Les amis

Mes amis et moi, on est un peu différents, un peu différentes les uns des autres. Mais on est surtout semblables en dedans. On a tous envie, on a toutes besoin de s’aimer et de s’amuser !

On invite le lecteur à réfléchir sur ce qui le différencie de ses amis, mais aussi à ce qui les rend semblables. Une variété de personnages se comparent ainsi, à la recherche de ce qui lie leur amitié: Un garçon noir aime tresser et nouer ses cheveux crépus avec des barettes, un jeune asiatique a une prothèese de jambe, une fillette parle français à son amis anglophone qui lui, lui parle anglais, certains amis ont deux papas, d’autres ont des difficultés respiratoires, d’autres encore se déguisent en princesses (peut importe leur sexe)… Bref, un bel éloge à la diversité dans toute sa splendeur. Le livre étant issu de la collection Clin d’oeil aux éditions de l’Isatis, on retrouve un texte poétique, avec de jolis rimes et des vers à lire tout doucement pour s’y imprégner adéquatement. Un bon candidat pour une bibliothèque de classe à la maternelle ou au premier cycle du primaire!

Pour acheter ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Les amis
AUTEUR(S):  Paule Brière & Amélie Montplaisir
ÉDITION: Éditions de l’Isatis, 2020
ISBN: 9782925088301
PRIX: 13,95$
3 à 6 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Sous ma couverture vit un kangourou, Le roi de la maternelle ou Bienvenue à l’école, Aimé!, 3 albums jeunesse pour le préscolaire avec des personnages noirs.

On nous appelait les mouches

Un certain futur, demain peut-être. Le monde civilisé n’existe plus. Des enfants survivent sur des montagnes de déchets, qu’ils trient pour revendre aux plus grands ce qui semble monnayable. On les appelle les mouches.

Parmi eux, une petite bande, à laquelle appartient Lizzy. C’est elle qui nous raconte comment un jour, l’un d’eux trouve un drôle d’objet dont on pense qu’il ne sert à rien. Les enfants, accompagnés de leur chef, partent pour Grand Bazar…

J’ai été heureuse de retrouver Davide Cali et Maurizio Quarello après avoir eu un gros coup de coeur pour Cours! l’année dernière. Je ne pouvais pas passer à côté de ce nouvel album du duo qui cette fois-ci nous amène dans un univers post-apocalyptique où l’on rencontre Lizzy, une enfant noire qui survit tant bien que mal avec quelques-uns de ses amis. Les auteurs ont fait un travail énorme de création et développement d’un univers unique, avec une faune et une flore hybride, une société distincte et un monde vaste en plein désert. L’histoire s’achève sur un nouveau départ, avec l’espoir qu’apporte un livre mystérieux qui promet d’être salvateur.

Les illustrations collent parfaitement à cet univers angoissant et perturbant. Il s’agit d’un album pour les grands, à dévorer dès 9-10 ans pour bien en saisir toute la nuance et la richesse. J’ai été engloutie par le récit; j’aurais voulu y rester plus longtemps! Juste quand je me surprends à y être bien installée, déjà il s’achève. J’ai trouvé dommage qu’un univers aussi riche ne soit pas exploité davantage. Peut-être qu’un format roman graphique aurait était préférable. Et donc, le seul défaut de cet album est d’être trop court. Bref, un autre coup quasi parfait de Cali et Quarello que je recommande à tous! Les 11-14 ans y trouveront parfaitement leur compte, mais rassurez-vous, il y a de quoi plaire aux enfants de coeur et aux amateurs de science-fiction de tous âges également.

Pour acheter ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

On nous appelait les mouches
AUTEUR(S) : Davide Cali & Maurizio A.C. Quarello 
ÉDITION: Sarbacane, 2020
ISBN: 9782377314119
PRIX: 29,95$
10 À 14 ANS

Coup de coeur!

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut être Cours, Ruby tête haute ou Les esclaves de cumana, trois albums pour les enfants de 2e ou 3e cycle du primaire avec une mise en page dynamique.

Escape book: La malédiction du Baron Samedi

Dans la peau de l’enquêtrice Samantha, le lecteur tente de retrouver Axman, le fameux serial killer de La Nouvelle-Orléans. Emprisonné dans la demeure d’un magicien fou, il doit faire preuve de logique, d’esprit d’analyse et d’un grand sens de l’observation pour s’échapper.

Ces derniers mois, de plus en plus d’éditeurs ont fait le pari du « escape book », le livre duquel il faut s’échapper en récoltant des indices, des objets et en résolvant des énigmes. Dans La malédiction du Baron Samedi, on suit une jeune enquêtrice nommée Samantha sur la piste d’un mystérieux Axeman dans La Nouvelle-Orléans du début du siècle dernier. J’ai été soulagée de constater que l’auteur n’a pas utilisé la religion vodou simplement pour faire peur. Dès le début du récit, on explique ce que sont les vévés (des symboles associés aux esprits majeurs du vaudou, les loas) :

« Le Baron Samedi est à la fois le dieu, le roi ou le chef des morts, un dirigeant macabre mais festif qui accompagne les défunts dans une fête éternelle, et qui se plaît parfois à torturer les vivants. Il est marié à Maman Brigitte, même si j’ai cru comprendre que dans le vaudou, chacun est le mari, l’épouse, le frère ou la cousine d’un autre. Brigitte est également liée à la mort, et si j’ai moins d’information à son sujet, elle semble nettement moins sympathique et beaucoup plus colérique que son comparse. C’est elle qui veille à ce que les vivants honoretn correctement leurs proches décédés, et on la dit sauvage et particulièrement violente avec ceux qui ne s’y appliquent pas. Marinette, enfin, était une sorcière guerrière qui aurait mené la première grande révolte d’Haïti. » (p.30)

Concernant les déplacements qu’on peut faire, on nous renvoie en annexe de l’histoire principale où l’on retrouve un tableau qui fait la liste des déplacements possibles et autorisés. J’aurais tellement mieux aimé une double page avec une image qui rappelle celle des plateaux de jeux de société; cela aurait eu l’avantage d’être beaucoup plus ludique et limpide. Ou encore, pourquoi pas, une carte grand format détachable. Je pourrais faire ce commentaire pour la plupart des mécanismes de jeu du livre: les déplacements, les choix à faire, les actions à poser, les énigmes à résoudre, etc. Le problème, c’est que ce n’est pas excessivement clair. Pour les néophytes, on s’y perd facilement! Il m’a personnellement fallu plusieurs relectures pour m’habituer au ton et à la forme, pour comprendre que là, oui, j’ai un choix à faire même si ce n’est pas clairement indiqué : « Que choisissez-vous? » ou « Que voulez-vous faire? ». J’avoue même avoir failli abandonner à plusieurs reprises devant ce labyrinthe d’énigmes qui n’en sont pas vraiment et dans ces méandres de faux-choix qui m’ont souvent amenée à des culs-de-sac, des chapitres que je n’avais pas l’autorisation de lire parce que je me suis trompée de numéro alors que je n’avais pas senti que j’avais un choix à faire. Bref! On se prend un peu la tête au début. Mais une fois qu’on réussi à se dépatouiller un peu, c’est génial! Bon, évidemment, on peut aussi lire le livre du début à la fin, ne pas faire de choix, et on comprendrait quand même où l’histoire s’en va. Mais quel intérêt? Si vous n’êtes pas autorisé.e à lire un chapitre, alors, jouez le jeu jusqu’au bout et cassez-vous la tête pour tenter de trouver une solution et passer au chapitre suivant!

Attention! même si les illustrations du livre semblent un peu lisses et enfantines, il s’agit réellement d’un livre pour un lectorat assez mature. Dans La malédiction du Baron Samedi, on est sur les traces d’un tueur en série, tout ce qu’il y a de plus gore. Il y a plusieurs scènes de meurtres et même si dans l’illustrations, on ne voit qu’une chambre avec un peu de sang sur les draps, le texte nous détaille bien les corps démembrés et la violence du massacre qui s’est joué dans la pièce. J’ai trouvé cette dichotomie entre les illustrations et le texte un peu décevante, surtout si on veut lire ce livre pour frisonner un peu. Je sais pas, j’ai pas nécessairement envie de me dire « Oh, c’est mignon » en lisant un survival horror.

Il y a plusieurs fin possibles, et dans plusieurs d’entre elles [SPOILERS] Samantha meurt de manières très brutales, voire sadiques. J’ai haussé les sourcils à plusieurs reprises car j’ai attrapé ce livre en pensant sincèrement qu’il s’agirait d’un livre jeunesse pas méchant du tout. [FIN SPOILERS] Alors, sachez-le: La malédiction du Baron ne s’adresse pas aux jeunes enfants, même s’ils sont bons lecteurs et friands de Escape Books ou de livres dont vous êtes le héros. Les éditions 404 (qui ont publié ce livre) ont aussi une collection d’Escape Books Junior qui pourrait mieux convenir aux enfants.

Cette lecture m’a assurément donné le goût de lire d’autres livres de type « Escape book ». Après, bon, je le répète: ne vous fiez pas qu’à la mise en marché de ce livre, il s’agit assurément d’une lecture pour lecteurs avertis. À découvrir!

La malédiction du Baron Samedi
AUTEUR(S) : Christophe Gérard
ÉDITION: 404, 2020
ISBN: 9791032403525
PRIX: 19,95$
14 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être les escape books pour le plus jeune lectorat avec Le collège Infernal ou Le petit chat de l’opéra. Pour les adolescents, essayez Le cercle de Providence, une bande dessinée d’horreur inspirée de l’univers de H. P. Lovecraft.

Alana et l’enfant vampire

Alana en a assez que ses parents et sa soeur partent gérer les conflits vampiriques sans elle. Alors quand sa meilleure amie Oli lui annonce que Joaô, le nouvel élève de leur classe, est probablement un vampire, elle cherche à en savoir plus. Pour la jeune fille, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener une mission à bien malgré ses déficiences physiques.

Que de bon points pour ce roman que j’ai A-DO-RÉ! Déjà, le sujet m’intéressait à la base: j’adore les histoires de vampires (#GenerationBuffy) et celle-ci est particulièrement intéressante. L’autrice offre le bon dosage entre histoire jeunesse et éléments fantastiques. Car oui, Alana et ses ami.e.s vont à l’école et suivent leurs cours, mais entre intérêts pour le monde des vampires, histoire familière particulière et un nouvel élève mystérieux, le surnaturel n’est jamais bien loin.

J’ai lu ce roman durant le mois de Mai qui, pour ceux qui ne le savent pas, est le mois dédié au mouvement #MaiPoils. Je me demandais justement s’il existait des livres ou autres produits culturels où le poil féminin est normalisé. Et BAM!, je tombe sur ce passage d’Alana et l’enfant vampire dans lequel le personnage principal se réfugie dans le vestiaire des filles pour pleurer et est rejointe par Olympe, sont amie:

« Mon amie vient s’asseoir à côté de moi, je baisse les yeux sur nos pieds. Elle porte des chaussettes blanches montantes avec ses baskets de sport. Je remarque que ses mollets sont couverts de fins et longs poils bruns. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas les raser, moi, je supporte par les regards et les remarques des autres. » (p. 55)

Sans jugement de valeur, sans en faire tout un plat, sans remettre en question le fait que oui, les filles pubères ont des poils aux pattes. D’ailleurs, le personnage d’Olympe est intéressant car dès le début, on mentionne qu’elle est souvent prise pour un garçon et que cela ne les dérange pas du tout, ni la principale concernée, ni Alana. C’est comme ça, c’est tout, c’est pas plus grave que ça. Un peu plus loin dans le récit, Olympe discutera de son identité de genre à ses amis (hors texte) et, sans chichis, le « iel » (pronom neutre, contraction du « il » et du « elle ») sera adopté pour faire référence à Olympe. L’autrice adoptera d’ailleurs une écriture neutre à partir de ce moment là, en faisant notamment usage du point médian (ex.: « Oli s’est levé.e de son matelas pour ouvrir doucement la porte » (p.150)) L’identité de genre d’Olympe n’est pas du tout au centre du récit, c’est simplement mentionné, puis les personnages et l’autrice se sont adaptés. C’est tout. J’ai trouvé cette manière d’inclure la diversité de genre dans un récit tout à fait fabuleuse. Je n’ai d’ailleurs encore jamais lu d’autres romans comme celui-là. En connaissez-vous d’autres?

Niveau représentation raciale, on a Joâo, 13 ans, nouvel élève de l’école. Un garçon timide, qui ne parle pas beaucoup et qui ne semble pas très motivé à se faire des amis. On apprendra très rapidement dans l’histoire que son comportement distant s’explique par le fait qu’il est un vampire. Beau garçon, plusieurs filles de la classe tombent sous son charme. On a une bonne compréhension de qui est Joâo et de sa personnalité avant que l’autrice nous le décrive physiquement. J’ai aimé cette approche. Ce n’est qu’en page 38 qu’on peut lire ceci: « Sa peau est marron très foncé, ses yeux sont noirs aux reflets dorés e ses cheveux presque rasés. » Sans tout vous révéler, Joâo aura un rôle important dans l’histoire et fera preuve de courage, de confiance et de bonté.

L’autrice Cordélia mentionne en postface qu’elle avait « à cœur de proposer des personnages diversifiées, qui sortent de la norme qu’on trouve trop souvent en littérature jeunesse ». À mon sens, c’est un pari plus que réussi car non seulement on retrouve beaucoup de diversité dans le livre, mais il déconstruit plusieurs clichés et il normalise les corps ordinaires. Le tout, sans que cela soit forcé! On peut penser par exemple à ce passage où Alana mentionne tout naturellement qu’elle ressent une grande fatigue malgré le fait d’avoir dormi jusqu’à midi la veille, notamment parce qu’elle a ses règles:

Aujourd’hui, c’est samedi. J’ai dormi jusqu’à midi et je suis encore fatiguée. Et puis, j’ai mes règles depuis hier. Les deux premiers jours, ça me met toujours le ventre en vrac, en plus de m’obliger à changer de serviette hygiénique cinq fois par jour. J’erre dans l’appartement en pyjama, à la recherche de quelque chose à me mettre sous la dent, en plus du paracétamol qui calme un peu mes douleurs au bas-ventre. Mamie est sortie, tout est calme. (p. 63-64)

On peut également lire en page 91 où Alana change de serviette et se demande si les vampires sentent le sang des règles. Ce doit être l’enfer pour Joâo car dans tout le collège, il doit y avoir au moins une fille par jour qui a ses règles! Dans le romans, on parle également des douleurs chroniques d’Alana et du handicap. L’autrice Cordélia amène tous ces éléments de manière naturelle et fluide. On en veut plus, des romans comme celui-là! Je prend le temps de mentionner que l’autrice a une très belle plume, limpide et accessible. Un gros, gros coup de cœur pour moi. 🙂 J’espère sincèrement que vous aimerez ce roman autant que moi! Il vaut absolument la peine d’être lu.

Coup de cœur!

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Alana et l’enfant vampire
AUTRICE : Cordélia
ÉDITION: Scrinéo, 2020
ISBN: 9782367408651
PRIX: 29,95$
11 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Magic Charly, Les Omniscients, ou La Promesse du fleuve, trois livres jeunesse fantastiques.

Le collier magique

Une rumeur stupéfiante se répand dans la savane Karamoko le sorcier confectionne un collier magique qui rendra invincible celui qui le portera ! Les animaux se succèdent à sa porte. oui obtiendra le gri-gri tant convoité?

Le catalogue des Éditions des Éléphants me plait beaucoup. J’ai rarement été déçue par leurs sélections et Le collier magique ne fait pas exception! Illustré par l’autrice franco-togolaise Magali Attiogbé, les couleurs vives et les motifs qui s’emboîtent l’un dans l’autre donnent profondeur au récit. Le texte est un morceau de bonheur à lire, un conte à savourer qui se termine par un cadeau: déposé au pied de l’arbre à palabres, il attend qu’une oreille attentive l’accompagne dans son voyage. Car les contes sont faits pour être partagés.

Une galerie de personnages donnent vie à ce conte africain : un sorcier, une hyène, un lièvre, un calao, un hippopotame, etc. Le grand format de l’album est idéal pour une heure du conte en bibliothèque ou une exploitation scolaire. En cours de français, ce livre peut être utilisé pour décortiquer la structure narrative des contes, ou pour travailler la compréhension de texte. À découvrir!

Magali Attiogbé est une autrice franco-togolaise.

Souleymane Mbodj est un auteur sénégalais.

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Le collier magique
AUTEUR(S) : Magali Attiogbé & Soulaymane Mbodj 
ÉDITION: Éditions des éléphants, 2020
ISBN: 9782372730921
PRIX: 27,95$
3 À 7 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Grand Calao et petit homme, La cuillère d’Aminata ou Tiguidanké, trois contes à lire dès l’âge de 3 ans.

Ma journée à l’école maternelle

Un imagier photos pour que le tout-petit découvre en douceur l’univers de l’école maternelle. Classe, récré, cantine, sieste, animaux, travail manuel… tous les grands rendez-vous de l’école sur 11 photos originales.

Un livre tout carton qui montre, en photographies, les différentes étapes d’une journée typique à l’école maternelle: Le jeu dans la cour, se mettre en rang, écouter une histoire dans la classe, dessiner et peindre, manger à la cantine, faire la sieste, etc. Le ton est rassurant et montre aux tout-petits (oups, pardon: aux grands ;)) qui entreront à la maternelle ce à quoi ils peuvent s’attendre. Parfait pour un enfant anxieux qui constatera qu’en fait, la maternelle, c’est vraiment chouette! 

Des enfants de plusieurs origines différentes sont photographiés, dont certains sont noirs. À découvrir!

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Ma journée à l’école maternelle
AUTrice: Anne-Sophie Bost
ÉDITION: Nathan, 2019
ISBN: 9782092589434
PRIX: 18,95$
2 à 5 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être La journée de bébé, un autre livre tout carton de la même autrice. Essayez aussi Roi de la maternelle et Je suis en maternelle: Le bobo, deux albums jeunesse sur la rentrée à l’école.

Promesses

Un recueil de pensées tendres à chuchoter à l’oreille de son enfant, dans un album animé avec une découpe à chaque double page.

Quel beau livre cartonné! Le texte, tout en poésie, célèbre la beauté du quotidien et l’émerveillement qu’on peut ressentir devant les enfants qui grandissent si vite.

Les trous dans les pages donnent une autre dimension à l’album: le soleil levant devient une tour de jeu la page suivante, par exemple. L’enfant peut aussi s’amuser à reconnaître et nommer les formes découpées dans les pages. Une page sur deux illustre un personnage racisé. Les illustrations sont tendres et douces. Les pages cartonnées sont parfaites pour les petites mains n’ayant pas encore développé leur motricité fine.

Vraiment très bon! 

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Promesses: Je te regarde
AUTric
e: Christine Roussey
ÉDITION: De la martinière, 2020
ISBN: 9782732495071
PRIX: 15,95$
4 À 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Mon premier petit livre : Les mots, Le petit chemin des formes, ou encore Mon château, trois petits livres cartonnés à lire avec Bébé.

Les plus belles berceuses Jazz

Sélectionnées par Misja Fitzgerald Michel, voici 15 berceuses à la beauté intemporelle, interprétées par les plus belles voix de l’âge d’or du jazz : Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan, Nat King Cole, Chet Baker… Des standards incontournables, mais aussi des titres moins connus à découvrir, immortalisés par des voix chaudes et sensuelles, qui font de chaque chanson un moment d’une infinie douceur. Les traductions de Valérie Rouzeau nous révèlent des textes d’une rare poésie.

Ce livre est comme un cocon. Il enveloppe, rassure, réchauffe. Les ballades choisies sont sublimes! Dans l’album, on retrouve un extrait des paroles des chansons, histoire de connaître le sujet de celles-ci, ainsi qu’une traduction vers le français. Il y a aussi un court paragraphe qui présente l’interprète. Ainsi, on y apprend qu’Ella Fitzgerald avait un rare talent pour l’improvisation, particulièrement en scat, que Blosson Dearie excellait dans le style be-bop, ou encore que Judy Garland qui chante sur Over the Rainbow a remporté l’Oscar de la meilleure actrice en 1940. Les illustrations utilisent les techniques mixtes avec du collage et du crayon de bois. Elles amènent un aspect de féerie à l’album. Ce livre est incontournable!

Coup de cœur!

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Les plus belles berceuses Jazz
AUTEUR(S) : Ilya Green 
ÉDITION: Didier JEUNESSE, 2013
ISBN: 9782278068340
PRIX: 42,95$
6 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être la collection « À la découverte des musiciens », dont les titres Louis Armstrong et Ray Charles. Essayez aussi le livre-CD La voix d’Ella.

Le club des licornes: La licorne noire

C’est la rentrée. Après les vacances d’été, le club des Licornes reprend ses activités. Les retrouvailles sont joyeuses. À la première récré, le club fait le point sur les profs et les nouveaux : dans l’une des classe, il y a une nouvelle très spéciale : une licorne noire. Qui est-elle ? Pourquoi est-elle noire ? Est-elle sympa ou pas ? Autant de questions qui alimentent les conversation et les fantasmes au sein du club. Petit à petit, les licornes du club apprendront à connaitre la nouvelle et à accepter sa différence. Mais de là à l’accueillir au sein du club… c’est une autre affaire ! 

Edna, la licorne noire, se présente assez tard dans le récit. C’est d’abord l’annonce de sa venue qui inquiète les autres licornes: elles auraient voulu savoir qui allait être la nouvelle élève et choisir elles-mêmes de l’accepter ou pas. Elles n’ont jamais entendu parler de licornes noires… est-ce que ça existe vraiment? C’est bizarre! Si ça se trouve, elle a des pouvoirs maléfiques! Lorsqu’Edna arrive enfin, au chapitre 4, la direction du club des licornes l’accueille en grandes pompes. Il est temps de mettre fin aux rumeurs. La directrice affirme dans un discours solennel:

« Edna vient d’un pays où une race de chevaux belliqueux a pris le pouvoir et accuse les licornes de sorcellerie. Ces cheveux brutaux ont décidé que toutes les activités sont désormais interdites aux licornes. Les licornes sont pourchassées et enfermées dans des enclos. Il leur est interdit de galoper, de trotter et de se regrouper. […] Par chance, Edna et sa mère ont réussi à s’échapper. Elles ont traversé deux fleuves, une chaîne de montagnes, quelques plateaux, de nombreuses prairies et sont arrivées ici, dans la plaine, où elles se sont installées. […] Edna ne s’exprime pas encore très bien dans notre langue mais elle apprend et elle progresse. Elle parlera bientôt comme nous. Je compte sur vous pour l’aider chaque jour dans cet apprentissage difficile: vous comprendre et se faire comprendre. » (p.43-44)

Même si les personnages ne sont pas humains, on fait clairement un parallèle avec les nouveaux arrivants et les réfugiés en occident. Edna a le pelage noir et la crinière tressée alors que les autres licornes sont pâles et leur crinière, raide ou légèrement ondulée. Le roman véhicule un message de tolérance, car même Émile, un Shetland souhaitant intégrer le club des licornes, finira par y être accueilli (un garçon dans un club de licorne… ce n’est pas commun! Mais Cerise, une licorne sympathique, lui fera sentir comme un membre à part entière du club). Car le club des licornes est un lieu qui « rassemble autour de l’amitié, du partage, de l’Entraide, de l’écoute… Je ne vois pas pourquoi ces choses-là doivent être réservées aux licornes. Le Club des licornes, c’est notre nom. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas partager, aider ou écouter d’autres races équines. Au contraire. » (p. 64-65).

Si certaines licornes se méfient beaucoup d’Edna à cause de sa différence, plusieurs licornes ne comprennent pas pourquoi l’arrivée d’Edna pose un quelconque problème, n’y voyant que des bienfaits: un nouveau groupe, de nouveaux projets… c’est réjouissant! Suzanne, la présidente du club, se montre assez raciste et fait tout pour éviter d’inclure Edna dans le groupe. C’est Ninon qui prendra sa défense et ira même jusqu’à remettre Suzanne à sa place: Non, elle ne gère pas bien le club. Oui, elle fait de la discrimination. Non, Edna ne s’appelle pas simplement « La nouvelle », elle a un prénom et il est temps de l’utiliser! Non, on ne peut pas juger une personne avant de la connaître.

La majeure partie de l’histoire se concentre sur la manière dont les licornes perçoivent l’arrivée d’Edna. Edna est en fait absente de presque toutes les discussions. Le club se réunit pour savoir si oui ou non Edna a le droit d’en faire partie, si oui ou non elle est maléfique, si oui ou non Suzanne est une mauvaise présidente, etc. J’étais en train de me dire que ça ressemble de plus en plus au stéréotype du sauveur blanc quand Edna s’interpose en page 83 pour signifier qu’elle est capable de faire une demande d’adhésion au club en bonne et du forme et que s’il y a des questions la concernant, c’est à elle qui faut le demander plutôt que de faire des supposition et partir des rumeurs. Et elle ajoute, comme une tonne de roche sur les licornes honteuse de leur étroitesse d’esprit: « Dans mon pays, nous sommes persécutées parce que nous sommes des licornes. ce serait un comble d’être rejetée ici parce que vous considérez que je n’en suis pas une! » (p.84).

Je regrette que les personnages ne soient pas davantage développés. Edna se résume à sa différence: On ne sait pas ce qu’elle aime, on ne connait pas sa famille, on ignore ses forces et ses aspirations. On mentionne que dans son pays il n’y a pas d’hiver, mais pas, par exemple, quels sont talents ou ses défauts. On mentionne que pour le concours de beauté, elle sera « apprêtée selon des techniques traditionnelles de brossage et de tressage de son pays » (p.110), la plaçant de nouveau comme étant une Autre, différente des autres. Ceci ne s’accompagne pas de passage où la personnalité d’Edna se dévoile, ou encore de passage où on souligne les ressemblances avec les licornes pâles. Et donc, Edna est assez unidimensionnelle: C’est la « Nouvelle », la « Différente ». Le récit se termine sur le point de vue des licornes pâles: ce qu’elles ont appris avec l’arrivée d’Edna (il faut s’ouvrir pour découvrir plutôt que se méfier et résister), et ce qu’elles vont changer au sein du club (changement de présidence et ouverture aux différences). Décevant.

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Le club des licornes, 1: La licorne noire
AUTEUR(S): Maxime Poisot & Emmanuelle Teyras Victoria Robado
ÉDITION: Fleurus, 2020
ISBN: 9782215174295
PRIX: 15,95$
8 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être L’école des licornes: Ariana et murmure, un roman que j’ai préféré à La licorne noire. Vous aimerez peut-être Ça va faire des histoires et Léonie: Vétérinaire pour vrai, deux romans pour les préadolescent.e.s.

Ollie

J’ai un chien qui court dans ma tête. Il s’appelle Ollie. Parfois, mon chien est tranquille, curieux ou effrayé. Et parfois, il est excité… un peu trop, même! Quand ça arrive, c’est difficile à supporter. Alors, qu’est-ce qu’un chien – ou un enfant anxieux – peut faire dans ce cas? Et toi, as-tu un chien dans la tête? Dans son plus récent album illustré, l’auteure québécoise Elise Gravel aide les enfants à identifier et à calmer leur anxiété de manière consciente et apaisante.

La talentueuse Élise Gravel ne déçoit pas avec ce nouvel album sur la pleine conscience qui fait une analogie entre un chien excité et la difficulté à se concentrer. Ollie est le chien dans la tête du personnage principal, un garçon au teint brun, qui tente de le contrôler. Mais ça ne marche pas toujours, car Ollie est un chiot et ce n’est pas facile pour un chiot de se calmer! À la lecture de ce livre, les petits lecteurs apprendront à se concentrer sur leur respiration, à parler à un adulte quand cela ne va pas et à être attentif à leurs émotions. Recommandé! 

Ollie: Un livre sur la pleine conscience
AUTEUR(S) : Élise Gravel 
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443186407
PRIX: 19,99$
5 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Toi! un album pour amener les enfants à se découvrir. Essayez aussi La bulle de Miro, un album jeunesse sur les barrières interpersonnelles, ainsi que Rien du tout!, un livre qui invite les enfants à ne rien faire… et à en profiter pleinement!