mon engagement pour la planète ne fait pas de moi une héroïne. Je ne suis pas Rosa Parks qui se battait contre la ségrégation raciale aux États-Unis ni Sophie Scholl qui luttait contre le nazisme en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale ni Wangari Muta Maathai qui s’acharnait à replanter des arbres dans son pays, le Kenya, ravagé par la désertification. Je suis une adolescente comme les autres, une fille qui attend des adultes qu’ils se montrent un peu moins égoïstes et un peu plus matures. » (p.50-51)

Barbara ne manquera pas de faire l’expérience du sexisme. Trop souvent réduite à son genre, perçue comme un objet sexuel sans faculté de réflexion, sa lutte contre le climat éveillera aussi sa lutte pour le droit et le respect des femmes sur la place publique. À travers les mots qu’elle écrit pour sa grand-mère décédée, elle réalisera que la lutte menée par son ancêtre doit être continuée: « Tu es née après la Seconde Guerre et moi bien après l’euro. Je pensais jusqu’ici que des vies comme la tienne nous avaient servie à avancer, que ton existence avait éclairé nos consciences, que les filles étaient désormais comme les garçons, des êtres humains de chair, de sang et de réflexion, et qu’il était révolu le temps où on les considérait comme des petites choses jolies, d’autant plus jolies qu’elles se taisaient. Et, pourtant, je m’aperçois que ce n’est pas tout à fait vrai. » (p. 110)

Le roman, presque trop court, est extrêmement bien mené et porté par une écriture limpide où l’autrice s’efface derrière son personnage, lui laissant tout l’espace nécessaire pour exister. J’ai adoré!

Coup de cœur!

La fille des manifs
AUTEUR(S): Isabelle Collombat
ÉDITION: Syros, 2020
ISBN: 9782748527001
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Sortir d’ici et Signé Poète X, deux romans pour adolescents avec des héroïnes aux prises avec du sexisme ordinaire. Essayez aussi Je ne meurs pas avec toi ce soir, qui raconte une histoire de manifestation pour la justice.

La neuvième loutre bleue

L’écrivain Christie Spivac est invité à organiser un grand jeu culturel dans toute la Bretagne, en utilisant la réalité virtuelle. Il est accompagné d’un étonnant petit robot, de deux ados délurés, Yann et Émilie, d’un roboticien et d’une officielle. Dès le début de leur périple, des loutres d’une étrange couleur bleue croisent sans cesse leur chemin. Et, chaque fois que le groupe conçoit une épreuve du Grand Jeu, des événements graves et dangereux se produisent. Jusqu’à ce qu’on leur tire dessus à l’AK-47 puis que, grâce aux loutres bleues, ils dénichent la piste de terroristes préparant une hécatombe en France.

De l’action, du suspense, un propos intéressant sur l’éthique, et un contexte éloigné du mien qui m’a fait voyager: comment ne pas aimer ce roman? Court, efficace, il plaira certainement aux amateurs d’aventure. L’amitié entre Yann et Émilie est saine et j’ai aimé voir cette relation entre un garçon et une fille sans qu’il y ait d’enjeu amoureux. Émilie est une adolescente intelligente et dégourdie, un beau modèle pour les lectrices. Le roman se lit comme on regarde un film: l’auteur parvient à créer des images évocatrices et claires dans un récit au rythme haletant.

Points bonis pour la page couverture, vachement réussie qui donne le goût de lire, comme tous les autres titres de la collection Rester Vivant aux éditions Le Muscadier, d’ailleurs. Cette collection est constituée de nouvelles et de romans qui abordent sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle plaira aux lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. L’éditeur présente cette collection en ces termes: « Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs. » À découvrir!

Je remercie les éditions Le Muscadier de m’avoir offert ce livre.

La neuvième loutre bleue
AUTEUR(S): Christian Poslaniec
ÉDITION: Muscadier, 2021
ISBN: 9791096935864
12 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Né Coupable, 30 minutes pour survivre: Braquage sous haute tension ou Zee, trois romans pour le lectorat jeunesse.

Mon coffret premières lectures Montessori : Tom photographe

On retrouve Suzi et Tom dans 3 histoires tendres et pleines d’humour : Tom photographe (le son « ph »), Devine qui je suis (le son « qu »), Vive l’Espagne (le son « gn »). Fidèles à la pédagogie originale Montessori, ces histoires utilisent des mots entièrement phonétiques et des phrases courtes pour que l’enfant prenne confiance et puisse dire : « je sais lire tout seul ! ».

Tom photographe est un excellent livre pour les lecteurs débutants et les enfants en apprentissage de la lecture! On le retrouve en librairie dans un coffret de trois petits livres pour apprendre à lire avec la méthode Montessori. Il y a à la fin plusieurs conseils à l’attention des parents sur la manière de lire ce livre avec son enfant. On suggère par exemple qu’il faut être conscient que la lecture demande un gros effort de la part de l’enfant, qui peut parvenir à déchiffrer une phrase et ne pas se souvenir de ce qu’il a lu: c’est une étape parfaitement normale.

Dans le texte, les lettres muettes sont grisées et le son étudié apparaît en rose. Le livre est abondamment illustré et on retrouve une seule phrase par page. Tout est fait pour faciliter la lecture. Tom, le personnage principal, est un garçon noir. La couleur de sa peau ne change rien au récit. On retrouve également une belle diversité dans les personnages secondaires de l’histoire. À découvrir! 

Tom photographe
AUTRICE: Chantal Bouvÿ, Sabine Hofmann & Amandine Meyer
ÉDITION: Nathan, 2020
ISBN: 9782092789605
PRIX: 13,95$
6 À 8 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Notre super école, Fatou la petite sirène et Christophe change de nom, trois livres pour les enfants qui apprennent à lire dans lesquels on retrouve une diversité raciale des personnages.

Titus et les lamas joyeux: Mission sac de piscine

Les Lamas Joyeux sont toujours prêts et ils n’ont peur de rien. Leur mission du jour ? Empêcher leur copain Paolo d’être puni pour avoir oublié ses affaires de piscine. Pour ça, il suffit de s’infiltrer dans l’école, de piquer les affaires d’autres élèves, d’ouvrir les portes avec des cure-dents et surtout, de ne pas se faire attraper… Leur inventivité et leurs bêtises permettront-elles aux Lamas de mener à bien leur mission ? 

Quand on pense « premières lectures », on pense rarement à la bande dessinée. Pourtant, il existe de plus en plus de BDs pour les lecteurs débutants qui offrent un niveau de lecture adapté aux enfants en apprentissage de la lecture. Dans Titus et les lamas joyeux, on a une histoire simple, des bulles faciles à lire et beaucoup d’illustrations. Titus, le personnage principal, est un garçon noir, le super chef des missions impossibles! C’est lui qui mène la bande et, même s’il a beaucoup d’imagination, ces idées ne sont pas toujours à recommander! On notera au passage que l’enseignante de classe et l’instructeur de natation sont également noirs. Un bon livre à découvrir, bien adapté au contexte scolaire également! Contexte français. 

Titus et les lamas joyeux: Mission sac de piscine
AUTEUR(S): Anne-gaëlle Balpe & Zoé Plane
ÉDITION: Nathan, 2021
ISBN: 9782092594483
PRIX: 12,95$
6 à 8 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Notre super école, Moi, je lis tout seul: Tous à l’eau! ou Princesse Princesse, trois livres jeunesse pour les lecteurs débutants avec des personnages racisés.

Le club des As

Caroline vient d’emménager dans un nouveau quartier et elle se sent un peu seule. Si Karim et Hugo, les rois de la récré, voulaient bien l’accepter, tous les autres élèves deviendraient ses amis. Mais comment faire pour rejoindre leur club hyper secret ?

Il y a dans ce livre d’une quarantaine de pages une histoire estivale autour du vélo, de la découverte de soi et du courage. Mais, et il faut le savoir, il y a aussi des passages sexistes. Caroline vient d’arriver dans un nouveau quartier et souhaite rapidement être acceptée de ses camarades pour se faire de nouveaux amis. Elle a donc repéré dans la cours d’école les deux garçons les plus populaires et respectés, et fera tout pour tenter d’intégrer leur groupe. Toutefois, Hugo et Karim sont tout de go réticents à accepter Caroline: Il n’y a plus de place dans leur club et certainement pas pour une FILLE (p.13)! Tout au long du roman, il y aura ces petites flèches lancées ici et là comme quoi les filles sont moins que les garçons: moins courageuses, moins intéressantes, moins digne de respect. Ça commence en page 6 où on mentionne que « le dernier arrivé au petit bois est une fillette! », comme si être une fillette était une insulte, un statut à éviter à tout prix. Puis, quand les garçons mettront Caroline à l’épreuve de monter au sommet d’un silo, d’en faire le tour et de redescendre (persuadés qu’elle se dégonflerait), la jeune fille les épate par son courage. Mais jamais les garçons ne l’admettront, allant même jusqu’à minimiser son exploit (« ce n’était pas vraiment dangereux, même [mon petit frère] aurait pu le faire! » (p. 28)) Ainsi, les efforts et succès de la jeune fille ne sont jamais suffisants aux yeux des garçons.

Alors que Caroline réussi toutes les épreuves imposées par les deux garçons, ces derniers, jaloux, cessent de lui adresser la parole à l’école. Caroline en subira les répercussions puisque, voyant qu’elle n’est pas acceptée par Hugo et Karim, ces camarades de classe lui tourneront le dos aussi. J’aurais aimé que le roman traite un peu plus de la problématique du rejet et de l’intégration à l’école. En fait, toute l’histoire tourne autour de ces moments passés à vélo dans le quartier. Ça aurait été pour une autre histoire, peut-être.

J’ai aussi été un peu découragée par le fait qu’en réalité, Caroline ne se demande pas vraiment si Hugo et Karim méritent son amitié, ou s’ils sont de bonnes personnes qu’il vaut la peine de fréquenter. C’est comme si le plus important était de les impressionner pour être acceptée, pas d’être soi-même ou de se respecter. Je trouve que ça ne véhicule pas vraiment un bon message. Aussi, on ne reviendra pas en fin de récit sur le contenu sexiste du roman. Je n’aurais pas aimé une morale trop apuyée non plus, mais j’aurais apprécié qu’on mentionne, d’une manière ou d’une autre, que les filles ont autant de valeur que les garçons. Est-ce trop utopiste que de demander ceci d’un livre jeunesse?

Bref, je n’ai pas aimé.

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Le club des as
AUTEUR(S): Milie Goudin-Lopez , Bastien Quignon
ÉDITION: Bayard jeunesse, 2020
ISBN: 9791036312458
PRIX: 10,95$
7 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le club des licornes, Ça va faire des histoires ou Maman dlo, trois livres jeunesse pour les élèves du 2eme cyle.

Et si on se parlait?

Coucou  ! Nous nous appelons Thomas, Noémie, Jade et Sam… Nous avons à peu près ton âge et nous aimerions partager avec toi des petites expériences de vie. Cela te permettra d’en parler avec les adultes qui s’occupent de toi, d’exprimer tes émotions, de raconter à ton tour ce que tu vis à l’école ou à la maison…

Ces trois petits livres sont super pour amener les enfants à parler de tout, sans tabou. Le ton est adapté au lectorat, puisque le premier livre s’adresse aux 3-6 ans, le deuxième, aux 7-10 ans, et le troisième, aux 11 ans et plus. Si vos enfants se questionnent sur des sujets délicats, ces livres les aideront à exprimer leurs émotions, à trouver les mots pour discuter de toutes sortes de sujets et aussi constater qu’ils ne sont pas seuls à vivre certaines expériences de la vie.

Les réponses données aux questionnements des enfants sont réfléchies et accessibles pour leur âge. Par exemple, dans le tome deux (pour les 7-10 ans), on rencontre Hakim, 10 ans (presque 11!) qui parle de ce qui lui est arrivé à l’école avec son copain David: ils ont été harcelés et été victimes de racisme. Ils ont été traités de moches parce qu’ils ont la peau foncée et se sont fait traiter de tous les noms. Hakim et son ami n’aiment pas la violence et ils ne comprennent pas pourquoi certaines personnes (même des adultes!) les insultent. 


J’ai aussi bien aimé qu’on invite les lecteurs à prendre un dictionnaire pour chercher la définition des mots qu’il pourraient ne pas comprendre totalement, comme « Racisme » ou « Harcèlement ».

Dans le troisième livre (celui pour les 11 ans et plus), on parle d’homosexualité avec Julia, de consentement avec Fatou, de cyberharcèlement avec Tony, de puberté avec Sarah et de violence sur Internet avec Cyril. Malheureusement, le contexte est français: on parle de SMS, de collège, de maître d’école ou on suggère de composer le 3020 pour faire un signalement. À ce niveau-là, ils sont donc peu adaptés au lectorat québécois. Malgré tout, ils peuvent être intéressant pour amener les enfants à aborder certains sujets tabou ou difficiles.

Ces livres vous ont plu?
Vous aimerez peut-être Les races, ça existe ou pas?, Les mots indispensables pour parler du racisme, ou encore C’est ta vie! L’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants, trois livres documentaires pour la jeunesse.