Libre! Harriet Tubman, une héroïne américaine

Harriet Tubman (1820-1913) est née esclave en Amérique. Elle a lutté pour conquérir sa liberté, puis après l’avoir obtenue, elle a poursuivi son combat contre l’esclavage et la ségrégation raciale.

Pendant plus de deux siècles, l’esclavage américain a brisé les vies de centaines de millions de personnes. Des origines de la traite négrière aux chasseurs d’esclaves, en passant par le fonctionnement du Chemin de Fer Clandestin, cet album documentaire retrace l’histoire de l’institution esclavagiste aux Etats-Unis, dans laquelle s’imbrique celle, héroïque, d’Harriet Tubman.

Elle a bravé tous les périls de sa condition pour saisir elle-même sa liberté, a aidé des dizaines d’esclaves à s’échapper, s’est engagée dans la guerre de Sécession et représente aujourd’hui encore une icône de la lutte anti-esclavagiste.

Harriet Tubman, quelle héroïne! Ce livre est un bijou d’album. Il est parvenu avec beaucoup de doigté à lier l’histoire personnelle d’Harriet avec la grande Histoire des États-Unis. Le livre se divise en plusieurs parties: Les débuts de l’esclavage, Le mariage d’esclaves, Le marché aux esclaves, Fuir, Chasseurs d’esclaves, L’indomptable Frederick Douglas, etc. Chaque section documentaire est richement détaillée et permet de contextualiser la traite négrière et d’illustrer les conditions de vie terribles des personnes prises en esclavage. De plus, l’autrice Fleur Daugey se glisse dans la peau d’Harriet Tubman pour raconter les différentes étapes de sa vie en lien avec chacune des sections. La petite histoire éclaire donc la grande Histoire.

Les illustrations accompagnent le texte à merveille et amène une profondeur au récit. Les couleurs, sobres, sont savamment choisies. À la lecture de cet album, on comprend qu’Harriet Tubman était une femme comme les autres, mais qui avait le courage de ses convictions. Combien d’entre nous aujourd’hui avons le même courage?

Parce qu’il met bien en contexte et prend le temps d’expliquer ce qui a mener les États-Unis à adopter l’esclavage comme système économique pendant des siècles, ce livre peut être lu à un enfant qui n’a pas encore les connaissances historiques nécessaires à la compréhension de l’histoire d’Harriet Tubman. Plaira aussi aux adolescents et aux adultes! À lire absolument!

Coup de cœur!

Libre! Harriet Tubman, une héroïne américaine
AUTEUR(S): Fleur Daugey & Olivier Charpentier
ÉDITION: Actes Sud Junior, 2020
ISBN: 9782330136901
PRIX: 28.95$
1
0 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
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La fille des manifs

Barbara s’engage pour le climat et la force de son engagement lui vaut de devenir le visage de la contestation. Une interview qui tourne mal et son refus d’accepter une invitation de la présidente lui attire les foudres des médias qui l’avaient autrefois adulée. Pour traverser cette épreuve, elle écrit un journal destiné à Annie, sa grand-mère au destin tragique.

J’ai adoré ce roman. Il raconte l’histoire d’une jeune adolescente qui s’engage avec courage et sincérité pour le climat, et qui va se retrouver presque malgré elle sur le devant de la scène. Sa lutte illustre la pression qu’on met aux femmes qui parlent fort et s’expriment, ainsi que la manière dont on ne prend pas au sérieux la parole des femmes racisées. À ce sujet, elle dit:

« Je reçois régulièrement des messages d’insultes dans ma boîte mail et sur les réseaux. Surtout depuis que ma tête passe en boucle sur les écrans. Là, c’est le grand défouloir. Chacun se permet d’avoir un avis sur mon physique, mes fringues et ma façon de parler. Des journalistes ne manquent pas de mentionner que je suis métisse et que je ne suis pas spécialement une première de la classe mais une lycéenne qui passe un bac pro, sous-entendant que je suis bête et que j’ai du temps à perdre. (p.21) »

L’intersectionnalité entre son statut de métisse et de femme se constate aussi lorsqu’on remarque que la société ne semble pas prête à faire une place aux femmes qui manifestent. À celles qui veulent faire changer les choses. Celles qui osent dire NON. L’autrice aborde de front le double standard qui existe dans le milieu du militantisme: Les hommes sont perçus comme étant lucides et valeureux, alors que les femmes sont perçues comme hystériques et immatures. À cause de son jeune âge, et de son genre aussi peut-être, Barbara se remet beaucoup en question:

« Me voir et m’entendre parler est une épreuve. Je n’aime pas ma tête. Je ne supporte pas ma voix non plus. On dirait que j’aboie. Et mes cheveux qui tirebouchonnent dans tous les sens m’insupportent. Et les mots que je choisis, est-ce que je n’aurais pas dû en prendre d’autres? Les agencer autrement? Est-ce que je suis assez percutante, assez claire? […] J’avoue Annie, que je ne comprend pas vraiment ce qui chose les gens. Pourquoi est-ce qu’ils s’étonne de mon NON à la présidente? Pourquoi est-ce que ce NON les interpelle, les sidère? […] Mon engagement pour la planète ne fait pas de moi une héroïne. Je ne suis pas Rosa Parks qui se battait contre la ségrégation raciale aux États-Unis ni Sophie Scholl qui luttait contre le nazisme en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale ni Wangari Muta Maathai qui s’acharnait à replanter des arbres dans son pays, le Kenya, ravagé par la désertification. Je suis une adolescente comme les autres, une fille qui attend des adultes qu’ils se montrent un peu moins égoïstes et un peu plus matures. » (p.50-51)

Barbara ne manquera pas de faire l’expérience du sexisme. Trop souvent réduite à son genre, perçue comme un objet sexuel sans faculté de réflexion, sa lutte contre le climat éveillera aussi sa lutte pour le droit et le respect des femmes sur la place publique. À travers les mots qu’elle écrit pour sa grand-mère décédée, elle réalisera que la lutte menée par son ancêtre doit être continuée: « Tu es née après la Seconde Guerre et moi bien après l’euro. Je pensais jusqu’ici que des vies comme la tienne nous avaient servie à avancer, que ton existence avait éclairé nos consciences, que les filles étaient désormais comme les garçons, des êtres humains de chair, de sang et de réflexion, et qu’il était révolu le temps où on les considérait comme des petites choses jolies, d’autant plus jolies qu’elles se taisaient. Et, pourtant, je m’aperçois que ce n’est pas tout à fait vrai. » (p. 110)

Le roman, presque trop court, est extrêmement bien mené et porté par une écriture limpide où l’autrice s’efface derrière son personnage, lui laissant tout l’espace nécessaire pour exister. J’ai adoré!

Coup de cœur!

La fille des manifs
AUTEUR(S): Isabelle Collombat
ÉDITION: Syros, 2020
ISBN: 9782748527001
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Sortir d’ici et Signé Poète X, deux romans pour adolescents avec des héroïnes aux prises avec du sexisme ordinaire. Essayez aussi Je ne meurs pas avec toi ce soir, qui raconte une histoire de manifestation pour la justice.

Tiny Pretty Things

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York où elles ont du mal à résister à la pression. Gigi, seule Noire de sa classe, est choisie pour le premier rôle, ce qui la met face à la jalousie de ses camarades. Bette doit être la meilleure pour ne pas décevoir sa mère et June se bat pour ne plus être l’éternelle doublure. Roman à l’origine de la série télévisée.

Après avoir lu Les Belles, je voulais absolument donner une nouvelle chance à l’autrice afro-américaine Dhonielle Clayton. Je crois qu’à la base, cette autrice, même si j’aime sa plume, raconte des histoires qui se déroulent dans dans des milieux qui ne m’intéressent pas vraiment. Les concours de beauté ou les écoles de ballet, ce n’est pas ce qui captent le plus mon attention. Cela dit, j’admet sans difficulté que Dhonielle Clayton parvient toujours à amener une dimension sociale qui va au-delà de la superficialité dans ses histoires. Dans Les Belles, c’était un sous-texte politique qui critique le monde capitaliste et dans Tiny Pretty Things, ce sont les enjeux de représentation par des artistes d’une couleur de peau différente du personnage d’un œuvre.

Gigi, danseuse noire, a étudié la danse dans un quartier majoritairement afro-américain dans lequel on ne se souciait pas de la couleur de peau des ballerines; toutes pouvaient jouer des héroïnes pouvant avoir n’importe quelles caractéristiques physiques. Il n’était jamais question de savoir ce qui « rendrait mieux » sur scène. Il n’était jamais question de morphologie (p.24). Lorsqu’elle intègre la nouvelle école dans un quartier beaucoup plus blanc, elle frappe un mur: On la ramènera toujours à sa couleur de peau, on lui refusera des rôles pour cela. Mais quand elle obtiendra le rôle de danseuse étoile pour un spectacle, elle attisera la jalousie des autres élèves.

Le roman est portée par quatre voix et chaque chapitre nous fait lire le récit d’une nouvelle narratrice à tour de rôle. Gigi est décrite comme ayant des « cheveux crépus », une « peau d’un brun clair », des « adorables taches de rousseur » et une attitude nonchalante qui trahit ses origines californiennes. (p.71). Elle s’inquiète parfois que ses cheveux soient poisseux à cause des produits capillaires qu’elle utilise (p.122) ou qu’ils soient rêches au toucher contrairement à ceux de ses camarades blanches. Gigi n’est pas la seule danseuse racisée et June, métissée blanche et asiatique, aura aussi un peu de mal à s’intégrer au groupe des coréennes. À ce sujet, elle mentionnera « Ça n’est pas tellement plus facile d’être la seule danseuse à moitié asiatique. Je ne trouve jamais ma place nulle part. C’est dur. Et Monsieur L. est tellement prévisible… Il attribue toujours les danses folkloriques aux danseurs issus des minorités. La bande de Coréennes interprétera sans le moindre doute la danse chinoise. Mes traits asiatiques ne sont pas suffisamment marqués pour que je me joigne à elles. » (p. 32)

Si vous avez aimé la série Gossip Girl, Quatre filles et un jean, ou, plus récemment, La Sélection de Kiera Cass, vous allez adorer Tiny Pretty Things. Parfait pour le lectorat adolescent! À noter que le roman a été adapté à la télévision par Netflix!

Dhonielle Clayton est une autrice noire américaine.

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Tiny Pretty Things
AUTEUR(S) : Sona Charaipotra & Dhonielle Clayton
ÉDITION: Hachette, 2020
ISBN: 9782016285251
PRIX: 29.95$
13 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Les Belles (pour la rivalité entre les personnages), Les pointes noires (pour la place des danseuses noires dans la danse classique) ou L’enceinte 9 (pour le personnage principal fort).

La neuvième loutre bleue

L’écrivain Christie Spivac est invité à organiser un grand jeu culturel dans toute la Bretagne, en utilisant la réalité virtuelle. Il est accompagné d’un étonnant petit robot, de deux ados délurés, Yann et Émilie, d’un roboticien et d’une officielle. Dès le début de leur périple, des loutres d’une étrange couleur bleue croisent sans cesse leur chemin. Et, chaque fois que le groupe conçoit une épreuve du Grand Jeu, des événements graves et dangereux se produisent. Jusqu’à ce qu’on leur tire dessus à l’AK-47 puis que, grâce aux loutres bleues, ils dénichent la piste de terroristes préparant une hécatombe en France.

De l’action, du suspense, un propos intéressant sur l’éthique, et un contexte éloigné du mien qui m’a fait voyager: comment ne pas aimer ce roman? Court, efficace, il plaira certainement aux amateurs d’aventure. L’amitié entre Yann et Émilie est saine et j’ai aimé voir cette relation entre un garçon et une fille sans qu’il y ait d’enjeu amoureux. Émilie est une adolescente intelligente et dégourdie, un beau modèle pour les lectrices. Le roman se lit comme on regarde un film: l’auteur parvient à créer des images évocatrices et claires dans un récit au rythme haletant.

Points bonis pour la page couverture, vachement réussie qui donne le goût de lire, comme tous les autres titres de la collection Rester Vivant aux éditions Le Muscadier, d’ailleurs. Cette collection est constituée de nouvelles et de romans qui abordent sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle plaira aux lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. L’éditeur présente cette collection en ces termes: « Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs. » À découvrir!

Je remercie les éditions Le Muscadier de m’avoir offert ce livre.

La neuvième loutre bleue
AUTEUR(S): Christian Poslaniec
ÉDITION: Muscadier, 2021
ISBN: 9791096935864
12 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Né Coupable, 30 minutes pour survivre: Braquage sous haute tension ou Zee, trois romans pour le lectorat jeunesse.

Honey et Ketchup

Papa a une nouvelle amoureuse et elle parle anglais. Son fils a mon âge, mais parle anglais lui aussi. Ils viennent de l’Australie. Papa est certain qu’on va bien s’entendre, mais allons-nous nous comprendre ? Sweet, Open, Close, Okay, Frosty, Hi, Honey, Ketchup, Go, Correct, Snap, Crackle, Pop, Stop. Combien de phrases on peut construire avec si peu de mots? Une famille recomposée, une langue à apprivoiser et voilà que le cœur s’agrandit!

Deux choses ont au premier abord attiré mon attention en voyant ce livre chez mon libraire préféré: Le titre rigolo (« Honey et Ketchup? Me semble que ça va pas ensemble! » ai-je pensé) et l’auteur, Jonathan Bécotte, que j’aime beaucoup pour sa poésie du côté ados/jeunes adultes chez Leméac (Maman veut partir et Souffler dans la cassette).

Honey et Ketchup, ce sont les surnoms que se sont donnés deux garçons qui ne parlent pas la même langue et dont les parents sont tombés amoureux. Avec une poésie en prose qui fait avancer le récit plutôt qu’elle ne décrit, ce livre étonne par sa limpidité, par ses jeux de mots, et par son accessibilité. Les illustrations de Sabrina Gendron sont douces et lumineuses. Ce livre est un excellent choix pour une exploitation en milieu scolaire au niveau primaire.

Ketchup est un garçon gentil, adopté en bas âge par un homme blanc. Sa couleur de peau ne change rien au récit et relève surtout du choix créatif de l’illustratrice d’en faire un personnage noir puisque ce n’est pas évoqué dans le texte.

Est-ce que Honey et Ketchup est le meilleur Jonathan Bécotte? Non. Constitue-t-il un excellent livre pour aborder cet auteur pour la première fois pour le lectorat jeunesse? Absolument! À découvrir!

Honey et Ketchup
AUTEUR(S): Jonathan Bécotte & Sabrina Gendron
ÉDITION: Québec Amérique, 2021
ISBN: 9782764442913
PRIX: 12,95$
9 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Grandes roues et petits pois, Africville ou L’enfant gazelle, trois livres jeunesse avec un texte poétique.

Le pays des kangourous

Milo et sa famille rejoignent leurs amis en Australie. Ensemble, ils vont prendre soin des kangourous de la ferme. Milo parviendra t-il à apercevoir Spik, le kangourou préféré de son ami Zakary ?

Une courte histoire adaptée à l’apprentissage de la lecture autonome selon la méthode Montessori. Des étiquettes mots et des images autocorrectives sont à découper pour assimiler le vocabulaire nouveau.

Conçu par une orthophoniste et des éducatrices Montessori, Le pays des Kangourous est une histoire à lire tout seul pour les lecteurs débutants. Il s’inscrit dans la collection « Mes premières lectures Montessori à lire seul » chez Larousse, et est de niveau 4 étoiles, c’est-à-dire qu’on retrouve des groupes de consonnes, de digrammes et de nouveaux mots outils, de plus que des liaisons indiquée par un signe dans le texte. Toute la collection est conçue de manière très progressive afin que dès que l’enfant connaît le son des lettres (possible vers l’âge de 5 ans), il pourra progresser aisément à lire les livres de la collection. Les illustrations, abondantes, permettent à l’enfant de s’autocorriger et d’accéder au sens.

Détail important: Le texte est écrit en lettres attachées, ce qui est fantastique pour permettre aux enfants de s’habituer à déchiffrer l’écriture cursive. Les liaisons sont indiquées clairement dans le texte et les lettres muettes sont grisées. De plus, il y a à la fin du livre est étiquettes de mots et des images à découper pour associer le bon mot à l’illustration.

Le personnage principal, Zachary, est un enfant métis dont la mère est noire et le père, blanc. L’histoire est toute simple, mais intéressante et fait voyager. Très bon! 

Le pays des kangourous
AUTEUR(S): Anaïs Galon, Julie Rinaldi & Amélie Clavier
ÉDITION: Larousse, 2020
ISBN: 9782035979131
PRIX: 6,95$
6 à 8 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être La rentrée des classes, J comme joie et Les vacances de Léa, trois livres pour les apprentis lecteurs avec des personnages noirs.

Mon coffret premières lectures Montessori : Tom photographe

On retrouve Suzi et Tom dans 3 histoires tendres et pleines d’humour : Tom photographe (le son « ph »), Devine qui je suis (le son « qu »), Vive l’Espagne (le son « gn »). Fidèles à la pédagogie originale Montessori, ces histoires utilisent des mots entièrement phonétiques et des phrases courtes pour que l’enfant prenne confiance et puisse dire : « je sais lire tout seul ! ».

Tom photographe est un excellent livre pour les lecteurs débutants et les enfants en apprentissage de la lecture! On le retrouve en librairie dans un coffret de trois petits livres pour apprendre à lire avec la méthode Montessori. Il y a à la fin plusieurs conseils à l’attention des parents sur la manière de lire ce livre avec son enfant. On suggère par exemple qu’il faut être conscient que la lecture demande un gros effort de la part de l’enfant, qui peut parvenir à déchiffrer une phrase et ne pas se souvenir de ce qu’il a lu: c’est une étape parfaitement normale.

Dans le texte, les lettres muettes sont grisées et le son étudié apparaît en rose. Le livre est abondamment illustré et on retrouve une seule phrase par page. Tout est fait pour faciliter la lecture. Tom, le personnage principal, est un garçon noir. La couleur de sa peau ne change rien au récit. On retrouve également une belle diversité dans les personnages secondaires de l’histoire. À découvrir! 

Tom photographe
AUTRICE: Chantal Bouvÿ, Sabine Hofmann & Amandine Meyer
ÉDITION: Nathan, 2020
ISBN: 9782092789605
PRIX: 13,95$
6 À 8 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Notre super école, Fatou la petite sirène et Christophe change de nom, trois livres pour les enfants qui apprennent à lire dans lesquels on retrouve une diversité raciale des personnages.

Souffle d’hiver

La première année du bébé est rythmée par les 4 saisons. Tout simplement, prenez le temps de lui raconter Souffle d’hiver avec ses sons, ses rythmes, la danse des mots et votre émotion. Ensuite, poursuivez ce moment de partage en musique, puis laissez-vous emporter par la voix de l’autrice. 1 livre + 1 CD avec une musique originale de Flavia Perez et une lecture de Jo Witek sur la musique.

Dans Souffle d’hiver, j’ai d’abord découvert avec enchantement la qualité du livre et de son récit. J’ai adoré la musicalité du texte, avec ses « Fffffffff » du vent qui souffle, ses « Aglagla…. brouuuu » qui font grelotter, et ses « cric, crac, croc » de la glace qui se brise quand on la piétine. Le récit capture en peu de mots un doux moment du quotidien, une sortie de neige en famille: regarder la neige tomber, faire de la luge sur le lac, glisser sur la montagne, s’emmitoufler dans des habits d’hiver et se réchauffer en rentrant à la maison. Un très beau livre cartonné en soi.

Puis, j’ai découvert l’accompagnement audio avec étonnement et contentement. Il ne s’agit pas de l’histoire qui nous est racontée, mais plutôt d’un arrangement musical d’ambiance sur la thématique de l’hiver et du vent. Très, très bon!

L’histoire donne à voir un garçon noir, avec ses parents: un papa noir également et une maman blanche. Le tout, sans que la couleur de la peau soit au centre du récit. Je vous recommande chaudement ce petit livre cartonné ! 

Souffle d’hiver
AUTEUR(S): Jo Witek , Emmanuelle Halgand & Flavia Perez
ÉDITION: Flammarion JEUNESSE, 2020
ISBN: 9782081519077
PRIX: 24,95$
0 à 3 ANS

Ce livre vous a plu?
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Soeurs jumelles

Maureen et Francine sont sœurs jumelles et meilleures amies. Elles partagent tout : les loisirs, la nourriture et les vêtements. Mais juste avant le début de leur sixième année, les goûts de Francine changent. Soudainement, les jumelles ont de moins en moins d’intérêts communs. Elles grandissent en prenant des directions opposées, et Maureen ne peut rien y faire. Ces sœurs qui étaient inséparables réussiront-elles à se reconnecter?

Alerte d’intérêt général: Si vos enfants ont dévoré les romans graphiques de Raina Telgemeier, ils vont assurément adorer Sœurs jumelles. La recette est la même: une histoire réaliste du quotidien qui se déroule en milieu scolaire, des préadolescents comme personnages principaux, beaucoup d’émotions, un coup de crayon très cartoony au niveau des illustrations et un développement des personnages au niveau psychologique. D’ailleurs, l’auteur Varian Johnson remercie Raina Telgemeier pour les conseils qu’elle a partagé avec lui sur la rédaction et le procédé associés à la bande dessinée en postface. Je n’ai pas non plus manqué de remarquer le clin d’œil à la BD Souriez! de Raina Telgemeier en page 135!

Ce sont deux auteurs afro-américains qui ont écrit se livre et ça paraît. Tout est si normalisé et fluide, c’est très rafraîchissant! Ce que Maureen et sa sœur Francine font, ce qu’elles sont, est posé comme la norme, du moins durant ses moments passés en famille. Par exemple, on n’hésite pas à montrer diverses coiffures de cheveux naturels sans en faire un plat, on montre les jumelles dormir avec un bonnet et c’est normal, elle vivent une vie de famille ordinaire. Je trouve cela très chouette de pouvoir lire ce genre d’histoire aujourd’hui. Évidemment, dans la sphère publique, elles seront à l’occasion victimes de racisme, parce que oui, le racisme existe toujours! 😦 Lors d’un après-midi entre amies au centre commercial, Maureen et ses deux copines noires entrent dans un magasin et trouvent un chandail que l’une d’elle aimeraient essayer et acheter avec son argent de poche.

Toutefois, aucun employé ne vient les voir pour leur offrir du service. Poliment, Nikki interpelle une vendeuse blanche qui préférera les faire patienter pour plutôt servir une nouvelle cliente, prenant pour acquis que les jeunes filles n’ont pas de pouvoir d’achat et ne méritent pas d’être servies. Heureusement, la nouvelle cliente dénoncera le comportement de la vendeuse et quittera le magasin. Les trois amies, bouleversées par ce qu’elles venaient de vivre, s’empresseront d’informer la mère de Nikki qui avait décidé de rester aux alentours pendant que les filles magasinaient. Dans le récit, on ne pourra pas lire le mot « discrimination » ou « micro-agression » ou « racisme », mais la scène est très clairement une référence à ce que vivent plusieurs jeunes noirs dans les centres commerciaux aux États-Unis et ailleurs. Si le cœur vous en dit, vous pouvez lire cette bande dessinée en parallèle avec votre enfant pour pouvoir discuter de cette scène et de l’histoire dans sa globalité.

Maureen et Francine sont identiques. Du moins, physiquement. À la lecture, en cas de doute, je regardais leurs oreilles pour les différencier car Maureen, contrairement à sa sœur, ne porte pas de boucles d’oreilles! Cela dit, leur personnalité n’aurait pas pu être plus diamétralement opposées! Francine est timide et manque de confiance en elle, mais elle excelle à l’école. Francine est sociable et meurs d’envie de se distancier de sa sœur afin de découvrir qui elle est vraiment. Secrètement, elle jalouse Maureen qui semble exceller dans tout sans efforts, alors que cette dernière envie la sociabilité de sa sœur qu’elle perçoit aussi comme une bouée de sauvetage dans un monde parfois trop bruyant pour elle. Leur relation se dévoile lentement dans le récit et j’ai apprécié cette retenue de la part de l’auteur. C’est une excellente manière de maintenir l’intérêt du lecteur et de rendre les personnages plus réalistes. Maureen et Francine vivent avec leurs parents et ont aussi un demi-frère qui habite en appartement, mais qui agit comme modèle pour les jeunes filles.

Les personnages ont des personnalités bien définies et l’histoire est intéressante. Maureen et Francine apprendront beaucoup durant cette année scolaire particulière, cette année passée à la lisière de l’enfance et de l’adolescence. Entre conflits dans la fratrie, jalousie, prise de confiance en soi et désir d’indépendance, Francine et Maureen connaîtront des hautes et des bas, mais finiront par se réconcilier et se soutenir mutuellement. J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre! J’ai été émue vers la fin. Sœurs jumelles est un livre à lire absolument!

Varian Johnson est auteur jeunesse. Il vit aux États-Unis.

Shannon Wright est une illustratrice noire américaine.

Soeurs jumelles
AUTEUR(S): Varian Johnson & Shannon Wright
ÉDITION: Scholastic, 2021
ISBN: 9781443187268
PRIX: 17,95$
9 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
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La petite fille et le loup

Malgré les recommandations de sa Maman, Petite fille s’éloigne de la maison. La forêt est bien tentante et Petite fille se retrouve bientôt face au loup… Pour lui échapper, elle lui chante sa petite chanson et voilà le loup qui s’endort… Un conte d’origine afro-américaine qui rappelle le conte du petit chaperon rouge et témoigne de l’importance de la musique pour combattre ses peurs. 

La Petite fille et le loup est un conte rimé, accompagné d’onomatopées et de chants, issu de la collection « À Petits Petons » aux éditions Didier Jeunesse. Particulièrement bien adapté à la lecture en groupe, ce livre plaira aux bibliothécaires et aux enseignants du primaire qui pourront faire chanter, mimer et bouger les enfants.

L’éditeur présente le livre comme étant un conte afro-américain. L’origine de cette histoire, connue en anglais sous le nom de « The Gunniwolf », est débattue. Certaines sources mentionnent une origine autochtone, d’autres, afro-américaines, laissant suggérer que les origines de ce conte sont incertaines.

La morale de l’histoire est qu’il faut écouter les mises en garde des parents: il ne faut pas s’éloigner de la maison car on risque de se perdre et d’être à la proie de dangers. Le récit véhicule également le message que chanter donne parfois du courage. C’est par ce qu’elle chante que la petite fille parvient à échapper aux griffes du loup. Ce sont ses chants qui parviennent à contrôler le prédateur. Ce sont aussi ses chants qui lui donnent le courage de se sortir de cette situation fâcheuse.

Les petits lecteurs se régaleront des éléments répétitifs de l’histoire: la chasse, les chants et les dialogues. La Petite fille et le loup n’est pas sans rappeler le conte du Petit Chaperon rouge, et certains y verront une parodie. Ici, le loup n’est pas très futé et la petite fille fera preuve de courage pour déjouer ses mauvaises intentions. D’autres y verront au contraire l’image d’un loup qui en réalité n’est pas méchant et ne peut se défaire des préjugés des autres à son égard: et si le loup ne voulait qu’être bercé pour s’endormir? Bref, un beau livre à découvrir, un régal pour les tout-petits!

La petite fille et le loup
AUTEUR(S): Agnès Grunelius-Hollard & Rémi Saillard
ÉDITION: Didier jeunesse, 2020
ISBN: 9782278100033
PRIX: 21,95$
3 à 6 ANS

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