A comme Afrique

Sous forme d’un abécédaire dont les lettres sont confectionnées en tissu wax, un voyage à travers l’Afrique, de A comme ancêtres à Z comme zèbre, en passant par griot, marché et sagesse, pour découvrir sa culture, sa faune et ses traditions sous formes de courts textes.

Cet album qui se présente sous la forme d’un abécédaire, est une agréable incursion dans la culture africaine. De A comme ancêtres à Z comme zèbre, en passant par N comme Nil, G comme griot ou S comme sagesse, c’est toute la beauté du continent noir qui se dévoile à nous: sa faune, ses traditions et sa culture sous la forme de courts poèmes.

Le plasticien d’origine franco-béninoise-togolaise William Adjete Wilson s’inspire des couleurs de l’Afrique pour confectionner les 26 lettres avec l’emblématique tissu wax. C’est un voyage lexical et artistique dans plusieurs des 54 pays que compte l’Afrique, pour découvrir ses cultures, sa faune et ses traditions sous formes de courts textes. Un glossaire en fin d’album nous offre informations additionnelles et contexte à certains termes et concepts explorés dans le livre. On y apprend, par exemple l’histoire de royaumes africains, ou encore l’origine européenne du Wax et l’importance de mettre de l’avant des tissus véritablement africains plutôt que celui-ci. À découvrir!

Kouam Tawa est un auteur camerounais.

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A comme Afrique
AUTEUR(S): Kouam Tawa & William Wilson
ÉDITION: Gallimard jeunesse, 2020
ISBN: 9782075105866
PRIX: 41,95$
6 À 10 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Vodou, Toclo Toclo et la fille tête-en-l’air ou Une poupée pour maman, trois albums jeunesse sur le continent africain.

Le collier magique

Une rumeur stupéfiante se répand dans la savane Karamoko le sorcier confectionne un collier magique qui rendra invincible celui qui le portera ! Les animaux se succèdent à sa porte. oui obtiendra le gri-gri tant convoité?

Le catalogue des Éditions des Éléphants me plait beaucoup. J’ai rarement été déçue par leurs sélections et Le collier magique ne fait pas exception! Illustré par l’autrice franco-togolaise Magali Attiogbé, les couleurs vives et les motifs qui s’emboîtent l’un dans l’autre donnent profondeur au récit. Le texte est un morceau de bonheur à lire, un conte à savourer qui se termine par un cadeau: déposé au pied de l’arbre à palabres, il attend qu’une oreille attentive l’accompagne dans son voyage. Car les contes sont faits pour être partagés.

Une galerie de personnages donnent vie à ce conte africain : un sorcier, une hyène, un lièvre, un calao, un hippopotame, etc. Le grand format de l’album est idéal pour une heure du conte en bibliothèque ou une exploitation scolaire. En cours de français, ce livre peut être utilisé pour décortiquer la structure narrative des contes, ou pour travailler la compréhension de texte. À découvrir!

Magali Attiogbé est une autrice franco-togolaise.

Souleymane Mbodj est un auteur sénégalais.

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Le collier magique
AUTEUR(S) : Magali Attiogbé & Soulaymane Mbodj 
ÉDITION: Éditions des éléphants, 2020
ISBN: 9782372730921
PRIX: 27,95$
3 À 7 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Grand Calao et petit homme, La cuillère d’Aminata ou Tiguidanké, trois contes à lire dès l’âge de 3 ans.

Mes plus belles comptines d’Afrique

Un livre sonore pour faire découvrir cinq comptines africaines d’origines diverses : Olélé ! et Mama eh du Congo, Mami Wata du Burkina Faso, So diyara de la Côte d’Ivoire et Tutu Gbovi du Togo.

Ceci est le deuxième livre de la collection Livres sonores chez Gallimard Jeunesse que je critique pour Mistikrak!. Le premier ayant été une déception totale, je n’avais pas vraiment d’attentes face à ce second opus puisque le livre a été publié sous la direction de la même personne chez l’éditeur, et que les illustrations sont réalisées par la même artiste. Sans surprise, je n’ai pas aimé ce livre, même s’il est légèrement moins problématique que l’autre.

Débutons par les points positifs: Un livre-objet de qualité aux pages cartonnées. Des extraits musicaux généreux et variés. Des pastilles de sons facilement repérables pour les bébés-lecteurs. Je connaissais la majorité des comptines présentées, mais j’ai quand même apprécié en découvrir d’autres que je n’avais encore jamais entendues. Aussi, j’ai aimé que chacune des chansons soient brièvement présentées, en mentionnant le pays d’origine et la langue utilisée, ainsi que la traduction vers le français. On a donc deux comptines congolaises en lingala, une comptine burkinabè en bamanan, une comptine ivoirienne en bambara et une comptine togolaise en mina.

Ce que je n’ai pas aimé dans le livre, c’est la représentation qu’on en fait de l’Afrique. Sur les illustrations, on y voit que des scènes rurales: une mare navigable, une famille chantant sous un baobab, une autre cuisinant un barbecue de fortune à la tombée de la nuit, puis une autre vivant dans une case. Ces réalités existent et ce n’est pas le fait qu’elles aient été illustrées qui m’a dérangée, mais plutôt le fait que ce soit LA SEULE représentation de l’Afrique dans le livre. Et, on le sait, l’Afrique est souvent représentée de cette façon en littérature jeunesse: comme un tout assez homogène, sauvage, non civilisé, comme si le continent tout entier était resté prisonnier du mythe de la contrée vierge. J’aurais aimé voir une famille vivant en milieu urbain. J’aurais aimé voir une famille portant autre chose que le pagne (pourquoi pas le djellaba, le voile, le fez, le tengaade, ou encore tout simplement des vêtements à l’occidentale?) J’aurais aimé voir une famille malgache, marocaine ou somalienne. Les imagines sont importantes. Elles contribuent à la façon dont on voit le monde. Je ne recommande pas ce livre.

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Mes plus belles comptines d’Afrique
AUTEUR(S): Marie Paruit
ÉDITION: GALLIMARD JEUNESSE GIBOULÉES, 2020
ISBN: 9782035981721
PRIX: 18,95$
2 ANS et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Mes plus beaux chants gospel, publié chez le même éditeur. Essayez aussi Hippocrate le pirate, un livre cartonné, ou Mamady fête l’Aïd, un album jeunesse.

La symphonie africaine

Et si les bruits de la nature étaient à l’origine de la musique?

Un superbe album en grand format sur les bruits de la nature. Le texte, tout en poésie, fait voyager à dos d’hirondelle ou caché sur les rayures de zèbres. L’autrice parvient à évoquer avec simplicité le bruit de la pluie qui tambourine, le vent qui souffle dans les feuillage ou la chaleur du sable. Elle nous amène avec elle dans un univers où les animaux servent d’inspiration à une musique de la vie et de sa beauté. Si vous cherchez un livre pour initier les enfants à la poésie, La symphonie africaine est un excellent choix.

Issu de la collection Fiction aux éditions Muséo, ce livre véhicule des valeurs humaines de protection de la nature et de l’environnement. Il éveille les enfants aux grands thèmes du monde comme la place de l’humanité dans le monde en jouant la carte de l’émerveillement et de l’imagination. Très, très bon!

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La symphonie africaine
AUTEUR(S): Wendy Hartmann & Joan Rankin
ÉDITION: Muséo, 2019
ISBN: 9782373750720
PRIX: 19,95$
4 À 7 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Contes et musiques d’Afrique, La Batterie de Théophile ou encore Le Taxi-brousse de Papa Diop.

Le coq solitaire

Quand Michel voit passer devant lui un vieux coq myope et malodorant, il ne pense qu’à s’en débarrasser. Mais le chef du village, son grand-père Moulika le retient. Pour lui, les animaux sont des êtres humains réincarnés et il faut les protéger. Un conte initiatique sur les liens entre les vivants et les morts.

Aimez-vous les contes? Si oui, Le Coq solitaire pourrait vous plaire. C’est un conte familial et initiatique sur le respect des aînés, de la vie animale et sur la transmission. Un petit garçon, que les animaux embêtent parfois, aimerait bien pouvoir s’en débarrasser. Son grand-père lui partagera une sage leçon qui le marquera… mais le garçon est aussi futé et a plus d’un tort dans son sac.

Les auteurs entretiennent un certain suspense, tant au niveau du récit savamment écrit, que des illustrations qui parfois se déploient en pleine double-page, sans texte. À la lecture de cet album jeunesse, on voyage en Afrique, dans le quotidien de ses habitants, sans jamais tomber dans les clichés ou les stéréotypes. J’ai lu plusieurs livres de Mabanckou et je n’ai encore jamais été déçue. Le Coq Solitaire ne fait pas exception. Fortement recommandé! 

Alain Mabanckou est un auteur congolais.

Le coq solitaire
AUTEUR(S): Alain Mabanckou & Yuna Troël
ÉDITION: Seuil jeunesse, 2019
ISBN: 9791023512816
PRIX: 29,95$
6 à 9 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Ma soeur étoile, du même auteur. Essayez aussi Tu sais que je t’aime très fort, d’un auteur auteur camerounais, ou encore Les fruits du soleil, d’un auteur congolais.

30 choses à ne surtout pas faire avec les animaux

Avez-vous déjà réveillé un lion pendant sa sieste, peint un éléphant en rose ou fait de la corde à sauter avec un serpent ? Non ? Alors n’essayez pas, sinon… Suivez Moussa, son grand-père et une foule d’animaux rigolos dans une hilarante leçon de bonnes manières !

Un superbe album de format agréable et à la mise en page aérée. On a un récit qui se déroule dans un petit village rural et ayant pour personnage principal un jeune garçon noir. Le grand-père de ce dernier le met en garde sur les choses à ne pas faire avec les animaux sauvages, par exemple faire de jolies bouclettes à un lion, apprendre à un perroquet à dire des gros mots, faire glisser un singe sur une peau de banane ou présenter sa souris domestique à un éléphant. On imagine facilement que l’histoire se déroule quelque part dans un pays Africain, et même s’il n’est pas nommé, ce n’est pas très important dans ce cas-ci car on ne parle pas de culture ou d’identité dans le livre, et on ne met pas non plus en exergue la différence des personnages. Leur quotidien et leur existence n’est pas justifiée dans le texte car elle n’a pas besoin de l’être: les auteurs croquent plutôt un moment entre un grand-père et son petit-fils. On remarquera également que les personnages sont habillés à l’occidentale, ce qui diffère de la majorité des livres se déroulant en contexte rural africain. 

J’ai aimé l’imagination du grand-père et certaines interdictions sont assez loufoques! Aussi, le texte a un bon rythme, puisque après chaque série de mise en garde, la page se termine par « Sinon… » avant de dévoiler en pleine page une conséquence inattendue, gracieuseté des animaux contrariés. Les petits se régaleront de l’attente avant la surprise et de la répétition du texte qui crée un sentiment familier. L’auteur fait référence à des expressions de la langue française, comme « l’éléphant dans la pièce » lorsqu’il prévient qu’il ne faut pas peindre un éléphant en rose. Ainsi, c’est un bon livre pour travailler les inférences à la maternelle ou au premier cycle du primaire, par exemple. L’histoire donne à voir une belle relation entre le grand-père et son garçon et tous deux ont l’air très heureux.

À noter qu’aucun des deux auteurs n’est noir ou africain, on n’est donc pas dans du #OwnVoices, mais plutôt dans une histoire où on fait interagir un personnage noir avec des animaux, écrit par deux personnes non-noires. Le livre en soi n’est pas mauvais, mais je ne peux passer sous silence le fait que ceci n’est pas sans rappeler cette tendance qu’ont les créateurs de littérature jeunesse à placer des personnages noirs dans des environnements ruraux, près des animaux sauvages. Car les animaux de ce livre ne sont pas des chiens, des chats, des oiseaux, des chevaux ou autres animaux domestiqués. Ce sont plutôt des lions, des éléphants, des crocodiles, des singes, des serpents et des hyènes. C’est l’un des stéréotypes les plus courants quand on parle de représentation des personnages noirs en littérature jeunesse. Si 30 choses à ne surtout pas faire avec les animaux était l’un des seuls livres pour enfants véhiculant ce genre d’images, ce ne serait pas problématique. Ce n’est malheureusement pas le cas. Ainsi, si vous décidez d’utiliser ce livre en classe avec vos élèves, ou de lire ce livre à vos enfants, assurez-vous de leur offrir plusieurs autres livres avec des personnages noirs dans lesquels il n’y a pas d’animaux sauvages, pour tenter de contrebalancer.

Un bon livre plein d’humour tout de même sur la transmission, le respect des consignes et l’imagination.

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30 choses à ne surtout pas faire avec les animaux
AUTEUR(S): Samir Senoussi & Henri Fellner
ÉDITION: GALLIMARD JEUNESSE, 2020
ISBN: 9782075098007
PRIX: 22,95$
3 À 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Baobonbon, Pour quelques gouttes d’eau, ou encore Ma journée dans la savane: Un voyage en Tanzanie.

Mathieu Da Costa: Premier interprète d’origine africaine en Nouvelle-France

Plusieurs pans de la vie de Mateus Da Costa demeurent un mystère. Son nom revient à quelques reprises dans les archives, puis, vers la fin de sa vie, les historiens perdent complètement sa trace. Samuel de Champlain a francisé son nom et l’appelle Mathieu de Coste. Une chose cependant est sure : Da Costa est le premier navigateur et interprète d’origine africaine à avoir foulé le sol de notre pays.

Voilà un très bon roman pour lecteurs débutants avec tout juste 58 pages illustrées en noir et blanc. L’autrice, Diane Groulx, a dédié ce livre à ses enfants, Jhonatan et Luisa, « pour qu’ils soient fiers de leurs origines africaines ». Elle a aussi consulté l’historien A. J. B. Johnston qui l’a conseillée dans l’écriture et la vérification de faits historiques sur la vie de Mathieu Da Costa.

Le livre se lit comme une histoire; ainsi, les lecteurs et lectrices en apprennent beaucoup sur la vie de Mathieu Da Costa et la colonisation du Canada dans cette biographie romancée. J’ai beaucoup aimé! Il existe peu de livres sur la contribution des personnes noires à l’histoire du Canada, et ce roman en est un très bon. Enseignants, ce livre sera un bel ajout à votre bibliothèque de classe. Ce livre est presque épuisé; commandez-le vite avant qu’il ne soit trop tard!

Mathieu Da Costa: Premier interprète d’origine africaine en Nouvelle-France
AUTEUR(S): Diane Groulx & Jocelyn Jalette
ÉDITION: Éditions du soleil de minuit, 2013
ISBN: 9782924279021
PRIX: 9,95$
7 À 11 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Un petit grain de sable: Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada, À la découverte du Canada: L’héritage noir ou Les enfants de la Nouvelle-France, trois livres jeunesse traitant de la présence noire au Canada, de la colonisation à nos jours.

Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo

Le 31 juillet 1761, Tsimiavo est à bord de l’Utile. Elle a été embarquée clandestinement dans les cales de ce navire de commerce avec 159 autres esclaves malgaches. Au cœur de la nuit, leur destin bascule : l’Utile heurte un récif de corail et fait naufrage. Les rescapés échouent sur un îlot de sable blanc et de cailloux, perdu au milieu de l’océan Indien.

Quand l’équipage blanc prend le large sur une embarcation de fortune, Tsimiavo et les siens se retrouvent seuls, oubliés de tous. Comment survivre sur cet îlot du bout du monde ? C’est le défi qui les attend. Pendant des jours, des mois, des années, leur courage et leur ingéniosité vont faire des miracles…

Ce livre en grand format est écrit sous la forme d’un journal intime et superbement illustré par des fresques là en couleur, là en noir et blanc. Il s’agit donc d’un album pour les grands, qui raconte une histoire vraie et terrible, et qui permet d’aborder la traite négrière et, plus largement, l’histoire du XIXe siècle. On oublie parfois que des esclaves ne venait pas uniquement du continent africain, mais aussi de l’île de Madagascar. Idéal pour une lecture en classe avec des élèves de 3e cycle du primaire, voire 1er cycle du secondaire. On retrouve en fin d’ouvrage un dossier sur les missions archéologiques menées par Max Guérout sur Tromelin, l’île des esclaves oubliés. D’ailleurs, ce livre sera bientôt réédité sous la forme d’un roman à couverture souple avec la définition des mots difficiles et autres notes en bas de page pour faciliter la lecture, un préambule, des activités pour travailler la compréhension de texte et un dossier encore plus étoffé en fin d’ouvrage. À surveiller au courant des prochains mois!

Le point de vue du livre est clairement celui de personnes blanches, même si le personnage principal qui raconte son histoire est malgache. Il y a plusieurs maladresses dans le livre. Déjà, le titre: On compare les personnes oubliées sur l’île de Tromelin à Robinson Crusoé, qui, souvenez-vous, s’est aussi échoué sur une île et y est resté pendant des années. Sauf que, souvenez-vous aussi que Robinson Crusoé était à l’origine parti naviguer à la recherche d’esclaves africains. Ce n’était pas une petite croisière de plaisance! Dans le texte, on appelle même les Malgaches oubliés les « Robinsons noirs ». Pourquoi donc cette comparaison avec une personne blanche qui, plus est, était esclavagiste?

Ensuite, tant l’autrice que l’illustratrice sont des personnes blanches. J’aurais été intéressée à connaître l’opinion et le point de vue de personnes malgaches sur cette histoire qui est la leur. Et puis, le récit s’attarde longuement aux Blancs et à ce qu’ils ont fait et à ce qu’ils n’ont pas fait: les Blancs ont trouvé de l’eau, les Blancs ne partagent pas leur nourriture, les Blancs construisent un abri pour eux seulement, les Blancs ont menti et n’ont pas tenu leur promesse, les Blancs ont abandonné les Malgaches, les Blancs ne reviendront pas, les Blancs sont revenus, les Blancs se sont encore échoués, un autre Blanc s’est échoué, ce Blanc a encore abandonné les Malgaches, les Blancs sont venus sauver les derniers survivants, les Blancs ont déclarés libres les huit survivants une fois arrivés à l’Île de France… Oui, il y a quelques pages où Tsimiavo raconte un peu le quotidien sur l’île, mais on en apprend très peu sur comment les Malgaches ont survécu sur l’île, comment ils se sont organisés, quels genre de liens et système politique ils ont mis en place, quelles difficultés ils ont rencontrées, ce qui est arrivé des bébés nés sur l’île, ou sur les relations entre les insulaires. Dommage! Tous ces éléments sont relégués au dossier en fin d’ouvrage où une petite section intitulée « Comment ces hommes et ces femmes ont-ils survécu? » offre un peu plus d’information sur le sujet.

Enfin, et ça, ce n’est pas la faute des autrices, mais l’île où ont été oubliés les Malgaches nauvragés porte le nom du sauveur (blanc) venus les sortir de là, Jacques Marie Boudin de Tromelin de La Nuguy, un navigateur français.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  1. Quel est le titre du livre? Le sous-titre? Qu’évoquent-ils pour toi?
  2. Qu’est-ce que la page couverture de laisse deviner de l’histoire que tu vas lire?
  3. Qui est Robinson Crusoé? Pourquoi a-t-on appelé les naufragés malgaches ainsi?
  4. Après la lecture du premier chapitre: Qui parle? Que lui est-il arrivé? Que peux-tu dire du contexte dans lequel se déroule le récit? Les illustrations te laissent-elles deviner l’époque?
  5. Combien de temps après les événements du récit Tsimiavo raconte-t-elle son histoire?
  6. Que peux-tu dire des illustrations? Pourquoi certaines illustrations sont-elles en couleur et d’autres en noir et blanc?
  7. Apprends-en plus sur la traite négrière. Situe sur une carte l’île Maurice, Madagascar et l’île de Tromelin.
  8. Développe ton empathie: comment aurais-tu réagi si tu avais été à la place de Tsimiavo?
  9. Penses-tu qu’une telle histoire pourrait arriver encore aujourd’hui? Pourquoi ou pourquoi pas?
  10. Fais une recherche à la bibliothèque sur les îles inhabitées du monde.
  11. Fais une recherche à la bibliothèque sur la culture malgache.
  12. Vrai ou Faux? Les Blancs ont promis aux Noirs de les ramener en France s’ils les aident à construire une pirogue.
  13. Fais un résumé de chacun des chapitres. Note et trouve la définition des mots que tu ne comprend pas.
  14. Pourquoi, même sur une île déserte coupée du monde, les Blancs refusent-ils de partager leurs ressources avec les Malgaches? Quelle aurait été un meilleur comportement?
  15. Comment est-ce que le racisme était-il érigé en système à l’époque où le bateau fait naufrage? Pourquoi s’agit-il de racisme? Pourquoi s’agit-il d’un système? Quelles en sont les répercussions?
  16. À la fin du récit, les 8 survivants sont déclarés libres par les Français. À ton avis, qu’est-ce que la liberté? Qui décide qui est libre et qui ne l’est pas? Les naufragés étaient-ils libres sur leur île?
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Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo
AUTEUR(S)
: Alexandrine Civard-Racinais & Aline Bureau
ÉDITION: Belin Jeunesse, 2016 / 2021
ISBN: 9782701198903 
/ 9791035802622
PRIX: 9,95$
10 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Catfish: le voyage d’un esclave vers la liberté, ou encore Coton Blues, deux albums sur la traite négrière. Essayez aussi Aïna, Lalatiana et Alisoa vivent à Madagascar.

Bintou la casse-cou

Bintou est une petite fille qui adore poursuivre les poules pour les attraper. Un jour, en suivant une volaille dans un arbre, elle tombe et se fait mal au pied. Incapable de courir comme avant, elle trouve un moyen d’attirer les volatiles en semant des graines.

Bintou a un talent particulier. C’est la meilleure de son village pour attraper les poules! Sa soeur Sadia est forte en orthographe, son amie Fatima est rapide pour tresser les cheveux, son frère Bilal est courageux devant les boeufs… Mais Bintou est forte pour attraper les poules, rapide pour attraper les poules et courageuse pour attraper les poules!

Cet album est un véritable plaisir à lire à voix haute: il serait idéal pour l’heure du conte à la bibliothèque. Son grand format et ses illustrations pleine page en font un livre que l’on peut facilement présenter à un groupe. On retrouve un mot haoussa dans le texte, lorsque tout le village somme Bintou de ralentir: « Sannu, sannu! ». L’histoire prend une tournure inattendue à la fin, une belle surprise qui donne le goût de relire à nouveau tout de suite après avoir terminé. Fortement recommandé!

Coup de cœur!

Atinuke est une autrice originaire du Nigéria.

Je remercie les éditions des éléphants de m’avoir offert ce livre.

Bintou la casse-cou
AUTEUR(S) : Atinuke & Angela Brooksbank 
ÉDITION: Éditions des éléphants, 2020
ISBN: 9782372730884
PRIX: 27,95$
3 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Marilou la casse-cou, Bon appétit Jamela! ou Je suis en maternelle: le bobo, trois livres jeunesse dont les personnages principaux sont des enfants un peu (trop?) intrépides.

Kadogo

Pour ses onze ans, Gabriel reçoit une kalachnikov en cadeau. Sans l’avoir voulu, il va devenir un enfant soldat. Ce livre, qui évoque l’enrôlement d’un enfant de 11 ans, illustre le combat qu’Amnesty International mène pour mettre un terme au drame de l’enrôlement d’enfants soldats.

Ce sont d’abord les illustrations qui ont attiré mon œil vers ce livre: Joël Alessandra maîtrise l’aquarelle et les ombrages, et ses traits évoquent une certaine urgence et une liberté qui contrastent avec le propos de l’album. Né à Marseille, il a notamment été directeur artistique à Djibouti en Afrique de 1989 à 1991.

« Kadogo », le titre de l’album, désigne l’enfant soldat en langue swahili, mais à l’origine il veut dire « encore petit ». Lorsque Gabriel recevra une kalachnikov en cadeau, c’est toute sa vie qui sera dorénavant intimement liée à cette arme. De la naïve excitation d’avoir reçu ce qu’il perçoit d’abord comme un jouet, Gabriel ne réalisera que plus tard qu’on s’attend de lui à ce qu’il fasse davantage que de faire semblant. Il sera réveillé en pleine nuit par son oncle et conduit dans un endroit inconnu à l’arrière d’un vieux véhicule tout terrain, entassé au milieu de dizaines d’autres garçons comme lui, luttant contre « ses larmes de petit garçon ».

Le texte d’Ingrid Chabbert traduisent toute la détresse, l’incompréhension et la douleur ressentie par Gabriel. On en sait très peu sur les parents du garçon: il semble avoir été élevé par son oncle et sa tante. Lorsqu’il arrivera au camp d’entraînement à la guérilla, on ne parlera pas non plus des sévices et traumatismes qu’il aurait pu subir. On vit avec Gabriel ses premiers instants de perte de l’innocence: ne pas tout comprendre, rechercher des modèles chez les autres garçons plus âgés, avoir mal au bras d’avoir trop tiré, s’ennuyer de ses petits frères restés à la maison et réaliser qu’il ne pourra pas les prévenir de ce qui les attend, sentir le sang encore chaud de sa première victime couler sur ses orteils.

L’histoire se termine par la fuite de Gabriel, abandonnant sa carabine derrière lui. On ne sait pas ce qui lui est arrivé. A-t-il été abattu sur le champ par les superviseurs du camp? A-t-il réussi à partir sans se faire repérer? Est-il retourné chez lui? S’est-il perdu avant d’avoir pu retrouver les siens? Cette fin ouverte permet d’avoir de bonnes discussions en groupe après la lecture, pourquoi pas en milieu scolaire avec des élèves de 3e cycle. En toute fin d’album vient une page signée Amnesty International sur l’enrôlement d’enfants soldats et des solutions proposées par des ONG pour que cela cesse.

« Kadogo » est un livre très dur à lire, mais aussi très beau et nécessaire. Recommandé!

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Kadogo
AUTEUR(S) : Ingrid Chabbert , Joël Alessandra 
ÉDITIONDes ronds dans l’O, 2017
ISBN: 9782374180298
PRIX: 25,95$
10 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Mama Miti la mère des arbres, Ailleurs et Où es-tu Iemanjá?, trois livres jeunesse publiés en collaboration avec Amnesty International.