Je t’aime du fond du coeur

Résumé : Craquez pour un livre tout carton qui célèbre l’univers des bébés! Bébé saute, bébé roule; bébé remue et bébé gigote… et on se fait un câlin, tous les deux, pour se dire « Je t’aime du fond du coeur »!

Lectorat cible : 3 ans et moins

Autrice : Caroline Jayne Church

Édition : Scholastic, 2022

ISBN : 9781443190558

Prix : 11,99$

Appréciation : Ce livre aux pages cartonnées ferait un excellent cadeau pour une fête prénatale ou un anniversaire. Les pages cartonnées et souples sont faciles à manier pour les tout-petits. Plusieurs bébés sont illustrés au fil des pages, de diverses origines et teintes de peau. Le texte décrit sommairement ce qu’un bébé fait du matin au soir : se pencher, pivoter, sauter, danser avec ses amis, s’étirer, rire, jouer, etc. L’histoire se termine par une invitation à dormir à la fin de la journée. Recommandé!

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Le petit robot de bois et la princesse-bûchette

Résumé : Pendant de nombreuses années, le roi et la reine espèrent un enfant. Leur souhait est exaucé lorsqu’ils accueillent un petit robot de bois et une princesse-bûchette. Ce duo fraternel est inséparable, jusqu’au jour où la princesse est accidentellement emmenée vers un territoire inconnu. Le dévoué petit robot de bois part à sa recherche et tente de la ramener saine et sauve au royaume.

Lectorat cible : 5 à 8 ans

Auteur : Tom Gauld

Édition : Comme des géants, 2021

ISBN : 9782924332917

Prix : 22,95$

Appréciation : Tous les éléments d’un conte traditionnel sont là, et pourtant l’auteur Tom Gauld les détourne rapidement de la plus merveilleuse des manières. La mise en page dynamique et les illustrations anguleuses font de ce livre un objet tout à faire singulier que l’on prend plaisir à raconter à voix haute. De péripéties en péripéties, le récit devient de plus en plus loufoque et prend à chaque page une tournure inattendue. Un vocabulaire riche permettra aux enfants de découvrir de nouveaux mots. Tout n’est pas dit dans le récit et l’auteur laisse une belle place à l’imagination (mais que s’est-il passé avec le bébé dans l’églantier, les fée malveillantes, le pouding magique, la vieille dame dans une bouteille…?) Une aventure épique pleine de rebondissements que je vous recommande chaudement!

Coup de cœur !

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Le camping-car de mon papy

Une petite fille remarque que son papy ne part plus à l’aventure comme il avait l’habitude de faire depuis la mort de Grand’pa, son compagnon. Déterminée à lui redonner le sourire et l’envie de voyager, elle a un plan pour remettre en état le camping-car qui dort dans le garage. Un album sur la tolérance, la perte et l’amour.

Quand on parle de diversité en littérature jeunesse et de représentation juste, Le camping-car de mon papy est un excellent cas de figure. Ce livre, c’est d’abord une histoire sur le souvenir, la famille, le deuil et l’amour. Juste ça. Après, on peut mentionner que l’amour perdu dont on parle en est un queer puisque le camping-car de l’histoire était celui d’un papy et de son amoureux avec qui il a beaucoup voyagé. En lisant le livre, on rencontre d’abord la jeune personnage principale qui s’amuse avec son papy et plus loin, ce dernier lui raconte l’histoire de son amour de jeunesse. Le tout est amené très naturellement et sans en faire un plaidoyer pour la cause LGBT+.

Puis, on ne se contente pas de dire que papy est homosexuel, car ce n’est pas la seule chose qui le définit. On s’attarde à ce qui fait de lui un individu unique et ce qui faisait de son amoureux un individu unique. On parle de bonheur et à quel point les deux hommes étaient heureux dans leur petite maison mobile et du sentiment de liberté qu’elle leur procurait. La petite fille donnera un peu d’amour au camping-car pour le remettre en état de marche et créera de nouveaux souvenirs avec son grand-père. Voilà donc une représentation d’une réalité homosexuelle de qualité! Et en plus, l’auteur Harry Woodgate est aussi queer. #OwnVoices! Bravo aux éditions Kimane pour avoir su rendre tangible cette belle histoire qui normalise les familles LGBT+.

Au niveau de la représentation raciale, la petite fille du papy est métissée et l’amoureux perdu de papy est un homme noir. La couleur de peau des personnages ne change rien au récit, mais donne à voir des personnes racisées dans leur quotidien, loin des luttes et discriminations auxquelles elles sont souvent réduites. Chapeau! Ne passez pas à côté de ce merveilleux album!

Coup de coeur!

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Le camping-car de mon Papy
AUTEUR(S) : Harry Woodgate
ÉDITION: Kimane, 2021
ISBN: 9782368088388
PRIX: 21,95$
3 À 7 ANS

Ce livre vous a plu?
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Bien dans ta peau

Es-tu bien dans ta peau? Si ce n’est pas le cas, tu devrais! Notre peau fait beaucoup pour nous. Elle est ce qui nous rend uniques. Que tu aies une tache de naissance, des fossettes ou des taches de rousseur, que ta peau soit noire, brune ou blanche, elle te rend UNIQUE. Il faut honorer notre peau! Célébrez l’individualité avec cet album contenant un message fort : aimons notre corps et soyons bien dans notre peau!

Cet album célèbre notre peau: sa teinte, sa couleur, ses taches et petites imperfections, sa fonction protectrice, sa capacité de guérisson, etc. C’est un album avec un cast de personnages diversifiés qui fait comprendre aux enfants qu’être unique est une force, et qu’un monde multiracial est magnifique.

Mais attention! Petit bémol lorsqu’on compare les couleurs de peaux foncées à des aliments (chocolat, canelle ou miel), mais qu’aucune comparaison n’est faite pour les peaux blanches. Cela pose les peaux blanches comme étant la norme n’ayant pas besoin de qualificatifs pour les distinguer des autres, et les peaux brunes comme la variation devant être justifiée. Pourtant, dans la version originale anglaise, le texte inclut pourtant une comparaison des peaux claires avec des pêches et de la crème. Que s’est-il passé au moment de la traduction?? Je recommande donc la version originale anglaise et non la traduction française. C’est regrettable, car l’édition française pour la jeunesse parle peu des couleurs de peau et d’identité raciale en général. Une telle erreur dans la traduction de cet album me semble majeure: il s’agit clairement d’un choix de mots qui est porteur de sens. Dommage.

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Bien dans ta peau
AUTEUR(S) : Fran Manushkin & Lauren Tobia 
ÉDITION: SCHOLASTIC, 2021
ISBN: 9781443189491
PRIX: 10,99$
3 À 6 ANS

Ce livre vous a plu?
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Joyeux Halloween

« Une bouche, deux yeux et un petit nez au milieu… Notre citrouille est prête ! Allons faire la fête ! »Un adorable livre aux couleurs automnales et écrit en rimes, qui enchantera les petits.

Un joli livre écrit tout en rimes, et avec  un cœur scintillant qui ravira les enfants.

Les douces illustrations pleines de poésie de Lucy Fleming, nous emmène célébrer cette fête, qui ici n’est pas effrayante. 

Dans le cadre de mon travail, on me demande régulièrement des suggestions de livres pour tout-petits sur la fête de l’Hallowen qui ne font pas peur. Avec Joyeux Halloween!, les éditions Kimane nous offre un livre aux pages cartonnées qui célèbre plus largement l’automne, les citrouilles rondes et orangées enfin prêtes à être cueillies et la récolte de bonbons à la pénombre.

L’histoire montre à voir un frère et un sœur au teint foncé dont la maman est blanche et le papa, noir. Ils vont ensemble choisir leur citrouille à décorer, installent des guirlandes dans la maison et se déguisent pour aller chercher des bonbons dans le voisinage avec leurs amis du quartier. La couleur de peau des personnages ne change absolument rien au récit; c’est donc une représentation positive de personnages racisés au quotidien.

Vos tout-petits adoreront les pages scintillantes et seront fiers d’être en mesure de tourner les pages de manière autonome. Cela peut prendre un peut de temps, surtout au début, alors que leur motricité fine se développe encore. Laissez-les faire et soyez patient.e! Prenez aussi le temps de commenter les illustrations avec votre enfant et de leur poser des questions: « En quelle saison se déroule l’histoire? Qu’est-ce qui te fait dire ça? » « Pourquoi les feuilles des arbres sont-elles rouges et oranges? » « Pourquoi le garçon porte-il une tuque et la fille, un manteau? Penses-tu que c’est parce qu’il commence à faire froid et que l’hiver arrive? » « Et toi, en quoi aimerais-tu te déguiser cette année pour l’Halloween? » Ces questions permettront à votre enfant d’apprendre, l’encourageront à s’exprimer et lui permettront de faire des liens entre le livre et son quotidien. Bref, le livre est un jeu, alors amusez-vous!

Joyeux Halloween!
AUTEUR(S) : Aimée Chapman, Penny Worms, Kate Ward & Lucy Fleming
ÉDITION: Kimane, 2020
ISBN: 9782368085936
PRIX: 14,95$
2 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Bertille et Brindile ou Imagine… c’est tout blanc, deux livres cartonnés pour les tout-petits. Essayez aussi Louise et les monstres du soir, un album pour la jeunesse dans lequel on retrouve une diversité raciale.

Tiny Pretty Things

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York où elles ont du mal à résister à la pression. Gigi, seule Noire de sa classe, est choisie pour le premier rôle, ce qui la met face à la jalousie de ses camarades. Bette doit être la meilleure pour ne pas décevoir sa mère et June se bat pour ne plus être l’éternelle doublure. Roman à l’origine de la série télévisée.

Après avoir lu Les Belles, je voulais absolument donner une nouvelle chance à l’autrice afro-américaine Dhonielle Clayton. Je crois qu’à la base, cette autrice, même si j’aime sa plume, raconte des histoires qui se déroulent dans dans des milieux qui ne m’intéressent pas vraiment. Les concours de beauté ou les écoles de ballet, ce n’est pas ce qui captent le plus mon attention. Cela dit, j’admet sans difficulté que Dhonielle Clayton parvient toujours à amener une dimension sociale qui va au-delà de la superficialité dans ses histoires. Dans Les Belles, c’était un sous-texte politique qui critique le monde capitaliste et dans Tiny Pretty Things, ce sont les enjeux de représentation par des artistes d’une couleur de peau différente du personnage d’un œuvre.

Gigi, danseuse noire, a étudié la danse dans un quartier majoritairement afro-américain dans lequel on ne se souciait pas de la couleur de peau des ballerines; toutes pouvaient jouer des héroïnes pouvant avoir n’importe quelles caractéristiques physiques. Il n’était jamais question de savoir ce qui « rendrait mieux » sur scène. Il n’était jamais question de morphologie (p.24). Lorsqu’elle intègre la nouvelle école dans un quartier beaucoup plus blanc, elle frappe un mur: On la ramènera toujours à sa couleur de peau, on lui refusera des rôles pour cela. Mais quand elle obtiendra le rôle de danseuse étoile pour un spectacle, elle attisera la jalousie des autres élèves.

Le roman est portée par quatre voix et chaque chapitre nous fait lire le récit d’une nouvelle narratrice à tour de rôle. Gigi est décrite comme ayant des « cheveux crépus », une « peau d’un brun clair », des « adorables taches de rousseur » et une attitude nonchalante qui trahit ses origines californiennes. (p.71). Elle s’inquiète parfois que ses cheveux soient poisseux à cause des produits capillaires qu’elle utilise (p.122) ou qu’ils soient rêches au toucher contrairement à ceux de ses camarades blanches. Gigi n’est pas la seule danseuse racisée et June, métissée blanche et asiatique, aura aussi un peu de mal à s’intégrer au groupe des coréennes. À ce sujet, elle mentionnera « Ça n’est pas tellement plus facile d’être la seule danseuse à moitié asiatique. Je ne trouve jamais ma place nulle part. C’est dur. Et Monsieur L. est tellement prévisible… Il attribue toujours les danses folkloriques aux danseurs issus des minorités. La bande de Coréennes interprétera sans le moindre doute la danse chinoise. Mes traits asiatiques ne sont pas suffisamment marqués pour que je me joigne à elles. » (p. 32)

Si vous avez aimé la série Gossip Girl, Quatre filles et un jean, ou, plus récemment, La Sélection de Kiera Cass, vous allez adorer Tiny Pretty Things. Parfait pour le lectorat adolescent! À noter que le roman a été adapté à la télévision par Netflix!

Dhonielle Clayton est une autrice noire américaine.

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Tiny Pretty Things
AUTEUR(S) : Sona Charaipotra & Dhonielle Clayton
ÉDITION: Hachette, 2020
ISBN: 9782016285251
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

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Vous aimerez peut-être Les Belles (pour la rivalité entre les personnages), Les pointes noires (pour la place des danseuses noires dans la danse classique) ou L’enceinte 9 (pour le personnage principal fort).

Le pays des kangourous

Milo et sa famille rejoignent leurs amis en Australie. Ensemble, ils vont prendre soin des kangourous de la ferme. Milo parviendra t-il à apercevoir Spik, le kangourou préféré de son ami Zakary ?

Une courte histoire adaptée à l’apprentissage de la lecture autonome selon la méthode Montessori. Des étiquettes mots et des images autocorrectives sont à découper pour assimiler le vocabulaire nouveau.

Conçu par une orthophoniste et des éducatrices Montessori, Le pays des Kangourous est une histoire à lire tout seul pour les lecteurs débutants. Il s’inscrit dans la collection « Mes premières lectures Montessori à lire seul » chez Larousse, et est de niveau 4 étoiles, c’est-à-dire qu’on retrouve des groupes de consonnes, de digrammes et de nouveaux mots outils, de plus que des liaisons indiquée par un signe dans le texte. Toute la collection est conçue de manière très progressive afin que dès que l’enfant connaît le son des lettres (possible vers l’âge de 5 ans), il pourra progresser aisément à lire les livres de la collection. Les illustrations, abondantes, permettent à l’enfant de s’autocorriger et d’accéder au sens.

Détail important: Le texte est écrit en lettres attachées, ce qui est fantastique pour permettre aux enfants de s’habituer à déchiffrer l’écriture cursive. Les liaisons sont indiquées clairement dans le texte et les lettres muettes sont grisées. De plus, il y a à la fin du livre est étiquettes de mots et des images à découper pour associer le bon mot à l’illustration.

Le personnage principal, Zachary, est un enfant métis dont la mère est noire et le père, blanc. L’histoire est toute simple, mais intéressante et fait voyager. Très bon! 

Le pays des kangourous
AUTEUR(S): Anaïs Galon, Julie Rinaldi & Amélie Clavier
ÉDITION: Larousse, 2020
ISBN: 9782035979131
PRIX: 6,95$
6 à 8 ANS

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Vous aimerez peut-être La rentrée des classes, J comme joie et Les vacances de Léa, trois livres pour les apprentis lecteurs avec des personnages noirs.

Les esclaves de cumana

Vers l’an 1800, Pablo, jeune métis, enfant naturel d’une esclave africaine et d’un commerçant espagnol, vit une vie de chien dans le petit village de la forêt amazonienne où le sort l’a fait naître. Il y subit, jour après jour, les persécutions des fils légitimes de son père.

Fuyant les mauvais traitements et la dureté de sa condition, il part à la recherche de sa mère, que le commerçant a vendue, voici des années, pour l’éloigner.

Dans l’aventure qui l’emmène à travers plusieurs régions d’Amérique du Sud et lui fait affronter de nombreux dangers, Pablo va être aidé par deux Européens de passage, qui ne sont pas les premiers venus. Il s’agit du savant allemand Alexander von Humboldt et de son assistant français, le botaniste Aimé Bonpland, esprits éclairés, dont les travaux scientifiques et les prises de position humanistes vont marquer leur époque.

Je qui étonne d’abord dans ce livre, c’est sa manière d’emprunter des codes tant du côté de la bande dessinée que de l’album. Hybride, il se lit de manière peu commune, de cases en cases, avec les phrases qui commence ici et finissent là-bas. J’ai particulièrement aimé cet équilibre entre l’image et le texte: on a vraiment l’impression de voir un film image par image.

L’histoire est une incursion intéressant dans le passé et fait voyager en Australie. On apprend rapidement à connaître Pablo et son histoire. Par contre, il est rapidement relayé en second plan lorsque arrivent deux européens adultes dans l’histoire: un Allemand nommé Alexander von Humboldt et un Français nommé Aimé Bonpland, tous deux animés par la science et l’aventure. D’un coup, ce sont eux que le lecteur va suivre dans leur recherches de nouvelle plantes à identifier, d’animaux inconnus à découvrir et de contrées à cartographier. Ils vont défendre Pablo de ses méchants frères, ils vont lui écrire une lettre lui permettant de se rendre à l’école, puis ils le conduiront jusqu’à la ville où Pablo espère retrouver sa mère. Ce sont donc eux qui font avancer le récit. Laissé chez un prêtre, Pablo ne pourra pourtant pas aller à l’école et on fera de lui un esclave comme les autres, même si sa condition se révèle légèrement moins pire que celle d’esclaves noirs à cause du fait qu’il soit métis.

Un peu plus loin dans le récit, Pablo, s’étant enfui de chez le prête, se retrouvera sur un bateau à nouveau en compagnie des deux Européens et ces derniers le prendront de nouveau sous son aile. Ils l’achèteront afin qu’il échappe à une vie d’esclave pénible, l’aideront à trouver sa mère, embaucheront cette dernière dans leur villa comme employée et enverront Pablo à l’école. Bref, j’avais espéré lire le récit d’un jeune garçon métis en temps d’esclavage, mais c’est plutôt celui de deux européens et de leur générosité qui est raconté. En fin d’album, on retrouve un dossier pour en savoir plus sur Alexander von Humboldt et Aimé Bonplan (car oui, ils ont vraiment existé), ainsi que sur la traite des Noirs.

Un intéressant récit malgré tout, bien écrit et illustré, même si ce n’est pas vraiment l’histoire promise par le résumé en quatrième de couverture qui nous est raconté. Le sous-titre mentionne bien pourtant « Aimé Bonpland et Alexander von Humboldt en Amérique du Sud ».

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Les esclaves de Cumana
AUTEUR(S) : Olivier Melano 
ÉDITION: L’école des loisirs, 2015
ISBN: 9782211217255
PRIX: 22,95$
11 à 13 ANS

Ce livre vous a plu?
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Fechamos (on ferme), un album similaire dont l’histoire se déroule aussi en Amérique du Sud.

Les trois poules de Sonia

Sonia a trois poussins dont elle s’occupe avec amour. Chaque jour, elle les fait sortir, nettoie le poulailler, leur donne de la paille fraîche, de quoi picorer… Mais une nuit, elle est réveillée par un terrible raffut en provenance du poulailler…

Ce livre jeunesse dit les choses telles qu’elles sont et parle du cycle de la vie. Un candidat parfait pour une exploitation scolaire avec des élèves de 2e ou 3e cycle du primaire!

Les illustrations font usage de techniques mixtes et sont un plaisir à admirer. Elles fascinent par leurs détails et leur délicatesse, et par la justesse avec laquelle elles complémentent le texte.

Sonia prend grand soin de ses trois poules. Mais une nuit, un renard se faufile dans le poulailer et prend l’une d’entre elles pour nourir ses petits. Sonia sera dévastée. Son père prendra un moment pour lui raconter l’histoire de la vie: tous les êtres vivants veillent à leur survie et font tout ce qu’ils peuvent pour que leurs petits soient heureux, aient le ventre plein et un endroit chaud pour dormir. Aurait-elle voulu que de petits renardeau meurent de faim? Eh, bien, c’est la vie!

L’histoire peut sembler un peu dure au premier abord, mais le tout est amené avec douceur. On y parle également de la mort, et Sonia pourra entammer son deuil autour d’une tombe symbolique préparée pour sa poule disparue. Dans le livre, il est aussi sujet de responsabilisation, car les parents de Sonia poussent leur fille à être autonome et capable de se débrouiller sur la ferme.

Les poules de Sonia
AUTEUR(S)
: Phoebe Wahl
ÉDITION: Éditions des Éléphants, 2018
ISBN: 9782372730471
PRIX: 26,95$
5 à 8 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Derrière les yeux de Billy, Babakunde ou Alba, trois albums jeunesse qui traitent du sujet du deuil.

Le club des As

Caroline vient d’emménager dans un nouveau quartier et elle se sent un peu seule. Si Karim et Hugo, les rois de la récré, voulaient bien l’accepter, tous les autres élèves deviendraient ses amis. Mais comment faire pour rejoindre leur club hyper secret ?

Il y a dans ce livre d’une quarantaine de pages une histoire estivale autour du vélo, de la découverte de soi et du courage. Mais, et il faut le savoir, il y a aussi des passages sexistes. Caroline vient d’arriver dans un nouveau quartier et souhaite rapidement être acceptée de ses camarades pour se faire de nouveaux amis. Elle a donc repéré dans la cours d’école les deux garçons les plus populaires et respectés, et fera tout pour tenter d’intégrer leur groupe. Toutefois, Hugo et Karim sont tout de go réticents à accepter Caroline: Il n’y a plus de place dans leur club et certainement pas pour une FILLE (p.13)! Tout au long du roman, il y aura ces petites flèches lancées ici et là comme quoi les filles sont moins que les garçons: moins courageuses, moins intéressantes, moins digne de respect. Ça commence en page 6 où on mentionne que « le dernier arrivé au petit bois est une fillette! », comme si être une fillette était une insulte, un statut à éviter à tout prix. Puis, quand les garçons mettront Caroline à l’épreuve de monter au sommet d’un silo, d’en faire le tour et de redescendre (persuadés qu’elle se dégonflerait), la jeune fille les épate par son courage. Mais jamais les garçons ne l’admettront, allant même jusqu’à minimiser son exploit (« ce n’était pas vraiment dangereux, même [mon petit frère] aurait pu le faire! » (p. 28)) Ainsi, les efforts et succès de la jeune fille ne sont jamais suffisants aux yeux des garçons.

Alors que Caroline réussi toutes les épreuves imposées par les deux garçons, ces derniers, jaloux, cessent de lui adresser la parole à l’école. Caroline en subira les répercussions puisque, voyant qu’elle n’est pas acceptée par Hugo et Karim, ces camarades de classe lui tourneront le dos aussi. J’aurais aimé que le roman traite un peu plus de la problématique du rejet et de l’intégration à l’école. En fait, toute l’histoire tourne autour de ces moments passés à vélo dans le quartier. Ça aurait été pour une autre histoire, peut-être.

J’ai aussi été un peu découragée par le fait qu’en réalité, Caroline ne se demande pas vraiment si Hugo et Karim méritent son amitié, ou s’ils sont de bonnes personnes qu’il vaut la peine de fréquenter. C’est comme si le plus important était de les impressionner pour être acceptée, pas d’être soi-même ou de se respecter. Je trouve que ça ne véhicule pas vraiment un bon message. Aussi, on ne reviendra pas en fin de récit sur le contenu sexiste du roman. Je n’aurais pas aimé une morale trop apuyée non plus, mais j’aurais apprécié qu’on mentionne, d’une manière ou d’une autre, que les filles ont autant de valeur que les garçons. Est-ce trop utopiste que de demander ceci d’un livre jeunesse?

Bref, je n’ai pas aimé.

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Le club des as
AUTEUR(S): Milie Goudin-Lopez , Bastien Quignon
ÉDITION: Bayard jeunesse, 2020
ISBN: 9791036312458
PRIX: 10,95$
7 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
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