Parce que ta vie compte

Résumé : Sais-tu que TA VIE compte? On dit que la matière, c’est tout ce qui compose l’Univers : l’énergie, les étoiles, l’espace… Alors comme tu fais partie de l’Univers, ta vie compte aussi! Tu comptais depuis le début des temps, depuis bien avant ta venue au monde.

Lectorat cible : 5 à 10 ans

Auteurs : Tami Charles & Bryan Collier

Édition : Scholastic, 2021

ISBN : 9781443189293

Prix : 12,99$

Appréciation : Vous avez senti, vous aussi, comment les derniers mois ont été difficiles en termes de charge raciale avec tout ce qui se passe dans les médias? Ouf. Parfois, on a besoin de fermer les écrans, de fermer le monde autour de nous qui trop souvent nous envoie le message que notre vie ne faut pas autant que celle des autres. Dernièrement, je me suis beaucoup inquiétée pour mes neveux et nièces, pour les enfants noirs de notre société. Dans quel monde les a-t-on lâchés? Comment réagiront-ils lorsqu’ils auront mieux conscience du racisme systémique, du racisme ordinaire, de la brutalité policière, du sexisme, etc.? 

Bref, j’ai eu besoin de m’enfermer dans un livre et il y avait l’album Parce que ta vie compte qui traînait sur ma table de chevet depuis un bon moment. Cette lecture a été comme un baume au cœur. Déjà par ses illustrations, d’une infinie beauté, qui mélangent les matières et les textures. Ensuite par son texte qui rassure, valide nos expériences et nous donne de l’espoir. On se sent connecté au monde en lisant ce livre, on sent qu’on fait partie de l’univers, de quelque chose de plus grand. Un enfant noir qui a été espéré, attendu, aimé, soutenu, admiré, protégé (même si c’était parfois difficile), voilà ce dont le livre parle. De ses premiers pas à ses premiers mots, de la première fois qu’un livre lui a renvoyé son image comme un miroir, des fois où ses camarades de classe se sont moqué de son nom ou de ses vêtements, des moments où il a douté de lui et de sa valeur, de sa découverte des luttes pour la justice raciale qui ont été menée par ses aïeux, des enfants de son âge (Trayon, Tamir, Philando) qui sont morts à cause de la couleur de leur peau sous les balles de policiers. Ce livre parle de tout ça, et bien d’autres choses. Il parle de nos ancêtres qui étaient des reines, des chefs, des légendes, il parle de la beauté que nous avons en chacun de nous, il parle de la force qui nous habite, il parle de notre puissance et de notre magie.

L’album se termine par une note de l’auteure qui raconte comment ses craintes de mères augmentaient alors qu’elle voulait garder son fils à l’abri de la dureté et de la cruauté de notre monde. Elle a écrit Parce que ta vie compte pour fournir aux parents un point de départ pour les discussions sur le racisme qui règne dans son pays (les États-Unis, mais aussi ailleurs!) à l’heure actuelle. Parce que ta vie compte s’adresse aux Noirs, mais devrait être lu par tous, peu importe la couleur de la peau. Simplement parce qu’il s’agit d’un magnifique livre et qu’il peut être utilisé en classe ou en famille, pour entamer des discussions sur l’empathie et le racisme. Un incontournable. 

Coup de cœur !

À propos des auteurs : Bryan Collier est un illustrateur noir américain. Il a remporté à la fois le prix Coretta Scott King en tant qu’illustrateur et le prix Ezra Jack Keats New Illustrator Award pour Uptown.

Tami Charles est une autrice et ex-enseignante au primaire noire américaine. La diversité en littérature jeunesse lui tient particulièrement à cœur.

Vous aimerez peut-être : Invaincus, Libre! Harriet Tubman, une héroïne américaine et Toi aussi tu comptes, trois albums jeunesse qui nous rappellent que la vie des Noirs compte.

Mes p’tites questions: La peau

Seize questions et leurs réponses pour apprendre comment la peau se répare, pourquoi est-ce qu’elle se ride en vieillissant ou encore pourquoi tout le monde n’a pas la même couleur de peau.

Je ne suis pas une grande fan de la collection Mes p’tites questions (et variantes) chez Milan. J’ai tout de même lu « La peau », sans trop d’attentes, si ce n’est l’appréhension d’être déçue, choquée ou exaspérée, comme cela arrive souvent lorsque je feuillette ces livres. Les illustrations donnent à voir des peaux de toutes les couleurs, même quand il n’est pas question de race. Par exemple, à la page « C’est fait en quoi, la peau? » on voit des pieds noirs. Bel effort, sauf que la plante des pieds a été illustrée brune plutôt que beige. Cela m’a frappé quand j’ai vu cette image. Contrairement aux personnes blanches, la plante des pieds des personnes noires n’est pas de la même couleur que le reste du corps. Plusieurs enfants noirs ont des complexes face à la couleur de leurs paumes et/ou sont victimes de moqueries de leurs camarades. Quelle occasion ratée de normaliser les paumes des personnes noires… Cette erreur qui peut semble bénigne a tout de même un impact important puisque le sujet du livre est justement celui de la peau!

Ce livre documentaire aborde aussi les sujets du métissage, de l’albinisme, de la biologie et du racisme. On y parle aussi de coups de soleil, de mélanine, d’égratignure, de rides, du sens du toucher, de transpiration, etc. Peut plaire. 

Mes p’tits pourquoi: La peau
AUTEUR(S)
: Audrey Guiller & Amélie Videlo
ÉDITION: Milan, 2021
ISBN: 9782408024321
PRIX: 14,95$
5 à 9 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être La lune et L’alimentation, deux livres jeunesse publiés chez le même éditeur. Essayez aussi Mon corps est génial! Ses échanges avec l’extérieur.

Bien dans ta peau

Es-tu bien dans ta peau? Si ce n’est pas le cas, tu devrais! Notre peau fait beaucoup pour nous. Elle est ce qui nous rend uniques. Que tu aies une tache de naissance, des fossettes ou des taches de rousseur, que ta peau soit noire, brune ou blanche, elle te rend UNIQUE. Il faut honorer notre peau! Célébrez l’individualité avec cet album contenant un message fort : aimons notre corps et soyons bien dans notre peau!

Cet album célèbre notre peau: sa teinte, sa couleur, ses taches et petites imperfections, sa fonction protectrice, sa capacité de guérisson, etc. C’est un album avec un cast de personnages diversifiés qui fait comprendre aux enfants qu’être unique est une force, et qu’un monde multiracial est magnifique.

Mais attention! Petit bémol lorsqu’on compare les couleurs de peaux foncées à des aliments (chocolat, canelle ou miel), mais qu’aucune comparaison n’est faite pour les peaux blanches. Cela pose les peaux blanches comme étant la norme n’ayant pas besoin de qualificatifs pour les distinguer des autres, et les peaux brunes comme la variation devant être justifiée. Pourtant, dans la version originale anglaise, le texte inclut pourtant une comparaison des peaux claires avec des pêches et de la crème. Que s’est-il passé au moment de la traduction?? Je recommande donc la version originale anglaise et non la traduction française. C’est regrettable, car l’édition française pour la jeunesse parle peu des couleurs de peau et d’identité raciale en général. Une telle erreur dans la traduction de cet album me semble majeure: il s’agit clairement d’un choix de mots qui est porteur de sens. Dommage.

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Bien dans ta peau
AUTEUR(S) : Fran Manushkin & Lauren Tobia 
ÉDITION: SCHOLASTIC, 2021
ISBN: 9781443189491
PRIX: 10,99$
3 À 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Pain-doré, Sulwe, ou encore Mon corps est génial: ses échanges avec l’extérieur, trois livres jeunesse qui abordent le sujet de la couleur de la peau.

Tiny Pretty Things

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York où elles ont du mal à résister à la pression. Gigi, seule Noire de sa classe, est choisie pour le premier rôle, ce qui la met face à la jalousie de ses camarades. Bette doit être la meilleure pour ne pas décevoir sa mère et June se bat pour ne plus être l’éternelle doublure. Roman à l’origine de la série télévisée.

Après avoir lu Les Belles, je voulais absolument donner une nouvelle chance à l’autrice afro-américaine Dhonielle Clayton. Je crois qu’à la base, cette autrice, même si j’aime sa plume, raconte des histoires qui se déroulent dans dans des milieux qui ne m’intéressent pas vraiment. Les concours de beauté ou les écoles de ballet, ce n’est pas ce qui captent le plus mon attention. Cela dit, j’admet sans difficulté que Dhonielle Clayton parvient toujours à amener une dimension sociale qui va au-delà de la superficialité dans ses histoires. Dans Les Belles, c’était un sous-texte politique qui critique le monde capitaliste et dans Tiny Pretty Things, ce sont les enjeux de représentation par des artistes d’une couleur de peau différente du personnage d’un œuvre.

Gigi, danseuse noire, a étudié la danse dans un quartier majoritairement afro-américain dans lequel on ne se souciait pas de la couleur de peau des ballerines; toutes pouvaient jouer des héroïnes pouvant avoir n’importe quelles caractéristiques physiques. Il n’était jamais question de savoir ce qui « rendrait mieux » sur scène. Il n’était jamais question de morphologie (p.24). Lorsqu’elle intègre la nouvelle école dans un quartier beaucoup plus blanc, elle frappe un mur: On la ramènera toujours à sa couleur de peau, on lui refusera des rôles pour cela. Mais quand elle obtiendra le rôle de danseuse étoile pour un spectacle, elle attisera la jalousie des autres élèves.

Le roman est portée par quatre voix et chaque chapitre nous fait lire le récit d’une nouvelle narratrice à tour de rôle. Gigi est décrite comme ayant des « cheveux crépus », une « peau d’un brun clair », des « adorables taches de rousseur » et une attitude nonchalante qui trahit ses origines californiennes. (p.71). Elle s’inquiète parfois que ses cheveux soient poisseux à cause des produits capillaires qu’elle utilise (p.122) ou qu’ils soient rêches au toucher contrairement à ceux de ses camarades blanches. Gigi n’est pas la seule danseuse racisée et June, métissée blanche et asiatique, aura aussi un peu de mal à s’intégrer au groupe des coréennes. À ce sujet, elle mentionnera « Ça n’est pas tellement plus facile d’être la seule danseuse à moitié asiatique. Je ne trouve jamais ma place nulle part. C’est dur. Et Monsieur L. est tellement prévisible… Il attribue toujours les danses folkloriques aux danseurs issus des minorités. La bande de Coréennes interprétera sans le moindre doute la danse chinoise. Mes traits asiatiques ne sont pas suffisamment marqués pour que je me joigne à elles. » (p. 32)

Si vous avez aimé la série Gossip Girl, Quatre filles et un jean, ou, plus récemment, La Sélection de Kiera Cass, vous allez adorer Tiny Pretty Things. Parfait pour le lectorat adolescent! À noter que le roman a été adapté à la télévision par Netflix!

Dhonielle Clayton est une autrice noire américaine.

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Tiny Pretty Things
AUTEUR(S) : Sona Charaipotra & Dhonielle Clayton
ÉDITION: Hachette, 2020
ISBN: 9782016285251
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les Belles (pour la rivalité entre les personnages), Les pointes noires (pour la place des danseuses noires dans la danse classique) ou L’enceinte 9 (pour le personnage principal fort).

Le club des licornes: La licorne noire

C’est la rentrée. Après les vacances d’été, le club des Licornes reprend ses activités. Les retrouvailles sont joyeuses. À la première récré, le club fait le point sur les profs et les nouveaux : dans l’une des classe, il y a une nouvelle très spéciale : une licorne noire. Qui est-elle ? Pourquoi est-elle noire ? Est-elle sympa ou pas ? Autant de questions qui alimentent les conversation et les fantasmes au sein du club. Petit à petit, les licornes du club apprendront à connaitre la nouvelle et à accepter sa différence. Mais de là à l’accueillir au sein du club… c’est une autre affaire ! 

Edna, la licorne noire, se présente assez tard dans le récit. C’est d’abord l’annonce de sa venue qui inquiète les autres licornes: elles auraient voulu savoir qui allait être la nouvelle élève et choisir elles-mêmes de l’accepter ou pas. Elles n’ont jamais entendu parler de licornes noires… est-ce que ça existe vraiment? C’est bizarre! Si ça se trouve, elle a des pouvoirs maléfiques! Lorsqu’Edna arrive enfin, au chapitre 4, la direction du club des licornes l’accueille en grandes pompes. Il est temps de mettre fin aux rumeurs. La directrice affirme dans un discours solennel:

« Edna vient d’un pays où une race de chevaux belliqueux a pris le pouvoir et accuse les licornes de sorcellerie. Ces cheveux brutaux ont décidé que toutes les activités sont désormais interdites aux licornes. Les licornes sont pourchassées et enfermées dans des enclos. Il leur est interdit de galoper, de trotter et de se regrouper. […] Par chance, Edna et sa mère ont réussi à s’échapper. Elles ont traversé deux fleuves, une chaîne de montagnes, quelques plateaux, de nombreuses prairies et sont arrivées ici, dans la plaine, où elles se sont installées. […] Edna ne s’exprime pas encore très bien dans notre langue mais elle apprend et elle progresse. Elle parlera bientôt comme nous. Je compte sur vous pour l’aider chaque jour dans cet apprentissage difficile: vous comprendre et se faire comprendre. » (p.43-44)

Même si les personnages ne sont pas humains, on fait clairement un parallèle avec les nouveaux arrivants et les réfugiés en occident. Edna a le pelage noir et la crinière tressée alors que les autres licornes sont pâles et leur crinière, raide ou légèrement ondulée. Le roman véhicule un message de tolérance, car même Émile, un Shetland souhaitant intégrer le club des licornes, finira par y être accueilli (un garçon dans un club de licorne… ce n’est pas commun! Mais Cerise, une licorne sympathique, lui fera sentir comme un membre à part entière du club). Car le club des licornes est un lieu qui « rassemble autour de l’amitié, du partage, de l’Entraide, de l’écoute… Je ne vois pas pourquoi ces choses-là doivent être réservées aux licornes. Le Club des licornes, c’est notre nom. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas partager, aider ou écouter d’autres races équines. Au contraire. » (p. 64-65).

Si certaines licornes se méfient beaucoup d’Edna à cause de sa différence, plusieurs licornes ne comprennent pas pourquoi l’arrivée d’Edna pose un quelconque problème, n’y voyant que des bienfaits: un nouveau groupe, de nouveaux projets… c’est réjouissant! Suzanne, la présidente du club, se montre assez raciste et fait tout pour éviter d’inclure Edna dans le groupe. C’est Ninon qui prendra sa défense et ira même jusqu’à remettre Suzanne à sa place: Non, elle ne gère pas bien le club. Oui, elle fait de la discrimination. Non, Edna ne s’appelle pas simplement « La nouvelle », elle a un prénom et il est temps de l’utiliser! Non, on ne peut pas juger une personne avant de la connaître.

La majeure partie de l’histoire se concentre sur la manière dont les licornes perçoivent l’arrivée d’Edna. Edna est en fait absente de presque toutes les discussions. Le club se réunit pour savoir si oui ou non Edna a le droit d’en faire partie, si oui ou non elle est maléfique, si oui ou non Suzanne est une mauvaise présidente, etc. J’étais en train de me dire que ça ressemble de plus en plus au stéréotype du sauveur blanc quand Edna s’interpose en page 83 pour signifier qu’elle est capable de faire une demande d’adhésion au club en bonne et du forme et que s’il y a des questions la concernant, c’est à elle qui faut le demander plutôt que de faire des supposition et partir des rumeurs. Et elle ajoute, comme une tonne de roche sur les licornes honteuse de leur étroitesse d’esprit: « Dans mon pays, nous sommes persécutées parce que nous sommes des licornes. ce serait un comble d’être rejetée ici parce que vous considérez que je n’en suis pas une! » (p.84).

Je regrette que les personnages ne soient pas davantage développés. Edna se résume à sa différence: On ne sait pas ce qu’elle aime, on ne connait pas sa famille, on ignore ses forces et ses aspirations. On mentionne que dans son pays il n’y a pas d’hiver, mais pas, par exemple, quels sont talents ou ses défauts. On mentionne que pour le concours de beauté, elle sera « apprêtée selon des techniques traditionnelles de brossage et de tressage de son pays » (p.110), la plaçant de nouveau comme étant une Autre, différente des autres. Ceci ne s’accompagne pas de passage où la personnalité d’Edna se dévoile, ou encore de passage où on souligne les ressemblances avec les licornes pâles. Et donc, Edna est assez unidimensionnelle: C’est la « Nouvelle », la « Différente ». Le récit se termine sur le point de vue des licornes pâles: ce qu’elles ont appris avec l’arrivée d’Edna (il faut s’ouvrir pour découvrir plutôt que se méfier et résister), et ce qu’elles vont changer au sein du club (changement de présidence et ouverture aux différences). Décevant.

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Le club des licornes, 1: La licorne noire
AUTEUR(S): Maxime Poisot & Emmanuelle Teyras Victoria Robado
ÉDITION: Fleurus, 2020
ISBN: 9782215174295
PRIX: 15,95$
8 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être L’école des licornes: Ariana et murmure, un roman que j’ai préféré à La licorne noire. Vous aimerez peut-être Ça va faire des histoires et Léonie: Vétérinaire pour vrai, deux romans pour les préadolescent.e.s.

Sulwe

Sulwe a la peau noire comme le ciel de minuit. Elle est plus foncée que tous les autres membres de sa famille. Elle est aussi plus foncée que tout le monde à son école. Tout ce que Sulwe souhaite, c’est être belle et avoir le teint aussi clair que celui de ses parents. Mais un soir, une aventure magique dans le ciel lui ouvrira les yeux et changera tout…

Qu’il est rare de trouver des livres jeunesse abordant de front la thématique de la couleur de peau noire. Sulwe parle sans détour du mal-être que peut surgir chez les enfants noirs face à leur couleur de peau, en plus de rendre visible le concept de colorisme. Le colorisme, c’est une discrimination basée sur le teint de la peau qui sous-entend que les peaux claires et brunes sont plus jolies et plus désirables que les peaux foncées et marrons. Le colorisme existe dans les communautés racisées, et pas seulement noires!

Les enfants noirs retrouveront dans ce magnifique album un miroir d’eux-mêmes. Les enfants blancs y trouveront une sensibilité à développer envers les différences. Je le dis souvent et je le redis: les livres avec des personnages noirs ne sont pas que pour les enfants noirs! Développer son empathie, c’est important et cela doit faire partie du développement global de l’enfant. Un enfant qui n’a pas la peau noire (ou même: un enfant qui a la peau noire, mais pas foncée) peut lire ce livre et être capable de se mettre à la place de la petite Sulwe.

En milieu scolaire, vous pouvez prendre le temps de discuter de l’intimidation et des moqueries avec vos élèves en lisant ce livre:

  • Comment penses-tu que Sulwe s’est senti en se faisant traité de charbon?
  • Qu’aurais-tu fait si tu avais été témoin d’une telle scène d’intimidation?
  • Pourquoi penses-tu que Sulwe voudrait avoir une peau plus pâle?
  • Sulwe signifie étoile. Et toi, que signifie ton prénom?
  • Trouve trois choses que tu as en commun avec Sulwe.
  • Pourquoi avons-nous autant besoin de la lumière et de la noirceur?
  • Nomme deux choses que tu aimes faire la nuit et deux choses que tu aimes faire le jour.
  • Trouve la définition du mot racisme dans le dictionnaire.
  • Et toi? As-tu le même teint ou la même couleur de cheveux que tes parents, que tes frères et sœurs?

Le récit est assez triste: cela fait mal de voir une si jolie petite fille se dévaloriser autant. Herueusement, à la fin de l’histoire, Sulwe découvre que la beauté est aussi à l’intérieur, et qu’il ne faut pas attendre que les autres nous trouvent jolie pour savoir qu’on l’est. Elle apprendra qu’elle est belle car elle choisi de l’être, et que sa beauté est quelque chose de précieux à chérir. Les illustrations de Vashti Harrison sont magnifiques. Bref, Sulwe est un très très bon livre que j’ai beaucoup aimé! Fortement recommandé!

Coup de cœur!

Lupita Nyong’o est une autrice kényane.

Vashti Harrison est une illustratrice américaine.

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Sulwe
AUTEUR(S)
: Lupita Nyong’o & Vashti Harrison
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443181884
PRIX: 14,99$
5 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Gros Chagrin ou Pain doré, deux albums qui abordent la thématique de la couleur de la peau. Essayez aussi Lili Rose veut être gentille, un livre jeunesse avec pour personnage principal, une petite fille noire.

Magic Charly (tome 1): L’apprenti

On peut avoir un chat doué de capacités hors du commun et tout ignorer de l’existence des magiciers. C’est le cas de Charly Vernier, jusqu’à ce qu’il découvre que sa grand-mère pourrait être un membre éminent de cette société.Mais elle court un grave danger. S’il veut la sauver – et se sauver lui-même -, Charly n’a pas le choix, il lui faut devenir apprenti magicier. Bienvenue dans le monde ensorcelant de magic Charly !

Beignets de prédiction, grimoires volants, serpillière enchantée et pilleur d’âmes… Le monde merveilleux créé par Audrey Alwett est riche et complètement imprévisible. Le personnage principal est Charly, un garçon noir, dont la grand-mère est atteinte d’une mystérieuse et soudaine amnésie. Pour la sauver et lui venir en aide, Charly découvrira le monde magique situé juste à la lisière du nôtre.

La représentation de ce personnage principal noir est positive puisque Charly est un garçon qui n’est pas réduit à sa couleur de peau. On le mentionne au passage, comme on mentionnerai toute autre description physique, en page 14: « Il passa une main incertaine dans ses cheveux crépus et mouilla ses yeux pour donne l’impression qu’ils étaient réveillés. Puis il redressa la tête et tenta un sourire dynamique. Ce fut plutôt efficace, mais uniquement parce qu’il était expert en sourire. » Charly n’est pas malheureux de son identité raciale et dans le roman, cette identité ne rend pas son existence difficile. Toutefois, l’autrice (blanche) fait preuve d’une sensibilité raciale lorsqu’elle mentionne tout de même qu’être noir amène son lot de racisme ordinaire, comme lors de ce passage où son amie Sapotille reproche à Charly de manquer d’autorité alors que ce dernière avait du mal à se montrer ferme en face de serpillières enchantées:

– C’est pas permis de manque d’autorité à ce point! Avec tous les avantages que tu as… je veux dire, tu es super grand, super musclé et tu te laisses faire comme une chiffe. Et même par une chiffe, ce qui est encore pire!
Charly était lassé de sa propre médiocrité, mais il n’était pas prêt à tout laisser passer:
– Je suis un grand Noir costaud alors je suis supposé être une brute, c’est ça?
– Non, ce n’est pas ce que je…
– Au cas où personne ne l’aurait remarqué, ça ne me plaît pas d’impressionner les gens! Je n’aime pas le regard méfiant qu’on me lance quand je passe à moins d’un mètre de quelqu’un comme si j’allais lui cogner dessus. Je n’aime pas que la fille que j’ai failli percuter me regarde comme si je l’avais fait exprès. Ou qu’elle s’imagine que je lui ai tiré les cheveux, juste parce que ses préjugés lui disent que c’est forcément moi le coupable! La violence, ce n’est pas mon truc. L’autorité non plus. je n’aime pas… forcer les gens à faire des choses contre leur gré. Et les serpillières non plus, d’accord? » (p.161)

Ce roman de plus de 400 pages plaira aux bons lecteurs amateurs de récits fantastiques!

Magic Charly, 1: L’apprenti
AUTEUR(S) : Audrey Alwett 
ÉDITION: Gallimard Jeunesse, 2019
ISBN: 9782075121453
PRIX: 27,95$
11 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être le deuxième tome de la série, Bienvenue à Saint-Fouettard. Essayez aussi Akata Witch, un roman fantastique, ou Entre Chiens et loups, un roman de science-fiction pour adolescents.

Mon corps est génial ! Ses échanges avec l’extérieur

Un documentaire sur les relations entre le corps humain et son environnement, avec des volets à soulever, expliquant comment il utilise ses sens pour appréhender l’extérieur, comment il communique par le langage avec ses semblables ou encore comment la peau le protège.

Un super documentaire très complet, qui explique à hauteur d’enfant la manière dont le corps fonctionne et ses relations avec l’extérieur. Une table des matières en début d’ouvrage facilite le repérage de l’information. On retrouve également un sous-sommaire dans chacune des sections. Plusieurs sujets y sont abordés: Le rire, les cinq sens, le langage, les poils et les cheveux, ou encore le hoquet et la respiration. 

Dans la section sur l’enveloppe, on aborde le sujet de la peau. Au-delà de sa couleur, la peau sert surtout à agir comme une barrière défensive. Peut importe sa couleur, au soleil on doit vite protéger une peau claire, alors qu’une peau foncée peut être exposée plus longtemps sans brûler. On mentionne aussi que la couleur de peau est simplement le résultat de l’endroit où sont nés nos ancêtres. J’ai aimé que les couleurs de peau ne soient pas classés comme noir/blanc, mais plutôt comme une variété de teintes comme marron, brun foncé, brun-rouge, beige foncé, rosé, ou beige. Fortement recommandé! Idéal pour une bibliothèque de classe au primaire!

Mon corps est génial ! Ses échanges avec l’extérieur
AUTEUR(S) : Cristina Junyent & Cristina Losantos 
ÉDITION: Quatre fleuves, 2020
ISBN: 9791026403098
PRIX: 23,95$
8 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Pain-doré et Violette, deux albums jeunesse sur l’acceptation de sa couleur de peau. Essayez aussi Et moi voilà!, un livre sur la manière dont nous héritons des caractéristiques physiques de nos ancêtres.

Le petit chaperon bleu

Une forêt sombre, une grand-mère un peu barbante, une pèlerine rouge… Rouge ? Non, bleue ! Ce livre raconte l’histoire d’un loup et d’un chaperon uniques en leur genre. Espiègle et audacieuse, la petite fille ne s’en laisse pas conter et défie son compagnon à un jeu particulier… Une version moderne et décalée du célèbre conte.

J’adore les contes classiques réinventés. Ils offrent tellement de possibilités d’exploitation en bibliothèque ou en milieu scolaire car on y retrouve souvent une forme narrative simple et bien définie, et ils permettent de comparer des livres contemporains à ceux dont ils se sont inspirés. Dans Petit chaperon bleu, c’est bien entendu le Petit chaperon rouge de Charles Perrault qui est détourné, mais bien vite, l’auteure Guia Risari y ajoute des éléments issus d’autres contes, tels que Raiponce, Les trois petits cochons, La Belle au bois dormant, et Cendrillon.

Le texte est intriguant et le récit, bien mené. On y retrouve plusieurs notes en bas de page: Certaines notes sont vraies, alors que d’autres manifestement fausses, d’autres encore, entre les deux. J’ai parfois trouvé que ces dernières s’éloignaient trop du récit principal. Certains lecteurs y verront une opportunité de faire naître une autre histoire, comme une mise en abîme.

Le petit chaperon bleu est une fille racisée, du moins on peut facilement le supposer par son teint plus foncé que celui de son ami de jeu. Elle est une fille moderne, décidée, et elle ne manque pas de caractère. Son chaperon, c’est son coton ouaté qu’elle a teint elle-même dans le lavabo de sa salle de bain. Sa grand-mère est une femme aux cheveux crépus très courts. La relation entre les deux femmes n’est pas vraiment développée dans l’histoire: on mentionne seulement que Chaperon bleu se montre patiente et à l’écoute des plaintes douloureuses de la vieille femme.

Les illustrations font usage de blocs de couleurs franches et de contours rouges, qui leur donnent une belle lumière. Elles regorgent de détails savamment choisis permettant de créer un contexte urbain sans toutefois être trop chargé. L’illustratrice a réussi à créer une belle atmosphère. J’ai bien aimé! 

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Le petit chaperon bleuBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Guia Risari & Clémence Pollet
ÉDITION: Le Baron perché, 2012
ISBN: 9782360800544
6 à 10 ANS

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Vous aimerez peut-être Naya ou la messagère de la nuit.

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L’alerte au feu

Il fait très chaud dans les modules préfabriqués installés dans la cour, depuis que l’école a fermé pour cause de moisissures. Alors quand l’alarme incendie retentit, les élèves de madame Tzatziki sont bien contents de profiter de l’exercice pour prendre l’air. Seulement voilà, l’incendie était bien réel, et Marie et son ami Mustapha sont convoqués chez le directeur. Qui a déclenché le feu ? Est-ce Marie avec le grille-pain de la cantine ? Ou bien Marin, qui cherchait à éviter le contrôle de maths ? En voulant effacer les preuves du délit, les trois amis vont de surprise en surprise…

J’aime beaucoup le livre Le voleur de sandwich et je le recommande souvent aux enseignants qui visitent ma bibliothèque. L’alerte au feu est la suite tant attendue de ce roman drôle et intriguant, mais rassurez-vous, les deux livres peuvent très bien se lire de manière indépendante. Si vous n’avez pas lu Le voleur de sandwich, vous n’aurez aucun mal à apprécier L’alerte au feu.

On suit Marie et ses deux copains, Marin (dont elle est secrètement amoureuse) et Mustapha. Lorsqu’elle et Mustapha sont convoqués chez le directeur, celui-ci leur fait clairement comprendre qu’il les soupçonne d’avoir mis le feu à l’école. Les deux enfants auront plus tard une conversation à ce sujet dans la cours de récréation: Et s’il étaient soupçonnés seulement parce que Mustapha est noir et que Marie est une fille??

J’ai aimé le personnage de Mustapha: Nerveux, il se ronge les ongles et suit les règles à la lettre. Il est très inquiet à l’idée d’être accusé de pyromanie à cause de sa couleur de peau. Bon ami, il aidera tout de même Marie à accéder à l’école hors des heures de classe, même si c’est interdit. Il pensera même à apporter de l’équipement pour les protéger des champignons dans l’école et dissimuler leurs traces. Il a un rôle important dans l’histoire et sa présence reflète celle des enfants racisés dans les écoles québécoises.

Le livre mélange les genres et passe sans tracas de la bande dessinée à l’album illustré. C’est un livre hybride, à la présentation matérielle de qualité et à l’histoire pleine de suspense. J’ai adoré! Idéal pour les classes de primaires: les élèves adoreront!

Coup de cœur!

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L’alerte au feu
AUTEUR(S)
: André Marois & Célia Marquis
ÉDITIONLa Pastèque, 2020
ISBN: 9782897770938
PRIX: 18,95$
7 à 11 ans