Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo

Le 31 juillet 1761, Tsimiavo est à bord de l’Utile. Elle a été embarquée clandestinement dans les cales de ce navire de commerce avec 159 autres esclaves malgaches. Au cœur de la nuit, leur destin bascule : l’Utile heurte un récif de corail et fait naufrage. Les rescapés échouent sur un îlot de sable blanc et de cailloux, perdu au milieu de l’océan Indien.

Quand l’équipage blanc prend le large sur une embarcation de fortune, Tsimiavo et les siens se retrouvent seuls, oubliés de tous. Comment survivre sur cet îlot du bout du monde ? C’est le défi qui les attend. Pendant des jours, des mois, des années, leur courage et leur ingéniosité vont faire des miracles…

Ce livre en grand format est écrit sous la forme d’un journal intime et superbement illustré par des fresques là en couleur, là en noir et blanc. Il s’agit donc d’un album pour les grands, qui raconte une histoire vraie et terrible, et qui permet d’aborder la traite négrière et, plus largement, l’histoire du XIXe siècle. On oublie parfois que des esclaves ne venait pas uniquement du continent africain, mais aussi de l’île de Madagascar. Idéal pour une lecture en classe avec des élèves de 3e cycle du primaire, voire 1er cycle du secondaire. On retrouve en fin d’ouvrage un dossier sur les missions archéologiques menées par Max Guérout sur Tromelin, l’île des esclaves oubliés. D’ailleurs, ce livre sera bientôt réédité sous la forme d’un roman à couverture souple avec la définition des mots difficiles et autres notes en bas de page pour faciliter la lecture, un préambule, des activités pour travailler la compréhension de texte et un dossier encore plus étoffé en fin d’ouvrage. À surveiller au courant des prochains mois!

Le point de vue du livre est clairement celui de personnes blanches, même si le personnage principal qui raconte son histoire est malgache. Il y a plusieurs maladresses dans le livre. Déjà, le titre: On compare les personnes oubliées sur l’île de Tromelin à Robinson Crusoé, qui, souvenez-vous, s’est aussi échoué sur une île et y est resté pendant des années. Sauf que, souvenez-vous aussi que Robinson Crusoé était à l’origine parti naviguer à la recherche d’esclaves africains. Ce n’était pas une petite croisière de plaisance! Dans le texte, on appelle même les Malgaches oubliés les « Robinsons noirs ». Pourquoi donc cette comparaison avec une personne blanche qui, plus est, était esclavagiste?

Ensuite, tant l’autrice que l’illustratrice sont des personnes blanches. J’aurais été intéressée à connaître l’opinion et le point de vue de personnes malgaches sur cette histoire qui est la leur. Et puis, le récit s’attarde longuement aux Blancs et à ce qu’ils ont fait et à ce qu’ils n’ont pas fait: les Blancs ont trouvé de l’eau, les Blancs ne partagent pas leur nourriture, les Blancs construisent un abri pour eux seulement, les Blancs ont menti et n’ont pas tenu leur promesse, les Blancs ont abandonné les Malgaches, les Blancs ne reviendront pas, les Blancs sont revenus, les Blancs se sont encore échoués, un autre Blanc s’est échoué, ce Blanc a encore abandonné les Malgaches, les Blancs sont venus sauver les derniers survivants, les Blancs ont déclarés libres les huit survivants une fois arrivés à l’Île de France… Oui, il y a quelques pages où Tsimiavo raconte un peu le quotidien sur l’île, mais on en apprend très peu sur comment les Malgaches ont survécu sur l’île, comment ils se sont organisés, quels genre de liens et système politique ils ont mis en place, quelles difficultés ils ont rencontrées, ce qui est arrivé des bébés nés sur l’île, ou sur les relations entre les insulaires. Dommage! Tous ces éléments sont relégués au dossier en fin d’ouvrage où une petite section intitulée « Comment ces hommes et ces femmes ont-ils survécu? » offre un peu plus d’information sur le sujet.

Enfin, et ça, ce n’est pas la faute des autrices, mais l’île où ont été oubliés les Malgaches nauvragés porte le nom du sauveur (blanc) venus les sortir de là, Jacques Marie Boudin de Tromelin de La Nuguy, un navigateur français.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  1. Quel est le titre du livre? Le sous-titre? Qu’évoquent-ils pour toi?
  2. Qu’est-ce que la page couverture de laisse deviner de l’histoire que tu vas lire?
  3. Qui est Robinson Crusoé? Pourquoi a-t-on appelé les naufragés malgaches ainsi?
  4. Après la lecture du premier chapitre: Qui parle? Que lui est-il arrivé? Que peux-tu dire du contexte dans lequel se déroule le récit? Les illustrations te laissent-elles deviner l’époque?
  5. Combien de temps après les événements du récit Tsimiavo raconte-t-elle son histoire?
  6. Que peux-tu dire des illustrations? Pourquoi certaines illustrations sont-elles en couleur et d’autres en noir et blanc?
  7. Apprends-en plus sur la traite négrière. Situe sur une carte l’île Maurice, Madagascar et l’île de Tromelin.
  8. Développe ton empathie: comment aurais-tu réagi si tu avais été à la place de Tsimiavo?
  9. Penses-tu qu’une telle histoire pourrait arriver encore aujourd’hui? Pourquoi ou pourquoi pas?
  10. Fais une recherche à la bibliothèque sur les îles inhabitées du monde.
  11. Fais une recherche à la bibliothèque sur la culture malgache.
  12. Vrai ou Faux? Les Blancs ont promis aux Noirs de les ramener en France s’ils les aident à construire une pirogue.
  13. Fais un résumé de chacun des chapitres. Note et trouve la définition des mots que tu ne comprend pas.
  14. Pourquoi, même sur une île déserte coupée du monde, les Blancs refusent-ils de partager leurs ressources avec les Malgaches? Quelle aurait été un meilleur comportement?
  15. Comment est-ce que le racisme était-il érigé en système à l’époque où le bateau fait naufrage? Pourquoi s’agit-il de racisme? Pourquoi s’agit-il d’un système? Quelles en sont les répercussions?
  16. À la fin du récit, les 8 survivants sont déclarés libres par les Français. À ton avis, qu’est-ce que la liberté? Qui décide qui est libre et qui ne l’est pas? Les naufragés étaient-ils libres sur leur île?
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Les Robinsons de l’île de Tromelin: L’histoire vraie de Tsimiavo
AUTEUR(S)
: Alexandrine Civard-Racinais & Aline Bureau
ÉDITION: Belin Jeunesse, 2016 / 2021
ISBN: 9782701198903 
/ 9791035802622
PRIX: 9,95$
10 ANS ET PLUS

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Alma: Le vent se lève

En 1786, Alma, 13 ans, quitte la vallée d’Afrique qui la protège du reste du monde pour partir seule à la recherche de son petit frère disparu. Pendant ce temps, à La Rochelle, le jeune Joseph Mars embarque clandestinement sur La Douce Amélie, l’imposant navire de traite du cruel capitaine Gardel. Il est en quête d’un immense trésor mais c’est Alma qu’il découvre.

On attendait le nouveau Timothée de Fombelle en jeunesse depuis plusieurs années déjà et l’auteur de Tobie Lolness ne déçoit pas avec ce nouveau roman historique. On y rencontre Alma, jeune africaine qui ne subit pas l’esclavage mais qui le découvre lorsqu’elle sortira de sa petite communauté coupée du monde à la recherche de son petit frère. À travers ses yeux d’enfant, on nous montre esclavage et sa cruauté. Au-delà d’Alma qui est bien entendu le personnage principal, l’histoire nous est racontée par une galerie d’autres personnages: son petit frère qui a disparu, leur père qui recherche sa fille, un négrier, un jeune garçon travaillant sur un bateau négrier, etc. Bien entendu, toutes ces histoires finissent par converger vers un point commun et se relier au courant du récit, mais par moments, j’ai trouvé que ce va-et-vient entre les point de vue des différents personnages brisait le rythme du roman. J’aurais préféré ne suivre qu’Alma dans ses aventures, ou à la limite que 2 ou 3 personnages. Là, il y en avait trop. Juste quand ça devenait intéressant avec un personnage et qu’on finisse par s’y attacher, Timothée de Fombelle nous oblige à continuer de découvrir l’histoire avec un autre personnage. Une fois qu’on s’habitue à cette narration quelque peu saccadée, on est happé par l’histoire poignante de ce roman criant d’humanité et de sensibilité.

Les illustrations détaillées en noir et blanc de François Place sont magnifiques et se déploient en de grandes fresques en pleine page. Plutôt que de brimer l’imagination du lecteur, elles décuplent le pouvoir évocateur de l’écriture de Timothée de Fombelle.

Controverse

Plusieurs personnes se sont levées pour dénoncer la décision de l’éditeur de mettre en marché ce livre en tant que « roman d’aventures »: La traite négrière n’est pas une aventure. L’esclavage n’a pas été une aventure. Pour ma part, je trouve que oui, c’est assez maladroit. « Roman historique » aurait été plus approprié, même si les personnages sont fictifs.

Et avez-vous entendu l’auteur se vanter qu’il est l’un des premiers auteurs a écrire un roman jeunesse sur l’esclavage? Timothée de Fombelle a évoqué le fait que de nombreux jeunes lecteurs seront privés de cette histoire, d’autant que « rien ou presque n’a jamais été écrit sur l’esclavage en littérature jeunesse ». C’est « le plus absurde » dénonce-t-il. 

Et voilà, ça y est. Bonjour la condescendance. 🙄 De penser qu’un homme Blanc du XXIe siècle est l’un des premiers à avoir écrit un livre jeunesse sur l’esclavage, c’est complètement complaisant. Il s’imagine peut-être qu’il nous fait une faveur en racontant nos histoires? Est-ce que sa voix, son joli texte sur les tablettes des librairies francophones, est plus légitime que nos souvenirs, que nos mémoires, que les histoires que nous nous racontons de générations en générations? Franchement…

Accusations d’appropriation culturelle

Alma: le vent se lève ne sera pas édité aux États-Unis et en Angleterre pour cause d’appropriation culturelle: on remet en effet en cause la légitimité d’un homme blanc d’évoquer des sujets tels que l’esclavage et le combat pour l’abolition. Le milieu de l’édition anglophone n’a pas non plus accepté qu’un homme blanc fasse parler et se glisse dans la peau d’une jeune fille noire.

Je dois admettre que je suis assez d’accord avec cette accusation d’appropriation culturelle. L’appropriation culturelle suppose que des gestes, des choses ou des paroles soient célébrées et acceptées lorsqu’une personne privilégiée ou faisant partie du groupe dominant dans la société les utilise, mais que ces mêmes gestes, choses ou paroles stigmatisent les personnages racisées, alors que se sont elles les premières concernées ou qui les ont créées! Par exemple: on dira d’une personne blanche avec des tresses plaquées qu’elle est avant-gardiste, cool et jolie, alors que sur une personne noire, on dira que c’est laid, inapproprié pour le milieu du travail ou associé au monde carcéral. De plus, les personnes blanches qui portent ce genre de coiffures ignorent souvent tout de la signification des cheveux naturels chez les communautés noires, et encore moins de l’utilité des tresses plaquées aujourd’hui, ou de leur histoire.

J’entend déjà les gens me dire: « Oui, mais dans le cas de Timothée de Fombelle, on a plutôt un homme blanc qui s’est documenté sur la traite négrière, qui en comprend les enjeux, et qui raconte une histoire pour le public jeunesse avec respect dans le but de faire découvrir aux enfants cette histoire trop souvent oubliée. C’est tout le contraire de l’appropriation culturelle! » Ouais. Sauf que pendant que Timothée de Fombelle publie son roman et que toute une machine médiatrice est mise en place pour le faire connaître et en faire mousser la vente, qu’en est-il des auteur.e.s racisé.e.s? Vous en voyez beaucoup de livres jeunesse écrits par des personnes racisées qui racontent leus propres expériences et qui privilégient de la même couverture médiatique? Nope. Les auteur.e.s racisé.e.s rencontrent beaucoup plus d’obstacles au moment de faire publier leurs livres! « Oh, ça ne se vendra pas. » « Les gens ne se reconnaîtront pas dans votre histoire. » « Pourriez-vous utiliser une langue plus québécoise? On entend votre accent à l’écrit. » « J’ai déjà atteint mon quota de livres sur le racisme cette année. »

#OwnVoices

Et puis, on sait bien que les personnes racisées écrivent moins car elles sont plus susceptibles d’être nées dans des milieux défavorisés en plus de faire face au racisme systémique dans la société et aux répercussions de l’Histoire esclavagiste de notre monde (qui, soit dit en passant, blessent encore les descendants d’esclaves et les populations noires aujourd’hui). On sait aussi que les personnes racisées ont plus de mal à faire publier leurs romans dans des maisons d’éditions réputées. Et lorsqu’elles y parviennent, les romans sont moins publicisés et moins mis de l’avant que ceux écrits par des personnes blanches. Pendant que Timothée de Fombelle parle sur un stade d’or avec un micro de diamants, des auteur.e.s racisé.e.s peinent à faire entendre leurs voix. Et combien d’auteur.e.s noir.e.s se sont vu refuser la publication de leur livre sur l’esclavage (ou sur tout autre sujet entourant les enjeux raciaux) car le milieu de l’édition ne souhaite pas « heurter la sensibilité blanche », ou se sont fait dire de reformuler leurs propos pour ne pas que les personnes blanches soient mal à l’aise?

Je ne sais pas quoi vous dire… C’est pas que le roman de Timothée de Fombelle n’est pas bon. C’est juste que parfois, j’aimerais bien qu’une plus grande place soit accordée aux auteur.e.s racisé.e.s de parler pour eux-mêmes et elles-mêmes.

* Prix Gulli du roman 2020

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Alma: Le vent se lève
AUTEUR(S): Timothée de Fombelle & François Place
ÉDITIONGallimard Jeunesse, 2020
ISBN: 9782075139106
PRIX: 31,95$
11 ans et plus

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Fatou la petite sirène

Fatou est une petite sirène qui aime jouer avec son amie la tortue. Tandis qu’elle se repose sur son île, un matelot tombe à l’eau. Avec des sons simples à déchiffrer en autonomie.

La collection Vive s’adresse aux enfants qui sont en train d’apprendre à lire. Simples, répétitifs et abondamment illustrés, ces albums leur permettent de devenir de vrais lecteurs, en ne leur donnant à lire que des mots déchiffrables. Dans Fatou la petite sirène, les mots contiennent des sons simples (les voyelles, b, d, f, j, k, l, etc.), et le son ou, plus complexe. Toutes les phrases sont au présent de l’indicatif et au singulier. On retrouve en début et fin d’album un petit lexique illustré, mais les mots moins communs et potentiellement nouveaux (comme écume, vogue, boussole ou bouée) ne sont pas accompagnés d’une définition. L’enfant aura donc besoin d’un adulte pour l’aider à accéder au sens.

Fatou est une sirène noire coiffée de tresses plaquées et d’un afro. Elle est courageuse et serviable: elle n’hésite pas une seconde à porter secours au matelot qui se noie. Le fait que Fatou porte un chandail ne m’est pas passé inaperçu: voilà une sirène qui ne se dénude pas! De plus, comme Fatou est une enfant, j’ai apprécié qu’elle ait été illustrée ainsi, et non avec un soutien-gorge de noix de coco comme on le voit habituellement dans les histoires de sirènes. À lire!

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FATOU LA PETITE SIRÈNE
AUTEUR(S): LAURENCE PIERSON & JONATHAN BLEZARD
ÉDITION: SAMIR, 2020
ISBN: 9786144434666
PRIX: 10,95$
6 À 8 ANS

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Jeanne et le Mokélé

jeanne et le mokélé1910. Mon enfance. Mon père : le professeur Modest Picquigny. Ses voyages en Afrique, au loin. Ses films. 1er septembre 1921. Mon père disparu. Mon départ pour l’Afrique. Seule. Toute seule. Décidée.

En lisant ce livre, il faut garder en tête que l’histoire se déroule en 1910, à une époque où l’Afrique était perçue par les Européens comme étant une terre exotique et à développer que l’on peut s’accaparer (Ouf, finalement, les choses n’ont pas vraiment changé ! 😦 ). Le récit évoque le lointain, l’inconnu, l’exotisme, la chaleur, la terre de tous les possibles où on se rend en bateau. Le personnage principal, Jeanne, s’indigne du massacre d’animaux perpétré par les colons blancs et affirme qu’il s’agit du sang de l’Afrique qui s’écoule car tous ces animaux majestueux de la savane sont précieux (pour la colonisation, on s’indignera plus tard, apparemment…) Elle raconte sa relation avec Eugène qui participe au massacre d’animaux et s’en vante régulièrement. Attention: les illustrations plutôt explicites ne voilent par les animaux ensanglantés ou morts. D’ailleurs, les illustrations hyper-réalistes sont superbes. Eugène se montre très hautain, tant avec les femmes qu’avec les habitants locaux.

Le récit est savamment écrit. Des phrases succinctes, sèches, évoquent toute la puissance des mots. La présence timide des verbes confère au texte un rythme soutenu et un style télégraphique. Ce livre met en scène des adultes aux prises avec des problèmes d’adultes. Jeanne est à la recherche de son père, cinéaste, dont elle n’a aucune nouvelle depuis longtemps. Eugène est un personnage raciste et misogyne qui a des problèmes d’alcool. Un très bel album, qui toutefois a besoin d’une mise en contexte. Je recommande donc à un lectorat mature, et une lecture accompagnée par un adulte.

Pistes d’exploitation en classe

  • Se renseigner sur le contexte historique.
  • Explorer les diverses répercussions qu’a eu la colonisation sur les populations noires d’aujourd’hui.
  • Imaginer une fin différente à l’histoire.
  • Découvrir d’autres ouvrages sur Jeanne et Eugène Love Peacock.
  • S’informer sur le Congo d’aujourd’hui.
  • Effectuer une recherche sur l’impact des populations humaines sur les animaux en voie de disparition.

Auteur(s) / illustrateur(s) :  François Roca
Maison d’édition: Albin Michel Bouton acheter petit
Année de publication: 2001
ISBN: 9782226119049
Public cible: À partir de 12 ans.
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Un nouveau monde…

nouveau-monde-kerbaLa ville fume, tousse et crache. Il faut faire quelque chose ! Partir à l’aventure pour dénicher le bon remède, sauver quelques graines de la folie des hommes et qui sait, grâce à elles, faire refleurir la terre entière?

Le large format de l’album est très agréable et la mise en page est aérée. Les illustrations sont très évocatrices, et chaque lecteur pourra y déceler quelque chose de différent qu’il interprétera à sa manière. La poésie du texte m’a beaucoup touchée; la ville y est présentée comme une entité vibrante, presque amicale, à qui on prête des qualités humaines. Et parmi tout cela, l’urgence d’agir et ce mot jeté à répétition sur les pages de l’album: « Vite! ». Vite, il faut agir.

Le personnage principal, un garçon blanc, quitte sa ville pour se rendre dans un endroit non nommé, mais dont on devine qu’il s’agit d’un pays chaud, probablement les Antilles. Par ce voyage, il illustre la fracture technologique, numérique et industrielle qui sépare le nord du sud. Un homme blanc qui débarque dans un pays peuplé par des personnes racisées et qui finit par tout chambouler, ça s’est bien sûr déjà vu dans l’Histoire de l’humanité. Les enfants comprendront-ils ce que cela implique…? Néanmoins, cet album soulève une question d’actualité: « Quel est le coût de la mondialisation? » Pertinent.

Auteur(s) : Muriel Kerba
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 2006
ISBN: 9782013913102
Lectorat cible: À partir de 8 ans

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Capitaine Jules et les pirates

capitaine-jules-piratesJules, Léo et Gaspard, trois courageux marins, construisent un galion au bord de la mer… Grâce au pouvoir de leur imagination, ils voyagent à travers le monde, affrontent un bateau ennemi et échappent de peu au naufrage. Voilà une histoire qui nous plonge dans la naïveté et la douceur de l’enfance. Je connaissais bien entendu déjà les auteurs grâce au sublime album « Chasse à l’Ours » que j’adore raconter à l’heure du conte. Capitaine Jules et les pirates, tout comme son prédécesseur, utilise beaucoup les illustrations en noir et blanc et en couleur pour rythmer le récit. Ici, les pages en noir et blanc mettent la table aux fabuleux paysages tout droit sortis de l’imaginaire des trois bambins. Les pages de garde, en noir et blanc, sont magnifique; sur la première, on voit la famille qui descend vers la mer, et sur la dernière, on la voit retourner vers leur voiture, épuisés. Un petit bijou d’album!

Utiliser ce livre en classe

L’album peut être lu à un enfant dès l’âge de quatre ans. Pour les enfants d’âge scolaire qui commencent l’apprentissage de la lecture, cet album offre plusieurs pistes d’exploitation pédagogiques:

  • Développer le vocabulaire autour des bateaux (galion, proue, équipage, coque, bouée, canons, vergue, grand mât, grand-voile, pavillon, navire, etc.)
  • Placer dans l’ordre les péripéties du récit.
  • Faire des inférences (la chemise est la voile, les seaux sont les canons… que va-t-il se passer lorsque le tout sera assemblé?)
  • Valider la compréhension du récit (qui sont véritablement les pirates? Quel est le trésor trouvé par Jules, Léo et Gaspard?)
  • Découvrir l’univers du livre (qui sont les auteurs? Dans quelle collection est publié le livre? Quel est la maison d’édition? Pourquoi certaines pages sont-elles en noir et blanc? Qu’est-ce que les pages de garde et que veulent-elles dire dans cet album?)

Invitez vos élèves à utiliser leur imagination, leur esprit artistique et leur dextérité pour construire eux aussi un bateau à l’aide de matériaux recyclés.

capitaine jules et les pirates 2

Auteurs : Peter Bently & Helen Oxenbury
Maison d’édition: École des Loisirs Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782211227926
Public cible: À partir de 4 ans

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Deviens le héros… avec Hippocrate le pirate

Hippocrate le pirateSur son navire, Hippocrate rêve de gloire et de fortune. Mais il ne sait pas comment faire pour trouver le plus fabuleux des trésors. Des nombreuses possibilités s’offrent à lui: il a besoin de toi ! Au cours de l’histoire, tes choix le mèneront vers des aventures toutes très différentes.

Dans cette histoire interactive,  c’est le lecteur qui décide de la suite de l’histoire. À chaque double page, il devra décider entre deux choix représentés par des pictogrammes reproduits dans des onglets qui détermineront la suite des aventures du pirate guilleret. Ainsi, ce sont huit histoires qui peuvent être créées à chaque relecture.

Cet album tout carton suit une trame narrative simple et plaira aux tout-petits de trois ans et plus. Ils s’amuseront à modifier l’histoire au gré de leur humeur. Toutefois, je recommanderais de d’abord initier vos tout-petits à des livres plus traditionnelles car lire et relire une histoire dont la structure ne change pas fait aussi partie de l’apprentissage.

Hippocrate est un personnage noir aux cheveux bruns frisés. Il est représenté de manière assez classique pour un pirate: chapeau noir orné d’une tête de mort, foulard noué sur la tête, bottes noires. Il n’a pas de jambe de bois ou de crochet en place et lieu d’une main amputée, mais on retrouvera toute de même dans l’histoire d’autres éléments familiers: le perroquet, le trésor, l’île déserte, le bateau, les tonneaux et le sabre, le monocle. Rien de très original, donc.

Les petits s’identifieront facilement au personnage principal qui, même s’il est un pirate, a peur parfois, hésite, est curieux et sait faire preuve de courage. Il y a quatre fins possibles. Dans la première, Hippocrate trouve un sabre dont la poignée est ornée de pierres précieuses. Dans la deuxième, il est victime de la farce d’un singe sournois. Dans la troisième, il découvre un trésor. Dans la quatrième, il rencontre une petite fille rousse dont il tombe amoureux et tous deux deviennent les pirates les plus redoutés des océans.

La maison d’édition Auzou nous offre ici une bonne dose de clichés, fidèle à ce à quoi elle nous a habitué, mais parvient tout de même à se montrer progressiste, notamment par la présence de femmes pirates, tout aussi fortes que les autres. Notons tout de même le fait qu’Hippocrate soit le seul personnage noir du récit. Suivre ses aventures m’a plu; ce livre ferait un excellent cadeau à offrir à un enfant !

Hippocrate le pirate 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Maria Money
Maison d’édition: Auzou Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782733848197
Public cible: 3 à 5 ans

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Où es-tu Iemanjá?

ou es tu iemanja« C’est la magie du Brésil que l’on retrouve dans le regard d’une petite fille à la veille de la nouvelle année, jour où tous célèbrent la déesse Iemanja… Leny Werneck est une bienfaitrice : elle offre aux enfants la mesure du monde et la vision de la beauté. »  Jorge Amado.

Leny Werneck est brésilienne. Elle a proposé à Philipe Davaine d’illustrer ses mots. Pour cela, il s’est envolé vers le Brésil et a vécu quelques temps dans l’île de Camila, la petite fille de l’histoire… Il en a rapporté ces couleurs magnifiques. Amnesty International s’associe à cet album qui invite à découvrir la richesse culturelle du Brésil.

Les illustrations de ce livre, d’une infinie précision, sont magnifiques. De magnifiques double-pages se déploient tout en longueur et constituent de superbes prises de vue panoramiques. Le texte nous transporte jusqu’au Brésil lors d’une tradition entourant le Nouvel An. Même s’il s’agit d’une fiction, on en apprend beaucoup sur les traditions brésiliennes, sur sa culture, sur ses influences et sur ses significations. Bien que les Africains envoyés au Brésil comme esclaves par les colonisateurs portugais aient été obligés de se convertir à la religion catholique, ils sont parvenus à conserver en secret leurs croyances (les dieux, appelés orixas) et leurs cérémonies. Un petit bijou de littérature!

Auteur : Leny Werneck & Philippe Davaine
Maison d’édition: Syros Éditions, Amnistie International
Année de publication: 2005
ISBN: 274850142X
Public cible: 6 ans et plus

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Catfish

«catfishQuand le petit Nèg’ est arrivé dans le domaine, personne ne comprenait ce qu’il disait, et il a préféré se taire. Finalement, quand il a raconté comment il avait quitté son île pour atterrir là, en Amérique, et s’enfuir du bateau, ça a réveillé l’histoire de Vieux George, celui qu’on appelait Kojo sur la terre d’Afrique où il était né. Jonas, le tonnelier du domaine, lui, était venu d’Angleterre dans les bagages de son père, avec sa caisse à outils. Dans son atelier, le petit Nèg’ allait apprendre à lire et à vivre dignement. Il allait aussi recevoir un métier… et un surnom, son futur nom d’homme libre : Catfish.

Cette histoire est dédiée à la mémoire de Cesar Chelor, affranchi en 1752 par son propriétaire. L’homme est devenu l’un des premiers fabricants d’outils américains en bois dont les modèles font aujourd’hui la joie des collectionneurs. Dans Catfish, on suit le destin de deux personnes prises en esclavage qui racontent une histoire qui est la leur, mais qui est aussi celle de millions de personnes victimes de la traite négrière. Cet album est magnifiquement illustré par l’auteur sur du papier de qualité. Un bijou d’histoire et de littérature à découvrir. Il peut aisément être utilisé dans un cadre scolaire pour le niveau primaire ou secondaire.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Maurice Pommier
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782070643370
Public cible: 10 à 14 ans
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Vers les mers glacées du pôle nord

mers glacéesÉté 1908. Une expédition américaine tente un prodigieux exploit: rejoindre le nord du Canada en navire puis, après la nuit boréale, filer à traîneau sur la fragile banquise vers le sommet du monde. Leur objectif: être les premiers à atteindre le pôle Nord.

À bord de ce bateau, il y a Mathew Henson, un Afro-américain qui travaillait jadis dans un magasin de chapeaux. Cette histoire vraie, basée sur la conquête du pôle Nord, ne dit pas qui a atteint le Nord en premier. Peary ou Henson? Quoi qu’il en soit, l’Amérique du début du siècle dernier n’était pas prête à accepter qu’un Noir accomplisse un tel exploit. La participation d’Henson sera même ignorée jusqu’en 1945 où le président Eisenhower l’invite à la maison blanche…

Les modèles noirs sont nombreux, même s’ils sont souvent ignorés ou reçoivent moins d’attention que leurs égaux blancs. L’histoire de Mathew Henson en particulier me fascine. Ce roman a tout pour piquer la curiosité des préados et des adolescents: de l’aventure, de l’action, un petit côté personnel car c’est Henson lui-même qui raconte l’histoire, un contexte historique intéressant.

Enseignants, pourquoi ne pas intégrer la lecture de ce livre au curriculum d’histoire, de français ou d’éthique et culture religieuse?

Parents, votre enfant doit faire un exposé oral sur un personnage ayant marqué l’histoire, pourquoi ne pas lui proposer Mathew Henson? Petit extrait:

Le commandant [Peary] avait réalisé son rêve de jeunesse: en revenant du pôle, il était devenu un héros. Pour moi, la vie fut un peu moins rose: en revenant en Amérique, je redevins un Noir. Plusieurs journaux se demandèrent pourquoi Peary m’avait choisi moi, un Nègre, pour l’accompagner au pôle. Dans certains articles, mon nom n’était même pas cité: j’étais juste le « serviteur de couleur » de Peary. Parfois, les journalistes ne parlaient pas du tout de moi, comme si je n’existais pas, comme si Peary avait tout fait tout seul. Il semblait inconcevable qu’un Noir puisse être courageux, intelligent et digne d’un exploit. p. 119-120.

Auteur : Philippe Nessmann
Maison d’éditionFlammarion Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782081336865
Public cible: 11 ans et plus

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