Jem et les Hologrammes (tome 1): Showtime!

L’adaptation de la série animée du Club Dorothée en comics. Jerrica Benton, alias Jem, est la fille du patron de la maison de disque Starlight. A la mort de ce dernier, elle hérite de la moitié des parts et d’une pension pour orphelines qu’elle gère avec sa soeur Kimber. Face à la malhonnêteté de l’ancien associé de son père et des Misfits, ses chanteuses, Jerrica monte son propre groupe pop-rock.

Je suis trop jeune pour avoir écouté la version originale de Jem & The Holograms à la télé dans les années 80. Je connaissais de nom, bien entendu, mais je ne me suis jamais arrêtée pour l’écouter, ni pour regarder le film sorti en 2015. Mais mes amies plus âgées que moi ne cessaient de me dire que, me connaissant, je devrais adorer la franchise. Des filles qui font de la musique dans un univers éclaté et qui écrasent les stéréotypes de genre, ça devrait me plaire! Et elles n’avaient pas tort! (Merci, les amies! 😉 ) J’ai beaucoup aimé l’univers de ces quatre musiciennes qui tentent de percer dans le domaine. Je les ai trouvées vraiment cool avec leurs costumes, leur maquillage extravagant et leur façon d’être totalement libres.

L’histoire est faite de rivalités, de concours musicaux, d’amitié et d’amour. Le groupe de Jem est constitué d’une blanche timide, d’une lesbienne, d’une grosse et d’une noire. Leurs rivales, les Misfits, est un groupe constitué d’une métisse grosse et lesbienne, d’une noire immigrée du Royaume-Uni, et de deux blanches. J’ai aimé cette diversité raciale, corporelle et identitaire que l’on voit trop peu en littérature jeunesse! Tous ces personnages principaux, chacun dans la vingtaine, ont une personnalité différente et tous pourront se reconnaître en elles. L’histoire ne se déroule pas dans les années 80, mais plutôt de nos jours, avec son lot de technologie et de réseaux sociaux. Je ne saurais dire si cette adaptation déplaît aux fans de première heure, mais pour une personne qui ne connaissait pas du tout l’univers, j’ai bien aimé!

J’ai aussi aimé la palette des couleurs pastel utilisée: le rose bonbon, le bleu pâle, le vert électrique, le jaune canari et le mauve sur fond blanc immaculé. Il y a quelques coquilles au niveau de l’encrage ici-et-là, mais un œil non avisé pourrait ne même pas les voir passer. Bref, j’ai vraiment aimé cette bande dessinée et je continuerai sans doute la série!

Connaissez-vous Jem et les Hologrammes? Aviez-vous écouté la série télé originale? Avez-vous lu l’adaptation BD?

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Jem et les Hologrammes, 1: Showtime!
AUTEUR(S): Kelly Thompson, Sophie Campbell & Maria Victoria Robado
ÉDITION: Glénat, 2017
ISBN: 9782344017715
PRIX: 24,95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le tome 2 de la série intitulé En route pour la gloire. Essayez aussi J’adore ce passage ou Si on était…, deux bandes dessinées avec des personnages lesbiennes et racisées.

Les chroniques d’Under York (tome 1): La malédiction

Situé dans les profondeurs de New York, l’Under York est un lieu mystérieux où règnent cinq clans de sorciers issus des principales communautés du pays, qui pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse. Bannis depuis toujours de la surface, ils influent en secret sur la vie de ses habitants. Alison Walker, jeune peintre prometteuse, a fui cet univers. Mais voilà que le passé la rattrape.

Un scénario prenant, des personnages crédibles et des dessins dignes des canons des univers Marvel et DC Comics, Les Chroniques d’Under York a tout pour plaire. Le scénariste belge Sylvain Runberg y raconte l’histoire d’Alison, une jeune sorcière qui veut oublier d’où elle vient pour se consacrer à sa passion (l’art), le tout dans un style d’Urban Fantasy fascinant. Alison est une fille métisse de 22 ans dont les ancêtres béninois ont été amenés de force aux États-Unis durant la traite négrière au XVIIIe siècle. Sa ville, New York, est celle de personnes venus de partout dans le monde, et on retrouve beaucoup ce côté cosmopolite dans le récit. J’ai été transportée hors de mon quotidien en lisant cette bande dessinée: les sociétés de l’Under York divisées en 5 grands clans, les mythes, la vie sous-terraine des mole people… Tout y est pour faire oublier le quotidien. Le monde créé par Runberg est très riche! Des clans aux codes de vie très stricts, issues des principales communautés du pays (africaine, irlandaise, chinoise, mexicaine et amérindienne), pratiquent une magie aussi puissante que dangereuse.

Alison est fougueuse et courageuse. Elle est aussi très sensible aux enjeux féministes et dénonce le sexisme qui existe dans l’Under York. À travers les pages de son journal, elle se dévoile et nous raconte ses aventures, ses défis et ses problèmes. J’ai aimé pouvoir le lire entre chaque chapitre. D’ailleurs, ce premier tome se termine sur une note plutôt mystérieuse qui donne le goût de continuer la série.

Au dessin, on a l’artiste Mirka Andolfo, connue pour avoir illustré notamment une série de Harley Quinn chez DC comics. Sans surprise, son style ressemble beaucoup à l’esthétique que l’on retrouve énormément en ce moment dans l’univers des comics américains. Andolfo a réussi à créer un univers sombre et glauque qui cadre parfaitement avec l’histoire d’Under York. Et franchement, on ne peut pas passer à côté de la qualité des couleurs et de l’encrage de Piky Hamilton et Carmelo Zagaria: les ombres, les traits et la création d’atmosphère tapent dans le mille à chaque planche. Juste un petit bémol au niveau de la couleur de peau des personnages noirs: de cases en cases, la couleur change parfois beaucoup, tellement qu’il faut un moment pour se dire: « Ah, ouais, en fait, c’est le même personnage que tout à l’heure ». Aussi, les tons de brun et beige utilisés sont parfois blafardes et manquent de punch.

Bref, voilà une bande dessinées pour les ados et jeunes adultes où se côtoient fantasy, diversité, égalité et action. Une série en trois tomes publiée chez Glénat, qui plaira aux ados! À découvrir!

Les chroniques d’Under York: La malédiction
AUTEUR(S):  Sylvain Runberg & Mirka Andolfo
ÉDITION: Glénat, 2019
ISBN: 9782344032299 
PRIX: 27,95$
14 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le deuxième tome de cette trilogie, intitulé Possession. Essayez aussi Si on était… et Les quatre soeur March, deux bandes dessinées pour les adolescents avec des personnages issus de la diversité raciale.

Connais-tu? Rosa Parks

Connais-tu Rosa Parks, la courageuse femme noire qui a refusé de céder son siège à un homme blanc dans un bus en 1955? Celle qui est ainsi devenue un symbole légendaire de la lutte pour l’égalité des droits des Noirs aux États-Unis? La militante qui s’est battue toute sa vie aux côtés de leaders comme Martin Luther King, contre le racisme et la discrimination envers les Noirs? La première Afro-Américaine à avoir sa statue au Capitole, à Washington?

Qui ne connait pas la collection Savais-tu? et, plus récemment, la collection Connais-tu? mise sur pied par la maison d’édition Michel Quintin? Ces collections, adorés des enfants, m’est demandée presque tous les jours à ma bibliothèque par les élèves du primaire. Ils aiment son petit format, la familiarité qu’il ont développé avec les collections, et les pages de bandes dessinées à l’intérieur. 

En voyant « Connais-tu Rosa Parks? » chez le libraire, je me suis demandé comment les auteurs allaient réussir à garder l’humour si caractéristique à la collection pour aborder la lutte pour les droits civique aux États-Unis. C’est un pari réussi puisque ce livre s’est révélé à la fois instructif et humoristique. On retrouve par exemple un petit rat anthropomorphisé qui se promène de page en page, ou encore des extraterrestres qui se demandent quand est-ce que les humains comprendront que tous les terriens sont égaux. L’illustrateur s’est aussi amusé à dessiner la jeune Rosa en train d’inverser les affiches « Blancs seulement » et « Pour les Noirs » au dessus de fontaines d’eau et rire de deux femmes blanches qui préféreraient mourir plutôt que de boire l’eau d’à côté. L’humour est donc bien dosé et on ne perd par de vu le propos sensible. Rosa Parks est présentée comme étant une militante engagée plutôt que comme une vieille couturière fatiguée, ce que j’ai bien aimé. Les illustrations sont en noir et blanc et la couverture est souple. Plaira aux élèves de 2e et 3e cycle du primaire! 

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Connais-tu Rosa Parks?
AUTEUR(S) : JOHANNE MENARD & PIERRE BERTHIAUME
ÉDITION: MICHEL QUINTIN, 2020
ISBN: 9782897624392
PRIX: 9,95$
7 À 11 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le bus de Rosa, Les grandes vies: Maya Angelou, ou encore De petite à grande: Rosa Parks.

J’adore ce passage

Une histoire d’amour simple et bouleversante entre deux adolescentes d’une petite ville américaine. Elisabeth et Rae semblent tout partager: leurs balades en montagne, leur goût pour la musique, leurs rires et leurs doutes. Au fil de leurs échanges, elles se découvrent, se racontent l’une l’autre, s’aiment, se débattent avec l’intensité de leurs sentiments. Par la jeune prodige Tillie Walden, autrice de Spinning (Prix Eisner, 2018) et de Dans un rayon de soleil.

J’ai adoré Spinning et Dans un rayon de soleil, alors quand j’ai vu que l’un des personnages du dernier Tillie Walden était noir, je me suis dit « Yes! Je vais enfin pouvoir en parler sur Mistikrak! » 🙂 Tillie Walden est sans doute mon autrice préférée de bandes dessinées ces temps-ci. J’aime comment elle aborde les thématiques queer, ainsi que son style d’illustration. J’adore les titres parus lors de la vague belge-japonaise nouvelle manga d’il y a quelques années et Tillie Walden a un peu de ce style et de cette sensibilité-là.

L’histoire se raconte par le biais de courts moments croqués çà et là: on apperçoit les adolescentes allongées sur le gazon dans la cour d’une maison de campagne, debout sur le littoral, faisant leurs devoirs dans une chambre, discutant lors d’une froide journée d’hiver, etc. Chaque page agit comme une photographie capturant une idée, une émotion, un échange entre les deux amoureuses. Tillie Walden joue avec la perspective, la grosseur et la hauteur relative entre ses personnages et leur environnement. Ainsi, elles sont allongées sur une montagne, telles des déesses, ou assises sur des maisons comme des géantes.

Avec peu de mots et peu de cases, l’autrice parvient a bien développer ses personnages et à capturer l’éveil du sentiment amoureux entre deux adolescentes lesbiennes. Leur amour se développe timidement et lentement. Elles s’aiment mais ne savent pas comment en parler au monde. On assiste à leurs premiers rapprochements, leurs premières disputes. On n’a pas les détails, mais on n’en a pas besoin non plus. 

Voici ce qu’on sait de l’adolescente noire de l’histoire: Elle déteste sa belle-mère et elle sait qu’elle la déteste aussi. Elle se trouve moche. Elle aime cuisiner. Elle aime beaucoup la musique et est musicienne. Elle est un personnage complexe et imparfait, plein de mystère. C’est elle qui brisera la relation en premier, disant ne plus pouvoir continuer, ne pas être « comme ça », que c’est mal. Et on sent toute sa détresse et sa peine dans ses larmes. Les adolescentes se quitteront et se rapprocheront de nouveau, ne sachant pas comment gérer ses émotions qui les submergent.

J’adore ce passage est une très belle histoire faite de silences, de pauses, de soupirs. Tillie Walden, prodige de la bande dessinée américaine, saisit ici la vérité d’un amour adolescent.

Coup de CŒUR!  

* Lauréat du Prix Ignatz Award for Promising New Talent 2016

J’adore ce passage
AUTEUR(S): Tillie Walden
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2019
ISBN: 9782075129718
PRIX: 24,95$
12 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les quatre soeurs March, Roller Girl ou Si on était…, 3 bandes dessinées pour préados et ados avec un contenu queer.

Sortir d’ici

Jade aime la vie qu’elle mène dans son quartier, entourée de ses amis et de sa mère. Mais cette dernière veut l’envoyer au lycée situé de l’autre côté de la ville, celui où vont les Blancs, les riches ou les élèves pauvres mais brillants, comme elle. Dans cet établissement où elle n’est pas la bienvenue, Jade découvre un monde dont elle ignore les codes.

Vous allez adorer ce roman si vous aimez les récits réalistes et les personnages bien développés. Je me suis tellement reconnue en Jade, dans son discours, ses expériences et ses questionnements. Pourtant, contrairement à elle, je n’ai pas grandi dans un milieu pauvre, ni dans une communauté majoritairement noire, et je n’ai pas eu de bourses d’études ciblée pour les personnes racisées. Pourtant, plutôt que nos différences, c’est bien nos ressemblances qui ont fait en sorte que je m’identifie à ce personnage. Nous sommes toutes les deux noires, avons toutes les deux eu des amitiés mixtes qui ont été bousculées par l’incompréhension de nos amies blanches face au racisme que nous subissons, et nous avons toutes les deux été discriminées au moment d’être choisie pour un programme scolaire d’envergure. Tout lecteur qui a fait face à des difficultés (peut importe leur nature) ou de la discrimination, ou qui s’est questionné sur le privilège, verra en Jade un certain reflet de lui-même. C’est là toute la puissance de l’écriture de Renée Watson: rendre ses personnages vrais, authentiques et imparfaits.

Même si je n’ai pas été d’accord avec tous les propos de Jade, j’ai pu comprendre son point de vue. J’ai aussi compris le point de vue de ses détracteurs. Car l’autrice Renée Watson prend bien soin de montrer les deux côtés de la médaille à une problématique. Lorsqu’elle parle du racisme subi par Jade et sa frustration face aux Blancs qui minimisent sa douleur et sa colère, elle parle aussi des Blancs qui ne savent pas comment réagir et qui se sentent injustement visés. Plutôt que de présenter la fragilité blanche comme un problème qui ne concerne que les Blancs (« qu’ils s’éduquent! » diront certains), Renée Watson présente le point de vue des personnes blanches dans toute sa complexité, et valide tout autant les expériences des personnes noires que blanches. Ainsi, Sam, l’amie blanche de Jade, aura une voix bien à elle et aura l’opportunité de s’exprimer, par exemple, lors de cet échange entre elle et Jade après que leur amitié ait été ébranlée par une succession de micro-agressions:

— Parfois… je ne sais pas… je suis juste mal à l’aise de parler de ce genre de choses. Et je ne sais pas quoi te dire quand quelque chose d’injuste t’arrive. Comme l’autre jour au centre commercial. Je me suis sentie super mal. Mais j’étais censée faire quoi?
— Tu n’es pas toujours obligée de faire quelque chose. Mais quand tu balaies ce que je dis d’un revers de la main comme si je l’inventais ou si j’exagérais, ça me donne l’impression que tu te fiches de ce que je ressens. (p. 287)

J’ai souvent du mal avec les mauvaises traductions françaises des romans anglophones. Mais j’ai trouvé que « Sortir d’ici » était une excellente adaptation du titre original, « Piecing Me Together ». Car c’est bien ce désir de quitter la prison de verre qui l’entoure qui anime Jade tout au long du roman. Sortir d’ici, ce n’est pas nécessairement de quitter sa communauté afro-américaine pauvre, mais plutôt, quitter cet endroit où les opportunités sont trop peu nombreuses. Jade a souvent l’impression que ses chances d’avancement social sont quasi-nulles sans l’aide de personnes plus fortunées. Elle est intelligente, travaillante, déterminée et polyvalente: alors pourquoi est-ce si difficile? Elle intégrera un programme qui offre aux jeunes filles pauvres l’opportunité d’élargir leurs horizons en allant au musée, au cinéma ou en apprenant à bien se nourrir, par exemple. Au sujet de ce programme, Jade sera agacée par le fait qu’on ne lui montre que des choses extérieures à sa communauté, comme si cette dernière n’avait rien à offrir. Et elle n’hésitera pas à le dire. Jade est une forte tête et j’ai aimé cela d’elle. Elle comprend bien que le monde ne semble pas être fait pour elle, que sa mère a beau être pleine de bonne volonté, que ses voisins soient pleins de rêves ou qu’elle soit tout aussi capable qu’une personne plus fortunée (et, accessoirement, blanche), cela ne semble être jamais suffisant pour l’affronter. À ce sujet, elle dit même: « Parfois, j’ai l’impression de partir de chez moi le matin en un seul morceau, riche des baisers de maman qui a placé ses espoirs en moi. Mais quand je rentre le soir, j’ai l’âme en miette. » (p.107). Car Jade subit de nombreuses micro-agressions, ces petits gestes qui se veulent anodins, mais qui heurtent les personnes racisées, et qu’il est difficile de démontrer qu’il s’agit d’attaques. Jade est aussi grosse, et j’ai apprécié qu’une personne grosse soit le personnage principal d’un roman, sans que ce personnage soit malheureux à cause de son poids.

« Je ne sais pas ce qui est pire. Être maltraitée à cause de la couleur de sa peau, à cause de son poids, ou devoir prouver que c’est vraiment ce qui s’est passé. » (p.166)

J’ai pris des tas de notes sur ce roman, j’ai surligné énormément de passages en me disant « Oh, mon Dieu, c’est tellement bien dit » ou « C’est exactement ça! ». Vous devez absolument lire ce roman et me dire ce que vous en avez pensé. Fortement recommandé!

Renée Watson est une autrice américaine.

Pour vous procurer ce roman, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Sortir d’ici
AUTEUR(S) : Renée Watson
ÉDITIONCasterman, 2019
ISBN: 9782203185661
PRIX: 28,95$
13 ans et plus

Ce livre vous a plu? Vous aimerez peut-être Le garçon qui n’était pas noir, La haine qu’on donne ou encore My life matters, trois romans pour adolescents dans lesquels un personnage doit aller à l’école dans un quartier homogène qui n’est pas le sien.

Les grandes vies: Maya Angelou

Comment Maya Angelou a-t-elle réussi à se faire entendre ? À la fois écrivaine, chanteuse, danseuse, professeure et militante pour les droits civiques, Maya est pleine de ressources. Toute sa vie, elle s’est battue pour l’égalité des droits des Noirs aux États-Unis et en Afrique du Sud. Suivez le récit de son incroyable parcours depuis l’épicerie de sa grand-mère jusqu’à sa rencontre avec Barack Obama.

Ce n’est pas le premier ni le dernier livre biographique pour la jeunesse qui sortira en librairie cette années. Beaucoup de maisons d’éditions proposent collections de livres retraçant la vie de personnes ayant marqué l’histoire en ce moment. Cela dit, la collection « Les grandes vies » chez Gallimard est l’une de mes préférées. Ce livre en tant qu’objet est magnifique. Son format petit, sa couverture rugueuse et sa conception graphique lui donne un cachet précieux. J’aurais envie de mettre la totalité de la collection en vitrine dans mon salon!

Le texte est court et documenté, faciles à lire sans être édulcoré. On en apprend beaucoup sur Maya Angelou à la lecture de ce livre, de son mutisme à la suite d’un viol, jusqu’à son militantisme. On comprend comment et pourquoi la voix de Maya est puissante, ainsi que la manière dont elle a contribué à combattre les préjugés pour faire évoluer le monde par ses mots et son talent artistique.

(c) Photo: Ayizana.

On retrouvre à la fin du livre une chronologie des moments importants de la vie de Maya Angelou, ainsi qu’un glossaire et un index. Même s’il est une joie à lire pour le plaisir, il peut aussi facilement être utilisé pour les recherches scolaires.

Les illustrations graphiques ne font usage que de quatre couleurs dominantes: le vert, le brun, le bleu pâle et le jaune. J’ai adoré les textures et les couleurs franches utilisées. Les lignes sont précises et forment des blocs de relief. Très beau!

Je vous recommande vivement ce livre! Plusieurs autres titres existent dans la collection, comme Nelson Mandela, Anne Frank ou Frida Kahlo.

Danielle Jawando est une auteure anglaise.

Mes p’tits pourquoi: L’alimentation
AUTEUR(S)
: Danielle Jawando & Noah Snir
ÉDITIONGallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075129756
PRIX: 18,95$
8 à 13 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être De petite à grande: Rosa Parks, ou Histoires du soir pour filles rebelles, deux albums biographiques pour la jeunesse. Essayez aussi La vie ne me fait pas peur, un album signé Maya Angelou.

Alma: Le vent se lève

En 1786, Alma, 13 ans, quitte la vallée d’Afrique qui la protège du reste du monde pour partir seule à la recherche de son petit frère disparu. Pendant ce temps, à La Rochelle, le jeune Joseph Mars embarque clandestinement sur La Douce Amélie, l’imposant navire de traite du cruel capitaine Gardel. Il est en quête d’un immense trésor mais c’est Alma qu’il découvre.

On attendait le nouveau Timothée de Fombelle en jeunesse depuis plusieurs années déjà et l’auteur de Tobie Lolness ne déçoit pas avec ce nouveau roman historique. On y rencontre Alma, jeune africaine qui ne subit pas l’esclavage mais qui le découvre lorsqu’elle sortira de sa petite communauté coupée du monde à la recherche de son petit frère. À travers ses yeux d’enfant, on nous montre esclavage et sa cruauté. Au-delà d’Alma qui est bien entendu le personnage principal, l’histoire nous est racontée par une galerie d’autres personnages: son petit frère qui a disparu, leur père qui recherche sa fille, un négrier, un jeune garçon travaillant sur un bateau négrier, etc. Bien entendu, toutes ces histoires finissent par converger vers un point commun et se relier au courant du récit, mais par moments, j’ai trouvé que ce va-et-vient entre les point de vue des différents personnages brisait le rythme du roman. J’aurais préféré ne suivre qu’Alma dans ses aventures, ou à la limite que 2 ou 3 personnages. Là, il y en avait trop. Juste quand ça devenait intéressant avec un personnage et qu’on finisse par s’y attacher, Timothée de Fombelle nous oblige à continuer de découvrir l’histoire avec un autre personnage. Une fois qu’on s’habitue à cette narration quelque peu saccadée, on est happé par l’histoire poignante de ce roman criant d’humanité et de sensibilité.

Les illustrations détaillées en noir et blanc de François Place sont magnifiques et se déploient en de grandes fresques en pleine page. Plutôt que de brimer l’imagination du lecteur, elles décuplent le pouvoir évocateur de l’écriture de Timothée de Fombelle.

Controverse

Plusieurs personnes se sont levées pour dénoncer la décision de l’éditeur de mettre en marché ce livre en tant que « roman d’aventures »: La traite négrière n’est pas une aventure. L’esclavage n’a pas été une aventure. Pour ma part, je trouve que oui, c’est assez maladroit. « Roman historique » aurait été plus approprié, même si les personnages sont fictifs.

Et avez-vous entendu l’auteur se vanter qu’il est l’un des premiers auteurs a écrire un roman jeunesse sur l’esclavage? Timothée de Fombelle a évoqué le fait que de nombreux jeunes lecteurs seront privés de cette histoire, d’autant que « rien ou presque n’a jamais été écrit sur l’esclavage en littérature jeunesse ». C’est « le plus absurde » dénonce-t-il. 

Et voilà, ça y est. Bonjour la condescendance. 🙄 De penser qu’un homme Blanc du XXIe siècle est l’un des premiers à avoir écrit un livre jeunesse sur l’esclavage, c’est complètement complaisant. Il s’imagine peut-être qu’il nous fait une faveur en racontant nos histoires? Est-ce que sa voix, son joli texte sur les tablettes des librairies francophones, est plus légitime que nos souvenirs, que nos mémoires, que les histoires que nous nous racontons de générations en générations? Franchement…

Accusations d’appropriation culturelle

Alma: le vent se lève ne sera pas édité aux États-Unis et en Angleterre pour cause d’appropriation culturelle: on remet en effet en cause la légitimité d’un homme blanc d’évoquer des sujets tels que l’esclavage et le combat pour l’abolition. Le milieu de l’édition anglophone n’a pas non plus accepté qu’un homme blanc fasse parler et se glisse dans la peau d’une jeune fille noire.

Je dois admettre que je suis assez d’accord avec cette accusation d’appropriation culturelle. L’appropriation culturelle suppose que des gestes, des choses ou des paroles soient célébrées et acceptées lorsqu’une personne privilégiée ou faisant partie du groupe dominant dans la société les utilise, mais que ces mêmes gestes, choses ou paroles stigmatisent les personnages racisées, alors que se sont elles les premières concernées ou qui les ont créées! Par exemple: on dira d’une personne blanche avec des tresses plaquées qu’elle est avant-gardiste, cool et jolie, alors que sur une personne noire, on dira que c’est laid, inapproprié pour le milieu du travail ou associé au monde carcéral. De plus, les personnes blanches qui portent ce genre de coiffures ignorent souvent tout de la signification des cheveux naturels chez les communautés noires, et encore moins de l’utilité des tresses plaquées aujourd’hui, ou de leur histoire.

J’entend déjà les gens me dire: « Oui, mais dans le cas de Timothée de Fombelle, on a plutôt un homme blanc qui s’est documenté sur la traite négrière, qui en comprend les enjeux, et qui raconte une histoire pour le public jeunesse avec respect dans le but de faire découvrir aux enfants cette histoire trop souvent oubliée. C’est tout le contraire de l’appropriation culturelle! » Ouais. Sauf que pendant que Timothée de Fombelle publie son roman et que toute une machine médiatrice est mise en place pour le faire connaître et en faire mousser la vente, qu’en est-il des auteur.e.s racisé.e.s? Vous en voyez beaucoup de livres jeunesse écrits par des personnes racisées qui racontent leus propres expériences et qui privilégient de la même couverture médiatique? Nope. Les auteur.e.s racisé.e.s rencontrent beaucoup plus d’obstacles au moment de faire publier leurs livres! « Oh, ça ne se vendra pas. » « Les gens ne se reconnaîtront pas dans votre histoire. » « Pourriez-vous utiliser une langue plus québécoise? On entend votre accent à l’écrit. » « J’ai déjà atteint mon quota de livres sur le racisme cette année. »

#OwnVoices

Et puis, on sait bien que les personnes racisées écrivent moins car elles sont plus susceptibles d’être nées dans des milieux défavorisés en plus de faire face au racisme systémique dans la société et aux répercussions de l’Histoire esclavagiste de notre monde (qui, soit dit en passant, blessent encore les descendants d’esclaves et les populations noires aujourd’hui). On sait aussi que les personnes racisées ont plus de mal à faire publier leurs romans dans des maisons d’éditions réputées. Et lorsqu’elles y parviennent, les romans sont moins publicisés et moins mis de l’avant que ceux écrits par des personnes blanches. Pendant que Timothée de Fombelle parle sur un stade d’or avec un micro de diamants, des auteur.e.s racisé.e.s peinent à faire entendre leurs voix. Et combien d’auteur.e.s noir.e.s se sont vu refuser la publication de leur livre sur l’esclavage (ou sur tout autre sujet entourant les enjeux raciaux) car le milieu de l’édition ne souhaite pas « heurter la sensibilité blanche », ou se sont fait dire de reformuler leurs propos pour ne pas que les personnes blanches soient mal à l’aise?

Je ne sais pas quoi vous dire… C’est pas que le roman de Timothée de Fombelle n’est pas bon. C’est juste que parfois, j’aimerais bien qu’une plus grande place soit accordée aux auteur.e.s racisé.e.s de parler pour eux-mêmes et elles-mêmes.

* Prix Gulli du roman 2020

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Alma: Le vent se lève
AUTEUR(S): Timothée de Fombelle & François Place
ÉDITIONGallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075139106
PRIX: 31,95$
11 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être La case de l’oncle Tom, Du désespoir à la liberté: Julia May Jackson sur le chemin de fer clandestin ou encore Marche à l’étoile, trois livres qui aborde la thématique du commerce triangulaire et de l’esclavage.

Les quatre soeurs March

Les quatre soeurs march ray terciero bre indigoLes quatre soeurs March Meg, Jo, Beth et Amy passent une année difficile. Non seulement leur père est parti à l’autre bout du monde et leur mère se tue à la tâche pour boucler les fins de mois, mais en plus chaque sœur doit affronter ses propres problèmes. Histoires à l’école, soucis de santé, ennuis avec les garçons ou sentiment d’être perdue, les filles March ont toutes besoin de la même chose : se soutenir les unes les autres. En restant unies, ces quatre jeunes femmes trouvent le courage d’être elles-mêmes…

Alerte coup de cœur!!! Je vous le dis d’emblée, ma critique contient de nombreux SPOILERS. Vous êtes averti.e.s! 😉 Ce roman graphique est tout simplement sublime. Les personnages sont bien développés et l’histoire bien ficelée. Chacune des soeurs March a sa propre personnalité, sa passion, ses intérêts et fait face à ses propres difficultés. Meg est l’aînée et la fille biologique de Mr. March. Si elle s’intéresse à l’univers de la mode au début du récit (elle voudra même épouser un riche garçon afin que l’argent ne soit plus jamais un soucis pour elle), elle restera longtemps gênée par la pauvreté de sa famille. Son origine modeste et le fait d’avoir grandi à Brooklyn finira par devenir une fierté et, à la fin du récit, elle annoncera vouloir entamer des études de droit pour pouvoir aider les familles démunies. Tout au long de l’histoire, on voit Meg porter diverses coupes de cheveux: des tresses avec des rallonges, des perruques, un afro, des twists (vanilles), des tresses courtes, un brushing, des fauxlocs, des updos, un TWA, etc. Cela représente bien la manière dont les femmes noires portent leurs cheveux dans la vraie vie.

Jo est la fille biologique de Mme March. Elle a été adopté par Mr. March à son grand bonheur. Passionnée de littérature, elle lit du Toni Morrison, du Jennifer Egan, du Alice Walker ou du Michael Cunningham. Même si elle est blanche, elle est très au fait des problématiques touchant les communautés noires et n’hésite pas à manifester pour défendre leurs droits ou celui des femmes. Elle se découvrira lesbienne et apprendra à s’accepter telle qu’elle est. On découvrira aussi que sa tante célibataire l’est aussi et n’a jamais eu de relation amoureuse par évitement car elle n’accepte pas son homosexualité. Les deux femmes, malgré des débuts rocailleux, finiront par être très proches.

quatre soeurs march 3

Beth et Amy sont les deux filles biologiques de Mr. et Mme March. Beth s’intéresse à la musique et sa chanteuse préférée est Nina Simone. D’abord timide, elle surmontera sa peur et trouvera le courage de chanter en public après avoir vaincu le cancer. Elle ne s’entend pas toujours avec sa petite sœur qui n’apprécie pas devoir partager sa chambre avec elle. Beth est très studieuse et travaillante. Son diagnostic de cancer tombera comme une tonne de pierres sur la famille. Par solidarité, ses trois sœurs se raseront les cheveux lorsque la chimiothérapie lui fera perdre les siens.

Amy est la petite dernière, mais elle ne manque pas de personnalité. Même si elle adore se chamailler, ses dehors un peu brusques cachent un cœur vulnérable qui se fait du souci pour sa famille. D’abord égoïste, elle apprendra à développer son empathie et à relativiser les choses. Elle est une pure geek: elle apprécie les super-héros, les jeux vidéo, le dessin, les couleurs pastels et les arcs-en-ciel. Et même si on se moque d’elle, elle demeurera persuadée d’être la plus cool. Bravo pour elle! Cela dit, elle sera tout de même très blessée par l’intimidation qu’elle subit à l’école. À un moment du récit, son enseignante la surprendra en train de dessiner durant son cours d’histoire. Elle sera grondée et l’enseignante dira que les « gens comme elle » doivent travailler encore plus. Amy sera dévastée et humiliée par ce qu’elle pense être du racisme. Par « les gens comme elle », faisait-elle référence aux personnes noires?? Elle découvrira plutôt que son enseignante, impressionnée par son talent en dessins, voulait plutôt dire que si Amy veut travailler dans le domaine des arts, il faudra travailler très dur, et ça commence par être attentive en classe. Par « les gens comme elle », elle voulait plutôt dire « les artistes ». L’enseignante l’encouragera à poursuivre ses rêves de devenir bédéiste.

quatre soeur march 4

Mr. March est un militaire déployé au Moyen-Orient. C’est un père aimant et aimé qui sera blessé à la guerre. Il manque beaucoup à toutes les filles et femmes de sa famille, et elles lui écrivent souvent des courriels et des lettres. La bande dessinée est d’ailleurs entrecoupée de ces messages retranscrits tels qu’on les voit sur un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Il y a aussi le journal intime de Jo dans lequel elle se confie, et le carnet de pensées de Meg. Le récit garde un bon rythme tout au long de l’histoire qui se déroule sur plusieurs mois. J’ai aussi aimé que la bande dessinée de Rey Terciero aborde la thématique queer, ce qui ne se fait pas souvent en littérature jeunesse. Points bonis pour la présence d’une belle diversité corporelle parmi les personnages du livre: on y voit des corps grands et élancés, petits et trapus, maigres ou gros. Vous devez absolument lire cette bande dessinée. Elle plaira aux préados, aux ados et aux jeunes adultes. Un tour de force. Sublime!

Coup de cœur!

Bre Indigo est une illustratrice noire américaine et queer.

Bre indigo

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Les quatre soeurs MarchBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Rey Terciero & Bre Indigo
ÉDITION: Jungle, 2019
ISBN: 9782822228060
28,95$
10 ANS ET PLUS

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rollergirl    Garçon sorcière    grande aventure de concombre royaume du donut

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Noire: la vie méconnue de Claudette Colvin

Noire claudette ColvinNeuf mois avant Rosa Parks, l’histoire de Claudette Colvin, jeune adolescente noire, qui a refusé de se lever dans le bus le 2 mars 1955. Elle était alors âgée de 15 ans. Après avoir été jetée en prison, elle décide d’attaquer la ville et de plaider non coupable. C’est le début d’un itinéraire qui la mènera de la lutte à l’oubli.

Ce roman graphique retrace l’histoire oubliée de Claudette Colvin, une adolescente qui, neuf mois avant Rosa Parks, a osé défier la loi et l’arrogance des hommes. Il dévoile un pan méconnu de la lutte contre la ségrégation raciale et le racisme aux États-Unis: celui du rôle central qu’y ont joué les femmes. On connaît tous Martin Luther King, mais qui connaît Claudette Colvin? Et même si on connaît aussi Rosa Parks, on réalise en lisant ce livre que cette dernière était considérée comme étant plus socialement acceptable (une figure soit-disant plus favorable à la cause) qu’une adolescente enceinte d’un homme blanc dans des circonstances troubles et perçue comme agitée. Oui, parce qu’on montre toujours Rosa Parks comme étant une petite couturière fatiguée et douce, mais même elle était en réalité une militante convaincue et active. On l’a simplement tue afin que parlent les hommes comme Martin Luther King ou E.D Nixon qui ont co-organisé le boycott des bus de Montgomery en 1955. Ceux-ci se sont d’une certaine manière approprié la contestation en tassant les femmes de la sphère publique.

Noire Claudette colvin 2

Les illustrations sont sobres, minimalistes et font usage de peu de couleurs. La mise en page est épurée afin de laisser toute la place aux faits et à l’histoire oubliée de Claudette Colvin.

Noire Claudette colvin 4

À travers ce livre, Émilie plateau invite les lecteurs à se mettre dans la peau d’une personne noire et femme, et à se remémorer les injustices découlant des diverses formes de discrimination. Il met en lumière cette tendance qu’a l’Histoire de ne retenir que ce qui fait son affaire, ainsi que les raisons de l’oubli collectif du rôle qu’a joué Claudette Colvin. Un bijou. Vous devez absolument le lire! Les ados aimeront sans doute!

Noire Claudette colvin 3

« Prenez une profonde inspiration, soufflez, et suivez ma voix, rien que ma voix. Quittez cette salle, quittez la ville, passez les ruisseaux, les fleuves, l’océan, sentez la brise. (…) Désormais, vous êtes noire. » (p.1 à 3)

Un livre pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs.

* Le roman duquel est tiré cette bande dessinée, Noire, écrit par Tania de Montaigne, a reçu le prix littéraire Simone Veil en 2015.

Tania de Montaigne est une auteure française.

Tania de Montaigne

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Noire: La vie méconnue de Claudette ColvinBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Émilie Plateau, d’après Tania de Montaigne
ÉDITION: Dargaud, 2019
ISBN: 9782205079258
PRIX: 31,95$
À partir de 13 ANS

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52 icônes noires qui ont marqué l'histoire      bus de rosa

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Ghost

Ghost Jason ReynoldsAyant réussi à échapper, avec sa mère, à son père qui leur tirait dessus, Castle, un adolescent, a pris en secret le surnom de Ghost, pour s’être vu tel un fantôme dans les yeux de l’épicier qui les a cachés cette nuit-là. Un jour, en rentrant du collège où ses camarades ont pris l’habitude de le maltraiter, il observe des coureurs s’exercer. L’entraîneur lui propose alors de les rejoindre.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce roman. Castle, le personnage principal, est tellement réaliste qu’on aurait dit un garçon que j’aurais pu croiser au coin de la rue. C’est un personnage imparfait comme je les aime. Il se croit fort, voire meilleur que les autres — surtout à la course à pied (la course à pied, c’est un sport, ça? s’est-il demandé en se bidonnant) — mais il apprendra que ce sport, c’est bien plus que de se mettre à courir. Au départ, Castle accepte de rejoindre l’équipe municipale d’athlétisme simplement pour augmenter ses chances d’intégrer l’équipe de basketball l’année suivante. Et, vous le devinez, cela ne se passera pas exactement comme il l’avait prévu.

Au niveau de la représentation, Castle est un adolescent noir qui habite dans un quartier pauvre des États-Unis, juste à côté d’un quartier plus riche. Cette proximité territoriale ne fait qu’exacerber les différences sociales entre les deux quartiers. Son père est en prison depuis le soir où, totalement soûl, il a tiré sur sa femme et son fils. Castle se bat à l’école pour se défendre contre les élèves qui se moquent de ses vêtements sans marques, de sa nourriture de faible qualité ou de son odeur (car il marche tous les jours pour se rendre à l’école sous un soleil de plomb). Ses matières préférées, même s’il ne le dirait probablement pas, sont l’anglais (il recommande d’ailleurs le roman Sa majesté des mouches) et l’éducation physique. Il ne s’intéresse pas particulièrement aux filles qu’il trouve un peu immatures à vouloir être plus jolies qu’intelligentes. Castle craint sa mère et la respecte beaucoup. Il souhaite la protéger, surtout depuis l’incident dramatique impliquant son père que j’ai mentionné plus tôt. Castle est un adolescent qui apprend vite, et qui est impatient de vivre pleinement sa vie sans porter le fardeau de tous les privilèges qu’il n’a pas: être noir, pauvre, et enfant de prisonnier lui donne une grande maturité. Il est un personnage bien développé et le Castle du début du roman n’est pas le même que celui de la fin. Extrait:

     Le coach m’a regardé de nouveau, droit dans les yeux.
– Ça peut t’aider à comprendre que si tu peux pas fuir qui tu es, tu peux courir vers celui que tu as envie de devenir.
J’ai laissé ses paroles faire leur chemin dans ma tête. J’étais qui, moi? J’étais Castle Cranshaw le gamin de Glass Manor avec un lourd secret. Celui avec un père en prison et une mère qui bossait comme une dingue pour moi, qui me coupait les cheveux, achetait des chaussures de sous-marque et des vêtements assez grands pour que je puisse les portes le plus longtemps possible. J’étais celui qui criait sur les profs et qui cognait sur les crétins qui parlaient trop. Celui qui se sentait… différent. Et vénère. Et triste. J’étais le gamin avec tous ces hurlements à l’intérieur.
Mais qui est-ce que je voulais être? Ça, c’était plus difficile à dire. Pourtant, il y avait un truc dont j’étais sûr, c’était que je voulais faire partie des Grands de ce monde. (p.162-163)

La traduction est un peu trop européenne par moments: On retrouve beaucoup de verlan avec des mots comme zarbi, chelou, teubé, relou, teuhon, etc. et le système d’éducation est français (CM1, troisième, quatrième, etc.), même si l’histoire se passe aux États-Unis. Il faut donc « retraduire » dans sa tête zarbi = bizarre, troisième = secondaire 2, etc. J’aurais préféré une traduction canadienne ou plus internationale. N’empêche! Ce livre vaut le détour. J’ai tellement adoré que je m’en suis acheté une copie pour ma bibliothèque personnelle. Ne passez pas à côté!

 

* Finaliste du National Book Award

Coup de cœur! 

Jason Reynolds est un auteur américain. 

Jason reynolds

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Ghost
AUTEUR(S)
: Jason Reynolds Bouton acheter petit
ÉDITION: Milan, 2019
ISBN: 9782745995032
PRIX: 22,95$
13 ans et plus

 

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uppercut Ahmed      Sako     Cours! Davide Cali

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